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jeudi 8 décembre 2016

Fin de règne: Touraine place ses hommes, suivant le mauvais exemple de Royal

Avant la présidentielle, Touraine n'a fait que du Royal en recasant ses collaborateurs 

Les hauts fonctionnaires ministériels n'en ont jamais assez

Frédéric Varnier, un conseiller du cabinet ministériel de Marisol Touraine, veut se faire nommer à la direction de l’Institut Gustave-Roussy (IGR) de Villejuif.
La ministre des Affaires Sociales et de la Santé est prête à lui donner satisfaction en passant outre l’avis du directeur de l’établissement hospitalier.
Dès la mi-novembre, Noam Leandri, le conseiller budgétaire de Ségolène Royal, avait créé un nouveau précédent en arrachant sa nomination au poste de secrétaire général de l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. 

A six mois de la fin du mandat présidentiel, les 
collaborateurs ministériels obtiennent des nominations gratifiantes
.

L'habitude d'anticiper l'alternance est bien ancrée dans l’administration, un réflexe de bonne pratique plus répandue dans la gestion de leurs carrières personnelles que de l'avenir du pays.

Résultat de recherche d'images pour "Noam Leandri"François Hollande a ouvert la Mercato des reclassements dès l’approche de la fin de son mandat. Le 21 novembre, avec six mois d'avance, Ségolène Royal a ainsi répondu à l'exigence de Noam Leandri, son conseiller budgétaire (ci-contre), qui lui réclamait le poste de secrétaire général de l'Ademe. 
Ce matin, Le Parisien a révélé qu'un conseiller de son cabinet pousse dans les reins la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour obtenir par le piston un poste qui reviendrait à plus compétent. Le jeune Frédéric Varnier se voit déjà en directeur général adjoint de l’Institut Gustave-Roussy (IGR) de Villejuif (Val de Marne), passant outre à l’opposition de son président, le professeur Alexander Eggermont. 
En droit, c’est effectivement la ministre qui nomme le directeur adjoint général par arrêté, mais historiquement, le directeur général de l'IGR choisit son adjoint. Passant outre son avis, la ministre aurait déjà fait rédiger l'arrêté ministériel nommant Frédéric Varnier à ce poste, provoquant un mouvement d'indignation dans l’établissement. 

Hollande n'aura rien changé à cet appétit de progression inéquitable

Les ministres politiques, amovibles et interchangeables, ont besoin d'experts. Corvéables à merci, le temps d'un gouvernement, ces techniciens exigent en retour des progressions éclairs de carrière. Les deux derniers cas ne sont pas isolés comme le démontre les exemples suivants. 

Résultat de recherche d'images pour "Sébastien Gros"Sébastien Gros et Christian Gravel, des collaborateurs de Valls sont devenus préfets hors cadre. Début 2015, Manuel Valls a nommé deux de ses fidèles "préfet hors cadre" : son chef de cabinet Sébastien Gros et son ex-directeur de cabinet à la mairie d’Évry, devenu directeur du Service d'information du gouvernement (SIG), Christian Gravel. Ils auront droit à un bon salaire (entre 5.193 euros et 6.376 euros brut par mois), ainsi qu'à une jolie retraite (4.000 euros) cumulable avec leurs autres pensions. 

Résultat de recherche d'images pour "isabelle sima"Isabelle Sima, chef de cabinet de François Hollande, a eu droit à une promotion identique, à seulement 46 ans

Jean-Paul Huchon, l’ex-président de l’Ile-de-France, est en mission d'agrément pour l’avenir du... tourisme ! Une mission sur le tourisme à Paris après les attentats de novembre, avec à la clé une rémunération de 4.000 euros mensuels. Tel est le hochet offert par Manuel Valls à Jean-Paul Huchon, après ses dix-huit années passées à la tête de la région Ile-de-France. Le cacique du PS vient de rendre son rapport, pour lequel il s'est notamment rendu à Berlin, Londres et New York. Il y suggère la création d'un Observatoire du tourisme. Peut-être veut-il y caser sa femme ? 

Le député PS Laurent Grandguillaume préside un nouveau comité Théodule dont l'utilité est donc discutable: le Conseil de simplification, chargé de mesurer le "choc" du même nom. Cette commission est clairement une niche dorée pour le beau linge rose: Nicole Bricq, ex-ministre PS de l'Environnement, Jean-Pierre Duport, un ancien préfet de 74 ans, ou encore Thierry Wahl, ex-conseiller général PS des Hauts-de-Seine. "Leur rapport assure que l'on a économisé 2 milliards, mais c'est peu crédible. Il n'y a aucun outil pour quantifier les mesures de simplification", soutient le think tank IFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) dont le président du conseil d'administration de 2012 à 2014 fut  Olivier Mitterrand.

La Cour des comptes a recensé 75 préfets hors cadre dont une cinquantaine sans affectation et suggère dans son rapport de 2013 de supprimer ce statut. "Le coût annuel de ces postes est de 25 millions d'euros", selon Jean-Yves Archer, spécialiste des finances publiques. 
En tout, la République entretient 469 structures du même genre, pour un coût de 25 millions d'euros par an. Une quarantaine d'entre elles ne se sont jamais réunies entre 2012 et 2014, à l'instar de la Commission conciliation du télépéage (décret du 5 mai 2012, 6 membres), de l'Observatoire de la récidive (installé par Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux, en avril 2016) et de la Commission nationale des nomenclatures économiques et sociales.

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