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vendredi 2 décembre 2016

La mobilisation des policiers continue dans l'indifférence de la presse et l'ignorance des citoyens

La fronde policière monte contre des "lourdeurs procédurales" en plein "état d'urgence"

Pour protester contre l'"alourdissement" des procédures
les policiers demandent le retrait de leur habilitation d'officiers de police judiciaire 

Un millier de policiers ont demandé le retrait de leur habilitation d'officiers de police judiciaire 
Grogne des policiers : nouveau mouvement contre les
pour protester contre des mesures qui "alourdissent" les procédures, suite logique des manifestations d'agents exprimant leur "ras-le-bol" face aux violences.

"J'ai l'honneur de solliciter le retrait de mon habilitation d'officier de police judiciaire (OPJ)": c'est en ces termes que, depuis la mi-novembre, selon des sources policières, "plus de 1.000" policiers ont  écrit individuellement, aux procureurs généraux  pour signifier que désormais il ne faudra plus compter sur eux pour effectuer des actes d'enquête judiciaire.
"C'est quelque chose qui est symbolique parce que le procureur général ne peut pas retirer une habilitation d'OPJ comme ça, sauf en cas de sanction", commente une source syndicale. "Mais ce n'est pas anodin."

Objet du "courroux", selon l'AFP
Des prescriptions de la loi de réforme pénale du 3 juin 2016 qui, entrées en vigueur le 15 novembre, "alourdissent encore considérablement notre charge de travail", affirment les officiers de police

Le législateur, bien inspiré, visait l'effet inverse... La loi était destinée à renforcer la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement et avait instauré des mesures garantissant et simplifiant la procédure pénale. "La loi était censée simplifier les choses", mais "c'est encore plus lourd, avec tout un tas de PV qui ont été rallongés", a dénoncé  un policier de Lyon.
Dans le seul département de l'Hérault, "250 rapports sont partis vers la cour d'Appel", a précis Bruno Bartoccetti, cadre local du syndicat SGP police-FO, pour qui "tous les services d'investigation sont concernés".

Deux points de la loi braquent les enquêteurs, alors qu'ils visaient à une harmonisation avec la législation européenne.
La garde à vue, en particulier, est devenue une étape "très procédurale et très complexe", expliquait un agent, un collègue fustigeant le "décalage entre les discours et la réalité".Un gardé à vue peut ainsi désormais communiquer "avec un tiers" (frère, employeur, consulat) pour l'informer de sa situation, engendrant de la "paperasserie en plus", selon un OPJ. Et l'avocat peut être présent aux opérations de reconstitution d'infraction et de présentation du suspect à une victime ou un témoin pour identification.
La simplification accrue de la garde à vue fait pourtant partie des engagements pris par le gouvernement pour répondre à la récente fronde dans la police, née de l'attaque aux cocktails Molotov contre des agents à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre.

Le mouvement est "parti de la base", selon des sources policières, notamment du service régional de PJ (SRPJ) de Montpellier. Il a vite essaimé.
A Lyon, des rapports de demande de retrait d'OPJ ont été déposés jeudi auprès de la cour d'Appel. Les syndicats ont parlé de "400" demandes, la hiérarchie ne reconnaissant qu'une mobilisation en "dizaines".

"On n'entre pas dans une querelle avec la magistrature; on pointe du doigt les parlementaires [à majorité de gauche] qui prennent des décisions inadaptées", a-t-il commenté.

A Montpellier
En octobre-novembre, des milliers de policiers ont défilé dans les rues de manière inédite, manifestant leur défiance à l'égard des puissants syndicats de police, de la hiérarchie et de l'exécutif.
Pour éteindre la protestation, le gouvernement a promis un plan de 250 millions d'euros en moyens et matériels ainsi que des allègements de procédures et de nouvelles modalités de légitime défense. Une "manifestation nationale" de "policiers en colère" est cependant annoncée pour le 13 décembre.

Abondamment mis en cause ces dernières semaines par les policiers de base, les syndicats affichent pourtant leur soutien à la nouvelle grogne autour des actes d'enquête judiciaire.
De peur d'être à nouveau marginalisés, "tous les syndicats soutiennent ce mouvement qui, à court terme, peut bloquer la machine et les enquêtes judiciaires", a indiqué Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie (second syndicat d'officiers).
"Il y a un ras-le-bol, c'est insupportable", a renchéri Jean-Claude Delage, "patron" du syndicat Alliance (premier syndicat de gardiens de la paix).

Occupé à gérer la défection du président Hollande, l'exécutif n'a pas officiellement réagi. 
A la mi-novembre, des sources gouvernementales avaient assuré être "conscientes des inquiétudes" et que si cela posait problème "à l'expérience", des "ordonnances de simplification" pourraient être prises
Depuis, silence radio... Avec la complicité des organes de presse pareillement occupés à disserter sur l'avenir des politiciens, au détriment des conditions de travail des personnels de la République.

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