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jeudi 22 décembre 2016

L'expérimentation d'un kilomètre de route solaire en Normandie interpelle le contribuable

Une première mondiale, coup de com' coûteux

L’ensemble des travaux a été couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros, hors taxe…

Ce qui compte pour l'étranger, c'est que cette première mondiale est financée par les Français, 
Installation dans un sens d'une départementale à deux voies
plus soucieux de prestige que de dette publique. La ministre illuminée de l’environnement, Ségolène Royal, va inaugurer ce jeudi la première route solaire au monde dans un petit village normand de 3.400 habitants, près de Mortagne (si ça vous parle). En fait, un tronçon routier de 1 km recouvert de panneaux photovoltaïques. 
Elle n'a pas payé ses dettes en région Poitou-Charentes qu'elle creuse déjà un nouveau trou financier dans l'Orne.  
Ségolène Royal pose au volant d'un prototype de véhicule électrique, en octobre 2008, lors de la présentation de voitures "propres" à bas coût développées par des entreprises de la région Poitou-Charentes.
Après le coup de la voiture électrique, la Renault Zoé qui a reçu le soutien "important et inconditionnel" de l'ancienne présidente du Poitou-Charentes, mais qui a tourné au fiasco et au gouffre financier, Royal remet ça dans le solaire en Normandie.

Si elle confirme des irrégularités financières, la chambre régionale des Comptes de Nouvelle Aquitaine ne parle plus d’insincérité des comptes à propos de la situation financière jusqu'ici jugée "désastreuse" de la région que l'actuelle ministre présidait. 
Cette technologie, encore en phase test, est expérimentée en France par l'entreprise Colas, filiale de Bouygues, pour laquelle travaillent également des Néerlandais, des Américains et des Allemands. 
La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie.Mais, à partir de jeudi, les 2.000 automobilistes en moyenne qui empruntent  quotidiennement la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des dalles solaires encollées sur l'asphalte. Au coeur ce revêtement, les feuilles de silicium - un semi-conducteur qui n'existe pas naturellement à l'état libre sur la Terre et qu'il faut donc produire par électrométallurgie et consommation d'électricité - générant le courant sont enrobées dans une résine protectrice qui, affirment les partenaires de Wattway, les rend "capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds", tout en assurant une bonne adhérence entre les pneus et la chaussée.
L’idée de dérouler des panneaux solaires sur le réseau routier n’est pas neuve. Voilà plus de dix ans que l'idée d'un couple d’Américains de l’Idaho, Scott et Julie Brusaw, est de produire de l’électricité sans empiéter sur les surfaces agricoles ou les espaces naturels. Ce couple avait ouvert la voie en créant la société Solar Roadways. Depuis, des initiatives similaires ont été lancées dans plusieurs pays, notamment à Berlin ou dans la banlieue d’Amsterdam. Les Pays-Bas ont mis en place il y a deux ans une piste cyclable de 70 mètres au nord d’Amsterdam et ont pour projet l’installation de routes photovoltaïques pour 2018. En Allemagne, une installation test sera expérimentée à l’été 2017 à Cologne. Aux Etats-Unis, le Missouri travaillerait à l’installation d’une petite portion de dalles solaires sur un trottoir.
Mais, jusqu’ici, les expérimentations n’ont été réalisées que sur de très petites sections de route. Le concept a changé d’échelle, avec le projet Wattway porté par l’entreprise de travaux publics Colas (groupe Bouygues) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’université de Savoie. A l'issue de cinq années de recherche et de tests menés en Vendée, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Yvelines (sur des surfaces nettement plus petites: 50 à 100 m²), la route solaire normande va constituer le véritable banc d’essai.
L’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants...

Ces 2.800 m2 de dalles à l'aspect de carrelage plastifié sur un kilomètre doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, mais à des fins de circulation routière, selon la direction de Wattway. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros.


A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage du choix de cette portion de route départementale : la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20 % du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société. 

Ce projet, sans précédent au monde par sa taille, suscite pourtant des critiques 

Le financement, de 5 millions d’euros, a en effet été assuré par une subvention de l’Etat. Hors taxe, précise le conseil départemental.
Surtout, il reste à Ségolène Royal de trouver le  modèle économique adéquat. "Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé", selon Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER) pourtant plutôt porté à l'enfumage de l'opinion et des acteurs politiques.
A 5 millions d’euros le kilomètre, la perspective, envisagée par la ministre, de paver de silicium 1.000 km de routes exigerait d’y consacrer 5 milliards d’euros, hors taxes. Et la taxe autoroutière serait mise sur orbite... Cela, alors que le prix du watt-crête (puissance maximale) raccordé se monte, pour l’actuelle route solaire, à 17 euros contre seulement 1,30 euro pour le photovoltaïque posé en grande toiture, rappelons-le, et moins de 1 euro pour les installations au sol.

Techniquement, le rendement énergétique des panneaux à plat est en outre incertain: ils produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour "300 kWh installés", les dalles Wattway produisent "5 à 10 kW de moins" que les panneaux implantés sur les toitures, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway. 
Et quand la route devient centrale photovoltaïque, il ne faut pas évoquer les cas de bouchons routiers qui plantent les véhicules électriques au milieu de nulle part dès lors qu'ils ne produisent plus leur propre énergie.

Un "gadget"  
Ce sont bien les performances de cette infrastructure, au regard de son coût, que mettent en cause certains experts. "Il s’agit sans doute d’une prouesse technique, mais, pour développer les renouvelables, il y a d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche", pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) et directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le photovoltaïque.

Les réalistes attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement

avec le temps et sortis des laboratoires, à un passage intensif de poids-lourds et aux intempéries, neige et verglas. 
Ségolène Royal laissera-t-elle à son successeur ou assumera-t-elle personnellement la réactivation des portiques électroniques - abandonnés le long des autoroutes - et relancera-t-elle à la fois les taxes aux péages d'autoroutes et l'écotaxe poids-lourds laquelle avait enflammé les routes en 2015 ?

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