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jeudi 1 décembre 2016

Après l'abdication de Hollande, Bayrou peut-il encore servir ?

François Bayrou, combien de divisions pour 2017 ?

Le président du MoDem exprime des inquiétudes sur le programme du candidat de la droite, mais qu'a-t-il à offrir ?

François Bayrou lors d\'un meeting à Guidel (Morbihan), le 25 septembre 2016.
Bayrou devant sa glace: il nous rase !
Il n'a pas le courage de renoncer et se laisse ouverte une porte à une candidature à l'élection présidentielle.
Le résultat de la primaire de la droite laisse un boulevard au centre, raconte Chistophe Barbier, ex-directeur de rédaction de l'hebdomadaire L'Express, placardisé comme conseiller du groupe de Patrick Drahi, propriétaire... franco-marocco-israélien monopolistique d'une holding personnelle, Next Limited Partnership, immatriculée à... Guernesey, laquelle est l'actionnaire majoritaire du consortium... luxembourgeois, Altice, donc de BFMTV (et radios) et principal actionnaire de l'opérateur français SFR-Numericable. Arnaud Montebourg, ministère de l'Économie et des Finances, a ouvert une enquête notamment sur sa résidence fiscale exacte, depuis le 18 mars 2014...
Que pense Ruth Elkrief, journaliste manucurée qui se garde bien d'aller au charbon, des positions de son patron qui défend implicitement une réduction du nombre de semaines de congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité.
Selon Barbier, L'Express n'est aujourd’hui "ni de droite ni de gauche, il est au-dessus de la mêlée" et c'est ce qu'il dit aussi de Bayrou. De la tête, l'UDI, au croupion, le MoDem, les centristes - sauf le Nouveau Centre - avaient apporté leur soutien à Alain Juppé lors du scrutin de la primaire à droite. Mais le maire de Bordeaux s'est fait laminer, Jean-Christophe Lagarde s'est réfugié sous l'aile de François Fillon et Bayrou reste encore comme deux ronds de flan.  
Au soir de la victoire de François Fillon, dimanche 27 novembre, François Bayrou n'a pas d'exprimer ses aigreurs, dans un message posté sur Facebook faisant part de ses inquiétudes sur les propositions du candidat désigné.
Selon la Cassandre de Pau, "ce programme pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société, qui vont apparaître dans les semaines qui viennent. Ces questions devront trouver réponse.
Nous croyons aussi que bien des sujets n’ont pas été traités : l’avenir de l’Union européenne, la sauvegarde d’une ambition sociale, la question de l’environnement et du durable, les nouvelles conditions du travail, la situation des jeunes et leur futur. Dans les semaines qui viennent, nous allons travailler à ces questions et à ces sujets pour tous ceux et avec tous ceux qui ont besoin que soient inventées des réponses nouvelles pour garantir et réussir l’alternance dont la France a besoin.
Dans l'incapacité de préciser ses intentions, François Bayrou laisse planer le doute sur une possible candidature 

Que peut-il faire dans la perspective de 2017 ? Quels sont les scénarios possibles ?

Un soutien à François Fillon
"Nous n'excluons rien. Toutes les portes sont ouvertes", balbutie Marielle de Sarnez, interrogée par franceinfo sur un éventuel ralliement de François Bayrou à François Fillon. La vice-présidente du MoDem note que les deux hommes ont toujours eu de bonnes relations. "Ils ont déjà travaillé ensemble. Ils se connaissent et s'apprécient", confirme le secrétaire général du MoDem, Marc Fesneau. "Ils ont une relation ancienne et amicale, qui date de l'époque où François Fillon était plus tourné vers le gaullisme social", tacle au passage la vieille reinette desséchée. 

La députée européenne assure qu'avant de se poser la question d'une alliance, le MoDem va tâcher de construire un "programme alternatif avec des idées nouvelles". Le parti centriste a pour l'instant trop de désaccords avec François Fillon. "Il y a de vraies différences sur plusieurs points, que ce soit sur le droit du travail, la vision européenne ou la réforme de la sécurité sociale", détaille Marc Fesneau. "Quand on regarde la position de Fillon sur Poutine ou sur les 500.000 fonctionnaires en moins, on ne s'y retrouve pas non plus", ajoute la bachelière du VIIIe arrondissement et ex-épouse du maire Nouveau Centre de Deauville, Philippe Augier. 
"François Fillon est au point d'équilibre de la droite, mais il n'est pas au point d'équilibre du pays," estime la vice-présidente d'un MoDem en recherche d'un point de chute.

Pour l'instant, François Fillon n'a pas grand chose à attendre de la bande à Bayrou
Le candidat de la droite républicaine ne donne pas le moindre signe d'inflexion de son programme, mais les centristes veulent croire que l'ancien Premier ministre pourrait avoir besoin d'eux dans la perspective de la présidentielle. "Pour Fillon, il y a un vrai fossé entre 3 millions d'électeurs et l'objectif de 10 à 12 millions", considère la vice-présidente du MoDem. "Avec son sens politique habituel, François Bayrou a assez bien senti que Fillon se devait de rassembler afin de construire une majorité parlementaire", analyse l'historien Jean-Pierre Rioux. Ils ne conçoivent pas au centre que les électeurs puissent rechercher un point fort d'ancrage, en rupture avec les calculs politiciens d'antan et le marigot centriste assoiffé de pouvoir, après tant d'années de pénurie.

Pour cet historien spécialiste du centre et père d'un ancien conseiller budgétaire du ministre socialiste de l’Intérieur, Daniel Vaillant, François Bayrou est entré dans une stratégie de négociation et une position d'influenceur. "Bayrou veut un groupe à l'Assemblée; il ne veut pas se présenter", confiait un filloniste avant le deuxième tour de la primaire. Pour Jean-Pierre Rioux, François Bayrou a une vieille lune à mettre dans la balance auprès de François Fillon : "En cas de danger, la République a toujours trouvé une solution au centre pour sortir de la difficulté." Et ça remonte à quand, s'il vous plaît ?

La tentation Emmanuel Macron

L'hypothèse a été évoquée après l'appel d'Emmanuel Macron (En marche !), au soir des résultats de la primaire de la droite. "J'invite François Bayrou, s'il n'est pas à l'aise avec le projet de François Fillon, à nous rejoindre, parce que je pense qu'il y a beaucoup de convergences, " a lancé sur BFMTV Emmanuel Macron, en mal de soutiens.

Le ticket Royal-Bayrou a bugué en 2007 : quid d'un ticket Macron-Bayrou ? 
"Ce n'est pas improbable", estime Jean-Pierre Rioux. Selon lui, les deux ambitieux, le vieux 'loser'' et le jeune winner', appellent à des idées qui promettraient d'être nouvelles - mais dont on ne sait rien -  même si Emmanuel Macron se place sur un créneau plus progressiste que le maire de Pau.

La recherche d'une assise par le fondateur de En marche ! a  franchement agacé les membres du MoDem. 
Résultat de recherche d'images pour "Marc Fesneau""Macron, c'est comme Bruno Le Maire, le renouveau mais idée zéro", juge l'entourage de François Bayrou. "Il est très sympathique, Macron, mais qu'il nous dise ce qu'il pense plutôt que de venir braconner sur les terres des autres", peste Marc Fesneau jeune maire (1971) de... Marchenoir (650 habitants), Loir-et-Cher où le président du Conseil départemental, Maurice Leroy, Nouveau Centre, lui fait de l'ombre.
"Je dois avouer que je me suis dit 'pour qui se prend-il ?', ajoute Josy Poueyto, première adjointe de François Bayrou à Pau. Il n'est pas en situation de nous faire ce genre de déclaration. Il débarque sur la scène politique, ce serait plutôt à lui de nous rejoindre.
"Pour l'instant, je n'ai pas vu apparaître le début d'une idée nouvelle chez Macron. Il n'y a rien de concret" ajoute la perfide Marielle de Sarnez.

Emmanuel Macron est donc renvoyé à ses études. 
En revanche, entré dans une phase tardive de réflexion sur une proposition de programme, le MoDem tend à son tour la main aux bonnes volontés, notamment aux autres formations centristes. "L'état d'esprit, c'est de construire un point d'équilibre pour le pays, se raconte Marielle de Sarnez. On compte faire ce travail avec des jeunes, des membres de la société civile." Des "Bleu Blanc Zèbre" d'Alexandre Jardin ? L'objectif et le calendrier de ce travail de réflexion ne sont pas encore tout à fait arrêtés, avoue le petit Fesneau aux dents longues: "On doit se revoir dans les semaines à venir avec François Bayrou et quelques autres pour les modalités pratiques."

Une énième candidature à la présidentielle

Le centriste avait annoncé depuis longtemps qu'il serait sans doute candidat à la présidentielle en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite. "Comme tout le monde", il n'avait pas vu venir le scénario Fillon, confesse la fine conseillère Marielle de Sarnez. La victoire de l'ancien Premier ministre relance donc l'hypothèse d'une quatrième aventure présidentielle pour François Bayrou. "Cette décision est très loin d'être prise (...) Mais j'aimerais éviter des tensions à mon pays", a confié l'ancien ministre qui se la joue, lors du conseil municipal de Pau, rapportent Sud Ouest et France Bleu Béarn.  


"Sur le fond, sa candidature ne m'étonnerait pas outre mesure, se risque Jean-Pierre Rioux, 77 ans. C'est quand même le combat de sa vie – pas tant de devenir président de la République, mais d'installer les centristes dans le dispositif de la Ve République." 
Du côté de ses proches, on se borne à assurer qu'il va pour l'instant se lancer dans l'élaboration d'un programme. "Il est dans une réflexion pour savoir ce qui est le mieux pour la France, indique Josy Poueyto, 62 ans, qui apporte au maire de Pau sa connaissance du terrain, d'autant que son vieil ami, Jean Lassalle, le député marcheur, l'a laissé au bord de la route. Ce n'est pas quelqu'un qui prend les choses à la légère," raconte encore la première adjointe.

En tout cas, François Bayrou ne va pas se déclarer le 2 décembre, jour anniversaire de la victoire d’Austerlitz, comme il en avait pris l'habitude pour les trois dernières élections présidentielles, ironise Libération. "Si l'on est dans la configuration d'une candidature, il faudra attendre l'hiver pour le savoir", pronostique Marc Fesneau qui évoque la période entre fin janvier ou début février : "On sait que les campagnes présidentielles se jouent dans les trois derniers mois."
Comment allons-nous faire pour attendre jusque-là ?
Et à la fin janvier aura eu lieu la primaire du Parti socialiste. Bayrou est vraiment la cinquième roue du carrosse de Marianne.

 

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