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jeudi 1 décembre 2016

Adieu, Hollande: plus que six mois...

Bras cassé présenté comme un "fin stratège" et "spécialiste du compromis", Hollande a échoué à rassembler les siens

Ses intentions étaient scrutées depuis des semaines 

Au revoir...
L'inconscience de François Hollande faisait craindre le pire, mais une majorité de socialistes pourtant divisés et pessimistes sur les chances, dans l'hypothèse de son entêtement, de faire figurer le Parti socialiste au second tour, a poussé ses proches à lui faire conduire un travail sur sa lucidité et des "fidèles" proclamés à le dissuader d'une candidature, se déclarant en rivaux potentiels, d'abord Emmanuel Macron, puis Manuel Valls.  

Vaincu par son propre camp, Hollande a annoncé jeudi qu'il renonce à se présenter à l'élection présidentielle de 2017.
"Aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle", a déclaré, d'une voix blanche, le chef de l'Etat, le visage grave et visiblement accablé par les rejets de sa famille politique, dans une déclaration depuis l'Elysée et non pas depuis Tulle ou un quelconque fief socialiste.

"Dans les mois qui viennent, mon devoir, mon seul devoir sera de continuer à diriger le pays, celui que vous m'avez confié en 2012, en m'y consacrant pleinement et dans le dévouement le plus total à la République", a-t-il ajouté après avoir dressé un bilan positif de son quinquennat. 
Ultime incohérence: pourquoi renonce-t-il à poursuivre une mission à laquelle il trouve des aspects positifs ?  

Hollande, premier président en exercice de la Ve République qui renonce à briguer un second mandat
 
Une capitulation socialiste sans combattre. Cette décision survient dix jours après l'élimination de la course à la présidentielle d'un autre chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, qui a annoncé son retrait de la vie politique dans la foulée. Charles de Gaulle, considéré comme l'un des dirigeants français les plus influents de son siècle, fut également désavoué en 1969 sur un référendum (celui de la réforme du Sénat et de la régionalisation) et démissionna après un vote "non". L'un et l'autre avaient défendu leurs idées.

Président le plus impopulaire de la Ve République, crédité de moins de 10% dans les sondages pour le premier tour de l'élection présidentielle, François Hollande a abandonné le combat en rase campagnealors que le candidat de la droite et du centre, François Fillon, caracole en tête des sondages pour le second tour de la présidentielle.

Dressant un inventaire sélectif de ses quatre années et demie passées à la tête de l'Etat, le locataire de l'Elysée a dit "assumer" son bilan
"revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards et en admettant certaines erreurs". (Papier bilan:)

"Les résultats arrivent, plus tard que je ne les avais annoncés, j'en conviens, mais ils sont là : l'investissement, la consommation, la construction repartent et, depuis le début de l'année, le chômage enfin diminue", a souligné le chef de l'Etat qui avait fait de l'inversion de la courbe du chômage une condition pour sa candidature. "Il reste à un niveau très élevé et je mesure ce que cette situation peut avoir d'insupportable pour nos concitoyens qui vivent dans la précarité."

Et au moins 12 candidats se sont officiellement déclarés à gauche.

Six refusent une primaire réglée par le parti hégémonique en déconfiture: 
Encore Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), 
Yannick Jadot (EELV), 
Emmanuel Macron (En marche !), 
Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, soutenu par le Parti communiste français), pour la deuxième fois
Sylvia Pinel (Parti radical de gauche)  
et Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste, récidiviste du NPA).

Six s'y soumettraient 
Jean-Luc Bennahmias (ancien Verts, UDE de JV. Placé, mais vice-président du MoDem), 
Gérard Filoche (qui milite depuis plusieurs mois pour une candidature unique de toute la gauche contre Hollande ou Valls et donneur de sperme), 
Benoît Hamon (ancien ministre fugitif de l’Education), 
Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), 
Marie-Noëlle Lienemann (proche du PCF), 
Arnaud Montebourg (ancien ministre de l'Industrie qui n'a jamais su redresser la courbe de l'Emploi), 
François de Rugy (président du parti Ecologiste ! pro-gouvernement, soutenu par des ministres et anciens d’EELV, comme Emmanuelle Cosse ou Barbara Pompili)
  
Deux autres sont en outre pressentis... Valls et Taubira

Son premier ministre s'est à plusieurs reprises déclaré prêt à la relève

Le Premier ministre en embuscade depuis des années
Manuel Valls
Brutus veille...
Sans rien dire de ses intentions,  mais toujours prêt à tout, Valls a aussitôt estimé que la décision du président sortant est "le choix d'un homme d'Etat", ajoutant non sans ambiguïté que le quinquennat sera apprécié à sa "juste valeur : cinq années de progrès pour la France et les Français. (chômage  non stabilisé, pouvoir d'achat en berne, dette publique en hausse, mensonge sur le trou de la Sécurité Sociale, état d'urgence et atteintes aux libertés, guerres en Afrique et au Proche Orient, etc...?)

Manuel Valls se pose en opposant à la droite et devrait donc concourir à la primaire de la gauche organisée fin janvier.
Il aurait face à lui des adversaires déterminés: son ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg et son ex-ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, qu'il a chassés du gouvernement à son arrivée pour avoir contesté la politique et l'autorité de François Hollande. Mais aussi Larrouturou et pourquoi pas Taubira, le comble de la déchéance, le fond du fond.

Le président sorti se maintient pour combattre l'opposition

A cinq mois de l'élection présidentielle, le président de tous les Français (?), Hollande a épinglé les programmes des candidats de la droite et de l'extrême droite qui font la course en tête dans les sondages, appelant à "un sursaut collectif et qui engage tous les progressistes qui doivent s'unir dans ces circonstances".

En chef de parti, Hollande continuera de dresser les Français les uns contre les autres
"Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures qui seraient coûteuses et même dangereuses pour son unité [quid de l'unité du PS, pour commencer], pour sa cohésion [l'ensemble de la gauche est tellement en miettes qu'il n'a pas de majorité pour se re-présenter], pour ses équilibres sociaux [il a mis en péril les budgets de la Sécurité sociale, des régions et de la nation], voilà le message que j'étais venu ici vous adresser", a-t-il marmonné, sombre, découragé, abattu.

Hollande laisse la désolation et veut l'étendre 

François Hollande s'en prend à toute politique alternative de redressement du pays. Ainsi, s'attaque-t-il à la liberté de pensée (sur l'avortement, par exemple) et au projet de François Fillon, "qui met en cause notre modèle social et nos services publics sans aucun bénéfice au contraire pour notre économie et avec un risque d'aggravation des inégalités".

Systématiquement placée par les sondeurs en tête du premier tour pour entraver la droite républicaine, l'extrême droite "nous appelle au repli, à la sortie de l'Europe et du monde", a lancé le président sorti par les échecs de sa politique. "Le plus grand danger, c'est le protectionnisme, c'est l'enfermement et ce serait d'abord un désastre pour les travailleurs français," a assuré le chef de guerre au Mali et en Syrie, ainsi qu'en conflit avec Poutine et Trump.

Dans un communiqué publié quelques minutes après la fin de la déclaration de François Hollande, François Fillon a dénoncé un quinquennat s'achevant "dans la pagaille politique et la déliquescence du pouvoir".
"Plus que jamais, l'alternance et le redressement de la France doivent être bâtis sur des bases solides : celle de la vérité sans laquelle il n'y a pas de confiance des Français et celle de l'action courageuse seule en mesure d'obtenir des résultats", a estimé l'ex-Premier ministre, qui fait figure de favori pour succéder à Hollande au printemps.

Démissionnaire du gouvernement en août pour se lancer dans la course à la présidentielle, Emmanuel Macron a salué une décision "courageuse".
"Quand on a passé sa vie dans le combat politique, prendre la décision qu'il a prise aujourd'hui n'est pas neutre, quelle que soit son impopularité actuelle", a dit l'ex-ministre de l'Economie sur RTL.

Le culte de la personnalité soviétique a gagné le PS
Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, le chef de l'Etat "avec élégance, hauteur de vue, sens de la France et non sans émotion, a décidé de protéger son bon bilan"
L'opération de création du mythe de Hollande prendra-t-elle dans l'opinion ?

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