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vendredi 9 décembre 2016

Cahuzac : condamnation du ministre fraudeur, à hauteur de sa faute

Socialiste vertueux, Cahuzac condamné à la hauteur du scandale, estime la presse

Les éditorialistes ne plaignent pas le ministre du Budget, socialiste exemplaire et pourtant fraudeur 

Au lendemain du jugement, ils estiment la peine "exemplaire"
L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a été condamné à trois ans de prison ferme jeudi pour fraude fiscale. 

"La condamnation est à la hauteur du scandale. Le plus retentissant et le plus ahurissant de ce quinquennat entamé sous le signe de la 'République exemplaire' ", estime Hervé Favre dans La Voix du Nord. 

"Un jugement exemplaire", affirme Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Pascal Coquis souligne que "le tribunal a qualifié ces faits d’une 'rare et exceptionnelle gravité'. Et ce sont ces faits-là qui méritaient une sanction qui fasse sens".

L'arrogant a interjeté appel et n'ira donc pas en prison  

La peine de prison ferme sanctionnant Jérôme Cahuzac n'est assortie d'aucune possibilité d'aménagement de peine. Le tribunal correctionnel de Paris a ajouté cinq ans d'inéligibilité, pour fraude fiscale et blanchiment dans le cadre du scandale le plus retentissant du mandat présidentiel de François Hollande. 

La longueur du procès et les délais des recours le mettent en fait à l'abri de l'humidité des geôles de la République. Le déclenchement de cette affaire politico-finncière date en effet de décembre 2012. Accusé par le site d'information trotskiste en ligne Mediapart d'avoir possédé des fonds non déclarés sur un compte en Suisse, puis à Singapour, Cahuzac campa sur son déni, clamant - "les yeux dans les yeux" -   son innocence, y compris devant les députés à l'Assemblée nationale. Des féaux comme le journaliste Jean-Michel Aphatie allèrent même jusqu'à demander à Mediapart de publier ses preuves, quitte à divulguer ses sources.

Le quotidien socialiste Libération accuse ajourd'hui les juges : "La justice règle son compte à Jérôme Cahuzac".  

Fraude fiscale et blanchiment dans l'affaire Cahuzac 

"La faute morale est particulièrement lourde, car celui qui dissimulait son argent dans des paradis fiscaux était le ministre chargé de punir les contribuables indélicats", souligne Guillaume Goubert dans La Croix. 

La justice a été "droite et sévère", se félicite dans La Montagne, Florence Chédotal pour qui "la sanction 'exemplaire' est à la mesure de la République voulue 'exemplaire' [par le candidat socialiste Hollande], qu'il a foulée aux pieds". 

"Une sanction exemplaire à l'encontre d'un ministre qui aurait dû donner l'exemple", s'indigne Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne. 
Une sanction également qualifiée d' "exemplaire" dans le Courrier picard, par Bertrand Meinnel. 

"Il était temps d’en finir avec la naïveté et la bienveillance dont Jérôme Cahuzac, dissimulateur avéré, menteur patenté, bénéficia trop longtemps", lance Bruno Dive dans Sud-Ouest. 
Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, partage cette opinion. "Voleur sans scrupule, fraudeur désinvolte, menteur avec aplomb, il paie (...) C’est la règle du jeu dangereux auquel il s’était attablé". 

"Jérôme Cahuzac a été pris à son propre jeu", ajoute Hervé Chabaud de L'Union. "Il y a une loi" et "elle se doit d’être appliquée". 
Et tous les éditorialistes s'en félicitent, pensant que cette condamnation "devrait faire réfléchir", comme l'écrit Bertrand Meinnel (Courrier picard). "C'est un avertissement pour tous ceux qui auraient de mauvaises tentations fiscales", assure Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne). 

Le Figaro y voit "un signal dur de la justice". Pour le quotidien : "la sentence délivre un message: le sursis ne sera plus quasi automatique pour les gros fraudeurs célèbres ou non". 
En tout cas, "c'est un tournant", pour Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre. "L’affaire Cahuzac aura jeté un énorme pavé dans la mare de l'évasion fiscale et aura permis d’armer l’État contre ces tricheurs de haut vol", conclut l'éditorialiste.

Certains organes de presse s'offusquent ou détournent l'attention

Voyons la réaction des quotidiens dominants dans son fief électoral.
France Info tente de réhabiliter Cahuzac en se rendant à Villeneuve-sur-Lot, ville dont il fut maire:
Elise Lucet va-t-elle diligenter une enquête en caméra cachée sur les bienfaits de l'ancien ministre de Hollande envers sa population ?

Selon La Dépêche,"Villeneuve assiste à une chute qui ne s'arrête-jamais"... Faut-il arrêter le bras de la Justice quand un puissant, fût-il un député menteur du Lot-et-Garonne, est en cause? 

En Côte d'Or, le journal hégémonique ne connaît pas de déontologie.
"La condamnation en première instance de l’ancien ministre a suscité des réactions plutôt nuancées au PS et à LR", prétend-il, avant de polémiquer en se tournant vers l'extrême droite. "Peine tout à fait normale", estime Gilbert Collard au FN. 
En septembre dernier, le journal régional expliqua que "Jérôme Cahuzac a chargé le président de la République François Hollande", titrant : "Comptes cachés : Cahuzac dit n'avoir "pas menti" à Hollande "les yeux dans les yeux"...

"L’affaire Cahuzac a rapporté… 3 milliards au fisc," applaudit le même quotidien, le Bien Public de Dijon, dont le maire est François Rebsamen...

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