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vendredi 9 février 2018

Méthode Macron : les agriculteurs de "ZAD" obtiennent satisfaction à Toulouse et Montauban, comme à Notre-Dame-des-Landes

Les agriculteurs en colère débloquent ici, mais bloquent là...

Levée des blocages des agriculteurs de Toulouse et Montauban qui ont obtenu gain de cause
Mercredi 7 février, lors du blocage des agriculteurs, sur l'A620, le périphérique toulousain.
Mercredi 7 février, lors du blocage des agriculteurs, sur l'A620, le périphérique toulousain.
 (B. Colin / 20 Minutes)
Les agriculteurs ont obtenu le maintien d’une grande partie des communes en zones agricoles défavorisées (ZAD). Une levée progressive des blocages était en cours, jeudi.

Après dix jours de mobilisation à Montauban et Toulousependant lesquels les agriculteurs se sont sentis abandonnés et les citadins bloqués, le retour à la normale s'est amorcé ce jeudi 8 au matin sur les routes de Haute-Garonne. Ils ont obtenu gain de cause mercredi soir. Près de 800 des 1.100 communes qui devaient sortir de la carte des zones agricoles défavorisées (ZAD) y sont finalement maintenues.

Les exploitants agricoles concernés seront encore éligibles aux indemnités compensatoires de handicaps naturels. Une mobilisation payante mais qui aura duré plus de dix jours, à travers des blocages permanents dans le Tarn-et-Garonne, où ponctuels comme à Toulouse, mercredi sur l’A620, ou à Villefranche-de-Lauragais, sur l’A61.

Fin des blocages dans la soirée à Toulouse et en Occitanie. Les agriculteurs Fnsea et Ja obtiennent satisfaction sur le maintien des aides européennes (zones agricoles défavorisées) @CNEWS

"C’est une grosse satisfaction, mais c’est tout de même navrant de devoir en arriver là, aussi bien pour nous que pour les automobilistes", commente Nicolas Ates du syndicat des Jeunes Agriculteurs.

Levée du blocage en milieu de nuit
S’ils ont obtenu gain de cause, la levée du blocage sur l’A620, au niveau de la Cépière, ne devait intervenir qu’en fin de soirée. Après, les personnels de la direction des routes du sud-ouest seront à pied d’œuvre pour nettoyer le bitume et ramasser les déchets et autre lisier, pour une réouverture dans la matinée.

La préfecture du Tarn-et-Garonne informait qu’elle maintenait toutefois certaines mesures d’interdiction en raison des dégâts occasionnés sur la voirie. La circulation des poids lourds de plus de 7,5 tonnes sur l’ensemble des routes départementales est ainsi interdite jusqu’à midi et "pour des raisons de sécurité, l’interdiction des transports scolaires est maintenue le jeudi 8 février 2018".


En revanche, les agriculteurs en colère bloquent l'A61 au niveau de Castelnaudary, Aude
Après la réunion de mercredi entre le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, et les représentants des syndicats agricoles d'Occitanie, le ministère devait présenter ce vendredi aux représentants la nouvelle carte des zones défavorisées au plan national. Si la plupart des agriculteurs se sont dits satisfaits des propositions, certains départements, comme le Gers, le Lot, l'Aveyron et l'Aude le sont beaucoup moins. 

Dans l'ouest de l'Aude, les agriculteurs de la Piège, un canton qui devrait sortir de la carte des zones défavorisées, ont décidé de manifester à nouveau leur colère ce vendredi.
Ce vendredi 9 février, ils avaient mis en place, sur l’A61 et sur la RD6113, des sorties obligatoires, à Castelnaudary dans le sens de circulation, Toulouse-Carcassonne et à Bram dans le sens Carcassonne-Toulouse. Les usagers, ainsi déviés, étaient ensuite orientés par les agriculteurs vers une boucle sur le réseau secondaire, dans un quadrilatère Castelnaudary/Gaja-la-Selve/Fanjeaux/Bram, avant de reprendre la direction de leur destination.

Leur objectif étant d'obliger les automobilistes à transiter par leur canton de La Piège pour qu'ils se rendent compte de la réalité géographique de leur territoire.

Des élus en soutien, une action en justice prévue. 
A 17 heures, des élus se sont  rassemblés à la sortie de Fanjeaux. Ils réclament d'ores et déjà au ministre de l'Agriculture de venir sur place donner des explications. Vers 18h, comme promis, les agriculteurs audois ont commencé à lever les barrages.
Néanmoins, les agriculteurs ont déjà décidé de porter l’affaire devant le tribunal administratif et la Cour européenne de justice. "Nous sommes prêts. Nous avons des données. Chaque agriculteur, sur son exploitation, fait des analyses de terre. Nous allons nous en servir pour bien prouver que ce territoire est bien un territoire de handicap. Nous monterons un dossier technique qui ira devant la juridiction. 
Aujourd’hui, l'INRA refuse de nous donner ses calculs. C’est un juge qui le leur réclamera", assène Serge Vialette, président de la FDSEA.

En conséquence, le trafic est très perturbé sur ce secteur, et plus globalement dans le triangle Villefranche-de-Lauragais (31), Carcassonne (11) et Mirepoix (09).

120 km de détour pour les automobilistes.
Dans la journée, Vinci Autoroutes avait mis en place une déviation, en invitant les automobilistes à sortir dès Villefranche-de-Lauragais, dans le sens Toulouse-Narbonne, et dès Carcassonne, dans le sens Narbonne-Toulouse. Pour éviter les 16 km d'autoroute coupés entre Bram et Castelnaudary, il fallait alors en parcourir 120...
Des itinéraires conseillés étaient aussi mis en place et les usagers invités à limiter ou reporter leurs déplacements sur les secteurs perturbés.
Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé en préfecture. Le PC route a été activé par le Conseil départemental.

jeudi 6 avril 2017

Grande-Synthe (Nord): migrants mais aussi bloqueurs violents d'autoroute

Obstacles et caillassages: les migrants ont tenté de bloquer l’A16


Une cinquantaine de migrants a tenté d'envahir l'autoroute A16 dans la nuit de mercredi à jeudi

"Il y a eu une tentative d'envahissement vers 03h00 de migrants, qui ont mis des branchages sur l'autoroute - située le long du camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) et qui ont jeté des projectiles, ce qui a nécessité une intervention des CRS et de la police", a-t-on appris de "source proche du dossier", confirmant une information de La Voix du Nord.

Vers 3h00 du matin, des migrants de la Linière, à Grande-Synthe, ont tenté de bloquer la circulation de l’A16 en posant des pierres et des branchages sur la chaussée, au niveau de la station BP de Grande-Synthe, dans le sens Belgique-France. 
Les forces de l’ordre ont été caillassées à leur arrivée.

Selon Hervé Desvergne, directeur du camp de la "Linière" ouvert en mars 2016 par la municipalité EELV, ces événements sont dus à l'augmentation du nombre de migrants afghans (soumis à un gouvernement islamiste sunnite, celui des talibans) - environ 500 aujourd'hui.


Ceux-ci privilégieraient d'autres méthodes que les Kurdes, Sunnites, majoritaires: "les Afghans tentent de créer des ralentissements" sur l'autoroute pour bloquer des camions et y monter afin de gagner l'Angleterre , alors que les Kurdes marchent avec des passeurs et des points de rendez-vous", a expliqué H. Desvergne, confiant son "inquiétude".


H. Desvergne est membre de l'Aféji, une 'association de Bienfaisance' (laïque, indépendante de toute conception politique ou religieuse) créée en 1992 par des enseignants du Dunkerquois, dédiée d'abord aux enfants handicapés ou en souffrance sociale, puis à la lutte contre toutes les formes d’exclusion, et devenue entreprise associative ("humaniste et militante") gestionnaire notamment du camp de migrands  à Grand-Synthedésignée par l'Etat.



"Un véhicule de CRS a été la cible de jets de projectiles"
"Il a été un peu endommagé", a ajouté cette source anonyme.

Vers 4h00 du matin, les gendarmes étaient de nouveau sollicités, cette fois pour une barre de fer posée sur l’autoroute. Voulant intervenir, ils ont essuyé des jets de pierres. 
Les policiers de Dunkerque, venus en renfort, ont subi des jets de pierres.

Le camp de La Linière a été par l’ONG Médecins Sans Frontières, avec le soutien de la ville EELV de Grande-Synthe et de la communauté urbaine de Dunkerque, pour remplacer le bidonville insalubre installé au Basroch, un secteur de Grande-Synthe plus proche du centre-ville.


VOIR et ENTENDRE le maire de Dunkerque (SE, mais se revendiquant de gauche) sur un tout autre sujet :
"J'ai en tête ce qui se passait avant à Calais [avec des barrages réguliers sur la rocade portuaire à proximité de l'ex-"Jungle"], je n'ai pas envie que ça se passe ici", a-t-il ajouté.

Le camp de Grande-Synthe (image d'archives) / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

A la suite du démantèlement de la "Jungle" de Calais en octobre, située à une quarantaine de kilomètres plus à l'ouest, la population du camp de la Linière a augmenté de 700 pour atteindre près du double. En parallèle, plusieurs incidents ont marqué la vie du camp, formé de dizaines de petits chalets en bois, où les passeurs sont comme chez eux.

Mi-mars, au côté du maire écologiste Damien Carême, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a signé la prolongation de la gestion de ce camp proche de Dunkerque pour six mois supplémentaires avec pour objectif d'en réduire sa capacité.

Emmanuelle Cosse (EELV) ne peut ignorer que l'hiver a été rude pour les migrants.
Bien que la mairie et la direction du camp réfutent toute "saturation" du camp, la densité a indéniablement augmenté depuis la création de ce premier site humanitaire, en mars 2016, d'une capacité initiale de 1.500 places réparties dans 400 chalets en bois de 6m2. Il ne reste plus que 291 de ces chalets, mais, à la suite notamment du démantèlement de la "Jungle" de Calais et de nouveaux flux, officiellement, les migrants sont désormais quelque 1.200. Ils sont parfois 4 à 5 à dormir dans les cabanons, contre 2 à la création.
En janvier dernier, la presse rapportait que, faute de places dans les cabanons officiels, près de 100 personnes avaient dû se réfugier dans l'un des lieux de vie, initialement destinés à cuisiner, mais transformés pendant plusieurs semaines en dortoirs d'urgence. Avant de tenter prochainement sa chance en se cachant dans un camion, moyennant versement d'une somme "importante" à l'un des nombreux passeurs qui gangrènent le camp - "les prix ont augmenté car la police est partout".

Les migrants avaient déjà établi des barrages sur cette autoroute

En août 2016, plus d'une centaine de migrants avait envahi l'autoroute A16 à Grande-Synthe, pour bloquer la circulation et tenter de pénétrer dans des camions à destination de l'Angleterre...

Dans la même semaine, trois rixes graves avaient éclaté sur le camp. Deux hommes avaient été blessés à l’arme blanche à l'intérieur du camp, puis deux autres ont été blessés par balles le lendemain.

VOIR et ENTENDRE
une séance du conseil municipal de Dunkerque dirigée par Patrice Vergriete (socialiste dissident sous étiquette DVG), à ne  traduire pour les migrants:


 

jeudi 21 janvier 2016

Les exploitants agricoles bretons votent PS, puis bloquent les routes et veulent Valls qui file à Davos

Les éleveurs bretons, délogés de la N12 - sans voir Valls -veulent continuer leurs actions

Depuis mercredi 14h, les éleveurs 
de Saint-Brieuc d'abord, puis des Côtes-d'Armor et du Finistère, 
ne décolèrent pas. 

Les éleveurs souhaitent rencontrer le Premier ministre Manuel Valls samedi. La disparition et la menace sur des milliers d'emplois, ainsi que la précarisation du métier attisent leur colère. Dans cette attente, ils bloquent la RN12 dans les deux sens sur la commune d'Yffiniac, à environ 10 km de Saint-Brieux (orthographe de L'Express: comprendre Saint-Brieuc), selon Le Télégramme.
En septembre, le gouvernement avait pourtant annoncé trois milliards d'euros d'aides en trois ans. Une mesure jugée "insuffisante et inefficace" par les professionnels, rapporte Le Parisien. Le Préfet des Côtes-d'Armor a dit faire remonter leurs doléances, mais a demandé leur départ de la RN12, ce jeudi. 

Ils ont levé les blocages, contraints et forcés par les forces de police

Des éleveurs brûlent des pneus sur la RN 12,
le 20 janvier 2016, près de Saint Brieuc
"Dans le calme", selon L'Express, malgré les images, environ 300 éleveurs ont levé  le blocage de la N12, dans les deux sens ce jeudi à l'aube. Ils demandaient à rencontrer Manuel Valls samedi et dénonçaient la disparition de milliers emplois et un étranglement financier. 

"Une nuit sur la N12" 
Cette tournure donne à croire que L'Express pourrait avoir partagé cette nuit-là, mais l'hebdo cite constamment Le Télégramme et fait donc illusion à partir des dépêches de l'AFP et de la presse régionale. Il n'a manifestement été qu'un observateur distant, voire indifférent, tant la qualification du journaliste anonyme est peu apparente... 
"Cela faisait bientôt 20h que 300 éleveurs occupaient la N12. Une quarantaine de tracteurs étaient stationnés [accord de proximité] sur le bas-côté, précise le Télégramme, repris par L'Express depuis Paris. La glissière de la sécurité qui séparait la chaussée aurait été arrachée [on n'est pas sûr, vu de Paris !] et des objets et détritus étaient jonchés au milieu des voies [sic]. 
Les éleveurs "regrettent" [simplement] de ne pas gagner assez leur vie et assurent [ils ne sont pas crédibles?] que des milliers d'emplois sont menacés. Leur objectif : obtenir la vue [sic] du premier ministre Manuel Valls en Bretagne [passons sur la qualité de la langue: comme s'ils ne le voyaient pas assez à la télévision...]. Ils ont finalement à la demande du Préfet accepté ce jeudi matin de lever dans le calme le barrage [absence de ponctuation], qu'ils avaient tenu toute la nuit, dans des conditions climatiques difficiles. La FDSEA espère que le gouvernement mettra en place des réformes structurelles, car "la compétitivité française est plombée par une sur-réglementation et des charges sociales qui ne cessent de croître", rapporte Le Télégramme ." [L'Express n'a pas dépêché de journalistes et n'a rien vu.]

"Ras les bottes" à Quimper 
La grogne ne fait que monter dans le reste de la région. Une centaine d'agriculteurs a aussi manifesté [accord correct, cette fois, avec le sujet [le hasard fait bien les choses] à Quimper mercredi à l'appel des Jeunes Agriculteurs, avec un mot d'ordre: "Nous en avons plein les bottes" [ce qui est non pas un mot d'ordre, mais un slogan]. Ils ont souhaité symboliser la disparition des emplois, à l'aide de bottes vides, comme on le voit sur cette vidéo, qu'ils ont ensuite lancées dans le jardin de la Préfecture. Les jeunes agriculteurs ont aussi brûlé des pneus et de la paille pour marquer leur mécontentement. 

Les éleveurs bretons de Saint-Brieuc, délogés de la RN12 par les forces de l'ordre jeudi matin restent déterminés à continuer leurs actions

Des éleveurs de la FDSEA des Côtes-d'Armor ont aussi fait barrage aux deux entrées d'une cité administrative, dans la soirée, rapporte encore Le Télégramme [sans lui, que deviendrait L'Express!].  La veille, une centaine d'agriculteurs du pays de Quimper dans le Finistère s'était aussi retrouvés à Guengant [il doit probablement s'agir de Guingamp (Côtes d'Armor): le rédacteur n'a donc aucune notion d'orthographe ni de géographie: il est donc bien journaliste, mais n'appartient ni au service Education, ni au service des sports], à environ 40 km au sud est de Vannes, dans le Morbihanà l'appel du collectif SOS Elevage en danger.  La veille aussi, ce sont des éleveurs laitiers dans le Morbihan toujours, qui avaient bloqué un rond point. Ils ont d'ailleurs l'intention de poursuivre leur "action routière", le week-end prochain à Vannes et à Lorient.

"On va continuer. Si on nous déloge, on va sur un autre endroit: il faut qu'on nous entende", a expliqué Didier Lucas, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles, qui a appelé à cette mobilisation avec les Jeunes agriculteurs (JA). 

L'évacuation de plusieurs dizaines d'éleveurs présents sur la RN12 (Rennes-Brest) ce matin peu avant 08h00 s'est déroulée dans le calme, selon un correspondant de l'AFP, qui ne mentionne pas l'intervention de la police: selon la terminologie de France Info, "les forces de l'ordre lèvent le blocage"...
Mais l'axe reste coupé à la circulation et les déviations sont toujours en place, le temps de remettre en état les voies et si les éleveurs se laissent impressionner. La préfecture espère rouvrir la RN12 sur une voie dans chaque sens d'ici 17h00.

Pendant ces longues journées,
où est le président de Région Bretagne que les Bretons ont reconduit ? Le Drian n'arrive pas, dit-on, à être sur tous les fronts: la guerre au Proche Orient et en Afrique et la paix en Bretagne. 

dimanche 10 janvier 2016

NDDL : charge de la police contre des agriculteurs et militants opposants à l'aéroport de Nantes

Notre-Dame-des-Landes: démonstration de force des opposants et vive réaction policière

L'intervention de la police active brutalement la dispersion des opposants

Des agriculteurs hostiles au projet aéroportuaire ont paralysé la circulation autour de Nantes (Loire-Atlantique) ce 9 janvier.
Cette manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a rassemblé 20.000 personnes, selon les organisateurs, trois fois moins selon la police, 400 tracteurs et plus d'un millier de cyclistes. 

Samedi, ils avaient pris le contrôle de certaines zones,
dont le périphérique. Plusieurs centaines de tracteurs ont ainsi convergé pour occuper le pont de Cheviré, l'un des principaux axes routiers de la métropole nantaise. 
Des activistes hostiles au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-landes ont pris le contrôle du périphérique. Il était prévu qu'ils quittent les lieux sur les alentours de 15h30, mais arrivé le soir, ils conditionnaient leur départ. Ils demandaient à François Hollande qu'il abandonne les procédures d'expulsion de familles et agriculteurs installés sur le site du projet aéroportuaire.

Plusieurs centaines d'opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
qui bloquaient le périphérique de Nantes et l'un de ses principaux ponts depuis le matin, avaient toutefois quitté les lieux suite à l'intervention musclée des forces de l'ordre dans la nuit de samedi à dimanche.

Certains activistes ont riposté avec des fusées d'artifice, du type de celles que Rémi Fraisse transportait dans son sac à dos sur le site du réservoir de Sivens, Tarn.  Un feu de paille a été allumé, aussitôt éteint par un canon à eau de la police.
VOIR et ENTENDRE la réaction des organisateurs à l'opération policière d'évacuation:

Un pouvoir socialiste paralysé par ses divisions
Arrivés par milliers en fin de matinée, en tracteur, à vélo, ou encore à pied, les opposants à l'aéroport se sont rassemblés dans une ambiance festive. Ce qui n'empêche pas certains élus de pointer du doigt les incohérences, au coeur même du gouvernement. "Vous avez Ségolène Royal qui est clairement contre ce projet, on a un Premier ministre qui se dit pour, et un président qui ne se prononce pas trop, donc à un moment donné, c'est ce président-là qui doit siffler la fin de la récré", estime la conseillère régionale écologiste Sophie Bringuy. 
Une association favorable au projet d'aéroport a quant à elle dénoncé l'irresponsabilité de cette mobilisation "de gens qui refusent les décisions démocratiques et les décisions de justice".
Dans un entretien au Monde qui paraît le même jour,
Nicolas Hulot juge que ce projet d'aéroport est l'un de ceux "auxquels il va falloir renoncer".

Les forces de l'ordre étaient intervenues à Nantes samedi soir pour dégager les lieux
après une nouvelle démonstration de force mobilisant des milliers de militants opposés à ce projet.
18 ans de conflits en pays nantais qui a pourtant voté socialiste aux Régionales 

Plusieurs dizaines de camions de CRS avaient convergé vers le pont vers 22h00 samedi, accompagnés d'un véhicule lanceur d'eau et d'une grosse dépanneuse, puis les forces de l'ordre ont lancé leur offensive vers 23h00. Après plusieurs tentatives de négociation pour un départ à l'amiable, une violente charge au gaz lacrymogènes a été lancée vers 23h45, accélérant le départ des quelque 60 tracteurs qui bloquaient encore le passage. 

"La mobilisation paysanne est au rendez-vous au-delà des espérances"
, a commenté Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une association de loi 1901,  créée en 2000, dans le but de lutter contre le projet d'aéroport du Grand Ouest, sur le site de Notre-Dame-des-Landes.
Au total, ils sont une quinzaine d'agriculteurs dont l'exploitation doit être intégralement rasée par l'aéroport, qui doit couvrir une zone de 1 650 hectares. Une bonne moitié d'entre eux a négocié à l'amiable la vente de ses terres, l'autre a été expropriée. 
Il y a trois ans, l'Acipa invite le premier Camp action climat de France. A son issue, des riverains incitent les participants à rester, "pour faire un nouveau Larzac, vivre sur la zone et la défendre contre le projet d'aéroport", explique Dominique Fresneau, l'un des agriculteurs expropriés.

Peu avant une heure du matin dimanche, ils avaient tous quitté le périphérique par les bretelles de sortie, en direction du sud.

"La garantie donnée par les organisateurs de quitter le périphérique en fin d'après-midi n'a pas été respectée", a regretté le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet dans un communiqué vers minuit.

"L'engagement pris n'a pas été tenu," 
a  insisté lors le représentant du ministère de l'Intérieur, lors d'un point presse à 1H30 du matin, au commissariat central de Nantes. 
"Par conséquent, je l'ai rappelé avec force. La circulation va reprendre pour dimanche matin, après les travaux de nettoyage de la voirie".
Le préfet a néanmoins estimé que la manifestation qui a  précédé le blocage s'est "bien déroulée dans son ensemble".

La manifestation, entamée dans la matinée de samedi aux abords de Notre-Dame-des-Landes et en plusieurs points de Nantes, a réuni plus de 20.000 personnes, 400 tracteurs et un millier de cyclistes, selon l'Acipa, la principale association d'opposants au projet d'aéroport nantais, la police parlant de 7.200 manifestants.
Les différents convois ont ensuite convergé sur le périphérique de Nantes et se sont rejoints au pont de Cheviré à la mi-journée.
Mais alors que le gros des manifestants commençait à se disperser à partir de 15h30, 
plusieurs organisations paysannes ont annoncé qu'elles poursuivent une occupation illimitée du pont de Cheviré tant que le Président Hollande ne renoncera pas à l'expulsion des habitants du site - 11 familles et quatre agriculteurs sur le site du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes - prévu pour le futur aéroport nantais.Dans un premier temps, entre 80 et 100 tracteurs entendent bloquer toute la nuit les accès au pont, a expliqué Vincent Delabouglisse, 
de l'organisation paysanne COPAIN44.
"Nous sommes tous ici aujourd'hui sur le périphérique nantais pour demander à François hollande de faire arrêter impérativement la procédure de référé d'expulsion des habitants et paysans historiques. Nous  demandons qu'il tienne ses promesses et garantisse qu'il n'y ait aucune expulsion juqu'à l'aboutissement des recours contre le projet d'aéroport.
Malgré l'importance de la mobilisation spontané de plus de 20 000 opposants et de plus de 450 paysans en tracteur la question reste entière et sans réponse aujourd'hui à 16h30.Nous paysans de COPAIN ne pouvons accepter l'expulsion de nos collègues de Notre Dame des Landes. Nous exigeons un engagement ferme. Nous restons donc sur le pont de cheviré. M. Hollande, nous vous attendons."
A en croire l'association Des Ailes pour l'Ouest, partisane du projet, 260 autres habitants ont accepté les procédures d'indemnisation.

'Occupation intolérable'
 


Le nouveau président LR du Conseil régional des Pays de la Loire, Bruno Retailleau, a dénoncé le blocage du pont, "axe économique majeur pour notre région". "Je demande à l'Etat de prendre toutes les mesures pour en finir avec cette occupation intolérable", a-t-il réclamé dans un communiqué.
Cette nouvelle mobilisation intervient après environ un an (février 2014) sans mobilisation et plus de deux mois après l'annonce, le 30 octobre 2015, d'une relance "pour 2016" du chantier, après la validation par le tribunal administratif de Nantes des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux.


Les opposants dénoncent une audience prévue mercredi au tribunal de Grande Instance de Nantes lors de laquelle le concessionnaire du projet d'aéroport, le groupe Vinci, doit demander l'expulsion immédiate d'une quinzaine d'habitants du site prévu pour l'infrastructure.
Pour Bruno Gris, président du Groupement des agriculteurs bio de Loire-Atlantique, cette menace contredit un engagement pris en 2012 par François Hollande de geler les expulsions tant que tous les recours déposés devant la justice n'auront pas été entendus. Le gouvernement souligne que ces recours ont été rejetés, mais les opposants ont fait appel.
Nicolas Hulot, ex-envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète, et la dirigeante d'EELV, Emmanuelle Cosse, ont appelé à l'abandon du projet d'aéroport.




La mobilisation de samedi est la plus forte depuis la manifestation du 22 février 2014, lorsqu'au moins 20.000 personnes selon la police et 40.000 à 60.000 selon les manifestants, s'étaient rassemblées dans le centre de Nantes. Mais, à la différence de ce rassemblement qui avait donné lieu à des dégradations et des affrontements avec les forces de l'ordre, la manifestation de samedi s'est déroulée dans une ambiance bon enfant, avec "un grand banquet" organisé au milieu des voies empruntées habituellement par les automobiles.
Le transfert de l'actuel aéroport vers le site de Notre-Dame des Landes, à 20 km au nord de l'agglomération, devait initialement s'achever en 2017 avec l'inauguration de la nouvelle infrastructure.

Des négociations sont en cours avec les zadistes

Les opposants au projet d'aéroport dénoncent une audience prévue mercredi au tribunal de grande instance de Nantes
lors de laquelle le groupe Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport, devrait demander l'expulsion immédiate d'une quinzaine d'habitants du site prévu pour l'infrastructure. Pour Bruno Gris, président du Groupement des agriculteurs bio de Loire-Atlantique, cette menace contredit un engagement pris en 2012 par François Hollande de geler les expulsions tant que tous les recours déposés devant la justice n'auront pas été entendus. Le gouvernement souligne que ces recours ont été rejetés, mais les opposants ont fait appel.
Plusieurs dizaines de manifestants occupaient encore les lieux samedi soir.


Notre-Dame-des-Landes : les opposants ne lâchent rien


La violence de l'intervention de la police justifiée par l'état d'urgence ?  

"Depuis 22 heures, des négociations ont été entamées entre les forces de l'ordre et les zadistes qui occupent une partie du périphérique nantais et le bas du pont de Cheviré qui enjambe la Loire", détaille Xavier Rolland en direct de Bouguenais. Après la manifestation qui s'est tenue cet après-midi à Nantes, vers 17 heures, des agriculteurs ont décidé de ne pas partir.

Ils sont restés avec leurs tracteurs. "Ils ont dit : 'On ne partira pas tant que le président de la République ne prendra pas des engagements et fera notamment la promesse qu'il n'y aura pas d'expulsion sur le site de Notre-Dame-des-Landes tant que l'ensemble des recours en justice n'est pas terminé'. [...] Des négociations sont en cours actuellement", explique le journaliste de France 3 tout en précisant que si les négociations n'aboutissent pas rapidement, l'intervention des forces de l'ordre risque d'être beaucoup plus musclée.

L'Etat-PS invoque état d'urgence à toutes les sauces pour bloquer toutes les résistances
"Cette manifestation en plein état d'urgence est une véritable provocation de gens qui refusent les décisions démocratiques et les décisions de justice"accuse dans un communiqué Alain Mustière, 69 ans, ancien président du Conseil économique, social et environnemental des Pays de la Loire, gros concessionnaire Ford  régional qui de voir la Bretagne devenir le "cul-de-sac" de l'Europe, et président de l'association "Des Ailes pour l'Ouest," qui fait de surcroît valoir qu'à la différence de la quinzaine d'occupants menacés d'expulsion, 260 autres habitants ont accepté les procédures d'indemnisation. 
Cette opération de police, qualifiée de "violente" par BFMTV, assimile les agriculteurs bretons en colère à des terroristes islamistes.

Le président PS de Région, Jean-Yves Le Drian, également ministre de la Défense de Valls, est étrangement absent du règlement du conflit entretenu par le projet de... Jean-Marc Ayrault.