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jeudi 9 avril 2020

Epidémie de coronavirus : mise à l'abri de migrants

Le "camp informel" d'une cinquantaine de tentes de clandestins a été démonté en Seine-Saint-Denis

C'est, 
en deux semaines, le deuxième démantèlement pour raisons sanitaires


Le long du canal Saint-Denis, "la cinquantaine de tentes a été lacérée et les policiers ont demandé à une centaine de personnes de partir, de retourner à Paris", a expliqué Louis Barda, responsable des maraudes à Médecins du Monde, association proche du Parti communiste, créée en rupture avec Médecins sans frontières, longtemps présidée par le Pr Milliez, opposant à l'Algérie française, organisateur d'un comité d'aide aux victimes arabes pendant la guerre des Six Jours et co-fondateur de l'Association médicale franco-palestinienne, AMFP.
Annoncée plusieurs jours à l'avance par le préfet de la région Ile-de-France Michel Cadot, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus et sous la pression d'une polémique suscitée par le manque d’hygiène et la grande  promiscuité en plein confinement dû au coronavirus, le 24 mars, a eu lieu l'évacuation des 732 migrants qui vivaient dans le bidonville insalubre de la même ville d'Aubervilliers et qui avaient été mis à l'abri

Des migrants hébergés dans des gymnases en sont depuis ressortis.
Selon le responsable de cette associationl’opération s’est déroulée "à 9 heures pendant la distribution alimentaire". Une action corroborée par d’autres associations sur place, dont Utopia56, qui coordonna les actions des associations sur le camp de "La Linière" à Grande-Synthe, à partir de mars 2016.

Quelque 700 migrants, pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne, ont été
conduits vers quatre gymnases (deux à Paris et deux en Seine-Saint-Denis) et deux hôtels en Seine-Saint-Denis, explique la préfète Anne-Claire Mialot pendant l’opération.
Selon elle, les gymnases ont été
agencés de sorte qu'il y ait "un mètre entre chaque lit", et en réduisant le nombre de personnes accueillies par site. 
Mais, lors de l’évacuation, "les mesures de précaution étaient faible; on n’a pas mis en place les gestes barrière", rapporte Louis Barda. A ses yeux, on a agi dans "la précipitation" en raison d’un "contexte médiatisé".

Alors, plusieurs dizaines d’entre eux sont rapidement ressortis des gymnases franciliens où ils avaient été confinés et ont recréé le camp d'Aubervilliers, avec l'aide d'associations.

Le coronavirus menace aussi les camps de migrants au nord-est de Paris

"C'est compliqué de parler de confinement national si on laisse des gens dehors"
Des centaines d'exilés du Nord de Paris et de Seine-Saint-Denis trouvent désormais portes closes dans les structures d'accueil paralysées par l'épidémie et les trottoirs où leur présence est devenue plus indésirable encore, depuis la mesure de confinement. Pour eux, rien n'est prévu pour se protéger du Covid-19. Pas plus, pour ceux qui les assistent au quotidien.

Quelle distanciation sociale pour les migrants des "camps informels"? 
Le confinement s'y fait tente contre tente, avec une hygiène rudimentaire. A Grande-Synthe (Nord), il y a déjà eu un cas de coronavirus, et certains redoutent une propagation rapide. "C’est trop dangereux, le virus risque de se répandre vite ici", explique un migrant. Un seul point d’eau pour boire et se laver est disponible. De nombreuses associations ont dû fermer, laissant les migrants d’autant plus vulnérables. Très peu de distributions de repas sont effectuées.

La situation humanitaire préoccupe les habitants des alentours. À Calais (Pas-de-Calais), deux cas ont d’ores et déjà été recensés. Des consultations médicales ont bien lieu trois fois par semaine, mais le respect des gestes barrière semble impossible. 
Vendredi 3 avril, la préfecture a commencé à mettre à l’abri une centaine de migrants, sur la base du volontariat.

Le 4 février dernier, l'AFP et Le Monde assuraient que Castaner avait évacué "le
dernier camp de migrants du nord de Paris, porte de la Villette. 
Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, s’était engagé en novembre à évacuer tous les campements de migrants du Nord-Est parisien avant la fin de 2019. Une semaine après l’évacuation encadrée par un important dispositif policier du camp voisin de la porte d’Aubervilliers, où plus de 1.400 migrants avaient été délogés d’un bidonville en bordure du périphérique, en janvier 2020, cette opération marque la fin, à ce stade, de ces campements informels à Paris. "Il n’y a plus de campements, c’était l’idée. Et la police va surveiller ce site pour éviter les réinstallations, comme elle le fait pour la porte d’Aubervilliers et la porte de la Chapelle", soulignait-on à la préfecture de la région Ile-de-France. "Nous ne recommencerons pas un cycle infini évacuations-réinstallations", avait alors affirmé le préfet de police, Didier Lallement.

Le long des voies du périphérique, dans le Nord-Est parisien, secteur Rosa-Parks (XIXe) et quelques centaines de mètres plus loin, dans la commune d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), des centaines de migrants, après une soixantaine d'évacuations ces dernières années, continuent de vivre dans une situation humaine et sanitaire effroyable.

samedi 29 septembre 2018

On expulse toujours des migrants clandestins à Grande-Synthe, Calais

Le budget de la police consacré à des expulsions incessantes d'illégaux est-il bien utilisé ?

Et si les associations de passeurs dits "humanitaires" en Méditerranée débarquaient les clandestins directement dans les ports britanniques ?

Si vous cherchez un 'caddie' à Auchan Grande-Synthe,
vous savez où en trouver...
Une nouvelle opération d'évacuation du campement de migrants de Grande-Synthe a mobilisé des effectifs de police, de l'énergie, du temps et de l'argent  vendredi. La population y atteint désormais un millier de personnes, ont constaté un vidéaste et un photojournaliste. De leur origine, rien ne filtre assurément. France Soir indique toutefois qu'ils seraient des Kurdes d'Irak.

Environ 400 à 500 migrants, essentiellement des "familles" et "des personnes fragiles", selon le sous-préfet de Dunkerque Eric Etienne, "sont montés" - ou ont été embarqués - dans des bus à destination de plusieurs centres d'accueil des Hauts-de-France.

Ces migrants clandestins vivaient dans un ensemble de lacs et de petits bois du secteur du Puythouck, régulièrement occupé par les migrants, et dont l'accès a été bloqué le temps de l'opération. Celle-ci a débuté vers 07h30 et a pris fin vers midi, dans le calme, grâce à la complicité des associations.

L'intervention, assortie de contrôles d'identité, ciblait également des "passeurs" qui "profitent de la misère humaine", a grondé le sous-préfet, histoire de se justifier.
La préfecture estime à "entre 800 et 1.000" le nombre de migrants à Grande-Synthe, contre 1.300, selon les associations. Il s'agit très majoritairement de Kurdes irakiens. 
Dans les années 1920, à la création de l'Irak, la Société des Nations (SDN) avait attribué la gestion de l'Irak au Royaume-Uni, et les Kurdes d'Irak sont donc justifiés à gagner le Royaume Uni. Mais les Kurdes irakiens ne sont pas les migrants préférés des associations françaises. Ils furent en effet les alliés des Américains quand une coalition dirigée par les Etats-Unis renversa le régime de Saddam Hussein au printemps 2003. Et cela, bien que l'opération Viking Hammer menée par George W. Bush - avec l'aide des Peshmerga de l'Union patriotique du Kurdistan - ait visé à éliminer le groupe djihadiste Ansar al-Islam, composé à la fois de Kurdes et de vétérans arabes ayant participé à la guerre en Afghanistan, implanté depuis 2001 au Kurdistan irakien, dont  seconde ville d'Irak par son importance, Mossoul, libérée des islamistes par la coalition irako-américaine du régime de Nouri al-Maliki, un conservateur chiite, et de Donald Trump...
La dernière évacuation de Grand-Synthe ne remonte qu'à trois semaines, le 6 septembre, avec la "mise à l'abri", selon les termes de la préfecture, de 539 migrants en situation illégale se trouvant dans une "Jungle" insalubre (voire toxique) à proximité de la gare de triage. 
A cette date, la préfecture faisait état d'environ 500 migrants sur ce site. Pour la ville, ils étaient 800 au total sur la commune et les associations parlaient de 600 à 700 personnes.

La préfecture explique que cette augmentation est due "essentiellement à de nouvelles arrivées" et que "l'opération du 6 septembre a porté ses fruits, puisque les gens sont restés en centre d'accueil".

Résultat de recherche d'images pour "sept 2018 grand synthe expulsion"Les associations partagent le constat d'une constante augmentation depuis le 6 septembre, mais contredisent la préfecture, affirmant qu'elles observent régulièrement des "retours" de migrants depuis les centres d'accueils. 

La situation est telle que le maire écolo de Grande-Synthe, Damien Carême, s'est dit prêt à rouvrir le camp de la Linière, détruit par un incendie en 2017 et qui accueillait 1.500 personnes. Vidéo

Edition numérique des abonnés
Dans ce film inédit à la télévision, on croisa évidemment le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, mais aussi Cyrille Hanappe, l’architecte parisien qui a dessiné le camp de la Linière. Le récit est également entrecoupé de témoignages de réfugiés qui ont vécu le camp. "Le documentaire suit l’évolution du projet de camp de réfugiés avec pleins d’idées positives mais difficiles à mettre en place sur le terrain", précisait le réalisateur, dans un article de France 3Le film était à découvrir le lundi 23 juillet, à 23h20, sur France 3.
Proche de Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse, anciens ministres du Logement de Hollande, et soutien du socialiste Benoît Hamon à l'élection présidentielle de 2017, l'élu Europe Ecologie-Les Verts réclame des hébergements avec vue sur la mer, "des lieux de répit sur tout le littoral de la Manche et de la mer du Nord", comme Médecins du monde notamment, mais l'Etat rejette tout "point de fixation" et les discussions entre les parties se poursuivent.

La région est sous haute tension

Grande-Synthe: arrestation mouvementée d'un passeur recherché
Un passeur kurde irakien plusieurs fois condamné, qui opérait depuis une dizaine d'années à Grande-Synthe (Nord), a été arrêté en mai dernier à l'issue d'une opération de grande ampleur de la police qui a dû ouvrir le feu, a-t-on appris du Parquet de Dunkerque. La Police aux frontières (PAF), aidée du commissariat de Dunkerque et de la PJ de Lille, a mené son interpellation "difficile et violente" dans le cadre d'une commission rogatoire.
L'homme de 38 ans "s'est montré particulièrement retors [rétif?], il s'en est pris aux policiers, usant notamment de bombes lacrymogènes, était armé, même s'il n'a pas tiré", a précisé le magistrat. "Son arme à feu a été sortie et un policier a donc fait usage de son arme: le tir unique a touché le pied du mis en cause, qui est hospitalisé". Même s'il "nous a donné du fil à retordre", "tout s'est passé avec une grande maîtrise car, face à un individu dangereux comme celui-là, on n'est jamais à l'abri du pire", s'est félicité M. Piève.

L'identité de ce passeur kurde est "sujette à caution" en raison des multiples "alias" qu'il a utilisés au cours des années, a précisé le procureur. Mais il est connu de la justice pour avoir "été condamné à plusieurs reprises pour aide à l'entrée au séjour irrégulier, violences et une interdiction de territoire qu'il a violée allègrement". En garde à vue dès le soir même, l'homme devait être mis en examen et placé en détention provisoire pour son activité de passeur. Il devait en outre, être poursuivi pour tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Des investigations devaient également être menées concernant des viols présumés sur des migrants en vue de les forcer à travailler pour lui. En septembre 2017, il avait réussi à fuir lors d'une tentative d'arrestation. "Il avait résisté à l'interpellation, et s'était également montré violent, avait sorti une arme et l'avait pointée sur les fonctionnaires, sans tir", a relaté M. Piève. Les associations ont-elles fermé les yeux sur ces viols présumés que la police n'est pas seule à en soupçonner la réalité?

Il a passé les quelques mois séparant ces deux épisodes aux Pays-Bas, et était revenu depuis quelques semaines à Grande-Synthe pour recréer une filière, a indiqué une source policière. L'individu opère dans la région depuis une dizaine d'années. Sa première condamnation avait été prononcée en 2007 par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour des faits datant de 2006.


Un véhicule stationné sur le parking d'Auchan a pris feu, dans la soirée, pour une raison encore inconnue. La voiture a entièrement brûlé


6 août 2018 : un sac de bijoux volés est retrouvé au Puythouck 
Le président de l’association 'Unis pour préserver le Putyhouck' mène avec les membres de son association des actions de nettoyage dans les bosquets du parc. Lundi 6 août dernier, alors qu’Hervé entame une nouvelle action de nettoyage, il fait une découverte plutôt insolite. "Je me suis enfoncé dans un bosquet, juste après le pont de la route de Spycker. J’ai vu un sac en plastique." Plutôt habitué à trouver des détritus dans la végétation, Hervé va être particulièrement surpris. "Quand j’ai ouvert le sac, il était rempli de coffrets et de bijoux !"

18 août 2018 :
Grande-Synthe : un appartement prend feu rue Lyautey
Vers 14 h 40, les sapeurs-pompiers de Fort-Mardyck ont été appelés rue Lyautey, à Grande-Synthe, pour maîtriser un départ d'incendie...
Cette accumulation d'incendies est-elle l'indication de l'hébergement de clandestins par des habitants, domiciliés ou résidents de la ville, habitants ou associatifs ?

samedi 18 août 2018

Européennes : Jadot (EELV) exclut une liste commune avec Hamon

Les écologistes radicaux tenteront de renforcer leur base ébranlée

Jadot se voit tête de liste EELV et vise 15% des suffrages

Désigné mi-juillet tête de liste EELV pour les européennes de 2019, Yannick Jadot, 51 ans, fera cavalier seul. Il a confirmé dimanche qu'il exclut la possibilité d'une liste commune avec le mouvement Génération.s de Benoît Hamon".
"L'élection européenne est le seul scrutin où les électeurs votent par conviction. C'est un vote de clarté. Notre priorité est de rassembler les écologistes autour d'une ligne claire, pas de faire de la vieille politique avec ses accords d'appareils et ses confusions", estime Y. Jadot dans le Journal du Dimanche, interrogé sur la possibilité d'une union des dernières forces de l'un et de l'autre.
Le frère de Jadot, Thierry, dirige la filiale française de Dentsu Aegis Network, un groupe britannique de publicité et d'études de marché, elle-même filiale de Dentsu, la première agence de publicité japonaise. 
Résultat de recherche d'images pour "Jadot Eva Joly"
Soutien de Joly Eva, Yannick Jadot ne s'est pas toujours
prétendu proche de la droite du PS  
Il avait finalement soutenu Benoît Hamon lors de la présidentielle, avec alors l'illusion d'"une possibilité de faire gagner (les) idées" écologistesMais "l'échec a été assez retentissant. Il n'est pas interdit d'apprendre de ses erreurs", argumente-t-il.
Yannick Jadot s'était allié avec Benoît Hamon après de longs débats lors de la dernière présidentielle, qui avait vu le vainqueur des primaires organisées par le Parti socialiste éliminé au premier tour. Yannick Jadot avait prévenu depuis qu'il avait tiré les leçons de cet "échec" et qu'il ne comptait plus s'allier au leader du mouvement de la gauche du PS.

Isolé et fantomatique, il plaidait pour une liste commune. Mais, candidat officiel du Parti socialiste arrivé 5e au premier tour de la présidentielle 2017, Hamon avait réalisé le pire score de l'histoire du PS, avec 6,35% des voix. Pour EELV, Hamon n'est pas une référence.

Mais Jadot n'est pas non plus un parangon de vertu.
 
Résultat de recherche d'images pour "Greenpeace Assemblee"
Des activistes anti-républicains de Greenpeace interrompant
 les travaux de l'Assemblée en décembre 2009
Comme directeur des campagnes de Greenpeace France, ONG internationale illégitime ( 2002-2008), il fut notamment condamné pour atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation pour avoir pénétré dans la base opérationnelle de l'Ile longue (rade de Brest), port des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale, dans le cadre de l'opération Plutonium, menée par l'ONG.
Quelques jours avant la désignation mi-juillet de Yannick Jadot pour conduire la liste EELV aux européennes, Benoît Hamon assurait néanmoins encore que "le fil n'(était) pas coupé". 

Yannick Jadot et Benoît Hamon, le 26 février 2017.

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Europe Ecologie-les Verts continue de miser sur l'accueil des migrants.
Image associée
Le camp de migrants de Grande-Synthe réduit en cendres
par un incendie criminel, le 11 avril 2017

Sur la liste EELV, le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, qui "a parfaitement géré le dossier des réfugiés", doit être "aux avant-postes", indique Jadot dans le JDD, en précisant que les noms seront dévoilés "d'ici à l'automne".
Eric Piolle, le maire EELV de Grenoble, qui a ouvert la ville à la drogue et à l'insécurité, devrait être écarté. En 2017, il avait appelé à voter Mélenchon en dépit du ralliement d'EELV à la candidature de Benoît Hamon,

Karima Delli eurodéputée EELV sortante, ci-contre, a bien mérité sa place, en revanche !

Jadot confirme son objectif d'obtenir 15% des voix lors du scrutin européen. "Jamais l'écologie n'aura autant irrigué la société, les entreprises, les initiatives citoyennes," raconte-t-il, inconscient du rejet de masse de l'écologie punitive.

Dévastation de Strasbourg par des "Black blocs'
anarchistes, antilibéraux et altermondialistes 
Les ​écologistes se compteront de leurs Journées d'été européennes du 23 au 25 août, 
à Strasbourg, haut lieu de l'anti-capitalisme primaire, depuis les journées de violences urbaines perpétréesà la faveur de la crise économique mondiale, lors du sommet de l'OTAN Strasbourg-Kehl de 2009, par l'ultra-gauche "pacifiste", anarchiste et altermondialiste.



Tête de liste d'Europe Ecologie en 2009 dans la circonscription Ouest (Bretagne, Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire), Jadot fut élu député européen avec 16 % des voix.

lundi 25 décembre 2017

Nord : un migrant percuté par une voiture

Le clandestin est entre la vie et la mort

Depuis le début d'année 2017, trois migrants ont déjà trouvé la mort dans les environs de Calais


Les faits se sont déroulés sur l’autoroute A16, dans le sens Belgique - France. [Photo Marc Demeure]

Agé de 22 ans, un migrant clandestin de nationalité inconnue était entre la vie et la mort dimanche soir pour avoir été percuté par un véhicule sur l’autoroute A16, à Grande-Synthe (Nord),  entre Calais et Dunkerque, alors qu’il marchait sur le bas-côté, dans le sens Belgique-France. Son pronostic vital est engagé, a affirmé la préfecture du Nord.
Aux alentours de 16h30, "les secours sont intervenus pour un homme ayant été percuté par un véhicule. La victime, dans un état grave, a été transportée au CHR", ont indiqué les pompiers confirmant une information de La Voix du Nord.

Le véhicule ne s’est pas arrêté

De source préfectorale, le véhicule qui a percuté le jeune homme ne s’est pas arrêté. Des témoins de la scène seraient néanmoins parvenus à relever la plaque d’immatriculation du véhicule.Une enquête est en cours "pour connaître les circonstances de l’accident".

Plusieurs accidents sont à déplorer.


On sait maintenant que la victime est un ressortissant irakien. Grièvement blessé, il a été pris en charge par les secours.


Depuis le début de l’année, en janvier, un Ethiopien de 20 ans s'est fait écraser par un camion. Le 20 juin, du fait de barrages de troncs d’arbres posés par des migrants, un Polonais qui conduisait une camionnette, a été tué au milieu de la nuit. C’est la première fois qu’un conducteur meurt suite à la pose d’un barrage surprise. 
C’est le deuxième drame de ce type cette semaine. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un migrant de nationalité afghane est mort, sûrement mineur, dans un accident avec un véhicule, sur la rocade menant au port de Calais, portant à trois le nombre de décès de migrants à Calais et ses environs en 2017. 

jeudi 19 octobre 2017

Des CRS en mission doivent partager le même hôtel que des migrants

Le gouvernement loge des CRS dans le même hôtel que les migrants qu'ils viennent d'évacuer

Collomb et ses services manquent-ils d'égards envers les policiers ?

Nord : des CRS logés dans le même hôtel que les migrants qu'ils venaient d'évacuerChargés du service d'ordre du démantèlement du camp de migrants du Puythouck, à Grande-Synthe (Nord), mardi 19 septembre au matin, des policiers ont appris que des clandestins étaient logés dans le même hôtel que le leur, rapporte La Voix du Nord
Très tôt le mardi 19 septembre, les forces de l’ordre ont bouclé la zone. Plus de 200 policiers – des gendarmes mobiles, des CRS, des fonctionnaires de la police aux frontières (PAF), des hommes du commissariat de Dunkerque ont empêché toute entrée ou sortie au Puythouck. Les bénévoles des associations ont été escortés jusqu’aux abords du Puythouck pour les écarter du dispositif.

Ce n'est que lorsque le premier des douze bus mobilisés au transport des migrants  évacués s'est dirigé vers leur propre hôtel que les fonctionnaires de police de leur escorte se sont rendus compte de la délicatesse de leurs supérieurs.

Stupéfaits, les fonctionnaires de police ont alors prévenu leurs syndicats des risques que leur hiérarchie leur faisait courir. Il était inconcevable que des personnes évacuées le matin même contre leur gré partagent le même bâtiment le soir venu
"C'est la première fois que ça arrive", lance à franceinfo Christophe Canon, au nom des 22 CRS logés dans l’hôtel Première Classe de Rouvignies, près de Valenciennes.


"Evidemment, c’était une situation intenable pour les CRS. Il a fallu monter au créneau pour trouver un nouvel hôtel aux collègues", explique à franceinfo Christophe Canon, délégué du syndicat UNSA du Nord pour les CRS.

"Si on avait su, on aurait escorté directement les migrants à l’hôtel, plutôt que d’affréter des bus privés pour les acheminer," ironise-t-il.
"Maintenant, on cherche à savoir qui a pris cette initiative de débloquer des places dans le même hôtel que les CRS", poursuit le syndicaliste, certain qu’il ne s’agit pas d’une décision délibérée. "Mais il y a eu de toute évidence un dysfonctionnement. On cherche à comprendre pour que ça ne se reproduise plus."

Les CRS ont finalement changé d'hôtel

Le service logistique de la police a alors pris la décision de mettre en sécurité les fonctionnaires concernés dans un autre établissement, dans la même zone.

"C'est un couac dans l'organisation de la préfecture, dénonce le syndicaliste. Ce sont eux qui ont pris la réservation de l'hôtel." La préfecture aurait, selon le syndicaliste, été pris de cours devant le nombre de migrants. Sans place suffisante dans les centres d'accueil, ils se sont repliés sur cet hôtel de Rouvignies. "Nous allons demander à notre hiérarchie et à la préfecture de prendre des mesures afin que cela ne se reproduise pas".
Lors de l’opération d’évacuation de la 'jungle' du Puythouck, la préfecture a annoncé qu’elle avait pris en charge 557 migrants dont 60 enfants – seize personnes ont été interpellées, faisant pour la plupart l’objet de reconduite à la frontière.

Affectés à des missions de maintien de l'ordre dans des quartiers sensibles de Lille et de sa banlieue, les policiers étaient détachés spécialement à Grande-Synthe pour l'évacuation du camp. 

La préfecture n'a pas manifesté sa volonté de transparence avec franceinfo qui l'interrogeait. De son côté, le groupe hôtelier - Louvre Hotels Group, détenu (avec Kyriad et Campanile) par Starwood Capital Group (SCG), une société privée américaine de gestion d'investissements - affirme en revanche à franceinfo que le groupe de migrants n'est resté qu'une seule nuit dans l'hôtel.
En 2005, Starwood Capital Group fit l’acquisition du Groupe Taittinger et de sa filiale, la Société du Louvre et de ses sociétés affiliées, dont la Cristallerie Baccarat, l’Hôtel Lutetia, l’Hôtel du Louvre à Paris, l’Hôtel Martinez à Cannes et les parfums Annick Goutal
Or, la présidente des parfums Annick Goutal n'est autre que Brigitte Taittinger qui laissa toute la place aux Sud-Coréens d'Amore Pacific, propriétaires de l'entreprise, déjà propriétaire de la licence des parfums Lolita Lempicka. 
Et Brigitte Taittinger est l'épouse en secondes noces de Jean-Pierre Jouyet qui fut secrétaire général de la présidence de la République sous ...François Hollande, lequel a donné sa première conférence internationale rémunérée à l'occasion du "World Knowledge Forum", mardi 17 octobre 2017, à Séoul (lieu de naissance de Fleur Pellerin et de Jean-Vincent Placé qui furent ses ministres) en ...Corée du Sud. 

mercredi 2 août 2017

Migrants: Macron veut ouvrir deux centres déjà ouverts

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir dans les Hauts-de-France

Le ministère de l’Intérieur fait volte-face sur la gestion des migrants de Calais



Depuis neuf mois, le gouvernement faisait l’impossible pour rendre les exilés invisiblesMais il a fait volte-face et Gérard Collomb a annoncé, lundi 31 juillet, l’ouverture de deux centres d’hébergement d’un type nouveau. Ce faux pas de La République en marche (LREM) fait suite à l'injonction du Conseil d’Etat et à un contre-pied du président de la République à ses propres déclarations. 

Le "déclic" est venu chez Macron de l’arrêt rendu, lundi, par le Conseil d’Etat, ordonnant à l’Etat et à la ville de Calais de revoir leur gestion des quelque 600 migrants qui errent aux abords du tunnel et des ferries pour la Grande-Bretagne. 
Jeudi, le jeune Jupiter souhaita tout à trac en finir "d’ici la fin de l’année" avec les "personnes" -elles ont un nom: "clandestins"- dormant "dans les rues, dans les bois". 


Le gouvernement annonce l’ouverture de deux nouveaux lieux existants

Déjà centre d’accueil, l’abbaye de Belval, à Troisvaux (Pas-de-Calais)


Ce lieu exceptionnel de paix et de recueillement abritait la vie monastique des cisterciennes -trappistines- de l'abbaye Notre-Dame. 









Après le départ des religieuses vers l'abbaye d'Igny, l'ancien 
couvent fut transformé en hôtel occupant le château du XVIIIe siècle doté d'un jardin, d'une terrasse et d'un parking privé gratuit. 
Le lieu fut repris par une association 'Abbaye de Belval' créée en 2011. La fromagerie et l'hostellerie restent ouvertes au public et des séminaires d'entreprises fonctionnaient toujours encore, mais l'arrivée promise d'une communauté de religieuses, trois religieuses de la Compagnie des Filles de la Charité, a été abandonnée.

Le centre d’accueil des migrants a ouvert à l’abbaye de Belval en mai 2017. 
Quarante "migrants", des clandestins kurdes, sont arrivés le 15 mai sur le site de l’abbaye de Belval, où a été aménagé un centre d’accueil et d’orientation (CAO). Humaniste parce qu'elle gère des services d'éducation spéciale et de soins à domicile' (9 SESSAD), des Instituts médico-éducatif (14 IME), un institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP), 4 ESAT (et 16 autres structures pour adultes handicapés), 14 Ehpad, 3 centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS, etc...), 3 structures de protection de l'enfance (MECS), une pieuvre sociale qui  "vise à apporter le bien-être aux personnes accueillies ou accompagnées par ses établissements et services", l’association 'La Vie active' gère cette structure, qui n’avait pas vocation à perdurer.
Les bénéficiaires se trouvaient à Grande-Synthe (nouvelle jungle de Calais) avant d’être accueillis dans ce centre d’accueil et d’orientation (CAO). On a procédé à la mise à l’abri de ces familles, "15 adultes et 25 enfants, issus de 11 compositions familiales."
Belval était le quatrième CAO ouvert aux illégaux. Il y a eu deux premiers centres ouverts dans le Pas-de-Calais, à Croisilles et à Lens, respectivement pour 37 et 36 migrants. "On vient d’ouvrir un centre la semaine dernière [mai 2017] à Longuenesse pour 15 migrants, et donc maintenant celui de Belval." [...] Un CAO est un lieu précaire [ou de transition], ouvert pour six à huit mois. Celui de Croisilles, par exemple, a ouvert en novembre et doit fermer en juin. Mais les migrants peuvent décider de le quitter volontairement, ce n’est pas une prison !" Ou prolonger le séjour ?
L'abbaye sera simplement transformée dès la fin de la semaine en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES). "Jusqu’à 120 places" sont prévues à Troisvaux (Pas-de-Calais), commune de 300 habitants à 80 kilomètres de Calais. "Tout se passe très bien à Belval; il n’y a pas eu d’opposition de la part de la population" lors de l’implantation , mi-mai.

Dès juin 2017, l'hôtel Formule 1 de Bailleul (Nord) a été transformé en centre pour demandeurs d’asile.
Situé entre l’autoroute et la zone industrielle, l’hôtel ferme ses portes au public. PHOTO PATRICK JAMES
Discrimination des pensionnaires défavorisés de Formule 1  ?
Il n'est plus possible de séjourner à l’hôtel Formule 1 -63 chambres- le long de l’A25 à Bailleul : l’établissement a fermé, racheté par la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts pour devenir centre d’hébergement pour demandeurs d’asile: 25 places dans un premier temps, puis environ 80 places à terme. Depuis le 25 juin, il n’est plus possible d’acheter des nuitées. 

La pseudo ouverture annoncée par Gérard Collomb a été assurée par le groupe SNI (Société nationale immobilière), filiale immobilière à vocation d’intérêt général de la Caisse des Dépôts, sachant qu’il implique de fournir à la fois un toit et un accompagnement social, ce qui n'est pas sa vocation. SNI a ainsi acheté plusieurs hôtels, selon différents critères et ceux qui en ont besoin ont été remis en état pour les adapter à ce type d’accueil . La transaction a été rendue publique en mars, pour 62 hôtels Formule 1 lesquels bénéficient "d’un plan de relance incluant un programme d’envergure de rénovation", avait indiqué la communication d’Accor. La structure devait devenir un CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile).

Trois cents places au total sont dégagées. Bailleul, 13.000 habitants, dans le Nord, à 70 km de Calais, les migrants seront hébergés environ huit jours avant d’être triés et "orientés" vers un autre lieu à déterminer, a assuré ce mardi le préfet du Nord.
Qualifié de 'centre de premier accueil', il pourra accueillir 85 migrants, selon le préfet du Nord, à proximité immédiate de l’autoroute A25 Lille-Dunkerque, dans une zone industrielle. Il a ouvert en réalité en juillet et abritant aujourd’hui 43 demandeurs d’asile.

Le renouvellement, c'est que le dispositif est "spécifique" et permettra d’accélérer les demandes d’asile 

Image associéeAu départ, onze associations avaient déposé un référé devant le tribunal administratif de Lille. L’Etat et la municipalité avaient fait appel auprès du Conseil d'Etat qui les enjoignait d’installer des points d’eau. Non seulement leur appel est rejeté, mais ils se retrouvent pointés du doigt par un arrêt stigmatisant. Celui-ci estime que "la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".
Face à ce cinglant camouflet pour sa politique menée depuis deux mois, la Place Beauvau a donc changé son fusil d’épaule. Le 23 juin, Gérard Collomb avait conseillé aux humanitaires de Calais "d’aller exercer leur savoir-faire ailleurs"... Aujourd'hui, mis au pas, le ministre de l'Intérieur de Macron doit faire en sorte que les exilés aient un accès à l’eau, à des sanitaires, puissent se nourrir et faire enregistrer leur demande d’asile, par le biais des services préfectoraux. En outre pressé d'ouvrir deux "lieux de répit" (CAO), le ministre a indiqué lors d’une conférence de presse que des blocs sanitaires mobiles seraient mis en place dans la commune, pour les quelque 600 migrants présents. 

Un risque d'appel d'air non pris en compte par le conseil d'Etat
Outre que ces revirements incessants ont irrité la maire, Natacha Bouchart, l'élue Les Républicains a déclaré qu’elle n’installera " ni douche, ni toilettes" prévoyant  que "se recréent autour des squats ou des bidonvilles". Elle a ajouté que "si le gouvernement veut le faire, il devra réquisitionner un terrain". 
A l’opposé, à Grande-Synthe, le maire Europe Ecologie-Les Verts se réjouit que l’Etat se plie enfin à sa demande démagogique de "plus de dignité" pour les 1.500 exilés [des illégaux, migrants politiques, économiques ou climatiques] qui vivent là. "J’ai pu m’entretenir avec le préfet qui me propose un dispositif de pré-accueil de plusieurs jours sous toiles de tente, sur la commune, avec un enregistrement administratif sur place, avant que les réfugiés ne soient orientés vers un centre en dur", rappelle Damien Carême, un ancien socialiste. 
Le maire de Grand-Synthe n'est pas loin pourtant  de partager les mêmes craintes que la maire d'opposition sur les risques d'incitation. "Les migrants partis en CAO reviennent effectivement à Grande-Synthe pour la simple raison que la frontière avec l’Angleterre est toujours là."

Un pôle alimentation et des blocs sanitaires avec douches devraient donc revoir le jour tout début septembre sur le terrain de la Linière, qui avait abrité le premier camp humanitaire de France – un espace construit par Médecins sans frontières (MSF) pour héberger 1.500 Kurdes. 
Pour avoir souvent acquitté leur voyage jusqu’à son terminus, ces fugitifs du Dunkerquois qui font escale à Grande-Synthe sont traditionnellement plus difficiles à convaincre que ceux de Calais de demander l’asile en France. Cet objectif paraît d'ailleurs insensé. 

Des associations veulent mettre à profit ce temps de répit sur place pour persuader ceux qui refusent de s'échouer en France

A Briançon, où des migrants sont entrés en grève de la faim pour protester contre le règlement Dublin.A Calais, en revanche, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) va tenter, lors de maraudes de convaincre directement les migrants de monter dans des bus pour être emmenés vers les CAES -nouveau sigle ne veut pas dire réalité nouvelle- où des agents des préfectures feront le point sur leur statut et pourront exercer des pressions pour les décider à rester dans un pays non désiré. L’OFII, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, y sera lui aussi présent, ce qui rendra possible l’enregistrement direct des demandes d’asile depuis ces nouveaux centres.

Ce nouveau dispositif simplifié, qui gomme la case pré-accueil en vigueur partout en France et évite le passage en préfecture, permettra de commencer à réduire la durée nécessaire pour obtenir l’asile, comme le promet le plan gouvernemental annoncé le 12 juillet. Il pourrait d’ailleurs servir de modèle pour faire évoluer le dispositif parisien que Collomb sait être son prochain sujet à traiter. 

Ensuite, comme il l’a rappelé lundi, les migrants seront répartis selon leur statut. 
Les demandeurs d’asile rejoindront des hébergements spécifiques. Les exilés qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe ('dublinés', ceux que le règlement Dublin oblige à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils sont entrés) devraient de toute évidence se retrouver assignés à résidence, le temps que le premier pays qu’ils ont rallié donne son accord pour les reprendre. Et comme l’ajoute Fabien Sudry, préfet de Calais : "Ceux qui sont en situation irrégulière pourront être dirigés vers des centres de rétention." A moins qu’ils ne décident d’un retour volontaire, comme les 542 Afghans qui sont entrés dans cette procédure, proposée par l’OFII, depuis le début de l’année.
Plus de 400 demandeurs d’asile et autres migrants, la plupart d’Érythrée, d’Éthiopie et d’Afghanistan, vivent dans les rues et les zones boisées de Calais et des alentours.

Le distinguo entre toutes ces catégories de migrants est l’un des credo de Macron. 
La grande inconnue reste l’attrait des migrants pour ces CAES, assumés comme des espaces de tri. Natacha Bouchart a des raisons de craindre que beaucoup ne refusent et continuent à tenter de passer en Grande-Bretagne. L’élue de terrain regrette d’ailleurs qu’on n’ait "pas aujourd’hui de réponse à ceux qui refusent de demander l’asile en France" et compte bien obtenir qu’un volet spécifique figure dans le texte de loi que le gouvernement prépare pour la rentrée. Un  risque non encore mentionné est évidemment celui d’une chasse à l’homme dans la lande, dont des associations internationalistes pourraient s'emparer pour leur propagande "humanitaire"… 

Human Rights Watch, ONG supra-nationale illégitime, a mené une 'enquête' 
Camp de Grande-Synthe réduit en cendres par un incendie le 10 avril 
- " ‘C’est comme vivre en enfer’ : Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes" - dont le résultat ne peut surprendre : un procès mettant en cause les forces de l’ordre dans le Calaisis. 
La police française à Calais commet régulièrement des abus envers les demandeurs d’asile et autres migrants, a accusé Human Rights Watch ce 26 juillet, sur 46 pages.
"Les forces de l’ordre à Calais, en particulier les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ont recours de façon routinière à la pulvérisation de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis ou dans d’autres situations où ils ne représentent aucune menace. Les policiers aspergent aussi régulièrement de gaz, ou confisquent, leurs sacs de couchage, couvertures et vêtements. Parfois ils aspergent même de gaz poivre la nourriture et l’eau des migrants – tout cela apparemment dans le but de les pousser à quitter la région. De tels agissements de la part de la police violent l’interdiction d’infliger un traitement inhumain et dégradant, mais aussi les normes internationales de comportement des forces de l’ordre, qui appellent les agents à ne faire usage de la force que lorsque cela est inévitable, et alors uniquement avec modération, de façon proportionnée aux circonstances, et toujours dans un objectif légitime de maintien de l’ordre.
"Il est tout à fait condamnable que des policiers utilisent du gaz poivre sur des enfants et des adultes endormis ou en train de vaquer pacifiquement à leurs occupations" [violon]. "Lorsque les policiers détruisent ou confisquent les couvertures des migrants, leurs chaussures ou encore leur nourriture, non seulement ils rabaissent leur profession, mais ils portent atteinte à des personnes, dont ils ont juré de défendre les droits," a lancé Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch.
Issue de Médecins Sans Frontières, cette intello s'est illustrée en documentant la situation des civils dans les conflits (Tchétchénie, Burundi, Tchad, etc.), élaborant les positions publiques de MSF en matière d’accès aux traitements/vaccins dans les situations d’épidémies/pandémies en contexte précaire (HIV, TB multi-résistante, malnutrition, vaccination). 
Elle est en effet titulaire d’un master en journalisme et a occupé, pendant 7 ans, la direction du Plaidoyer et de la Communication de l’UNICEF France dont elle a notamment développé le plaidoyer auprès des pouvoirs publics français sur les questions liées à la pauvreté des enfants, aux enfants migrants et à la justice des mineurs, après avoir exercé pendant 3 ans en tant que responsable de production audiovisuelle dans le champ de la santé publique.
Le sous-préfet de Calais a catégoriquement nié les accusations d’abus policiers, les qualifiant de calomnies. 
Le ministre de l’Intérieur a indiqué lundi avoir ordonné des contre-enquêtes à l’inspection générale de l’administration, à l’inspection générale de la police et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Un entre-soi.