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dimanche 18 août 2019

Clandestins non désirés :ouverture d'un centre pour mineurs dans les Alpes-Maritimes

Des mineurs, mais dans la fleur de l'âge : travail assuré à Schiappa

Les associations pour l'égalité femmes-hommes et contre les abus sexuels ont de "beaux" jours devant elles




Dans le petit village de Sainte-Agnès, charmante commune de 1.200 habitants des Alpes-Maritimes, dont l'appellation ne prédestinait pas à l'accueil en nombre de musulmans d'ethnies diverses et variées, un centre pour migrants mineurs doit voir le jour au mois d’août. Les associations d’aide aux migrants font toutefois la fine bouche, déplorant une situation géographique trop isolée pour des jeunes livrés à eux-mêmes - dont les esprits simples pensaient pourtant qu'elles les encadraient - et un manque de préparation de la population. Est-ce à dire que les villageois ne sont pas volontaires : s'ils n'ont pas été consultés, le gouvernement s'attend-il donc à des "difficultés" ?  Pourquoi Castaner, ministre de l'Intérieur, ne propose-t-il pas leur accueil sur sa commune de Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence ?

L’accueil pour migrants mineurs ouvrira bel et bien ses portes dans la commune de Sainte-Agnès, contre l’avis du maire du village qui avait déposé un recours. Selon Albert Filippi, soucieux de la paix publique, entre 75 et 150 lits vont être mis à disposition des migrants dans cet ancien centre de loisirs dès le mois d’août. Une grosse capacité, ce qui n'est pas de nature à rassurer la population paisible : plusieurs arrivages, en vagues successives, sont à craindre, tandis que Macron appelle les Français à se réconcilier !

Les personnes concernées mettent en garde contre les dangers associés à cette improvisation 
"Le lieu n’est pas équipé pour accueillir des mineurs. Il n’y a pas d'activité prévue, pas de cours de français, rien…", s'inquiète David Nakache, président de l’association 'Tous citoyens', hébergé par le Club Mediapart. Ce gauchiste crée des difficultés autour de lui, mais  n'est jamais responsable de rien. Une précédente expérience malheureuse ne lui donne pas à réfléchir, puisqu'il écrit : "Les tensions et violences survenues au foyer pour mineurs isolés étrangers les Pins, à Valbonne, sont la conséquence directe de choix économiques : pour dépenser moins, le Département 06 a choisi d'ouvrir une structure trop grande de 100 lits qui entrave le suivi personnalisé et la prévention des conflits. Une telle structure favorise la mise en danger physique et psychologique du personnel comme celle des jeunes.

L'accompagnement des jeunes exilés [sic] nécessite des structures plus petites de 30 à 40 lits maximum, du personnel diplômé et formé en nombre suffisant. Ces mineurs ayant souvent subi des violences et des actes de torture, un suivi psychologique adapté et constant est indispensable."

Afin d'éviter des oppositions de maires ou de riverains, comme à Saint Agnès [ceux et celles qui savent de quoi ils parlent disent 'Sainte-Agnès'], nous préconisons un travail en amont, pour ne pas mettre la population et les élus locaux devant le fait accompli. Il s'agit de concevoir l'accueil de ces mineurs en accord avec la population, les élus et les associations locales et nous invitons le Département et la Préfecture à la concertation et au dialogue préalables."

La décision est tombée d'en haut, sans concertation.
"C’est la chronique d’un échec annoncé".
Résultat de recherche d'images pour "migrants rodeurs"
Ni la préfecture des Alpes-Maritimes, qui a exigé l’ouverture de ce centre, ni le Conseil départemental n'est en mesure de communiquer sur cette arrivée non concertée : le pouvoir central a encore imposé ses choix depuis Paris, sans dialogue. Christine Poupon, de l’association 'Relais réfugiés', même s'agissant de clandestins, dénonce également une décision aussi précipitée qu'incohérente. “Sainte-Agnès est un village charmant avec des balcons typiques de la région, certes, mais il n’y a rien à y faire. Mettre là-bas quelque 70 jeunes, de différentes ethnies en plus, est un peu une hérésie.

Le village sait de quoi il parle.
En 2015, Sainte-Agnès, située à 10 kilomètres de Menton, ville de retraités à environ une heure de route de Nice, avait déjà accueilli un groupe de migrants. Cela avait à l’époque “posé des problèmes”, selon plusieurs sources convergentes. Le maire de la commune parle notamment de jeunes hommes migrants importunant des jeunes filles du village. Pour d’autres, les migrants, livrés à eux-mêmes, traînaient simplement dehors. “Rien de bien méchant mais, vous savez, les gens se font vite des mauvaises idées”, explique Christine Poupon, qui vit à Eze, à 40 minutes de là. “Le problème, c’est que rien n’est mis en place pour préparer la population locale à accueillir ces personnes.”

Crainte de refoulements systématiques à la frontière.
Pour cette militante, la zone géographique excentrée de la commune est un problème majeur. Craint-elle de les voir débarquer dans son village d'Eze ? "Ces jeunes seront très isolés : il n’y a qu’un bus par jour pour Menton. Pour peu qu’ils aient des démarches à faire, ou qu’ils doivent décrocher un emploi en apprentissage, ils ne vont pas avoir beaucoup d’opportunités." Son association les laisse donc livrés à eux-même. Et en bande(s)...

Cédric Herrou, le passeur et pseudo-berger de la vallée de la Roya, va-t-il leur adresser des clandestins ?
La proximité de la bourgade avec la frontière italienne éveille les soupçons des craintes des associatifs. "Nous craignons que ce centre ne serve de mise à l’abri dans l'attente de leur évaluation de minorité et que ces jeunes, s'ils sont déclarés majeurs, ne puissent pas faire valoir leurs droits de recours et soient refoulés systématiquement à la frontière", suppute David Nakache, qui rappelle que des refoulements abusifs, selon lui, sont déjà survenus par le passé dans les Alpes-Maritimes.
Et d'anticiper : "On redoute que ces jeunes n’aient pas la possibilité de déposer un recours contre la décision de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) au cas où cette dernière refuserait de reconnaître leur minorité", poursuit David Nakache, puisque ces jeunes n'ont pas d'état civil. "Il n’y a de toute façon pas de possibilité matérielle de recours à Sainte-Agnès : concrètement, comment peuvent faire ces jeunes pour se rendre à Nice aux horaires de bureaux, sans moyens de déplacements et souvent sans comprendre la langue française ?” C'est peut-être aux associations de passer des déclarations critiques aux actes positifs. Et citoyens, respectueux des Français.

“On a l’impression, à Valbonne et à Sainte-Agnès, qu’on crée des ghettos”
On ne s'attendait pas à celle-là, de la part des cyniques qui opèrent en réseaux pour les attirer et les convoyer. Mais la mauvaise foi "humanitaire" et la malveillance politique n'ont pas de limites parmi les 'No border' !
L'ouverture imminente de ce centre à Sainte-Agnès survient alors qu'un autre établissement de la région, le foyer des Pins à Valbonne, présente déjà des problèmes de dysfonctionnement. Dans cette commune située à une trentaine de kilomètres de Nice et à une heure de route de Sainte-Agnès, la prise en charge de 77 migrants est un "fiasco", titrait Nice-Matin en février. "Direction débordée, éducateurs non formés, migrants trop nombreux", "bagarres", "désœuvrement", énumère ainsi le quotidien. Occultant les tensions d'ordre sexuel...

"Ces gros centres, ce sont des lieux propices au pourrissement de la situation", assène Christine Poupon, en observatrice aux bras ballants. "Pourquoi les migrants sont-ils dans ce genre d’endroit ? A partir du moment où ces jeunes ont été reconnus mineurs, ils doivent être traités comme des enfants et, donc, être hébergés dans des foyers de bien plus petite taille. On a l’impression, à Valbonne et à Sainte-Agnès, qu’on crée des ghettos," commente-t-elle.

Le 4 juillet dernier, des violences entre les 77 pensionnaires et leurs éducateurs ont éclaté à Valbonne. 
Ces trois Africains ont intégré le discret foyer valbonnais fin 2018 et bénéficiaient abusivement de la prise en charge des mineurs non accompagnés, gérée par le Conseil départemental des Alpes-Maritimes, financé par l'impôt. Le pot aux roses fut découvert au début juillet quand, malgré la canicule, la préfecture n'avait pas livré les ventilateurs. La chef de service en prêta un, à titre provisoire. Mais lorsqu’un médiateur se présenta pour le reprendre, les jeunes clandestins refusèrent de le restituer. Ils exigèrent de le remettre à sa propriétaire, en mains propres. Soupçonnés d'arrières-pensées, le ton monta. Le médiateur se fit insulter. Chacun empoigna le ventilateur… qui tomba et se cassa. Effet de groupe et ingratitude aidant, le personnel se retrouva bientôt aux prises avec une dizaine de jeunes violents. Résultat de recherche d'images pour "Macron et petites frappes de Saint..."
Des menaces, de mort, puis des coups fusèrent. "Je vais prendre un fusil et vous tuer !" "On va brûler ce foyer ce soir !" "On va les tuer ces connards !" C'était le moment de leur 'envoyer la commère du gouvernement, mais elle était justement réfugiée derrière son portable, à tweeter comme une malade. Peut pas être partout et passer de l'admonestation verbale aux actes positifs... Mieux, la terreur des petites-frappes de Saint-Martin (ci-dessus) !
Bilan : parmi le personnel, cinq victimes de ces "jeunes" mineurs. Le directeur et le médiateur avaient été malmenés, un éducateur, frappé à la tête, et une secrétaire se retrouva en état de choc. La chef de service dut aller consulter à l'hôpital.
Or,
selon des radiographies de leurs poignets, les agresseurs auraient en fait 18 ou 19 ans. Et seraient donc majeurs. Me Édith Founkoue, avocate des trois adultes africains, ne se démonte pas et conteste la fiabilité de l’examen osseux, citant une décision du Conseil constitutionnel qui constate une large marge d’erreur. "Il subsiste un doute quant à leur âge. Ce doute doit leur profiter !" Le tribunal présidé par Isabelle Demarbaix lui donne raison. Il ne peut que se déclarer incompétent et renvoyer les assaillants à Valbonne.Le Département envisagerait toutefois de ne pas en rester là et d’écarter les principaux fauteurs de troubles, en les confiant à d’autres foyers à travers la France. Que les amateurs lèvent la main !
Résultat de recherche d'images pour "migrants rodeurs"
Les trois migrants envoyés en détention provisoire y sont-ils toujours ou dans notre voisinage et celui de nos enfants ? Nul doute, bien sûr, que ces charmants jeunes gens sont reconnaissants à la France de consentir des efforts en les accueillant au dépoté..., mais il serait prévoyant, et sage, M'dame Schiappa, de prévenir les risques d'agressions sexuelles sur nos petites jeunes filles, ne pensez-vous pas, avant qu'elles ne passent un mauvais quart-d'heure et fassent grimper les statistiques ? D'ailleurs, nos SDF seraient quant à eux pleins de gratitude, assurément, s'ils bénéficiaient de la même sollicitude associative.

mercredi 2 août 2017

Migrants: Macron veut ouvrir deux centres déjà ouverts

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir dans les Hauts-de-France

Le ministère de l’Intérieur fait volte-face sur la gestion des migrants de Calais



Depuis neuf mois, le gouvernement faisait l’impossible pour rendre les exilés invisiblesMais il a fait volte-face et Gérard Collomb a annoncé, lundi 31 juillet, l’ouverture de deux centres d’hébergement d’un type nouveau. Ce faux pas de La République en marche (LREM) fait suite à l'injonction du Conseil d’Etat et à un contre-pied du président de la République à ses propres déclarations. 

Le "déclic" est venu chez Macron de l’arrêt rendu, lundi, par le Conseil d’Etat, ordonnant à l’Etat et à la ville de Calais de revoir leur gestion des quelque 600 migrants qui errent aux abords du tunnel et des ferries pour la Grande-Bretagne. 
Jeudi, le jeune Jupiter souhaita tout à trac en finir "d’ici la fin de l’année" avec les "personnes" -elles ont un nom: "clandestins"- dormant "dans les rues, dans les bois". 


Le gouvernement annonce l’ouverture de deux nouveaux lieux existants

Déjà centre d’accueil, l’abbaye de Belval, à Troisvaux (Pas-de-Calais)


Ce lieu exceptionnel de paix et de recueillement abritait la vie monastique des cisterciennes -trappistines- de l'abbaye Notre-Dame. 









Après le départ des religieuses vers l'abbaye d'Igny, l'ancien 
couvent fut transformé en hôtel occupant le château du XVIIIe siècle doté d'un jardin, d'une terrasse et d'un parking privé gratuit. 
Le lieu fut repris par une association 'Abbaye de Belval' créée en 2011. La fromagerie et l'hostellerie restent ouvertes au public et des séminaires d'entreprises fonctionnaient toujours encore, mais l'arrivée promise d'une communauté de religieuses, trois religieuses de la Compagnie des Filles de la Charité, a été abandonnée.

Le centre d’accueil des migrants a ouvert à l’abbaye de Belval en mai 2017. 
Quarante "migrants", des clandestins kurdes, sont arrivés le 15 mai sur le site de l’abbaye de Belval, où a été aménagé un centre d’accueil et d’orientation (CAO). Humaniste parce qu'elle gère des services d'éducation spéciale et de soins à domicile' (9 SESSAD), des Instituts médico-éducatif (14 IME), un institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP), 4 ESAT (et 16 autres structures pour adultes handicapés), 14 Ehpad, 3 centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS, etc...), 3 structures de protection de l'enfance (MECS), une pieuvre sociale qui  "vise à apporter le bien-être aux personnes accueillies ou accompagnées par ses établissements et services", l’association 'La Vie active' gère cette structure, qui n’avait pas vocation à perdurer.
Les bénéficiaires se trouvaient à Grande-Synthe (nouvelle jungle de Calais) avant d’être accueillis dans ce centre d’accueil et d’orientation (CAO). On a procédé à la mise à l’abri de ces familles, "15 adultes et 25 enfants, issus de 11 compositions familiales."
Belval était le quatrième CAO ouvert aux illégaux. Il y a eu deux premiers centres ouverts dans le Pas-de-Calais, à Croisilles et à Lens, respectivement pour 37 et 36 migrants. "On vient d’ouvrir un centre la semaine dernière [mai 2017] à Longuenesse pour 15 migrants, et donc maintenant celui de Belval." [...] Un CAO est un lieu précaire [ou de transition], ouvert pour six à huit mois. Celui de Croisilles, par exemple, a ouvert en novembre et doit fermer en juin. Mais les migrants peuvent décider de le quitter volontairement, ce n’est pas une prison !" Ou prolonger le séjour ?
L'abbaye sera simplement transformée dès la fin de la semaine en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES). "Jusqu’à 120 places" sont prévues à Troisvaux (Pas-de-Calais), commune de 300 habitants à 80 kilomètres de Calais. "Tout se passe très bien à Belval; il n’y a pas eu d’opposition de la part de la population" lors de l’implantation , mi-mai.

Dès juin 2017, l'hôtel Formule 1 de Bailleul (Nord) a été transformé en centre pour demandeurs d’asile.
Situé entre l’autoroute et la zone industrielle, l’hôtel ferme ses portes au public. PHOTO PATRICK JAMES
Discrimination des pensionnaires défavorisés de Formule 1  ?
Il n'est plus possible de séjourner à l’hôtel Formule 1 -63 chambres- le long de l’A25 à Bailleul : l’établissement a fermé, racheté par la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts pour devenir centre d’hébergement pour demandeurs d’asile: 25 places dans un premier temps, puis environ 80 places à terme. Depuis le 25 juin, il n’est plus possible d’acheter des nuitées. 

La pseudo ouverture annoncée par Gérard Collomb a été assurée par le groupe SNI (Société nationale immobilière), filiale immobilière à vocation d’intérêt général de la Caisse des Dépôts, sachant qu’il implique de fournir à la fois un toit et un accompagnement social, ce qui n'est pas sa vocation. SNI a ainsi acheté plusieurs hôtels, selon différents critères et ceux qui en ont besoin ont été remis en état pour les adapter à ce type d’accueil . La transaction a été rendue publique en mars, pour 62 hôtels Formule 1 lesquels bénéficient "d’un plan de relance incluant un programme d’envergure de rénovation", avait indiqué la communication d’Accor. La structure devait devenir un CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile).

Trois cents places au total sont dégagées. Bailleul, 13.000 habitants, dans le Nord, à 70 km de Calais, les migrants seront hébergés environ huit jours avant d’être triés et "orientés" vers un autre lieu à déterminer, a assuré ce mardi le préfet du Nord.
Qualifié de 'centre de premier accueil', il pourra accueillir 85 migrants, selon le préfet du Nord, à proximité immédiate de l’autoroute A25 Lille-Dunkerque, dans une zone industrielle. Il a ouvert en réalité en juillet et abritant aujourd’hui 43 demandeurs d’asile.

Le renouvellement, c'est que le dispositif est "spécifique" et permettra d’accélérer les demandes d’asile 

Image associéeAu départ, onze associations avaient déposé un référé devant le tribunal administratif de Lille. L’Etat et la municipalité avaient fait appel auprès du Conseil d'Etat qui les enjoignait d’installer des points d’eau. Non seulement leur appel est rejeté, mais ils se retrouvent pointés du doigt par un arrêt stigmatisant. Celui-ci estime que "la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".
Face à ce cinglant camouflet pour sa politique menée depuis deux mois, la Place Beauvau a donc changé son fusil d’épaule. Le 23 juin, Gérard Collomb avait conseillé aux humanitaires de Calais "d’aller exercer leur savoir-faire ailleurs"... Aujourd'hui, mis au pas, le ministre de l'Intérieur de Macron doit faire en sorte que les exilés aient un accès à l’eau, à des sanitaires, puissent se nourrir et faire enregistrer leur demande d’asile, par le biais des services préfectoraux. En outre pressé d'ouvrir deux "lieux de répit" (CAO), le ministre a indiqué lors d’une conférence de presse que des blocs sanitaires mobiles seraient mis en place dans la commune, pour les quelque 600 migrants présents. 

Un risque d'appel d'air non pris en compte par le conseil d'Etat
Outre que ces revirements incessants ont irrité la maire, Natacha Bouchart, l'élue Les Républicains a déclaré qu’elle n’installera " ni douche, ni toilettes" prévoyant  que "se recréent autour des squats ou des bidonvilles". Elle a ajouté que "si le gouvernement veut le faire, il devra réquisitionner un terrain". 
A l’opposé, à Grande-Synthe, le maire Europe Ecologie-Les Verts se réjouit que l’Etat se plie enfin à sa demande démagogique de "plus de dignité" pour les 1.500 exilés [des illégaux, migrants politiques, économiques ou climatiques] qui vivent là. "J’ai pu m’entretenir avec le préfet qui me propose un dispositif de pré-accueil de plusieurs jours sous toiles de tente, sur la commune, avec un enregistrement administratif sur place, avant que les réfugiés ne soient orientés vers un centre en dur", rappelle Damien Carême, un ancien socialiste. 
Le maire de Grand-Synthe n'est pas loin pourtant  de partager les mêmes craintes que la maire d'opposition sur les risques d'incitation. "Les migrants partis en CAO reviennent effectivement à Grande-Synthe pour la simple raison que la frontière avec l’Angleterre est toujours là."

Un pôle alimentation et des blocs sanitaires avec douches devraient donc revoir le jour tout début septembre sur le terrain de la Linière, qui avait abrité le premier camp humanitaire de France – un espace construit par Médecins sans frontières (MSF) pour héberger 1.500 Kurdes. 
Pour avoir souvent acquitté leur voyage jusqu’à son terminus, ces fugitifs du Dunkerquois qui font escale à Grande-Synthe sont traditionnellement plus difficiles à convaincre que ceux de Calais de demander l’asile en France. Cet objectif paraît d'ailleurs insensé. 

Des associations veulent mettre à profit ce temps de répit sur place pour persuader ceux qui refusent de s'échouer en France

A Briançon, où des migrants sont entrés en grève de la faim pour protester contre le règlement Dublin.A Calais, en revanche, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) va tenter, lors de maraudes de convaincre directement les migrants de monter dans des bus pour être emmenés vers les CAES -nouveau sigle ne veut pas dire réalité nouvelle- où des agents des préfectures feront le point sur leur statut et pourront exercer des pressions pour les décider à rester dans un pays non désiré. L’OFII, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, y sera lui aussi présent, ce qui rendra possible l’enregistrement direct des demandes d’asile depuis ces nouveaux centres.

Ce nouveau dispositif simplifié, qui gomme la case pré-accueil en vigueur partout en France et évite le passage en préfecture, permettra de commencer à réduire la durée nécessaire pour obtenir l’asile, comme le promet le plan gouvernemental annoncé le 12 juillet. Il pourrait d’ailleurs servir de modèle pour faire évoluer le dispositif parisien que Collomb sait être son prochain sujet à traiter. 

Ensuite, comme il l’a rappelé lundi, les migrants seront répartis selon leur statut. 
Les demandeurs d’asile rejoindront des hébergements spécifiques. Les exilés qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe ('dublinés', ceux que le règlement Dublin oblige à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils sont entrés) devraient de toute évidence se retrouver assignés à résidence, le temps que le premier pays qu’ils ont rallié donne son accord pour les reprendre. Et comme l’ajoute Fabien Sudry, préfet de Calais : "Ceux qui sont en situation irrégulière pourront être dirigés vers des centres de rétention." A moins qu’ils ne décident d’un retour volontaire, comme les 542 Afghans qui sont entrés dans cette procédure, proposée par l’OFII, depuis le début de l’année.
Plus de 400 demandeurs d’asile et autres migrants, la plupart d’Érythrée, d’Éthiopie et d’Afghanistan, vivent dans les rues et les zones boisées de Calais et des alentours.

Le distinguo entre toutes ces catégories de migrants est l’un des credo de Macron. 
La grande inconnue reste l’attrait des migrants pour ces CAES, assumés comme des espaces de tri. Natacha Bouchart a des raisons de craindre que beaucoup ne refusent et continuent à tenter de passer en Grande-Bretagne. L’élue de terrain regrette d’ailleurs qu’on n’ait "pas aujourd’hui de réponse à ceux qui refusent de demander l’asile en France" et compte bien obtenir qu’un volet spécifique figure dans le texte de loi que le gouvernement prépare pour la rentrée. Un  risque non encore mentionné est évidemment celui d’une chasse à l’homme dans la lande, dont des associations internationalistes pourraient s'emparer pour leur propagande "humanitaire"… 

Human Rights Watch, ONG supra-nationale illégitime, a mené une 'enquête' 
Camp de Grande-Synthe réduit en cendres par un incendie le 10 avril 
- " ‘C’est comme vivre en enfer’ : Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes" - dont le résultat ne peut surprendre : un procès mettant en cause les forces de l’ordre dans le Calaisis. 
La police française à Calais commet régulièrement des abus envers les demandeurs d’asile et autres migrants, a accusé Human Rights Watch ce 26 juillet, sur 46 pages.
"Les forces de l’ordre à Calais, en particulier les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ont recours de façon routinière à la pulvérisation de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis ou dans d’autres situations où ils ne représentent aucune menace. Les policiers aspergent aussi régulièrement de gaz, ou confisquent, leurs sacs de couchage, couvertures et vêtements. Parfois ils aspergent même de gaz poivre la nourriture et l’eau des migrants – tout cela apparemment dans le but de les pousser à quitter la région. De tels agissements de la part de la police violent l’interdiction d’infliger un traitement inhumain et dégradant, mais aussi les normes internationales de comportement des forces de l’ordre, qui appellent les agents à ne faire usage de la force que lorsque cela est inévitable, et alors uniquement avec modération, de façon proportionnée aux circonstances, et toujours dans un objectif légitime de maintien de l’ordre.
"Il est tout à fait condamnable que des policiers utilisent du gaz poivre sur des enfants et des adultes endormis ou en train de vaquer pacifiquement à leurs occupations" [violon]. "Lorsque les policiers détruisent ou confisquent les couvertures des migrants, leurs chaussures ou encore leur nourriture, non seulement ils rabaissent leur profession, mais ils portent atteinte à des personnes, dont ils ont juré de défendre les droits," a lancé Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch.
Issue de Médecins Sans Frontières, cette intello s'est illustrée en documentant la situation des civils dans les conflits (Tchétchénie, Burundi, Tchad, etc.), élaborant les positions publiques de MSF en matière d’accès aux traitements/vaccins dans les situations d’épidémies/pandémies en contexte précaire (HIV, TB multi-résistante, malnutrition, vaccination). 
Elle est en effet titulaire d’un master en journalisme et a occupé, pendant 7 ans, la direction du Plaidoyer et de la Communication de l’UNICEF France dont elle a notamment développé le plaidoyer auprès des pouvoirs publics français sur les questions liées à la pauvreté des enfants, aux enfants migrants et à la justice des mineurs, après avoir exercé pendant 3 ans en tant que responsable de production audiovisuelle dans le champ de la santé publique.
Le sous-préfet de Calais a catégoriquement nié les accusations d’abus policiers, les qualifiant de calomnies. 
Le ministre de l’Intérieur a indiqué lundi avoir ordonné des contre-enquêtes à l’inspection générale de l’administration, à l’inspection générale de la police et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Un entre-soi.