POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est volte-face. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est volte-face. Afficher tous les articles

mercredi 28 août 2019

Volte-face de Macron sur les retraites

Ce revirement était-il un engagement de campagne ?...

Si Bolsonaro est un "menteur" sur le Mercosur,
sur les retraites, Macron, c'est quoi ?


Résultat de recherche d'images pour "macron age depart retraite"
Si Macron dessine ici la courbe ascendante des pensions de retraite,
c'est une escroquerie
"Maintenir l'âge de départ à la retraite: Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite [62 ans], ni au niveau des pensions," promettait le candidat dans son chapitre sur le "Protection sociale".
Une fois président, Macron renonce à l'âge pivot de 64 ans pour un départ à la retraite sans décote. Il a finalement opté pour un âge individualisé et une durée de cotisation minimale. On s'en doute, ça ne cache rien de bon : outre le mensonge, où est l'entourloupe ? 

Lundi soirMacron a livré sa préférence, pour l'heure, sur le projet de refonte du système des retraites, pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu'à l'âge de départ. La référence à l'âge de départ, c'était clair et juste pour tous, mais avec le nombre d'annuités, on verse dans l'aléatoire et l'inéquité.  Pour "que ce soit juste en termes de cotisations (...), je préfère qu'on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge", a plaidé le président sur France 2, "car si vous avez un accord sur la durée, si vous commencez plus tard, vous finissez plus tard, et quand vous commencez plus tôt, vous partez plus tôt", a-t-il expliqué, sans crainte de pénaliser les temps d'études et le niveau de formation des Français ainsi incités à entrer le plus tôt possible dans la vie professionnelle, ni de défavoriser les femmes qui souhaitent avoir des enfants. 

Un nouveau revirement du chef de l'Etat
Et le maître d'oeuvre de ce changement de cap pourrait être  le Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, qui a rendu ses propositions et dont le nom circule pour porter ce dossier sensible au gouvernement. Il a quant à lui recommandé un "taux plein" à l'âge "pivot" de 64 ans... assorti d'une décote et d'une surcote. Quand viendra la fin de "vie active", les mères de famille qui auront fait des études longues et pris plusieurs congés de maternité seront plus précarisées que l'artisan plombier. 

Deux années de plus officialisées
"Actuellement, l'âge de départ à la retraite légal et minimum est de 62 ans. La préconisation de Jean-Paul Delevoye est de mettre en place un âge 'pivot' à 64 ans, parce que c'est l'âge d'équilibre du régime qui assure que les recettes couvrent bien les dépenses", actuellement, explique l'économiste Philippe Crevel. Qu'en sera-t-il quand, d'ici 20 ans, le système sera parfaitement en place ?

Les personnes qui souhaitent partir à 62 ans le pourraient (!), mais elles seraient frappées d'un "malus" et d'une décote, équivalent à une baisse de 5 % de leur retraite. A l'inverse, pour les personnes qui partiraient plus tard, celles-ci bénéficieraient d'une surcote, sorte de bonus de 5 %. Un moyen "d'inciter les gens à retarder leur départ", commente l'économiste. Si, à 64 ans, le permettent leur situation financière et leur santé...
La durée de cotisation serait en effet moins efficace pour l'équilibre du régime général. 

L'ex-banquier reste un comptable
Cet âge pivot pose un problème majeur, explique le directeur de l'Institut des politiques publiques (IPP), Antoine Bozio, dont les réflexions ont inspiré les partisans de la mise en place d'un système universel par points en France. "Cela revient à mettre tous les salariés au même niveau, sans prendre en compte l'âge où chacun à commencer à travailler. C'est très surprenant". 

Pour bénéficier d'une retraite à taux plein, il faut actuellement, avoir cotisé environ 41,5 ans. Cette durée est amenée à s'allonger, puisqu'elle va être relevée d'un trimestre tous les trois ans dès 2020. Dans seulement quinze ans, en 2035, il faudra aux enfants qui entrent en 6e en 2019 avoir cotisé environ 43 ans selon ce que prévoit la loi Touraine de 2014. 

Si, comme Philippe Crevel, on tient à positiver, on considère que "l'avantage, avec ce moyen de calcul, c'est que ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans partiront à la retraite plus tôt que ceux qui ont commencé à 25, puisqu'ils auront cotisé pendant assez d'années". Ceux qui sont entrés plus tard dans la vie professionnelle sont-ils des "fainéants" qu'il fallait sanctionner? Sans doute appartiennent-ils à la catégorie des Français à qui Macron lança : "Je ne céderai rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" ?

"En revanche, c'est une formule qui est moins avantageuse [sic] pour les cadres, par exemple, qui ont fait de plus longues études et vont donc devoir partir à la retraite plus vieux." Ce Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne, qui clamait en 2018, qu'il ne faut pas faire de catastrophisme", malgré une quatrième hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis et un ralentissement de la croissance, continue de négliger le pouvoir d'achat des Français. Selon lui, ce qui compte, c'est l'état des finances publiques et que ce calcul aurait moins d'effets sur l'équilibre financier, parce qu'il ne concerne pas tout le monde au même moment : "L'âge est un paramètre plus efficace que la durée de cotisation pour l'équilibre du régime", insiste-t-il, assumant ces inégalités annoncées. 
Retraités : faibles revenus mais gros patrimoines
Tout reste sur la table

"L'annonce d'Emmanuel Macron lundi soir n'est dans tous les cas pas très claire," admet Antoine Bozio. "Le président dit : 'Faisons un système individualisé', mais on ne sait pas encore sur quelles bases [...]. Comment va être faite cette individualisation ? Sur la durée des cotisations ? Tout reste encore à définir." Et l'article 49.3 n'est pas fait pour les chiens...

Macron a dû s'assurer du soutien de la CFDT. 
"La question de l'âge pivot a été très critiquée par les syndicats, notamment par la CFDT, et c'est clairement une main tendue", explique  le spécialiste des retraites, pour justifier la pirouette du président. Un avis que partage Philippe Crevel : "Macron a besoin d'alliés dans ce dossier épineux. S'il y va tout seul en franc-tireur, il risque de se retrouver face à des snipers. C'est une forme de concession à l'égard de la CFDT, son principal soutien", conclut-il. Si la bonne méthode est d'ouvrir les négociations par une reculade, c'est sûr, c'est nouveau !
La réforme - plusieurs fois annoncée, mais repoussée et enfin engagée - méritait-elle cette stratégie de retrait ?  Jupiter s'engage à reculons sur ce projet, se préparant à la bataille en s'assurant du soutien de la CFDT de Laurent Berger. Le "changement de fusil d'épaule" (Le Point) de Macron suffira-t-il à empêcher ce syndicat docile de rejoindre les rangs de la CGT et de Force ouvrière. 

Des manifestations contre la retraite à points sont déjà prévues le 21 septembre, à l'appel de FO, et le 24 septembre, à l'appel de la CGT. 

mercredi 2 août 2017

Migrants: Macron veut ouvrir deux centres déjà ouverts

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir dans les Hauts-de-France

Le ministère de l’Intérieur fait volte-face sur la gestion des migrants de Calais



Depuis neuf mois, le gouvernement faisait l’impossible pour rendre les exilés invisiblesMais il a fait volte-face et Gérard Collomb a annoncé, lundi 31 juillet, l’ouverture de deux centres d’hébergement d’un type nouveau. Ce faux pas de La République en marche (LREM) fait suite à l'injonction du Conseil d’Etat et à un contre-pied du président de la République à ses propres déclarations. 

Le "déclic" est venu chez Macron de l’arrêt rendu, lundi, par le Conseil d’Etat, ordonnant à l’Etat et à la ville de Calais de revoir leur gestion des quelque 600 migrants qui errent aux abords du tunnel et des ferries pour la Grande-Bretagne. 
Jeudi, le jeune Jupiter souhaita tout à trac en finir "d’ici la fin de l’année" avec les "personnes" -elles ont un nom: "clandestins"- dormant "dans les rues, dans les bois". 


Le gouvernement annonce l’ouverture de deux nouveaux lieux existants

Déjà centre d’accueil, l’abbaye de Belval, à Troisvaux (Pas-de-Calais)


Ce lieu exceptionnel de paix et de recueillement abritait la vie monastique des cisterciennes -trappistines- de l'abbaye Notre-Dame. 









Après le départ des religieuses vers l'abbaye d'Igny, l'ancien 
couvent fut transformé en hôtel occupant le château du XVIIIe siècle doté d'un jardin, d'une terrasse et d'un parking privé gratuit. 
Le lieu fut repris par une association 'Abbaye de Belval' créée en 2011. La fromagerie et l'hostellerie restent ouvertes au public et des séminaires d'entreprises fonctionnaient toujours encore, mais l'arrivée promise d'une communauté de religieuses, trois religieuses de la Compagnie des Filles de la Charité, a été abandonnée.

Le centre d’accueil des migrants a ouvert à l’abbaye de Belval en mai 2017. 
Quarante "migrants", des clandestins kurdes, sont arrivés le 15 mai sur le site de l’abbaye de Belval, où a été aménagé un centre d’accueil et d’orientation (CAO). Humaniste parce qu'elle gère des services d'éducation spéciale et de soins à domicile' (9 SESSAD), des Instituts médico-éducatif (14 IME), un institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP), 4 ESAT (et 16 autres structures pour adultes handicapés), 14 Ehpad, 3 centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS, etc...), 3 structures de protection de l'enfance (MECS), une pieuvre sociale qui  "vise à apporter le bien-être aux personnes accueillies ou accompagnées par ses établissements et services", l’association 'La Vie active' gère cette structure, qui n’avait pas vocation à perdurer.
Les bénéficiaires se trouvaient à Grande-Synthe (nouvelle jungle de Calais) avant d’être accueillis dans ce centre d’accueil et d’orientation (CAO). On a procédé à la mise à l’abri de ces familles, "15 adultes et 25 enfants, issus de 11 compositions familiales."
Belval était le quatrième CAO ouvert aux illégaux. Il y a eu deux premiers centres ouverts dans le Pas-de-Calais, à Croisilles et à Lens, respectivement pour 37 et 36 migrants. "On vient d’ouvrir un centre la semaine dernière [mai 2017] à Longuenesse pour 15 migrants, et donc maintenant celui de Belval." [...] Un CAO est un lieu précaire [ou de transition], ouvert pour six à huit mois. Celui de Croisilles, par exemple, a ouvert en novembre et doit fermer en juin. Mais les migrants peuvent décider de le quitter volontairement, ce n’est pas une prison !" Ou prolonger le séjour ?
L'abbaye sera simplement transformée dès la fin de la semaine en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES). "Jusqu’à 120 places" sont prévues à Troisvaux (Pas-de-Calais), commune de 300 habitants à 80 kilomètres de Calais. "Tout se passe très bien à Belval; il n’y a pas eu d’opposition de la part de la population" lors de l’implantation , mi-mai.

Dès juin 2017, l'hôtel Formule 1 de Bailleul (Nord) a été transformé en centre pour demandeurs d’asile.
Situé entre l’autoroute et la zone industrielle, l’hôtel ferme ses portes au public. PHOTO PATRICK JAMES
Discrimination des pensionnaires défavorisés de Formule 1  ?
Il n'est plus possible de séjourner à l’hôtel Formule 1 -63 chambres- le long de l’A25 à Bailleul : l’établissement a fermé, racheté par la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts pour devenir centre d’hébergement pour demandeurs d’asile: 25 places dans un premier temps, puis environ 80 places à terme. Depuis le 25 juin, il n’est plus possible d’acheter des nuitées. 

La pseudo ouverture annoncée par Gérard Collomb a été assurée par le groupe SNI (Société nationale immobilière), filiale immobilière à vocation d’intérêt général de la Caisse des Dépôts, sachant qu’il implique de fournir à la fois un toit et un accompagnement social, ce qui n'est pas sa vocation. SNI a ainsi acheté plusieurs hôtels, selon différents critères et ceux qui en ont besoin ont été remis en état pour les adapter à ce type d’accueil . La transaction a été rendue publique en mars, pour 62 hôtels Formule 1 lesquels bénéficient "d’un plan de relance incluant un programme d’envergure de rénovation", avait indiqué la communication d’Accor. La structure devait devenir un CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile).

Trois cents places au total sont dégagées. Bailleul, 13.000 habitants, dans le Nord, à 70 km de Calais, les migrants seront hébergés environ huit jours avant d’être triés et "orientés" vers un autre lieu à déterminer, a assuré ce mardi le préfet du Nord.
Qualifié de 'centre de premier accueil', il pourra accueillir 85 migrants, selon le préfet du Nord, à proximité immédiate de l’autoroute A25 Lille-Dunkerque, dans une zone industrielle. Il a ouvert en réalité en juillet et abritant aujourd’hui 43 demandeurs d’asile.

Le renouvellement, c'est que le dispositif est "spécifique" et permettra d’accélérer les demandes d’asile 

Image associéeAu départ, onze associations avaient déposé un référé devant le tribunal administratif de Lille. L’Etat et la municipalité avaient fait appel auprès du Conseil d'Etat qui les enjoignait d’installer des points d’eau. Non seulement leur appel est rejeté, mais ils se retrouvent pointés du doigt par un arrêt stigmatisant. Celui-ci estime que "la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".
Face à ce cinglant camouflet pour sa politique menée depuis deux mois, la Place Beauvau a donc changé son fusil d’épaule. Le 23 juin, Gérard Collomb avait conseillé aux humanitaires de Calais "d’aller exercer leur savoir-faire ailleurs"... Aujourd'hui, mis au pas, le ministre de l'Intérieur de Macron doit faire en sorte que les exilés aient un accès à l’eau, à des sanitaires, puissent se nourrir et faire enregistrer leur demande d’asile, par le biais des services préfectoraux. En outre pressé d'ouvrir deux "lieux de répit" (CAO), le ministre a indiqué lors d’une conférence de presse que des blocs sanitaires mobiles seraient mis en place dans la commune, pour les quelque 600 migrants présents. 

Un risque d'appel d'air non pris en compte par le conseil d'Etat
Outre que ces revirements incessants ont irrité la maire, Natacha Bouchart, l'élue Les Républicains a déclaré qu’elle n’installera " ni douche, ni toilettes" prévoyant  que "se recréent autour des squats ou des bidonvilles". Elle a ajouté que "si le gouvernement veut le faire, il devra réquisitionner un terrain". 
A l’opposé, à Grande-Synthe, le maire Europe Ecologie-Les Verts se réjouit que l’Etat se plie enfin à sa demande démagogique de "plus de dignité" pour les 1.500 exilés [des illégaux, migrants politiques, économiques ou climatiques] qui vivent là. "J’ai pu m’entretenir avec le préfet qui me propose un dispositif de pré-accueil de plusieurs jours sous toiles de tente, sur la commune, avec un enregistrement administratif sur place, avant que les réfugiés ne soient orientés vers un centre en dur", rappelle Damien Carême, un ancien socialiste. 
Le maire de Grand-Synthe n'est pas loin pourtant  de partager les mêmes craintes que la maire d'opposition sur les risques d'incitation. "Les migrants partis en CAO reviennent effectivement à Grande-Synthe pour la simple raison que la frontière avec l’Angleterre est toujours là."

Un pôle alimentation et des blocs sanitaires avec douches devraient donc revoir le jour tout début septembre sur le terrain de la Linière, qui avait abrité le premier camp humanitaire de France – un espace construit par Médecins sans frontières (MSF) pour héberger 1.500 Kurdes. 
Pour avoir souvent acquitté leur voyage jusqu’à son terminus, ces fugitifs du Dunkerquois qui font escale à Grande-Synthe sont traditionnellement plus difficiles à convaincre que ceux de Calais de demander l’asile en France. Cet objectif paraît d'ailleurs insensé. 

Des associations veulent mettre à profit ce temps de répit sur place pour persuader ceux qui refusent de s'échouer en France

A Briançon, où des migrants sont entrés en grève de la faim pour protester contre le règlement Dublin.A Calais, en revanche, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) va tenter, lors de maraudes de convaincre directement les migrants de monter dans des bus pour être emmenés vers les CAES -nouveau sigle ne veut pas dire réalité nouvelle- où des agents des préfectures feront le point sur leur statut et pourront exercer des pressions pour les décider à rester dans un pays non désiré. L’OFII, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, y sera lui aussi présent, ce qui rendra possible l’enregistrement direct des demandes d’asile depuis ces nouveaux centres.

Ce nouveau dispositif simplifié, qui gomme la case pré-accueil en vigueur partout en France et évite le passage en préfecture, permettra de commencer à réduire la durée nécessaire pour obtenir l’asile, comme le promet le plan gouvernemental annoncé le 12 juillet. Il pourrait d’ailleurs servir de modèle pour faire évoluer le dispositif parisien que Collomb sait être son prochain sujet à traiter. 

Ensuite, comme il l’a rappelé lundi, les migrants seront répartis selon leur statut. 
Les demandeurs d’asile rejoindront des hébergements spécifiques. Les exilés qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe ('dublinés', ceux que le règlement Dublin oblige à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils sont entrés) devraient de toute évidence se retrouver assignés à résidence, le temps que le premier pays qu’ils ont rallié donne son accord pour les reprendre. Et comme l’ajoute Fabien Sudry, préfet de Calais : "Ceux qui sont en situation irrégulière pourront être dirigés vers des centres de rétention." A moins qu’ils ne décident d’un retour volontaire, comme les 542 Afghans qui sont entrés dans cette procédure, proposée par l’OFII, depuis le début de l’année.
Plus de 400 demandeurs d’asile et autres migrants, la plupart d’Érythrée, d’Éthiopie et d’Afghanistan, vivent dans les rues et les zones boisées de Calais et des alentours.

Le distinguo entre toutes ces catégories de migrants est l’un des credo de Macron. 
La grande inconnue reste l’attrait des migrants pour ces CAES, assumés comme des espaces de tri. Natacha Bouchart a des raisons de craindre que beaucoup ne refusent et continuent à tenter de passer en Grande-Bretagne. L’élue de terrain regrette d’ailleurs qu’on n’ait "pas aujourd’hui de réponse à ceux qui refusent de demander l’asile en France" et compte bien obtenir qu’un volet spécifique figure dans le texte de loi que le gouvernement prépare pour la rentrée. Un  risque non encore mentionné est évidemment celui d’une chasse à l’homme dans la lande, dont des associations internationalistes pourraient s'emparer pour leur propagande "humanitaire"… 

Human Rights Watch, ONG supra-nationale illégitime, a mené une 'enquête' 
Camp de Grande-Synthe réduit en cendres par un incendie le 10 avril 
- " ‘C’est comme vivre en enfer’ : Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes" - dont le résultat ne peut surprendre : un procès mettant en cause les forces de l’ordre dans le Calaisis. 
La police française à Calais commet régulièrement des abus envers les demandeurs d’asile et autres migrants, a accusé Human Rights Watch ce 26 juillet, sur 46 pages.
"Les forces de l’ordre à Calais, en particulier les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ont recours de façon routinière à la pulvérisation de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis ou dans d’autres situations où ils ne représentent aucune menace. Les policiers aspergent aussi régulièrement de gaz, ou confisquent, leurs sacs de couchage, couvertures et vêtements. Parfois ils aspergent même de gaz poivre la nourriture et l’eau des migrants – tout cela apparemment dans le but de les pousser à quitter la région. De tels agissements de la part de la police violent l’interdiction d’infliger un traitement inhumain et dégradant, mais aussi les normes internationales de comportement des forces de l’ordre, qui appellent les agents à ne faire usage de la force que lorsque cela est inévitable, et alors uniquement avec modération, de façon proportionnée aux circonstances, et toujours dans un objectif légitime de maintien de l’ordre.
"Il est tout à fait condamnable que des policiers utilisent du gaz poivre sur des enfants et des adultes endormis ou en train de vaquer pacifiquement à leurs occupations" [violon]. "Lorsque les policiers détruisent ou confisquent les couvertures des migrants, leurs chaussures ou encore leur nourriture, non seulement ils rabaissent leur profession, mais ils portent atteinte à des personnes, dont ils ont juré de défendre les droits," a lancé Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch.
Issue de Médecins Sans Frontières, cette intello s'est illustrée en documentant la situation des civils dans les conflits (Tchétchénie, Burundi, Tchad, etc.), élaborant les positions publiques de MSF en matière d’accès aux traitements/vaccins dans les situations d’épidémies/pandémies en contexte précaire (HIV, TB multi-résistante, malnutrition, vaccination). 
Elle est en effet titulaire d’un master en journalisme et a occupé, pendant 7 ans, la direction du Plaidoyer et de la Communication de l’UNICEF France dont elle a notamment développé le plaidoyer auprès des pouvoirs publics français sur les questions liées à la pauvreté des enfants, aux enfants migrants et à la justice des mineurs, après avoir exercé pendant 3 ans en tant que responsable de production audiovisuelle dans le champ de la santé publique.
Le sous-préfet de Calais a catégoriquement nié les accusations d’abus policiers, les qualifiant de calomnies. 
Le ministre de l’Intérieur a indiqué lundi avoir ordonné des contre-enquêtes à l’inspection générale de l’administration, à l’inspection générale de la police et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Un entre-soi.

lundi 9 janvier 2017

Ségolène Royal condamne Manuel Valls pour son revirement sur le 49-3

Royal a en revanche salué la démarche d’E. Macron, qui est "en dehors des systèmes"

Alors que Cazeneuve lance une bouée à l'ancien premier ministre, en retrait derrière Montebourg, Royal lui appuie sur la tête

La ministre de l’Ecologie a salué la démarche personnelle d’Emmanuel Macron, qu'elle continue d’observer avec bienveillance. C’est quelqu’un "qui s’engage, qui déploie un programme, un projet, se donne du mal, croit en ce qu’il fait," a estimé la cougar au "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Les Echos-iTélé.

Le mérite de l’ancien ministre de l’Economie de Hollande, selon la battue de la présidentielle de 2007, serait qu'il s’inspire de ses méthodes de démocratie participative... "C’est bien !", juge Ségolène Royal.

Emmanuel Macron " n’est pas le seul", pondère-t-elle. "Peut-être y a-t-il une attente de l’opinion à être en dehors des systèmes [et de] casser les codes", avance-t-elle. Quoi qu’il en soit, "en aucun cas, ces itinéraires ne peuvent être des itinéraires solitaires", prévient la ministre qui avait cru pouvoir se passer du Parti socialiste quand elle se fit battre à plate couture (de six points) par Sarkozy. 
Elle "pense" donc accomplir son devoir de militante en allant voter à la primaire socialiste, abusivement présentée comme la "primaire de la gauche" à laquelle ne participe pourtant ni les candidats trotskistes, ni  celui du Front de gauche, Mélenchon. 

Voici la liste des candidats !
Dans le respect d'une parfaite équité, les candidats, déclarés ou plébiscités, sont mélangés de façon aléatoire.


Candidats éliminés ou ayant abandonné :


Après et "au moment du combat présidentiel majeur, il faudra le rassemblement des forces de gauche et des forces progressistes", ajoute-t-elle finement. 
"Il faudra voir quel est le critère de ce rassemblement et l’inventer car nous sommes dans une configuration nouvelle."

La ministre de l’Environnement a taclé son ancien premier ministre sur sa récente volte-face à propos de l’article 49-3

Le recours à cette arme constitutionnelle n’a "pas été compris de l’opinion", assure, méprisante du peuple, l'incompétente qui a eu une gestion "désastreuse" de la Région Poitou-Charentes qu'elle a présidée en se donnant des airs d'innovatrice éclairée, mais qui, au final, est tellement endettée que le président de la Nouvelle Aquitaine avait d'abord refusé de faire éponger la facture par la nouvelle grande région, qui a dû faire volte-face, lui aussi, sur les pressions du président de la Cour Régionale des Comptes et de Paris, en la personne de l'ami Michel Sapin, depuis Bercy.

Le gouvernement en "a beaucoup souffert", assure la coquecigrüe du marais poitevin. "Tout le travail positif qu’on a fait à côté a été totalement étouffé par les manifestations", raconte encore Ségolène Royal qui rapporte tout à elle, déclarant avoir personnellement "très mal vécu" cette période. "Les stratégies qui consistent à mettre des tensions dans la société sont de mauvaises stratégies," souligne-t-elle.

Elle s'interroge sur l'insincérité du candidat versatile
Est-ce une position sincère ? "J’espère que c’est sincère s’il le dit, mais ce n’est pas compréhensible", a-t-elle insisté. S’il plaide désormais pour cantonner le 49.3 aux textes budgétaires, Valls y a en effet eu recours six fois (rappelons-le), lorsqu’il était à Matignon, pour la loi Macron et la loi travail. Mais il en a rejeté jeudi soir la responsabilité sur les frondeurs socialistes : "On m’a imposé le 49.3", suscitant critiques et railleries jusque dans son propre camp. 
Et la ministre de son gouvernement d'enfoncer le clou, dans un réflexe naturel de populisme : "Les Français avaient déjà subi les épreuves du terrorisme, les forces de l’ordre étaient déjà fatiguées, épuisées. Même en tant que membres du gouvernement, on a beaucoup souffert." 

"Les Français ont le droit à un peu d'apaisement" 

Royal met en exergue la brutalité du premier ministre aujourd'hui candidat, martelant qu’ "en plus il y a eu des policiers blessés, cette image de voiture de police incendiée, des policiers qui ont failli brûler à l’intérieur, qui a fait le tour du monde et donné une image de la France terrible, des gens qui ont perdu les yeux dans les manifestations. (...) C’était trop. Les Français ont quand même le droit à un peu de bonheur, d’apaisement"

"Je crois que les stratégies qui consistent à mettre des tensions dans la société sont des mauvaises stratégies. Le 49.3, il ne peut pas être utilisé contre notre propre majorité parlementaire [c'est pourtant son objet !] sur des textes qui ne méritent pas de mettre comme ça le pays en très grande difficulté [la loi travail et la Loi Macron, du nom du candidat qui a ses faveurs...] en très grande tension."