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jeudi 28 novembre 2019

Immigration et santé : des députés LREM veulent maintenir en l'état l’accès aux soins des clandestins

Une quinzaine de députés LREM s’oppose au gouvernement

Ils rejettent la limitation de l’accès aux soins des demandeurs d’asile et des clandestins.

Ils voudront bientôt mutualiser la Sécu avec le Mali, la Somalie ou la Syrie et la Palestine ?
 
Résultat de recherche d'images pour "wonner martine""Où est notre âme?" s'est interrogée l’élue Jennifer de Temmerman sur les bancs des députés La République en marche (LREM). Dans un édifiant réquisitoire contre le volet santé du plan immigration gouvernemental dévoilé , elle lance : "Est-ce que nous allons (...) achever l’humanisme?", a-t-elle demandé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Cette envolée lyrique du 7 novembre intervient alors que le "plan d'urgence" pour les hôpitaux ne prévoit pas plus de 500 millions pendant trois ans (lien PaSiDupes) et que la députée et législatrice LREM Françoise Dumas construit une piscine sans permis et en partie sur un terrain municipal (lien PaSiDupes), probablement au profit des migrants en situation irrégulière... 

La députée du Nord a signé une tribune transmise jeudi à l’AFP, avec dix autres élus de l’aile gauche de LREM, dont Sonia Krimi, une Franco-tunisienne née à Tunis, que notre échelle sociale a favorisée, bien que naturalisée seulement en 2012 (sans parler de son doctorat obtenu à... Toulon, où a été ouverte en 2009 une enquête pour corruption après la vente de centaines de titres et diplômes à des étudiants étrangers), et Martine Wonner (photo 1, ci-dessus) un médecin psychiatre (qui a préféré passer du SAMU social de Paris à un groupe de cliniques privées, comme directrice médicales), toutes deux bien connues pour leurs partis-pris pro-migrants. 

Le sujet de leur prise de parole du jour est la limitation de l’accès aux soins des "demandeurs d’asile" (délai de trois mois avant de pouvoir accéder à la Sécu de base, PUMa) et des clandestins (renfort des contrôles d’accès à l’aide médicale d’Etat, AME), qui sont autant d' appels d'air à l'immigration clandestine. Ces mesures, présentées au Parlement dans "l’urgence", "compliquent l’accès aux soins de personnes en situation de très grande précarité", selon eux. Les cas en question sont-ils prioritaires sur les patients en attente de soins et pourtant en situation régulière et à jour de leurs cotisations ?

Les auteurs de la tribune - quand ils étaient présents jeudi dans l’hémicycle - ont voté contre la baisse de 15 millions d’euros du budget de l’AME (sur un total de près de 1 milliard d’euros) - un amendement du gouvernement au volet santé du projet de loi de finances pour 2020.

Se sont joints à eux six députés non-signataires du texte et membres de l’aile gauche de LREM, comme Stella Dupont et Sandrine Mörch, qui s’étaient abstenues lors du premier passage de la loi asile et immigration à l’Assemblée, en avril 2018. 
Au total, treize députés LREM se sont prononcés contre cette mesure gouvernementale, aux côtés des socialistes, communistes et Insoumis.
Les treize sont : 
    Aude Amadou,joueuse de handball
    Delphine Bagarry, une urgentiste des Alpes-de-Haute-Provence venue du PS à LREM, qui signa en septembre 2019, avec d'autres députés de l'aile gauche du groupe LREM, une tribune appelant à répartir les migrants dans les zones rurales en pénurie de main-d'œuvre. Elle se déclara même "choquée" par le discours de Macron sur l'immigration et expliqua avoir eu "l’impression d’écouter non pas l’homme de la campagne présidentielle mais un responsable du Front national"... Elle est membre du "Collectif social-démocrate".
    Lionel Causse
    Jennifer De Temmerman
    Stella Dupont, qui a traversé la rue du PS vers LREM quand ça commença à sentir le lisier dans le Maine-et-Loir, est membre du "Collectif social-démocrate" : jusqu'alors membre du Parti socialiste, elle avait soutenu Benoît Hamon lors de l’élection présidentielle de 2017 et avait même été investie par le PS pour les législatives...
    Albane Gaillot
    Aina Kuric, franco-malgache élue avec 660 voix d'avance, elle est l'une des rares députées de son groupe à s'abstenir en avril 2018 sur le projet de loi Asile et Immigration lors de sa première lecture. En juillet 2018, elle vota contre la version définitive du texte, malgré l'interdiction qu'ont les députés LREM de voter contre un projet de loi du gouvernement, en raison de l'amendement ajouté qui modifie les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte, se déclarant très sensible à cette question de par ses origines malgaches. Le groupe LREM, après la menace d'une exclusion, lui adressa un avertissement. Elle quitta le parti le 7 juin 2019, mais reste dans le groupe en tant qu'apparentée.  
    Marion Lenne qui vécut une partie de son enfance au Bénin, au Nigéria, puis en Guadeloupe, et qui passa l'essentiel de sa vie professionnelle en Ethiopie, au Pérou, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Ghana ou à Madagascar 
    Jean-François Mbaye, député franco-sénégalais du Val-de-Marne
    Sandrine Mörch, journaliste qui réalisa de nombreux reportages  en collaboration avec Médecins sans frontières, pour alerter l’opinion publique sur les conflits oubliés (Libéria, Rwanda, Sri Lanka, Kurdistan, etc.).
    Bénédicte Pételle, suppléante d’Adrien Taquet, nommé au gouvernement le 25 janvier 2019
    Nathalie Sarles, une infirmière qui commença par enseigner l'anglais pendant dix-huit mois dans un collège du Burkina Faso
    Martine Wonner














L’amendement a toutefois été adopté. Les 'Marcheurs' détiennent encore la majorité absolue à l’Assemblée, avec 304 élus sur 577 députés.

Face aux frondeurs, la ministre de la Santé a défendu une lutte contre le "dévoiement" du système d’accès aux soins des étrangers

Elle a dénoncé les accusations de remise en cause "nos valeurs". "Arrêtons les fantasmes!", a exhorté Agnès Buzyn.
L’argumentaire n’a pas convaincu Jennifer de Temmerman. Opposante habituelle aux orientations de la majorité présidentielle, l’élue du Nord - où les corons sont des lieux à demande forte de soins médicaux - a annoncé jeudi se mettre "en retrait" de LREM, "pour (s)’accorder un temps de réflexion", explique à La Voix du Nord cette fonctionnaire de l'Education nationale, attachée d’administration. Elle promet de trancher la question de son appartenance au groupe d’ici "quelques semaines." Suspens !...

Depuis leur élection en juin 2017, huit parlementaires ont démissionné du groupe LREM et deux en ont été exclus



Ca ne s'est pas vu, ni su, mais Temmerman a finalement mis les voiles.

mercredi 2 août 2017

Migrants: Macron veut ouvrir deux centres déjà ouverts

Des centres d’accueil pour migrants d’un genre nouveau vont ouvrir dans les Hauts-de-France

Le ministère de l’Intérieur fait volte-face sur la gestion des migrants de Calais



Depuis neuf mois, le gouvernement faisait l’impossible pour rendre les exilés invisiblesMais il a fait volte-face et Gérard Collomb a annoncé, lundi 31 juillet, l’ouverture de deux centres d’hébergement d’un type nouveau. Ce faux pas de La République en marche (LREM) fait suite à l'injonction du Conseil d’Etat et à un contre-pied du président de la République à ses propres déclarations. 

Le "déclic" est venu chez Macron de l’arrêt rendu, lundi, par le Conseil d’Etat, ordonnant à l’Etat et à la ville de Calais de revoir leur gestion des quelque 600 migrants qui errent aux abords du tunnel et des ferries pour la Grande-Bretagne. 
Jeudi, le jeune Jupiter souhaita tout à trac en finir "d’ici la fin de l’année" avec les "personnes" -elles ont un nom: "clandestins"- dormant "dans les rues, dans les bois". 


Le gouvernement annonce l’ouverture de deux nouveaux lieux existants

Déjà centre d’accueil, l’abbaye de Belval, à Troisvaux (Pas-de-Calais)


Ce lieu exceptionnel de paix et de recueillement abritait la vie monastique des cisterciennes -trappistines- de l'abbaye Notre-Dame. 









Après le départ des religieuses vers l'abbaye d'Igny, l'ancien 
couvent fut transformé en hôtel occupant le château du XVIIIe siècle doté d'un jardin, d'une terrasse et d'un parking privé gratuit. 
Le lieu fut repris par une association 'Abbaye de Belval' créée en 2011. La fromagerie et l'hostellerie restent ouvertes au public et des séminaires d'entreprises fonctionnaient toujours encore, mais l'arrivée promise d'une communauté de religieuses, trois religieuses de la Compagnie des Filles de la Charité, a été abandonnée.

Le centre d’accueil des migrants a ouvert à l’abbaye de Belval en mai 2017. 
Quarante "migrants", des clandestins kurdes, sont arrivés le 15 mai sur le site de l’abbaye de Belval, où a été aménagé un centre d’accueil et d’orientation (CAO). Humaniste parce qu'elle gère des services d'éducation spéciale et de soins à domicile' (9 SESSAD), des Instituts médico-éducatif (14 IME), un institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP), 4 ESAT (et 16 autres structures pour adultes handicapés), 14 Ehpad, 3 centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS, etc...), 3 structures de protection de l'enfance (MECS), une pieuvre sociale qui  "vise à apporter le bien-être aux personnes accueillies ou accompagnées par ses établissements et services", l’association 'La Vie active' gère cette structure, qui n’avait pas vocation à perdurer.
Les bénéficiaires se trouvaient à Grande-Synthe (nouvelle jungle de Calais) avant d’être accueillis dans ce centre d’accueil et d’orientation (CAO). On a procédé à la mise à l’abri de ces familles, "15 adultes et 25 enfants, issus de 11 compositions familiales."
Belval était le quatrième CAO ouvert aux illégaux. Il y a eu deux premiers centres ouverts dans le Pas-de-Calais, à Croisilles et à Lens, respectivement pour 37 et 36 migrants. "On vient d’ouvrir un centre la semaine dernière [mai 2017] à Longuenesse pour 15 migrants, et donc maintenant celui de Belval." [...] Un CAO est un lieu précaire [ou de transition], ouvert pour six à huit mois. Celui de Croisilles, par exemple, a ouvert en novembre et doit fermer en juin. Mais les migrants peuvent décider de le quitter volontairement, ce n’est pas une prison !" Ou prolonger le séjour ?
L'abbaye sera simplement transformée dès la fin de la semaine en centre d’accueil et d’examen des situations (CAES). "Jusqu’à 120 places" sont prévues à Troisvaux (Pas-de-Calais), commune de 300 habitants à 80 kilomètres de Calais. "Tout se passe très bien à Belval; il n’y a pas eu d’opposition de la part de la population" lors de l’implantation , mi-mai.

Dès juin 2017, l'hôtel Formule 1 de Bailleul (Nord) a été transformé en centre pour demandeurs d’asile.
Situé entre l’autoroute et la zone industrielle, l’hôtel ferme ses portes au public. PHOTO PATRICK JAMES
Discrimination des pensionnaires défavorisés de Formule 1  ?
Il n'est plus possible de séjourner à l’hôtel Formule 1 -63 chambres- le long de l’A25 à Bailleul : l’établissement a fermé, racheté par la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts pour devenir centre d’hébergement pour demandeurs d’asile: 25 places dans un premier temps, puis environ 80 places à terme. Depuis le 25 juin, il n’est plus possible d’acheter des nuitées. 

La pseudo ouverture annoncée par Gérard Collomb a été assurée par le groupe SNI (Société nationale immobilière), filiale immobilière à vocation d’intérêt général de la Caisse des Dépôts, sachant qu’il implique de fournir à la fois un toit et un accompagnement social, ce qui n'est pas sa vocation. SNI a ainsi acheté plusieurs hôtels, selon différents critères et ceux qui en ont besoin ont été remis en état pour les adapter à ce type d’accueil . La transaction a été rendue publique en mars, pour 62 hôtels Formule 1 lesquels bénéficient "d’un plan de relance incluant un programme d’envergure de rénovation", avait indiqué la communication d’Accor. La structure devait devenir un CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile).

Trois cents places au total sont dégagées. Bailleul, 13.000 habitants, dans le Nord, à 70 km de Calais, les migrants seront hébergés environ huit jours avant d’être triés et "orientés" vers un autre lieu à déterminer, a assuré ce mardi le préfet du Nord.
Qualifié de 'centre de premier accueil', il pourra accueillir 85 migrants, selon le préfet du Nord, à proximité immédiate de l’autoroute A25 Lille-Dunkerque, dans une zone industrielle. Il a ouvert en réalité en juillet et abritant aujourd’hui 43 demandeurs d’asile.

Le renouvellement, c'est que le dispositif est "spécifique" et permettra d’accélérer les demandes d’asile 

Image associéeAu départ, onze associations avaient déposé un référé devant le tribunal administratif de Lille. L’Etat et la municipalité avaient fait appel auprès du Conseil d'Etat qui les enjoignait d’installer des points d’eau. Non seulement leur appel est rejeté, mais ils se retrouvent pointés du doigt par un arrêt stigmatisant. Celui-ci estime que "la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale".
Face à ce cinglant camouflet pour sa politique menée depuis deux mois, la Place Beauvau a donc changé son fusil d’épaule. Le 23 juin, Gérard Collomb avait conseillé aux humanitaires de Calais "d’aller exercer leur savoir-faire ailleurs"... Aujourd'hui, mis au pas, le ministre de l'Intérieur de Macron doit faire en sorte que les exilés aient un accès à l’eau, à des sanitaires, puissent se nourrir et faire enregistrer leur demande d’asile, par le biais des services préfectoraux. En outre pressé d'ouvrir deux "lieux de répit" (CAO), le ministre a indiqué lors d’une conférence de presse que des blocs sanitaires mobiles seraient mis en place dans la commune, pour les quelque 600 migrants présents. 

Un risque d'appel d'air non pris en compte par le conseil d'Etat
Outre que ces revirements incessants ont irrité la maire, Natacha Bouchart, l'élue Les Républicains a déclaré qu’elle n’installera " ni douche, ni toilettes" prévoyant  que "se recréent autour des squats ou des bidonvilles". Elle a ajouté que "si le gouvernement veut le faire, il devra réquisitionner un terrain". 
A l’opposé, à Grande-Synthe, le maire Europe Ecologie-Les Verts se réjouit que l’Etat se plie enfin à sa demande démagogique de "plus de dignité" pour les 1.500 exilés [des illégaux, migrants politiques, économiques ou climatiques] qui vivent là. "J’ai pu m’entretenir avec le préfet qui me propose un dispositif de pré-accueil de plusieurs jours sous toiles de tente, sur la commune, avec un enregistrement administratif sur place, avant que les réfugiés ne soient orientés vers un centre en dur", rappelle Damien Carême, un ancien socialiste. 
Le maire de Grand-Synthe n'est pas loin pourtant  de partager les mêmes craintes que la maire d'opposition sur les risques d'incitation. "Les migrants partis en CAO reviennent effectivement à Grande-Synthe pour la simple raison que la frontière avec l’Angleterre est toujours là."

Un pôle alimentation et des blocs sanitaires avec douches devraient donc revoir le jour tout début septembre sur le terrain de la Linière, qui avait abrité le premier camp humanitaire de France – un espace construit par Médecins sans frontières (MSF) pour héberger 1.500 Kurdes. 
Pour avoir souvent acquitté leur voyage jusqu’à son terminus, ces fugitifs du Dunkerquois qui font escale à Grande-Synthe sont traditionnellement plus difficiles à convaincre que ceux de Calais de demander l’asile en France. Cet objectif paraît d'ailleurs insensé. 

Des associations veulent mettre à profit ce temps de répit sur place pour persuader ceux qui refusent de s'échouer en France

A Briançon, où des migrants sont entrés en grève de la faim pour protester contre le règlement Dublin.A Calais, en revanche, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) va tenter, lors de maraudes de convaincre directement les migrants de monter dans des bus pour être emmenés vers les CAES -nouveau sigle ne veut pas dire réalité nouvelle- où des agents des préfectures feront le point sur leur statut et pourront exercer des pressions pour les décider à rester dans un pays non désiré. L’OFII, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, y sera lui aussi présent, ce qui rendra possible l’enregistrement direct des demandes d’asile depuis ces nouveaux centres.

Ce nouveau dispositif simplifié, qui gomme la case pré-accueil en vigueur partout en France et évite le passage en préfecture, permettra de commencer à réduire la durée nécessaire pour obtenir l’asile, comme le promet le plan gouvernemental annoncé le 12 juillet. Il pourrait d’ailleurs servir de modèle pour faire évoluer le dispositif parisien que Collomb sait être son prochain sujet à traiter. 

Ensuite, comme il l’a rappelé lundi, les migrants seront répartis selon leur statut. 
Les demandeurs d’asile rejoindront des hébergements spécifiques. Les exilés qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe ('dublinés', ceux que le règlement Dublin oblige à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils sont entrés) devraient de toute évidence se retrouver assignés à résidence, le temps que le premier pays qu’ils ont rallié donne son accord pour les reprendre. Et comme l’ajoute Fabien Sudry, préfet de Calais : "Ceux qui sont en situation irrégulière pourront être dirigés vers des centres de rétention." A moins qu’ils ne décident d’un retour volontaire, comme les 542 Afghans qui sont entrés dans cette procédure, proposée par l’OFII, depuis le début de l’année.
Plus de 400 demandeurs d’asile et autres migrants, la plupart d’Érythrée, d’Éthiopie et d’Afghanistan, vivent dans les rues et les zones boisées de Calais et des alentours.

Le distinguo entre toutes ces catégories de migrants est l’un des credo de Macron. 
La grande inconnue reste l’attrait des migrants pour ces CAES, assumés comme des espaces de tri. Natacha Bouchart a des raisons de craindre que beaucoup ne refusent et continuent à tenter de passer en Grande-Bretagne. L’élue de terrain regrette d’ailleurs qu’on n’ait "pas aujourd’hui de réponse à ceux qui refusent de demander l’asile en France" et compte bien obtenir qu’un volet spécifique figure dans le texte de loi que le gouvernement prépare pour la rentrée. Un  risque non encore mentionné est évidemment celui d’une chasse à l’homme dans la lande, dont des associations internationalistes pourraient s'emparer pour leur propagande "humanitaire"… 

Human Rights Watch, ONG supra-nationale illégitime, a mené une 'enquête' 
Camp de Grande-Synthe réduit en cendres par un incendie le 10 avril 
- " ‘C’est comme vivre en enfer’ : Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes" - dont le résultat ne peut surprendre : un procès mettant en cause les forces de l’ordre dans le Calaisis. 
La police française à Calais commet régulièrement des abus envers les demandeurs d’asile et autres migrants, a accusé Human Rights Watch ce 26 juillet, sur 46 pages.
"Les forces de l’ordre à Calais, en particulier les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ont recours de façon routinière à la pulvérisation de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis ou dans d’autres situations où ils ne représentent aucune menace. Les policiers aspergent aussi régulièrement de gaz, ou confisquent, leurs sacs de couchage, couvertures et vêtements. Parfois ils aspergent même de gaz poivre la nourriture et l’eau des migrants – tout cela apparemment dans le but de les pousser à quitter la région. De tels agissements de la part de la police violent l’interdiction d’infliger un traitement inhumain et dégradant, mais aussi les normes internationales de comportement des forces de l’ordre, qui appellent les agents à ne faire usage de la force que lorsque cela est inévitable, et alors uniquement avec modération, de façon proportionnée aux circonstances, et toujours dans un objectif légitime de maintien de l’ordre.
"Il est tout à fait condamnable que des policiers utilisent du gaz poivre sur des enfants et des adultes endormis ou en train de vaquer pacifiquement à leurs occupations" [violon]. "Lorsque les policiers détruisent ou confisquent les couvertures des migrants, leurs chaussures ou encore leur nourriture, non seulement ils rabaissent leur profession, mais ils portent atteinte à des personnes, dont ils ont juré de défendre les droits," a lancé Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch.
Issue de Médecins Sans Frontières, cette intello s'est illustrée en documentant la situation des civils dans les conflits (Tchétchénie, Burundi, Tchad, etc.), élaborant les positions publiques de MSF en matière d’accès aux traitements/vaccins dans les situations d’épidémies/pandémies en contexte précaire (HIV, TB multi-résistante, malnutrition, vaccination). 
Elle est en effet titulaire d’un master en journalisme et a occupé, pendant 7 ans, la direction du Plaidoyer et de la Communication de l’UNICEF France dont elle a notamment développé le plaidoyer auprès des pouvoirs publics français sur les questions liées à la pauvreté des enfants, aux enfants migrants et à la justice des mineurs, après avoir exercé pendant 3 ans en tant que responsable de production audiovisuelle dans le champ de la santé publique.
Le sous-préfet de Calais a catégoriquement nié les accusations d’abus policiers, les qualifiant de calomnies. 
Le ministre de l’Intérieur a indiqué lundi avoir ordonné des contre-enquêtes à l’inspection générale de l’administration, à l’inspection générale de la police et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Un entre-soi.

samedi 12 septembre 2015

L'accueil des migrants gonfle la dette publique

Bénévoles ou non, les Français mis à contribution pour l'accueil des migrants

Le gouvernement raconte aux élus que l'Etat assumera seul l'impact financier de la campagne d'accueil des réfugiés




Rassurer était l'un des objectifs de la réunion des maires de France, organisée ce samedi à la Maison de la Chimie à Paris par... Bernard Cazeneuve. Dès le début de cette journée de travail, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a donc donné des assurances aux 600 élus présents qui se sont portés volontaires pour se répartir les 30.000 migrants syrien, irakiens ou érythréens d'ici 2017, selon Fabius. 
Les communes mettant en place des dispositifs d'hébergement pour les réfugiés se sont vu promettre de recevoir "1.000€ par place" supplémentaire créée dans les deux ans, a ainsi assuré le ministre de l'Intérieur.
En vérité, ces dispositifs sont mis en place par des associations, au premier rang desquelles Médecins de France que France Télévisions ne manque jamais une occasion de promouvoir par des cadrages de complaisance, en contrepartie de son rôle d'entraînement des frileux.   

Les moins méfiants ont réalisé l'entourloupette 

Cazeneuve a en outre glissé qu'un "fonds de soutien au financement de l'investissement" pourrait être mobilisé pour les opérations lourdes de création de locaux d'hébergement ou de logements. 

Manuel Valls a également mis son poids dans la balance, promettant la création de nouvelles places d'hébergement pour les réfugiés. DAL les attendait pour ses sans-abri et mal-logés, mais ils iront aux migrants. Le réfugié catalan a commencé par faire l'annonce, mais il en précisera le chiffre mercredi à l'Assemblée nationale lors du débat consacré aux migrants. "Mais je peux d'ores et déjà vous dire que, trois mois après les décisions de juin, de nouvelles places d'hébergement seront financées. Nous serons au rendez-vous", a fanfaronné le premier ministre. 

Selon Bernard Cazeneuve, maintenant, cela devrait notamment concerner, l'hébergement en centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada), dont le dispositif de 25.000 places environ ne suffit déjà pas à loger l'ensemble des demandeurs en temps "normal". Ils leur offrent un lieu d’accueil pour toute la durée de l’étude de leur dossier de demande de statut de réfugié. Cet accueil prévoit leur hébergement, ainsi qu’un suivi administratif (accompagnement de la procédure de demande d’asile), un suivi social (accès aux soins, dont la CMU, scolarisation des enfants, etc.) et une aide financière alimentaire. Et, il va sans dire, les CADA sont en général gérés par des associations ou des entreprises.

L'intervention de Bernard Cazeneuve  

Alors que les maires se retrouvent en première ligne, Bernard Cazeneuve s'est appliqué à assurer les maires téméraires de la "grande gratitude" du ministère de l'Intérieur. 
Petit problème, il se met déjà en retrait. Tout en leur promettant...sa "disponibilité", il n'offre plus que de les "accompagner dans les efforts" qu'ils ont consentis. Il leur a ainsi rappelé qu'ils doivent assumer leur volontariat. 
A défaut de soutien financier à la hauteur de l'engagement des communes, il leur propose royalement... un petit livret didactique,déjà à disposition des élus depuis des années d'ailleurs.

Accueil de harkis: campement
Leurs inquiétudes ont notamment été relayées par le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, qui s'est rendu place Beauvau mardi. 
Manuel Valls a confirmé que les demandeurs d'asile déboutés seront reconduits à la frontière. "Il nous revient d'apporter des réponses concrètes aux inquiétudes de nos concitoyens. En organisant l'arrivée des réfugiés de manière sérieuse, pragmatique, intelligente. Sans céder à la panique, et sans la provoquer", a toutefois polémiqué le Premier ministre. 

Enfin, il s'est engagé à ce que les nouvelles aides aux réfugiés annoncées par le gouvernement ne se fassent pas au détriment des sans-abri, promettant de débloquer les crédits nécessaires pour les sans domicile fixe notamment pour l'hiver. La magie noire vallsienne va opérer ! L'incontrôlable démon des dépenses publiques a pris possession du corps convulsif du Catalan.  

Cette réunion a attiré des maires de toute la France, nous assure-t-on. 
Tous les partis politiques étaient représentés. Y compris le Front national, par le maire de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, qui avait fait le déplacement pour... dénoncer "l'invasion migratoire".
Chaque département avait envoyé un émissaire, à l'exception de la Lozère et la Haute-Saône. Ces maires sur la réserve, hésitent ou posent leurs conditions, notamment d'appartenance religieuse. Et parmi ces émissaires, combien d'observateurs?

Cliquez sur les pastilles pour connaître les raisons invoquées par les élus.



Une carte à volonté manifestement délatrice

Les chômeurs et les sans-abri seraient, en revanche, intéressés de savoir
quelles sont les raisons invoquées par les maires bénévoles pour détourner l'argent public au profit de demandeurs non choisis et au détriment des défavorisés et des petits contribuables?

jeudi 20 août 2015

Cazeneuve sur le site des clandestins de Calais:

Ministre héliporté pour ne pas souiller son costume ?

Cazeneuve et May à l'entrée du tunnel sous la Manche: "Vous passerez plutôt sur mon corps" ?
Une mise en scène de l'agit-prop locale
Quand nécessité fait loi, le PS s'entend avec les Conservateurs...
Bernard Cazeneuve et Theresa May, les ministres français et britannique de l'Intérieur, sont venus jeudi ensemble à l'entrée du tunnel sous la Manche signifier "qu'on ne peut pas passer la frontière" illégalement entre les deux pays, alors qu'une très forte pression migratoire s'exerce sur l'Union européenne, notamment à Calais.

Les deux gouvernements ont rendu public en même temps un nouveau plan axé sur la sécurité à l'entrée du tunnel. Il comprend aussi un volet humanitaire pour les migrants "les plus vulnérables" financé à hauteur de 10 millions d'euros sur deux ans par les Britanniques, dont l'essentiel de l'effort portait jusqu'à présent sur la construction de barrières interdisant l'accès au royaume. Depuis début juin, neuf migrants sont morts en tentant de gagner l'Angleterre, fait valoir la préfecture pour justifier les frais engagés.

Les associations humanitaires locales ont évidemment critiqué cet accord vertement

Elles estiment qu'il ne règle rien sur le fond. Le HCR, qui avait réclamé fin août à la France un "plan global", a salué un premier "accord commun", sous la pression des événements.

Le plan n'a pas été non plus du goût de quelques centaines de migrants, qui ont manifesté sous la conduite de ces associations d'extrême gauche, au départ du camp de la "new jungle" près de Calais, avant de gagner la rocade portuaire, où certains ont provoqué les CRS en tentant de monter dans les camions sous leurs yeux.
Savoir si ces demandeurs d'asile ne seraient pas des militants politiques dans leurs pays.
VOIR un embarquement clandestin depuis Calais, un document d'août 2007:

Le Premier ministre Manuel Valls ne manquera pas l'occasion de prendre le train en marche. Il fera donc une apparition médiatique à Calais, le 31 août, accompagné des deux commissaires européens spécialisés, Frans Timmermans et Dimitris Avramopoulos, pour dire ce qu'on ne doit plus faire et ce qu'il faut faire...
"Il faut qu'un signal très fort soit envoyé ici à Calais qu'on ne peut pas passer la frontière que nous gérons en commun, dans le cadre d'une coopération absolument exemplaire entre nos deux pays, a prêché Bernard Cazeneuve. Les passeurs doivent savoir qu'il n'y a pas de passage possible ici à Calais", a insisté le petit Cazeneuve, du haut de son 1,67m, dès son héliportage sécurisé sur le site d'Eurotunnel avec Mme May, pour la première fois présente sur ce site. Celle-ci a loué "la coopération de grande qualité" avec Paris dans ce dossier: 
Blablabli et blablabla diplomatique attendu. 

Pourquoi cette admirable volonté politique a-t-elle tant tardé ?
Des résultats significatifs ont déjà été obtenus avec la division "par dix", selon Cazeneuve qui ne  cite pas ses sources, des tentatives d'intrusion dans le tunnel, tombées de "quelque" 2.000 quotidiennement fin juillet à 100 à 200 ces derniers jours.

Le duo s'en est pris surtout aux "gangs criminels" de passeurs qu'il faut "briser", a lancé Mme May, 
Cazeneuve resservant son prêchi-prêcha sur un "trafic abject qui conduit à des tragédies humaines, des morts".

A distance respectable des illégaux, les deux ministres ont visité dans la matinée la salle de contrôle de sécurité de l'immense site d'Eurotunnel et rencontré les forces de l'ordre des deux pays. A Calais même, ils ont échangé avec les élus locaux et se sont fait expliquer le fonctionnement du centre d'accueil Jules Ferry, qui jouxte le camp de la "New Jungle".

Sur le plan humanitaire, l'accord franco-britannique prévoit, grâce à une rallonge de 10 millions d'euros, d'"intensifier l'observation" des migrants pour "identifier les plus vulnérables et les victimes potentielles de la traite", et d'offrir "des capacités de logement". Puisque c'est l'Etat qui paie, n'est-ce pas...
Pour les demandeurs d'asile, Londres "apportera une aide (...) pour la mise en place d'hébergements dédiés, situés à une distance significative de Calais". Il s'agit aussi de "diminuer la pression migratoire" localement.

"C'est toujours bon à prendre, mais les gens ne demandent pas à avoir de meilleures conditions dans un bidonville, ils veulent construire leur vie quelque part en Europe", a vivement objecté Philippe Wannesson (ci-contre), militant des droits de l’homme (La Marmite aux idées) et auteur du blog d'observation (très partisan) Passeurs d'hospitalité, depuis 6 ans.
Cliquer pour une meilleure lisibilité de cette "observation" objective de Wannesson

Concrètement, l'Angleterre envoie un renfort de... 10 policiers !
Il s’agit surtout de faire oublier les joutes du début de l’été, lorsque la Grande-Bretagne reprochait à la France une situation chaotique et que celle-ci s’agaçait de jouer le bras policier de son voisin. Jeudi, Londres a également officialisé le versement d’une enveloppe de 10 millions d’euros, qui vient s’ajouter à une contribution de 15 millions d’euros sur trois ans, annoncée en septembre 2014 pour sécuriser le port de Calais. Une rallonge de 10 millions d’euros avait déjà été décidée au début d’août. « Ça fait 35 millions d’euros en tout, c’était zéro il y a un an », insiste-t-on au ministère de l’intérieur français.
Pour lutter contre les passeurs, c'est royal...
VOIR et ENTENDRE Cazeneuve passer gravement en revue les dix Britanniques:

Un plan de guerre avec "commandement unifié" 

Côté sécurité, la Grande-Bretagne va aussi apporter "des moyens sophistiqués", a affirmé Cazeneuve lors d'une conférence de presse avec Theresa May. 
Et cette sophistication consiste en "davantage de vidéo-surveillance" entre autres, a-t-elle précisé.

Une nouvelle salle de contrôle va être créée et des équipes supplémentaires de fouille du fret seront "déployées" 24h/24 et 7 jours/7.

"On défigure le Calaisis avec des barrières qu'on dénonçait en Afrique ou en Espagne", a souligné Jean-Claude Lenoir, président de l'association Salam, qui distribue des repas aux migrants et s'accommode des campements et détritus.

Autant de mesures dont se félicite en revanche le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, qui applaudit à ce "soutien extrêmement clair au travail des équipes d'Eurotunnel". 
La maire LR de Calais, Natacha Bouchart, -qui a oeuvré avec détermination à la mobilisation du Royaume-Uni -  a elle aussi salué le "renforcement" des mesures de sécurité, tout en continuant de réclamer des "compensations pour le territoire".

Bernard Cazeneuve devait dans la foulée se rendre à Berlin pour rencontrer dans la soirée son homologue Thomas de Maizière, qui a annoncé mercredi que l'Allemagne attendait cette année "jusqu'à 800.000 demandeurs d'asile", un record absolu pour ce pays de 81 millions d'habitants. Le ministre allemand entend sensibiliser les partenaires européens sur l'axe de pénétration de l'Europe depuis la Grèce vers la Suède, via la Hongrie et l'Allemagne.
En juillet, le nombre d'arrivées de migrants sur les côtes européennes a atteint le niveau record de 107.500, soit un triplement sur un an, selon l'agence européenne Frontex. Jeudi, la Macédoine a décrété l'état d'urgence en raison de "passages illégaux massifs en provenance de la Grèce".

"Les migrants n’ont pas plus de chance de refaire leur vie au Royaume-Uni qu'en France"
Des clandestins encagoulés ont escaladé une barrière pour accéder 
à l'Angleterre par l'Eurotunnel près de Calais, le 28 juillet 2015
Entre protestation et mobilisation, les Britanniques ont des réactions mitigées face aux intrusions d'illégaux sur le site d’Eurotunnel côté français. Lundi, 2.000 migrants ont ainsi tenté de pénétrer dans le tunnel pour rejoindre le Royaume-Uni.
A Folkestone, commune britannique exposée au débouché du tunnel sous la Manche, Bridget Chapman et les militants extrémistes de son association Folkestone United ont prévu de manifester samedi 1er août à la sortie du terminal de l’Eurotunnel "en soutien aux migrants de Calais". Cette militante, dont la ville est devenue un point de passage, ne supporte plus d’entendre parler des clandestins "de façon déshumanisée" ou "en terme quasi-zoologique".

Le pouvoir socialiste n'a opposé que des mesures répressives
Depuis plusieurs semaines, les tentatives d'intrusion sur le site d'Eurotunnel depuis la ville de Calais sont quotidiennes et massives, certaines se soldant par la mort de candidats à l'immigration. Ces tentatives ont connu leur point d’orgue dans la nuit de lundi 27 à mardi 28 juillet (video ci-dessous), lorsque plus de 2.000 migrants ont tenté d'entrer sur le site côté français. Le PDG d’Eurotunnel Jacques Gounon affirme avoir empêché le passage de 37 000 migrants depuis janvier, et a dénoncé "des invasions systématiques". Mercredi 29 juillet, la réponse du ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est l'annonce d'un renfort de 120 policiers supplémentaires à Calais.

"On parle des incidences sur l’économie plus que de la mort de personnes innocentes, poussées par le désespoir", polémique Bridget Chapman auprès de France 24, sans considération pour le mal-être de ses concitoyens. "Je pense qu’il est important de montrer que nous attendons de nos gouvernements qu’ils apportent une aide morale à ces gens, au lieu d’entraver leur venue par tous les moyens. Ces migrants ont traversé le Sahara, la Méditerranée, ajouter de plus en plus de barbelés ne les arrêtera pas", estime-t-elle.
Manif pro et anti-migrants
A Folkestone, ville éprouvée par le chômage et le déclin du tourisme, tout le monde n’est pas du même avis. Samedi, face à Folkestone United, des militants de la Ligue de défense anglaise (EDL)un groupe d’extrême droite, cette fois, ont prévu de manifester contre les clandestins, considérant que le Royaume-Uni accueille déjà suffisamment d'étrangers. "Les gens ici ont été influencé par la rhétorique anti-immigration du parti [d'extrême droite] Ukip", explique Bridget Chapman. La militante évoque un "fantasme collectif", rappelant qu’elle ne croise pas des migrants au quotidien dans les rues de Folkestone.
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"Les migrants évitent de traîner dans le coin", confirme Zoe Gardner qui vient en aide aux migrants, aux côtés de Folkestone United, avec l'association Asylum Aid. "Ils se rendent le plus vite possible à Londres pour rejoindre leurs familles", raconte-t-elle. Dans leur bureau londonien, une équipe de 14 juristes reçoit entre autres des Afghans, des Érythréens, des Soudanais et des Somaliens. Ces derniers temps, les bénévoles sont débordés. La plupart des demandeurs d’asile reçus par Asylum Aid arrivent au Royaume-Uni par avion, "avec de faux papiers" ou "un visa tourisme", explique Zoe Gardner.

Un droit d’asile strict
Ceux qui ont fait le trajet par l’Eurotunnel se sont souvent cachés dans des camions et restent très marqués par cette expérience. "Ils se souviennent encore de l’obscurité, du danger", raconte Zoé Gardner. L’arrivée à Folkestone est vécue comme un soulagement. Mais il est de courte durée : leurs soucis ne s’arrêtent pas sur le sol anglais.

Nombre de clandestins sont appréhendés du côté britannique du tunnel et sont transférés - qu'ils aient ou non fait des demandes d'asile - dans un centre de rétention des environs de Douvres, une ancienne forteresse gérée par les services carcéraux britanniques. Nombre d’entre eux y séjourneront plusieurs mois.

"[Les migrants qui arrivent à Folkestone] risquent la détention et ne sont pas à l’abri de se faire renvoyer dans le premier pays européen qui a pris leurs empreintes, en vertu de la convention de Dublin", explique la militante à qui France 24 donne équitablement  abondamment la parole. Le règlement européen interdit à une personne de déposer des demandes d'asile dans plusieurs États de l'Union. En ce moment, Zoe Gardner, une communicante, s’occupe d’un Afghan qui, après avoir rejoint son frère réfugié à Londres, va devoir retourner en Hongrie, le premier pays européen où il a atterri.

Pour la militante et étudiante à temps partiel, "la situation n’est pas tellement différente ici [au Royaume-Uni]". "Nos lois sur l’asile sont aussi dures, ils [les migrants de Calais] n’ont pas plus de chance de refaire leur vie ici qu'en France", ajoute-t-elle, idéologiquement négative, même si elle concède que l’hébergement d’urgence fonctionne mieux du côté britannique que du côté français de la Manche, l’afflux de réfugiés n’étant pas le même que dans l'Hexagone. Elle garde en mémoire les images du campement de La Chapelle à Paris, où plusieurs centaines de migrants ont vécu pendant presque un an, avant d’être évacués, sans véritable solution de relogement. "Au moins, soupire-t-elle, nous avons un nombre d'hébergements suffisant pour que les gens ne dorment pas à la rue".