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jeudi 20 août 2015

Cazeneuve sur le site des clandestins de Calais:

Ministre héliporté pour ne pas souiller son costume ?

Cazeneuve et May à l'entrée du tunnel sous la Manche: "Vous passerez plutôt sur mon corps" ?
Une mise en scène de l'agit-prop locale
Quand nécessité fait loi, le PS s'entend avec les Conservateurs...
Bernard Cazeneuve et Theresa May, les ministres français et britannique de l'Intérieur, sont venus jeudi ensemble à l'entrée du tunnel sous la Manche signifier "qu'on ne peut pas passer la frontière" illégalement entre les deux pays, alors qu'une très forte pression migratoire s'exerce sur l'Union européenne, notamment à Calais.

Les deux gouvernements ont rendu public en même temps un nouveau plan axé sur la sécurité à l'entrée du tunnel. Il comprend aussi un volet humanitaire pour les migrants "les plus vulnérables" financé à hauteur de 10 millions d'euros sur deux ans par les Britanniques, dont l'essentiel de l'effort portait jusqu'à présent sur la construction de barrières interdisant l'accès au royaume. Depuis début juin, neuf migrants sont morts en tentant de gagner l'Angleterre, fait valoir la préfecture pour justifier les frais engagés.

Les associations humanitaires locales ont évidemment critiqué cet accord vertement

Elles estiment qu'il ne règle rien sur le fond. Le HCR, qui avait réclamé fin août à la France un "plan global", a salué un premier "accord commun", sous la pression des événements.

Le plan n'a pas été non plus du goût de quelques centaines de migrants, qui ont manifesté sous la conduite de ces associations d'extrême gauche, au départ du camp de la "new jungle" près de Calais, avant de gagner la rocade portuaire, où certains ont provoqué les CRS en tentant de monter dans les camions sous leurs yeux.
Savoir si ces demandeurs d'asile ne seraient pas des militants politiques dans leurs pays.
VOIR un embarquement clandestin depuis Calais, un document d'août 2007:
video

Le Premier ministre Manuel Valls ne manquera pas l'occasion de prendre le train en marche. Il fera donc une apparition médiatique à Calais, le 31 août, accompagné des deux commissaires européens spécialisés, Frans Timmermans et Dimitris Avramopoulos, pour dire ce qu'on ne doit plus faire et ce qu'il faut faire...
"Il faut qu'un signal très fort soit envoyé ici à Calais qu'on ne peut pas passer la frontière que nous gérons en commun, dans le cadre d'une coopération absolument exemplaire entre nos deux pays, a prêché Bernard Cazeneuve. Les passeurs doivent savoir qu'il n'y a pas de passage possible ici à Calais", a insisté le petit Cazeneuve, du haut de son 1,67m, dès son héliportage sécurisé sur le site d'Eurotunnel avec Mme May, pour la première fois présente sur ce site. Celle-ci a loué "la coopération de grande qualité" avec Paris dans ce dossier: 
Blablabli et blablabla diplomatique attendu. 

Pourquoi cette admirable volonté politique a-t-elle tant tardé ?
Des résultats significatifs ont déjà été obtenus avec la division "par dix", selon Cazeneuve qui ne  cite pas ses sources, des tentatives d'intrusion dans le tunnel, tombées de "quelque" 2.000 quotidiennement fin juillet à 100 à 200 ces derniers jours.

Le duo s'en est pris surtout aux "gangs criminels" de passeurs qu'il faut "briser", a lancé Mme May, 
Cazeneuve resservant son prêchi-prêcha sur un "trafic abject qui conduit à des tragédies humaines, des morts".

A distance respectable des illégaux, les deux ministres ont visité dans la matinée la salle de contrôle de sécurité de l'immense site d'Eurotunnel et rencontré les forces de l'ordre des deux pays. A Calais même, ils ont échangé avec les élus locaux et se sont fait expliquer le fonctionnement du centre d'accueil Jules Ferry, qui jouxte le camp de la "New Jungle".

Sur le plan humanitaire, l'accord franco-britannique prévoit, grâce à une rallonge de 10 millions d'euros, d'"intensifier l'observation" des migrants pour "identifier les plus vulnérables et les victimes potentielles de la traite", et d'offrir "des capacités de logement". Puisque c'est l'Etat qui paie, n'est-ce pas...
Pour les demandeurs d'asile, Londres "apportera une aide (...) pour la mise en place d'hébergements dédiés, situés à une distance significative de Calais". Il s'agit aussi de "diminuer la pression migratoire" localement.

"C'est toujours bon à prendre, mais les gens ne demandent pas à avoir de meilleures conditions dans un bidonville, ils veulent construire leur vie quelque part en Europe", a vivement objecté Philippe Wannesson (ci-contre), militant des droits de l’homme (La Marmite aux idées) et auteur du blog d'observation (très partisan) Passeurs d'hospitalité, depuis 6 ans.
Cliquer pour une meilleure lisibilité de cette "observation" objective de Wannesson

Concrètement, l'Angleterre envoie un renfort de... 10 policiers !
Il s’agit surtout de faire oublier les joutes du début de l’été, lorsque la Grande-Bretagne reprochait à la France une situation chaotique et que celle-ci s’agaçait de jouer le bras policier de son voisin. Jeudi, Londres a également officialisé le versement d’une enveloppe de 10 millions d’euros, qui vient s’ajouter à une contribution de 15 millions d’euros sur trois ans, annoncée en septembre 2014 pour sécuriser le port de Calais. Une rallonge de 10 millions d’euros avait déjà été décidée au début d’août. « Ça fait 35 millions d’euros en tout, c’était zéro il y a un an », insiste-t-on au ministère de l’intérieur français.
Pour lutter contre les passeurs, c'est royal...
VOIR et ENTENDRE Cazeneuve passer gravement en revue les dix Britanniques:

Un plan de guerre avec "commandement unifié" 

Côté sécurité, la Grande-Bretagne va aussi apporter "des moyens sophistiqués", a affirmé Cazeneuve lors d'une conférence de presse avec Theresa May. 
Et cette sophistication consiste en "davantage de vidéo-surveillance" entre autres, a-t-elle précisé.

Une nouvelle salle de contrôle va être créée et des équipes supplémentaires de fouille du fret seront "déployées" 24h/24 et 7 jours/7.

"On défigure le Calaisis avec des barrières qu'on dénonçait en Afrique ou en Espagne", a souligné Jean-Claude Lenoir, président de l'association Salam, qui distribue des repas aux migrants et s'accommode des campements et détritus.

Autant de mesures dont se félicite en revanche le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, qui applaudit à ce "soutien extrêmement clair au travail des équipes d'Eurotunnel". 
La maire LR de Calais, Natacha Bouchart, -qui a oeuvré avec détermination à la mobilisation du Royaume-Uni -  a elle aussi salué le "renforcement" des mesures de sécurité, tout en continuant de réclamer des "compensations pour le territoire".

Bernard Cazeneuve devait dans la foulée se rendre à Berlin pour rencontrer dans la soirée son homologue Thomas de Maizière, qui a annoncé mercredi que l'Allemagne attendait cette année "jusqu'à 800.000 demandeurs d'asile", un record absolu pour ce pays de 81 millions d'habitants. Le ministre allemand entend sensibiliser les partenaires européens sur l'axe de pénétration de l'Europe depuis la Grèce vers la Suède, via la Hongrie et l'Allemagne.
En juillet, le nombre d'arrivées de migrants sur les côtes européennes a atteint le niveau record de 107.500, soit un triplement sur un an, selon l'agence européenne Frontex. Jeudi, la Macédoine a décrété l'état d'urgence en raison de "passages illégaux massifs en provenance de la Grèce".

"Les migrants n’ont pas plus de chance de refaire leur vie au Royaume-Uni qu'en France"
Des clandestins encagoulés ont escaladé une barrière pour accéder 
à l'Angleterre par l'Eurotunnel près de Calais, le 28 juillet 2015
Entre protestation et mobilisation, les Britanniques ont des réactions mitigées face aux intrusions d'illégaux sur le site d’Eurotunnel côté français. Lundi, 2.000 migrants ont ainsi tenté de pénétrer dans le tunnel pour rejoindre le Royaume-Uni.
A Folkestone, commune britannique exposée au débouché du tunnel sous la Manche, Bridget Chapman et les militants extrémistes de son association Folkestone United ont prévu de manifester samedi 1er août à la sortie du terminal de l’Eurotunnel "en soutien aux migrants de Calais". Cette militante, dont la ville est devenue un point de passage, ne supporte plus d’entendre parler des clandestins "de façon déshumanisée" ou "en terme quasi-zoologique".

Le pouvoir socialiste n'a opposé que des mesures répressives
video
Depuis plusieurs semaines, les tentatives d'intrusion sur le site d'Eurotunnel depuis la ville de Calais sont quotidiennes et massives, certaines se soldant par la mort de candidats à l'immigration. Ces tentatives ont connu leur point d’orgue dans la nuit de lundi 27 à mardi 28 juillet (video ci-dessous), lorsque plus de 2.000 migrants ont tenté d'entrer sur le site côté français. Le PDG d’Eurotunnel Jacques Gounon affirme avoir empêché le passage de 37 000 migrants depuis janvier, et a dénoncé "des invasions systématiques". Mercredi 29 juillet, la réponse du ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est l'annonce d'un renfort de 120 policiers supplémentaires à Calais.

"On parle des incidences sur l’économie plus que de la mort de personnes innocentes, poussées par le désespoir", polémique Bridget Chapman auprès de France 24, sans considération pour le mal-être de ses concitoyens. "Je pense qu’il est important de montrer que nous attendons de nos gouvernements qu’ils apportent une aide morale à ces gens, au lieu d’entraver leur venue par tous les moyens. Ces migrants ont traversé le Sahara, la Méditerranée, ajouter de plus en plus de barbelés ne les arrêtera pas", estime-t-elle.
Manif pro et anti-migrants
A Folkestone, ville éprouvée par le chômage et le déclin du tourisme, tout le monde n’est pas du même avis. Samedi, face à Folkestone United, des militants de la Ligue de défense anglaise (EDL)un groupe d’extrême droite, cette fois, ont prévu de manifester contre les clandestins, considérant que le Royaume-Uni accueille déjà suffisamment d'étrangers. "Les gens ici ont été influencé par la rhétorique anti-immigration du parti [d'extrême droite] Ukip", explique Bridget Chapman. La militante évoque un "fantasme collectif", rappelant qu’elle ne croise pas des migrants au quotidien dans les rues de Folkestone.
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"Les migrants évitent de traîner dans le coin", confirme Zoe Gardner qui vient en aide aux migrants, aux côtés de Folkestone United, avec l'association Asylum Aid. "Ils se rendent le plus vite possible à Londres pour rejoindre leurs familles", raconte-t-elle. Dans leur bureau londonien, une équipe de 14 juristes reçoit entre autres des Afghans, des Érythréens, des Soudanais et des Somaliens. Ces derniers temps, les bénévoles sont débordés. La plupart des demandeurs d’asile reçus par Asylum Aid arrivent au Royaume-Uni par avion, "avec de faux papiers" ou "un visa tourisme", explique Zoe Gardner.

Un droit d’asile strict
Ceux qui ont fait le trajet par l’Eurotunnel se sont souvent cachés dans des camions et restent très marqués par cette expérience. "Ils se souviennent encore de l’obscurité, du danger", raconte Zoé Gardner. L’arrivée à Folkestone est vécue comme un soulagement. Mais il est de courte durée : leurs soucis ne s’arrêtent pas sur le sol anglais.

Nombre de clandestins sont appréhendés du côté britannique du tunnel et sont transférés - qu'ils aient ou non fait des demandes d'asile - dans un centre de rétention des environs de Douvres, une ancienne forteresse gérée par les services carcéraux britanniques. Nombre d’entre eux y séjourneront plusieurs mois.

"[Les migrants qui arrivent à Folkestone] risquent la détention et ne sont pas à l’abri de se faire renvoyer dans le premier pays européen qui a pris leurs empreintes, en vertu de la convention de Dublin", explique la militante à qui France 24 donne équitablement  abondamment la parole. Le règlement européen interdit à une personne de déposer des demandes d'asile dans plusieurs États de l'Union. En ce moment, Zoe Gardner, une communicante, s’occupe d’un Afghan qui, après avoir rejoint son frère réfugié à Londres, va devoir retourner en Hongrie, le premier pays européen où il a atterri.

Pour la militante et étudiante à temps partiel, "la situation n’est pas tellement différente ici [au Royaume-Uni]". "Nos lois sur l’asile sont aussi dures, ils [les migrants de Calais] n’ont pas plus de chance de refaire leur vie ici qu'en France", ajoute-t-elle, idéologiquement négative, même si elle concède que l’hébergement d’urgence fonctionne mieux du côté britannique que du côté français de la Manche, l’afflux de réfugiés n’étant pas le même que dans l'Hexagone. Elle garde en mémoire les images du campement de La Chapelle à Paris, où plusieurs centaines de migrants ont vécu pendant presque un an, avant d’être évacués, sans véritable solution de relogement. "Au moins, soupire-t-elle, nous avons un nombre d'hébergements suffisant pour que les gens ne dorment pas à la rue".

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