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lundi 24 août 2015

Hollande insiste pour décorer les héros étrangers du Thalys

L'"audacieux" Hollande recycle à sa gloire les héros du Thalys  

Le malheur lui va si bien !

L'attentat djihadiste avorté sur le Thalys Amsterdam-Paris vendredi dernier, aurait pu se terminer dans une mare de sang, si plusieurs passagers n'avaient pas neutralisé le Marocain de 26 ans armé d'une Kalachnikov et en possession de neuf chargeurs, soit près de 300 balles. Le terroriste était fiché, mais la police espagnol n'était pas parvenue à sensibiliser ses homologues français. 
Hollande n'a donc pu exploiter l'émotion populaire suscitée par un possible carnage, comme il l'avait fait sans états d'âme le 17 de janvier à partir du massacre de Charlie Hebdo.  

Le président socialiste a donc imaginé de s'afficher avec les héros vivants.
Lundi, ils se verront décerner la Légion d'honneur à l'Elysée. En présence de Jane D. Hartley, l'ambassadrice des Etats-Unis représentant Obama à Paris, pour un retentissement américain assuré, seront honorés les trois hommes, Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos, qui ont maîtrisé Ayoub El-Khazzani dans le Thalys Paris-Amsterdam vendredi

Les trois Américains tenaient ce dimanche une conférence de presse à l'ambassade des Etats-Unis à Paris.
Les héros reçus à l'ambassade des Etats-Unis, Spencer Stone, en particulier, a raconté comment il avait "plaqué au sol", puis maîtrisé Ayoub El-Khazzani, le jeune Marocain qu'il a découvert sous ses yeux, alors qu'il venait de se réveiller d'un "sommeil profond". Avec ses deux amis anglo-saxons, il a dit qu'il avait avant tout cherché à survivre, avec une modestie qui fait déjà leur réputation: "On n'a pas pensé; on a juste agi". Spencer Stone a également expliqué qu'il ne se souvenait de rien d'autre, notamment pas comment il avait été blessé à la main.

Mais Cazeneuve était entré dans la compétition médiatique, jetant un pavé dans la mare. Le ministre de l'Intérieur a assuré que le premier courageux intervenant est un Français. Or, ce héros français intrigue: l'homme que Cazeneuve veut mettre en lumière réclame le respect de son anonymat et le ministre est ainsi privé du modèle d' exemplarité qu'il aurait pu montrer aux foules ébahies, comme une "Vénus hottentote" de 1789.

Le comédien Jean-Hugues Anglade est venu par chance, mais bien involontairement, au secours du ministre éperdu. Il était avec sa famille à bord du Thalys et a été témoin de la scène dans les wagons 12 et 13, depuis le 11 voisin, et révèle que le personnel SNCF est allé se réfugier dans le wagon de service, au lieu de venir en aide aux passagers. Les cheminots se sont indignés de la diffusion de cette image de déserteurs et le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, a donc pressé Nanard de réagir. Les services du ministère ont donc produit le contre-témoignage du chef de bord du Thalys, Michel Bruet, dont le témoignage a été diffusé hier par France Info, démentant avoir manqué à son devoir et racontant avoir même proposé de l'aide à Jean-Hugues Anglade.


Plan de la voiture 11, dernier wagon du train.


Plan de la voiture 12, avant-dernier wagon du train.

Le chef de bord du Thalys, Michel Bruet, ainsi qu'un conducteur de Thalys, Eric Tanty, qui se trouvait en voyage privé (et gratuit), ont été reçus lundi matin à l'Elysée, lors d'une réception à laquelle assistaient le Premier ministre belge Charles Michel et l'ambassadrice des Etats-Unis en France, Jane Hartley. 

Selon la directrice de Thalys, "un agent [anonyme] a senti une balle le frôler. 
Il est parti, avec cinq ou six voyageurs [que la police devrait pouvoir aisément identifier], se réfugier dans le fourgon". La SNCF a en outre indiqué que les deux hôtesses que l'acteur a vu passer "ne sont pas du personnel de Thalys ou de la SNCF", mais des "salariées du sous-traitant" qui gère l'espace-bar. 
Le président de la République a validé la thèse officielle. "Il y a aussi le contrôleur, Michel Bruet qui a donné l'alarme et qui a fait en sorte, là aussi, de pouvoir mettre les forces de l'ordre en mouvement prêtes à intervenir si c'était nécessaire". "Le chef de bord Michel Bruet a éloigné d'un coup de pied l'une des armes du terroriste présumé. Eric Tanty, conducteur Thalys, a quant à lui aidé à maîtriser le tireur avec les deux Américains et le Britannique", a pour sa part précisé la SNCF dans un document interne.

Cette gestion des faits 2015 a des relents d'
affaire Rainbow Warrior 1985.
En 1985, dans une opération commanditée par le Ministre de la Défense français Charles Hernuavec l'autorisation explicite du président  François Mitterrandles services secrets français sabordèrent le navire amiral de l'organisation écologiste supranationale Greenpeace, le Rainbow Warrior, à quai en Nouvelle-Zélande pour protester contre les essais nucléaires français. Le naufrage fit une victime dans l'équipage et Pierre Joxe, alors ministre de l'Intérieur et futur président du Cour des Comptes (ainsi récompensé en 1993 sur proposition de Michel Sapin, ministre de l'Économie et des Finances), décida de lancer une enquête de police et organisa la fuite des informations vers la presse, lesquelles déclenchèrent un énorme scandale médiatique. François Mitterrand commanda... un rapport au Conseil d'État qui blanchit la DGSE, suscitant même les doutes du Premier ministre Laurent Fabius.
Le 29 septembre 2006, Antoine Royal déclara à la presse que son frère, Gérard Royal (frère de Ségolène Royal), s'était vanté d'avoir lui-même plongé pour poser la bombe, ce que l'intéressé a refusé de confirmer. Le 22 septembre, Laurent Fabius finit par admettre à la télévision que les services secrets français avaient mené l’attaque du Rainbow Warrior.
M. Bruet, 54 ans, a bien parlé 
et, avec le conducteur du train, il sera également décoré  de la Légion d'honneur, pour son professionnalisme lors de la bagarre à bord du Thalys, au même titre que les trois Américains et le Britannique qui portent, quant à eux, les séquelles de leur intervention, au même titre que le blessé encore en soins à l'hôpital de Lille.
Mais alors, où était donc le personnel SNCF, s'il n'était pas réfugié dans le wagon de service ?
Le président de la République François Hollande décernera lundi la Légion d'honneur aux trois jeunes Américains et au Britannique qui ont maîtrisé Ayoub El Khazzani alors qu'il essayait d'ouvrir le feu à bord du Thalys Amsterdam-Paris. La cérémonie se tiendra à l'Elysée. C'est ce qu'à fait savoir ce dimanche l'entourage du chef de l'Etat.

L'acteur Jean-Hugues Anglade a pourtant maintenu sa version qui accuse des membres du personnel du train d'avoir abandonné les passagers. Seulement préoccupé de l'impact médiatique de cette affaire sur son image écornée, Hollande va vite et passe outre le témoignage de ce passager digne de foi. Il s'est simplement vu répondre que "son témoignage sera pris en compte" dans l'enquête... interne. Sauf plainte en justice.

Avant d'être reçus à l'Elysée ce lundi les trois "héros" américains du Thalys ont fait un passage à l'ambassade des Etats-Unis. Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler ont donné ce dimanche après-midi une conférence de presse au côté de la représentante américaine à Paris, Jane D. Hartley, rayonnante. 

Les Américains Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone et le Britannique Chris Norman "seront faits chevalier de la Légion d'honneur",
a-t-on ajouté. Les trois soldats ont remercié la France et les médecins qui les ont pris en charge après leur la tentative d'attentat. 

A l'instar de l'opinion américaine, qui s'enthousiasme pour l'exploit de ses "boys", l'ambassade américaine avait soigneusement mis en scène la conférence de presse. L'ambassadrice Jane D. Hartley leur a en particulier signifié combien elle est fière de ses compatriotes.
Hollande ne se souvient non plus de rien et notamment pas de ses engagements de campagne. 

Le "héros français" tient à conserver l'anonymat... 

En précisant que le héros français qui souhaite toujours garder l'anonymat ainsi que le passager franco-américain hospitalisé à Lille recevront eux aussi la Légion d'honneur ultérieurement, à huis clos. 

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