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vendredi 28 août 2015

35 heures: un pavé de Macron dans la mare socialiste

Travailler moins, une "fausse bonne idée"

A l'université d'été du MEDEF, le ministre de l'Economie plombe l'université d'été du PS de La Rochelle 

Emmanuel et Pierre filent le parfait amour
Macron, indésirable à La Rochelle, espéré au ministère du Travail par le Medef
S'il n'a pas son bristol, c'est officiellement parce qu'il n'adhère plus au PS depuis 2009, assure la rue de Solférino. Une affaire de fichiers, donc. Pourtant, Michel Sapin assurait, gêné ce mercredi matin, "chacun vient à La Rochelle s'il en a envie. J'y serai d'ailleurs".
Si donc la présence de Macron fait monter la chaleur de l'université d'été du PS, c'est d'abord parce qu'il est un ancien banquier chez Rothschild, riche, social-libéral aux airs de curé de paroisse du siècle passé. C'est ensuite parce qu'il n'a jamais recherché l'onction électorale d'un quelconque scrutin. C'est aussi et surtout parce qu'il a fait passer en force sa loi pour la croissance et l'activité, dont certaines mesures ont été combattues aussi bien à gauche qu'à droite. Si, en revanche, il ravit Gattaz, patron du Medef qui lui promet tout son soutien, Macron est donc le poil à gratter de son camp, notamment des bouillonnants jeunes adultes du MJS, ceux qui lèvent le poing en entonnant L'Internationale à tout propos. A La Rochelle, il pourrait essuyer des sifflets et Manuel Valls, dont il est l'âme damnée, ne veut pas de ça.

Issu du MJS, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis,  lui-même passé  de la mouvance trotskiste à l'entourage de Dominique Strauss-Kahn, ex-patron maudit du FMI, ne cache pas son peu de sympathie à l'égard de l'un des ministres les moins impopulaires du gouvernement. Interrogé sur la rumeur qui attribuerait l'Emploi au locataire de Bercy, en remplacement de François Rebsamen parti pour Dijon, le premier secrétaire du PS a fait preuve d'ironie. "Il fait déjà beaucoup de choses, ne le surchargeons pas", a-t-il lâché du bout des dents sur i-télé. "Il a du talent mais pas au point de porter la totalité de la politique gouvernementale", a-t-il ajouté.  

Boudé au PS, mais chéri du MEDEF

Le ministre de l'Économie a été accueilli à bras ouverts à l'université du Medef
ce jeudi 27 août, à la veille de celle du PS qui le boude. A Jouy-en-Josas, ses détracteurs se font rares car les chefs d'entreprise apprécient son style et ses premières mesures. "Jeune, dynamique, entreprenant et à l'image des ministres dont la France a besoin", a confié l'un d'entre eux au micro de France 3.

VOIR et ENTENDRE 
les amours d'Emmanuel et du Medef:
 

Le chouchou des patrons a bien l'intention de surfer sur cette vague. "Vous avez l'amour, mais vous avez les preuves d'amour", a lancé le ministre de l'Économie du président socialiste devant un auditoire conquis. Mais quand on aime on se dit tout alors la coqueluche des entrepreneurs n'a pas hésité a les houspiller : "Votre responsabilité, c'est de prendre votre part de ce mouvement de transformation de notre économie parce que nous savons que si nous n'anticipons pas le changement dont je parle, nous le subirons demain".

Le ministre attend notamment des entreprises qu'elles ne tardent pas à investir. La transformation de l'économie, "ce n'est pas le gouvernement seul qui peut y répondre", a avoué Emmanuel Macron, "je compte sur vous pour faire avancer le pays dans ses réformes".

"La gauche a cru un temps que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C'était des fausses idées"
, a déclaré le ministre de l'Economie de Hollande au MEDEF à Jouy-en-Josas. Cet aveu n'a pas manqué de provoquer une nouvelle levée de boucliers au sein de l'aile gauche du Parti socialiste, à la veille de l'ouverture vendredi de l'université d'été de La Rochelle...

Gattaz fait l'éloge de Macron

Le président du MEDEF rêve de cette éventuelle nomination de Macron au Travail. Le profil qu'il dessine du successeur idéal de Frère Rebsamen est en effet le portrait-robot en creux et tout en louanges d'Emmanuel Macron. Le patron des patrons, devrait être "un homme qui connaît l'entreprise, qui connaît et assume l'économie de marché, et qui connaît la mondialisation", a-t-il résumé sur Europe 1. Ce n'est "pas un apparatchik, pas un parachuté", a-t-il encore précisé.

Alors que Pierre Gattaz ouvrait l'université d'été du Medef, il affirma que l'enjeu, outre la stabilité du cadre donné aux entreprises, est de réduire la dépenses publiques et de modifier la législation du travail. Celle-ci est, juge-t-il, "trop rigide, trop complexe, anxiogène". "J'espère que Manuel Valls et son gouvernement auront le courage de réforme le code du Travail". 
"Il faut profiter de ce moment d'accalmie pour colmater les brèches et écoper le bateau France. Il ne coule pas, mais il n'est pas en très bon état", a résumé Gattaz.

Macron, Voix de son Maître, Valls

Le chef du gouvernement revient sur les trois principaux objectifs de sa politique et énonce trois chantiers phares pour la rentrée politique :

Premier chantier : le projet de loi de finances pour 2016. Le Premier ministre revient sur le pacte de responsabilité et de solidarité, annonçant que "l'ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause. Les entreprises ont besoin de cette visibilité pour investir et embaucher en confiance". Mais Manuel Valls prévient : "Je l'ai dit au patronat : chacun doit tenir ses engagements. Nous tenons les nôtres, aux entreprises de tenir les leurs." Qu'a dit d'autre Macron ? 
Deuxième chantier : le projet de loi sur le numérique

Troisième chantier : continuer à bâtir le modèle de "flexisécurité à la française". Pour cela, le Premier ministre souhaite "faire confiance au dialogue social à tous les niveaux, et notamment dans l'entreprise", conclut Manuel Valls. 
Donner des preuves d'amour à Emmanuel, c'est donner de l'amour à Manu.

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