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lundi 10 août 2015

La mairie socialiste invite la politique à Paris-Plages

Sous le sable, l'antisémitisme

Une journée intitulée "Tel-Aviv-sur-Seine" fait polémique
 

Depuis quelques jours, de nombreux internautes et plusieurs associations protestent contre l’organisation de cet opération dans le cadre de Paris Plages.
La convivialité n'est pas au rendez-vous de cette "journée culturelle et festive" du 13 août qui propose des "foodtrucks, DJ set, animations ludiques et gratuites" pour faire "découvrir la culture, la gastronomie ou les loisirs" de la deuxième plus grande ville d’Israël en dégustant la cuisine de rue à l'intérieur ou à table, dans le loft du Louvre au son des DJ.

Des politiques et des associations, notamment pro-palestiniennes,  ont dénoncé, parfois violemment, l’organisation de cette manifestation. C'est ainsi qu'avec sa pelle et son seau   sa faucille et son marteau au poing et le soutien de nombreux internautes d'extrême gauche sur Twitter où ont fleuri de nombreux messages à caractère antisémite, la conseillère de Paris Danielle Simonnet (Parti de Gauche, communiste)dénoncé "l’indécence" d’une telle manifestation "tout juste une année après les massacres sur la bande de Gaza par l’Etat" et l’armée israélienne et alors que, selon elle, le gouvernement israélien intensifie sa politique de colonisation avec les drames que l’on connaît", demandant au final au maire de revoir la programmation de Paris Plages.

L’association France Palestine Solidarité a quant à elle dénoncé une "opération de communication au goût amer", "une bien étrange façon de faire écho aux massacres de l’été dernier". Une pétition en ligne demandant l’annulation de l’événement a recueilli environ 5.000 signatures. "Nous ne saurions imaginer que la Ville de Paris puisse servir à redorer l’image d’un Etat qui bafoue le droit international […], à l’heure où les Palestiniens de Cisjordanie ont besoin d’autorisations pour accéder à leurs plages, que les Palestiniens de Gaza ne peuvent pêcher qu’à 11 kilomètres de leurs côtes", polémique les initiateurs de la pétition.

Éric Ciotti y voit donc de l'antisémitisme et le dit :

Je suis scandalisé par cette polémique, qui est lancée aujourd'hui par l'extrême gauche, avec des relents - je le dis très clairement - antisémites.
"Mais quand on joue avec le diable, quelques fois on en paye le prix, pourquit le député LR des Alpes-Maritimes, pour qui les socialistes sont "des embrouilleurs". Madame Hidalgo est alliée à Paris avec l'extrême gauche et aujourd'hui, cette manifestation est dénoncée par l'extrême gauche. Donc, quand on a des alliances contre-nature, eh bien on en paye toujours le prix. C'est le cas du Parti socialiste."

"La ville n’envisage pas d’annuler cet événement

La mairie socialiste distingue les bonnes et les méchantes villes.
Paris-Plages n'est pas fait pour rester un lieu de convivialité.
Déjà se côtoient des animations disparates: sur le sable des plagistes et les terrains de volley des sportifs ou des stands de lecture se sont dévoilés des militants politiques. 

Ainsi,  le parti écologiste radical Europe Ecologie-les Verts a-t-il investi les lieux pour présenter sa candidate aux Régionales 2015, 
la sculpturale Emmanuel Cosse, qui ne devrait pas pour autant enfiler le bikini... 

La virulence de la polémique a forcé la mairie de Paris à réagir. 

"La ville n’envisage pas d’annuler cet événement", a fait savoir au journal Le Parisien le premier adjoint à la maire PS, Anne Hidalgo.
"Ceux qui refusent ce partenariat sont les mêmes qui appellent au boycott[age] global d'Israël", a pointé Bruno Julliard.

Mais les socialistes ne renoncent pas à la propagande partisane 
"Nous refusons les amalgames entre la politique de colonisation brutale du gouvernement israélien et la ville de Tel-Aviv qui est une ville progressiste, symbole de paix et de tolérance", a discriminé Bruno Julliard, le premier adjoint de la ville de Paris. Il faut, dit-il, faire "la distinction entre un Etat, sa politique, son gouvernement et de l’autre côté des villes progressistes et leurs maires en opposition avec cette politique". "La population n'a pas à être punie pour la politique colonisatrice de son gouvernement", a-t-il insisté.

Le PS introduit le conflit israélo-palestinien dans Paris 
Tout en tolérant la campagne politique des écologistes radicaux d'EELV sur Paris-Plages, la mairie de Paris fait par ailleurs la leçon à l'extrême gauche dans sa globalité. "Le plus efficace est de soutenir et mettre en avant ceux qui oeuvrent pour la paix".
Le maire du 10e arrondissement de Paris et président du groupe socialiste et apparentés au Conseil de Paris, Rémi Féraud, a fait son Bruno Le Roux, serre-file des godillots de l'Assemblée. Il a quant à lui estimé en quarante signes que Paris a "raison de mettre en valeur ses partenariats et son amitié avec les villes d’Israël comme de Palestine"

Que l'extrême gauche se rassure donc

Rappelant que "ce partenariat [avec Tel-Aviv, travailliste] s'est construit en mai, lors des voyages d'Anne Hidalgo dans des villes israéliennes et palestiniennes", Bruno Julliard a souligné que la capitale française souhaite "renforcer les échanges entre Paris et des villes tant d'Israël que de Palestine".Il a notamment précisé qu'il existe dans ce cadre également "un partenariat très important et efficace avec Bethléem [située en Cisjordanie, une région de Palestine] dans le domaine de la gestion des eaux".
L'objectif de la Ville de Paris est d'amorcer la politisation de Paris-PlagesTout ce qui aura été dit par les pro-palestiniens, notamment d'extrême gauche, pourra être retenu contre eux, quand la mairie socialiste passera à la phase 2 de son plan.




Détournée de son objectif social, ludique et médiatique -initiative originelle et originale de la ville de Saint-Quentin (Aisne), dès 1996- Paris-Plages, créé en 2002, s'est écarté des fils conducteurs fédérateurs (le Brésil en 2005 ou la Polynésie française en 2006), avant l'arrivée de la gauche de la gauche au pouvoir à Paris, et fermera ses portes le 18 août. 
L'opération aura coûté environ 3 millions d'euros (1914) dont "la ville prend en charge la moitié", affirme Jean-François Martins. Entre 2002 et 2011, le coût a augmenté de 50 %, passant de 1,5 millions € à 2,2 millions €, après un plus haut à 2,5 millions d'euros en 2009.

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