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lundi 17 août 2015

Rentrée: Hollande et Valls craignent de récolter ce qu'ils ont semé

Hollande et Valls s'alignent pour une courses d'obstacles avec handicaps

Cette semaine, le gouvernement reprend ses travaux

Après la pause estivale,  de nombreux défis l'attendent, sur fond de croissance nulle au deuxième trimestre.

Il y a un an, tous les signaux étaient au rouge. Entre les licenciements fracassants des ministres Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, l'affaire Thomas Thévenoud et le livre de Valérie Trierweiler, l'exécutif avait provoqué une série de catastrophes. Cette année, la situation économique reste inquiétante et la rentrée du chef de l'État et du premier ministre s'annonce mouvementée, déjà marquée par la crise ouverte de la filière porcine.  

Mercredi 19, aura lieu le premier Conseil des ministres de rentrée
L'ordre du jour est léger: ratification d'ordonnances, communications sur la protection de l'enfance et les droits des consommateurs, mais aucun projet de loi: plusieurs semaines de langueur estivale ont ramolli la "détermination" gouvernementale.

Le remplacement du ministre du Travail sera surtout dans tous les esprits. François Rebsamen, retourné en mairie de Dijon, après abandon en rase campagne des demandeurs d'emploi,  a annoncé  le 10 août qu'il va "remettre sa démission du gouvernement le 19 août, à la fin du prochain Conseil des ministres". Le nom de son successeur sera connu "dans un bref délai", commente l'Élysée, qui balaie en revanche l'idée d'un remaniement plus large. Dans le jeu de chaises musicales qui se profile, Guillaume Garot, l'ex-maire de Laval, est-il sur les rangs pour la succession à Stéphane Le Foll qui irrite constamment le milieu? Cet inutile aux dents longues, recasé président du conseil d'administration du domaine de Chambord à la démission du gouvernement Ayrault, se démultiplie actuellement sur tous les media pour montrer, en répandant des généralités, qu'il est disponible, pour avoir été ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire, bien qu'il n'y ait laissé aucune empreinte.

Dès le lendemain, François Hollande fera un déplacement de campagne d'une demi-journée en province. Le thème et le lieu ne seront pas connus avant ce lundi, par précaution, mais il y a fort à penser qu'il évitera les zones d'élevage. 

Au plan national, plusieurs sujets vont mobiliser le chef de l'État ces prochaines semaines: la lutte contre le terrorisme, "le premier sujet de vigilance", souligne l'Élysée, avec notamment l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) aux besoins réels associés à l'ouverture par Hollande de plusieurs fronts d'intervention, et la préparation de la prochaine loi de finances. "C'est le dernier budget en année pleine du quinquennat", rappelle un conseiller. Le gouvernement entend "soutenir la croissance et l'emploi en inscrivant des mécanismes fiscaux et budgétaires dans la loi de finances".

A l'heure où l'INSEE annonçait vendredi une croissance nulle au deuxième trimestre, Manuel Valls s'est pourtant voulu très optimiste vendredi lors de sa visite d'une entreprise d'Avignon. "L'hypothèse du gouvernement, hypothèse sérieuse, hypothèse prudente, de 1 % de croissance à la fin 2015 est plus que jamais confortée", a-t-il raconté. Et le marchand de rêve de lancer que "nous devrions même dépasser ce chiffre et finir sur un rythme annuel de 1,5 %. C'est à ce niveau-là qu'on pourra faire baisser le chômage", a-t-il encore lancé, imperturbable, après trois longues années de promesses sans cesse déçues.

Hollande "inaugurera des chrysanthèmes" sur la scène internationale

C'est surtout sur la scène internationale que François Hollande entend faire de la présence, notamment avec la préparation de la conférence internationale sur le climat hébergée du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Le président du pays d'accueil présidera la cérémonie de lancement de la Cop 21, qui pourrait avoir lieu le 10 septembre à l'Élysée. Il commencera par prononcer le traditionnel discours devant la conférence des ambassadeurs, le 25 août. Un mois plus tard, les 25 et 26 septembre, il se rendra à l'Assemblée générale de l'ONU.

Autre piste ouverte aux experts et décrypteurs attentifs aux volontés de l'exécutif, "il observe de près la situation au Proche-Orient et en Europe, notamment en Ukraine et en Grèce", fait savoir l'Élysée qui ne le présente pas vraiment comme un acteur. "Durant ses vacances, le président a consacré beaucoup de temps au dossier européen. Il a échangé avec Alexis Tsipras à deux reprises et avec Angela Merkel."
 
Le chef de l'État entend mobiliser ses services sur la rénovation de la gouvernance de la zone euro. D'autres sujets seront à nouveau abordés avec les partenaires européens comme le problème agricole, alors que les mécontentements liés à la crise de la filière porcine se poursuivent.

A quelques mois des régionales, le pouvoir socialiste craint les conséquences de la crise agricole. Manuel Valls multipliera d'ailleurs les déplacements nationaux de campagne en septembre et octobre. "L'idée, c'est d'aller dans tous les territoires, ruraux comme urbains", commente Matignon, avouant sa volonté d'occuper le terrain. "Il est convaincu qu'il faut s'adresser directement aux Français." Encore faudra-t-il qu'il tienne un discours de vérité, ce qui n'est pas la spécialité des communicants...

Valls parlera beaucoup. Il s'exprimera devant les socialistes lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, à la fin du mois. Dimanche 30 août, le chef du gouvernement sera présent pour parler de tout et de rien, "de la République, de la laïcité, de l'autorité, de l'école et il appellera à l'unité et au rassemblement des socialistes", détaille son entourage, alors que lui avait été reprochée en juin 2015 son escapade familiale, à Berlin en jet gouvernemental, pour la finale de son "équipe de coeur", le FC Barcelone, en plein 77e congrès du PS.

Il n'exclut pas non plus de faire une apparition sous bonne escorte à Calais, alors que la pression migratoire est de plus en plus forte. Selon Matignon, des annonces devraient bientôt avoir lieu sur l'immigration clandestine. 

Le premier ministre se mêlera aussi des arbitrages autour d'une loi numérique, dite Macron II et s'impliquera dans la préparation de la conférence sociale prévue en octobre.

Il pourrait en outre se montrer à la télé dès le courant septembre, entre deux déplacements officiels à l'étranger. Valls se rendra en Suisse, en Suède, au Japon et au Moyen-Orient. 

A vingt mois de la présidentielle, l'exécutif sait qu'il n'a plus droit à aucune erreur en cette rentrée. "C'est une phase très importante du quinquennat. On valide les réformes engagées et on a encore du temps nécessaire pour en mettre d'autres en œuvre. Il faut l'utiliser à fond", explique un conseiller de l'Élysée qui parle pour dire une évidence et ne se dévoile pas...

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