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lundi 6 janvier 2020

Pierre Joxe, pris dans les rets du "tout harcèlement sexuel" français

Ouverture d'une enquête contre Pierre Joxe accusé d'agression sexuelle 

Le "monde nouveau" de Macron est-il réduit à une France tout en glandes ?


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Une plainte pour "agression sexuelle" et "harcèlement sexuel" a été déposée par une femme ayant travaillé au domicile de Pierre Joxe entre septembre 2017 et décembre 2018, alors âgé de 81 ans, et avocat au barreau de Paris, où il défend des mineurs.

Le Parquet de Paris a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête pour examiner la plainte déposée la veille par une ancienne employée à domicile de l'ancien membre du Conseil constitutionnel (2001-2010), Pierre Joxe, qui accuse l'ancien ministre de l'Intérieur, puis de la Défense de Mitterrand d'agression et de harcèlement sexuels en 2018. L'enquête a été confiée à la police judiciaire parisienne, suite à une plainte pour "agression sexuelle" et "harcèlement sexuel", dévoilée mercredi 13 novembre par Le Monde, pour la période septembre 2017 et décembre 2018, soit plus d'une année.

Elle s'y occupait de son épouse, atteinte d'une lourde maladie dégénérative et aujourd'hui décédée. La plainte a été déposée mardi, a confirmé une source judiciaire.

Une manipulation "facile à démonter" 

"Mon client conteste fermement ces accusations et apportera la preuve que tout cela est faux", a déclaré l'avocat de l'ancien ministre, Me Jean-Yves Dupreux. "Comme par hasard, cette histoire, encore plus rocambolesque que l'autre, débarque à quelques jours de l'audience au tribunal de Paris, car le dossier en face est vide", a réagi Pierre Joxe. "La manipulation qui est en cours sera facile à démonter", a estimé l'ancien Premier président de la Cour des comptes (1993-2001).

La plaignante, une Haïtienne de 40 ans arrivée en Ile-de-France au début des années 2010, avait déposé une main courante fin juillet 2018 au commissariat de Bondy (Seine-Saint-Denis), évoquant des attouchements répétés, sans toutefois porter plainte. Selon un témoignage, l'auxiliaire de vie était alors impliquée dans un conflit avec ses employeurs et ses collègues qui se relayaient au chevet de Mme Joxe.

"Protestant austère, selon les clichés de la presse, Pierre Joxe était "pressant et grossier", apprend-on... 

Pierre Joxe aurait d'abord installé "un climat d'incertitude dans l'esprit" de la plaignante "sur la pérennité de son contrat de travail", assure la plainte

L'octogénaire se serait ensuite livré à des attouchements "d'une manière répétitive et quotidienne", de sorte qu'elle "était contrainte de recourir à un arrêt de travail en date du 2 juillet 2018, afin d'éviter les agressions permanentes de M. Joxe qui se faisait de plus en plus pressant et grossier".

Pierre Joxe est-il sénile ou obsédé ?

L'audience prévue lundi au tribunal de Paris concerne une précédente affaire.
Il s'agit de l'assignation en diffamation lancée par Pierre Joxe contre Ariane Fornia, alias Alexandra Besson, fille de l'ex-ministre Eric Besson et de Sylvie Brunel, géographe, écrivain et ancienne présidente d'Action contre la faim, avec laquelle il a eu ses trois premiers enfants. 

En octobre 2017, en plein mouvement #MeToo, la jeune femme avait accusé l'ex-président de la Cour des comptes de l'avoir agressée lors d'une représentation à l'Opéra Bastille à Paris en mars 2010, en lui mettant à plusieurs reprises la main sur la cuisse. Le socialiste Pierre Joxe, figure de la mitterrandie aujourd'hui âgée de 84 ans, avait dénoncé "un tissu de contre-vérités" et exigé "des excuses écrites et publiques", ce que l'écrivaine s'était refusée à faire. "Non seulement il n'aura pas mes excuses, mais je maintiens absolument tout ce que j'ai dit", avait-elle assumé.

dimanche 17 novembre 2019

Pierre Joxe, accusé d'agression sexuelle

Son accusatrice jugée pour diffamation

Ancien ministre de l'Intérieur et de la Défense, puis premier président de la Cour des comptes et membre du Conseil constitutionnel, Pierre Joxe est-il a priori innocent ?



L'ancien ministre de François Mitterrand attaque la plaignante en diffamation, lundi à Paris. 
L'écrivaine Ariane Fornia l'accuse d'agression sexuelle commise en 2010. Or, ce procès fait suite à l'ouverture d'une enquête portant sur les accusations d'une seconde femme il y a quelques jours.
Pierre Joxe, 84 ans, et Ariane Fornia, 30 ans, fille de l'ex-ministre Eric Besson, soutien de Macron au second tour de la présidentielle de 2017, seront tous deux présents lundi matin devant la 17e chambre civile du tribunal de Paris, selon leurs avocats. L'audience doit commencer à 9h45.

En octobre 2017, en pleine éclosion de la vague #MeToo, la jeune femme avait accusé de viol le fils de Louis Joxe, lors d'une représentation à l'Opéra Bastille à Paris en mars 2010, en lui mettant à plusieurs reprises la main sur la cuisse et la remontant "vers (son) entrejambe". Des faits prescrits.
Dans un billet de blog, elle avait décrit "un vieux monsieur à l'air éminemment respectable", "ancien ministre de Mitterrand", avant d'accuser nommément Pierre Joxe dans L'Express.

Joxe avait dénoncé "un tissu de contre-vérités" et demandé "des excuses écrites et publiques", ce que l'écrivaine s'était refusée à faire. "Non seulement il n'aura pas mes excuses, mais je maintiens absolument tout ce que j'ai dit", avait-elle rétorqué à cette figure de la gauche qui aurait été sergent recruteur pour le socialiste Mitterrand et aurait ainsi détourné Lionel Jospin de l’Organisation communiste internationaliste (OCI).

Pierre Joxe avait assigné Ariane Fornia en diffamation.

Le procès s'annonce plus délicat que prévu, puisqu'à cinq jours de l'audience, mercredi, le Parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour examiner la plainte pour agression sexuelle déposée mardi par une autre femme, une ancienne employée domestique de Pierre Joxe. Elle accuse l'ancien ministre d'agression et de harcèlement sexuels en 2018.
"Comme par hasard, cette histoire, encore plus rocambolesque que l'autre, débarque à quelques jours de l'audience au tribunal de Paris, car le dossier en face est vide", avait commenté l'accusé. "La manipulation qui est en cours sera facile à démonter", avait-il assuré.

Interrogé sur ces accusations de "manipulation", Jean-Marc Fedida, l'avocat d'Ariane Fornia, a répondu qu'il ne "peut pas croire qu'un ancien président de la Cour des comptes puisse un instant penser qu'il soit possible d'influencer la décision d'une juridiction par l'annonce d'une plainte une semaine avant l'audience".

Lundi, défendu par Jean-Yves Dupeux, un ex-collaborateur du cabinet des ex-ministres socialistes, Robert Badinter, 91 ans, et Jean-Denis Bredin, 90 ans, membre de l'Académie française et impliqué dans la polémique sur l'arbitrage concernant Bernard Tapie, mais aussi bien avocat de l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux dans l'affaire des soupçons de financement libyens, Pierre Joxe demandera la condamnation d'Ariane Fornia à un euro symbolique de dommages et intérêts, 5.000 euros au titre des frais de justice, la suppression des propos litigieux sur son blog et la publication de communiqués judiciaires.

lundi 24 août 2015

Hollande insiste pour décorer les héros étrangers du Thalys

L'"audacieux" Hollande recycle à sa gloire les héros du Thalys  

Le malheur lui va si bien !

L'attentat djihadiste avorté sur le Thalys Amsterdam-Paris vendredi dernier, aurait pu se terminer dans une mare de sang, si plusieurs passagers n'avaient pas neutralisé le Marocain de 26 ans armé d'une Kalachnikov et en possession de neuf chargeurs, soit près de 300 balles. Le terroriste était fiché, mais la police espagnol n'était pas parvenue à sensibiliser ses homologues français. 
Hollande n'a donc pu exploiter l'émotion populaire suscitée par un possible carnage, comme il l'avait fait sans états d'âme le 17 de janvier à partir du massacre de Charlie Hebdo.  

Le président socialiste a donc imaginé de s'afficher avec les héros vivants.
Lundi, ils se verront décerner la Légion d'honneur à l'Elysée. En présence de Jane D. Hartley, l'ambassadrice des Etats-Unis représentant Obama à Paris, pour un retentissement américain assuré, seront honorés les trois hommes, Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos, qui ont maîtrisé Ayoub El-Khazzani dans le Thalys Paris-Amsterdam vendredi

Les trois Américains tenaient ce dimanche une conférence de presse à l'ambassade des Etats-Unis à Paris.
Les héros reçus à l'ambassade des Etats-Unis, Spencer Stone, en particulier, a raconté comment il avait "plaqué au sol", puis maîtrisé Ayoub El-Khazzani, le jeune Marocain qu'il a découvert sous ses yeux, alors qu'il venait de se réveiller d'un "sommeil profond". Avec ses deux amis anglo-saxons, il a dit qu'il avait avant tout cherché à survivre, avec une modestie qui fait déjà leur réputation: "On n'a pas pensé; on a juste agi". Spencer Stone a également expliqué qu'il ne se souvenait de rien d'autre, notamment pas comment il avait été blessé à la main.

Mais Cazeneuve était entré dans la compétition médiatique, jetant un pavé dans la mare. Le ministre de l'Intérieur a assuré que le premier courageux intervenant est un Français. Or, ce héros français intrigue: l'homme que Cazeneuve veut mettre en lumière réclame le respect de son anonymat et le ministre est ainsi privé du modèle d' exemplarité qu'il aurait pu montrer aux foules ébahies, comme une "Vénus hottentote" de 1789.

Le comédien Jean-Hugues Anglade est venu par chance, mais bien involontairement, au secours du ministre éperdu. Il était avec sa famille à bord du Thalys et a été témoin de la scène dans les wagons 12 et 13, depuis le 11 voisin, et révèle que le personnel SNCF est allé se réfugier dans le wagon de service, au lieu de venir en aide aux passagers. Les cheminots se sont indignés de la diffusion de cette image de déserteurs et le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, a donc pressé Nanard de réagir. Les services du ministère ont donc produit le contre-témoignage du chef de bord du Thalys, Michel Bruet, dont le témoignage a été diffusé hier par France Info, démentant avoir manqué à son devoir et racontant avoir même proposé de l'aide à Jean-Hugues Anglade.


Plan de la voiture 11, dernier wagon du train.


Plan de la voiture 12, avant-dernier wagon du train.

Le chef de bord du Thalys, Michel Bruet, ainsi qu'un conducteur de Thalys, Eric Tanty, qui se trouvait en voyage privé (et gratuit), ont été reçus lundi matin à l'Elysée, lors d'une réception à laquelle assistaient le Premier ministre belge Charles Michel et l'ambassadrice des Etats-Unis en France, Jane Hartley. 

Selon la directrice de Thalys, "un agent [anonyme] a senti une balle le frôler. 
Il est parti, avec cinq ou six voyageurs [que la police devrait pouvoir aisément identifier], se réfugier dans le fourgon". La SNCF a en outre indiqué que les deux hôtesses que l'acteur a vu passer "ne sont pas du personnel de Thalys ou de la SNCF", mais des "salariées du sous-traitant" qui gère l'espace-bar. 
Le président de la République a validé la thèse officielle. "Il y a aussi le contrôleur, Michel Bruet qui a donné l'alarme et qui a fait en sorte, là aussi, de pouvoir mettre les forces de l'ordre en mouvement prêtes à intervenir si c'était nécessaire". "Le chef de bord Michel Bruet a éloigné d'un coup de pied l'une des armes du terroriste présumé. Eric Tanty, conducteur Thalys, a quant à lui aidé à maîtriser le tireur avec les deux Américains et le Britannique", a pour sa part précisé la SNCF dans un document interne.

Cette gestion des faits 2015 a des relents d'
affaire Rainbow Warrior 1985.
En 1985, dans une opération commanditée par le Ministre de la Défense français Charles Hernuavec l'autorisation explicite du président  François Mitterrandles services secrets français sabordèrent le navire amiral de l'organisation écologiste supranationale Greenpeace, le Rainbow Warrior, à quai en Nouvelle-Zélande pour protester contre les essais nucléaires français. Le naufrage fit une victime dans l'équipage et Pierre Joxe, alors ministre de l'Intérieur et futur président du Cour des Comptes (ainsi récompensé en 1993 sur proposition de Michel Sapin, ministre de l'Économie et des Finances), décida de lancer une enquête de police et organisa la fuite des informations vers la presse, lesquelles déclenchèrent un énorme scandale médiatique. François Mitterrand commanda... un rapport au Conseil d'État qui blanchit la DGSE, suscitant même les doutes du Premier ministre Laurent Fabius.
Le 29 septembre 2006, Antoine Royal déclara à la presse que son frère, Gérard Royal (frère de Ségolène Royal), s'était vanté d'avoir lui-même plongé pour poser la bombe, ce que l'intéressé a refusé de confirmer. Le 22 septembre, Laurent Fabius finit par admettre à la télévision que les services secrets français avaient mené l’attaque du Rainbow Warrior.
M. Bruet, 54 ans, a bien parlé 
et, avec le conducteur du train, il sera également décoré  de la Légion d'honneur, pour son professionnalisme lors de la bagarre à bord du Thalys, au même titre que les trois Américains et le Britannique qui portent, quant à eux, les séquelles de leur intervention, au même titre que le blessé encore en soins à l'hôpital de Lille.
Mais alors, où était donc le personnel SNCF, s'il n'était pas réfugié dans le wagon de service ?
Le président de la République François Hollande décernera lundi la Légion d'honneur aux trois jeunes Américains et au Britannique qui ont maîtrisé Ayoub El Khazzani alors qu'il essayait d'ouvrir le feu à bord du Thalys Amsterdam-Paris. La cérémonie se tiendra à l'Elysée. C'est ce qu'à fait savoir ce dimanche l'entourage du chef de l'Etat.

L'acteur Jean-Hugues Anglade a pourtant maintenu sa version qui accuse des membres du personnel du train d'avoir abandonné les passagers. Seulement préoccupé de l'impact médiatique de cette affaire sur son image écornée, Hollande va vite et passe outre le témoignage de ce passager digne de foi. Il s'est simplement vu répondre que "son témoignage sera pris en compte" dans l'enquête... interne. Sauf plainte en justice.

Avant d'être reçus à l'Elysée ce lundi les trois "héros" américains du Thalys ont fait un passage à l'ambassade des Etats-Unis. Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler ont donné ce dimanche après-midi une conférence de presse au côté de la représentante américaine à Paris, Jane D. Hartley, rayonnante. 

Les Américains Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone et le Britannique Chris Norman "seront faits chevalier de la Légion d'honneur",
a-t-on ajouté. Les trois soldats ont remercié la France et les médecins qui les ont pris en charge après leur la tentative d'attentat. 

A l'instar de l'opinion américaine, qui s'enthousiasme pour l'exploit de ses "boys", l'ambassade américaine avait soigneusement mis en scène la conférence de presse. L'ambassadrice Jane D. Hartley leur a en particulier signifié combien elle est fière de ses compatriotes.
Hollande ne se souvient non plus de rien et notamment pas de ses engagements de campagne. 

Le "héros français" tient à conserver l'anonymat... 

En précisant que le héros français qui souhaite toujours garder l'anonymat ainsi que le passager franco-américain hospitalisé à Lille recevront eux aussi la Légion d'honneur ultérieurement, à huis clos. 

mercredi 23 mai 2012

Taubira dorlote les mineurs délinquants récidivistes

Taubira gère la pénurie et redéploie au détriment des juges pour enfants 

Sans concertation, la Garde des Sceaux a décidé dimanche la suppression des tribunaux correctionnels pour adolescents de 16 à 18 ans.

Christiane Taubira détricote, sans consulter les juges 

Première mesure de laxisme prise d''autorité, les tribunaux correctionnels pour les adolescents de 16-18 ans récidivistes vont disparaître. Cette annonce, faite lors d'une visite au tribunal de Paris en compagnie de Pierre Joxe, 77 ans, ancien ministre socialiste devenu avocat pour enfants en 2010, à 75 ans, marque les débuts de la casse de la réforme de la justice. L'idée que les grands adolescents d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes que ceux de l'après-guerre et que leur délinquance a évolué a pourtant fait l'objet d'un débat voulu par la droite au cours des deux derniers quinquennats.

Adapter le système  à cette nouvelle délinquance a été l'un des thèmes chers à Nicolas Sarkozy comme ministre de l'Intérieur, puis comme président. Rachida Dati, alors Garde des Sceaux, avait chargé l'universitaire André Varinard d'organiser la concertation, avec pour objectif de réformer la justice des mineurs, et une partie des propositions du groupe de réflexion avait été progressivement votée. Le tribunal correctionnel pour mineurs fait partie de ces mesures, mais il n'est entré en application qu'en janvier dernier, si bien qu'il n'est pas possible d'établir de bilan.

Pour les 16-18 ans récidivistes et risquant plus de trois ans de prison, le tribunal pour enfants, auparavant composé d'un juge des enfants et de deux assesseurs spécialisés, est désormais présidé par un juge pour enfants assisté de deux magistrats non spécialisés, habitués à juger également des majeurs. Cette nouvelle composition visait à plus de réalisme en rapprochant la justice des "grands" mineurs de celle des majeurs - l'abaissement de l'âge de la majorité pénale de 18 à 16 ans, un temps envisagé, n'étant pas possible à mettre en œuvre.

Du réalisme de  la sanction au mythe de l'éducation rédemptrice

Taubira n'a manifesté aucun respect aux magistrats qui se sont investis.
Les syndicats n'ont encore manifesté aucune irritation d'avoir été traités comme des pions.

Le manque de recul et la suppression idéologique avant toute évaluation ne permettent pas de dire si ces juridictions, auxquelles la ministre radicale de gauche n'a pas laissé le temps de faire ses preuves, ont prononcé des sanctions plus lourdes que ne l'auraient fait les anciens tribunaux pour enfants. 

Un autre changement important, sans consultation des juges

A cette destruction de la législation visant à durcir le message adressé aux  jeunes délinquants récidivistes s'ajoute, toujours pour cette tranche d'âge, le maintien de l'"excuse de minorité" - le principe selon lequel les peines applicables aux mineurs sont plus faibles, pour les mêmes faits, que celles visant les adultes - doit être justifié par le juge dans le cadre de la loi sur les peines planchers applicable aux récidivistes. Mais le programme de François Hollande annonce également la suppression de ce texte qui, lui, bénéficie en revanche de plusieurs années d'ancienneté.

Les principaux changements législatifs visant les mineurs seraient donc abrogés, au nom de la primauté de l'éducation sur la sanction prônée par l'ordonnance de 1945, le texte qui, malgré une soixantaine de modifications, sert de fondement à toute l'organisation de la justice des mineurs. 
Une partie importante des magistrats chargés de la jeunesse, mais aussi des éducateurs, n'avaient pas cessé de protester contre ces récentes mesures jugées trop répressives. Malgré tout, depuis plusieurs années, un vent de renouveau a soufflé sur la protection judiciaire de la jeunesse, dont les effectifs ont rajeuni. Une partie d'entre eux ne sont plus hostiles à un message de fermeté. Les centres éducatifs fermés, par exemple, d'abord montrés du doigt et assimilés à l'emprisonnement, sont quasiment plébiscités. Le PS promet d'augmenter leur nombre.

L'UMP est montée au créneau

"Cela ne me paraît pas un très bon signe", a estimé François Bayrou, interrogé lundi sur la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, en soulignant que les jeunes de 16-18 ans concernés par ces tribunaux nouveaux sont ceux qui ont commis "des actes graves". 

Les leaders de l'UMP sont montés au créneau pour dénoncer le "laxisme" de la nouvelle Garde des Sceaux. Jean-François Copé a fait part de son inquiétude, estimant qu'il fallait "tirer la sonnette d'alarme". 
Rachida Dati a dit craindre que son successeur de la Place Vendôme "se laisse aller à l'idéologie, plutôt que de prendre le temps de découvrir les enjeux".

Le débat s'engage également sur le terrain des chiffres. Entre 2007 et 2010, selon les dernières statistiques du ministère, le nombre de mineurs condamnés pour des crimes a diminué, passant de 438 à 360, mais les chiffres des vols avec violence commis par des moins de 18 ans, eux, augmentent. Globalement, les mineurs délinquants restent plus longtemps entre les mains de la protection judiciaire de la jeunesse. 

Les statistiques font également état d'une anomalie à laquelle elles n'apportent pas de réponse: alors que le nombre de mineurs mis en cause dans un délit (ou un crime) augmente de 6 %, le nombre de ceux qui passent devant le juge diminue aussi de 6 %… 

La justice va-t-elle à nouveau se laisser aller  à trop de laxisme et les forces de l'ordre à trop de réactivité ? Les deux camps vont puiser leurs arguments dans les mêmes tableaux…