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lundi 11 novembre 2019

Un agriculteur sur cinq n'a dégagé aucun revenu en 2017

L'agriculteur, espèce en voie de disparition

Les écologistes radicaux les accablent, mais "en même temps" veulent-ils des bras pour une alimentation saine et de proximité ?

Près d'un agriculteur sur cinq n'a dégagé aucun revenu en 2017
Un rapport de l'INSEE pointe les très grands écarts de revenus entre les différentes filières agricoles. Si le secteur du vin reste le plus prospère, ceux des céréales et de l'élevage d'ovins sont frappés de plein fouet par une conjoncture défavorable et les critiques contre une profession pourtant en pleine mutation.

A l'heure où le gouvernement a présenté son premier bilan de la loi Alimentation, dont les effets sur les professionnels de l'agriculture et les consommateurs peinent à se faire ressentir, l'institut national de la statistique a publié un panorama des rémunérations des agriculteurs, aux conclusions contrastées. Si le revenu moyen affiché a connu une augmentation sur l'année 2017, à 1.390 euros mensuels, 19% des agriculteurs français ont déclaré un revenu nul, voire un déficit de leur exploitation.

La part d'exploitations sans revenus "est particulièrement élevée dans la production de céréales et grandes cultures (30%) et dans l'élevage d'ovins, caprins, équidés et autres animaux (28%)", relève l'Insee dans son rapport publié jeudi 7 novembre. 
Pour les céréaliers, cela peut s'expliquer par les répercussions de l'année de récolte catastrophique en France en 2016, doublée d'une chute des cours mondiaux. La situation a continué d'affecter les fermes françaises en 2017, la commercialisation des grains étant à cheval sur deux années.


Cette conjoncture a affecté les céréaliers, pourtant traditionnellement présentés comme la vitrine prospère de la ferme France. Ils ont dégagé en moyenne un revenu net avant impôts inférieur à 1.000 euros par mois cette année-là (+6,7%). 

En moyenne et
 avec également une crise au long cours du secteur de l'élevage bovin, les exploitants agricoles ont enregistré un revenu net imposable mensuel moyen de 1.390 euros par mois en 2017, en progression de 8,2% par rapport à 2016, avec d'énormes écarts selon les productions.

Sans surprise, la viticulture est le secteur le plus prospère, avec un revenu moyen de 2.790 euros par mois, mais en recul de 3,9% par rapport à 2016. 

En bas de l'échelle, les éleveurs d'ovins, caprins, équidés sont particulièrement menacés (jusque dans la vallée de la Roya?), avec un revenu moyen de 620 euros par mois, en recul de 9% par rapport à celui de 2016.
Quid de l'élevage porcin ? 

Si l'année d
es éleveurs bovins n'a pas été florissante, elle a connu un mieux en 2017: avec 1.100 euros de revenus par mois, ils ont bénéficié d'une forme de "rattrapage" (+15,9%). 
Dans le même temps, les revenus des agriculteurs en polyculture-élevage voyaient leur revenu moyen passer à 1.090 euros, une progression de 25,2%. 

En 2016, ils avaient subi l'effondrement des prix du lait, dû à la fin des quotas laitiers en 2015.

Faut-il aussi parler des sujets qui fâchent, les embargos politiques ? 
En 2017, les Etats-Unis avaient pourtant levé l'embargo sur les importations de France, mais, en 2019, ils ont annoncé des tarifs douaniers renforcés sur un éventail de produits européens.
Le 1er octobre, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé les États-Unis à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros) de biens européens par an en représailles à des aides accordées au constructeur aéronautique Airbus. L'administration Trump avait annoncé dans la foulée que des droits de douane allant de 10 % pour les avions à 25 % pour toute une série d'autres produits entreraient en vigueur le 18 octobre.
Outre sa plainte à l'OMC, l'Union européenne a engagé des mesures de rétorsion sur des produits industriels, mais également agricoles américains : fin avril, la Commission a ainsi préparé une liste de produits emblématiques, dont les jeans ou les motos, mais aussi le tabac ou le bourbon. Le monde agricole français a-t-il besoin de cette guerre-là ?
En juin dernier, le président russe Vladimir Poutine a prolongé jusqu’à la fin de 2020 l’embargo sur les produits alimentaires occidentaux, introduit en 2014 en représailles aux sanctions décrétées par les Américains et les Européens contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne.

vendredi 9 février 2018

Méthode Macron : les agriculteurs de "ZAD" obtiennent satisfaction à Toulouse et Montauban, comme à Notre-Dame-des-Landes

Les agriculteurs en colère débloquent ici, mais bloquent là...

Levée des blocages des agriculteurs de Toulouse et Montauban qui ont obtenu gain de cause
Mercredi 7 février, lors du blocage des agriculteurs, sur l'A620, le périphérique toulousain.
Mercredi 7 février, lors du blocage des agriculteurs, sur l'A620, le périphérique toulousain.
 (B. Colin / 20 Minutes)
Les agriculteurs ont obtenu le maintien d’une grande partie des communes en zones agricoles défavorisées (ZAD). Une levée progressive des blocages était en cours, jeudi.

Après dix jours de mobilisation à Montauban et Toulousependant lesquels les agriculteurs se sont sentis abandonnés et les citadins bloqués, le retour à la normale s'est amorcé ce jeudi 8 au matin sur les routes de Haute-Garonne. Ils ont obtenu gain de cause mercredi soir. Près de 800 des 1.100 communes qui devaient sortir de la carte des zones agricoles défavorisées (ZAD) y sont finalement maintenues.

Les exploitants agricoles concernés seront encore éligibles aux indemnités compensatoires de handicaps naturels. Une mobilisation payante mais qui aura duré plus de dix jours, à travers des blocages permanents dans le Tarn-et-Garonne, où ponctuels comme à Toulouse, mercredi sur l’A620, ou à Villefranche-de-Lauragais, sur l’A61.

Fin des blocages dans la soirée à Toulouse et en Occitanie. Les agriculteurs Fnsea et Ja obtiennent satisfaction sur le maintien des aides européennes (zones agricoles défavorisées) @CNEWS

"C’est une grosse satisfaction, mais c’est tout de même navrant de devoir en arriver là, aussi bien pour nous que pour les automobilistes", commente Nicolas Ates du syndicat des Jeunes Agriculteurs.

Levée du blocage en milieu de nuit
S’ils ont obtenu gain de cause, la levée du blocage sur l’A620, au niveau de la Cépière, ne devait intervenir qu’en fin de soirée. Après, les personnels de la direction des routes du sud-ouest seront à pied d’œuvre pour nettoyer le bitume et ramasser les déchets et autre lisier, pour une réouverture dans la matinée.

La préfecture du Tarn-et-Garonne informait qu’elle maintenait toutefois certaines mesures d’interdiction en raison des dégâts occasionnés sur la voirie. La circulation des poids lourds de plus de 7,5 tonnes sur l’ensemble des routes départementales est ainsi interdite jusqu’à midi et "pour des raisons de sécurité, l’interdiction des transports scolaires est maintenue le jeudi 8 février 2018".


En revanche, les agriculteurs en colère bloquent l'A61 au niveau de Castelnaudary, Aude
Après la réunion de mercredi entre le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, et les représentants des syndicats agricoles d'Occitanie, le ministère devait présenter ce vendredi aux représentants la nouvelle carte des zones défavorisées au plan national. Si la plupart des agriculteurs se sont dits satisfaits des propositions, certains départements, comme le Gers, le Lot, l'Aveyron et l'Aude le sont beaucoup moins. 

Dans l'ouest de l'Aude, les agriculteurs de la Piège, un canton qui devrait sortir de la carte des zones défavorisées, ont décidé de manifester à nouveau leur colère ce vendredi.
Ce vendredi 9 février, ils avaient mis en place, sur l’A61 et sur la RD6113, des sorties obligatoires, à Castelnaudary dans le sens de circulation, Toulouse-Carcassonne et à Bram dans le sens Carcassonne-Toulouse. Les usagers, ainsi déviés, étaient ensuite orientés par les agriculteurs vers une boucle sur le réseau secondaire, dans un quadrilatère Castelnaudary/Gaja-la-Selve/Fanjeaux/Bram, avant de reprendre la direction de leur destination.

Leur objectif étant d'obliger les automobilistes à transiter par leur canton de La Piège pour qu'ils se rendent compte de la réalité géographique de leur territoire.

Des élus en soutien, une action en justice prévue. 
A 17 heures, des élus se sont  rassemblés à la sortie de Fanjeaux. Ils réclament d'ores et déjà au ministre de l'Agriculture de venir sur place donner des explications. Vers 18h, comme promis, les agriculteurs audois ont commencé à lever les barrages.
Néanmoins, les agriculteurs ont déjà décidé de porter l’affaire devant le tribunal administratif et la Cour européenne de justice. "Nous sommes prêts. Nous avons des données. Chaque agriculteur, sur son exploitation, fait des analyses de terre. Nous allons nous en servir pour bien prouver que ce territoire est bien un territoire de handicap. Nous monterons un dossier technique qui ira devant la juridiction. 
Aujourd’hui, l'INRA refuse de nous donner ses calculs. C’est un juge qui le leur réclamera", assène Serge Vialette, président de la FDSEA.

En conséquence, le trafic est très perturbé sur ce secteur, et plus globalement dans le triangle Villefranche-de-Lauragais (31), Carcassonne (11) et Mirepoix (09).

120 km de détour pour les automobilistes.
Dans la journée, Vinci Autoroutes avait mis en place une déviation, en invitant les automobilistes à sortir dès Villefranche-de-Lauragais, dans le sens Toulouse-Narbonne, et dès Carcassonne, dans le sens Narbonne-Toulouse. Pour éviter les 16 km d'autoroute coupés entre Bram et Castelnaudary, il fallait alors en parcourir 120...
Des itinéraires conseillés étaient aussi mis en place et les usagers invités à limiter ou reporter leurs déplacements sur les secteurs perturbés.
Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé en préfecture. Le PC route a été activé par le Conseil départemental.

lundi 15 février 2016

Les agriculteurs votent socialistes, mais se mettent en colère à Vannes

Les incohérences des Bretons, ça va bien !

Jeudi soir à la télé, le président Hollande avait solennellement promis que "les choses allaient bouger." Elles bougent !


Fantôme et pourtant reconduit- le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, ne se fera finalement pas représenter par l'ambassadeur lors de ce Conseil européen, où la France compte notamment demander "un plan européen de stockage" pour désengorger le marché de la surproduction de lait et de porc.
Dès 06h00 lundi, les agriculteurs méfiants, qui réclament que leur production soit payée au juste prix, dénoncent les sanctions européennes contre la Russie et les cours trop bas de leurs productions et les pressions de la grande distribution française. 
Samedi 13 février, de nouvelles actions ont été menées en Ille-et-Vilaine à Saint-Grégoire, Saint-Malo, Fougères et Vitré, et dans les Côtes-d'Armor à Saint-Brandan, Ploufragan, Pléneuf-Val-André, Lamballe et Pluduno. Le centre Leclerc de Quimperlé, dans le Finistère, a lui aussi été bloqué. Ce lundi matin, ils ont répliqué à la promesse présidentielle en encerclant Vannes, peu avant le début d'un Conseil européen sur l'agriculture, à Bruxelles.

A 08h45, les agriculteurs occupaient environ six échangeurs d'accès à la ville, selon le préfet du Morbihan. Ils ont mis en place des barrages bloquants ou filtrants qui laissent possible l'accès à la ville. Dimanche, le préfet du Morbihan avait pourtant pris un arrêté pour interdire la circulation des véhicules agricoles lundi de 06h00 à 19h00 dans la commune de Vannes.
Arrivés en opérations escargot, ils se sont donc positionnés aux échangeurs conduisant à la ville, tandis que les forces de l'ordre filtraient les entrées de la ville pour empêcher le passage des engins agricoles, au risque de ralentir le trafic.
VOIR et ENTENDRE un reportage sur le blocage de la laiterie Laïta à Créhen, dans les Côtes-d'Armor :


Créhen. La laiterie Laïta bloquée par des... par Letelegramme

L'un des tracteurs de la manifestation, qui arbore un drapeau breton, arborait une pancarte de désespoir:  "La mort est dans le pré".

Le centre E. Leclerc de Quimperlé à nouveau 
bloqué ce lundi
Les agriculteurs multiplient depuis un mois les actions de sensibilisation des pouvoirs publics, principalement en Bretagne, mais aussi dans l'Ain, ce lundi. Sur les barrages routiers de Bretagne, ils ont brûlé des pneus et déversé des tonnes de déchets, encerclant Lorient et Rennes le 27 janvier lors d'une journée où ils ont mis en place près d'une trentaine de barrages en Bretagne. Des barrages qui ont tenu parfois plusieurs jours.

Ils ont aussi manifesté devant des permanences d'élus, puis leur colère s'est tournée il y a plusieurs semaines vers les plateformes logistiques de la grande distribution, tandis que ni Valls, ni Hollande n'a fait le déplacement en Bretagne pour écouter leurs appels au secours.
En septembre dernier, Stéphane Le Foll, ministre intermittent de l'Agriculture, avait annoncé qu'il ne se rendrait pas au Salon international des production animales (Space), à Rennes. "Il y a une volonté que le Space se déroule dans de bonnes conditions", avait déclaré Le Foll, justifiant ainsi son absence au deuxième salon agricole de France, pour la première fois depuis 2012. Il s'était fait tirer les oreilles et s'était finalement ravisé pour deux heures de visite, comprenant une rencontre avec les organisations syndicales, les élus et les institutionnels et une déambulation dans les travées du salon: à 10h30, l'ex-député de la Sarthe n'était plus là.

VOIR et ENTENDRE les ostréiculteurs justifier leur soutien aux agriculteurs:
 


Les agriculteurs sont étranglés par les prix qui leurs sont imposés à la production,
alors qu'à la vente ils ne baissent pas dans la grande distribution. Ils réclament donc, entre autres, de meilleurs prix d'achat de leurs produits.
Les ministres de l'Agriculture et de l'Economie ont alors accentué la pression sur la grande distribution, vendredi, afin d'amener les grandes enseignes du secteur à revoir leurs pratiques de fixation des prix auprès des industriels et producteurs agricoles, asphyxiés par des rémunérations trop basses.

Sur 5 départements, 3 ont voté PS et la Bretagne est entre les mains du cumulard Le Drian, ministre et président de région intermittents

Le Drian reste transparent en Bretagne. 66 départements ont voté pour la droite, 30 pour la gauche en France, dont le Finistère, l'Ille-et-Vilaine et la Loire Atlantique: particularisme breton ?
Ayrault en a tiré sa leçon: il est entré au gouvernement, comme ministre de voyages à l'étranger. Quand les élus socialistes de Bretagne et les Bretons vont-ils exprimer leur soutien aux agriculteurs de leur région ?


vendredi 11 décembre 2015

Barrage de Sivens: l'Etat achète les exploitants pour les faire renoncer à leur projet

Le contribuable paiera 3,4 millions d'euros au Tarn (PS), en compensation de l'abandon du projet de barrage à Sivens

2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 pour réhabiliter la zone humide. 
Duflot et Mamère sur le site
du réservoir de Sivens
Après avoir accepté le 6 mars de renoncer en partie à son projet de retenue d'eau, malgré l'état d'avancement des travaux, le conseil du Tarn a adopté le "projet transactionnel" proposé par l'Etat. Ce projet vise à indemniser le département socialiste pour les dépenses déjà engagées avant la décision prise à la mi-janvier par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, d'abandonner le chantier où est mort le 26 octobre 2014 Rémi Fraisse, jeune activiste. Pour ces dépenses "en pure perte", le département recevra 2,097 millions d'euros. 

Le département socialiste prend l'argent du contribuable...

Le Tarn a acquiescé, "bon gré mal gré"
. Mais il s'est empressé d'adopter un autre projet de retenue d'eau. 
Un projet gagnant-gagnant: réduit de moitié et à construire construit non loin du projet initial, soit il répond à la demande pressante en eau des exploitants agricoles, soit il déclenche de nouvelles violences altermondialistes, mais dans tous les cas, le Conseil départemental rentre dans ses frais ! 

Compenser la destruction de la zone humide 
En contrepartie de l'abandon du premier chantier, le Tarn s'est engagé à "compenser les atteintes environnementales" résultant de la destruction de la zone humide: la vallée de la petite rivière Tescou a en effet été totalement arasée. Près d'une centaine d'espèces protégées y vivaient.
Le projet de retenue d'eau est toujours défendu par le syndicat agricole FNSEA qui l'estime nécessaire à l'irrigation des terres de la zone mais il est vivement combattu par des écologistes et résidents. En outre, plusieurs centaines d' activistes, des "zadistes", squatteurs de la "zone à défendre", ont été délogés par les gendarmes, le 6 mars. 

Les "djihadistes verts" restent vigilants

Activiste écologiste à Nantes
Ces extrémistes ont décidé que le barrage est inutile et que les petites retenues d'eau collinaires alentours sont suffisantes aux besoins d'irrigation. Les opposants sont vent debout contre le nouveau projet qui doit être lancé dans les plus brefs délais, selon les autorités locales et Paris, et qu'ils estiment n'être qu'un "Sivens light". "On se méfie d'un nouveau passage en force", a déclaré Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui regroupe des opposants. "Car ils n'ont toujours pas accepté l'abandon du projet initial", a-t-il dit. 

"C'est un sujet lourd qui n'est pas terminé. J'espère que le bon sens, la légitimité et la légalité pourront coïncider", a répondu Thierry Carcenac, président socialiste du Conseil départemental du Tarn. Selon Ben Lefetey, le nouveau projet de retenue d'eau ne pourra voir le jour avant "deux ou trois ans". 2
La guerre de l'eau reprend en ...2017 !

samedi 26 octobre 2013

Ecotaxe : au moins deux blessés graves lors des manifestations dans le Finistère

Jacquerie: un amer sentiment d'abandon gouvernemental


Après la suppression de près de 900 emplois à l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau (Finistère), les salariés bretons de l'agroalimentaire sont de nouveau mobilisés ce samedi pour protester . 

De violents 
affrontements ont opposé plusieurs centaines d'exploitants et transporteurs agricoles bretons aux forces de l'ordre ce samedi en fin d'après-midi à Pont-de-Buis (Finistère), au pied d'un portique écotaxe qu'ils voulaient démonter. 
Selon Ouest-France, le pronostic vital d'un manifestant, touché à la gorge par un tir de flash-ball, serait engagé. Mais une source policière a démenti cette information au Télégramme de Brest. 


Un manifestant qui participait à l'action a également eu la main arrachée. 

Un troisième
a été blessé au nez, selon le Télégramme. La préfecture du Finistère parle de son côté de deux blessés du côté des manifestants sans donner plus de détails. 
Un gendarme a été blessé par un jet de projectile à la jambe.

Pont-de-Buis (Finistère). Un manifestant qui participait à l'action contre le portique écotaxe a eu la main arrachée. Un autre a été touché au cou par un tir de flash-ball.

Pont-de-Buis (Finistère). Un manifestant qui participait à l'action contre le portique écotaxe a eu la main arrachée. Un autre a été touché au cou par un tir de flash-ball.

Sur place, l'affrontement a tourné à la guérilla, avec des jets de projectiles d'un côté et des répliques à la bombe lacrymogène de l'autre, autour du portique toujours protégé par les gendarmes mobiles. Cet appareil permet de facturer les poids lourds à partir du 1er janvier 2014 au nom de la protection de l'environnement. 

Deux blessés graves dans la manifestation à Pont-de-Buis (Finistère)
Les quelque 500 manifestants étaient partis de Faou au volant de leurs camions, tracteurs et autres véhicules agricoles peu après midi à l'appel du "collectif pour l'emploi en Bretagne" pour protester contre la mise en place de cette nouvelle fiscalité. Le portique de Port-en-Buis est le dernier du département, les autres ayant été détruits lors des précédentes manifestations.


VOIR et ENTENDRE l'affrontement entre les forces de l'ordre et des manifestants du Finistère contre l'écotaxe :

Finistère: des Bretons contre l'écotaxe... par BFMTV


La N165 bloquée dans les deux sens entre Brest et Quimper

Sur la nationale RN165, actuellement bloquée à la circulation dans les deux sens entre Brest et Quimper, les protestataires, dont certains étaient cagoulés, ont lancé des projectiles vers les forces de l'ordre, ces dernières répliquant avec des grenades lacrymogènes. 

La scène a rapidement été noyée dans la fumée des pneus en feu lancés par les manifestants et celle des fumigènes, tandis que des engins agricoles se dirigeaient vers le barrage des forces de l'ordre, arrachant les traverses de la voie express. Peu après 15 heures, les manifestants ont fini par négocier une trêve de trente minutes avec les forces de l'ordre
Après avoir essuyé le refus du préfet d'accéder au portique, les heurts ont repris vers 17 heures. Des renforts de CRS ont été envoyés sur place.
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La révolte des bonnets rouges

Certains protestataires avaient recouvert leurs plaques minéralogiques d'autocollants reproduisant la plaque de la voiture présidentielle (DS.5) de François Hollande, CB-455-VH, mais avec le numéro du département du Finistère, le 29, selon des organisateurs. Ils se sont également couvert la tête d'un bonnet rouge en mémoire de la révolte des bonnets rouges bretons contre la fiscalité au XVIIème siècle. Leurs véhicules étaient chargés de pneus et de choux-fleurs. Entre 150 et 200 gendarmes et CRS avaient été déployés sur les lieux, selon la chaîne locale.

VOIR et ENTENDRE les manifestants déverser des choux-fleurs sur la chaussée (Ouest-France):


 

La veille au soir,
14 tracteurs équipés de remorques avaient déjà mené une action dans le département, à Morlaix, en déversant vers minuit devant le centre des impôts des palettes, des choux-fleurs et du fumier, selon une source policière. Un incendie s'était déclaré mais a été maîtrisé par les sapeurs-pompiers. Les agriculteurs avaient écrit sur le sol : «Ici repose l'écotaxe».


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Opération escargot sur la RN24 dans le Morbihan

Une autre action a été menée dans le Morbihan, à l'appel des transporteurs de la FDSEA (Fédération  départementale des syndicats d'exploitants agricoles). Une centaine de manifestants, partis de Beaud et de Josselin, avaient investi la RN24 en direction du portique de Saint-Allouestre, provoquant des ralentissements. L'opération a pris fin, sans incident, à 13 heures, selon la gendarmerie.

Ce nouvel impôt sur les poids-lourds pénalise le secteur agroalimentaire qui fait déjà face à de graves difficultés économiques. Les professionnels travaillant dans les régions excentrées de la Bretagne et qui ont beaucoup de route à faire pour livrer leur production risquent d'être fortement impactés.

En déplacement dans la région ce samedi pour rencontrer des adhérents du Front national, Marine Le Pen s'est emparée de l'inquiétude des Bretons déclarant que "l'effondrement de l'agroalimentaire est un événement au moins aussi grave pour la Bretagne que l'ont été les fermetures de mines dans le Nord de la France et dans l'Est".
VOIR et ENTENDRE un reportage posant le problème d'un recul du gouvernement :

74% des Bretons sont contre l'écotaxe

La colère des agriculteurs du Finistère et du Morbihan est partagée par le reste de la population bretonne. Selon un sondage Ifop* à paraître ce dimanche dans le quotidien local Ouest-France, les Bretons sont 74% à se dire «vent debout contre l'écotaxe». Selon ce sondage, ce sont principalement les Bretons qui habitent dans les départements les plus excentrés, Morbihan (82%) et Finistère (81%) que l'opposition à ce nouvel impôt est la plus marquée.

L'enquête porte plus largement sur le moral des Bretons à l'heure où leur région est frappée par une crise de l'agroalimentaire sans précédent, illustrée ces dernières semaines par la colère des salariés des abattoirs Gad, où 850 emplois ont été supprimés Lampaul-Guimiliau, ou de ceux du volailler Tilly-Sabco, qui prévoit de réduire son activité de 40%. Ainsi, 67% des personnes interrogées se disent pessimistes sur l'avenir de leur région, contre 76% d'optimistes en décembre 2012. Elles sont 76% à estimer que le principal point faible de la région est lié aux crises dans l'agroalimentaire et l'agriculture.

En outre, 85% des Bretons disent ne plus avoir confiance dans le gouvernement, et ils sont 65% à ne pas avoir confiance dans les syndicats, «pour se mobiliser pour le développement de la région et pour lutter contre les effets de la crise en Bretagne». Pour sortir de la crise ils ont plus confiance en leurs propres forces, estimant en réponse à la même question que pour sortir de la crise ils sont 90% à faire confiance aux salariés bretons, 80% à croire dans les chefs d'entreprise bretons ou encore 63% dans les collectivités locales.

Enfin selon les Bretons interrogés, les difficultés actuelles de l'agroalimentaire sont liées à 56% à la concurrence étrangère où les salaires sont «nettement inférieurs à ceux pratiqués en France», et ils sont seulement 18% à faire un lien avec la crise économique.

*Sondage Ifop pour Ouest France réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 23 octobre sur un échantillon de 606 personnes représentatif de la population bretonne âgée de 18 ans et plus.