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dimanche 3 mai 2020

Polémique des "stocks" de masques "cachés" par la grande distribution

Le gouvernement tente de remettre de l'ordre dans le bazar

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a nié samedi toute existence de "stocks cachés"
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Les acteurs politiques vigilants de l'opposition et des professionnels de santé les ont dénoncés ces derniers jours. Dans la majorité, ils n'ont encore rien vu.

Alors que la pénurie de masques est dénoncée depuis l'origine de l'épidémie, leur production, leur commande et leur livraison auraient dû aboutir. Mais, d'abord déclarés inutiles par les "sommités" scientifiques de ce pays, par les perroquets de la macronie, puis déclarés inutilisables par le commun des mortels français, aux dires d'une fine connaisseuse de la France profonde, la porte-parole du gouvernement, une Française de la 11e heure (elle est Franco-sénégalaise depuis 2016, ce qui lui confère l'autorité de quatre années de pratique), ils sont devenus indispensables mais introuvables, bien que régulièrement annoncés depuis le début de la crise sanitaire,  mais, après sept semaines, ils ne sont toujours pas là pour les "derniers de cordée", notamment ceux qui prennent le métro collés-serrés.

Homme d'Etat aux pieds plats que les photo-journalistes ont l'interdiction de filmer en marche, le ministre de la Santé a assuré qu'à défaut de comprendre ses semblables, il comprend "l'émotion du monde de la santé", car Véran s'est gonflé en quelques semaines à l'échelle de la planète. 
Politicien comme les autres, il a voulu les rassurer de mots, rappelant que si la France se trouvait à manquer de masques - ce qu'à Jupiter ne plaise - à destination (encore et toujours) des soignants et des personnes malades ou vulnérables, et non pas des Français qui ne se sont pas encore exposés au virus tueur, l'exécutif aurait recours à la réquisition. L'objectif est clairement de faire grimper la courbe de la circulation du virus et d'atteindre les 60 à 70% requis d'"immunité collective"  dans les meilleurs délais, selon le principe à haut risque qui veut que plus les personnes sont infectées par la maladie, plus elles développent des anticorps contre ce virus, et moins l’épidémie se propage dans la population.
Au final, entre tous ceux qui seront habilités à verbaliser et tous ceux qui seront convoqués aux réquisitions, les Français seront-ils encore assez nombreux pour aller travailler au redressement de l'économie? Ou même à porter assistance aux confinés des Ehpad ? 

Indignation à l'annonce de mise en vente massive de masques par la grande distribution 

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a tenté samedi de désamorcer cette nouvelle colère de la population et des professionnels de santé qui ont "bien compris" et "clairement" à leur tour que des stocks avaient été gelés pour accélérer l'"immunité de groupe". 
Macron a donc donné l'ordre à ses gens de faire distribuer du pain des millions de masques de protection à compter de lundi.

Olivier Véran nie l'existence de "stocks de masques"

L'affaire est remontée au Conseil des ministres du 2 mai 2020 et le ministre de la Santé a reçu d'en haut l'ordre d'éteindre la polémique sur les masques vendus par la grande distribution, alors même que certaines professions de santé sont toujours en manque.
A l'échelle de la douleur provoquée par l'annonce de ventes de masques chirurgicaux en supermarchés, les médecins libéraux ont atteint le seuil de l'insupportable.

"La grande distribution a annoncé non pas des stocks de masques, mais des commandes de masques", a raconté Véran, surnommé Véreux, lors d'un point de presse à l'Elysée. "La grande distribution me dit disposer en pratique aujourd'hui de l'équivalent de 5, voire 10 millions de masques [en stock], a minimisé cet observateur que se présente en acteur. Et de tenter d'éteindre l'incendie en recourant une comparaison: l'évocation des 45 millions de masques qui sont consommés chaque semaine en France pour les hôpitaux et médecins de ville. "Donc on est très, très loin des 500 millions dont on a cru comprendre que la grande distribution disait disposer", a-t-il commenté, misant à nouveau sur la sottise de ses confrères.

"Les masques tombent", dénoncent les présidents des ordres professionnels de la santé.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) avait aussitôt démenti l'existence de "stocks cachés". «Les chiffres annoncés par les enseignes concernent les commandes effectuées, qui ne vont être livrées que très progressivement, avec une disponibilité plus rapide des masques à usage unique que des masques en tissu réutilisables," a expliqué cette fédération connue pour son lobbying intense à l'Assemblée nationale et accusée de conflits d'intérêts puisqu'elle dispose d'un budget global de 7.210.000 euros, dont 550.000 euros de financement public, alors qu'elle avoue seulement des coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement n’excédant pas 10.000 euros. 

L'hypocrite ministre de la Santé a ajouté qu'il comprend "l'émotion du monde de la santé" 
Puisque ça ne coûte pas cher, il a tenu à le rassurer en rappelant que si la France se trouve à manquer de masques pour les soignants et les personnes malades ou vulnérables, l'exécutif aura recours à la manière forte, la réquisition. "Je comprends la polémique, j'espère aussi y mettre un terme", a-t-il dit.

Une lettre ouverte publiée jeudi sous le titre "Les masques tombent" a retenti comme le tonnerre

Les présidents des ordres professionnels de la santé se sont déclarés stupéfaits par la capacité des acteurs de la grande distribution à annoncer la mise en vente de "chiffres sidérants" de masques de protection à compter de lundi, quand ils manquaient tant jusqu'alors. 
"Toute guerre a ses profiteurs. C’est malheureusement une loi intangible de nos conflits. Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce à grand renfort de communication tapageuse des chiffres sidérants de masques vendus au public par certains circuits de distribution", écrivaient-ils. 
Comment "comprendre que ce qui n'existait pas hier tombe à profusion aujourd'hui", ajoutaient les présidents des conseils nationaux de l'ordre des médecins, des pharmaciens, des sages-femmes, des infirmiers, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes et des pédicures-podologues.

Le président de l'Association des régions de France demande des preuves
A Marseille, Renaud Muselier, le président de la région PACA, également président de l’Association des régions de France, a relayé leur incompréhension samedi en donnant trois jours aux enseignes de la grande distribution pour prouver qu’elles n’ont pas constitué de stocks secrets de masques de protection et menace de déposer plainte si c’était le cas.
"J’ai demandé la justification complète de l’achat de ces masques, date de commande et surtout date de livraison à l’appui. Je donne trois jours à la grande distribution pour prouver qu’elle n’avait pas de stocks secrets de masques pendant la crise !», écrit celui qui s'est fait voler un chargement de masques sur un tarmac d'aéroport, dans un communiqué.
"S’il était avéré que ces commandes et ces
livraisons sont très antérieures à la mise en vente ce lundi, dans les établissements de ces enseignes, cela signifierait une chose très claire: pendant que notre pays subissait une pandémie mondiale et sans précédent, ces entreprises ont stocké des produits de première nécessité et ne les ont pas mis en circulation, dans un but commercial et de communication." Muselier s'est dit prêt, dans ces conditions à déposer plainte pour "mise en danger de la vie d’autrui" et "non assistance à personne en danger". Leclerc a sursauté, associant un autre vertueux, Système U.
Pour l'extrême gauche, Mélenchon se dit "écoeuré", quand le patron de Leclerc, insultant, parle de "scénario de débiles"...

Malgré les promesses de l'exécutif, sur le terrain, les équipements n'arrivent qu'au compte-gouttes. Comment en est-on arrivé là ?

Système D à Nice : des pharmaciens en sont réduits à
dresser des panneaux de plastique pour protéger personnel et clients
La polémique face au déblocage inattendue de de masques continue de battre son plein. La grande distribution persiste à nier et, samedi, le patron du groupe Leclerc a moqué une polémique "nulle", cataloguée "insensée" par celui de Système U. Ils auraient pu aussi bien crier "Allahou akbar" et se déclarer islamistes "déséquilibrés"...

"100 millions par ici, 50 millions par là. Qui dit mieux ? C'est la surenchère de l'indécence," se sont offusqués indignés les divers Ordres des professions de santé, lundi.
"Je trouve ça dégueulasse, car ça casse le front qui s'est construit entre le personnel de santé et le monde économique", s'est offusqué le président du géant Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, dans un entretien avec le Journal du dimanche.
Au plan économique, Macron ne parvient pas à endiguer les ravages de la  crise sanitaire.

La SNCF a subi un manque à gagner de deux milliards d'euros du fait du virus, a annoncé son PDG Jean-Pierre Farandou, envisageant une aide de l'Etat - les Français, dont les retraités confinés jusqu'à la Saint Glin-Glin et ceux des Ehpad - et des suppressions de postes.

Ccôté transports, la crainte est grande en¨Ile-de-France où la présidente de la région, Valérie Pécresse, demande que les salariés aujourd'hui en télétravail ne retournent pas au bureau le 11 mai pour éviter l'engorgement du métro ou du RER. 

L'après-11 mai reste aussi sujet d'inquiétudes pour le monde de la culture, à l'arrêt complet depuis le confinement. 

Samedi, les organisateurs de la Route du Rock ont finalement annoncé  l'annulation pure  et simple de l'événement, initialement prévu du 19 au 22 août, soit bien après le début du déconfinement.

Macron reçoit du muguet à l'Elysée vendredi et promet samedi de "premières mesures" pour mercredi en faveur du monde de la culture qu'il soutient puisque des éléments non représentatifs pétitionnent et font des déclarations de soutien. En attendant, des artistes arpentent depuis quelques jours les rues de Bordeaux - ville de Juppé -  pour "crier" aux habitants, spontanément et contre subventions municipales, à la manière des anciens allumeurs de réverbères, les messages de bonne nuit : "Il est minuit, bonnes gens ! Dormez, le guet veille! ".

Macron ne sera pas prêt pour le 11 mai: la faute à qui ?

Véran commence à pointer la responsabilité des Français 

La date du 11 mai "pourrait être remise en question", lance Olivier Véran

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Et l'AFP s'y colle ce dimanche,  titrant: "Lente amélioration à confirmer avant le déconfinement"... en écho à l'annonce par le ministre de la Santé Olivier Véran à la sortie du Conseil des ministres du samedi 2 mai de la prolongation de l'état d'urgence sanitaire en France jusqu'au 24 juillet. 

La pression sur les services de réanimation continue à retomber, avec 51 patients atteints du Covid-19 en moins au cours des dernières 24 heures, a annoncé samedi le ministère de la Santé. Le virus a causé la mort de 166 personnes lors des dernières 24 heures, loin cependant des centaines de morts quotidiennes il y a encore quelques semaines.

La carte de France a encore "verdi" d'un coup samedi avec de nouveaux départements de PACA, six au total, désormais dans le vert (Alpes-de-Haute-Provence (04), Hautes-Alpes (05), Alpes-Maritimes (06), Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Vaucluse (84), dont trois en bordure de Méditerranée), outre les trois ou quatre "erreurs" des "savants" (Cher, Gers, Lot et Haute-Corse), les tensions sur le système hospitalier diminuant. Dans les départements en vert, 47 au total, une moindre présence du virus permettra d'organiser un déconfinement plus large.

Le "bon signal" d'une lente amélioration dans la lutte contre le coronavirus ne suffit pas: il doit être confirmé, préalablement à un déconfinement autour duquel les interrogations subsistent, de la réouverture des écoles aux mesures de quarantaine prévues à l'entrée en France après le 11 mai, en passant par l'arrivée ou non des masques de protection à destination du grand public, les "gens qui ne sont rien".

Le "pervers narcissique" de l'Elysée reste néanmoins braqué sur sa propre image

Le chef de guerre n'entend toujours pas ranger ses armes au vestiaire.
Macron a annoncé samedi la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet. 
Celle-ci ne pouvant être autorisée que par la loi, le texte sera examiné à partir de lundi au Sénat, puis le lendemain mardi à l'Assemblée nationale.
Le coronavirus en France, au 2 mai 2020: alors, impressionné ?
Pour créer l'illusion qu'il gère, l'exécutif radicalise sa position de déconfinement : au moment où les chiffres appellent à un desserrement de la pression, il a rendu obligatoire une "quatorzaine" pour les personnes arrivant sur le territoire national - c'est-à-dire les étrangers, touristes et migrants, sans xénophobie aucune... La décision est annoncée avant que les conditions de mise en œuvre soient arrêtées : elle doivent l'être - sauf reculade -  dans les jours à venir. Si le mal jaillit encore de l'inconnu, un isolement des malades sera décidé.

En revanche, 
le gouvernement "n'a pas pris de dispositif législatif pour imposer l'isolement" aux personnes testées positives qui se trouvent déjà sur le territoire,  a confié le ministre de la Santé Olivier Véran, comptant sur "l'esprit de responsabilité des Français", des êtres plus évolués, et tellement supérieurs qu'ils seront épiés par des "brigades" sanitaires et verbalisés hardi petit, ce qui confirme, si besoin était, que la "pensée complexe" de Macron comporte des méandres impénétrables inaccessibles à toute cohérence.

Des interrogations sans fin


Le gouvernement est également resté flou sur le 
sujet sensible de l'Arlésienne de Macron, le traçage des malades.  Et pour cause: l'application controversée StopCovid ne sera pas disponible le 11 mai. Les règles d'Apple ont le respect des libertés individuelles, une notion qui n'avait pas effleuré Macron et son petit génie du numérique, Cédric O, un spécialiste au gabarit de chacun des membres des nombreux conseils, comités, Hautes Aurorités et agences scientifiques que compte la France.

Quant aux masques de protection, dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois, ils arriveront en nombre quand les commandes tardives pourront être honorées et - si elles ne sont pas piratées-  livrées. Mais les cyniques, politiques et journalistes, qui font les annonces successives et tiennent "les gens" en haleine, ne les promettent plus gratuitement au 'vulgum pecus': il devra prendre le risque de se contaminer dans les grandes surfaces qui les déstockeront pour les leur vendre !


Aucune description de photo disponible.
Or, à dix jours du déconfinement, le gouvernement a dû décider à la fois le "déterrement" des butins en masques chirurgicaux, et, contre la spéculation, le plafonnement de leur prix de vente à 95 centimes l'unité. Pas celui des masques en tissu... Et de se justifier: en raison de la diversité des modèles et de leur provenance.

Le "sujet" de la vente des masques dont le port sera obligatoire dans les transports publics, reste un "challenge" "à regarder", de loin, "sur la table", confinement oblige, avant le 11 mai, en prévision de fortes tensions.
   
En revanche, opérationnelles et actives, des "brigades" seront "déployées" pour permettre le signalement et l'identification des "cas contacts" des personnes testées positives.

Inquiétude grandissante de nombre de parents et d'enseignants avant la réouverture des écoles par les bras cassés. 
Aucune description de photo disponible.
La "majorité des écoles" maternelles et primaires seront au rendez-vous du 11 mai, a assuré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe. Pourquoi pas 12 ?
Et pour les accueillir, les écoles devront respecter un protocole sanitaire très strict, mais qu'elles devront se débrouiller à mettre elles-mêmes en place, en bonne harmonie avec les maires : lavage de mains répétés, jeux proscrits, désinfection du matériel, sens de circulation marqué au sol... un vrai casse-tête, surtout en maternelle, font valoir la plupart des enseignants.


Ainsi, à Lyon, PS, aucune date de rentrée n'a été fixée pour les élèves de petite et moyenne section de maternelle. "Les mesures de distanciation et les gestes barrières étant très complexes à mettre en œuvre", a justifié la mairie de Lyon par communiqué.


Idem à Nantes, où la maire (PS) Johanna Rolland a d'ores et déjà prévenu qu'il ne serait "pas possible" que tous les enfants retournent à l'école le 11 mai. 

Combien de discours de Macron, Véran ou Ndiaye, d'ici le 11, pour nous dire qu'en cas de recontamination, nous n'aurons à nous en prendre qu'à nous ?

mardi 21 avril 2020

Grande distribution: la prime Macron ne sera pas versée à tous les salariés

Les syndicats alertent sur les discriminations entre salariés

La prime Macron pour tous les salariés de la grande distribution qui travaillent, c'était une carabistouille, s'indignent les syndicats
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Une prime de 1.000 pour aller travailler: appât
pour s'exposer à la contamination par les non-porteurs de masques
Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, l'exécutif a claironné qu'il encourage les entreprises à récompenser leurs salariés au travail pendant l'épidémie mortelle. Les entreprises qui n'ont pas de système d'intéressement peuvent verser, jusqu'au 31 août, une prime défiscalisée et exonérée de cotisations patronales de 1.000 euros à leurs salariés.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, a annoncé le 20 mars que le montant de cette prime défiscalisée à la charge des entreprises - privées, celles qui exercent une activité essentielle à la Nation -  pourra même aller jusqu'à 2.000 euros pour les structures qui ont un plan d'intéressement. "Toutes les entreprises ayant un accord d'intéressement pourront aller jusqu'à 2.000 euros", a déclaré le ministre lors d'un point de presse téléphonique.

Par ailleurs, le gouvernement a assoupli les conditions pour bénéficier du fonds de solidarité, une manne d'1,2 milliards d'euros doit venir en aide aux petits patrons, indépendants, professions libérales qui ne peuvent prétendre à une indemnisation de Pôle emploi. Alors qu'en mars, la condition principale pour y accéder était une perte de chiffre d'affaires de 70%, ce seuil est abaissé à 50% en avril. En clair, le professionnel devra constater une baisse de chiffre d'affaires d'au moins 50% entre le mois d'avril 2019 et ce mois d'avril 2020. L'aide versée est de 1.500 euros. "Nous voulons renforcer notre dispositif de soutien à l'économie pour apporter une réponse immédiate concrète aux entrepreneurs comme aux salariés", a expliqué Bruno Le Maire. Et le ministre n'a pas caché son sentiment sur la crise sanitaire et économique en cours. Elle devrait être "violente, globale, durable", et "le retour à la normale sera lent, progressif, difficile".

Où en est-on, un mois après l'appel du gouvernement aux entreprises ?

Dans la grande distribution, les salariés commencent à déchanter: la récompense promise de 1.000 euros défiscalisés va-t-elle leur passer sous le nez? 

Dans la grande distribution, Auchan est le premier à répondre à l’appel du gouvernement. Le groupe s’est engagé à verser une prime forfaitaire de 1.000 euros à 65.000 collaborateurs pour saluer leur exceptionnel engagement. 
Mais un mois plus tard, adieu la prime forfaitaire. Aux dernières nouvelles, elle sera finalement calculée en fonction du temps de travail effectif, sur une période définie, c'est-à-dire réduite. Ainsi les stagiaires sont-ils  les dindons de la farce.

"Les salariés se projetaient déjà avec une prime de 1.000 euros, quel que soit leur temps de travail effectif, et là c'est la douche froide, dénonce Christian Roy, délégué syndical Force ouvrière chez Auchan. Selon lui, tous les contrats de plus de 28 heures auraient la totalité de la prime. "Pour le reste, c'est proratisé en fonction du temps de travail effectif, et quelque part, il y a de la frustration qui naît à travers cette nouvelle annonce !"

À la direction d’Auchan, on affirme que le sujet n’est pas encore tranché, comme partout ailleurs dans la grande distribution. Et l'attente commence à vriller la tête des salariés, parce qu'ils "ne savent plus s'ils vont pouvoir l'avoir dans leur intégralité ou partiellement", souligne Laurence Gilardo, déléguée syndicale FO à Casino. "L'attente pour obtenir cette prime, ça met vraiment une ambiance de merde dans les magasins, honnêtement !," ajoute la déléguée syndicale FO.
Selon elle, beaucoup de rumeurs circulent, "notamment que le personnel qui met en rayons de nuit chez Casino n'aura pas la prime puisqu'ils ne sont pas exposés aux clients ! Sauf qu'il y a eu des centaines de clients qui sont venus déposer leurs virus, tousser sur les produits que les salariés manipulent, donc ils sont tout à fait légitimes à toucher la prime ! Il n'y a pas de raison !"

Le sujet de la discrimination est sensible.
Chez Leclerc, le ton monte aussi. Les salariés des entrepôts et des bases logistiques ont la certitude de recevoir une prime. Mais pas ceux des magasins franchisés. Ce sera au bon vouloir du directeur. Injuste pour cette salariée Leclerc qui souhaite rester anonyme. "On travaille tous pour la même enseigne, mais pourquoi favoriser des plateformes logistiques et non des caissières, des vendeurs à la coupe ? Pourquoi faire une sélection comme ça de telle catégorie et pas telle catégorie ?", interroge-t-elle.

La seule certitude, finalement, c’est qu’aucune prime n’a encore été versée aux salariés de la grande distribution.

mardi 7 avril 2020

Coronavirus : appel à la grève de la CGT du commerce et des services

Le syndicat réclame" un vrai sas de sécurité" 

"Mais nous ne sommes pas entendus", déplore le syndicat.
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A Carrefour Balaruc ou à Auchan Pérols, une caisse sur deux est en service,
notait Midi Libre, le 28 mars 2020
Le moment paraît mal-à-propos à une grève en période de pandémie mortelle, mais l'extrême gauche syndicale entend sensibiliser le pouvoir sur l'exposition des personnels du commerce et des services et l'urgence de leur sécurisation. Cette décision a été prise à l'issue d'une consultation des syndicats des deux secteurs, a précisé la CGT.

La CGT du commerce et des services appelle les salariés de ces deux secteurs à la grève à partir de mercredi pour réclamer des mesures de protection qui selon elle "manquent cruellement" face à la crise du coronavirus, a indiqué cette fédération, lundi.
"On paie le prix fort de l'inaction du gouvernement et du patronat dans cette crise. Les salariés travaillent sept jours sur sept pour des besoins qui sont loin d'être tous absolument essentiels, mais pour lesquels ils risquent leurs vies", a déclaré Amar Lagha, secrétaire général du bureau fédéral de la CGT Commerce et Services. 

"Le taux d'absentéisme est énorme; il y a des morts et notre rôle n'est pas de les compter. Nous demandons un vrai sas de sécurité, mais nous ne sommes pas entendus", a-t-il ajouté.

Macron a négliger de nommer un(e) secrétaire d'Etat spécifique chargé(e) du Commerce, de l'Artisanat et de la Consommation...
C'est la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, Agnès Pannier-Runacher, qui cumule cette fonction avec la...reconquête industrielle. Son domaine de compétence est d'ailleurs extrêmement large puisqu'elle commence dans le public comme directrice de cabinet du directeur général de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris et membre du comité de direction, mais s'oriente évidemment vers le privé comme directrice de la division clients recherche et développement de Faurecia Interior Systems, sans jamais manifester ni appétence ni expérience du secteur commercial. Rien ne la trouble d'ailleurs : elle a grandi dans le XVIe arrondissement et y vit, mais se présentait aux municipales dans le très stratégique XVe arrondissement, sur la liste LREM dirigée par Benjamin Griveaux. 
Lorsque la diffusion des sex-tapes de harcèlement sexuel par ce proche de Macron furent diffusées, elle s'indigna non pas des images de masturbation, mais de la démission de sa tête de... liste : "cela met la campagne à un niveau de caniveau totalement indécent," commenta-t-elle, sans déplorer aucunement l'agression sexuelle d'une femme.
Sont appelés à la grève "tous les salariés de la grande distribution, mais aussi ceux de la sécurité et des services en général," précise la CGT : "tous ceux qui se sentent concernés par le manque de moyens de protection".

La CGT veut "la santé des travailleurs avant l'argent" et a déposé un préavis de grève d’un mois dans les services publics à partir du 1er avril. 

Plusieurs décès de salariés contaminés. 
"Face à nos demandes réitérées, à l'impossibilité d'exercer son droit de retrait, ça suffit. On siffle la fin de la récré", a encore dit Amar Lagha.

Cet appel à la grève est lancé à la suite de l'annonce d'un nouveau décès d'un salarié de Carrefour Bercy-2 à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). La fédération déplore sur son site internet "cinq décès, plusieurs centaines de salariés contaminés, dont certains dans des situations critiques". 
Selon Amar Lagha, les délégués syndicaux du magasin de Charenton-le-Pont vont demander une réunion extraordinaire du comité social et économique (CSE) pour déclencher une enquête à travers sa commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT).

Le délégué déplore en outre "le décès d'un employé à la sécurité travaillant à l'aéroport Charles-de-Gaulle".

La CGT a porté plainte contre la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la direction de Carrefour.

 

lundi 30 mars 2020

Pénurie: Bruno Le Maire se fait moins affirmatif dans ses certitudes

"Si demain il devait y avoir une pénurie, je le dirais aux Français," envisage le patron de Bercy 

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, envisage désormais l'hypothèse d'un risque de pénuries alimentaires en France 

culpabilisation du/de la pn, manipulateur/trice | Être heureux ...
"Il n'y a pas de pénurie aujourd'hui dans les grands magasins et les commerces alimentaires", a-t-il observé sur RMC et BFMTV, ce lundi.

Mais il ajoure : "Et s'il devait y en avoir demain, "je le dirais aux Français et ils seraient informés pour que nous prenions les dispositions nécessaires", a lâché Bruno Le Maire.

Interrogé sur la possibilité que le gouvernement emploie la méthode Coué sur les pénuries, le ministre a répondu qu'il n'y en avait aucune "à l'heure où je vous parle. Je fais le point deux fois par jour avec le commerce alimentaire, la grande distribution, avec l'industrie agroalimentaire", a précisé le ministre. 

Mais  qu'il "fasse le point" autant qu'il veut : sa déclaration ne nous dit rien de l'évolution du risque, alors que la CGT appelle les chauffeurs routiers à exercer leur droit de retrait, en sorte que des mesures soient prises pour assurer leur protection contre le Covid-19.

"Il y a des tensions sur certains produits," a d'ailleurs reconnu "bien volontiers" Bruno Le Maire

We Name and Shame People - Home | Facebook
Comme Macron,
Le Maire pratique le 'naming'n shaming'
"Chacun peut le voir dans ses magasins. Il y a moins de variété sur certains produits comme les pâtes mais je le répète, il n'y a pas de pénuries".
Les règles de “recrutement, de travail de nuit, sur les heures supplémentaires” dans la distribution vont être “assouplies” pour “garantir la sécurité de la chaîne d’approvisionnement en produits alimentaires et de première nécessité”, a-t-il encore assuré pour les quinze jours à venir.

La presse décrypteuse évite de confronter les propos du jour et ceux du ministre Bruno Le Maire, il y a seulement quinze jours.
Le 15 mars, Le Maire promettait : il n'y aura "pas de rationnement"...
Et, nouvelle preuve du manque de lucidité de l'exécutif commandé par le chef de guerre Macron, de préciser: “90 à 95% des références (seraient) présentes” dans les rayons.

Comme le maître de l'Elysée, le patron de Bercy implique les Français 
"Nous comptons sur le comportement responsable des Français (...) pour ne pas se précipiter sur les rayons et acheter plus que de besoin", a craint le ministre, Il enfonce d'ailleurs le clou de la culpabilisation en disant "faire confiance aux Français" "pour ne pas se précipiter sur les rayons et acheter plus que de besoin”..

Ainsi, Le Maire insinue-t-il qu'en cas de pénurie, seuls les Français pourraient être tenus pour responsables... au premier rang desquels "les représentants de la grande distribution"...

mercredi 30 janvier 2019

Des centaines de produits alimentaires vont flamber, dès vendredi, en pleine crise des "gilets jaunes"

Conséquence de la loi alimentation votée en octobre 2018, les prix vont augmenter de 5% à 6% en moyenne

C'est la méthode de la majorité macronienne  pour tenter de rééquilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs

Résultat de recherche d'images pour "hausse prix produits alimentaires"
Dans les supermarchés, des produits alimentaires de grandes marques vont augmenter ce vendredi par centaines
, mais ceux des marques de grandes enseignes pourraient baisser : un pari pour défendre l'agriculture, sur fond de grogne des "gilets jaunes" pour le pouvoir d'achat.

Le 1er février, des hausses de tarifs vont intervenir sur 4% des produits alimentaires de grande consommation, a confirmé le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, un ex-socialiste, mercredi matin.

C'est l'effet induit du relèvement à 10% du "seuil de revente à perte", imposé par la récente loi alimentation. Le projet de loi Egalim sur l'agriculture et l'alimentation a été porté par l'ancien socialiste Stéphane Travert qui a conduit les Etats généraux de l'alimentation, puis a fait face aux 2.300 amendements déposés après quatre mois, Libération estimant qu'il défendait une "vision très agro-industrielle et productiviste du secteur". "Ce texte est loin des espoirs, des ambitions et des propositions des Etats généraux de l’alimentation", a estimé l'ancien ministre socialiste Guillaume Garot.

Le gouvernement compte ainsi obliger les distributeurs à vendre même leurs produits d'appel à des prix supérieurs d'au moins 10% à ceux auxquels ils les ont achetés et à cesser les ventes à perte. Or, environ 20 % du chiffre d'affaires des distributeurs était jusqu'ici réalisé avec moins de 10 % de marge. "L'effet inflationniste varierait entre 14 et 38 euros par an et par ménage", estime l'Autorité de la concurrence.

L'Etat espère que la distribution pourra ainsi mieux rémunérer les producteurs issus de toutes les filières agricoles et aquacoles, qui sont asphyxiés et disparaissent, régulièrement rémunérés en dessous de leur prix de revient.
Car paysans et producteurs sortent chaque année KO debout de la grande négociation rituelle des prix qui se tient d'octobre à fin février, face aux géants de l'agroalimentaire et surtout aux incontournables centrales d'achat de la distribution.

"Des produits agricoles vendus à leur juste valeur"

"Ce que je demande aux grandes surfaces, c'est de trouver moyen de répartir les marges différemment, de répartir les choses mieux, l'objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur", a lancé le ministre au micro de Franceinfo. 

Dans les supermarchés, "500 produits sur 13.000" devraient augmenter vendredi, alors que, dans les hypermarchés, a-t-il ajouté, "c'est 800 produits sur 20.000" qui sont concernés. Il a toutefois déploré :"Il y a 4% des produits qui vont augmenter beaucoup, je le regrette. J’aurais préféré que ça se fasse différemment."

"Lorsque les gens achètent de la viande, du poisson", les prix "seront protégés, contrairement à avant", a-t-il poursuivi, "surtout sur les marques de distributeurs (MDD)". "Ce qui m'importe, c'est que les consommateurs et les agriculteurs s'y retrouvent."

Message reçu par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), regroupant tous les acteurs de la distribution, à l'exception de Leclerc, qui a mené la fronde contre la loi alimentation au nom de la lutte pour le pouvoir d'achat.
"Ce sur quoi tous les acteurs économiques, sauf Leclerc, se sont mis d'accord, c'est qu'il faut changer le système, de façon à ce qu'on revienne à des prix normaux, et que ça permette d'améliorer le sort des agriculteurs. Et, de ce point de vue, je trouve qu'il n'y a rien de choquant à ce que le prix du Ricard puisse augmenter un peu si ça permet d'augmenter le prix payé aux éleveurs laitiers pour un litre de lait", a réagi le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel, .
prenant cet exemple au hasard...

Plusieurs accords avec des grandes enseignes
Pour Jacques Creyssel :"Le consommateur verra bien, quand l'ensemble de tout ceci sera terminé, c'est-à-dire dans quelques mois, qu'en réalité, c'est une opération positive pour tous," a-t-il promis.

Selon lui, plusieurs enseignes ont déjà annoncé dans la presse, en compensation, des baisses de prix sur leurs MDD, lesquels ne sont pas des produits de qualité équivalente à ceux de grandes marques qui les ont inspirés. Pour redorer leur image de marque, certaines enseignes vont aussi tenter d'actionner le levier de la fidélisation de leurs clients en proposant des avantages ciblés sur des produits "préférés", selon Cédric Chéreau, spécialiste de la promotion dans la grande distribution.

Aspect positif indiquant un changement d'attitude dans cette guerre de tranchées, la multiplication d'accords très médiatisés entre géants de la distribution et géants laitiers, permettant une revalorisation des prix du lait payés aux agriculteurs et éleveurs français.
Après Bel et Intermarché le 12 décembre, puis Leclerc et Danone le 2 janvier, c'est Leclerc et Lactalis qui ont annoncé mercredi un accord portant sur les prix de 200 millions de produits laitiers.

A un mois de la fin des négociations commerciales, les ministres feront le point le 7 ou le 8 février à Bercy autour de Bruno Le Maire et Didier Guillaume, avec la distribution, l'agroalimentaire et les producteurs autour de la table.
"On constate de vrais changements positifs en cours pour mieux rémunérer certaines filières organisées, comme le lait. Mais dans le secteur de la viande, cela ne part pas très bien", soulignait une source au ministère de l'Agriculture mercredi.

A l'heure où la question du pouvoir d'achat est très sensible, cette hausse effraie les enseignes. Et même le gouvernement. 

Chez Carrefour, la hausse de prix sera en moyenne de 35 centimes par produit. "Il y a environ 1. 000 références qu'on vendait jusque-là avec des marges très faibles, entre 0 et 10 %, car ce sont les produits les plus bataillés", explique Élodie Perthuisot, directrice marketing et clients Carrefour. 
Chez Intermarché, 5 % de l'assortiment affichera des hausses, ce qui correspondrait à une inflation de 0,8 % sur le panier de la ménagère en 2019. 
Annoncé comme le grand perdant de cette inflation, Leclerc assure maîtriser la situation. "Environ 3.000 produits auraient dû augmenter mais, au 1er février, on aura réussi à juguler l'essentiel de la hausse. Restent 1.000 produits qui augmenteront de 3 %", assure Michel-Édouard Leclerc, président des Centres E. Leclerc.