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samedi 23 mai 2020

Covid-19, la leçon de la Grèce à Macron, dès mars

La France querelleuse n'a pas mis toutes les chances de son côté : Macron a échoué à rassembler et à tracer la voie

En agissant tôt, le gouvernement grec a évité que l'épidémie ne se propage sur son sol et affiche jusqu'à présent un bilan rassurant

Histrion et/ou hystérique,
un bouffon aussi prétentieux que verbeux pour conduire le pays ...
"Quand tout sera terminé, peut-être qu'on ne s'en souviendra pas seulement comme d'un mauvais moment, mais plutôt comme du jour où on s'est dit: “Regarde comme on peut être bons." Et alors, peut-être que tous auront à apprendre sur nous, de nous, les Grecs." C'est mal connaître Macron.

C'est par ces mots que se termine le clip vidéo diffusé le 8 avril par la protection civile grecque, très réactive dans la lutte contre le Covid-19. Un hommage aux travailleurs et travailleuses du pays, après les humiliations de la crise économique. Bien que fragile encore, la Grèce et ses dirigeants peuvent être fiers du combat mené et exprimer leur satisfaction collective avec cette pointe d'orgueil.
Il faut rappelé qu'au socialiste Alexis Tsipras et à sa coalition avec l'extrême gauche (Syriza) a été virée à temps et que son successeur conservateur, Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie) lui a succédé comme premier ministre le 8 juillet 2019. Hautain, Macron n'a pas daigné jeter le moindre regard sur ce pays d'à peine plus de 10 millions d'habitants. La crise économique a placé ce réseau dans une situation "désespérée". Avec un réseau de seulement 63 hôpitaux, la Grèce n'a enregistré que 2.874 cas confirmés de Covid-19 et , au 22 mai, n'a eu à déplorer que 169 décès.

Le "mouton noir" de l'Europe a gagné son statut de bon élève.

Dans la crise du Covid-19, la Grèce s'est distinguée en exemple. Lors d’une discussion avec les membres du Parti populaire européen (PPE), Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec, a proposé d'accueillir leur prochaine réunion en Grèce. L’idée a immédiatement séduit ses interlocuteurs, qui l’ont actée, ce qui n'aurait sans doute jamais eu la moindre chance si la Grèce avait géré la crise du Covid-19 avec la même arrogance que la France, et si ses professeurs en médecine ne s'étaient livrés à une insupportable querelle d'ego, doublée d'un profond mépris des patients atteints du coronavirus qu'ils ont condamnés à une mort certaine en refusant un traitement précoce - une bi-thérapie à base d'hydroxychloroquine -  comme le prescrit le professeur Didier Raoult. Ce cénacle des mandarins français outragés que leurs avis de prudence (leurs protocoles pesants, leurs tergiversations, leurs divergences internes et leurs contre-essais cliniques infructueux) a poussé des hauts cris et mené une cabale diffamatoire qui prend désormais une dimension internationale.

Le message s'adresse aussi bien à la nation grecque qu'à l'Europe

Pas sûr pourtant que le donneur de leçons Macron soit prêt à en recevoir ! Après des années à se faire pointer du doigt et mépriser comme la mauvaise élève de l'UE, 
aujourd'hui la Grèce se révèle pourtant exemplaire dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19.

Réaction rapide.


Les mauvais élèves malveillants de l'Europe accusent l'Etat grec d'avoir peu testé sa population, malgré les recommandations de l'OMS, et d'avoir faussé les résultats sur le nombre de personnes contaminées. Ils portent les mêmes coups bas à la Russie. 
A propos des USA, la presse anti-Trump se délecte du chiffre de 1.260 morts en 24h, le 23 mai, se gardant de rappeler que la population américaine s'élève à 330 millions et que la France (qui en est 28.289 morts à la même date) déplorait 1210 morts dès le 16 mars, pour 66 millions d'habitants...Et encore 1.104 décès en France, le 5 mai.
Nombreux sont les pays qui s'en sortent moins bien que les Hellènes.
Certains indicateurs grecs ne trompent pas. 
Avec seulement 102 décès et 2.192 cas d'infection au 16 avril, la Grèce fait figure d'exception dans une Europe frappée de plein fouet par la pandémie. Qu'ils soient géographiquement proches (Italie, Turquie), économiquement plus puissants (France, Royaume-Uni), aux proportions équivalentes (Belgique, Pays-Bas), 

Si l'ensemble des Balkans voisins est relativement épargné, ce bilan peut objectivement être attribué à une réponse rapide et efficace du gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis, 52 ans, un analyste financier, dans les années 90, et ancien ministre des Réformes administratives entre 2013 et 2015.

Les décrypteurs et analystes de presse française qui prétendent tout nous expliquer  ont fait l'impasse sur le modèle grec où des mesures ont été prises vite et tôt: le premier ministre grec a ainsi empêché que le virus ne se propage sur l'ensemble du territoire et ne mette à mal un système de santé ébranlé par une décennie d'austérité.

L'ensemble de la société, et la classe politique en premier lieu, est consciente de l'appauvrissement d'un secteur affaibli par des coupes budgétaires et le départ à l'étranger de près de 20.000 médecins depuis 2010. Mais elle adopte aussi une attitude responsable.

Fermeté du gouvernement : ni mensonges, ni zigzags...

Macron a attendu le 23 mars 2020 pour instaurer l'état d'urgence sanitaire (article 4 de la loi n° 2020-290) pensant faire face en deux mois à l'épidémie de Covid-19: "l'état d'urgence sanitaire est déclaré pour une durée de deux mois à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi". Or, publiée en catastrophe au JO du 24 mars 2020, cette loi est entrée "en vigueur immédiatement" en vertu de son article 22.
Beaucoup d'esprits supérieurs français ont souri lorsque le carnaval de Patras, le plus important du pays, a été annulé par les autorités, fin février. Les festivaliers ont alors bravé l'interdiction de se réunir, se riant d'un excès de précaution. Mais le gouvernement conservateur a fait preuve d'autorité et n'a pas dévié de sa ligne de conduite.
Dès le 10 mars, alors que la Grèce ne compte encore aucun décès et moins de 100 cas de Covid-19 recensés, les établissements scolaires sont fermés (le 12 mars en France). 
Tokyo 2020 : La flamme olympique désormais entre les mains du ...
Les commerces, musées, sites archéologiques, théâtres, restaurants, plages et tous les lieux propices aux rassemblements publics sont soumis aux mêmes restrictions le 14 mars.
Evénement hautement symbolique et porteur d'espoir, la cérémonie de la flamme olympique est maintenue le 12 mars à Olympie, mais se tient à huis clos pour la première fois depuis plus de trente ans.
Le 15 mars, les liaisons avec l'Espagne et l'Italie sont coupées et les zones les plus touchées par l'épidémie dans le nord du pays sont rapidement mises en quarantaine stricte, pour endiguer la propagation du virus. Le confinement général est mis en place le 23 mars.

Même la puissante Eglise orthodoxe est contrainte de suivre les mesures de restriction. Dans un pays pourtant particulièrement croyant et pratiquant, où les querelles de laïcité et de séparation entre l'Eglise et l'Etat évitent tout sectarisme, les messes sont interdites au public et les portes des édifices religieux se sont rapidement refermées pour éviter qu'ils ne deviennent des foyers de contagion.
Plus grande fête nationale et moment de déplacements et de regroupements familiaux de la population grecque, la Pâque orthodoxea eu une valeur de test ultime d'unité nationale pour maintenir cette dynamique, dimanche 19 avril.

Pas d'atteinte politique aux libertés individuelles des Grecs

Loin du cliché de peuples du Sud indisciplinés et réfractaires, les Grecs respectent en grande majorité les mesures de confinement. Malgré une opposition de gauche au pouvoir politique, les citoyens suivent les consignes des autorités.

Celles de Sotirios Tsiodras, directeur des maladies infectieuses devenu voix de l'information sur le Covid-19 en Grèce, ne souffrent d'aucune contestation. Sa figure de professionnel de la santé - et non pas un haut-fonctionnaire qui n'aurait plus vu de malade depuis plusieurs dizaines d'années, comme Jérôme Salomon - a permis d'éradiquer tout caractère politique et soupçon de mensonge dans la gestion de la crise.
La crise économique traversée par les Grecs a laissé des traces durables et la population comprend l'urgence de la situation: elle vit courageusement cette nouvelle séquence de résilience et ne prend pas le risque d'aggraver la situation d'une société toujours fragile.

La terrible réalité italienne a également joué un rôle dans l'imaginaire grec. 
"Una faccia, una razza" (Même visage, même race), se plaisent à répéter les Grecs aux Italiens, pour dire la ressemblance et la proximité entre les deux peuples.
En s'identifiant à sa voisine, en la voyant souffrir, la population grecque a pris conscience de la situation bien plus rapidement que les pays du nord de l'Europe. Ou que tel merle noir au chant trompeur... 

Les camps de clandestins constituent des "clusters" de la Covid-19
Plusieurs cas ont été enregistrés dans deux camps de réfugiés sur le continent. Les malades ont été placés en quarantaine stricte, car le danger en Grèce vient désormais de l'étranger.

La satisfaction d'avoir évité un drame sanitaire ne cache pas l'inquiétude de voir surgir une nouvelle période critique, à la fois économique, intérieure, que sociale, importée.

lundi 18 mai 2020

Déconfinement: le Conseil d'Etat interdit l'usage des drones de surveillance à Paris

Le Conseil d'Etat est-il aux mains des droits de l'hommistes ?

Les magistrats administratifs étaient saisis d'un recours de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et de la Quadrature du Net.



Depuis plusieurs semaines, le drone était devenu un outil majeur de surveillance utilisé par les policiers de la cacapitaleLa gauche y a vu une intrusion dans son domaine réservé.


Le Conseil d'Etat a enjoint lundi 18 mai l'Etat de cesser «sans délai» d'utiliser des drones à Paris pour surveiller le respect des règles du déconfinement, en raison de l'absence de cadre juridique pour l'utilisation de ces dispositifs techniques.


Pour la plus haute juridiction administrative, l'usage de ces drones, dans ces conditions, "caractérise une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée". Le Conseil d'Etat anticipe de potentiels "risques d'un usage contraire aux règles de protection des données personnelles". Au cours de l'audience vendredi, il a beaucoup été question de la possibilité avec ces drones d'identifier les personnes filmées sur la voie publique.



Préfecture de Police


✔@prefpolice


| Paris vu par les drones de la @prefpolice.

Épisode 4 : Survolez la Capitale de la Concorde à la Tour Eiffel en passant par la Seine.

14:00 - 28 avr. 2020


Encadrer l'usage


Pour le ministère de l'Intérieur et la Préfecture de police de Paris, cette identification n'est pas l'objectif visé avec l'usage de ces appareils: les drones permettent, ont-ils expliqué, de repérer des rassemblements interdits afin de déployer des forces de l'ordre pour disperser les personnes regroupées.


Le juge administratif n'a pas remis cela en question, mais a pris sa décision sur la base de la capacité d'identifier les personnes et donc du risque de mésusage. Afin de pouvoir utiliser ces drones, il faudra soit un arrêté pour encadrer leur usage, pris après avis de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), soit doter les appareils utilisés par la Préfecture de police de Paris de dispositifs techniques rendant impossible l'identification des personnes filmées.


L'avocat de la LDH, Patrice Spinosi, a salué "la volonté du Conseil d'Etat de marquer son attachement aux libertés fondamentales". "Il n'y a aucune raison de penser que cette décision n'ait pas vocation à s'appliquer sur l'ensemble du territoire français", car aucun cadre juridique n'existe pour l'utilisation de ces drones, a-t-il estimé.



Les hauts magistrats font obstacle a la mise en oeuvre de l'état d'urgence sanitaire votée par le Parlement.


dimanche 17 mai 2020

Des travailleurs saisonniers étrangers circulent en France pendant l'état d'urgence sanitaire

Lieux de spectacles et plages fermés aux Français, mais libre circulation des étrangers... 

Le coronavirus et les étrangers circulent dans la population quant à elle contrôlée, verbalisée et contaminée

Le Monde estime que c'est pour les saisonniers que "le manque de visibilité est terrible". Et la cohérence ?
Les agriculteurs ont souvent recours aux travailleurs saisonniers pour ramasser les fraises, les cerises, les abricots et encore les asperges. Photo d\'illustration.
Pas de gants:  donc ni masque, ni gel ? Bonne dégustation !

Faute de consignes sur ce qui est autorisé ou non cet été, le gouvernement centralisateur qui décide plus que jamais de tout en période d'état d'urgence sanitaire entretient flou et inquiétudes, maintenant hôtels et restaurants notamment dans l’expectative. 

Pour le million de personnes qui, chaque année, font les saisons, l’été 2020 s’annonce donc à haut risque. En 2019, près de la moitié des saisonniers ont exercé leur activité dans les secteurs de la restauration, de l’hébergement et des loisirs, principalement sur les lieux de vacances, selon les données compilées par la Dares, la direction chargée de la recherche au ministère du travail, fin décembre. Et une part non négligeable (15 %) dans le commerce. Environ un quart ont été embauchés pour effectuer des travaux de cueillette de fruits ou les vendanges. Or, si les opportunités de contrats existent bel et bien dans l’agriculture, sur le littoral ou dans les lieux touristiques, il en va tout autrement cette année en raison des conséquences de la pandémie de coronavirus.

Alors qu’hôtels et restaurants font travailler 150.000 saisonniers l’hiver et 300.000 l’été, le marché est aujourd’hui au point mort, en l’absence de consignes gouvernementales. "Tous les recrutements sont suspendus, faute de visibilité, déclare Thierry Grégoire, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH)-saisonniers. Et puis, lorsque nous le pourrons, nous ne rouvrirons pas dans les mêmes conditions." 
Le respect des règles de distanciation, notamment dans les restaurants, va réduire les flux de clientèle, avec sans doute un impact sur les effectifs des établissements. Selon Th. Grégoire, même en cas de réouverture, "environ 75 % seulement des saisonniers du secteur pourraient trouver du travail cet été."

Malgré la pandémie, l'Union européenne favorise la circulation des travailleurs étrangers

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"Le gouvernement vole au secours
des agriculteurs," dixit Les Echos
 
Pour soutenir l'économie, l'UE assure la liberté de circulation des travailleurs saisonniers en les incluant dans les nouvelles directives.
Dès le 30 mars, la Commission européenne a publié de nouveaux conseils pratiques pour garantir la libre circulation aux saisonniers étrangers à l'intérieur de l'UE en sorte qu'ils puissent atteindre leur lieu de travail, au risque de propagation du coronavirus de pays à pays. Le secteur alimentaire est un secteur clé inclus dans ces lignes directrices, notamment en ce qui concerne les travailleurs saisonniers.

Ces lignes directrices visent donc à répondre aux préoccupations des citoyens et des entreprises touchés par les mesures visant à contenir la propagation du coronavirus, ainsi que des autorités nationales qui mettent en œuvre ces mesures. Ces mesures incluent les contrôles aux frontières intérieures et la restriction de la circulation des personnes au sein de l'UE.

Le secteur agroalimentaire de l'UE tente en fait d'assurer l'efficacité de la chaîne alimentaire et la sécurité alimentaire dans toute l'UE pendant cette crise sanitaire sans précédent. Or, il prévoyait que dans les semaines suivantes, il serait néanmoins confronté à une importante pénurie de main-d'œuvre si les travailleurs saisonniers ne pouvaient pas se rendre sur leur lieu  de récolte, de plantation et de soins aux plantes, en raison de mesures trop restrictives.

Les directives de la Commission incitent les Etats membres à mettre en place des procédures spécifiques, rapides et exemptes de charges, pour assurer un passage efficace des travailleurs frontaliers et saisonniers, y compris un dépistage sanitaire proportionné. On note ainsi un "en même temps" désemparant de la Commission qui dit restreindre et faciliter à la fois...

En ce qui concerne les travailleurs saisonniers dans le secteur agricole, les Etats membres devraient échanger des informations sur leurs différents besoins au niveau technique et établir des procédures spécifiques pour assurer le déplacement de ces travailleurs. En outre, les Etats membres devraient traiter ces personnes comme des "travailleurs critiques" [comprendre "à risques"] et communiquer aux employeurs la nécessité d'assurer une protection adéquate en terme de santé et de sécurité. Comment ?
La Commission continuera à identifier avec les Etats membres les meilleures pratiques qui peuvent être étendues à tous les États membres pour permettre aux travailleurs d'exercer leurs professions essentielles sans entraves excessives. Quelle part l'Union européenne accorde-t-elle donc à la protection des populations sédentaires ?

En Nouvelle-Aquitaine, les locaux s'engagent pour éviter l'arrivée de saisonniers étrangers

Des saisonniers récoltent des fraises, en avril 2020.

Pour leur sécurité face au coronavirus, ils acceptent d'être mal payés.
En Lot-et-Garonne ou en Gironde, viticulteurs, fraisiculteurs et producteurs d'asperge ont reçu "un coup de main local d’étudiants ou de restaurateurs d'Arcachon dont les établissements étaient fermés".

Une solution temporaire qui fait espérer aux nombreux agriculteurs français de voir rapidement les frontières rouvrir aux saisonniers étrangers : la pénurie de main-d’œuvre s’aggravant avant l'entrée en pleine saison des récoltes, à la roulette russe, polonaise ou roumaine, la priorité à la santé le cède à l'économie.

La main-d’œuvre étrangère a maintenant débarqué en Nouvelle-Aquitaine, et viticulteurs, fraisiculteurs ou producteurs d’asperges qui "craignaient le pire" pour leurs trésoreries attendent de voir les conséquences sanitaires de leurs choix, puisqu'ils ont dû héberger des étrangers et partager le travail sans sacrifier les gestes barrière contre la Covid-19.
Au temps du confinement et tant que l'UE n'a pas donné son feu vert, les cultivateurs de fraises du Lot-et-Garonne, les producteurs d’asperges des Landes ou de Haute-Gironde mais aussi des viticulteurs du Bordelais ont redouté le manque de main-d’œuvre étrangère, levant les appréhensions de contamination pour eux-mêmes et leurs familles. Ont-ils contribué à la propagation de la Covid-19 ?

Deux mois plus tard, le président de l’Association interprofessionnelle des fruits et légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG) évalue la récolte 2020. Le fraisiculteur explique que ses saisonniers venant surtout "d’Espagne, du Portugal ou de Pologne" ont pu rejoindre son exploitation malgré la fermeture des frontières. "On craignait le pire mais on réussit à bien vivre la saison", se satisfait Philippe Blouin. A-t-il été plus raisonnable que les fêtards parisiens qui se sont agglutinés le long du Canal Saint-Martin, bravant les arrêtés interdisant les rassemblements publics ? 

Ailleurs, notamment
en Provence-Alpes-Côte d’Azur, maraîchers et viticulteurs ont attendu l’autorisation gouvernementale. Le régional de l'exécutif, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a annoncé la semaine dernière que des "dérogations supplémentaires" seront lancées pour faciliter la venue des saisonniers. 
Dans le Vaucluse, Frédéric Vève attend ainsi "avec impatience" l’arrivée d’une quinzaine de travailleurs andalous pour récolter ses cerises et préparer ses vignes. Jusqu’ici, le viticulteur avait réussi à combler ses besoins avec des gens du coin. Surveillante scolaire, cantinière, charpentier, etc : "J’ai embauché une dizaine de Français qui n’avaient jamais vu de vignes de leur vie et qui ont fait un travail super." Mais la plupart de ces personnes en chômage partiel vont progressivement reprendre leur activité avec le déconfinement.

"Accueillir nos saisonniers cette année, ça n’était pas de tout repos"
A Reignac, les travailleurs locaux devraient également voir leur contrat "se finir d’ici la fin de la semaine prochaine", précise Jean-Pierre Bouillac. Il faudra attendre la fin du joli mois de mai pour dresser le bilan épidémiologique de ces flux de saisonniers venus de France et d'ailleurs. 
Les saisonniers étrangers, eux, passeront à d’autres travaux. Et tous continueront d’être logés dans des gîtes ou dans des mobil-homes près de la large propriété, sans garanties que les gestes-barrière sont scrupuleusement respectés en dehors des heures de travail. "Il a fallu rester vigilant et tenter le plus possible de faire respecter les règles sanitaires", assure Jean-Pierre Bouillac, militant agriculteur qui ne voudrait pas d'un "cluster bis" comme parmi les récoltants d'asperges des Landes. 
A Pâques, l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine avait vu des foyers de Covid-19 émerger "chez des travailleurs saisonniers qui ramassaient des asperges". Chaque fois, l’épidémie s’est déclarée "dans les lieux d’hébergement ou de rassemblement à la pause", pour autant qu'on puisse savoir aussi sûrement, avait prévenu le Dr Daniel Habold. "Le logement des travailleurs saisonniers en promiscuité ne peut plus avoir lieu", avait insisté le directeur du pôle santé publique de l’ARS. Mais la récolte a été maintenue jusqu'à son terme. Le Dr Daniel Habold a-t-il assuré la traçabilité de ces saisonniers des Landes jusqu'en Provence ? 

Dérogations pour les saisonniers étrangers,  contraintes pour les Français

Aucune contrainte de
 quarantaine pour les personnes "en provenance de l’UE, espace Schengen ou Royaume-Uni"... La prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet ne s'applique pas à tous: un régime d'exception à bien des égards !
Le texte, qui sera examiné mardi à l’Assemblée nationale, rend obligatoire une quatorzaine pour les personnes arrivant sur le territoire. Des mesures d’isolement seront imposées aux personnes malades sur le sol français, mais sans contrainte. L’application StopCovid ne sera pas disponible le 11 mai comme promis, mais il y aura bien un système flou de traçage vague des "cas contacts" des personnes testées positives. Le cabotin ne navigue plus à vue, il cabote.  Le "capitaine de pédalo" est de retour.
Un Britannique ou un Italien peut entrer en France et traverser le pays en tous sens, mais un Français est verbalisé au-delà de 100 kilomètres à partir de son domicile.

lundi 11 mai 2020

Déconfinement: la loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire n'a pas été promulguée à temps

Le "maître des horloges" n'a pas prévu que le Conseil constitutionnel ne travaille pas le dimanche...

La loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire n’a pas été promulguée à temps pour le déconfinement


Contre-temps : le Conseil constitutionnel rendra son avis lundi. 
Défaillant, le gamin de l'Elysée fait appel à la "responsabilité des Français" pour respecter des règles qui n'ont pas force de loi sur la limitation des déplacements et l’utilisation des transports en commun.

Depuis minuit ce lundi, la France s'est libérée après cinquante-cinq jours de confinement strict sur l’ensemble du territoire : elle autorise à nouveau certains déplacements et la réouverture de la plupart des commerces. Mais la reprise de l’activité n'est que partielle et les appels à la prudence se sont multipliés, avec plusieurs craintes: outre le risque d'infection qui perdure, la possibilité d'une seconde vague de contamination.
A ces peurs, les stagiaires prétentieux de l'exécutif ajoutent un raté de taille: la prorogation de  loi d’état d’urgence sanitaire du 10 mai au 10 juillet n’a pas été promulguée à temps.

L'exécutif est encore une fois la risée du monde et sa bavure apporte de l'eau au moulin de ses opposants politiques qui ne s'attendaient pas à autant de négligence prolongée - elle aussi - en quatrième année d'exercice du pouvoir: Macron n'a pas laissé le temps au conseil constitutionnel de valider sa loi d’extension de l'état d’urgence sanitaire. Dans un communiqué commun, l’Elysée et Matignon expliquent que le Conseil constitutionnel, saisi par Macron notamment, ne rendra finalement son avis que lundi sur cette loi d’urgence adoptée samedi par le Parlement. Sous réserve de cet aval, l’entrée en vigueur de deux dispositions phares est repoussé à lundi soir : la limitation des déplacements à 100 km et l’attestation obligatoire dans les transports en commun.

Même un "cerveau reptilien" de macronien peut entrevoir l'engagement de sa responsabilité et le risque de poursuites pénales

De nombreux citoyens de bonne foi pourraient parcourir des centaines de kilomètres et l’exécutif fait piteusement appel "au sens de la responsabilité des Français", et rappelle qu'il était "en tout état de cause prévu que les nouvelles mesures devaient faire l’objet d’une période de tolérance"... Selon le projet de loi voté par le Parlement et entrant en vigueur à 00h00 ce lundi matin, le défaut de présentation de l’attestation d’employeur demandée pour emprunter les transports en commun d’Ile-de-France entre 6 h 30 et 9 h 30 et entre 16 heures et 19 heures ne devait ainsi être verbalisé qu’à partir de mercredi. 
Macron apprend la tolérance, mais la marche est longue: pas d'amendes avant mercredi. Ce délai est-il prorogé jusqu'à jeudi ?

Les autres mesures du déconfinement vont entrer en vigueur dès lundi matin 
"Compte tenu de ces circonstances exceptionnelles", un décret temporaire a été publié au Journal officiel de lundi pour les faire appliquer à effet immédiat. Il s’agit de la fin des limitations des sorties du domicile, obligation du port du masque dans les transports en commun, réouverture des commerces à condition du respect des gestes barrières et de la distanciation et limitation à 10 personnes des rassemblements dans les lieux publics. 

"Sens des responsabilités" des Français à défaut d'efficience du pouvoir

Brigitte Macron apparaît le bras en écharpe après une mauvaise ...
La retraitée se casse un bras, mais Macron ne se foule pas
A défaut de masques de protection disponibles, le confinement d’une bonne partie de la population a porté ses fruits, avec un bilan quotidien des décès retombé dimanche soir à 70 morts, le plus bas niveau depuis la mise en cinquantaine du pays, le 17 mars. Pour l'heure, le bilan total s’élève toutefois à au moins 26.380 décès, et les principaux responsables ont multiplié les appels à la prudence et à la patience. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a ainsi averti sur TF1 : "Nous n’en avons pas terminé avec le virus. Nous allégeons les conditions du confinement mais la vie ne peut pas reprendre comme elle était auparavant".

L’apparition de trois nouveaux foyers en Nouvelle-Aquitaine et en Vendée appelle à rester vigilants. Ces nouveaux foyers d'infection se situent en effet en zones classées en "vert", ce qui incite plus que jamais à la prudence. L’un d’eux a été identifié dans un collège, où des personnels s’étaient réunis pour préparer la rentrée, et un autre dans une entreprise. Certains y voient deux "fake news" officielles - matière à "desinfox coronavirus" (si le palais de l'Elysée n'avait pas été contraint de fermer sa page attentatoire aux libertés) - visant à responsabiliser les Français à la veille du déconfinement de deux secteurs précisément ré-ouverts le 11 mai, écoles et entreprises.  "Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a alerté dimanche le professeur Anne-Claude Crémieux, une infectiologue (hôpital Saint-Louis à Paris), qui poursuit sur sa ligne : "Minimiser pour rassurer rompt la confiance avec le citoyen", insistait-elle le 9 mai. "Et l’absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance : "Malheureusement, l’évolution de l’épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c’est l’avenir qui nous permettra de trancher", a-t-elle insisté, participant à la montée de l'anxiété dans la population.

Les enseignants préparent la reprise en présenciel 

Sur l’autre dossier sensible, les écoles, la journée de lundi doit permettre  aux professeurs une pré-reprise des cours en présence physique d' élèves attendus à partir de mardi, voire plus tard selon les communes, avec des règles sanitaires drastiques - pour rassurer les parents et contenter Blanquer - mais qui resteront largement théoriques.

"85 % des écoles sont prévues pour rouvrir lundi, ce qui ne veut pas dire 85% des élèves (…) Un million d’enfants vont ["va": le ministre de la Santé parle beaucoup et parfois le français] retrouver le chemin de l’école, les conditions sanitaires sont réunies", a assuré Olivier Véran. 
Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer souhaite en effet que tous les enfants aient pu retrouver "au moins une fois" leur école d’ici à fin mai, déclare-t-il dans un entretien avec le Journal du dimanche.

Port du masque obligatoire et inquiétudes persistantes

https://www.gj-magazine.com/gj/wp-content/uploads/2020/05/exv5ixru8aa7jib_0-678x381.jpg
Le bouffon du gouvernement ne respecte rien : ni port du masque, ni distanciation !
On recherche un "illettré" pour lui décrypter le texte d'urgence sanitaire ?
Lundi, le masque devient la clé obligatoire d'accès aux transports publics. 
A partir de lundi, l’Etat mettra "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport", destinés aux usagers, dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, promet Christophe Castaner. 

Les Français qui s’apprêtent à reprendre le travail lundi expriment leurs craintes.
53 % disent avoir personnellement davantage peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop.

dimanche 10 mai 2020

Le Parlement prolonge l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet

Les pleins pouvoirs à Macron étaient-ils nécessaires depuis le risque de scission à LREM ?

Le texte du gouvernement a été adopté en seconde lecture à l'Assemblée à majorité présidentielle

L'Edouard, incarnation tragique de l'épidémie de Covid19

Un compromis entre députés et sénateurs aura été nécessaire en commission pour que le Sénat donne son feu vert au cours de la navette parlementaire. 

Le président du Sénat saisira le Conseil constitutionnel dès samedi soir, a confirmé Gérard Larcher (LR), souhaitant s'assurer que les mesures qui seront mises en œuvre "sont nécessaires et adaptées aux circonstances". Macron a déjà annoncé qu'il saisira lui-même les Sages.
C'est la loi du 23 mars 2020 qui prévoit la possibilité de déclarer l'état d'urgence. Cette possibilité est introduite de façon provisoire dans le code de la santé publique (jusqu'au 21 avril 2021). La même loi a prévu l'entrée en vigueur de l'état d'urgence sanitaire pour une durée de deux mois sur l'ensemble du territoire national à compter du 24 mars 2020. Pour prolonger l'état d'urgence sanitaire au-delà du 24 mai, le gouvernement a présenté un projet de loi de prorogation le 2 mai. Le 9 mai, le Parlement a voté le texte et prolonge l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet inclus.
Quels sont les pouvoirs du premier ministre pendant l'état d'urgence sanitaire ?
La déclaration de l'état d'urgence sanitaire autorise le premier ministre à prendre par décret :
  • des mesures limitant la liberté d'aller et venir, la liberté d'entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d'interdiction de déplacement hors du domicile) ;
  • des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire ;
  • des mesures temporaires de contrôle des prix
Ces mesures doivent être proportionnées aux risques encourus.

Le ministre en charge de la Santé a le pouvoir de prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures qui s'inscrivent dans le cadre défini par le premier ministre.

Le point sensible de la responsabilité pénale des acteurs publics et privés a fait l'objet d'une mise au point entre députés et sénateurs en début d'après-midi en commission mixte paritaire. La question de la responsabilité pénale des maires, en première ligne pour la sortie du confinement à compter de lundi et singulièrement la réouverture des écoles décidée unilatéralement par le gouvernement, était un sujet de vives tensions depuis plusieurs jours entre majorité et opposition. 

Le texte retenu modifie le Code de la santé publique pour préciser qu'il sera désormais tenu compte des "compétences, des pouvoirs et des moyens" dont disposait "l'auteur des faits", dans "la situation de crise ayant justifié l'état d'urgence sanitaire", ainsi que de "la nature de ses missions ou de ses fonctions". 

L'instauration d'un dossier médical partagé est prévue par ce projet de loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire. 
StopCovid
Députés et sénateurs ont aussi trouvé un compromis sur l'autre "point dur" de ce projet de loi : la mise en place d'un suivi des malades du coronavirus et des cas contacts, grâce à un fichier de suivi, un "contact tracing", en lien avec l'Assurance maladie. Les parlementaires ont ajouté des garanties sur la création de ce fichier, différent du projet d'application StopCovid. Ils ont notamment limité à trois mois la sauvegarde des données.

La possibilité d'une mise en quarantaine ou en isolement à l'arrivée sur le territoire nationale est prévue par le texte, dans certains cas. "L'objectif de promulgation de la loi le 11 mai se devait d'être tenu", a rappelé le secrétaire d'Etat Adrien Taquet, assurant que ce texte "n'est pas un blanc-seing" donné à l'exécutif.
  
Les "brigades" anti-Covronavirus soulèvent l'épineuse question de la confidentialité des données

Annoncées mardi 29 avril 2020 par le premier ministre, ces brigades seront chargées de faire remonter la liste des cas contacts des personnes contaminées.
"Protéger, tester, isoler": c'est sur ce triple levier que le premier ministre Edouard Philippe entend appuyer son plan de déconfinement visant à empêcher un rebond de l'épidémie. A  cet effet, il promet 700.000 tests disponibles dès le 11 mai et remboursés à 100 % par l'assurance-maladie.

Mais un "système d'information" intrusif visant à répertorier les porteurs du Coronavirus va être déployé, impliquant des entorses au secret médical. Pour identifier les personnes infectées, qu'elles soient symptomatiques ou asymptomatiques, et les inciter à se faire dépister, des "brigades sanitaires" – réunissant professionnels de santé (médecins, infirmiers, etc.), personnels de l'assurance-maladie, employés de centres communaux d'action sociale (CCAS), de conseils départementaux ou d'organismes comme la Croix-Rouge pourraient également les intégrer. Au total, une armée de 3 à 4.000 personnes sera mobilisée, mais toutes ne seront pas assermentées et liées par le secret professionnel. "Nous aurons 2.500 collaborateurs supplémentaires prêts à venir immédiatement en renfort si nécessaire", a susurré le directeur de l'Assurance maladie, Nicolas Revel, au journal Les Echos( groupe LVMH). 
Les "brigades sanitaires" seront par ailleurs intégrées dans un dispositif plus large, impliquant notamment le personnel de santé et les services municipaux. Selon Jean-François Delfraissy, président du "conseil scientifique", 30.000 personnes au total pourraient être mobilisées.... pour "casser" les chaînes de contamination.

Le Parlement retoque le texte de Macron

Les médecins, mercenaires rémunérés au signalement ?
Les généralistes ayant pris en charge un malade du Covid-19 devront recenser les personnes ayant été en contact avec ce patient et effectuer une première analyse du risque de contamination. En ce sens, ils formeront "la première ligne" du dispositif, a décidé Edouard Philippe. Les informations recueillies seront transmises à l'Assurance maladie. 
Pour ce travail, les médecins recevront un forfait de 55 euros par enquête sur le patient, comprenant à la fois la consultation et la saisie informatique des coordonnées des membres de la cellule familiale. Pour encourager les médecins à poursuivre l'enquête au-delà du cercle familial, deux euros seront versés pour chaque contact supplémentaire identifié. Ce montant sera porté à quatre euros quand les coordonnées permettant de les joindre seront renseignées, a précisé Nicolas Revel. 

Ces primes de rendement ont finalement été rejetées
, à la fois par les syndicats de médecins et par les parlementaires.

"Deux lignes rouges ont été levées," permettant aux députés et sénateurs LR de voter le texte, comme la majorité, d'une part sur la responsabilité pénale des décideurs et sur les modalités de traçage, fait valoir le chef de file du groupe de droite à l'Assemblée Damien Abad.

Macron, de l'état d'urgence politique à l'état d'urgence sanitaire, 
ou la tentation des pleins pouvoirs permanents 

A gauche, le castriste Jean-Luc Mélenchon (LFI) avait défendu une motion de rejet préalable: l'extrême gauche entendait contester l'absence de "mesures sociales" comme la "gratuité" et la distribution de masques pour tous et mettre en garde contre l'installation d'une "société de surveillance". 
Les communistes ont aussi dénoncé un "régime juridique d'exception" et un "petit compromis" entre l'Assemblée et le Sénat. Selon le groupe CRCE, à majorité communiste, il n'y a pas lieu "de prolonger indéfiniment" l'état d'urgence sanitaire, la sénatrice écologiste Esther Benbassa fustigeant une "atteinte disproportionnée à nos libertés individuelles et publiques".
Le groupe PS a voté contre également. Malgré des avancées, le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur a dénoncé un texte sans "une ligne sur l'urgence sociale". 
"Ce n'est pas le cœur léger que nous restreignons momentanément les libertés publiques, a commenté la rapporteure LREM Marie Guévenoux. Et d'assurer que c'est "en conscience de nos responsabilités face à la crise sanitaire". Et elle a "formé le vœu que nous puissions le 10 juillet sortir de l'état d'urgence sanitaire". 
Il y a cinq jours toutefois, l'ineffable patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, avait laissé entendre qu'il s'attendait à une nouvelle prolongation en juillet, sauf "divine surprise".