POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Varoufakis Y. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Varoufakis Y. Afficher tous les articles

mardi 17 octobre 2017

Filippetti dénonce une "purge politique" au PS

Filippetti s'est faite exclure du PS par la Fédération de Moselle 

L'ancienne ministre de la Culture n'en est encore pas revenue

Aurélie Filippetti a dénoncé lundi une "purge politique" au PS, après l'envoi par la fédération de Moselle d'un courrier lui signifiant sa "sortie" du parti.
"J'ai l'impression qu'il y a vraiment un mouvement presque de purge politique avec ceux qui ont défendu une ligne plus à gauche" que celle du parti ces dernières années, a expliqué  sur CNews A. Filippetti, membre de l'aile gauche du parti, ancienne compagne d'Arnaud Montebourg et ancienne porte-parole du candidat à la présidentielle Benoît Hamon.
Aurélie Filippetti s'est vue signifier son exclusion du PS suite à son soutien à une liste socialiste dissidente aux dernières sénatoriales.

Filippetti dénonce une chasse aux sorcières

"Il n'y a pas que dans ma fédération qu'il y a des opérations comme ça", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions. Elle a dénoncé lundi une méthode "scandaleuse". "Ce n'est pas un premier fédéral qui exclut. J'ai été porte-parole de trois candidats à la présidentielle, et il y a à avoir un respect du contradictoire", a-t-elle estimé. "Les macronistes ont toujours table ouverte au PS, voire siègent au Bureau national", a-t-elle souligné. 

Elle a aussi protesté contre un "deux poids-deux mesures", alors que "ceux qui ont dit qu'ils avaient voté Emmanuel Macron avant le premier tour de la présidentielle n'ont pas été exclus".
C'est par exemple le cas de l'ancienne secrétaire d'Etat Juliette Méadel, revenue au BN du PS le 2 octobre, au grand dam du président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) Benjamin Lucas, 27 ans, décrit comme "anti-Valls", qui s'opposa au projet de loi de réforme du Code du travail de Myriam El Khomri et qui avait quitté la réunion pour signifier son désaccord.

"C'est la tentation dans les organisations qui sont mal en point d'être encore plus sectaires, encore plus refermées sur elles-mêmes", a déploré l'ancienne députée de Moselle, redevenue enseignante.

Filippetti s'est dite surtout intéressée par la création d'une force politique "à l'échelle européenne"

Résultat de recherche d'images pour "varoufakis Montebourg filippetti"Elle était en fait interrogée sur sa volonté ou non de rester au PS, alors que Benoît Hamon et certains de ses proches l'ont quitté pour fonder le "Mouvement du 1er Juillet" (M1717). "Je suis très intéressée par DiEM25", Mouvement pour la démocratie en Europe, créé par l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Ce mouvement pan-européen vise à réformer les institutions de l'Union européenne pour y promouvoir davantage de transparence et de démocratie dans son fonctionnement, en partant du postulat selon lequel "la transparence est l'oxygène de la démocratie".

L'organisation dénonce la montée des nationalismes en Europe, le Brexit ou le Grexit comme des signes avant-coureurs d'une urgence à réinventer les institutions afin d'éviter une fracture en Europe.

L'acronyme DiEM évoque la célèbre locution latine carpe diem. La date de 2025 correspond à la limite temporelle que le mouvement s'est fixé pour réussir à démocratiser l'Europe.

lundi 18 avril 2016

Nuit Debout envisage une grève générale en France

Nuit debout prépare la grève générale: du débat au passage à l'acte
La proposition a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements

Rouge et noir, couleurs
de Nuit Debout
 
Le travail au corps produit ses effets. Si le mot était régulièrement lancé et scandé depuis le début de Nuit debout, le 31 mars, c'est qu'il fallait instiller les esprits. Et il a trouvé un réel écho samedi soir place de la République à Paris, lorsque l’économiste Frédéric Lordon, démiurge du mouvement, est venu marteler tous les éléments de langage que chacun devait reprendre et s'approprier, avec l'illusion d'être à la source d'idées neuves.

L'économiste a verbalisé la nécessité de faire la "grève générale".
Derrière cette formule, des références à des victoires sociétales obtenues il y a des décennies. Et l’espoir de faire revivre cet esprit pour renverser "la loi [El Khomri], mais aussi [le] 'monde El Khomri' ", celui de Valls et Hollande.Mais Horn n'exclut pas la probabilité que Nuit debout engendre une grève générale.
Ce n’est "pas forcément négatif": "Chaque mouvement a besoin d’une inspiration, d’une utopie mobilisatrice. C’est un défi à la société d’aujourd’hui et au gouvernement [car il est clair que les grèves générales sont] à l’origine des plus grandes avancées sociétales," explique ce militant de la théologie de la libération, venue d'Amérique latine.

"Personne n’a vu venir Mai 68. Les choses se sont passées assez vite et de
manière spontanée", rappelle-t-il. Et c’est bien ce qui plaît à Corentin, 28 ans, vendeur qui passe quelques heures, de temps à autre, place de la République, squat des noctambules de la Nuit debout sur la voie publique parisienne. "Ces rassemblements sont naturels", pense-t-il. Surtout, il n’y a pas de pression, contrairement aux manifestations habituelles où "tout ce qui compte, c’est l’impact sur la presse et le nombre de participants".

Le mouvement manque encore de maturité et de radicalité

Le rapport à la presse est en effet sujet de controverse: faut-il s'en servir pour atteindre davantage de montre et acquérir de la notoriété ou faut-il la contourner et préserver l'anonymat des meneurs qui, en se tenant dans l'ombre, échappent aux pressions du pouvoir et conservent leur main mise sur les habitués du squat, auberge espagnole d' "Indignés" accrocs à leur piqûre de rappel, au risque de leur perte d'autonomie intellectuelle.
Ce baba cool prétend aussi qu'une grève générale ferait même perdre de son "intérêt" au mouvement, qui permet à tout le monde de venir sans être "obligé de faire grève. Faire grève, c’est être dans la lutte, le tout ou rien, alors qu’on est surtout là pour discuter, se rencontrer". Et puis, même si ce mot est assez central, "surtout de la part des organisateurs, le mouvement n’est pas encore assez mûr pour aboutir à une grève générale", se rassure Corentin.

Créer des liens avec les syndicats

Mardi, capuche sur les yeux, une vingtaine de personnes participait (parapluie au poing !) à la commission "grève générale", sorte de cellule communiste en charge de la préparation des esprits à l’action. Elle se réunit quotidiennement, assurance d'une bonne imprégnation, avec pour objectif de construire des passerelles entre les mondes antipodiques du travail et de Nuit debout, en fédérant les grévistes et en poussant les Corentin à se mobiliser, pour "secouer une situation sclérosée". Le tout avec force tracts, interventions de salariés militants et actions ciblées, le tout dans la plus grande opacité financière.

Le soutien aux cheminots qui se battent également pour leurs conditions de travail est clairement affiché. La CGT peine en effet à maintenir sa position dominante et la Nuit Debout lui offre une opportunité intéressante de se refaire. Le discours des citoyens de la place de la République se cherche  entre "convergence des luttes" et appel à la grève générale, et les agitateurs tentent des percées mêlant "convergence des luttes" et appel à la grève générale, tout en marquant sa distance avec les syndicats.

Les altermondialistes ont ainsi réquisitionné l'économiste grec Yanis Varoufakis, ancien ministre communiste de l'Economie. Bien que ce démissionnaire ait été mêlé, comme conseiller économique, au fiasco de Giórgos Papandréou dont le mandat fut marqué par la plus importante crise économique grecque d'après-guerre, Julien Bayou (EELV) l'a montré à la foule de la place de la République où il a prononcé quelques mots. "Je vous apporte la solidarité d'Athènes" qui bénéficie déjà de la solidarité européenne et du FMI...

Les agitateurs de l'ombre y perdent patience. Pour l’animateur de la commission, si la situation n’avance pas, c’est entre autres en raison des " dissensions syndicales". C’est pourquoi le mouvement répète, depuis le début, qu’il ne se réclame d’aucun parti, d’aucun syndicat.

Et de fait, le débatteur citoyen se mord la queue au centre de l’action, dans l'attente d'une force extérieure mobilisatrice, comme cela a pu être le cas lors de la Révolution française. D’où les multiples références à 1789, partout affichées et taguées place de la République, ou aux grands événements de l’histoire — "Que revive la Commune", "Je lutte donc je suis", "Révoltez-vous", etc. — ou encore suggérées dans les débats, comme le retour des cahiers de doléances.

Une continuité révolutionnaire
Loin d’effrayer, cette position est l’un des ciments du mouvement. "La France a une tradition révolutionnaire, et cette référence est vue très positivement dans les milieux militants. Ce qui ne serait pas forcément le cas dans d’autres pays européens", souligne Gerd-Rainer Horn. C’est justement cet héritage qui peut faire la différence, pense pour sa part Gérard, 59 ans. Vacataire dans un musée parisien, il participe à Nuit debout sur son "temps libre"... 
Pour lui, comme pour les nombreux intermittents présents comme animateurs et techniciens audiovisuels du fait également de leur "temps libre", c’est le seul moyen d’obtenir de "grands changements". Voire des bouleversements... Et de citer les congés payés, obtenus après la grève générale du printemps 1936 -congés qui ne faisaient d’ailleurs pas parti des revendications de départ, note Horn. C’est là tout l’intérêt d’une telle mobilisation, selon Gérard, qui reconnaît toutefois que pour l’instant Nuit debout représente une petite minorité de citoyens. "La grève générale permettrait de faire comprendre au reste du pays ce que l’on veut", avance-t-il. Mais encore faut-il être d’accord...

Sans leader apparent ni porte-parole, chaque participant parlant en son nom, Nuit debout a du mal à faire émerger des idées directrices, si ce n’est une envie de changer la société en profondeur, voire radicalement. "Mais pour mettre quoi à la place ?", s’interroge Gérard. C’est la question que devra trancher le mouvement s’il veut durer et conduire à la Commune 2016.

dimanche 17 avril 2016

La Nuit Debout est-elle foncièrement violente ?

Dans ce débat citoyen, "changement" signifie "subversion"

La violence est-elle étrangère au mouvement? s'interrogent des "indignés" de la Place de la République



Au fil des nuits et des débordements, les militants de la Nuit debout sentent monter l'urgent besoin de prendre position face à la violence qui les habite: est-elle étrangère aux débats du mouvement, l'expression d'une révolte "contre-productive" ou  nécessaire ? Le fait qu'ils en débattent pendant le week-end souligne les divisions sur le problème. Après quinze jours d'existence, cette question pourrait être une ligne de faille entre les intellos et les radicaux de ce mouvement lancé le 31 mars contre la loi Valls de réforme du code du travail voulue par Hollande et pour "penser un autre monde". Qu'en termes élégants se raisonne la révolution !
Place de la République, "coeur battant des luttes citoyennes" à Paris, l'assemblée générale des 2 à 3.000 activistes ardents, militants suiveurs et passants curieux tous les soirs s'interroge sur l'opportunité de gauchir la ligne officielle, de bobo à subversive.  

Les agitateurs d'idées échauffent les têtes folles
Distributeur à billets vandalisé
portant un autocollant "Nuit debout":
"Loi travail non merci"
le 16 avril 2016 place de la République
magasins, saccageant ici un magasin, là un chantier et brûlant palettes et poubelles. Seulement une trentaine de jeunes a ainsi été interpellée, accréditant l'idée de la complicité de la gauche au pouvoir avec l'extrême gauche dans la rue

Parmi les étudiants, employés, chômeurs et déçus en tout genre par les promesses électorales et la politique fluctuante et sinueuse de Hollande, une majorité de présents non représentatifs à ces états généraux modernes dit son opposition à la violence, mains levées, mais rêve de lendemains qui chantent.
A plusieurs reprises, des heurts ont éclaté avec la police et il convenait d'affirmer que les violences explosaient "en marge" des rassemblements et à la dislocation des défilés. Mais ces mouvements de foules sont émaillés de dégradations et de saccages organisés et ciblés, les anarchistes s'en prenant au mobilier urbain, les communistes à Pôle emploi et les antilibéraux réunis aux établissements bancaires

Pendant ce temps, notre actuel Louis-Philippe d'Orléans est au Moyen Orient. Il a déjà déclaré la guerre, non pas à la Grande-Bretagne et aux Provinces-Unie  ou à la Belgique et à l'Espagne, mais guerroie ici et là en Afrique, tandis que se développent une Convention montagnarde moderne et des insurrections régionales. 
Les 'Nuit Debout' vont-ils décider d'ériger les premiers tribunaux révolutionnaires ? Déjà, le citoyen philosophe Alain Finkielkraut, qui a voulu se faire un avis, s'est rendu sur place et s'est fait invectiver et insulter. En revanche, le révolutionnaire grec Yanis Varoufakis a pu prendre la parole, avec la bienveillante protection de certains maîtres des lieux, en la personne de Julien Bayou, élu de liste altermondialiste, dressé à son côté, menton haut et regard lointain.

"Cette violence est contre-productive. Il faut dire qu'on n'a rien à voir avec ça", lance Adrien (le candide) à la tribune, où chacun peut prendre la parole trois minutes, en respectant son tour. Les débats télévisés quotidiens ne sont pas aussi sévèrement cadrés.
"Je ne vois pas pourquoi on devrait prendre position. Oui, on est un mouvement pacifiste mais pourquoi est-ce qu'on devrait se justifier?", rétorque Julien.
D'autres, encore minoritaires, estiment que la violence "fait partie de la lutte" et qu'on ne doit pas "la condamner en soi". La violence, c'est uniquement "celle que nous imposent la société, le chômage, la rue", font valoir les plus radicaux, et dans une France sous état d'urgence, soulignent les plus politiques. Quand on veut faire bouger les lignes, on lance la presse et toute une journée, la "commission presse" a planché sur cette question et rédigé un projet de communiqué pour démarquer le mouvement "d'une minorité" d'activistes qui donnent une "image fausse". "Il est temps pour nous de faire cesser le matraquage médiatique, qui associe la Nuit debout aux dérapages, qui vise à décrédibiliser le mouvement. Il faut prendre position, pour pouvoir passer à autre chose", se blanchit un minoritaire de la commission. Laissons la porte ouverte à la violence: "Restons hétérogènes"
Le modérateur (autoproclamé ou désigné par une éminence grise en coulisse)des débats tente de soumettre le texte au vote. Immédiatement, plusieurs bras se lèvent, main droite fermée sur le poignet gauche: le signe d'une "opposition radicale".
C'est toute la difficulté de la démocratie directe qui fonctionne "horizontalement": cela sera un "frein à notre développement", "peut signer notre mort", affirment certains. D'autres y voient une richesse sans frontière. Des manifestants se sont rassemblés à proximité du Musée de l'Homme, où se déroulait l'émission avec François Hollande."L'essentiel, le 31 mars, c'était de leur faire peur. Ils nous veulent univoques, restons hétérogènes; ils nous veulent divisés, restons solidaires. Le mouvement est encore un nouveau-né", clame un quarantenaire attentif aux déviances. Formé à l'agit-prop, il explique, sous les applaudissements, le "refus d'une obligation de réussite en 15 jours d'existence" quand la classe politique "n'a rien fait pendant des années". Au jeu de la démocratie directe de l'AG, cela signifie qu'on doit s'arrêter et en tenir compte. Alors, on vote sur le fait de savoir si on est d'accord pour mettre au vote le communiqué. Petit à petit, on avance. Le texte est amendé. Mais une tignasse blonde estime au micro qu'il faut "passer par d'autres canaux que les télés, les grands media", remettant à nouveau en cause le principe du communiqué de presse d'un mouvement sans chef, sans porte-parole officiel. N'offrant pas de prise au pouvoir... "Bon, lâche le modérateur un peu las, il faut quand même faire un peu confiance à la commission. A un moment donné, il faut prendre une décision". Le communiqué "violences" attend toujours. VOIR une vidéo d'une attaque de commissariat, symbole républicain:
Il faut durer jusqu'à une éventuelle grève générale. Cette résistance déterminée s'exprime jusque dans le calcul du temps, qui s'étire depuis la naissance du mouvement: dimanche 17 avril, nous sommes le "48 mars" en calendrier Nuit debout. Une jeune utopie qui ravit les poètes mais irrite les manoeuvriers de l'ombre: le mouvement n'ira pas loin si il refuse de s'amarrer à un projet, de se doter d'une structure, selon ses critiques. Des "jeunes" manipulables, qui acceptent de détourner cinq précieuses minutes de temps de parole au profit de l'ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, que Julien Bayou a amené là pour les redynamiter  redynamiser et les mettre en garde contre "les récupérations".
Mais ces admirables jeunes "citoyens"  ne sont pas également prêts à accueillir le philosophe Alain Finkielkraut, considéré comme "réactionnaire" et "conspué" samedi soir place de la... République, selon Sofia Bouderbala de l'AFP. Conspué ? A la vérité, ils ont traité cet académicien juif de 'facho".
Le collectif Nuit Debout va devoir faire de la formation... A moins que les meneurs n'aient intérêt au maintien de leurs participants - violents ?- dans leur crasse.

Nuit Debout, Finkielkraut et le triomphe de l'antisémitisme 'citoyen'

A. Finkielkraut, outragé par "fasciste" et autres insultes le visant sur la Place de la... République

Le philosophe avait voulu étudier 'Nuit Debout'  sur la place de la République


L'académicien a été maltraité par les très "pacifiques" militants "citoyens" -mais totalitaires- du mouvement gauchiste Nuit debout. Francetv.info estime qu'Alain Finkielkraut a été simplement "furieux d'avoir été ...chassé" !

Chez les binaires, d'un côté, il y a
Alain Finkielkraut et, de l'autre, Frédéric Lordon, l'économiste (CNRS, membre du collectif Les économistes atterrés et collaborateur du journal Le Monde diplomatique) idolâtré par les militants de la Nuit Debout.


Au printemps 2016, Frédéric Lordon s’engage contre la réforme Valls du Code du travail portée par la ministre El Khomri et il intervient dans un amphithéâtre de Tolbiac puis prend la parole dès la première occupation de Nuit debout sur la place de la République. Selon lui, le mouvement doit cesser de revendiquer et entrer dans "le moment de la réappropriation politique".

Venu samedi 16 avril place de la République à Paris constater par lui-même ce qu'est le phénomène dont la presse vante l'esprit  neuf, citoyen et tolérant, le philosophe a été chassé du rassemblement sous les insultes. "Casse-toi", "facho", ont crié certains militants au Français de confession israélite.

Celui-ci aurait alors "rapidement perdu son sang-froid," accuse francetvinfo.fr. Sous le coup de l'indignation, il a insulté la foule. "La scène a été filmée", précise la chaîne de service public.
VOIR et ENTENDRE le document infamant pour Nuit Debout que France Télévisions préfère ne pas diffuser:


Alain Finkielkraut ne riposte que plusieurs minutes après avoir subi une avalanche d'insultes antisémites de la part de pseudo jeunes débatteurs prétendant refaire le monde. Il revendique alors son droit au respect en tant que "personne humaine, tout de même" !
"C'était prévisible que j'allais tomber sur des demeurés"

Venu un peu plus tôt dans la soirée,  sous la conduite et la protection de l'altermondialiste Julien Bayou, eurodéputé EELV, parti participant au gouvernement Valls, le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, communiste démissionnaire, a reçu un accueil chaleureux sur la place de la République ! "Je vous apporte la solidarité d'Athènes", a-t-il lancé aux militants internationalistes.
Si le p'tit Cazeneuve cherche vraiment l'un des responsables du mouvement, il le tient... 

Quant à Alain Finkielkraut, en revanche, "je lui ai demandé s'il était venu en soutien et il m'a répondu :'Je suis simplement venu me faire un avis, mais c'était prévisible que j'allais tomber sur des demeurés'", raconte l'auteur de la vidéo sur sa page





















Une scène qui rappelle "les heures les plus sombres de notre Histoire"
Le prochain itinéraire des activistes anarcho-révolutionnaires mènera-t-il Nuit Debout au Vel'd'Hiv ?


dimanche 23 août 2015

Frangy: Montebourg et Varoufakis noient ensemble leurs échecs dans le vin de la Fête de la rose

A la fête de la rose de Frangy, A. Montebourg et Y. Varoufakis créent le 'club des battus et ravis' 

L'ex-ministre Arnaud Montebourg et l'ex-ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, montent le club des ministres limogés. 

Ils sont arrivés, sur les coups de midi, à Frangy-en-Bresse, à l'occasion de la 43e Fête de la rose, accueillis par la claque de leurs fans et affidés. Dimanche 23 août, sur les coups de midiArnaud Montebourg et Yanis Varoufakis se sont donné l'illusion de la réussite, fût-elle frelatée, dans l'obscure bourgade de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). Aimablement qualifiés d' "enfants terribles de l’Europe" par leurs semblables,  les deux asociaux se sont pavanés  pendant une vingtaine de minutes pour parcourir une centaine de mètres et rejoindre la mairie, où l’édile de Frangy les attendait pour un "accueil républicain" soigneusement mis en scène. 

Les vidés du pouvoir ont vidé les bouteilles

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg trinquant 
à la santé de Ayrault, premier ministre, le 24 août 2014
(Fête de la Rose, Frangy-en-Bresse, Saône-et-Loire)
Un an après la Cuvée du Redressement productif, et son éviction du gouvernement avec sa groupie Aurélie Filippetti, et Benoît Hamon, Arnaud Montebourg entretient vaille que vaille un rituel politique et médiatique archaïque, un copié-collé de l'ascension de la Roche de Solutré par feu François Mitterrand. 
Pour cette 43e Fête de la rose, baptisée "Cuvée européenne de Frangis 2015", Nono Montebourg avait commandé les croissants  500 bouteilles de Chardonnay blanc le Montagny est à 15€, mais à 7€ le... 2012 à CDiscount !) et 300 de rouge de Bourgogne-Côte chalonnaise (entre 20 et 40 € l'unité).
L'invité d'honneur de la manifestation, Yanis Varoufakis, vient à Frangy pour parler de la lutte contre l’austérité en Europe et "envoyer un message à tous les dirigeants européens". En s'affichant avec l’ancien ministre grec, Montebourg tente ainsi de reprendre du poids perdu dans son combat contre l’austérité et le redressement manqué de la courbe de l'emploi.

Les deux prônent une réorientation de la politique économique européenne

Montebourg tente de se grandir
en s'affichant avec plus petit que lui:
son ego est tombé bien bas !
Dans l'après-midi, Varoufakis et Montebourg ont tenu une conférence de presse commune, longuement retransmise en direct par BFMTV qui trouvait ainsi à remplir sa grille des programmes à bon compte en période creuse de pré-rentrée. 
Les deux refoulés s'en sont pris conjointement aux institutions européennes et à l'Allemagne. "Il y a eu un échec des stratégies d'austérité mise en place par la Commission européenne et quelques Etats, notamment l'Allemagne", a critiqué Arnaud Montebourg, bien qu'il ait exercé le pouvoir dans cette période. "Il n'y a pas une démocratie de l'Europe, il y a une Euro-oligarchie. Nous devons maintenant créer l'Euro-démocratie." Un objectif que Montebourg s'assigne après tant d'autres combats perdus par l'agité du PS. 

Yanis Varoufakis avait commencé par rencontrer Jean-Luc Mélenchon dimanche matin

Ils ont discuté de la tenue d'une conférence sur le "Plan B", il a de nouveau évoqué sa volonté de fonder un "mouvement progressiste européen", pour changer de la multitude de groupes et de sous-partis et courants éphémères qui lui donnent un sentiment fugace d'importance. 
Il a également ajouté : "Mon âme est toujours dédiée à Syriza, mais mon âme est brisée par les divisions du parti".
VOIR et ENTENDRE les déclarations successives des deux trublions sur la touche politique:
L'Allemagne était également au centre de la conférence de presse.
Aucun pays n'est porteur de l'intérêt général européen", a contesté Arnaud Montebourg. "L'Allemagne défend son intérêt national, nous n'avons pas le même. Il va falloir mettre tout ça sur la table à un moment donné." 
Tous ensemble, tous ensemble, contre l'austérité, hic !

Plus tôt dans la journée les deux trublions ont été rejoints par Aurélie Filippetti, 

pour aller manger sous le barnum un morceau lourdement arrosé. Denis Lamard, président de l’association des Amis de la rose, a ensuite remis deux bouteilles de rouge et de blanc à Yanis Varoufakis, ainsi qu’un tablier et un jean "made in France" du top model de fortune (en total contraste avec l'image que Montebourg rêve en fait d'incarner, ci-contre à droite). Au final, le schizophrène a trouvé un employeur dans le meuble de cuisine et non dans la fripe. Avant que tous se lancent dans le rituel du ban bourguignon.


Montebourg n'a plus aucun mandat: il est dans le business

Le Barnum de Montebourg : fête de la rose, Frangy 2015
Dans la matinée, des sympathisants, issus de toute la gauche, sont arrivés sur le stade municipal de Frangy. S’il existe des sensibilités différentes, tous dénoncent la même chose : les politiques austéritaires en Europe. Catherine et Viviane viennent pour la première fois à Frangy et sont surtout là "pour la Grèce et pour voir Yanis Varoufakis". Comme les autres, toutes deux sont des déçues du hollandisme : "On ne s’attendait à rien de sa part, mais il a réussi à nous décevoir" était l'élément de langage dominant. 
A propos de celui qui les régalait une fois de plus, Arnaud Montebourg, elles souhaiteraient qu’il s’engage "pour une vraie politique de gauche, pourquoi pas avec le Front de Gauche. S’il part sous l’étiquette PS, ce n’est pas la peine". 

Autre archétype du fan montebourgeois, Martin vient pour la troisième fois à Frangy-en-Bresse. Plus proche des idées de Martine Aubry, il anime les jeunesses socialistes de la Savoie. Selon lui, faire venir Varoufakis est "une très bonne idée". "Il y a plus d’humilité que l’année dernière. Le projet européen est dans une impasse, tiraillée entre l’austérité et le populisme", regrette-t-il.
Image symbolique du personnage bipolaire : Montebourg se met en scène
sur un Solex R2TRO et dans un parking du Bourget. L'avion redécollera-t-il ?
Concernant l’avenir politique de son hôte prodigue, le jeune socialiste estime qu’
Arnaud Montebourg "a encore un pied en politique. Il incarne un espoir, à lui de le faire vivre."
Aucune fausse note... Juste un important budget alcool que n'a pas affecté l'austérité: elle ne frappe que les défavorisés de la vraie vie.

"Montebourg est un planqué"

Et c'est un apparatchik du PS qui le dit: Jean-Christophe Cambadélis, qui n'a jamais travaillé de sa vie ! En juin dernier, le patron du PS a sévèrement critiqué l'ancien ministre socialiste, auteur d'une tribune incendiaire de ce dernieril jugeait "désastreuse" la politique gouvernementale, en plein congrès socialiste, tandis que Cécile Duflot parlait de "Waterloo moral" concernant la politique migratoire.

"Il porte des attaques et se cache sous la cape," accuse Costa
"J'ai connu ça en 2002 : on pense que le PS a un socle de 22%, 24% et allez, on lui tape dessus en essayant de créer des espaces, pour essayer d'exister, parce qu'on sait qu'en étant violent avec le PS, on est davantage repris", a-t-il polémiqué.
Cambadélis vide son sac. "Montebourg est typique : il ne dépose pas de texte au congrès du Parti socialiste, il ne va pas devant les militants de peur de se faire battre, avait accusé le "trotskiste un jour, trotskiste toujours". Après, il attaque au moment du congrès, le dimanche parce que c'est le moment le plus médiatisé, et après il est tranquille. (...) C'est un planqué. Lui, en l'occurrence, il se planque. Il n'est pas dans le débat, il porte des attaques, et se cache sous la cape."

mardi 28 juillet 2015

Les Grecs votent non à l'Europe, mais la Grèce reste dans la zone euro

La Grèce peut-elle se maintenir dans la zone euro ? 

Après la victoire du non au référendum, la logique veut que le pays quitte la zone euro. 
Mises au point de J-C Juncker, président de la Commission européenne, avec F. Hollande , en arrière-plan
et Alexis Tsipras, premier ministre grec, en premier plan

Or, rien n’a été anticipé
et les leaders européens ne semblent pas prêts à prendre cette responsabilité
.

Rappel des faits

Varoufakis, ministre voyou

Le "non" au référendum sur le plan d'aide proposé par les créanciers l'a emporté avec 61,31%,  face au "oui" crédité de 38,69%. Angela Merkel et François Hollande ont aussitôt annoncé une réunion à l'Elysée pour "évaluer les conséquences" du scrutin en Grèce, tandis que le Premier ministre, Alexis Tsipras, jugea  de son côté que ce référendum ne constituait plus "un mandat de rupture avec l'Europe, mais un mandat qui renforce notre position de négociation afin de chercher une solution viable".

Personne 
n'avait rien préparé pour un éventuel sauvetage de la Grèce en cas de "non". Au lendemain du référendum, le naufrage annoncé du pays est une affaire de quelques mois en 2015. La mission de sauvetage du pays paraît impossible aux créanciers  européens comparés à des terroristes par Yanis Varoufakis, le très mesuré ministre des Finances rejeté par l'ensemble des membres de l'eurogroupe.

Alors que les Grecs se rendaient aux urnes,
certains dirigeants européens affirmaient que les négociations reprendraient, que
 la réponse soit oui ou non. "Quel que soit le vote en Grèce, nous devons dès demain [lundi] reprendre des discussions politiques", avait ainsi interféré le ministre français Emmanuel Macron, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, poussant ainsi à un vote de rejet qui serait sans conséquences. "Si le non l'emporte, ce serait une erreur historique d'écraser le peuple grec", avait insisté l'ex-banquier et actuel ministre de l'Economie de Hollande, appelant à "ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro" car, on le sait, les références du jeune homme sont saisissantes, historiques, littéraires, à la différence des salariées "illettrées" des abattoirs Gad, empruntant aux slogans publicitaires. Le patron de Bercy a ainsi nivellé le débat par le bas : "Le message important était en effet de montrer la cohérence de l'action économique et de la politique économique de l'État et du gouvernement parce que ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur et on ne peut pas avoir deux politiques."

Cette formule, "ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur" n'est rien d'autre qu'est que le recyclage du célèbre slogan des yaourts Bio de Danone, ou Activia comme on les appelle aujourd'hui.
La dette publique et le chômage n'ont aucun effet sur le transit intestinal des enfants de la génération Hollande, aka Monsieur P'tite Blague, car son collègue du gouvernement, Matthias Fekl, nouveau secrétaire d'État au Commerce extérieur en remplacement du phobique administratif, Thomas Thévenoud, avait donné le ton sur le sujet au sémillant ministre de l'Economie. Après que le président de la commission des Affaires économiques François Brottes a annoncé que Matthias Fekl ne sera auditionné que jeudi 18 septembre, le secrétaire d'État a lancé : "Demain, j'enlève le bas," autre référence à une célèbre publicité des années... 80 pour l'afficheur 'Avenir'. Bref, pendant que les Français peinent à trouver un emploi et à joindre les deux bouts, la 'Croisière s'amuse' à la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale...


Même message de Matteo Renzi à la Grèce: "Le jour d'après, on devra se remettre à parler. La première à le savoir est précisément Angela Merkel", a déclaré au quotidien Il Messagero le chef du gouvernement italien, un publicitaire et membre du Parti démocrate (PD), comme certains en France sont "Les Républicains'. La chancelière allemande, elle, n'a fait aucun commentaire prématuré, préférant attendre le résultat du référendum. En revanche, le chef du gouvernement conservateur espagnol a quelque peu détoné dans ce concert socialiste de voix conciliantes, se démarquant de Podemos, mouvement d'extrême gauche arrivé à la tête de Madrid et Barcelone: "L’euro n’est pas et ne peut pas être un club à la carte; il y a des normes et des règles destinées à assurer sa survie", a affirmé Mariano Rajoy.


L'Europe cherche en Grèce un interlocuteur fiable

Reprendre les discussions? Mais avec qui ? 
Euclide Tsakalotos, successeur de Varoufakis 
depuis le 6 juillet 2015, derrière A. Tsipras

Pendant le scrutin, l'universitaire Kostas Vergopoulos évoqua une rumeur courant à Athènes, selon laquelle Alexis Tsipras appellerait à un gouvernement d'union nationale en cas de victoire du 'non'. Un changement incontournable aussi dans l'hypothèse du oui: Yanis Varoufakis avait menacé de démissionner si le oui l'emportait, mais au moment de se rendre aux urnes dans la précipitation aucun électeur ne connaissait les intentions d'Alexis Tsipras, qui avait déjà perdu toute crédibilité aux yeux de ses partenaires. Serait-il parti avec son ministre révolutionnaire, aurait-il convoquer des élections anticipées ou tenté de constituer un gouvernement de coalition avec la gauche modérée? Quel aurait été son mandat de négociation ? Le 'non' ne répond à aucune des questions posées, mais l'éjection de Varoufakis déverrouille la situation.
Ce mandat, le chef du premier gouvernement de gauche radicale au pouvoir le devra au soutien des deux grands partis qui ont gouverné alternativement le pays depuis 40 ans, la Nouvelle Démocratie (droite, comme qui dirait 'Les Républicains'...) et le Pasok (socialiste), auxquels s'ajoute celui de la formation de gauche modérée Potami et du parti de droite souverainiste ANEL, membre de la coalition gouvernementale: la quadrature du cercle ! Une humiliation pour Syriza et Mélenchon en France....


Dans la panade et pourtant sans égards, le Premier ministre grec a pris ses partenaires par surprise. 
Il a organisé un référendum sans prévenir ses alliés Renzi et Hollande, en appelant à voter non, en présentant aux électeurs un texte qui n’était pas clair, car ni finalisé ni consolidé, et en faisant l'impasse sur les autres volets de l’accord en discussion:  les électeurs étaient appelés à voter sans rien savoir d'une inflexion sur les réformes demandées, d'une ouverture sur la dette et les besoins de financement ou d'un plan de relance de 35 milliards d’euros prévoyant une activation des fonds structurels.

Tsipras comptait faire fi de l’aval de l’Eurogroupe le 27 juin, faisant entériner le paquet dans la foulée par les parlements nationaux concernés et permettant une prolongation du plan d’aide au-delà de la date butoir du 30 juin. Mais ce beau scénario s’est effondré avec l’annonce du référendum. "Il faudra revoir les conditionnalités à la lumière de la situation nouvelle créée par le référendum", expliqua une source européenne. Voeu pieux !

Un départ de Tsipras, suivant une victoire du oui, n’aurait pas rendu les choses beaucoup plus prévisibles : on serait alors entré dans un tunnel sans fond, car au mieux les Grecs auraient revoté pour des législatives, mais pas avant le 9 août. Or, l’échéancier des créanciers d’Athènes était figé. Comment pouvait-il en être autrement, sachant qu'Athènes doit 2 milliards d'euros de bons du Trésor, près de 500 millions au FMI et plus de 3 milliards à la BCE. Sachant aussi que les Grecs ont fait défaut (étaient insolvables) pour 1,7 milliards fin juin ! "Il est clair qu’il faudra un gouvernement stable et la pire des solutions serait une rapide démission du gouvernement grec", craignait un diplomate français, dans l'attente des résultats. Garder Tsipras, faute de mieux !

Sur quoi pouvaient porter les négociations en cas de reprise ?
Malgré l'optimisme béat affiché par Hollande devant les caméras, "c’est toujours entre adversaires qu’on fait la paix. Si les Français et les Allemands ont réussi à faire la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1950, cinq ans après l’Armistice, on devrait bien arriver à faire signer à un accord entre les Grecs et l’Allemagne", estima Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors. Il y aura des marges pour un accord dont tous les éléments sont déjà sur la table. Il faudra juste bouger quelques curseurs. Même si, entre temps, le Grecs auront bien tiré sur la corde". Tout et son contraire...

La Commission devait tout d’abord envisager une  nouvelle demande d'aide par la Grèce. Elle devait surtout vérifier qu'elle réponde aux critères d’éligibilité prévus par le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES). Tout ce processus prend du temps, d'une part pour confirmer l’éligibilité et recevoir l’aval de certains parlements nationaux – dont le Bundestag allemand, ce qui sera fait pour éviter le pire –, et d'autre part pour négocier un protocole d’accord. Rien n'était alors fixé non plus sur le montant précis de prêts qu'il faudrait accorder à Athènes pour faire face à ses besoins.

Quel sera le montant du 3e "don" européen à la Grèce 


Dans ses calculs établis courant mai, le FMI estimait que la Grèce aurait besoin de 50 milliards d'euros de plus entre octobre 2015 et fin 2018, ce qui impliquait au moins 36 milliards d'aide provenant de l'Europe. Une somme tenant compte de l'incapacité à atteindre les objectifs d'assainissement budgétaire depuis plusieurs mois (13 milliards) auxquels s'ajoutent 9 milliards dus au fait que les objectifs de privatisation non plus n'ont pas été tenus. Si on y ajoute l'aggravation de la récession, la remontée des taux d'intérêt ou encore les besoins de refinancement des banques, on atteint facilement 50 milliards.
Après une longue nuit de négociation début juillet, la zone euro accordera à la Grèce le bénéfice d’un troisième plan d’aide financier, dont les conditions de l’accord seront jugées dures, voire “humiliantes”, selon les observateurs qui ne sont pas les payeurs
. La chancelière allemande Angela Merkel estimait que l’accord serait d’une valeur de 86 milliards à 87 milliards d’euros sur trois ans. "De nombreux membres de Syriza, le [propre] parti de Tsipras, ont dénoncé [de l'intérieur] l’accord comme une capitulation humiliante imposée [à la Grèce], notamment par l’Allemagne", rapporte le site d’actualités européennes ment le type de conditions que le peuple grec vient de rejeter par référendum Politico.eu à Bruxelles.
L’un des points clés de l’accord est au final la création d’un fonds basé à Athènes (une concession européenne qui ne confirme pas la critique d'humiliation) regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d’euros pour garantir les privatisations exigées par l’Eurogroupe. Et, pour commencer, l’Union européenne accorde une aide d’urgence de 7 milliards d’euros à Athènes, en attendant le déblocage des fonds du plan de sauvetage. "Je suis heureux de vous annoncer que l'Union Européenne et l’ECOFIN ont trouvé un accord pour le financement à partir de maintenant jusqu'à mi-août", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, le 16 juillet.

Le 3e plan d'aide sera de 83 millions d'euros, inférieur au montant envisagé par A. Merkel ! Trop généreuse, la chancelière allemande? 
Reste la question de l'échelonnement de la dette.


Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, assure à qui veut l'entendre que des calculs ont été établis avant le référendum 

Tsipras et Juncker

La note finale sera plus lourde, surtout qu'il faudra y rajouter les arriérés de paiement accumulés auprès du FMI et du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui n'ont pas été payés par Athènes. Autant dire qu'avant de se retrouver à la table des négociations, les dirigeants européens devront affiner leurs calculs…


D'autant que le FMI a lancé le 3 juillet un pavé dans la mare. Dans son rapport préliminaire, il estime que pour ramener la dette grecque sur une trajectoire plus soutenable, "de nouvelles concessions seront nécessaires". Le FMI envisageait un allègement de la dette de 30 % conjugué à un allongement de sa maturité de 20 ans, mais pas sûr que cela agrée l'Allemagne et les pays du nord. "C'est une femme intelligente, découvre un conseiller de... François Hollande. Elle prend les problèmes les uns après les autres." Mais rien n'ayant été préparé, il reste un paquet de problèmes à régler dans les quatre semaines à venir.