POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Syriza. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Syriza. Afficher tous les articles

vendredi 28 août 2015

La "petite musique libérale" du gouvernement est insupportable aux frondeurs du PS

"Venez voir les clowns, les acrobates et les jongleurs !"

"C’est un assez bon résumé de l’état actuel du Parti socialiste,"
 
murmure un socialiste 'frondeur' qui participe à la visite gratuite de la ménagerie annoncée par le haut-parleur de la voiture du... cirque Zavatta  voisin

L’aile gauche du PS s’est réunie, jeudi 27 août à Marennes - ville des huîtres ! - à quelques kilomètres de La Rochelle et à quelques heures de l’ouverture de l’université d’été des socialistes. 
M. Touraine et Montebourg
Près de 300 militants sont venus assister à une table ronde sur les crises européennes, avant les discours de clôture vendredi matin des trois chefs de file du courant: Benoît Hamonle ministre de l’Education chassé du gouvernement et 'drivé' par Henri Emmanuelli, le député de la Nièvre, Christian Paul, vice-président du courant Rénover maintenant animé par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, et l’eurodéputé Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion 'Maintenant la gauche' au congrès PS de Toulouse d' octobre 2012, soit 13 %, et 28 % des voix, lors de l'élection du Premier secrétaire face à Harlem Désir. Les "frondeurs" représentent un militant sur 3 au PS.

Cette table ronde sur les crises européennes accueillait des responsables du parti de la gauche radicale grecque, Syriza
, et du parti espagnol Podemos.
"A gauche pour gagner", proclame le slogan des frondeurs, alors que l'une des leurs, la maire de Lille Martine Aubry, s'est soumise à Hollande et Valls en espérant sauver sa présidence du Conseil général du Nord que lui a finalement ravi Jean-René Lecerf (UMP).
 
Dans les faits, on prend (à peu près) les mêmes et on recommence. 
En cette rentrée, l’aile gauche du PS réclame toujours une "réorientation" de la politique du gouvernement, moins de deux ans avant l’élection présidentielle. Tous ses responsables en sont convaincus: en l’état actuel, si la gauche au pouvoir ne change pas, elle sera battue en 2017. "Cette rentrée est celle de la dernière chance", souligne Emmanuel Maurel, avant l’examen du budget à l’automne. "Notre politique n’a pas de base électorale, donc comme nous ne pouvons pas changer le peuple, il faut changer de politique", ajoute Christian Paul, qui estime que "la gauche au pouvoir manque d’ambition et doit changer d’intensité"

Les cibles socio-libérales des socio-démocrates

Lienemann, Paul, Baumel et Guedj
Les frondeurs sont anxieux
Croissance basse, chômage haut, division des gauches, électeurs qui se détournent vers l’abstention ou les extrêmes, tout est cause d'inquiétudes à vingt mois de la présidentielle. "A-t-on réussi depuis 2012 à réduire le chômage et les inégalités ? Non. Les électeurs viennent-ils voter pour nous depuis quatre ans ? Non. Il faut nous interroger sur ces deux indicateurs", explique Benoît Hamon. 

Mise en garde adressée à François Hollande et à Manuel Valls. 
Le premier ministre reste la cible privilégiée de l'aile gauche du PS. Sa tribune, publiée cette semaine dans Les Echos, qui ferme la porte à une réorientation du pacte de responsabilité et appuie le maintien des réformes, a provoqué leur colère. "La tribune de Valls, c’est une lettre au Medef qui ne parle pas aux socialistes ni aux Français", gronde Christian Paul. Pour le député, le chef du gouvernement "n’est plus un bouclier pour le président, mais l’émetteur d’idées libérales qui peuvent être catastrophiques pour la gauche et le pays". 

L’aile gauche s’inquiète d’une éventuelle nouvelle série de réformes visant à assouplir le droit du travail. Les attaques récentes de Pierre Gattaz, le président du Medef, contre le code du travail, visant à développer la flexisécuritéainsi que les déclarations du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, sont à leurs yeux de mauvais présages. "Il y a en cette rentrée une petite musique très libérale autour du droit du travail qui m’inquiète", explique Benoît Hamon. Pour le ministre de l’Education nationale exclu du gouvernement Valls, "le jappement exalté pour la réforme permanente n’est pas une politique. Laisser les salariés “libres” de renoncer à leurs droits ne serait pas une réforme de gauche"

Les socialistes de gauche grondent

Mais, comme à leur habitude, ils ne rompent pas: ils plient... 
Leurs camarades de Podemos ou de Syriza peuvent bien vanter les mérites de la "recomposition" politique, pas question pour eux de quitter le PS pour tenter de construire une nouvelle force alternative avec les écologistes ou le Front de gauche. Les fuites de Mamère, puis de Rugy et maintenant J.-V. Placé à EELV ne les poussent pas encore à passer des paroles aux actes. Les évictions de Delphine Batho, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti ou Arnaud Montebourg du gouvernement alimentent les aigreurs les brasseurs d'idées en périphérie, sans les libérer. A la différence des écolos (mais à l'instar de Barbara Pompili), ils n'ont pas fini leur travail sur eux-mêmes... "Le temps d’une recomposition politique à gauche n’est pas venu, même si je ne peux pas dire de quoi sera faite la gauche des trois prochaines années", balance Christian Paul. 

Pas de rupture, mais la poursuite d’un bras de fer avec le gouvernement. 
"Je n’attends pas la défaite et la grande claque qui réveille parce qu’il est possible que la claque vous tue", explique Benoît Hamon. Une injonction qui n’inquiète pas la direction du PS. "Moi, Marennes, j’y vais pour les huîtres et pour rien d’autre", raille un de ses dirigeants. 
Les frondeurs ressassent les mêmes critiques, selon la Rue de Solférino. "Ils ont perdu au congrès de Poitiers en juin, donc ils tentent d’exister, c’est comme ça depuis le début du quinquennat et ce le sera jusqu’à la fin", pronostique un proche du premier ministre. 
Le gouvernement veut même croire que finalement l’examen du budget ne dérapera pas: les baisses d’impôt d’un côté et un probable geste financier en direction de l’investissement public pourraient suffire, selon l’exécutif, à contenir la fronde. 
Ainsi la France est-elle l'otage des querelles intestines du parti du président, lequel se dit à la hauteur des enjeux...

dimanche 23 août 2015

Frangy: Montebourg et Varoufakis noient ensemble leurs échecs dans le vin de la Fête de la rose

A la fête de la rose de Frangy, A. Montebourg et Y. Varoufakis créent le 'club des battus et ravis' 

L'ex-ministre Arnaud Montebourg et l'ex-ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, montent le club des ministres limogés. 

Ils sont arrivés, sur les coups de midi, à Frangy-en-Bresse, à l'occasion de la 43e Fête de la rose, accueillis par la claque de leurs fans et affidés. Dimanche 23 août, sur les coups de midiArnaud Montebourg et Yanis Varoufakis se sont donné l'illusion de la réussite, fût-elle frelatée, dans l'obscure bourgade de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). Aimablement qualifiés d' "enfants terribles de l’Europe" par leurs semblables,  les deux asociaux se sont pavanés  pendant une vingtaine de minutes pour parcourir une centaine de mètres et rejoindre la mairie, où l’édile de Frangy les attendait pour un "accueil républicain" soigneusement mis en scène. 

Les vidés du pouvoir ont vidé les bouteilles

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg trinquant 
à la santé de Ayrault, premier ministre, le 24 août 2014
(Fête de la Rose, Frangy-en-Bresse, Saône-et-Loire)
Un an après la Cuvée du Redressement productif, et son éviction du gouvernement avec sa groupie Aurélie Filippetti, et Benoît Hamon, Arnaud Montebourg entretient vaille que vaille un rituel politique et médiatique archaïque, un copié-collé de l'ascension de la Roche de Solutré par feu François Mitterrand. 
Pour cette 43e Fête de la rose, baptisée "Cuvée européenne de Frangis 2015", Nono Montebourg avait commandé les croissants  500 bouteilles de Chardonnay blanc le Montagny est à 15€, mais à 7€ le... 2012 à CDiscount !) et 300 de rouge de Bourgogne-Côte chalonnaise (entre 20 et 40 € l'unité).
L'invité d'honneur de la manifestation, Yanis Varoufakis, vient à Frangy pour parler de la lutte contre l’austérité en Europe et "envoyer un message à tous les dirigeants européens". En s'affichant avec l’ancien ministre grec, Montebourg tente ainsi de reprendre du poids perdu dans son combat contre l’austérité et le redressement manqué de la courbe de l'emploi.

Les deux prônent une réorientation de la politique économique européenne

Montebourg tente de se grandir
en s'affichant avec plus petit que lui:
son ego est tombé bien bas !
Dans l'après-midi, Varoufakis et Montebourg ont tenu une conférence de presse commune, longuement retransmise en direct par BFMTV qui trouvait ainsi à remplir sa grille des programmes à bon compte en période creuse de pré-rentrée. 
Les deux refoulés s'en sont pris conjointement aux institutions européennes et à l'Allemagne. "Il y a eu un échec des stratégies d'austérité mise en place par la Commission européenne et quelques Etats, notamment l'Allemagne", a critiqué Arnaud Montebourg, bien qu'il ait exercé le pouvoir dans cette période. "Il n'y a pas une démocratie de l'Europe, il y a une Euro-oligarchie. Nous devons maintenant créer l'Euro-démocratie." Un objectif que Montebourg s'assigne après tant d'autres combats perdus par l'agité du PS. 

Yanis Varoufakis avait commencé par rencontrer Jean-Luc Mélenchon dimanche matin

Ils ont discuté de la tenue d'une conférence sur le "Plan B", il a de nouveau évoqué sa volonté de fonder un "mouvement progressiste européen", pour changer de la multitude de groupes et de sous-partis et courants éphémères qui lui donnent un sentiment fugace d'importance. 
Il a également ajouté : "Mon âme est toujours dédiée à Syriza, mais mon âme est brisée par les divisions du parti".
VOIR et ENTENDRE les déclarations successives des deux trublions sur la touche politique:
L'Allemagne était également au centre de la conférence de presse.
Aucun pays n'est porteur de l'intérêt général européen", a contesté Arnaud Montebourg. "L'Allemagne défend son intérêt national, nous n'avons pas le même. Il va falloir mettre tout ça sur la table à un moment donné." 
Tous ensemble, tous ensemble, contre l'austérité, hic !

Plus tôt dans la journée les deux trublions ont été rejoints par Aurélie Filippetti, 

pour aller manger sous le barnum un morceau lourdement arrosé. Denis Lamard, président de l’association des Amis de la rose, a ensuite remis deux bouteilles de rouge et de blanc à Yanis Varoufakis, ainsi qu’un tablier et un jean "made in France" du top model de fortune (en total contraste avec l'image que Montebourg rêve en fait d'incarner, ci-contre à droite). Au final, le schizophrène a trouvé un employeur dans le meuble de cuisine et non dans la fripe. Avant que tous se lancent dans le rituel du ban bourguignon.


Montebourg n'a plus aucun mandat: il est dans le business

Le Barnum de Montebourg : fête de la rose, Frangy 2015
Dans la matinée, des sympathisants, issus de toute la gauche, sont arrivés sur le stade municipal de Frangy. S’il existe des sensibilités différentes, tous dénoncent la même chose : les politiques austéritaires en Europe. Catherine et Viviane viennent pour la première fois à Frangy et sont surtout là "pour la Grèce et pour voir Yanis Varoufakis". Comme les autres, toutes deux sont des déçues du hollandisme : "On ne s’attendait à rien de sa part, mais il a réussi à nous décevoir" était l'élément de langage dominant. 
A propos de celui qui les régalait une fois de plus, Arnaud Montebourg, elles souhaiteraient qu’il s’engage "pour une vraie politique de gauche, pourquoi pas avec le Front de Gauche. S’il part sous l’étiquette PS, ce n’est pas la peine". 

Autre archétype du fan montebourgeois, Martin vient pour la troisième fois à Frangy-en-Bresse. Plus proche des idées de Martine Aubry, il anime les jeunesses socialistes de la Savoie. Selon lui, faire venir Varoufakis est "une très bonne idée". "Il y a plus d’humilité que l’année dernière. Le projet européen est dans une impasse, tiraillée entre l’austérité et le populisme", regrette-t-il.
Image symbolique du personnage bipolaire : Montebourg se met en scène
sur un Solex R2TRO et dans un parking du Bourget. L'avion redécollera-t-il ?
Concernant l’avenir politique de son hôte prodigue, le jeune socialiste estime qu’
Arnaud Montebourg "a encore un pied en politique. Il incarne un espoir, à lui de le faire vivre."
Aucune fausse note... Juste un important budget alcool que n'a pas affecté l'austérité: elle ne frappe que les défavorisés de la vraie vie.

"Montebourg est un planqué"

Et c'est un apparatchik du PS qui le dit: Jean-Christophe Cambadélis, qui n'a jamais travaillé de sa vie ! En juin dernier, le patron du PS a sévèrement critiqué l'ancien ministre socialiste, auteur d'une tribune incendiaire de ce dernieril jugeait "désastreuse" la politique gouvernementale, en plein congrès socialiste, tandis que Cécile Duflot parlait de "Waterloo moral" concernant la politique migratoire.

"Il porte des attaques et se cache sous la cape," accuse Costa
"J'ai connu ça en 2002 : on pense que le PS a un socle de 22%, 24% et allez, on lui tape dessus en essayant de créer des espaces, pour essayer d'exister, parce qu'on sait qu'en étant violent avec le PS, on est davantage repris", a-t-il polémiqué.
Cambadélis vide son sac. "Montebourg est typique : il ne dépose pas de texte au congrès du Parti socialiste, il ne va pas devant les militants de peur de se faire battre, avait accusé le "trotskiste un jour, trotskiste toujours". Après, il attaque au moment du congrès, le dimanche parce que c'est le moment le plus médiatisé, et après il est tranquille. (...) C'est un planqué. Lui, en l'occurrence, il se planque. Il n'est pas dans le débat, il porte des attaques, et se cache sous la cape."

mercredi 15 juillet 2015

Le Maire règle leurs comptes à la Grèce et à Hollande

Hollande tire la couverture de l'Europe à lui et Tsipras lui tire ses euros

L'ancien ministre Bruno Le Maire votera pour le " fragile" accord Grèce-UE


Mercredi, à l'Assemblée, "je le voterai parce qu'il permet de maintenir la zone euro et je pense qu'une sortie de la Grèce de la zone euro présente des risques économiques et des risques politiques absolument considérables", a affirmé Bruno Le Maire sur RTL. Il explique qu'il ne veut pas "prendre le risque d'une instabilité politique en Europe." 

VOIR et ENTENDRE le député  Les Républicains, ex-UMP de l'Eure: 

Un accord "est nécessaire", mais "je ne trouve pas que ce soit un accord suffisamment précis sur certains points,
notamment certaines obligations vis-à-vis de la Grèce. Je pense qu'il reste fragile", a décrypté le député de l'Eure, possible candidat à la primaire de la droite et du centre en vue de 2017.

Pour l'ancien ministre de l'Agriculture de Nicolas Sarkozy, "ces discussions infinies", "depuis cinq ans", sur la Grèce "qui ne pèse que 2 % du PIB européen " prouvent qu'"on ne peut pas continuer comme cela". "Si nous ne sommes pas capables de passer rapidement à cette autre Europe qu'attendent les citoyens, qui répond aux aspirations des citoyens, nous serons à nouveau dans un risque d'instabilité permanente qui n'est pas satisfaisant", a-t-il développé.

Appropriation par Hollande du compromis de la zone euro avec la Grèce

Cette autre Europe ? "Une Europe qui retrouve de la puissance, qui soit capable de prendre des décisions, de protéger nos entreprises, nos emplois, nos frontières, contre la menace islamiste et la menace terroriste", a défini Bruno Le Maire.

"Tsipras a été obligé d'avaler une couleuvre dont il est entièrement responsable. Lorsque les extrêmes se retrouvent au pied du mur, ils reculent", a-t-il estimé.

Quant au coucou français de l'eurogroupe, "cette manière de tirer la couverture à soi, ce n'est pas très digne et pas très respectueux de ses partenaires européens", a souligné Bruno Le Maire.
"Oui, il faudrait de l'audace, mais j'ai tout vu hier, sauf un président de la République audacieux. J'ai vu un président content, satisfait de lui-même, heureux d'être là où il se trouve, mais incapable de prendre les décisions nécessaires pour le pays et, dans le fond, indifférent", a dit Bruno Le Maire de l'entretien du 14-Juillet du chef de l'État, depuis Ô surprise, l'Elysée...

Varoufakis révèle la soumission de Sapin à Merkel

Le soutien de la France à la Grèce n'était qu'hypocrisie

Varoufakis dénonce le double jeu des socialistes français

Les simagrées de Sapin
n'ont pas trompé Varoufakis
Dans le magazine britannique New Statesman, intello de gauche, le bouillant idéologue Yanis Varoufakis accuse le groupe des ministres des Finances de la zone euro de se laisser totalement dominer par l'Allemand Wolfgang Schäuble.
Lundi 13, l'ancien ministre des Finances grec avait reproché à Michel Sapin de toujours se ranger à l'avis de son homologue allemand au cours des négociations de l'Eurogroupe, des négociations que cet homme entier n'a pas cherché à mener à son terme, préférant démissionner au lendemain de la victoire du non au référendum.

Le double jeu des socialistes Français a irrité le motard grec 
Varoufakis stigmatise singulièrement Michel Sapin: bien qu'étant le seul à émettre "une tonalité différente de la ligne allemande", il finissait toujours par se ranger à l'avis de Berlin. 

Interrogé sur son ancien homologue, Michou-les-chaussettes-roses a ironisé

"Je redirai, comme M. Tsipras : il a de la gueule, mais il n'est pas forcément un fin politique, ce Yanis Varoufakis", a asséné
Michou, piqué au vif et agressif dans la riposte, sans répondre sur le fond.
Avant de faire sa méchante au micro de RMC en émettant un avis subjectif : "Et malheureusement, il est un peu responsable de là où s'est trouvée la Grèce dans les négociations." "Si les négociations s'étaient nouées de manière plus positive, plus confiante, dès le mois de mars ou dès le mois d'avril, je pense que ça n'aurait pas été aussi brutal pour la Grèce", a-t-il polémiqué avec des "si" et admettant que le compromis dont se flattent Hollande et Valls n'est rien d'autre qu'un plan drastique d'austérité.

Alexis Tsipras a toutes les qualités
A l'inverse, Sapin, l'ex-ministre du Travail qui  regardait monter la courbe du chômage en annonçant sa baisse imminente, a tressé des lauriers à Alexis Tsipras, "un bon politique au bon sens du terme : il recherche à un moment donné, quand la voie est extrêmement étroite et difficile, l'intérêt général de son peuple. Je crois qu'il l'a trouvé, en l'occurrence en signant cet accord extrêmement dur, extrêmement difficile, mais qui est l'accord qui lui permet de sauver la Grèce,"  a-t-il fantasmé. 
Rien ne prouve en l'état que -pour garder la Grèce dans l'euro, à n'importe quel prix- les Européens ont réussi lundi à trouver les moyens d'obtenir de la Grèce qu'après huit plans domestiques sans effets elle assume enfin ses erreurs passées, se renfloue, rembourse les deux précédentes aides internationales successives jusqu'ici versées en pure perte depuis 2010 et s'impose les sacrifices nécessaires.

Mardi soir, le Premier ministre grec, Tsipras, a reconnu qu'il a signé un texte auquel il ne croit pas forcément

Après un appel à voter non à son référendum surprise, le chef de gouvernement grec d'extrême gauche  a mis de l'eau dans son ouzo "pour éviter un désastre au pays".

L'ex-président de Syriza ne brandit plus la menace d'une sortie de l'euro. Désormais, il admet même que les conséquences seraient incalculables
Dans ce climat de désillusion, Sapin, Valls et Hollande ne cessent de se féliciter entre eux d'un compromis mortifère pour la Grèce et pesant pour les peuples de la zone euro.

lundi 13 juillet 2015

Quels engagements pour obtenir un troisième plan de sauvetage, la Grèce va-t-elle bafouer ?

Que valent les promesses d'un pouvoir grec qui, hier encore, inspirait la défiance ?

Un plan obligé de sortie de crise a été élaboré pour maintenir la Grèce au sein de l'union monétaire européenne


Euclide Tsakalotos, isolé au centre,
 successeur de Varoufakis aux  Finances, 
a fait se croiser les parallèles
Après un dépassement de limite et aau terme de deux jours de négociations, les dirigeants de la zone euro se sont résignés ce 13 juillet. Comment la Grèce pourrait-elle se livrer à de lourdes réformes, après y avoir échoué depuis 2010, malgré deux plans d'aide internationale et huit plans internes d'austérité, et s'être enlisée chaque année davantage ? 

Athènes restera à la charge des peuples la zone euro.
Ce lundi matin, les dirigeants de la zone euro sont évidemment parvenus à un accord avec la Grèce pour négocier un troisième plan d'aide et ainsi éviter au pays une sortie de l'union monétaire. Et Hollande est soulagé que ce précédent puisse un jour s'appliquer à l'endettement de la France... De quoi encourager le couple Hollande-Valls à laisser filer les dépenses publiques. 

Les responsables de la zone euro ont-ils fixé des conditions suffisamment contraignantes ?

Ils leur faut notamment s'assurer qu'Athènes mène rapidement ses réformes. C'est pourquoi, le parlement grec n'a que deux jours pour faire adopter une série de réformes, notamment sur une unification de la TVA à 23%, y compris pour la restauration, ou le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans dans sept ans, en... 2022. Le Parlement doit aussi approuver la garantie de l'indépendance de l'Elstat, l'organisme des statistiques, du type INSEE à la française, alors que, par ailleurs, la Grèce n'a toujours pas de cadastre qui permettrait de lutter contre la fraude fiscale et favoriser la collecte de l'impôt. 

Avant le 22 juillet, les Grecs devront aussi adopter un code de procédure civile destiné à accélérer le système de justice civile afin de réduire ses coûts.

Un troisième plan de sauvetage évalué à 80 milliards d'euros

Il est subordonné à ces conditions formelles préalables au déclenchement du processus formel. Les dirigeants européens semblent avoir pris les moyens pour qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec ne puisse pas éviter la mise en œuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

Ils ont également renforcé notablement le plan de réformes approuvé samedi par le parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs, dimanche 5 juillet lors du simulacre d'appel au peuple par référendum, d'un coût inutile de 100 millions d'euros. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France, ainsi que les experts des "institutions" (honnies par Syriza, le parti d'extrême gauche au pouvoir) - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable, vendredi.

Comment Tsipras peut-il  se maintenir au pouvoir ?



Athènes devra aussi réformer son marché du travail, privatiser le réseau de transport électrique, et renforcer le secteur financier, autant d'engagements qui vont à l'encontre de la ligne voulue par la gauche "radicale" d'Alexis Tsipras qui avait fait de la lutte contre les politiques d'austérité son cheval de bataille devant les électeurs.

Un accord "difficile" et contradictoire des promesses de campagne de Syriza 
Le leader de la gauche anti-libérale grecque n'a pas été élu pour cette politique d'austérité. Il a cependant réussi à éviter lors des négociations qu'un fonds regroupant des actifs publics grecs destinés à être privatisés soit domicilié au Luxembourg: les services de contrôles seront domiciliés en Grèce. "L'accord est difficile, mais nous avons coupé court au mouvement de transfert d'actifs publics à l'étranger. Nous nous sommes épargnés un étranglement financier et un effondrement du système bancaire", a positivé Alexis Tsipras devant la presse.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son Produit intérieur brut (PIB), a évidemment été actée par François Hollande: en 2015, la dette de la France devrait atteindre les 98% du PIB français. La France s'endette de 2.345 euros de plus chaque seconde. Chaque Français supporte une dette de 31.000 euros. La France est le 8ème pays le plus endetté de l'Union européenne, derrière l'Espagne et devant le Royaume-Uni. 

L'eurogroupe a aussi évoqué un allongement des maturités des prêts et des aménagements sur les intérêts.

L'aménagement de la dette grecque suscitait de fortes réticences dans certains pays, et pas seulement l'Allemagne, mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire passer les nouvelles mesures d'austérité auprès de ses compatriotes, bien qu'ils aient voté à 61%, comme des moutons, contre l'austérité, dix jours plus tôt .

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Alexis Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent aussi se pencher dans quelques heures sur les moyens de financer un prêt relais pour faire la soudure entre les besoins financiers immédiats de la Grèce et l'obtention des fonds du Mécanisme européen de stabilité.
Ce qu'obtient la Grèce 

Les sacrifices faits par Athènes vont ouvrir la voie à un troisième plan d'aide qui devrait être financé via le MES (mécanisme européen de stabilité) et qui pourrait s'élever entre 82 et 86 milliards d'euros.

Sur cette somme, 10 à 25 milliards d'euros devraient servir à recapitaliser les banques helléniques.

En outre, l'Eurogroupe s'est dit prêt à "évaluer" de nouvelles mesures pour tenter de rendre la dette grecque plus soutenable (allongement des délais de grâce et des maturités). 
Plus sûrement que l'action de Hollande, l'éviction de l'intransigeant doctrinaire antilibéral Y. Varoufakis a visiblement permis de débloquer la situation.
Le Parlement grec entérine les efforts des partenaires européens ou non.

dimanche 12 juillet 2015

Hollande isole la France en Europe au côté de la Grèce

L'optimisme idéologique de Hollande cache une communauté d'intérêts politiques avec la Grèce

Le PG demande à Hollande d'agir en faveur des propositions de la Grèce

Le gouvernement présente Hollande comme un "trait d'union": il va devoir le démontrer dans les faits ! Proche de Syriza, le Parti de Gauche (PG, allié au PCF) a demandé samedi à François Hollande "d'apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce", après la "surenchère" des partisans d'une sortie de la Grèce de la zone euro, selon Mélenchon, à la veille d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement. 


Le Premier ministre grec n'est pas en position de consentir des concessions, mais le PG considère néanmoins qu' "Alexis Tsipras a présenté un plan comportant des concessions en contrepartie d'un financement et d'une restructuration de la dette." Malgré deux plans d'aide européenne, l'extrême gauche française ne demande d'ailleurs aucune garantie à Tsipras.



"Malgré cette proposition, non contents du blocus financier qu'ils ont organisé, Berlin et ses affidés, dont le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, abordent les réunions du week-end en faisant de la surenchère, continue le PG. Manifestement l'Allemagne ne veut pas d'un accord mais la capitulation totale de la Grèce même au prix d'un Grexit", dénonce le PG dans un communiqué signé de son coordinateur politique, Eric Coquerel.


"Maintenant ça suffit ! L'avenir de la Grèce et des autres peuples européens ne peut dépendre du bon vouloir des conservateurs allemands", accuse le PG, frontal. "Plus que jamais, nous affirmons notre solidarité avec la Grèce. Le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l'état, maintient le PG.

"Beaucoup de choses vont dépendre de la France", prétend le porte-parole de Mélenchon, déterminé à mettre Hollande face à son impuissance. "Nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d'apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce", demande le parti de Jean-Luc Mélenchon.


François Hollande avait jugé les propositions d'Athènes "sérieuses" et "crédibles"

"Les Grecs viennent de montrer une détermination à vouloir rester dans la zone euro", a prétendu François Hollande ce vendredi, contre toute évidence, réagissant aux propositions d’Athènes remises jeudi soir à ses créanciers, tandis que Macron se déclarait "raisonnablement optimiste". 
"Le programme qu’ils présentent est sérieux et crédible", a estimé le président de la République. Mais il est quasiment seul de son avis...

Athènes venait de s'engager à reprendre la majeure partie des propositions des créanciers, comme la hausse de la TVA à 23%, la réforme des retraites ou encore la réduction des dépenses militaires, pour les convaincre de reprendre leur aide et éviter une sortie du pays de la zone euro.
François Hollande a jugé que 
ces propositions verbales montrent la détermination des Grecs à vouloir rester dans la zone euro, comme celle des gouvernements successifs de Hollande de redresser la courbe de l'emploi... "Ils vont (les) soumettre au Parlement, ce qui montrera de la force, de l'engagement et je le dis aussi, du courage," s'est félicité le président français, prévenant toutefois "que rien n'est encore fait', mais tout doit être fait" et que les "heures qui viennent seront importantes" en vue d'un accord. Parler pour ne rien dire !

En rupture avec la réalité, le socialiste continue de tenir un discours moralisateur: "les discussions doivent reprendre avec la volonté de conclure. Il faut tout faire pour un accord respectueux", a conclu le "trait d'union", selon les termes de Michel Sapin, l'ineffable thuriféraire de Hollande.

Vendredi, le président socialiste admettait toutefois que "rien n'est encore fait"...


La réunion des ministres des Finances de la zone euro se déroulait en fait dans
un climat de défiance vis-à-vis d'Athènes
samedi à Bruxelles, veille du sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement.


Selon une source européenne, la grande majorité des membres de la zone euro réclame de la fermeté à l'UE et des garanties à la Grèce de Tsipras. Avec Berlin, elle envisage une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans, si le pays n'améliore pas ses propositions de réformes.

Seuls la France, l'Italie et Malte restent encore au côté de la Grèce.

Varoufakis explique les raisons de la solidarité française


Hollande s'évertue à rassurer: "L'économie française n'a rien à craindre"

Mais le ministre grec des Finances démis de ses fonctions dit tout haut ce que la presse française aux ordres dissimule aux Français.
 La France est embarquée dans la même galère et se sent menacée du même sort
L'Allemagne veut un Grexit "pour susciter la peur chez les Français," analyse Varoufakis. Wolfgang Schäuble serait convaincu qu'une sortie de la Grèce de la zone euro lui permettrait d'y imposer son modèle économiqueestime l'ancien ministre doctrinaire de Syriza. Depuis lundi, il n'est plus le ministre des Finances de la Grèce, mais il reste le trublion de la Grèce et de la zone euro. 

Dans une tribune publiée par le journal britannique de centre gauche The Guardian vendredi 10 juilletYanis Varoufakis, encore une fois, propose une lecture antilibérale de la crise grecque. Selon lui, en effet, le refus opposé jusqu'à présent par les créanciers de la Grèce à toute demande de restructuration de la dette trouve surtout une explication politique.
"Ma conviction, fondée sur des mois de négociations, est que le ministre allemand des Finances veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter la crainte chez les Français et leur faire accepter son modèle d'une zone euro disciplinaire", écrit l'ancien ministre.
Victimaire, Yanis Varoufakis charge Schäuble:
"Après la crise de 2008/2009 (qui en fait dure toujours), l'Europe ne savait pas comment réagir. Devait-elle préparer le terrain pour au moins une expulsion (le Grexit) afin de renforcer la discipline [de la zone euro]? Devait-elle évoluer vers une fédération?"
Si "pour l'instant elle n'a fait ni une chose ni l'autre", "soudainement, l'insoutenable dette publique grecque, sans laquelle le risque de Grexit se serait estompé, a acquis une nouvelle utilité pour Schäuble", raconte le machiavélique économiste. Evacuant la responsabilité des gouvernements grecs successifs qui ont pérénisé la non application du droit existant et repoussé les réformes qui auraient permis la collecte de l'impôt et réduit la fraude fiscale,  Varoufakis exonère le système grec de corruption et accuse "Schäuble est convaincu qu'en l'état actuel des choses, il lui faut un 'Grexit' pour faire de la clarté, d'une façon ou d'une autre".

C'est pourquoi, depuis que Syriza est arrivé au pouvoir, "une large majorité au sein de l'Eurogroupe - sous l'influence de Schäuble - a adopté le Grexit comme solution privilégiée ou comme arme de choix contre notre gouvernement", conclut Y. Varoufakis (ci-contre)  à l'heure où les membres de l'Eurogroupe cherchent des raisons de faire confiance à la volonté grecque de se réformer.

Plus d'un an pour créer une nouvelle monnaie
A ce raisonnement s'ajoutent néanmoins deux autres éléments, précise Yanis Varoufakis: d'une part, l'inertie institutionnelle; de l'autre, le pouvoir sur les débiteurs attribué aux créanciers par cette dette insoutenable.
"Le pouvoir, on le sait, corrompt même les meilleurs", lance cet idéologue.
Yanis Varoufakis dramatise une situation qu'il a contribué à empirer: si la Grèce finissait par quitter la zone euro, créer une nouvelle monnaie prendrait plus d'un an. Le scénario serait alors très inquiétant.
"Le Grexit serait l'équivalent de l'annonce d'une forte dévaluation plus de 18 mois à l'avance: une recette pour liquider tout le stock de capital grec et le transférer à l'étranger par tous les moyens possibles", écrit-il.
Le candidat Hollande a besoin du soutien de l'extrême gauche et s'aligne sur le FG

VOIR et ENTENDRE Hollande faire écho à Mélenchon en affirmant: "Il n'y a pas de Grexit provisoire", la Grèce reste dans la zone euro ou pas.


Pour des raisons domestiques, la presse française érige Hollande en "facilitateur"...
VOIR et ENTENDRE ce débat de France 24 entreParis Match (Bruno Jeudy) et Le Monde pour qui David Revault d'Allonnes développe les éléments de langage gouvernementaux (les caricatures binaires de l'Elysée entre les "rigoristes" et les autres ou Hollande "trait d'union", selon Michou Sapin, et "facilitateur"):

Varoufakis et Tsipras ont voulu un référendum qui aura inutilement creusé la dette grecque de 100 millions d'euros. Ils ont lancé un appel au "non" et l'ont obtenu, mais la Grèce n'avait d'autre alternative que de reprendre en pire le programme d'austérité qu'elle avait refusé un mois plus tôt.


Alain Juppé accepte de rendre sa liberté à la Grèce, "si elle le souhaite":

L'ancien Premier ministre Alain Juppé (Les Républicains) appelle l'Union européenne à
"organiser" la sortie de la Grèce de la zone euro "sans drame", au lendemain du rejet par référendum du plan des créanciers.


Juppé: «organiser» la sortie de la Grèce si «c... par 20Minutes

Les états membres de l'UE accepteront-ils d'accorder un 3e plan d'aide à l'extrême gauche grecque?
Au-delà de Wolfgang Schäuble, les peuples de la zone euro -singulièrement français- accepteront-ils de cracher au bassinet à fonds perdus ?