POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est union monétaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est union monétaire. Afficher tous les articles

samedi 4 juin 2016

Déficit: Moscovici attend plus d'efforts de Hollande

La Commission européenne rappelle fermement à Paris son objectif de ramener son déficit inférieur sous la barre de 3% en 2017

Ils s'y sont mis en fait à deux, vendredi, Commission européenne et Eurogroupe, pour que Hollande cesse de laisser filer

Sapin tire trop sur l'élastique
des déficits et de la dette publics
"Nous serons vigilants, nous serons exigeants et il n'y a pas d'autre alternative que d'être en-dessous de 3% en 2017", a affirmé le commissaire européen Pierre Moscovici sur LCP, après l'appel du président néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à plus de fermeté à l'égard de Paris. 
L'Eurogroupe est la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro. Dans ses propos, le commissaire européen devait faire taire la rumeur persistance sur un traitement spécial pour la France à un an des présidentielles
Paris ne cesse en effet d'annoncer de nouvelles dépenses, notamment ces dernières semaines encore. "Si ces dépenses sont faites, il faudra que l'équilibre soit respecté et que l'on passe en-dessous de 3% en 2017", a martelé Pierre Moscovici. 

"Il faut que cet équilibre soit sérieux, que les choses ne soient pas optiques. La France a pris des engagements. Elle doit les tenir", a-t-il insisté. 

Le passage sous la barre des 3% est-il pour 2017 ?
"Il faut que ce soit vraiment sous 3% en 2017, vraiment", a insisté le Français Moscovici, sous la pression de Jeroen Dijsselbloem, qui s'est ému des récentes déclarations du président de la Commission, Jean-Claude Juncker sur la France
Dans un entretien à la chaîne Public Sénat cette semaine, Juncker avait souligné qu'il ne cesse de donner des dérogations à la France en matière budgétaire "parce que c'est la France" et "qu'on ne peut pas appliquer le pacte de stabilité de façon aveugle". 

Une déclaration qui indigne Jeroen Dijsselbloem
"Une chose est sûre: si la Commission n'affiche de fermeté qu'avec les petits pays, l'effet sera dévastateur pour la confiance entre les capitales de l'euro", a plaidé le ministre des Finances néerlandais, chef de file de l'Eurogroupe et membre du Parti travailliste néerlandais. "Si la Commission ferme les yeux sur l'un, elle sera obligée de le faire pour d'autres et au bout du compte, c'est toute l'union monétaire qui sombre dans l'aveuglement", a-t-il insisté. 

L'Eurogroupe a "besoin de clarté" et d'équité 
Selon lui, "la Commission devrait se soucier davantage de sa crédibilité. Lorsque vous apprenez que son président dit que la perspective est différente dans le cas de la France (...) c'est bien sûr dommageable". "Comment voulez-vous redynamiser l'union monétaire, après le vote britannique par exemple, si vous traitez ainsi les règles existantes? Personnellement, je trouve que c'est très inquiétant. Nous avons besoin de clarté", a-t-il encore exigé.  

Renforcé suite à la crise de la dette, le pacte de stabilité impose aux pays européens des plafonds de dette et de déficit public, sous peine de sanctions. Or, Hollande, malgré ses promesses, n'a pas réussi à ramener sous 3% du PIB son déficit public et a obtenu plusieurs délais de grâce, le dernier en date jusqu'à 2017. L'Espagne et le Portugal ont échappé récemment à des sanctions, Bruxelles ayant reporté de quelques mois sa décision sur le sujet, notamment en raison d'une échéance électorale en Espagne.

La France fait moins bien que ses voisins européens
En 2015, le déficit public de la France s'est élevé à 3,5 % du PIB. Le recul du déficit, de 7,4 milliards entre 2014 et 2015, s'explique principalement "par la baisse de la charge de la dette de 2,3 milliards d'euros", en lien avec la baisse des taux d'intérêt, et par la chute "des dépenses d'investissement", de 4,1 milliards, principalement dans les collectivités locales. Mais, si la France a amélioré son solde structurel de 3,1 points de PIB, entre 2011 et 2015, l'Espagne gagnait 4,5 points, le Portugal, 5,6 et l'Irlande, 6,2. Seules la Croatie et la Slovénie ont fait moins bien. 
De 2011 à 2015, la France est le pays d'Europe qui a le plus fait reposer la consolidation de ses finances publiques sur la hausse des impôts et les Français n'en peuvent plus. Or,  en 2015, la France "continue d'afficher l'un des soldes publics les plus dégradés de la zone euro".

"Ca va mieux", selon Hollande

En vérité, pour ne rien arranger, "la France figure parmi les seuls pays de la zone euro dont le poids de la dette publique dans la richesse nationale n'a pas baissé en 2015", tacle un rapport. La dette devrait même continuer à grimper d'après les projections de Bercy: après 95,7% du PIB en 2015, elle atteindrait 96,2% en 2016, puis 96,5% en 2017.

Le déficit public a été réduit à 3,5% grâce aux taux d'emprunt historiquement bas et des milliards d'avoirs fiscaux récupérés de l'étranger. Autant dire pas de réelles économies. Sans les taux bas et les repentis fiscaux, le déficit public n'aurait sans doute pas reculé aussi fortement.

Pour que la dette puisse reculer, il faudrait que la croissance soit moins atone qu'actuellement et sans trompe-l'oeil. Car, si la France n'atteint pas 1,5% de croissance cette année, comme le gouvernement l'avait prévu, Hollande devra trouver des moyens de faire des économies. Sur qui ?

lundi 13 juillet 2015

Quels engagements pour obtenir un troisième plan de sauvetage, la Grèce va-t-elle bafouer ?

Que valent les promesses d'un pouvoir grec qui, hier encore, inspirait la défiance ?

Un plan obligé de sortie de crise a été élaboré pour maintenir la Grèce au sein de l'union monétaire européenne


Euclide Tsakalotos, isolé au centre,
 successeur de Varoufakis aux  Finances, 
a fait se croiser les parallèles
Après un dépassement de limite et aau terme de deux jours de négociations, les dirigeants de la zone euro se sont résignés ce 13 juillet. Comment la Grèce pourrait-elle se livrer à de lourdes réformes, après y avoir échoué depuis 2010, malgré deux plans d'aide internationale et huit plans internes d'austérité, et s'être enlisée chaque année davantage ? 

Athènes restera à la charge des peuples la zone euro.
Ce lundi matin, les dirigeants de la zone euro sont évidemment parvenus à un accord avec la Grèce pour négocier un troisième plan d'aide et ainsi éviter au pays une sortie de l'union monétaire. Et Hollande est soulagé que ce précédent puisse un jour s'appliquer à l'endettement de la France... De quoi encourager le couple Hollande-Valls à laisser filer les dépenses publiques. 

Les responsables de la zone euro ont-ils fixé des conditions suffisamment contraignantes ?

Ils leur faut notamment s'assurer qu'Athènes mène rapidement ses réformes. C'est pourquoi, le parlement grec n'a que deux jours pour faire adopter une série de réformes, notamment sur une unification de la TVA à 23%, y compris pour la restauration, ou le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans dans sept ans, en... 2022. Le Parlement doit aussi approuver la garantie de l'indépendance de l'Elstat, l'organisme des statistiques, du type INSEE à la française, alors que, par ailleurs, la Grèce n'a toujours pas de cadastre qui permettrait de lutter contre la fraude fiscale et favoriser la collecte de l'impôt. 

Avant le 22 juillet, les Grecs devront aussi adopter un code de procédure civile destiné à accélérer le système de justice civile afin de réduire ses coûts.

Un troisième plan de sauvetage évalué à 80 milliards d'euros

Il est subordonné à ces conditions formelles préalables au déclenchement du processus formel. Les dirigeants européens semblent avoir pris les moyens pour qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec ne puisse pas éviter la mise en œuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

Ils ont également renforcé notablement le plan de réformes approuvé samedi par le parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs, dimanche 5 juillet lors du simulacre d'appel au peuple par référendum, d'un coût inutile de 100 millions d'euros. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France, ainsi que les experts des "institutions" (honnies par Syriza, le parti d'extrême gauche au pouvoir) - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable, vendredi.

Comment Tsipras peut-il  se maintenir au pouvoir ?



Athènes devra aussi réformer son marché du travail, privatiser le réseau de transport électrique, et renforcer le secteur financier, autant d'engagements qui vont à l'encontre de la ligne voulue par la gauche "radicale" d'Alexis Tsipras qui avait fait de la lutte contre les politiques d'austérité son cheval de bataille devant les électeurs.

Un accord "difficile" et contradictoire des promesses de campagne de Syriza 
Le leader de la gauche anti-libérale grecque n'a pas été élu pour cette politique d'austérité. Il a cependant réussi à éviter lors des négociations qu'un fonds regroupant des actifs publics grecs destinés à être privatisés soit domicilié au Luxembourg: les services de contrôles seront domiciliés en Grèce. "L'accord est difficile, mais nous avons coupé court au mouvement de transfert d'actifs publics à l'étranger. Nous nous sommes épargnés un étranglement financier et un effondrement du système bancaire", a positivé Alexis Tsipras devant la presse.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son Produit intérieur brut (PIB), a évidemment été actée par François Hollande: en 2015, la dette de la France devrait atteindre les 98% du PIB français. La France s'endette de 2.345 euros de plus chaque seconde. Chaque Français supporte une dette de 31.000 euros. La France est le 8ème pays le plus endetté de l'Union européenne, derrière l'Espagne et devant le Royaume-Uni. 

L'eurogroupe a aussi évoqué un allongement des maturités des prêts et des aménagements sur les intérêts.

L'aménagement de la dette grecque suscitait de fortes réticences dans certains pays, et pas seulement l'Allemagne, mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire passer les nouvelles mesures d'austérité auprès de ses compatriotes, bien qu'ils aient voté à 61%, comme des moutons, contre l'austérité, dix jours plus tôt .

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Alexis Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent aussi se pencher dans quelques heures sur les moyens de financer un prêt relais pour faire la soudure entre les besoins financiers immédiats de la Grèce et l'obtention des fonds du Mécanisme européen de stabilité.
Ce qu'obtient la Grèce 

Les sacrifices faits par Athènes vont ouvrir la voie à un troisième plan d'aide qui devrait être financé via le MES (mécanisme européen de stabilité) et qui pourrait s'élever entre 82 et 86 milliards d'euros.

Sur cette somme, 10 à 25 milliards d'euros devraient servir à recapitaliser les banques helléniques.

En outre, l'Eurogroupe s'est dit prêt à "évaluer" de nouvelles mesures pour tenter de rendre la dette grecque plus soutenable (allongement des délais de grâce et des maturités). 
Plus sûrement que l'action de Hollande, l'éviction de l'intransigeant doctrinaire antilibéral Y. Varoufakis a visiblement permis de débloquer la situation.
Le Parlement grec entérine les efforts des partenaires européens ou non.