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lundi 13 juillet 2015

Grèce: appel des fonctionnaires à la grève, mercredi

L'optimisme idéologique du perspicace Hollande mis à rude épreuve

Le syndicat grec des fonctionnaires, Adedy, appelle dès aujourd'hui à une grève de 24 heures mercredi

Les déçus du non expriment leur désarroi, place Syntagma
(Athènes, le 10 juillet 2015)
Les démocrates grecs comptent faire pression sur les élus
C'est en effet le jour probable du vote au Parlement de nouvelles mesures de rigueur, décidées lundi à Bruxelles, en échange d'un nouveau prêt sur trois ans à la Grèce.

L'Adedy est affiliée à la Confédération européenne des syndicats

Ce syndicat de fonctionnaires représente les intérêts des travailleurs auprès des institutions de l'Union européenne. 
Sa secrétaire générale est Bernadette Ségol,  une française de... 66 ans, ci-contre.


Les syndicats français affiliés sont la CFDT (Confédération française démocratique du travail, proche du PS), la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), la CGT (Confédération générale du travail), la CGT-FO (Confédération générale du travail), Force ouvrière, UNSA (Union nationale des syndicats autonomes).

"Nous appelons à une grève de 24 heures, lors du vote de l'accord anti-populaire et à des manifestations à 16h00 GMT (19h00 locales) sur la place Syntagma", a indiqué un communiqué de l'Adedy, dont c'est la première grève depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza en janvier.

Elément d'évaluation de la mobilisation des mécontents, mercredi
Il y a trois semaines, ils étaient environ 7.000 place Syntagma
, place de la Constitution, au pied du Parlement grec, pour rappeler leur volonté de dire non, "oxi", aux mesures de rigueur pour la Grèce et... soutenir leur gouvernement.

Quels engagements pour obtenir un troisième plan de sauvetage, la Grèce va-t-elle bafouer ?

Que valent les promesses d'un pouvoir grec qui, hier encore, inspirait la défiance ?

Un plan obligé de sortie de crise a été élaboré pour maintenir la Grèce au sein de l'union monétaire européenne


Euclide Tsakalotos, isolé au centre,
 successeur de Varoufakis aux  Finances, 
a fait se croiser les parallèles
Après un dépassement de limite et aau terme de deux jours de négociations, les dirigeants de la zone euro se sont résignés ce 13 juillet. Comment la Grèce pourrait-elle se livrer à de lourdes réformes, après y avoir échoué depuis 2010, malgré deux plans d'aide internationale et huit plans internes d'austérité, et s'être enlisée chaque année davantage ? 

Athènes restera à la charge des peuples la zone euro.
Ce lundi matin, les dirigeants de la zone euro sont évidemment parvenus à un accord avec la Grèce pour négocier un troisième plan d'aide et ainsi éviter au pays une sortie de l'union monétaire. Et Hollande est soulagé que ce précédent puisse un jour s'appliquer à l'endettement de la France... De quoi encourager le couple Hollande-Valls à laisser filer les dépenses publiques. 

Les responsables de la zone euro ont-ils fixé des conditions suffisamment contraignantes ?

Ils leur faut notamment s'assurer qu'Athènes mène rapidement ses réformes. C'est pourquoi, le parlement grec n'a que deux jours pour faire adopter une série de réformes, notamment sur une unification de la TVA à 23%, y compris pour la restauration, ou le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans dans sept ans, en... 2022. Le Parlement doit aussi approuver la garantie de l'indépendance de l'Elstat, l'organisme des statistiques, du type INSEE à la française, alors que, par ailleurs, la Grèce n'a toujours pas de cadastre qui permettrait de lutter contre la fraude fiscale et favoriser la collecte de l'impôt. 

Avant le 22 juillet, les Grecs devront aussi adopter un code de procédure civile destiné à accélérer le système de justice civile afin de réduire ses coûts.

Un troisième plan de sauvetage évalué à 80 milliards d'euros

Il est subordonné à ces conditions formelles préalables au déclenchement du processus formel. Les dirigeants européens semblent avoir pris les moyens pour qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec ne puisse pas éviter la mise en œuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

Ils ont également renforcé notablement le plan de réformes approuvé samedi par le parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs, dimanche 5 juillet lors du simulacre d'appel au peuple par référendum, d'un coût inutile de 100 millions d'euros. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France, ainsi que les experts des "institutions" (honnies par Syriza, le parti d'extrême gauche au pouvoir) - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable, vendredi.

Comment Tsipras peut-il  se maintenir au pouvoir ?



Athènes devra aussi réformer son marché du travail, privatiser le réseau de transport électrique, et renforcer le secteur financier, autant d'engagements qui vont à l'encontre de la ligne voulue par la gauche "radicale" d'Alexis Tsipras qui avait fait de la lutte contre les politiques d'austérité son cheval de bataille devant les électeurs.

Un accord "difficile" et contradictoire des promesses de campagne de Syriza 
Le leader de la gauche anti-libérale grecque n'a pas été élu pour cette politique d'austérité. Il a cependant réussi à éviter lors des négociations qu'un fonds regroupant des actifs publics grecs destinés à être privatisés soit domicilié au Luxembourg: les services de contrôles seront domiciliés en Grèce. "L'accord est difficile, mais nous avons coupé court au mouvement de transfert d'actifs publics à l'étranger. Nous nous sommes épargnés un étranglement financier et un effondrement du système bancaire", a positivé Alexis Tsipras devant la presse.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son Produit intérieur brut (PIB), a évidemment été actée par François Hollande: en 2015, la dette de la France devrait atteindre les 98% du PIB français. La France s'endette de 2.345 euros de plus chaque seconde. Chaque Français supporte une dette de 31.000 euros. La France est le 8ème pays le plus endetté de l'Union européenne, derrière l'Espagne et devant le Royaume-Uni. 

L'eurogroupe a aussi évoqué un allongement des maturités des prêts et des aménagements sur les intérêts.

L'aménagement de la dette grecque suscitait de fortes réticences dans certains pays, et pas seulement l'Allemagne, mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire passer les nouvelles mesures d'austérité auprès de ses compatriotes, bien qu'ils aient voté à 61%, comme des moutons, contre l'austérité, dix jours plus tôt .

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Alexis Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent aussi se pencher dans quelques heures sur les moyens de financer un prêt relais pour faire la soudure entre les besoins financiers immédiats de la Grèce et l'obtention des fonds du Mécanisme européen de stabilité.
Ce qu'obtient la Grèce 

Les sacrifices faits par Athènes vont ouvrir la voie à un troisième plan d'aide qui devrait être financé via le MES (mécanisme européen de stabilité) et qui pourrait s'élever entre 82 et 86 milliards d'euros.

Sur cette somme, 10 à 25 milliards d'euros devraient servir à recapitaliser les banques helléniques.

En outre, l'Eurogroupe s'est dit prêt à "évaluer" de nouvelles mesures pour tenter de rendre la dette grecque plus soutenable (allongement des délais de grâce et des maturités). 
Plus sûrement que l'action de Hollande, l'éviction de l'intransigeant doctrinaire antilibéral Y. Varoufakis a visiblement permis de débloquer la situation.
Le Parlement grec entérine les efforts des partenaires européens ou non.

Grèce: un accord arraché "un revolver sur la tempe", selon Mélenchon

Ce proche de Tsipras met en cause Hollande et attaque Merkel frontalement

François Hollande n'était qu'un "simple assesseur" de la chancelière allemande, Angela Merkel,
explique Jean-Luc Mélenchon, PG, en rupture totale avec les éléments de langage initiés par Valls et Sapin et repris en choeur par la presse aux ordres. A cet égard, BFMTV aura manqué de la plus élémentaire pudeur et de l'objectivité élémentaire qu'impose la déontologie professionnelle aux media qui se respectent. 

Co-fondateur du Parti de gauche, proche de Syriza, le parti d'extrême gauche de Tsipras, Mélenchon a critiqué lundi un accord arraché à Alexis Tsipras "un revolver sur la tempe", dans lequel François Hollande n'est qu'un "simple assesseur" de Mme Merkel.
VOIR et ENTENDRE Mélenchon dénoncer ce compromis et les efforts des Européens condamnés à garder l'enfant prodigue grec dans la famille:

VOIR et ENTENDRE comment, en revanche, le pompeux Valls glorifie le rôle prêté à Hollande, aux limites du ridicule de l'outrance:


Dans une tribune publiée par le Journal du dimanche,
F. Fillon  (LR) accuse Hollande : "une solution aurait peut-être été possible plus tôt si vous n'aviez pas joué un trouble jeu : rigoureux en compagnie d'Angela Merkel, complaisant en coulisses avec Alexis Tsipras", écrit Fillon. "Votre activisme pour sauver Athènes éclipse temporairement nos propres échecs économiques, sociaux et financiers.
Et Alain Juppé, quant à lui, ne juge "pas étonnant que les Français fassent plus confiance à Merkel qu'à Hollande."




"Telle est dorénavant l'Union européenne, poursuit le leader d'extrême gauche. Un revolver sur la tempe, une nation déjà asphyxiée et placée sous blocus financier doit conclure un 'accord' après treize heures de 'discussion' ", a dénoncé l'admirateur de Castro et Gargamel de la BD (ci-dessus), ennemi déclaré des Schtroumpfs européens.

Sur quelle base, les membres de la zone euro auraient-ils retrouvé la confiance perdue en Tsipras ?
Alain Juppé  (LR) écrivait le 6 juillet :
"La Grèce n’est plus en mesure aujourd’hui d’assumer les disciplines de la zone euro. Chercher à l’y maintenir à tout prix, par des arrangements de circonstance, fragiliserait l’ensemble du système. Nous devons l’aider à organiser sa sortie, sans drame."
"Le gouvernement d'Alexis Tsipras a résisté pied à pied comme nul autre ne l'a aujourd'hui fait en Europe," considère Mélenchon mais, sans illusions sur la capacité du premier ministre à réformer et sur la volonté des Grecs de se responsabiliser, le patron radical du Parti de gauche estime, entre autres, qu' "il [Tsipras] accepte donc un armistice dans la guerre qui lui est menée."
L'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2012 a également reproché à Hollande d'avoir "beaucoup trop tardé à intervenir" et "beaucoup trop tardé à envoyer ses experts aider les experts grecs". "Le résultat le voilà: c'est l'agenda de Mme Merkel qui sert de base aux discussions", a-t-il aussi dénoncé sur i-télé.

A l'inverse d'Alain Juppé,
Nicolas Sarkozy (LR) a apporté son soutien à la stratégie de l'actuel chef de l'État. Au 20 heures de TF1, il a tout de même tenu à apporter une condition sine qua non :
"Tout doit être fait pour trouver un compromis. Je partage ce point de vue exprimé par monsieur Hollande et par monsieur Valls. Mais il y a une ligne rouge, c'est que le compromis qui doit être trouvé ne doit pas détruire la crédibilité des 18 autres pays membres de la zone euro."
Cela dit, le président de Les Républicains juge qu'actuellement, il n'y a "que des mauvaises solutions". "La moins mauvaise étant de trouver un compromis acceptable", selon lui. Car, affirme-t-il, l'objectif n'est "pas seulement d'éviter la faillite de la Grèce, c'est d'éviter la destruction de la zone euro."

Pour Eric Woerth, "l'appel de Nicolas Sarkozy n'est pas resté lettre morte" dans les négociations visant à maintenir la Grèce dans la zone euro.

Dimanche, le président des Républicains a en effet appelé François Hollande à "se ressaisir" et a jugé "préférable" d'atteindre un "compromis". "L'appel d'un ancien président de la République est important", souligne Eric Woerth.
VOIR et ENTENDRE Eric Woerth mettre en évidence le lien entre l'accord trouvé et l'appel de Sarkozy:

Après avoir fustigé la chancellière allemande, quand l'eurogroupe exprimait son manque de confiance en Tsipras, maintenant qu'un compromis à l'arraché est obtenu hors limites, les socialistes vantent le couple Merkel-Hollande... 
Clairement, Valls est un bouffon. Grave.

mardi 30 juin 2015

Abaissement de la note souveraine de la Grèce après l'appel au non au référendum

Le recours à un référendum est un mauvais signal pour "la stabilité économique" du pays, estime Standard and Poor's 

L'agence d'évaluation financière a abaissé d'un cran la note de la Grèce à "CCC-" lundi 

Standard and Poor's (SP) estime que l'appel d'Athènes à voter non au référendum est un mauvais signal pour la "stabilité économique" du pays. "La décision de la Grèce d'organiser un référendum sur la proposition des créanciers est un signe supplémentaire que le gouvernement Tsipras privilégiera la politique intérieure au détriment de la stabilité économique et financière (et) du paiement de la dette" détenue par les investisseurs privés, a expliqué l'agence dans un communiqué. 
Le gouvernement grec d'extrême gauche a en effet annoncé samedi l'organisation d'un référendum le 5 juillet sur la poursuite du plan d'aide international, provoquant la rupture des négociations avec les créanciers du pays (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne). 
S&P évalue à "50%" les risques de voir la Grèce quitter la zone euro et assure que sans "évolution favorable de la situation", le pays fera "inévitablement" défaut sur sa dette détenue par le secteur privé "dans les six mois".

La note de la Grèce n'est formellement plus qu'à quelques crans du défaut de paiement général

Outre que l'agence de notation reléguela Grèce à "CCC-", S&P a assorti cette nouvelle note d'une perspective négative, ajoutant qu'elle allait la dégrader de nouveau dans les "six prochains mois", en cas par exemple de manquement d'une échéance vis-à-vis des créanciers privés. La note sera alors reléguée à "SD" (défaut sélectif), précise l'agence de notation. 

La Grèce risque par ailleurs de faire défaut sur sa dette vis-à-vis du FMI mardi mais, dans leurs évaluations, les agences de notation ne prennent en compte que le risque entourant les obligations détenus par le secteur privé.