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dimanche 12 juillet 2015

Hollande isole la France en Europe au côté de la Grèce

L'optimisme idéologique de Hollande cache une communauté d'intérêts politiques avec la Grèce

Le PG demande à Hollande d'agir en faveur des propositions de la Grèce

Le gouvernement présente Hollande comme un "trait d'union": il va devoir le démontrer dans les faits ! Proche de Syriza, le Parti de Gauche (PG, allié au PCF) a demandé samedi à François Hollande "d'apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce", après la "surenchère" des partisans d'une sortie de la Grèce de la zone euro, selon Mélenchon, à la veille d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement. 


Le Premier ministre grec n'est pas en position de consentir des concessions, mais le PG considère néanmoins qu' "Alexis Tsipras a présenté un plan comportant des concessions en contrepartie d'un financement et d'une restructuration de la dette." Malgré deux plans d'aide européenne, l'extrême gauche française ne demande d'ailleurs aucune garantie à Tsipras.



"Malgré cette proposition, non contents du blocus financier qu'ils ont organisé, Berlin et ses affidés, dont le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, abordent les réunions du week-end en faisant de la surenchère, continue le PG. Manifestement l'Allemagne ne veut pas d'un accord mais la capitulation totale de la Grèce même au prix d'un Grexit", dénonce le PG dans un communiqué signé de son coordinateur politique, Eric Coquerel.


"Maintenant ça suffit ! L'avenir de la Grèce et des autres peuples européens ne peut dépendre du bon vouloir des conservateurs allemands", accuse le PG, frontal. "Plus que jamais, nous affirmons notre solidarité avec la Grèce. Le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l'état, maintient le PG.

"Beaucoup de choses vont dépendre de la France", prétend le porte-parole de Mélenchon, déterminé à mettre Hollande face à son impuissance. "Nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d'apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce", demande le parti de Jean-Luc Mélenchon.


François Hollande avait jugé les propositions d'Athènes "sérieuses" et "crédibles"

"Les Grecs viennent de montrer une détermination à vouloir rester dans la zone euro", a prétendu François Hollande ce vendredi, contre toute évidence, réagissant aux propositions d’Athènes remises jeudi soir à ses créanciers, tandis que Macron se déclarait "raisonnablement optimiste". 
"Le programme qu’ils présentent est sérieux et crédible", a estimé le président de la République. Mais il est quasiment seul de son avis...

Athènes venait de s'engager à reprendre la majeure partie des propositions des créanciers, comme la hausse de la TVA à 23%, la réforme des retraites ou encore la réduction des dépenses militaires, pour les convaincre de reprendre leur aide et éviter une sortie du pays de la zone euro.
François Hollande a jugé que 
ces propositions verbales montrent la détermination des Grecs à vouloir rester dans la zone euro, comme celle des gouvernements successifs de Hollande de redresser la courbe de l'emploi... "Ils vont (les) soumettre au Parlement, ce qui montrera de la force, de l'engagement et je le dis aussi, du courage," s'est félicité le président français, prévenant toutefois "que rien n'est encore fait', mais tout doit être fait" et que les "heures qui viennent seront importantes" en vue d'un accord. Parler pour ne rien dire !

En rupture avec la réalité, le socialiste continue de tenir un discours moralisateur: "les discussions doivent reprendre avec la volonté de conclure. Il faut tout faire pour un accord respectueux", a conclu le "trait d'union", selon les termes de Michel Sapin, l'ineffable thuriféraire de Hollande.

Vendredi, le président socialiste admettait toutefois que "rien n'est encore fait"...


La réunion des ministres des Finances de la zone euro se déroulait en fait dans
un climat de défiance vis-à-vis d'Athènes
samedi à Bruxelles, veille du sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement.


Selon une source européenne, la grande majorité des membres de la zone euro réclame de la fermeté à l'UE et des garanties à la Grèce de Tsipras. Avec Berlin, elle envisage une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans, si le pays n'améliore pas ses propositions de réformes.

Seuls la France, l'Italie et Malte restent encore au côté de la Grèce.

Varoufakis explique les raisons de la solidarité française


Hollande s'évertue à rassurer: "L'économie française n'a rien à craindre"

Mais le ministre grec des Finances démis de ses fonctions dit tout haut ce que la presse française aux ordres dissimule aux Français.
 La France est embarquée dans la même galère et se sent menacée du même sort
L'Allemagne veut un Grexit "pour susciter la peur chez les Français," analyse Varoufakis. Wolfgang Schäuble serait convaincu qu'une sortie de la Grèce de la zone euro lui permettrait d'y imposer son modèle économiqueestime l'ancien ministre doctrinaire de Syriza. Depuis lundi, il n'est plus le ministre des Finances de la Grèce, mais il reste le trublion de la Grèce et de la zone euro. 

Dans une tribune publiée par le journal britannique de centre gauche The Guardian vendredi 10 juilletYanis Varoufakis, encore une fois, propose une lecture antilibérale de la crise grecque. Selon lui, en effet, le refus opposé jusqu'à présent par les créanciers de la Grèce à toute demande de restructuration de la dette trouve surtout une explication politique.
"Ma conviction, fondée sur des mois de négociations, est que le ministre allemand des Finances veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter la crainte chez les Français et leur faire accepter son modèle d'une zone euro disciplinaire", écrit l'ancien ministre.
Victimaire, Yanis Varoufakis charge Schäuble:
"Après la crise de 2008/2009 (qui en fait dure toujours), l'Europe ne savait pas comment réagir. Devait-elle préparer le terrain pour au moins une expulsion (le Grexit) afin de renforcer la discipline [de la zone euro]? Devait-elle évoluer vers une fédération?"
Si "pour l'instant elle n'a fait ni une chose ni l'autre", "soudainement, l'insoutenable dette publique grecque, sans laquelle le risque de Grexit se serait estompé, a acquis une nouvelle utilité pour Schäuble", raconte le machiavélique économiste. Evacuant la responsabilité des gouvernements grecs successifs qui ont pérénisé la non application du droit existant et repoussé les réformes qui auraient permis la collecte de l'impôt et réduit la fraude fiscale,  Varoufakis exonère le système grec de corruption et accuse "Schäuble est convaincu qu'en l'état actuel des choses, il lui faut un 'Grexit' pour faire de la clarté, d'une façon ou d'une autre".

C'est pourquoi, depuis que Syriza est arrivé au pouvoir, "une large majorité au sein de l'Eurogroupe - sous l'influence de Schäuble - a adopté le Grexit comme solution privilégiée ou comme arme de choix contre notre gouvernement", conclut Y. Varoufakis (ci-contre)  à l'heure où les membres de l'Eurogroupe cherchent des raisons de faire confiance à la volonté grecque de se réformer.

Plus d'un an pour créer une nouvelle monnaie
A ce raisonnement s'ajoutent néanmoins deux autres éléments, précise Yanis Varoufakis: d'une part, l'inertie institutionnelle; de l'autre, le pouvoir sur les débiteurs attribué aux créanciers par cette dette insoutenable.
"Le pouvoir, on le sait, corrompt même les meilleurs", lance cet idéologue.
Yanis Varoufakis dramatise une situation qu'il a contribué à empirer: si la Grèce finissait par quitter la zone euro, créer une nouvelle monnaie prendrait plus d'un an. Le scénario serait alors très inquiétant.
"Le Grexit serait l'équivalent de l'annonce d'une forte dévaluation plus de 18 mois à l'avance: une recette pour liquider tout le stock de capital grec et le transférer à l'étranger par tous les moyens possibles", écrit-il.
Le candidat Hollande a besoin du soutien de l'extrême gauche et s'aligne sur le FG

VOIR et ENTENDRE Hollande faire écho à Mélenchon en affirmant: "Il n'y a pas de Grexit provisoire", la Grèce reste dans la zone euro ou pas.


Pour des raisons domestiques, la presse française érige Hollande en "facilitateur"...
VOIR et ENTENDRE ce débat de France 24 entreParis Match (Bruno Jeudy) et Le Monde pour qui David Revault d'Allonnes développe les éléments de langage gouvernementaux (les caricatures binaires de l'Elysée entre les "rigoristes" et les autres ou Hollande "trait d'union", selon Michou Sapin, et "facilitateur"):

Varoufakis et Tsipras ont voulu un référendum qui aura inutilement creusé la dette grecque de 100 millions d'euros. Ils ont lancé un appel au "non" et l'ont obtenu, mais la Grèce n'avait d'autre alternative que de reprendre en pire le programme d'austérité qu'elle avait refusé un mois plus tôt.


Alain Juppé accepte de rendre sa liberté à la Grèce, "si elle le souhaite":

L'ancien Premier ministre Alain Juppé (Les Républicains) appelle l'Union européenne à
"organiser" la sortie de la Grèce de la zone euro "sans drame", au lendemain du rejet par référendum du plan des créanciers.


Juppé: «organiser» la sortie de la Grèce si «c... par 20Minutes

Les états membres de l'UE accepteront-ils d'accorder un 3e plan d'aide à l'extrême gauche grecque?
Au-delà de Wolfgang Schäuble, les peuples de la zone euro -singulièrement français- accepteront-ils de cracher au bassinet à fonds perdus ?

jeudi 9 juillet 2015

Crise grecque: Sarkozy recherche homme d'Etat à l'Elysée

Le chef d'Etat a montré qu'il est capable d'apporter "des solutions face aux menaces"

Selon Hollande, l'économie française serait "robuste" et n'aurait "rien à craindre" de la crise grecque !

L'extrême gauche 
anti-libérale grecque

réactive le tonneau des Danaïdes

La Grèce n'a cessé de régresser depuis qu'elle est assistée par l'U.E.
Au-delà du spectre du "Grexit", l'économie grecque toute entière est exsangue et doit se réformer. A une centaine de kilomètres d'Athènes comme dans la capitale, les entreprises doivent réduire leurs effectifs pour survivre. Quant aux consommateurs, ils se font de plus en plus rares dans les magasins.

L'extrême gauche anti-libérale au pouvoir en Grèce bloque l'UE
Après déjà deux plans d'aide, les chefs d'Etat de l'Eurogroupe attendent toujours que la Grèce -introduite en Europe par Giscard d'Estaing- fasse de nouvelles propositions de réformes. Ce préalable est nécessaire et indispensable à toute négociation concernant l'éventuel faveur d'un troisième plan d'aide à la Grèce. 48h après la victoire du "niet" au référendum-surprise (et bidon) de Tsipras, quelles sont les précautions des institutions créancières ? De quels moyens les Grecs disposent-ils pour sortir de la crise ? Qu'est-ce qui les empêche de retrousser les manches comme l'ont fait l'Irlande, l'Espagne ou le Portugal ? L'idéologie  -radicale et populiste- anti-austérité est-elle en train d'achever la Grèce?
           
               

                   

                   

                   

                   

               

                    Crise financière : quel bras de fer entre la Grèce et ses créanciers ? sur Wat

La Grèce doit-elle se méfier des mauvais conseilleurs français?
Mercredi 8 juillet, lors de la discussion à perte de vue des députés de la majorité sur les réticences grecques à rendre l'argent de ses créanciers (comme disait M. Thatcher: " I want my money back !") et d’une éventuelle sortie du pays de la zone euro, pendant plus de deux heures, l’idée européenne n'est pas sortie grandie des interventions assez plates des élus présents, les discoureurs professionnels du PS, en présence de rares élus de l'opposition qui déploraient, avec les élus EELV, la privation que leur impose le pouvoir d'un vote final.

L'exécutif socialiste redoute que la Grèce crée un précédent dont la France également endettée pourrait pâtir à son tour: 
VOIR et ENTENDRE Valls refuser que la Grèce sorte de la zone euro, non par esprit de solidarité, mais par crainte d'être entraîné sur la même pente:

Hollande plane et joue l'optimiste et la démagogie
Après avoir longtemps gardé le silence et longuement cherché sa voie politique, Pépère multiplie désormais les déclarations consensuelles.
VOIR et ENTENDRE Hollande nier les risques ("majeurs"!) encourus par la France et "moi je" assurer que "la France se bat" non pas pour elle-même, mais "pour garder la Grèce dans la zone euro":

"L'économie française est
robuste, bien plus robuste qu'il y a quatre ans et elle n'a rien à craindre de ce qui pourrait se produire", a insisté 
Flanby lundi, dans la cour de l’Élysée, à l'issue d'un conseil des ministres restreint consacré à cette crise qui,  pourtant, ne l'inquiète pas outre mesure. 
Si la France "agit ce n'est pas parce qu'elle aurait peur ou serait inquiète mais parce que c'est sa responsabilité de le faire", a prétendu le chef de l'Etat. 
ECOUTEZ-le encore...
La crise financière de la Grèce a commencé au printemps 2010 et déclenché une tempête dans toute la zone euro, entraînant plusieurs pays dits "périphériques" (Irlande, Portugal, Espagne...). Le calme relatif qui régnait depuis 2012, grâce en grande partie aux actions de la BCE, a été rompu à l'automne dernier, et la tension a repris de plus belle avec l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement grec dominé par l'extrême gauche  Syriza, fin janvier 2015.

"
Hollande fait de la synthèse molle dans le dossier grec",
 dénonce Luc Chatel.

VOIR et ENTENDRE quelle est en effet l'ampleur des réformes grecques nécessaires:

               

                   

                   

                   

                   

               

                               Crise financière : quel bras de fer entre la Grèce et ses créanciers ? sur Wat
             
 Nicolas Sarkozy ne crédite la Grèce d'aucune excuse

L'ancien président de la République ne s’est pas montré tendre avec les margoulins que les Grecs ont porté au pouvoir et conforté dans leur refus d'assumer la responsabilité d'une économie ravagée par la fraude institutionnalisée par l'absence de cadastre et la démagogie. Depuis le "niet" au référendum de dimanche sur les conditions imposées par les pays créanciers, ils se sont exposés à une sortie de la zone euro. Voire de l'Union européenne, si l'extrême gauche s'entête dans le populisme et le jusqu'au-boutisme.

Invité du 20 heures de TF1, le chef de file des Républicains a listé les défaillances du peuple grec, à commencer par l'erreur d'avoir porté à sa tête un gouvernement extrémiste anti-libéral. "Si la Grèce est aujourd’hui au bord de la faillite, c’est malheureusement parce qu’elle n’a pas d’administration digne de ce nom pour percevoir les impôts et parce qu’elle a fait un certain nombre de choix fiscaux, économiques et étatiques qui ne correspondent en rien aux exigences qui sont celles d’un grand pays de 10 millions d’habitants, membre de l’Union européenne", analyse-t-il. 

Un peu plus tôt dans son intervention, l’ancien président de la République estimait aussi que "la Grèce n’a pas fait les réformes que les autres pays européens ont faites. Les fonctionnaires grecs partent à la retraite à 57 ans, à 56 ans pour certains d’entre eux. On ne paie pas d’impôts sur les îles grecques… "

"Aujourd’hui, les Grecs doivent 45 milliards d’euros à la France"
Nicolas Sarkozy a aussi sorti des chiffres : "Aujourd’hui, les Grecs doivent 45 milliards d’euros à la France. C’est 2.300 euros par famille.

Le gouvernement Tsipras réclame un rééchelonnement du paiement de sa dette? Un effacement, digne de pays africains ? "D’ores et déjà, la dette grecque est étalée jusqu’à 2055," a-t-il porté à la connaissance des Hollande, Valls ou Mélenchon. 
Au regard des sommes en jeu et comme l'ensemble de la classe politique, " tout doit être fait pour trouver un compromis", il a estimé en préambule. "Mais il y a une ligne rouge à ne pas dépasser : le compromis qui doit être trouvé ne doit pas détruire la crédibilité des 17 autres pays membres de la zone euro […]. La plus mauvaise des solutions serait de demander aux pays de la zone euro de prêter de nouveau à la Grèce sans condition."

Pessimiste, François Bayrou tacle Hollande qui s'est tu face à l'opinion inquiète

VOIR et ENTENDRE le maire de Pau dénoncer les "voeux pieux" de la gauche, de Hamon à Valls, contredire Hollande et annoncer "une onde de choc":


mardi 7 juillet 2015

La Grèce met la France à l'arrêt: Hollande et Valls monopolisés

Qu'ils mettent leur énergie à éviter à la France le sort de la Grèce

Submergés par leur dette publique, Hollande et Valls se consacrent pourtant à temps plein à la Grèce

Mr Spock à RTL, en soutien
à l'extrême gauche grecque,
pour ménager le Front de gauche
 
François Hollande a appelé les Français surfiscalisés à la solidarité lundi soir, comme si était roses leurs vies de chômeurs ou de contributeurs au Revenu de solidarité active (RSA) ou à la CMU, couverture maladie universelle qui ouvre l'assurance maladie à tous les résidents en France, y compris clandestins. L'air important, mais platement et inutilement, Pépère a commenté la situation, observant qu’il y a "urgence pour l’Europe, urgence pour la Grèce". Bien vu ! On sent que la zone euro attend après lui, lui et ses fulgurances...

La France s'oppose à une sortie de la Grèce de la zone euro, a expliqué Manuel Valls, le 3 juillet sur "RTL". Ainsi, c’est maintenant au tour du Premier ministre de réaffirmer que "la France fera tout pour que la Grèce reste dans la zone euro". Valls, comme Hollande, reste dans les "il faut", "on doit": et le "comment"?
Gravement, le Premier ministre prononce des évidences: "Tsipras doit prendre ses responsabilités aujourd’hui à l’Eurogroupe et engager la Grèce sur la voie des réformes"
Mais, Catalan ou Normand, on ne sait plus, Manuel Valls déclare aussi bien qu'  " il n’y pas de sujet tabou sur la dette et le rééchelonnement, sur le fait qu’on reprofile, qu’on retravaille sur la dette (...) Les bases d’un accord existent (...)", a-t-il encore assuré, perspicace, sur RTLSourcils froncés, Valls fait notablement avancer le schmilblick...

Un Grexit fait trembler le pouvoir socialiste


Valls grimace
en prenant connaissance de ses fiches
Le coup passerait si près qu'il ferait tomber Hollande. L'exclusion de la Grèce serait un redoutable précédent: la France est le prochain pays sur la liste. Lire Ivan Rioufol.
"La zone euro doit rester cohérente et fiable (...)", affirme Valls. "La France est convaincue que nous ne pouvons pas prendre le risque d’une sortie de la Grèce de la zone euro (...) C’est un risque pour la croissance et l’économie mondiales et un risque politique", a insisté Valls, avant d’ajouter qu’un débat aura lieu à l’Assemblée nationale mercredi. Un débat sans vote: de la parlotte. 
Après consultation du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, et mépris de celui du Sénat (UMP), "nous proposons qu'il puisse y avoir - c'est à l'Assemblée nationale de l'organiser - un débat, si possible dès demain, avec l'ensemble des parlementaires, après le Conseil européen (de mardi soir), pour faire un point sur la situation." 
Après deux recours à l'article 49.3, qui ont montré en quelle estime il tient les élus de la nation, Manuel Valls - lequel, comme Ayrault, a toujours refusé de recourir au référendum - assure cyniquement que "le gouvernement est prêt pour un débat avec les députés".

Grèce : "Les bases d'un accord existent... par rtl-fr

L'Assemblée nationale est devenue une chambre d'enregistrement des desiderata de l'exécutif. 
"Aujourd’hui, il n’y a pas besoin d’avoir un vote. Un vote sur quoi ? Non", a tranché le démocrate Manuel Valls, républicain modèle en Socialie et fin connaisseur de la dictature des généraux grecs.

On sait pourquoi Valls cache sa main gauche
Ce débat portera " sur la situation du moment, sur la position bien sûr de la France. Parce que je crois que, dans ce moment-là, il faut informer les parlementaires et à travers eux (...) les Français. Il faut faire preuve de responsabilité et aussi d’unité et de rassemblement", a-t-il encore indiqué. Bla, bla, bla...

mercredi 24 juin 2015

Grèce: un cataplasme sur une jambe de bois en guise d'accord

Hollande se targue d'obtenir pour la Grèce un accord obligé a minima

Un accord à l'arraché qui ne réglera pas tout 

J.-C. Juncker gourmande Alexis Tsipras
(22 juin 2015 à Bruxelles)
Lâchées trop tard pour sceller un accord ce lundi, les nouvelles concessions grecques permetteront toutefois d'en espérer un dans le courant de la semaine.
Les nouvelles propositions de l'extrême gauche grecque au pouvoir avec Syriza pour débloquer 7,2 milliards d'euros d'aide ne suffisent pas. "Il reste du travail à faire", a reconnu le commissaire européen Pierre Moscovici, affichant toujours peu d'optimisme à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe en milieu de journée. "Journée décisive... Je crois à un accord," déclarait-il sur Europe1. Mais quel accord?

Moins de préretraites, plus de TVA

Voici la liste des  propositions grecques, d'après la presse nationale:
Augmentation de la TVA  de 6,5% à 13% sur les séjours hôteliers. Le taux le plus bas de TVA, 6,5%, serait uniquement réservé aux médicaments, aux livres, et aux billets de théâtre. Selon le quotidien économique Naftemporiki, cette mesure rapporterait 2 milliards d'euros. L'électricité resterait à 13%, alors que le FMI voulait la faire passer à 23%.

Limitation des préretraites dès 2016. L'âge légal de la retraite en Grèce est de 67 ans depuis janvier 2013, mais il est possible d'être en préretraite dès 62 ans à partir de quinze ans de cotisations, avec décote dissuasive, où même en retraite pour certains métiers considérés à risque.
Diminution des retraites complémentaires supérieures à 1.000 euros. Ces deux mesures sur les retraites rapporteraient deux milliards.

Hausse d'impôts sur les entreprises réalisant un bénéfice supérieur à 500.000 euros

Hausse d'impôt sur les revenus supérieurs à 30.000 euros

Le montant de surplus primaire du budget, calculé avant d'en déduire la charge de la dette, reste fixé à 1 % du PIB en 2015 et 2 % en 2016, selon le compromis qui avait déjà été trouvé en fin de semaine dernière.
Dans ces propositions, "rien de substantiel" pourtant, selon le ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble, qui regrette de ne pas avoir reçu le dernier texte des Grecs. De toutes manières, elles sont arrivées trop tard pour être validées par les créanciers - Etats européens, BCE et FMI, dont les réunions se succèdent dans la journée. C'est trop tard aussi pour qu'un accord soit officialisé au sommet des chefs d'Etat qui doit avoir lieu ce soir. Le sommet "ne pourra être qu'un sommet de consultation", a prévenu la chancelière Angela Merkel depuis l'Allemagne: "Il y a beaucoup de jours dans la semaine pour prendre une décision".

Un accord véritable  reste à trouver
François Hollande, qui se veut à l'interface de l'Allemagne et de la Grèce, souhaitait un accord "global et durable", et non "partiel ou limité dans le temps", mais joue un double jeu devant les micros et caméras hexagonaux mais ne pèse rien sur les négociations, tandis que les journées à venir seront marquées par l'urgence: les Grecs vident leurs coffres bancaires au rythme de 700 millions par jour. Faut-il continuer à perfuser la Grèce à la façon de la BCE envers les banques en relevant désormais plusieurs fois par semaine son plafond? 
Un accord à l'arraché sur une liste de réformes débloquerait les 7,2 milliards d'euros soldant le deuxième plan d'aide à la Grèce, sans parvenir à contenter tous les créanciers. Les 1,6 milliard dus au FMI seraient remboursés, mais où trouver les 7,4 milliards qui doivent être payés en juillet et en août? Et que penser d'un système où l'aide versée par les créanciers sert en grande partie à les rembourser eux-mêmes?
Sans compter que ces nouvelles mesures de rigueur pourraient avoir à nouveau un effet récessif, comme toutes les précédentes. "Il faut s'accorder sur un minimum de réformes pour gagner du temps", explique Patrice Gautry, chef économiste de Union Bancaire Privée. "Cet accord-sparadrap ne réglera pas la question du refinancement de la Grèce sur le long terme, mais il permettra de passer les échéances de l'été". 

Pour une économie en récession en effet, une dette de 180% du PIB est insurmontable. "Depuis le début de la crise, l'Union européenne s'est focalisée sur le seul problème de la dette, pas assez sur la question de la croissance", regrette Patrice Gautry. "Il faut refinancer l'économie grecque à long terme pour lui permettre de se relancer". Cette semaine, même si un accord est trouvé, inaugure tout un été de négociations. Qui remettront la dette en question, au sein d'un troisième plan d'aide.

lundi 25 mai 2015

Drahi s'endette pour de multiples acquisitions, dont Libération, avec la bénédiction du tandem Joffrin-Hollande


Patrick Drahi et Altice se sont taillé un empire dans la communication, presse et télécoms 

Patrick Drahi s'inscrit dans une stratégie de rachats par endettement où il est passé maître

Comment ce montage financier a-t-il était possible en république socialiste? Altice, la holding de P. Drahi - un consortium... luxembougeois - a pris le contrôle de Suddenlink  au moyen d'un montage nommé 'Leverage Buy Out' (LBO). Tapie, pas bien; Drahi, très bien ! 

Or, une prise de contrôle par emprunt n'est possible, sans risques, qu'avec le soutien -la connivence- du pouvoir politique. En effet, Drahi est propriétaire d'une holding personnelle immatriculée à Guernesey, un autre paradis fiscal, Next Limited Partnership...

Drahi s'est d'abord offert Numéricable, puis SFR, racheté par... Numericable pour 17 milliards d'euros à Vivendi l'année dernière. Puis Portugal Telecom (qui venait d'acquérir le Brésilien Oi), acquis début 2015 pour 7,4 milliards d'euros, avec le . Avec l'annonce de la prise de contrôle de Suddenlink Communication, le septième câblo-opérateur aux Etats-Unis, pour près de 7 milliards de dollars, l'homme d'affaires franco-israëlien Patrick Drahi et sa holding Altice (future actionnaire de l'Express), poursuivent leur frénésie d'acquisitions.

2002, année Jospin (1997-mai 2002), marque le début de sa conquête du câble français. Patrick Drahi commence par acheter la compagnie alsacienne Est Vidéocommunication et se retrouve en moins de 4 ans avec 99 % du câble français. Son fonds d'investissement Altice rachète aussi Numericable, Noos, France Télécom Câble, TDF Câble et UPC France, pour 2 milliards d'euros au total

A chaque fois, l'homme d'affaires franco-israélien procède de la même façon: avancer le moins d'argent possible en recourant majoritairement à l'endettement pour procéder à l'acquisition. Il utilise pour cela un montage nommé LBO (Leverage Buy Out, ou rachat à effet de levier).
L'opération vise à confier à une holding le soin de financer l'essentiel du rachat par des emprunts. Ainsi, pour s'offrir 70% de la société Suddenlink, valorisée au total à 9,1 milliards de dollars, Altice, la holding de Patrick Drahi, ne va débourser qu'1,2 milliard de dollars en cash. Le reste, près de 6 milliards, sera financé par de la dette.


L'entreprise rachetée finance sa propre acquisition

Particularité du LBO, ce sont les bénéfices de Suddenlink Communications qui en assureront le remboursement progressif. A priori, l'entreprise en question est particulièrement rentable. En 2014, le câblo-opérateur américain a en effet dégagé un excédent brut d'exploitation de plus de 900 millions de dollars, pour un chiffre d'affaires de 2,3 milliards de dollars. Mais ce type d'opération s'accompagne généralement de plans de réduction des coûts -notamment en personnels- afin d'augmenter encore la rentabilité.

Patrick Drahi est un habitué de ce type d'opérations, à tel point qu'il est parfois surnommé "le roi du LBO". Le rachat de SFR par Numericable, début 2014 - au coeur du quinquennat socialiste de Hollande -  constitue d'ailleurs à ce jour plus grosse opération de LBO jamais montée en France. Il faut dire que la période - avec des taux d'intérêt à leur plus bas historique - est particulièrement favorable. D'où la volonté de Patrick Drahi de profiter de cette fenêtre de tir pour se bâtir un empire dans les télécoms mais aussi les médias.

Des acquisitions, à la hussarde, tambour battant

L'acquisition de Suddenlink "n'affecte d'aucune façon nos ambitions en Europe, y compris en France", a ainsi indiqué mercredi le directeur général d'Altice Group, Dexter Goei. Lequel avoue aussi vouloir continuer à participer au mouvement de consolidation aux Etats-Unis. "Notre but est d'équilibrer notre portefeuille pour qu'au moins 50% (des revenus) proviennent des USA et 50% des autres pays et de la France", a-t-il esquissé. Contre 12% aujourd'hui en tenant compte de Suddenlink.

De fait, le groupe aurait déjà noué des contacts en vue de racheter éventuellement Time Warner Cable, le deuxième câblo-opérateur américain. Un gros morceau valorisé 44 milliards de dollars, soit 11 milliards de plus qu'Altice.

Un endettement de 30 milliards d'euros

En attendant, les opérations successives ont considérablement gonflé la dette d'Altice: elle pourrait atteindre 30 milliards d'euros, après l'acquisition de Suddenlink. Mais ce chiffre ne semble pas inquiéter les analystes qui scrutent avant tout le ratio dette sur excédent brut d'exploitation. Celui-ci devrait passer de 4,7 à 4,9 mais rester en-dessous de la limite de 5, fixée par le groupe. Les investisseurs sont apparemment sur la même ligne: à Amsterdam, le titre Altice Group bondissait de 11,5% en fin d'après-midi.

Si la politique de rachats de Patrick Drahi porte pour l'instant ses fruits, elle n'est pas sans risques. Elle suppose que les entreprises rachetées génèrent suffisamment de bénéfices, condition sine qua non du remboursement de la dette. Dans le cas du rachat de SFR par Numericable, l'opérateur mobile a certes renoué avec un bénéfice net et augmenté de 20% son excédent d'exploitation (ebitda), à 930 millions d'euros. Mais cela ne va pas sans heurts. Une partie des personnels étaient en grève mardi 19 mai pour protester contre les nouvelles méthodes de management au sein de l'opérateur au logo rouge.

Le magnat des communications est la 57e fortune mondiale et le protégé de Hollande détient un patrimoine évalué à 18,4 milliards de dollars.
Bercy ne manquera pas de nous confirmer que Drahi et Alice sont effectivement imposés en France,
plutôt qu'au Luxembourg ou à Guernesey.

jeudi 26 mars 2015

Déficit public de 4% en 2014 contre 4,1% en 2013: le pouvoir pavoise !

Mais la dépense publique totale a augmenté de 1,6% en 2014

Le déficit public français en 2014 est "moins élevé" que prévu, s'extasie l'AFP 
Le petit bout de Sapin
qui fait ricaner Taubira
"Enfin une bonne nouvelle sur le front de l'économie", commente Orange

"La France a enregistré en 2014 un déficit public 'un peu moins' élevé que prévu" et a revu en baisse son objectif pour 2015, ce qui devrait lui permettre de contenter la Commission européenne. Le gouvernement se réjouit aujourd'hui de son erreur initiale d'estimation à 4,4%.  La conjoncture lui permet un Produit intérieur brut (PIB) plus favorable et donc un déficit public moindre de 1% sur les 4,1% de 2013, selon les comptes nationaux dévoilés jeudi par l'INSEE.
Un recul marqué des investissements des collectivités locales explique "essentiellement" cette "légère réduction du besoin de financement des administrations publiques" en 2014 par rapport à 2013, précise l'INSEE. Ce dernier a également souligné un déficit public en valeur absolue de 84,8 milliards d'euros contre 86,4 milliards en 2013 et une diminution de 4,8 milliards d'euros des investissements des collectivités locales, à l'approche des départementales, avec la baisse d'activité économique correspondante.

Bercy se projette-t-il en 2015 avec plus de fiabilité qu'en 2014 ?

Les services de l'enchanteur Sapin estiment que ce frémissement budgétaire imprévu "a ouvert la perspective d'une révision à la baisse du déficit public en 2015, aux alentours de 3,8% du PIB", au lieu de 4,1% comme prévu jusqu'ici, a indiqué le ministre des Finances, Michel Sapin, qui n'a décidément pas peur de rêver, par communiqué, à 0,3% de mieux d'un coup.

Michou Sapin s'est relancé dans un poker de la communication 
Si les spéculations de Bercy sur un déficit de 4,0% du PIB se vérifient cette année, la France devrait donc remplir "avec un peu de marge" la condition fixée par la Commission européenne, estime Sapin.
"Le gouvernement est pleinement confiant dans sa capacité à ramener le déficit public sous 3% d'ici 2017, tout en confortant la reprise de l'activité et en finançant ses priorités", a déclaré le ministre des Finances et des Comptes Publics. Paris a promis à Bruxelles de passer dans deux ans sous ce seuil fixé par les traités.

Si le déficit a baissé, ce n'est pas le cas de la dette publique brute mesurée en pourcentage du PIB

Sapin promet que la dette française "n'atteindra pas" 100% du PIB...
"Nous n'atteindrons pas ce chiffre-là, parce que nous maîtrisons nos dépenses et nous maîtrisons notre dette", a assuré le ministre, interrogé sur i-télé. En fin d'année dernière, la dette publique française avait atteint 2.037 milliards d'euros.

Or, la dette publique brute 
 a atteint 95% du PIB fin 2014, contre 92,3% en 2013, selon le communiqué de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). 

Pour ce qui concerne le détail du déficit public, l'Institut de la Statistique a indiqué que la dépense publique totale a en outre augmenté de 1,6% en 2014. C'est son rythme "le plus bas depuis 1998", a indiqué le ministère des Finances. 
Vérification:

La dépense publique a atteint 57,2% du PIB l'an dernier contre 57% en 2013.
Les prélèvements obligatoires, en pourcentage du PIB, sont eux restés stables à 44,7%: ce sont les seuls intérêts de la dette à payer par les générations montantes, cette jeunesse que Hollande prétend privilégier.

Prévisions de l'évolution des dépenses publiques selon le projet de loi de programmation des finances publiques du Sénat pour les années 2014 à 2019: