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jeudi 26 mars 2015

Déficit public de 4% en 2014 contre 4,1% en 2013: le pouvoir pavoise !

Mais la dépense publique totale a augmenté de 1,6% en 2014

Le déficit public français en 2014 est "moins élevé" que prévu, s'extasie l'AFP 
Le petit bout de Sapin
qui fait ricaner Taubira
"Enfin une bonne nouvelle sur le front de l'économie", commente Orange

"La France a enregistré en 2014 un déficit public 'un peu moins' élevé que prévu" et a revu en baisse son objectif pour 2015, ce qui devrait lui permettre de contenter la Commission européenne. Le gouvernement se réjouit aujourd'hui de son erreur initiale d'estimation à 4,4%.  La conjoncture lui permet un Produit intérieur brut (PIB) plus favorable et donc un déficit public moindre de 1% sur les 4,1% de 2013, selon les comptes nationaux dévoilés jeudi par l'INSEE.
Un recul marqué des investissements des collectivités locales explique "essentiellement" cette "légère réduction du besoin de financement des administrations publiques" en 2014 par rapport à 2013, précise l'INSEE. Ce dernier a également souligné un déficit public en valeur absolue de 84,8 milliards d'euros contre 86,4 milliards en 2013 et une diminution de 4,8 milliards d'euros des investissements des collectivités locales, à l'approche des départementales, avec la baisse d'activité économique correspondante.

Bercy se projette-t-il en 2015 avec plus de fiabilité qu'en 2014 ?

Les services de l'enchanteur Sapin estiment que ce frémissement budgétaire imprévu "a ouvert la perspective d'une révision à la baisse du déficit public en 2015, aux alentours de 3,8% du PIB", au lieu de 4,1% comme prévu jusqu'ici, a indiqué le ministre des Finances, Michel Sapin, qui n'a décidément pas peur de rêver, par communiqué, à 0,3% de mieux d'un coup.

Michou Sapin s'est relancé dans un poker de la communication 
Si les spéculations de Bercy sur un déficit de 4,0% du PIB se vérifient cette année, la France devrait donc remplir "avec un peu de marge" la condition fixée par la Commission européenne, estime Sapin.
"Le gouvernement est pleinement confiant dans sa capacité à ramener le déficit public sous 3% d'ici 2017, tout en confortant la reprise de l'activité et en finançant ses priorités", a déclaré le ministre des Finances et des Comptes Publics. Paris a promis à Bruxelles de passer dans deux ans sous ce seuil fixé par les traités.

Si le déficit a baissé, ce n'est pas le cas de la dette publique brute mesurée en pourcentage du PIB

Sapin promet que la dette française "n'atteindra pas" 100% du PIB...
"Nous n'atteindrons pas ce chiffre-là, parce que nous maîtrisons nos dépenses et nous maîtrisons notre dette", a assuré le ministre, interrogé sur i-télé. En fin d'année dernière, la dette publique française avait atteint 2.037 milliards d'euros.

Or, la dette publique brute 
 a atteint 95% du PIB fin 2014, contre 92,3% en 2013, selon le communiqué de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). 

Pour ce qui concerne le détail du déficit public, l'Institut de la Statistique a indiqué que la dépense publique totale a en outre augmenté de 1,6% en 2014. C'est son rythme "le plus bas depuis 1998", a indiqué le ministère des Finances. 
Vérification:

La dépense publique a atteint 57,2% du PIB l'an dernier contre 57% en 2013.
Les prélèvements obligatoires, en pourcentage du PIB, sont eux restés stables à 44,7%: ce sont les seuls intérêts de la dette à payer par les générations montantes, cette jeunesse que Hollande prétend privilégier.

Prévisions de l'évolution des dépenses publiques selon le projet de loi de programmation des finances publiques du Sénat pour les années 2014 à 2019:


 

lundi 29 décembre 2014

Hollande fera supporter les hausses d'impôts de 2015 par les collectivités

François Hollande et les impôts, une longue histoire d'amour socialiste

Jean-Yves Archer ne croit pas à la pause fiscale promise par le gouvernement
Selon ce spécialiste en conseil de haut de bilan, gérant de Archer 58 Research, une société de recherches économiques fondée en mai 2012, le président socialiste va simplement faire reposer les nouvelles hausses d'impôts sur les collectivités territoriales, majoritairement détenues par ...l'opposition.

A la veille de 2015, nous sommes nombreux à vouloir imaginer un pays en harmonie avec le couple impôts et dette publique. En fait, il convient d'extraire des documents du PLF 2015 (projet de loi de finances) six chiffres-clefsindique J.-Y. Archer qui est diplômé de l'E.N.A (1985), et titulaire d'un doctorat en Economie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Tout d'abord, le poids des prélèvements obligatoires est de 44,7% en 2014 et est annoncé à hauteur de 44,6% en 2015 et 44,5% en 2016. En apparence la promesse présidentielle de pause fiscale semble respectée mais chacun sait bien qu'elle se limite aux seuls impôts d'Etat et revêt d'un lourd silence la dynamique haussière des impôts locaux.

Puis, la dette publique telle qu'annoncée par les documents budgétaires: 95,3% du PIB en 2014 ( soit 2030 milliards ) 97,2% en 2015 et 98% en 2016. L'actuelle gestion publique réussit donc à augmenter la dette sans réellement stabiliser les impôts. De fait, les impôts en 2015 vont continuer d'augmenter. Ce n'est pas un parti pris, ni une hypothèse: c'est une conviction. Voire une démonstration.

Face au discours ambiant, nous gardons les yeux écarquillés et fortement songeurs. Depuis le dernier gouvernement Fillon et les idées singulières de Messieurs Ayrault et Moscovici en matière fiscale, notre pays a déjà dû accepter une hausse de plus de 70 milliards d'impôts. Comment s'y prendre autrement pour anéantir le faible foyer de la croissance?

Or, depuis, il nous est proposé une stabilisation de la pression fiscale ce qui revient à maintenir les prélèvements au taux inédit de près de 45%. Cette surcharge est intenable pour l'économie et la motivation des acteurs en présence. C'est une hérésie d'un autre âge de penser que les contribuables ne sont pas nettement plus avertis qu'il y a trente ou vingt ans.

Le fameux "pas d'impôt supplémentaire" a déjà sa place réservée au cimetière des slogans sans lendemain.

Ainsi, il y a déjà le développement fulgurant de l'économie souterraine allié au flux d'expatriation fiscale ( que nul ne peut désormais méconnaître ou mépriser d'un revers de main ). Il y a aussi toute cette série de sondages qui rapporte que les Français considèrent à plus de 83% que l'argent des impôts est mal employé. Plus d'un tiers des personnes interrogées utilisent même le terme de gabegie.

La gestion très imparfaite des choix publics est, à tort ou à raison, largement ressentie. La double hausse (quantitative et qualitative par destination: taxation de l'épargne) est venue heurter de plein fouet des millions de contribuables et a consumé la confiance. Face à la réalité des déficits et aux efforts limités de sérieux budgétaire (le déficit était de 82 milliards l'an dernier, il est programmé à hauteur de 88 milliards dans le PLF 2015), on ne peut objectivement adhérer à l'idée d'une véritable et loyale pause fiscale: le fameux "pas d'impôt supplémentaire" a déjà sa place réservée au cimetière des slogans sans lendemain.

Autrement dit, pour des motifs de comportement et pour des motifs techniques (ralentissement de l'inflation et moindres rentrées fiscales, tassement maintenu de la croissance malgré un frémissement annoncé mais issu de données exogènes: baisse du pétrole, baisse de la parité de l'euro), nous estimons que le pseudo-maintien des prélèvements obligatoires ne sera pas tenable. D'autant que plusieurs instituts de conjoncture n'écartent pas le retour de la spéculation au détriment de l'euro du fait de la récession en Italie. Ceci aurait pour conséquence d'impacter nos taux d'emprunts obligataires et de faire dériver la charge de la dette qui est notre premier poste budgétaire à hauteur de 43 milliards.

Chacun ressent l'insoutenable hausse fiscale et perçoit déjà qu'il y aura une certaine habileté à faire reporter sur les collectivités détenues par l'opposition nationale le poids d'une fiscalité croissante.

De surcroît, le Gouvernement, légitimement soucieux du pouvoir d'achat des contribuables les plus modestes, a décidé de supprimer l'assujettissement à la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu. En apparence, cela sonne bien. En réalité, cet élargissement du nombre de foyers qui sortent du champ de l'impôt est une aberration car elle déconnecte des millions de personnes du coût des équipements publics. L'ancien syndicaliste Force Ouvrière, Marc Blondel, considérait que c'était effectivement une erreur et avait affirmé dès 2001 que "l'impôt, c'est le cordon ombilical de la citoyenneté". Ce propos nous semble d'autant plus justifié que le fait d'être non-imposable ouvre le droit à d'autres exonérations totales ou partielles. Ainsi, son coût final sera supérieur à ce que les pouvoirs publics ont évalué...et viendra éroder la pause fiscale.

D'autant que les impôts ont une dynamique interne haussière, notamment issus des budgets sociaux stimulés par la profondeur de la crise et l'ampleur du chômage: l'UNEDIC prévoit 145000 chômeurs supplémentaires en 2015.

Les départements vont être dans l'obligation de lever davantage d'impôts pour au moins trois raisons: les moindres rentrées fiscales dues aux mutations foncières et à la crise de l'immobilier, la contraction des dotations d'Etat qu'il leur faudra compenser et enfin la dérive des budgets sociaux, notamment les aides destinées aux personnes âgées. (APA).

Nombre d'observateurs envisagent une hausse des impôts

Elle interviendra dès les élections régionales passées, car la réforme territoriale (13 régions) ne permet pas d'anticiper d'économies mais au contraire le maintien d'une complexité coûteuse.

Pour les communes, il a fréquemment été annoncé le besoin de revoir à la hausse les impôts du fait du désengagement de l'Etat. Là encore, il y aura une hausse en 2015 pour parer au frais de personnel (glissement vieillissement technicité) et à l'impact provenant de la réforme des rythmes scolaires initialement évaluée par le ministre Peillon à 250 millions d'euros là où son coût réel est désormais établi à plus de 1,1 milliard.

Alors, comment accepter d'entendre qu'il n'y aura pas de nouvel impôt? Les propos fort instructifs du Secrétaire d'Etat Christian Eckert laisse à conclure que c'est une parole présidentielle SGDG (sans garantie du gouvernement).

Par ailleurs, la fiscalité "affectée" concerne près de 400 organismes (des voies navigables de France au Centre national du cinéma, etc ) qui sont autorisés par l'Etat à prélever un total de 309 taxes sur leurs clients ou usagers sans avoir besoin de se soumettre au vote du Parlement. Sur les cinq dernières années, la hausse de ces taxes - dont le total représente 112 milliards - a été quatre fois plus rapide que celle des dépenses de l'Etat stricto sensu.

En synthèse, chacun ressent l'insoutenable hausse fiscale et perçoit déjà qu'il y aura une certaine habileté à faire reporter sur les collectivités détenues par l'opposition nationale (voir municipales de 2014 et prévisions 2015 surles "départementales" et les régionales) le poids d'une fiscalité croissante.

L'habileté fait partie du talent politique. 2015 verra donc comme un dialogue subtil entre cette forme d'habileté un rien spécieuse et la dextérité requise à la bonne gestion des affaires publiques.

lundi 30 septembre 2013

Le football n'échappera finalement pas à la taxe à 75%

Les joueurs mercenaires ne reviendront pas payer leurs impôts en France

Seuls les artistes et les journalistes conservent leurs privilèges


Les clubs de foot ne passeront pas 
à la taxe à 75 %:
Noël Le Graët, président de la FFF,

en avait reçu la garantie de Ayrault.
"Il n'y aura pas de mesure dérogatoire" pour les clubs, indique la ministre des Sports...
"Pourquoi les clubs seraient-ils exclus de cette taxe" à 75% sur les très hauts revenuss'interroge la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, dans un entretien avec Le Figaro, ce lundi. "Comme l'a très bien dit Pierre Moscovici, il n'y a pas de mesure dérogatoire et particulière pour le football qui sera bien concerné par la taxe sur les hauts revenus." 
Cette taxe revue et corrigée par l'exécutif prendra la forme d'un prélèvement sur la part des rémunérations dépassant un million d'euros.  
Il frappera les entreprises et sera appliqué aux revenus de 2013 et 2014.
Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (FFF) et patron d'entreprise, n'y croyait pas, en temps que voisin de Ayrault dans les Côtes-d'Armor et ancien maire PS de Guingamp (1995 à 2008). Il affirmait dans Le Parisien avoir reçu l’assurance du Premier ministre lui-même que les clubs de football ne seraient pas concernés par cette taxe. "Le Premier ministre à qui j’ai posé la question a été clair : seules les grandes entreprises seront taxées. Or les clubs professionnels sont considérés comme des PME", assurait lundi soir le président de la FFF. Mais c'était le 1er avril dernier...

Plafonnée selon les revenus du club
 


Pour le football, "nous avons pris en compte la fragilité de son modèle économique", explique Valérie Fourneyron au quotidien. "C'est pourquoi le montant sera plafonné à 5% en fonction du chiffre d'affaires des clubs", détaille-t-elle.

A l'attention de 
Frédéric Thiriez qui l'estime à 44 millions pour l'ensemble des clubs de Ligue 1, elle précise que "l'impact de cette nouvelle mouture sera (...) bien inférieur aux chiffres avancés". 
La taxe à 75% devrait rapporter 260 millions d'euros en 2014 et 160 millions en 2015, et touchera donc environ 470 entreprises au titre des sommes versées à 1.000 dirigeants ou salariés.


Les privilégiés de la gauche restent les artistes de l'audio-visuel et les journalistes
...

Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), qui estimait que cette taxe allait "étrangler" les clubs de Ligue 1 et faire fuir les meilleurs joueurs vers les championnats étrangers, n'a pas été entendu.
Restent les intouchables de la Socialie: Y. Noah, Jamel Debbouze, la famille Bedos et Ruth Elkrief (BFMTV).


jeudi 19 septembre 2013

Impôt sur le revenu: des chiffres qui dressent les Français contre ce gouvernement

Les Français seront plus nombreux à payer l'impôt sur le revenu

Aux cafouillages au sommet de l'Etat sur la "pause fiscale" s'ajoutent 
un autre embrouillamini gouvernemental sur l'augmentation du nombre de nouveaux foyers imposables

Un désordre digne des altermondialistes d'EELV a de nouveau régné de nouveau désordre jeudi, à une semaine de la présentation du budget 2014 de la France.

Le quotidien L'Opinion affirme qu'entre 1,2 million et 1,6 million de foyers supplémentaires vont payer l'impôt sur le revenu en 2013, soit 10% supplémentaires.

Un chiffre qui "n'est pas exact", a nié Bernard Cazeneuve

Le ministre délégué au Budget promet de rendre compte "du chiffre exact dès que nous en disposerons, dans quelques jours, "à la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Il conteste donc, mais a néanmoins besoin de plusieurs jours encore pour savoir combien de nouvelles victimes il va faire et préparer l'emballage du budget.

Interrogé sur les estimations de L'Opinion sur la radio Europe 1, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a cependant laissé entendre par un "peut-être" qu'il était possible qu'environ un million de foyers supplémentaires soient concernés par l'impôt sur le revenu.

Ces absences de réponses claires chiffrées interviennent après cinq jours de déclarations confuses sur la "pause fiscale".
"En 2011, l'ancienne majorité avait décidé de geler le barème de l'impôt sur le revenu, ce qui avait fait rentrer un million de foyers dans l'impôt. Cette année, le gel a été prolongé, donc il y a sans doute un montant équivalent de Français qui rentrent dans le barème de l'impôt sur le revenu", a argumenté Moscovici, soulignant ainsi que la majorité présidentielle est dans l'incapacité d'apporter un changement pour le meilleur.

Cazeneuve ne sait pas où il va, mais Moscovici a l'audace d'annoncer qu'en 2014, "il n'y aura pas davantage de foyers fiscaux touchés" en France où environ 18 millions de foyers fiscaux payent l'impôt sur le revenu.

Le gouvernement change le thermomètre

Dans le souci de renforcer le pouvoir d'achat, la croissance et l'emploi, le gouvernement socialo-écolo a décidé dans son prochain budget, qui sera présenté mercredi prochain au Conseil des ministres, de réindexer sur l'inflation le barème de l'impôtLe dégel du barème de l'impôt vise à réviser la grille d'imposition en fonction de l'inflation, appliquant plusieurs tranches aux revenus déclarés par les contribuables.

De surcroît, il prévoit l'instauration d'une décote, c'est-à-dire une réduction de l'imposition des revenus des contribuables les plus modestes.
Selon Moscovici, "6 à 7 millions de foyers fiscaux" pourraient en bénéficier en 2014, au détriment des classes moyennes, dont les plus exposées risquent de basculer vers le seuil de pauvreté.

Ces derniers jours, en admettant que
la "pause fiscale" promise pour 2014 par le président François Hollande ne sera "effective" qu'en 2015, le sombre Ayrault avait créé la confusion au sommet de l'Etat.

Le député PS Christian Paul accuse l'exécutif d'avoir péché par simple omission ! "Dans l'ambiance où l'on se trouve, le gouvernement n'a pas fait assez de pédagogie". "Je ne suis pas pour des annonces d'impôt tous les jours, cela devient effectivement très anxiogène", concède cet élu de la Nièvre, l'un des chefs de file du collectif de parlementaires PS de la "Gauche Durable", soudainement conciliante, bien que marquée à la gauche du PS.

Le ministre de l'Economie monte dans les tours à la moindre "contradiction au sein de l'exécutif", ajoutant sa voix à celle du Premier ministre pour prétendre jeudi que les prélèvements obligatoires seront "quasi stabilisés" en 2014 et "totalement stabilisés" en 2015. L'effort de redressement serait alors réalisé à 80% par des économies en dépenses en 2014, si tout allait bien...
Et si la courbe de l'emploi se redressait. Et si aussi la tante des ministres concernés en avait.

mardi 12 février 2013

Hollande ne peut plus rêver d'atteindre 3% de déficit en France fin 2013

Cour des comptes: la France a peu de chances de ramener son déficit public à 3% du PIB cette année

Mise en cause du manque de maîtrise des dépenses publiques

La Cour estime que la faiblesse de la croissance exige de donner la "priorité absolue" à la lutte contre les déficits publics.
Elle souligne dans son rapport annuel présenté mardi que l'effort structurel de redressement des comptes publics prévu cette année "représente 1,9 point de PIB, soit 38 milliards d'euros, ce qui est inédit en France", un pays dont le déficit public reste supérieur à la moyenne européenne.
"L'objectif de déficit effectif de 3% n'a que peu de chances d'être atteint, en raison notamment d'un niveau de croissance vraisemblablement inférieur aux prévisions", a déclaré le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, devant des journalistes.

Le gouvernement doit réviser d'ici avril sa prévision de croissance pour 2013, sans aucun doute à la baisse, la prévision actuelle de 0,8% étant très supérieure à celles des économistes et des institutions internationales.

François Hollande a déclaré mardi que la France ferait un choix équilibré entre le sérieux budgétaire et la préservation de l'activité économique, après une réévaluation de sa prévision de croissance 2013 qui pourrait intervenir dans les prochains jours.
"Nous devons tout faire pour que dans l'année 2013 nous ayons le sérieux budgétaire sur lequel nous sommes engagés mais que nous ayons aussi une volonté de préserver l'activité. Et c'est en fonction de ces deux exigences (...) que nous aurons à faire les choix liés à cette perspective de croissance", a-t-il commenté.
VOIR et ENTENDRE les prévisions de déficit public : Bruxelles prédit 4,2% en 2013


Contrôle absolu des dépenses signifie austérité

Si la croissance n'était que de 0,3% cette année, l'impact sur les recettes publiques - et sur le déficit - sera de 0,25 point de PIB, estime la Cour des comptes. La Commission européenne et le Fonds monétaire international prévoient un déficit à 3,5% du PIB en France fin 2013.
Selon Didier Migaud, "dans ce contexte, la Cour considère qu'il y a nécessité pour les autorités responsables de l'Union européenne de préciser le poids respectif qu'il importe de donner aux critères de soldes effectif et de solde structurel".

Les autorités françaises se défendent de vouloir que les objectifs structurels - indépendants de la conjoncture -supplantent les objectifs nominaux de déficit pour la France

Hollande se décharge sur l'U.E.
L'exécutif socialo-écolo estime qu'une réflexion doit avoir lieu au niveau européen pour trouver un équilibre entre assainissement budgétaire et soutien à la croissance. 

Mais la Cour des comptes insiste sur "une priorité absolue : des efforts accrus d'économies sur les dépenses de toutes les administrations publiques". En effet,  pour les prélèvements obligatoires, c'est déjà fait: les fortes hausses de la fiscalité sont déjà  décidées pour cette année !

La Cour des comptes tire le signal d'alarme
"Aucune réforme porteuse d'économies substantielles au-delà de 2013 ne peut être identifiée", souligne-t-elle. "Aussi, la priorité absolue est-elle aujourd'hui de prendre sans tarder les décisions et d'engager les réformes nécessaires dans l'ensemble des administrations publiques."
Le "chef de guerre" au Mali saura-t-il mener le combat contre la gabegie amorcée depuis son arrivée au commandement ?

Projet PS insuffisant au départ

La Cour estime que le projet du gouvernement dans ce domaine était "insuffisant au départ" mais elle ajoute qu'avec les 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires annoncées pour financer le crédit d'impôt compétitivité, "l'effort sur les dépenses de 2012 à 2017 (...) (2,7 points de PIB) est désormais supérieur à la hausse des prélèvements (2,1 points)".

Elle rappelle que le Conseil européen a recommandé fin 2009 à la France de réduire son déficit structurel de quatre points de PIB à l'horizon 2013 et estime que cet "engagement peut être tenu, notamment si l'évolution des dépenses publiques est strictement conforme aux objectifs du gouvernement".

La France reste dans une situation moins favorable que la moyenne européenne, avec un déficit public qui s'élevait à environ 4,5% du PIB fin 2012 contre 3,3% estimé dans la zone euro et 3,6% dans l'Union européenne.

Selon la Commission européenne, l'ampleur de la réduction du déficit engagé par la droite en 2012 a été globalement conforme en France à celle observée en Europe, à 0,7 point de PIB en France contre 0,8 point en moyenne dans la zone euro et l'Union européenne.

Le déficit structurel estimé par la Commission devrait avoir été réduit de 1,1 point de PIB en France, à 3,4%, contre -1,3 point en moyenne dans la zone euro, à 2,2%, et -1,1 point dans l'Union européenne, à 2,7%.

L'avenir du pays repose pour beaucoup entre leurs mains du PCF et  surtout du Parti de gauche, ainsi que la CGT, qui veulent exploiter les plans sociaux pour imposer leurs vues à la majorité socialo-écolo.

mardi 23 octobre 2012

Marini met en garde: le capitaine de pédalo navigue à vue


Le sénateur UMP dénonce les "valses-hésitations" fiscales de l'exécutif


Philippe Marini, sénateur UMP de l'Oise et président de la commission des finances, passe au crible le budget 2013.

Le Figaro. - Quelle appréciation portez-vous sur le budget 2013?

Philippe Marini.- Le gouvernement reste prisonnier des symboles qu'il a créés. Au lieu de cultiver la crédibilité, il ajoute les mesures les unes aux autres et est bien en peine de définir une ligne cohérenteLe mouvement des "pigeons" l'a conduit à reculer sur les plus-values de cession des entreprises, mais au profit d'un simple replâtrage. Le statut de l'auto-entrepreneur est privé de son efficacité. 
La kyrielle de mesures sur l'épargne renforce la désaffection des investisseurs envers les actions. 
Sans parler de ses valses-hésitations: le gouvernement annonce que le plafonnement global des niches fiscales est abaissé et, dans l'instant qui suit, il sanctuarise trois de ces régimes, dont celui de l'outre-mer, très coûteux. Le gouvernement pilote à vue, affiche sa faiblesse et son opportunisme.


L'alourdissement des prélèvements obligatoires ne concerne-t-il que les ménages très aisés, comme l'affirme le gouvernement?

La fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, la taxation accrue de l'intéressement et de la participation, le relèvement d'un milliard d'euros des cotisations des travailleurs indépendants, la contribution additionnelle de solidarité sur les pensions de retraite et d'invalidité, l'aggravation des droits sur les donations et successions, ça ne concerne pas que de très hauts revenus! 
En matière d'emplois à domicile, la fin du régime forfaitaire des cotisations - et l'usine à gaz mise en place pour la compenser - va se traduire par une hausse des charges sociales des employeurs et donc la destruction de dizaines de milliers d'emplois.


Peut-on apprécier les conséquences de la taxation à 75 % des revenus à partir d'un million d'euros?

Le nombre d'assujettis ne serait que de l'ordre de 1 500 personnes. Mais c'est toujours, pour l'Élysée, une vache sacrée. Or, il va incontestablement en résulter une expatriation de talents et de capitaux. De même avec l'alourdissement de l'ISF, complété par un plafonnement largement fictif, puisqu'il inclut des créances non liquides (rentes viagères par exemple) avec lesquelles on ne peut payer un impôt annuel. Le Conseil constitutionnel appréciera…


Les prévisions de croissance pour 2013 sont-elles trop optimistes?

On peut le craindre. Les hausses d'impôts des entreprises vont nuire aux investissements et aggraver la dépression de l'activité. S'il se révèle nécessaire de réviser les prévisions de croissance, il faudra, dès le premier trimestre 2013, des sacrifices supplémentaires pour atteindre l'objectif des 3 %. La réduction des dépenses publiques de 10 milliards reste très insuffisante. Le gouvernement n'ose même pas dire aux fonctionnaires s'il compte geler le point de leur rémunération ! Il ne pourra remplacer que bien moins d'un agent public qui part à la retraite sur deux dans les missions de l'État jugées non prioritaires. La révision générale des politiques publiques (RGPP), engagée par Nicolas Sarkozy et vouée aux gémonies par la gauche, ne peut que se poursuivre sans dire son nom.


Les collectivités territoriales ont-elles à se plaindre de la gauche?

Le gouvernement prévoit de geler les dotations des collectivités territoriales en 2013 et de les ponctionner de 750 millions d'euros en 2014 et d'autant en 2015. C'est un sacrifice bien supérieur à celui que le précédent gouvernement leur demandait. Cet effort va au-delà de celui que l'État s'impose à lui-même. Certes, les présidents de région, presque tous socialistes, ont salué la création d'une banque publique d'investissement (BPI). Mais celle-ci n'est que la juxtaposition d'entités déjà existantes. Surtout, les présidents de région vont vouloir prendre part à sa gouvernance et seront tentés de financer des "canards boiteux", comme le craint justement Jean-Pierre Jouyet, président de la BPI.
Lien PaSiDupes : "BPI: querelle Hollande-Jouyet sur le dos des salariés "