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mercredi 17 avril 2019

Incendie de Notre-Dame : Odon Valet réagit à l'élan de générosité et au mécénat

Aider les Misérables plutôt que Notre-Dame de Paris, résurgence de la "lutte des classes"

"Gardez vos sous", demande aux collectivités territoriales cet héritier de 320 millions francs (soit 69,75 millions d'euros de 2010) en titres.
Incendie de Notre-Dame : "gardez vos sous", demande Odon Vallet aux collectivités territoriales

L'historien des religions Odon Vallet met en garde les communes, départements et régions de France qui ont annoncé leur intention de participer financièrement à la réparation de Notre-Dame. Au lendemain de l'incendie qui a ravagé la cathédrale emblématique de la capitale, cet original tient ainsi un discours isolé auprès du Dauphiné Libéré mardi 16 avril.

Le spécialiste des religions demande aux bienfaiteurs de renoncer. "Moi je leur dis gardez vos sous pour les bâtiments de votre commune, de votre département, de votre région notamment pour des églises en très mauvaise état. Département par département, il y a des édifices qui, malheureusement, si on n'agit pas très rapidement, vont disparaître, vont tomber en ruine, vont être dangereux", prévient Odon Vallet au micro du Dauphiné Libéré.

Citant l'exemple des Gilets jaunes, l'historien plaide pour "la France rurale, la France des gens de peu". "Une France qui a très peu de moyens, dont on ne parle jamais, qui ne casse rien (amalgame Gilets jaunes et ultra-gauche) [...] Cette France là doit garder de l'argent pour les monuments religieux qui sont menacés", poursuit Odon Vallet. 

La barre du milliard bientôt franchie

L'incendie de ce lieu sacré et joyau gothique symbole religieux en parallèle de la tour Eiffel pour les laïcs, provoque un élan de solidarité sans précédent. D'Apple à la Banque centrale européenne en passant à la fois par les groupes de luxe des familles Pinault ou Arnault - leurs centaines de millions- et par des milliers d'anonymes - leurs dix euros - , les promesses de dons affluent pour rebâtir cette oeuvre d'art et chef d'oeuvre du patrimoine national, atteignant près d'un milliard d'euros de promesses de dons en 24 heures. 

Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, a annoncé une contribution de la Ville à hauteur de 50 millions d'euros et souhaite organiser "dans les prochaines semaines, une grande conférence internationale des donateurs". 

Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France va de son côté débloquer 10 millions d'euros d'"aide d'urgence pour aider l'archevêché à faire les premiers travaux". 

D'autres communes traumatisées telles que Rennes ou Nantes, mais aussi Bordeaux ou Toulouse, et autres collectivités ont suivi, à l'instar de la région Auvergne Rhône Alpes de Laurent Wauquiez (LR) qui s'est engagée sur deux millions d'euros ou la région Occitanie (PS) qui va proposer une aide de 1,5 million d'euros.

En invitant toutes ces régions à 
garder leurs sous pour les bâtiments de leur circonscription administrative, le grand bourgeois Odon Valet - qui joue au Montagnard - les appelle au repli régional. Les incite-t-il aussi au retour à la conspiration contre le pouvoir centralisateur parisien ?

vendredi 16 novembre 2018

Macron se barricade dans son palais et préfère inviter les maires de France à l'Elysée

Macron renonce à se rendre au Congrès des maires de France, le 22 novembre

Le président pusillanime n'osera pas faire la leçon aux maires de France !

"Un extraordinaire pied de nez à la décentralisation" : Macron assure le service minimum en s'exprimant la veille à l'Elysée devant le bureau de l'AMF et plusieurs centaines de maires, a indiqué la présidence, en pleine période de tensions entre Etat et collectivités.

Alors que le chef de l'Etat avait promis l'an dernier de venir chaque année "rendre compte des engagements" du gouvernement devant le Congrès de l'Association des Maires de France, il ne tiendra pas parole et le 'premier de cordée' se défilera: c'est le premier ministre Edouard Philippe qui s'y collera pour prononcer le discours de clôture, à Paris, Porte de Versailles.

Le président a-t-il perdu tout sens des responsabilités" ?
Lors de l'édition 2017, devant des milliers de maires dont une partie l'avait hué et sifflé à son arrivée, Macron avait lancé : "Je m'engage à une chose, si vous l'acceptez, c'est venir chaque année rendre compte des engagements que je viens de prendre parce que c'est cela l'esprit de responsabilité dans la République", avait-il  imprudemment lancé.

Le chef de l'Etat itinérant est fatigué : il fait venir les maires à lui

Centralisation et verticalité jupitériennes, pour les uns, mais peur, pour les autres : le "président des villes" a convoqué à l'Elysée le bureau de l'AMF et plusieurs centaines de maires, devant lesquels il prononcera un discours, a expliqué la présidence. L'an dernier, il avait déjà invité plus de 1.000 maires pour une soirée au Palais, mais avait fait le déplacement sur les lieux de leur Congrès. Déplacer plusieurs centaines de maires participe-t-il de sa politique de protection de la planète et de "transition écologique" ? 

Macron a échoué à détendre les relations entre Etat et collectivités, qu'il s'agisse des communes, des départements ou des régions, qui reprochent à l'exécutif des décisions trop verticales et s'estiment lésés par les réformes des aides sociales et des impôts locaux. L'AMF a même lancé le 26 septembre un appel de Marseille contre l'ultra-centralisation.
Emmanuel Macron a l'impression d'avoir tenté d'aplanir les difficultés avec les élus locaux ces derniers mois. Le 16 octobre, il avait rendu un hommage appuyé aux maires, "premiers porteurs de la République au quotidien", des paroles.

Les maires restent dans "une logique de revendication et de négociation", a affirmé la semaine dernière François Baroin, évoquant des "tensions assez fortes", sur les pactes financiers Etat/collectivités pour réduire les dépenses ou la compensation pour les communes de la suppression de la taxe d'habitation.

lundi 17 juillet 2017

Macron entame le lien entre collectivités locales et les citoyens

Le souverain républicain impose aux autres une surcharge d'économies    

Les collectivités territoriales devront serrer la ceinture plus que prévu

Le chef de l'Etat réclame 13 milliards d’euros sur cinq ans, soit 3 milliards d’euros de plus que l’objectif fixé pendant la campagne.
Un objectif plus lourd que les propositions de campagne et que Macron fait désormais supporter aux collectivités au cours du quinquennat, annonce une source proche du gouvernement. Un chiffre confirmé par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors de la conférence des territoires, lundi 17 juillet, devant le Sénat.

Pendant sa campagne, Macron demandait un effort de 10 milliards d’euros aux collectivités locales, sur les 60 milliards de baisse de dépenses publiques ambitionnés au niveau national.

Lors d’une conférence de presse, le premier ministre Edouard Philippe a ensuite prôné " une réflexion d’ensemble sur la fiscalité locale".
"Nous devons donner plus de prévisibilité et plus de lisibilité (…) sur l’évolution des ressources des collectivités territoriales, a raconté Philou. Et nous devons engager une réflexion d’ensemble sur la fiscalité locale, sur la taxe d’habitation bien sûr - elle est annoncée -, mais plus généralement sur l’ensemble du système de financement des collectivités territoriales."
"Vous connaissez parfaitement la situation des finances publiques. Vous savez l’évolution des effectifs dans les trois fonctions publiques. Rien de tout cela n’est soutenable", a ajouté le premier ministre, qui l’a déclaré haut et fort :
"Nous devons diminuer notre montant de dépense publique. Les collectivités territoriales doivent prendre leur [juste ?] part à cet effort et cet effort sera globalement important." 
Les Français vont découvrir que la canicule qu'ils subissent sur les plages n'est rien 

Résultat de recherche d'images pour "taxe habitation"en comparaison de la charge fiscale qui va s'abattre sur eux à la rentrée.

"Je n’ai aucun doute sur le fait que ce sera dur et aucun doute sur le fait que ce sera long", a assenné Edouard Philippe. Le Philou a d'ailleurs tenté de faire avaler la pilule amère en évoquant son souci de faire de "la lutte contre les fractures territoriales une priorité nationale". 
Un gag de la même veine que la "jeunesse, priorité" de Hollande. Les bacheliers constatent aujourd'hui que la gestion de l'Enseignement supérieur par Najat Vallaud-Belkacem ne leur permet pas de trouver d'admission correspondant à leurs voeux. 
cf. PaSiDupesLes bacheliers sans affectation de Hollande et Vallaud-Belkacem

Tandis que Mélenchon prend des vacances, LR est au travail

Philippe Bas (LR) a réclamé le passage en urgence de "Jupiter à la démocratie" concernant les relations entre les collectivités locales et l’Etat. "La démocratie, c’est faire en sorte que l’Etat ne fasse pas ses fins de mois au détriment des collectivités", a déclaré le président de la commission des lois du Sénat, après avoir déploré que "ces [cinq] dernières années, les collectivités territoriales [aient] servi de variable d’ajustement au budget de l’Etat".

"Les compensations de l’Etat, on n’y croit plus", a grondé le sénateur de la Manche, à propos de la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers à laquelle est opposé cet ex-secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac et ministre dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007.
"La Constitution exige que à peu près 60 % des recettes d’une commune viennent de l’impôt local. Si on descend en dessous, alors il n’y a plus d’autonomie financière, et s’il n’y a plus d’autonomie financière, la Constitution est violée."
En ouverture de la conférence des territoires, le porte-voix des collectivités locales, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), avait demandé que "l'Etat s’engage véritablement à respecter les élus, leur rôle et l’action des collectivités".
"Les élus locaux ne sont pas des pions qu’on bouge au gré des humeurs du jour : ce sont les pièces maîtresses du développement territorial de notre pays et les vigies de notre République."
Les élus territoriaux aussi "veulent de la stabilité et de la prévisibilité dans leurs ressources comme dans leur cadre d’action".
Or, "nous ne pourrons atteindre cet objectif qu’en menant une action résolue contre l’inflation normative qui pèse sur nos collectivités et empêche d’agir", a déclaré G. Larcher, peu avant la prise de parole d’Edouard Philippe.

Emmanuel Macron avait également annoncé la suppression d’environ 70.000 postes dans la fonction publique territoriale pendant la campagne présidentielle. De quoi faire de substantielles économies sur la proximité du service public avec la population.. Ce lundi après-midi 17 juilletnotre chef doit prononcer un discours de clôture lors de la conférence des territoires.

En attendant, profitez bien des bains de mer. 
Mais vous pouvez aussi en profiter pour vous noyer tout de suite.

samedi 17 octobre 2015

Collectivités: la baisse des dotations met le feu au débat à l'Assemblée

Le gouvernement doit en rabattre pour ne pas risquer d'être mis en minorité

La baisse des dotations aux collectivités a suscité de vifs débats vendredi à l'Assemblée nationale  

Le projet de budget prévoit une baisse de 3,5 milliards par rapport à 2015 pour la dotation globale de fonctionnement (DGF) des collectivités pour une enveloppe de 33,1 milliards d'euros. Cette diminution s'inscrit dans le plan de réduction de 11 milliards en trois ans (2015-2017) annoncé par le gouvernement.

Hollande et Valls continuent par ailleurs de distribuer des millions en veux-tu en voilà.
Le président socialiste a ainsi annoncé le déblocage de "100 millions d'euros sur deux ans" pour les réfugiés, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'issue du sommet européen consacré aux réfugiés, dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 septembre, à Bruxelles. Il s'est d'ailleurs livré alors à l'un de ses raisonnements spécieux dont il a le secret. "De l'argent que la France "n'aura pas à dépenser autrement, parce que si ces réfugiés venaient dans notre pays, au regard du droit d'asile, nous les accueillerions et nous savons que ça aurait des conséquences financières", a-t-il expliqué.
En campagne dans l'Hérault cette fois, François Hollande a aussi déclaré au 76e congrès de l’USH (Union sociale de l’habitat) de Montpellier le 24 septembre que l’Etat doit "rester et restera un financier direct du logement social" et qu’il contribuera à hauteur de 250 millions d’euros au nouveau Fonds national d’aides à la pierre (Fnap) dont la création avait été annoncée cet été par les ministres du Logement et du Budget.
Monsieur 100 millions a aussi débloqué... 500 millions d'euros pour revitaliser les zones rurales, la couverture numérique, ainsi que la réintroduction de médecins dans les zones où ils manquent le plus. C'était quinze jours plus tôt, à l'issue d'un comité interministériel délocalisé à Vesoul, où le président était en campagne des régionales.
Dans le même temps, Monsieur 100 millions annonce une baisse d'impôts pour huit millions de foyers en 2016. Elle sera d'environ 250 euros en moyenne pour chaque foyer concerné. C'est évidemment l'Etat qui paie mais, si jamais l'Etat c'était nous, la facture s'élève à 2 milliards...
Les communes pauvres parviendront-elles à assurer
les activités périscolaires que leur impose la réforme des rythmes scolaires
ou les menus de substitution de leurs cantine ? 

Cette baisse de la DGF, première dotation de fonctionnement de l'État aux collectivités territoriales du fait du transfert de compétences de l'Etat, doit être en partie compensée par la création d'un fonds d'aide à l'investissement local doté d'une capacité d'engagement de 1 milliard d'euros, un point qui sera abordé lors de l'examen de la seconde partie du budget, tout comme un projet de réforme de la DGF.


Le gouvernement a dû temporiser pour obtenir finalement un vote favorable.

Dans l'hémicycle, cette coupe sèche, qui avait poussé les maires de l'Hexagone à se mobiliser mi-septembre, a soulevé de vives critiques à droite, mais aussi à gauche.

La droite a fait part de sa franche hostilité à la baisse des dotations, à l'instar de Damien Abad (député Les Républicains, LR, de l'Ain) pour qui "il n'y a jamais eu un effort aussi dur, aussi brutal et aussi mal préparé" alors que les collectivités "sont aujourd'hui quasi exsangues".

Du côté gauche de l'hémicycle, Nicolas Sansu (Front de gauche) a aussi pointé avec vigueur les risques que cette baisse de dotation "fait peser sur notre croissance", jugeant que l'argument de la justice invoqué par le gouvernement "ne tient pas" au regard des avantages accordés aux entreprises.

Et l'opposition est aussi venue des rangs socialistes où plusieurs députés "frondeurs" sont montés au créneau pour dénoncer la mesure. Pascal Cherki y a notamment vu "une erreur", estimant que le gouvernement propose ces mesures "simplement parce qu'il faut financer le pacte de responsabilité", tandis que Laurent Baumel a mis "en garde collectivement contre le ressentiment qui monte dans les territoires".

Le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert (ci-dessous à la droite d'un Valls content de son coup) a répondu à cette hostilité généralisée en indiquant que 
le gouvernement demande "la réserve des votes (...) jusqu'à nouvel ordre", repoussant ainsi la délibération.
Le député communiste du Cher Nicolas Sansu  a dénoncé un procédé "scandaleux", tandis que Pouria Amirshahi (PS) a jugé "assez grave cette forme de mascarade, de déguisement démocratique qui consiste à s'arranger d'un vote que lorsqu'on est sûr de sa majorité".
"C'est quand même très inquiétant que, dès le premier débat en première lecture, on en soit à utiliser ce genre de procédure (...) Si déjà à l'Assemblée nationale, ça coince autant, vous imaginez ce qui va se passer au Sénat", a lancé de son côté Damien Abad (LR).
  • LA RÉSERVE DE VOTES
    Pour contrer les oppositions qui menacent de mener une bataille et affirment leur intention de ne pas voter un projet "en l'état", le a décidé, lundi soir, le gouvernement peut "demander la réserve des votes pour la suite de la discussion".
    Bien que jugée "inacceptable" par le député Pouria Amirshahi, cette procédure lancée cette fois par le 
    secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, est tout à fait réglementaire. Elle permet au gouvernement de suspendre une séance qui lui est défavorable.
  • Le gouvernement peut ensuite décider de reprendre plus tard le vote des amendements. S'il estime que la situation pourrait lui être plus favorable un autre jour, après avoir incité davantage de députés à venir en séance par exemple, mais aussi en modifiant son texte), le gouvernement a la possibilité de finalement mettre aux voix les amendements qu'il craint.
    Ch. Eckert a envisagé cette possibilité, demandant "la réserve des votes" jusqu' "au moment où [le gouvernement] estimera utile et nécessaire de reprendre les votes". Mais il n'a pas écarté une autre possibilité : le recours à l'article 44-3 de la Constitution sur le vote bloqué. "Le gouvernement fera savoir 
    - après avoir mis au pas les députés godillots - s'il fera reprendre le vote des amendements ou s'il aura recours à d'autres procédures prévues par la Constitution", a-t-il expliqué.
Environ deux heures plus tard, le vote a finalement eu lieu dans un hémicycle moins défavorable. "Je vois que maintenant, l'hémicycle est plus en harmonie avec les desiderata du gouvernement, donc on passe au vote", a lancé ironiquement M. Sansu.

lundi 29 décembre 2014

Hollande fera supporter les hausses d'impôts de 2015 par les collectivités

François Hollande et les impôts, une longue histoire d'amour socialiste

Jean-Yves Archer ne croit pas à la pause fiscale promise par le gouvernement
Selon ce spécialiste en conseil de haut de bilan, gérant de Archer 58 Research, une société de recherches économiques fondée en mai 2012, le président socialiste va simplement faire reposer les nouvelles hausses d'impôts sur les collectivités territoriales, majoritairement détenues par ...l'opposition.

A la veille de 2015, nous sommes nombreux à vouloir imaginer un pays en harmonie avec le couple impôts et dette publique. En fait, il convient d'extraire des documents du PLF 2015 (projet de loi de finances) six chiffres-clefsindique J.-Y. Archer qui est diplômé de l'E.N.A (1985), et titulaire d'un doctorat en Economie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Tout d'abord, le poids des prélèvements obligatoires est de 44,7% en 2014 et est annoncé à hauteur de 44,6% en 2015 et 44,5% en 2016. En apparence la promesse présidentielle de pause fiscale semble respectée mais chacun sait bien qu'elle se limite aux seuls impôts d'Etat et revêt d'un lourd silence la dynamique haussière des impôts locaux.

Puis, la dette publique telle qu'annoncée par les documents budgétaires: 95,3% du PIB en 2014 ( soit 2030 milliards ) 97,2% en 2015 et 98% en 2016. L'actuelle gestion publique réussit donc à augmenter la dette sans réellement stabiliser les impôts. De fait, les impôts en 2015 vont continuer d'augmenter. Ce n'est pas un parti pris, ni une hypothèse: c'est une conviction. Voire une démonstration.

Face au discours ambiant, nous gardons les yeux écarquillés et fortement songeurs. Depuis le dernier gouvernement Fillon et les idées singulières de Messieurs Ayrault et Moscovici en matière fiscale, notre pays a déjà dû accepter une hausse de plus de 70 milliards d'impôts. Comment s'y prendre autrement pour anéantir le faible foyer de la croissance?

Or, depuis, il nous est proposé une stabilisation de la pression fiscale ce qui revient à maintenir les prélèvements au taux inédit de près de 45%. Cette surcharge est intenable pour l'économie et la motivation des acteurs en présence. C'est une hérésie d'un autre âge de penser que les contribuables ne sont pas nettement plus avertis qu'il y a trente ou vingt ans.

Le fameux "pas d'impôt supplémentaire" a déjà sa place réservée au cimetière des slogans sans lendemain.

Ainsi, il y a déjà le développement fulgurant de l'économie souterraine allié au flux d'expatriation fiscale ( que nul ne peut désormais méconnaître ou mépriser d'un revers de main ). Il y a aussi toute cette série de sondages qui rapporte que les Français considèrent à plus de 83% que l'argent des impôts est mal employé. Plus d'un tiers des personnes interrogées utilisent même le terme de gabegie.

La gestion très imparfaite des choix publics est, à tort ou à raison, largement ressentie. La double hausse (quantitative et qualitative par destination: taxation de l'épargne) est venue heurter de plein fouet des millions de contribuables et a consumé la confiance. Face à la réalité des déficits et aux efforts limités de sérieux budgétaire (le déficit était de 82 milliards l'an dernier, il est programmé à hauteur de 88 milliards dans le PLF 2015), on ne peut objectivement adhérer à l'idée d'une véritable et loyale pause fiscale: le fameux "pas d'impôt supplémentaire" a déjà sa place réservée au cimetière des slogans sans lendemain.

Autrement dit, pour des motifs de comportement et pour des motifs techniques (ralentissement de l'inflation et moindres rentrées fiscales, tassement maintenu de la croissance malgré un frémissement annoncé mais issu de données exogènes: baisse du pétrole, baisse de la parité de l'euro), nous estimons que le pseudo-maintien des prélèvements obligatoires ne sera pas tenable. D'autant que plusieurs instituts de conjoncture n'écartent pas le retour de la spéculation au détriment de l'euro du fait de la récession en Italie. Ceci aurait pour conséquence d'impacter nos taux d'emprunts obligataires et de faire dériver la charge de la dette qui est notre premier poste budgétaire à hauteur de 43 milliards.

Chacun ressent l'insoutenable hausse fiscale et perçoit déjà qu'il y aura une certaine habileté à faire reporter sur les collectivités détenues par l'opposition nationale le poids d'une fiscalité croissante.

De surcroît, le Gouvernement, légitimement soucieux du pouvoir d'achat des contribuables les plus modestes, a décidé de supprimer l'assujettissement à la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu. En apparence, cela sonne bien. En réalité, cet élargissement du nombre de foyers qui sortent du champ de l'impôt est une aberration car elle déconnecte des millions de personnes du coût des équipements publics. L'ancien syndicaliste Force Ouvrière, Marc Blondel, considérait que c'était effectivement une erreur et avait affirmé dès 2001 que "l'impôt, c'est le cordon ombilical de la citoyenneté". Ce propos nous semble d'autant plus justifié que le fait d'être non-imposable ouvre le droit à d'autres exonérations totales ou partielles. Ainsi, son coût final sera supérieur à ce que les pouvoirs publics ont évalué...et viendra éroder la pause fiscale.

D'autant que les impôts ont une dynamique interne haussière, notamment issus des budgets sociaux stimulés par la profondeur de la crise et l'ampleur du chômage: l'UNEDIC prévoit 145000 chômeurs supplémentaires en 2015.

Les départements vont être dans l'obligation de lever davantage d'impôts pour au moins trois raisons: les moindres rentrées fiscales dues aux mutations foncières et à la crise de l'immobilier, la contraction des dotations d'Etat qu'il leur faudra compenser et enfin la dérive des budgets sociaux, notamment les aides destinées aux personnes âgées. (APA).

Nombre d'observateurs envisagent une hausse des impôts

Elle interviendra dès les élections régionales passées, car la réforme territoriale (13 régions) ne permet pas d'anticiper d'économies mais au contraire le maintien d'une complexité coûteuse.

Pour les communes, il a fréquemment été annoncé le besoin de revoir à la hausse les impôts du fait du désengagement de l'Etat. Là encore, il y aura une hausse en 2015 pour parer au frais de personnel (glissement vieillissement technicité) et à l'impact provenant de la réforme des rythmes scolaires initialement évaluée par le ministre Peillon à 250 millions d'euros là où son coût réel est désormais établi à plus de 1,1 milliard.

Alors, comment accepter d'entendre qu'il n'y aura pas de nouvel impôt? Les propos fort instructifs du Secrétaire d'Etat Christian Eckert laisse à conclure que c'est une parole présidentielle SGDG (sans garantie du gouvernement).

Par ailleurs, la fiscalité "affectée" concerne près de 400 organismes (des voies navigables de France au Centre national du cinéma, etc ) qui sont autorisés par l'Etat à prélever un total de 309 taxes sur leurs clients ou usagers sans avoir besoin de se soumettre au vote du Parlement. Sur les cinq dernières années, la hausse de ces taxes - dont le total représente 112 milliards - a été quatre fois plus rapide que celle des dépenses de l'Etat stricto sensu.

En synthèse, chacun ressent l'insoutenable hausse fiscale et perçoit déjà qu'il y aura une certaine habileté à faire reporter sur les collectivités détenues par l'opposition nationale (voir municipales de 2014 et prévisions 2015 surles "départementales" et les régionales) le poids d'une fiscalité croissante.

L'habileté fait partie du talent politique. 2015 verra donc comme un dialogue subtil entre cette forme d'habileté un rien spécieuse et la dextérité requise à la bonne gestion des affaires publiques.

mercredi 12 novembre 2014

Hausse des impôts: les promesses de Hollande ne sont "pas gravées dans le marbre", lâche Eckert

Le secrétaire d'Etat n'écarte plus une hausse des impôts en 2015, mais est contredit par le porte-parole du gouvernement

Il n'y aura pas de hausse d'impôt à partir de 2015, a promis François Hollande le 6 novembre 2014...
Tous les Français sont invités
à son "Dîner de cons"
Les yeux dans les yeux avec les Françaisà la télévision... Le président de la République n'en démord pas, il l'a une nouvelle fois garanti jeudi 6 novembre sur RTL et TF1 Face aux Français : "Il n'y aura pas d'impôt supplémentaire" dès 2015, "pour qui que ce soit".
"La classe moyenne supérieure ne peut plus accepter d'augmentation d'impôt" (François Hollande) Et la classe moyenne inférieure non plus!
"Il y aura une baisse d'impôt telle que je l'ai annoncée (...) Il n'y aura rien au-delà de ce qui a été annoncé", jusqu'à la fin du quinquennat, insisté gravement celui qui répète "moi, je suis le président de la République". 

Les analystes avaient comme un (gros) doute sur la sincérité de François Hollande 
VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze réagir aux promesses d'ivrogne de Hollande sur TF1:

Chargé du Budget, Eckert estime une semaine plus tard que la non augmentation des impôts ne peut être garantie.

Alors que Hollande comptait relancer la croissance et réduire le chômage par la reprise de l'activité économique européenne, que 
Hollande s'est engagé solennellement à ce que les impôts n'augmentent pas en 2015"on ne peut pas graver dans le marbre une situation qui dépend d'un contexte international que nous ne maîtrisons pas", explique son secrétaire d'Etat. 

Christian Eckert se veut libre d'avoir recours à une nouvelle hausse, selon la situation économique. Une annonce à laquelle les Français ont du mal à croire.

VOIR et ENTENDRE 
François Lenglet:

Les propos du secrétaire d'État ont immédiatement été contredits par Stéphane Le Foll 
le porte-parole du gouvernement: "Pour moi, la promesse de François Hollande est gravée dans le marbre. La porte est fermée".  Le Normand  Breton dit toutefois "comprendre" Christian Eckert lorsqu'il évoque "le contexte international qui peut évoluer".

Le secrétaire d'État chargé du Budget rappelle par ailleurs que la hausse de 20% de la taxe sur les résidences secondaires n'entre pas dans la catégorie des nouveaux impôts: une taxe n'est pas un impôt, mais la différence risque d'être trop subtile pour les Français victime de hold-ups répétés sur leur pouvoir d'achat (redevance audiovisuelle, timbre, diesel, etc...). "Cette disposition était annoncée bien avant l'intervention du Président (...), c'est une demande d'un certain nombre de territoires", explique-t-il à qui veut l'entendre. Que les Français se retournent contre les communautés territoriales: nous on n'a rien à voir la dedans !

Les économies des collectivités territoriales

Selon Christian Eckert, "les populations autochtones [indigènes !] des zones très touristiques ont du mal à se loger, car les résidences secondaires captent l'ensemble du marché (...) Cette disposition, qui pourra être retravaillée, n'est pas faite pour renflouer le budget de l'État mais celui des communes. Celles qui ne le souhaitent pas, ne la feront pas". Les plus touristiques et donc les plus riches: cherchez la cohérences...

Le secrétaire d'État rappelle également qu'à force de dépenses incontrôlées 
le gouvernement s'est placé sous la tutelle européenne et la contrainte à réduire le déficit en privilégiant les économies aux impôts. "Le cap, c'est de réduire les déficits et ne pas casser la croissance (...) En 2015, l'impôt sur le revenu va baisser de trois milliards d'euros, soit neuf millions de foyers fiscaux".

Et de conclure en évoquant les dépenses des
collectivités locales, dont le gouvernement a diminué les dotations: "Elles ont connu une inflation considérable (...) On les pousse à faire des économies de fonctionnement".

VOIR et ENTENDRE Jean-Michel Aphatie, le 13 novembre 2014, au détour de l'entretien sur les finances des communautés territoriales exsangues:
Il faut "savoir tirer quelques bords", lance Eckert visiblement sous l'effet (de la route) du rhum.

Cerise sur le gâteau: les Français ne paient rien: "c'est l'Etat qui paie", assure le président socialiste...
VOIR et ENTENDRE la réaction d'un Nicolas Doze abasourdi :


La réforme fiscale promise par le candidat Hollande en 2012 a été enterrée officiellement le 6 novembre 2014

Une "intervention éclairante", selon Cambadélis...
En fait, à entendre le chef de l'État, cette réforme ne se fera pas en 2015. Et il est en outre très peu vraisemblable qu'elle se fasse en 2016 avant une campagne présidentielle qui s'annonce calamiteuse pour le pouvoir sortant, car toute réforme fait des victimes et faire des victimes avant une élection présidentielle, ça n'est pas indiqué. Nous avons donc assisté à un enterrement de première classe.



mardi 11 novembre 2014

"Ça ne coûte rien" quand "c'est l'Etat qui paie," selon Hollande

Des mots que Hollande n'aurait jamais prononcés, mais que tout le monde a entendus 
Le président de la République s'est fait rappeler à l'ordre
par plusieurs media et des milliers d'internautes qui ont dénoncé ses propos lors de son intervention sur TF1 jeudi 6 novembre sur TF1.  
François Hollande s'est efforcé de défendre ses mesures pour l'emploi, mais quand le chômage ne cesse de grimper, les couleuvres ont du mal à passer. Le président socialiste a tenté de valoriser notamment les différents types de contrats aidés mis en place en France. 
Depuis, une phrase de son intervention lui vaut de nombreuses critiques: "Non, ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paie". Sauf qu'il ne l'a en fait jamais prononcée. 

L'Express ouvre une polémique

Il était convenu qu'au cours de son échange, un jeune Marseillais, Hasen Hammou, dont le portrait a occulté l'appartenance au PRG, lancerait le chef de l'Etat sur le thème des emplois d'avenir. Cet interlocuteur bienveillant a mis en cause les collectivités locales qui rechignent parfois à faire appel à de tels contrats, donnant ainsi du grain  à moudre au président. D'autant que "ça coûte très cher", souligne le présentateur de TF1, Gilles Bouleau.

Le président socialiste oppose Etat et collectivités territoriales   

- "Non, c'est l'Etat qui paie" et pas les collectivités locales, rétorque alors François Hollande. "Donc en l'occurrence ça coûtait..." 

- "Trois milliards d'euros pour 150.000 emplois d'avenir", précise Gilles Bouleau. 

- "Oui, mais c'est l'Etat qui paie", insiste François Hollande 

- "Ben, l'Etat, ce sont les contribuables...", rappelle Gilles Bouleau 

- "Oui, mais c'est pas la collectivité marseillaise ou le département ou la région. Mais, je vais y revenir, c'est l'Etat qui fait l'effort", maintient François Hollande.

L'Express croit juste de porter main forte au président

VOIR et ENTENDRE les mots qui méprisent la contribution des Français imposables, au titre des impôts locaux, selon certains, seraient pourtant respectueux de l'effort du contribuable, selon L'Express:

Comment la citation s'est transformée par la suite

L'argent des collectivités territoriales, ce n'est pas celui de l'Etat !
Le président finasse, mais ça ne prend pas auprès des internautes qui pointent rapidement la citation pour s'indigner du distinguo présidentiel entre les contribuables. "Avec quel argent l'Etat peut-il payer?", s'étouffe ainsi un citoyen qui travaille pour se faire matraquer sereinement par le pouvoir socialiste. 
"Il faut expliquer à Hollande que l'Etat, c'est nous et nos impôts", s'irrite un autre.
La boîte à outils...
Les emplois d'avenir sont en fait financés par les OPCA régionales (Organisme paritaire collecteur agréé), structures associatives paritaires qui collectent les contributions financières des entreprises...
A noter que ces associations ont l'agrément des pouvoirs publics pour collecter, gérer et mutualiser les contributions financières des entreprises par branche professionnelle. Ce sont donc des collecteurs de fonds. Comme Ecomouv'...