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mercredi 24 juin 2015

Grèce: un cataplasme sur une jambe de bois en guise d'accord

Hollande se targue d'obtenir pour la Grèce un accord obligé a minima

Un accord à l'arraché qui ne réglera pas tout 

J.-C. Juncker gourmande Alexis Tsipras
(22 juin 2015 à Bruxelles)
Lâchées trop tard pour sceller un accord ce lundi, les nouvelles concessions grecques permetteront toutefois d'en espérer un dans le courant de la semaine.
Les nouvelles propositions de l'extrême gauche grecque au pouvoir avec Syriza pour débloquer 7,2 milliards d'euros d'aide ne suffisent pas. "Il reste du travail à faire", a reconnu le commissaire européen Pierre Moscovici, affichant toujours peu d'optimisme à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe en milieu de journée. "Journée décisive... Je crois à un accord," déclarait-il sur Europe1. Mais quel accord?

Moins de préretraites, plus de TVA

Voici la liste des  propositions grecques, d'après la presse nationale:
Augmentation de la TVA  de 6,5% à 13% sur les séjours hôteliers. Le taux le plus bas de TVA, 6,5%, serait uniquement réservé aux médicaments, aux livres, et aux billets de théâtre. Selon le quotidien économique Naftemporiki, cette mesure rapporterait 2 milliards d'euros. L'électricité resterait à 13%, alors que le FMI voulait la faire passer à 23%.

Limitation des préretraites dès 2016. L'âge légal de la retraite en Grèce est de 67 ans depuis janvier 2013, mais il est possible d'être en préretraite dès 62 ans à partir de quinze ans de cotisations, avec décote dissuasive, où même en retraite pour certains métiers considérés à risque.
Diminution des retraites complémentaires supérieures à 1.000 euros. Ces deux mesures sur les retraites rapporteraient deux milliards.

Hausse d'impôts sur les entreprises réalisant un bénéfice supérieur à 500.000 euros

Hausse d'impôt sur les revenus supérieurs à 30.000 euros

Le montant de surplus primaire du budget, calculé avant d'en déduire la charge de la dette, reste fixé à 1 % du PIB en 2015 et 2 % en 2016, selon le compromis qui avait déjà été trouvé en fin de semaine dernière.
Dans ces propositions, "rien de substantiel" pourtant, selon le ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble, qui regrette de ne pas avoir reçu le dernier texte des Grecs. De toutes manières, elles sont arrivées trop tard pour être validées par les créanciers - Etats européens, BCE et FMI, dont les réunions se succèdent dans la journée. C'est trop tard aussi pour qu'un accord soit officialisé au sommet des chefs d'Etat qui doit avoir lieu ce soir. Le sommet "ne pourra être qu'un sommet de consultation", a prévenu la chancelière Angela Merkel depuis l'Allemagne: "Il y a beaucoup de jours dans la semaine pour prendre une décision".

Un accord véritable  reste à trouver
François Hollande, qui se veut à l'interface de l'Allemagne et de la Grèce, souhaitait un accord "global et durable", et non "partiel ou limité dans le temps", mais joue un double jeu devant les micros et caméras hexagonaux mais ne pèse rien sur les négociations, tandis que les journées à venir seront marquées par l'urgence: les Grecs vident leurs coffres bancaires au rythme de 700 millions par jour. Faut-il continuer à perfuser la Grèce à la façon de la BCE envers les banques en relevant désormais plusieurs fois par semaine son plafond? 
Un accord à l'arraché sur une liste de réformes débloquerait les 7,2 milliards d'euros soldant le deuxième plan d'aide à la Grèce, sans parvenir à contenter tous les créanciers. Les 1,6 milliard dus au FMI seraient remboursés, mais où trouver les 7,4 milliards qui doivent être payés en juillet et en août? Et que penser d'un système où l'aide versée par les créanciers sert en grande partie à les rembourser eux-mêmes?
Sans compter que ces nouvelles mesures de rigueur pourraient avoir à nouveau un effet récessif, comme toutes les précédentes. "Il faut s'accorder sur un minimum de réformes pour gagner du temps", explique Patrice Gautry, chef économiste de Union Bancaire Privée. "Cet accord-sparadrap ne réglera pas la question du refinancement de la Grèce sur le long terme, mais il permettra de passer les échéances de l'été". 

Pour une économie en récession en effet, une dette de 180% du PIB est insurmontable. "Depuis le début de la crise, l'Union européenne s'est focalisée sur le seul problème de la dette, pas assez sur la question de la croissance", regrette Patrice Gautry. "Il faut refinancer l'économie grecque à long terme pour lui permettre de se relancer". Cette semaine, même si un accord est trouvé, inaugure tout un été de négociations. Qui remettront la dette en question, au sein d'un troisième plan d'aide.

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