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lundi 15 juin 2015

Loi Macron: Valls a décidé de recourir à l'article 49-3 dès mardi ou mercredi

Hollande engagera la responsabilité de son gouvernement

Les godillots socialistes traîneront-ils la semelle? 

Le petit homme en perd son latin
Les députés, qui devaient examiner en seconde lecture la loi Macron, n'auront plus rien à faire: Hollande et Valls balaieront le millier d'amendements déposés d'un revers de manche. Le Premier ministre, Manuel Valls, vient en effet de décider de recourir dès demain à l'article 49-3. En demandant à sa majorité de lui accorder sa confiance, il fera adopter le texte en bloc, sans que plus personne ne sache ce qu'il contient vraiment. Pour justifier sa décision d'aller vite sur ce deuxième texte en quelques semaines, l'exécutif a reculé devant les députés qui avaient déposé plus d'un millier d'amendements, manifestant ainsi leur désapprobation.
C'est donc par la force et sans vote à l'Assemblée nationale que François Hollande et Manuel Valls vont à nouveau faire adopter le projet de loi Macron sur la croissance et l'activité.

De son côté, par la voix de Christian Jacob, président du groupe Les Républicains,  l'opposition a annoncé qu'elle déposerait une motion de censure du gouvernement. Quant aux 10 députés du Front de gauche, ils battent le rappel pour qu'une "motion de censure de gauche" soit également déposée. Il faudrait qu'au moins 58 parlementaires (un dizième) la signent pour qu'elle ait une chance d'être débattue.

Le texte a été adopté en commission paritaire jeudi et arrive en seconde lecture après avoir été déjà profondément modifié par le Sénat. Il avait été mis à l'ordre du jour de l'Assemblée à partir de mardi à 21h30 pour une semaine de débats avant un vote solennel le 24 juin. 
En février, la décision de recourir à cette procédure avait été prise à la dernière minute, juste avant le vote solennel. Cette fois, la décision coupe court à une semaine de débats. "Nous avons déjà des centaines d'heures de débat sur ce texte", observe ce lundi matin sur RTL le président du groupe socialiste à l'Assemblée, l'illustre démocrate Bruno Le Roux, alors que le texte controversé a suscité un nombre énorme d'amendements. "Il faut éviter les jeux de posture et faire en sorte que la loi Macron puisse s'appliquer le plus rapidement possible dans la vie des Français. Moi j'en serais satisfait".  

Le Roux émet pourtant lui-même des réserves sur l'amendement qui modifierait la loi Evin sur l'alcool et qui mériterait, selon lui, qu'une mission parlementaire resserrée se charge rapidement de le réécrire.

Contourner le vote négatif d'une quarantaine de frondeurs

Depuis quelques jours, le gouvernement préparait les conditions d'une accélération de la procédure et  contourner le risque d'un vote négatif d'une quarantaine de députés de gauche qui font toujours un blocage sur une autre question, celle du travail du dimanche. Le texte sera alors considéré comme adopté, sauf si l'opposition réussissait à faire voter une motion de censure, ce qui est exclu.

Le président de la commission spéciale qui a examiné le projet de loi, François Brottes (PS), estimait à l'issue des débats jeudi que le travail de celle-ci a été " extrêmement ciselé" et "qu'il n'y avait plus beaucoup de questions en suspens ". "Il faut montrer aux Français que ça va vite. Peut-on se permettre une semaine ou deux de débats alors que les Français pensent que la loi est déjà adoptée ?" raconte-t-il autour de lui et dans l'entourage de Manuel Valls, où l'on "assume parfaitement le 49-3".

"Il faudrait qu'on ait la possibilité de se prononcer, on ne l'avait pas eue en première lecture", déplorait également , Aurélie Filipetti (PS), l'ancienne ministre incapable de la Culture, aux dires de Fleur Pellerin. "Après le passage au Sénat qui avait encore renforcé, aggravé, tous les problèmes sociaux posés par ce ce texte, le travail en commission n'a pas permis de rétablir un équilibre suffisant", déplorait la députée de Moselle sur France Inter ce lundi. 

Le plafonnement des indemnités aux Prud'hommes fâche largement les frondeurs, plus encore que le travail dominical. "Ça n'a aucun sens. On remplace un plancher d'indemnisation par un plafond. Les salariés vont se retrouver extrêmement lésés" Et de faire remarquer que "les petites entreprises ne sont pas forcément des TPE indépendantes: beaucoup de filiales de très grandes entreprises s'organisent en petites unités pour échapper à un certain nombre de réglementations qui protègent les salariés".

Vent debout lui-aussi contre ce plafonnement, le député des Yvelines Benoît Hamon (PS) avait déposé un amendement pour supprimer cet article de la loi Macron.


Dimanche à midi, Ségolène Royal, la ministre de l’Écologie, mère des enfants du président, déminait déjà le sujet. "C'est prévu dans la Constitution, donc ce n'est pas un échec. Ça serait une procédure totalement illégale, je vous dirais que c'est un problème", a-t-elle argumenté sur France 3, en réponse à la question sur le recours au 49.3 comme échec de la majorité gouvernementale. Son ministère est directement intéressée au texte : "J'ai intégré (au texte) aussi une ou deux actions auxquelles je tiens, a précisé la ministre qui a utilisé la loi Macron comme un fourre-tout. C'est par exemple le permis unique pour permettre à la fois d'accélérer l'équipement du pays tout en protégeant l'environnement et ne pas attendre des recours pendant cinq ou six ans". Tout à l'avenant; cette loi est un inventaire à la Prévert.

 

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