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dimanche 7 juin 2015

Valls, premier ministre de Hollande, se fait déchirer par Montebourg, en plein Congrès du PS

Montebourg, preuve vivante que le PS n'est pas rassemblé  

L’ancien ministre de l'Economie s’alarme du désastre français

Les deux  " hébétés": Montebourg et Pigasse
"Hébétés" par ce qu’ils voient, "nous marchons droit vers le désastre. C'est la démocratie qui est cette fois menacée." Dès le début, le ton est donné. Alors que François Hollande croit en avoir fini avec les débats internes sur la politique dont il parle et que Valls vitupère à la tribune du congrès à Poitiers, l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg et le banquier d'affaires socialiste Mathieu Pigasse frappent un grand coup. Ils ont choisi le Journal du dimanche du groupe Lagardère pour dénoncer frontalement le bilan de François Hollande dans une tribune publiée dimanche 7 juillet.
L’un est banquier d'affaires (directeur de la banque Lazard), politiquement proche de DSK. L’autre a été candidat à la primaire de 2011 avec 17% contre 5% à Valls. Ministre du Redressement productif, viré un matin d’août 2014, il dit avoir quitté la politique pour se lancer dans le monde de l’entreprise: N°2 d'Habitat, Montebourg travaille pour une entreprise d'ameublement proche des magasins But, codétenus par la banque d'investissement Goldman Sachs, qui s'est fait connaître avec sa fabrication de produits dérivés financiers pendant la crise des subprimes et la crise de la dette grecque, qui ont contribué à la crise financière de 2007 à 2011.

Une tribune au vitriol

Montebourg et Pigasse lancent un pavé dans la mare socialiste que l'on disait apaisée. Ils s'attaquent à l’austérité qui, écrivent-ils, fait le lit du FN et prépare "le désastre", au "conformisme politique" qui mène dans le mur. "Est-il encore possible de sauver ce quinquennat?" demandent les deux hommes de gauche, inclassables et "hébétés".
"L'absurde conformisme bruxellois" de la politique de l'exécutif "est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national", accusent ainsi les deux compères dans ce texte très agressif, alors que le Parti socialiste est en plein congrès à Poitiers. Faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience n’a aucun effet 
"Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la 'rupture' ou le 'changement', mais s'aperçoivent que la politique économique - donc européenne - qui s'ensuit est toujours la même. Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne", poursuivent l'ancien ministre de l'Economie, figure de l'aile gauche du parti qui a quitté le gouvernement en août 2014, et Matthieu Pigasse, banquier et patron de presse: propriétaire-président du magazine Les Inrockuptibles et actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post.
Pour ces deux hommes de gauche, "ceux qui nient l'existence de l'austérité en prétendant que les salaires n'ont pas baissé (heureusement !) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens : cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s'estiment bernés, trahis et abandonnés". Une situation qui explique, selon eux, la panne de l'économie française depuis la crise de 2008.

"Il n'est pas trop tard," assure le candidat potentiel à la primaire socialiste

Le représentant de la finance socialiste et l'ancien ministre débarqué souhaitent 
construire, dans le peu de temps qui reste, une "coalition des pays européens favorables à une stratégie européenne de baisse d'impôts en faveur des ménages dans tous les payset de résorption du déficit "par la croissance mais non par l'austérité". 
Les deux comparses  de conclure: "Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? (...) Oui, nous croyons qu'il n'est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu'ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs)."

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