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samedi 12 janvier 2019

Macron invite à Versailles l'élite mondiale du business

Le gotha mondial du business ouvrira-t-il un grand débat avec les Gilets jaunes à Versailles ?

Emmanuel Macron réunira près de 150 dirigeants d’entreprise étrangers et français au château de Versailles le 21 janvier

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L’an passé, la première édition du sommet "Choose France" avait permis de collecter 3,5 milliards d’euros de promesses d’investissements sur cinq ans, dont certaines étaient déjà dans les tuyaux.

Au final, seront-ils 140 au château  ? 
'Business as usual', assure l'Elysée, tandis que la Nouvelle République assure que "La France effraie les touristes"  et que L'Express titre que "La France attire moins les touristes en 2019"...

Ce ne sont pas les 'gueux' du mouvement des "gilets jaunes" qui vont empêcher Emmanuel Macron de continuer à afficher une politique pro-business, affirme toutefois ChallengeS, et de dérouler le tapis rouge aux grands patrons du monde entier. Comme l'an passé, dans dix jours,le président de la République recevra entre 100 et 150 dirigeants d'entreprise étrangers et français au château de Versailles -  le 21 janvier, à la veille du Forum économique de Davos auquel il ne se rendra pas "en raison d'un agenda chargé", a fait dire le locataire de l'Elysée. 
Il ne quitte plus l'Elysée et ne lâche plus la main de maman : il hésiterait même à se rendre de nuit 6 rue de Trévise, sur les lieux de l'explosion au gaz qui a fait, pour l'heure, 2 morts et 49 blessés (dont 12 personnes en urgence absolue) dans une boulangerie du 9e arrondissement de Paris, à 20 minutes...   

Cette rencontre vise à vanter les atouts de la France auprès des investisseurs étrangers. 
Ce grand raout du gotha mondial des multinationales de l’industrie et de la finance devra s'adapter aux tensions sécuritaires actuelles. "Nous souhaitons inviter à parité des patrons français et étrangers, alors que les dirigeants étrangers étaient largement majoritaires l’an dernier, avoue-t-on à l’Elysée. Le but est de valoriser le tissu industriel français en suscitant davantage de rendez-vous entre grands patrons internationaux et dirigeants de PME installées dans les territoires." L’Elysée en a également profité pour inviter plus de patrons des pays émergents.

Dîner avec le couple Macron

Le décor a fait ses preuves et demeure inchangé.
Le président de la République régalera ses invités dans l’ancienne résidence du Roi Soleil. Le sommet s'ouvrira par un déjeuner avec le premier ministre, Edouard Philippe, et se clôturera par un dîner avec Jupiter soi-même. 

Résultat de recherche d'images pour "VERSAILLES galerie des Batailles"

L’an passé, c’était le chef monégasque Alain Ducasse qui était aux fourneaux et le dîner se tenait dans la galerie des Batailles (ci-dessus). Durant l’après-midi, les patrons pourront échanger entre eux ou avoir des entretiens avec les ministres présents, tels le ministre des Finances, Bruno Le Maire, ou la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui faisait déjà de la retape pour Macron à Las Vegas lors de sa campagne. "Seuls les invités ont accès au site Internet sécurisé qui permet de s’inscrire aux différents événements", confie le conseiller d’un grand patron convié. Le Gilet jaune Eric Drouet n'est pas de la fête...

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L’an dernier, à l’issue du sommet, SAP (logiciels innovants de gestion d'entreprise) avait promis d’investir 750 millions d’euros dans la R&D (Recherche et Développement) made in France ; le Suisse Novartis, 900 millions dans les biotechs tricolores ; Toyota (ci-contre) d’étendre son usine près de Valenciennes pour 300 millions ; Facebook et Google, de parier à fond sur l’intelligence artificielle. 

Lloyd Blankfein, le très perspicace PDG de Goldman Sachs, la banque d'investissement à qui nous devons la crise des subprimes (scandale financier au nombre des causes de l'effondrement boursier de 2008) et la crise de la dette grecque, avait, lui, tweeté : "Grand meeting avec les PDG internationaux organisé par le président Macron. Gros effort, sincère et efficace. Je sens qu'un nouveau jour se lève en France.
Mais c’était bien avant les hausses de prix des carburants et les mobilisations des "gilets jaunes" pour la défense du pouvoir d'achat.

dimanche 16 octobre 2016

Wikileaks diffuse d'embarrassants discours d'Hillary Clinton

La girouette démocrate a-t-elle toute sa tête ?

Comme Hollande, elle semble avoir perdu la raison

Souvent femme varie, mais Hollande aussi. 
Hillary Clinton tenait des discours très droitiers, mais elle a perdu le Nord, comme l'a révélé l'organisation de Julian Assange qui a rappelé, la semaine dernière, qu'en 2013 et 2014, la candidate démocrate avait prononcé des discours, payés par la banque Goldman Sachs, favorables au libre-échange et à l'autorégulation de Wall Street. Des positions aujourd'hui gauchies, Hillary Clinton tentant de rassembler les déçus de deux mandats démocrates par Obama. 

Le site Wikileaks a publié ses discours décapants rémunérés par le banquier.
Les trois discours mettent en évidence les rapports de la candidate démocrate à la présidentielle américaine avec les principaux acteurs de Wall Street
L'équipe de campagne d'Hillary Clinton n'a pas contesté l'authenticité de ces documents, subtilisés dans les courriers électroniques du président de campagne de la candidate démocrate John Podesta par Wikileaks. Elle a cependant accusé le gouvernement russe d'être responsable de ces fuites - un point de vue partagé par le gouvernement américain - et Wikileaks d'aider... le rival d'Hillary Clinton, le républicain Donald Trump, dans la course à la Maison Blanche.

Ce n'est pas la première fois que H. Clinton se fait pincer par  Wikileaks. 
A la veille de la convention démocrate, l'organisation a déjà pointé sa duplicité en publiant des documents montrant l'hostilité de la direction du parti vis-à-vis de Bernie Sanders, son rival d'extrême gauche, dans la course aux primaires. 

Hillary Clinton est-elle plus fiable que Hollande ?

La teneur de ses discours montre la versatilité des opinions d'Hillary Clinton sur les réglementations financières, sur ses relations avec le président russe Vladimir Poutine et sur les effets négatifs de précédentes fuites de Wikileaks sur la politique extérieure américaine

Les déclarations de la candidate de la gauche américaine étaient alors plus nettes que ses récentes prises de position. Hillary Clinton a, en effet, pris un virage à gauche sous la pression de Bernie Sanders, son rival radical à la primaire démocrate. 

Dans un discours prononcé pour Goldman Sachs, en octobre 2013, elle suggérait que des actions doivent être menées afin de maîtriser, "pour des raisons politiques", les abus de Wall Street. "Il y avait aussi une nécessité d'agir pour des raisons politiques. Si vous êtes un élu du Congrès, que des personnes dans votre circonscription perdent leur emploi et que partout dans la presse il se dit que c'est la faute de Wall Street, vous ne pouvez pas rester assis et ne rien faire", a-t-elle dit. Ces discours pour le géant de la finance ont été prononcés entre le moment où elle a quitté son poste de secrétaire d'État et celui où elle a débuté sa campagne présidentielle. 
Pour mémoire, Goldman Sachs, également connue sous le surnom de The Firm ('L'Entreprise') est une banque d'investissement qui s'est fait connaître du public pendant la crise des subprimes et la crise de la dette grecque, qui ont contribué à la crise économique et financière internationale de 2007, crise qui pénalisa le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais que l'Etat-PS s'applique à occulter.
En février 2010,
le New York Times dénonça la responsabilité directe de Goldman Sachs dans l'aggravation de la crise de la dette publique grecque, ce qui n'empêche pas le quotidien de soutenir la candidate Clinton...
Wikileaks fait le jeu de Bernie Sanders

La révélation des discours de la démocrate pour le banquier Goldman Sachs visait à soutenir son rival à la primaire démocrate, Bernie Sanders, qui estimait qu'elle ne pouvait pas réguler les sociétés qui la rétribuaient. 

Au moment où l'état de santé et ses trous de mémoire refont surface dans les media à la suite de sa commotion cérébrale de 2012 et de son malaise lors des dernières commémorations du 11 septembre, Wikileaks tente de remettre Sanders en selle.

Donald Trump a essayé d'utiliser contre elle ces courriers volés, l'accusant notamment de ne pas avoir sécurisé des documents internes à l'administration américaine en utilisant pendant plusieurs années un e-mail privé alors qu'elle était secrétaire d'État (ministre des Affaires étrangères).

Il s'est également appuyé sur les révélations de Wikileaks montrant que, lors de discours privés à des géants bancaires en 2013 et 2014, Hillary Clinton avait pris position pour le libre-échange et l'autorégulation de Wall Street, en opposition avec son discours actuel de candidate.

Ces révélations tombent en pleine tempête autour de la santé défaillante de Hillary Clinton, mais elle bénéfice d'un timing favorable, car cette affaire est peu audible et moins compréhensible que ses malaises et trous de mémoire.
"Je n'ai jamais dit que j'étais une personne parfaite", pourrait-elle répliquer, mais il reste qu'elle n'a jamais su se faire apprécier des Américains. C'est pourquoi son entourage fait tout pour salir son concurrent et imposer aux électeurs une malade inadaptée à la tâche, par défaut. 
Comme le fut Hollande, aussitôt qualifié de "bras cassé"...

vendredi 2 octobre 2015

Le magnat de la presse Patrick Drahi ébranlé par une étude de Goldman Sachs exploitée par Xavier Niel

Drahi aux petits oignons dans Challenges (groupe L'Obs) 

Une note de la banque d’investissement américaine visant P. Drahi a fuité vers son rival  X. Niel
La rivalité Xavier Niel vs. Patrick Drahi s’envenime
Challenges dit se l'être procurée et explique pourquoi l’actionnaire de Numericable-SFR doit arrêter ses acquisitions, alors qu'en juillet dernier encore l'homme d'affaires Patrick Drahi, patron du holding néerlandais Altice (SFR, Numericable), poursuivant sa politique d'expansion dans les télécoms et les media, s'est allié à Alain Weill, PDG de NextRadioTV (BFMTV, RMC), pour racheter ce groupe. La cible des propriétaires cumulards et du groupe Nouvel Observateur et du groupe Le Monde est à la tête du cinquième pôle presse magazine français.

"Ces dernières semaines on nous a souvent demandé : 'mais que se passe-t-il avec Altice ?' Nous allons y répondre", avec empressement, écrit l'hebdomadaire économique, propriété du groupe de presse Perdriel - du nom de l'homme d'affaires détenteur des sanisettes et sanibroyeurs - (ou groupe Nouvel Observateur qui détient aussi Sciences et Avenir, magazine mensuel de vulgarisation scientifique et Rue89, site internet d'information générale, de gauche également).

Ainsi débute la dernière étude de Goldman Sachs, datée du 25 septembre, sur le groupe Altice, contrôlé par l’homme d’affaires Patrick Drahi, actionnaire de Numericable-SFR. L'établissement financier Goldman Sachs s'est fait connaître du public pour sa fabrication de produits dérivés financiers pendant la crise des subprimes et la crise de la dette grecque, qui ont contribué à la crise financière de 2007 à 2011. Mais quand il s'agit d'abattre le sulfureux Drahi, il n'est plus question de revenir sur les turpitudes de la banque d'investissements...

D’entrée les signataires de l’étude d’une douzaine de pages avouent avoir été surpris par l’accueil mitigé finalement réservé par le marché à l’acquisition du câblo-opérateur américain Cablevision par Altice (pour 17,7 milliards d’euros). Tim Boddy, Andrew Lee, Abhilash Mohapatra et Nick Brown observent que le marché de la dette d’Altice s’est brutalement tendu avec des taux qui ont grimpé au-dessus de 10% sur certaines lignes. Selon eux, "étant donné les conditions actuelles de marché, Altice semble avoir trouvé la limite de la volonté des investisseurs de financer d’autres acquisitions". Ce qui tombe bien puisque Dexter Goei, le bras droit de Patrick Drahi, dans une interview accordée le 23 septembre à l’agence Bloomberg, a expliqué qu’il allait faire une pause de 24 mois dans ses opérations de croissance externe.

Altice encouragé à accélérer son 'cost-cutting' 
(réduction des coûts !)

Est-ce suffisant pour rassurer les marchés ? Peut-être pas. 
Goldman Sachs estime qu’une tension accrue sur le marché des taux à haut-rendement (high-yield) pourrait bel et bien peser sur le cours d’Altice. Mais la banque d’investissement précise aussitôt qu’Altice n’est pas confronté à un risque de liquidité ou de refinancement et souligne que le marché sous-estime la capacité du groupe à réduire ses ratios d’endettement. Goldman Sachs, graphiques et chiffres à l’appui, démontre que Patrick Drahi a fait la preuve qu’il savait rentabiliser très rapidement ses acquisitions grâce à une science éprouvée du "cost cutting" (merci pour l'envahissement de la langue anglaise).
Elle encourage d’ailleurs Altice a augmenter la cadence: "Nous pensons qu’une réduction plus rapide des ratios d’endettement ("rapid de-levereging": la lecture de Challenges fait l'économie d'un recyclage en langue étrangère) contribuerait à améliorer la confiance des investisseurs et à réduire le risque financier". Une phrase que les auteurs de l’étude ont surlignée. Goldman Sachs attend par ailleurs du top management [pourquoi ne pas dire 'direction générale'?] d’Altice qu’il continue à acheter des actions, comme il l’a fait par le passé, pour "booster" ['amplifier': excusez-moi d'être Français...] le sentiment du marché vis-à-vis du titre.

Alors à la fin, Goldman Sachs a-t-il ou non encore confiance en Patrick Drahi ? 
A priori oui, puisque ses analystes réitèrent leur conseil d’achat. En ce qui concerne les prévisions chiffrées, le résultat d’exploitation (EBITDA) devrait passer de 9,6 à 11,5 milliards de dollars de 2016 à 2019 à périmètre équivalent, avec une dette qui diminuerait sur la période de 44,7 à 37,2 milliards de dollars.

Le cours de l'action revu à la baisse

Mais sur le court terme, l’objectif à 12 mois de la valeur de l’action, qui était de 41 euros, a été revu à la baisse à 37 euros, et même à 32 euros "hors opérations de fusions et acquisitions", ce qui correspond au scénario dorénavant mis en avant par Drahi. 

En conclusion on dira que Goldman Sachs fait toujours confiance à Patrick Drahi et à sa capacité à générer rapidement du cash. Mais un peu moins qu’avant, instille Challenges. Suffisant pour accélérer la baisse du titre qui évolue désormais sous les 19 euros. 
La Bourse a la mémoire longue et chacun a en-tête une autre étude, publiée le 20 mars 2002. Elle émanait du Crédit Lyonnais et concernait Vivendi sous le titre "la fin d’une exception". L’analyste mettait en garde les investisseurs sur les finances du groupe tout en continuant de recommander le titre à l’achat, met en garde Challenges... Quelques mois plus tard, le 3 juillet 2002, Jean-Marie Messier était débarqué de la présidence du groupe. 'Bis repetita placent'? [A Challenges, on maîtrise aussi le latin dans les sanisettes...] "La comparaison avec Messier n'a aucun sens", nous précise, à toutes fins utiles, le porte-parole d'Altice
Les actionnaires majoritaires de L'Obs, Pierre Bergé-Xavier Niel et Matthieu Pigasse, qui ont également pris le contrôle du quotidien Le Monde, en douteraient-ils ? 
Xavier Niel et Patrick Drahi  ne s’apprécient guère  

Le parcours du second est calqué sur celui du premier. 
Xavier Niel, fondateur de Free, est co-détenteur de l'hébdomadaire L'Obs et du quotidien Le Monde. 
Patrick Drahipatron de Numericable-SFR, est  co-détenteur de l'hebdomadaire L'Express et du quotidien Libération. Et leur rivalité ne va pas en s’améliorant…

Selon le journal Challenges, Xavier Niel a vu d’un mauvais œil le recrutement par Drahi de Malo Corbin,  centralien (Lyon) comme vice président pour la Stratégie et le Développement.  Corbin est un ex-banquier de Lazard France, firme elle-même dirigée par Matthieu Pigasse, président du magazine Les InRockuptibles et actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post, site d'information en ligne, et comparse de X. Niel, avec lequel il co-détient les groupes Le Monde et Nouvel Obs).  
Or, par le passé, Malo Corbin avait travaillé avec Xavier Niel sur certains dossiers...

dimanche 7 juin 2015

Valls, premier ministre de Hollande, se fait déchirer par Montebourg, en plein Congrès du PS

Montebourg, preuve vivante que le PS n'est pas rassemblé  

L’ancien ministre de l'Economie s’alarme du désastre français

Les deux  " hébétés": Montebourg et Pigasse
"Hébétés" par ce qu’ils voient, "nous marchons droit vers le désastre. C'est la démocratie qui est cette fois menacée." Dès le début, le ton est donné. Alors que François Hollande croit en avoir fini avec les débats internes sur la politique dont il parle et que Valls vitupère à la tribune du congrès à Poitiers, l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg et le banquier d'affaires socialiste Mathieu Pigasse frappent un grand coup. Ils ont choisi le Journal du dimanche du groupe Lagardère pour dénoncer frontalement le bilan de François Hollande dans une tribune publiée dimanche 7 juillet.
L’un est banquier d'affaires (directeur de la banque Lazard), politiquement proche de DSK. L’autre a été candidat à la primaire de 2011 avec 17% contre 5% à Valls. Ministre du Redressement productif, viré un matin d’août 2014, il dit avoir quitté la politique pour se lancer dans le monde de l’entreprise: N°2 d'Habitat, Montebourg travaille pour une entreprise d'ameublement proche des magasins But, codétenus par la banque d'investissement Goldman Sachs, qui s'est fait connaître avec sa fabrication de produits dérivés financiers pendant la crise des subprimes et la crise de la dette grecque, qui ont contribué à la crise financière de 2007 à 2011.

Une tribune au vitriol

Montebourg et Pigasse lancent un pavé dans la mare socialiste que l'on disait apaisée. Ils s'attaquent à l’austérité qui, écrivent-ils, fait le lit du FN et prépare "le désastre", au "conformisme politique" qui mène dans le mur. "Est-il encore possible de sauver ce quinquennat?" demandent les deux hommes de gauche, inclassables et "hébétés".
"L'absurde conformisme bruxellois" de la politique de l'exécutif "est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national", accusent ainsi les deux compères dans ce texte très agressif, alors que le Parti socialiste est en plein congrès à Poitiers. Faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience n’a aucun effet 
"Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la 'rupture' ou le 'changement', mais s'aperçoivent que la politique économique - donc européenne - qui s'ensuit est toujours la même. Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne", poursuivent l'ancien ministre de l'Economie, figure de l'aile gauche du parti qui a quitté le gouvernement en août 2014, et Matthieu Pigasse, banquier et patron de presse: propriétaire-président du magazine Les Inrockuptibles et actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post.
Pour ces deux hommes de gauche, "ceux qui nient l'existence de l'austérité en prétendant que les salaires n'ont pas baissé (heureusement !) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens : cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s'estiment bernés, trahis et abandonnés". Une situation qui explique, selon eux, la panne de l'économie française depuis la crise de 2008.

"Il n'est pas trop tard," assure le candidat potentiel à la primaire socialiste

Le représentant de la finance socialiste et l'ancien ministre débarqué souhaitent 
construire, dans le peu de temps qui reste, une "coalition des pays européens favorables à une stratégie européenne de baisse d'impôts en faveur des ménages dans tous les payset de résorption du déficit "par la croissance mais non par l'austérité". 
Les deux comparses  de conclure: "Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? (...) Oui, nous croyons qu'il n'est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu'ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs)."