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mardi 30 juin 2015

Conviction du procureur que l'attentat en Isère est bien un acte terroriste

Le procureur de Paris a annoncé la présentation mardi de Yassin Salhi à un juge antiterroriste 

L'assassin réfute toute dimension religieuse, mais la décapitation de son patron et l'attaque d'un site gazier seraient bien de nature djihadiste.

Le Parquet requiert sa mise en examen notamment pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et sans surprise, son placement en détention provisoire, a indiqué mardi le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse.
A l'inverse d'un Mohamed Merah et plus récemment des frères Kouachi ou d'Amédy Coulibaly, qui avaient proclamé avant leur mort leur affiliation à l'islamisme le plus radical, Yassin Salhi, un chauffeur-livreur français de 35 ans, a contesté en garde à vue toute motivation religieuse. Mais la justice considère que le patron de son entreprise de transport, Hervé Cornara, qu'il a avoué avoir tué, est bien une nouvelle victime du terrorisme islamiste, six mois après les attentats de Paris et deux mois après l'assassinat d'Aurélie Chatelain dans un parking de Villejuif.
L'attentat, dans ses caractéristiques, "correspond très exactement aux mots d'ordre de Daesh" (ou Daesh), l'autre nom de l'EI, a ainsi estimé le procureur, notamment par la volonté de Salhi de "donner à son acte une publicité maximale".
Le symbolisme macabre dont le crime du 26 juin a été entouré rappelle les mises en scène de l'organisation du groupe Etat islamique (EI) dans les zones de djihad en Irak et en Syrie. Après avoir été assommé d'un coup de cric, puis étranglé d'une main par Salhi, Hervé Cornara a été décapité à l'aide d'un couteau doté d'une lame de 20 cm.
Les actes et les mensonges qui trahissent Yassin Salhi
Exhibée à un grillage de l'usine de gaz industriels de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), où Salhi se rendait régulièrement pour le compte de sa société de transport et qu'il a tenté de faire sauter, la tête était encadrée de deux drapeaux frappés de la chehada, la profession de foi musulmane. L'autopsie n'a pas encore permis d'établir avec certitude si la décapitation avait précédé ou suivi la mort de la victime. Des examens complémentaires sont en cours.
Quand il a été maîtrisé par des pompiers, Salhi, connu depuis le milieu des années 2000 comme appartenant à la mouvance salafiste radicale, a crié "Allah akbar".
Les enquêteurs ont également retrouvé dans son portable un selfie macabre avec la tête de sa victime, envoyé à un homme qu'il connaît depuis 2006, et qui combattrait dans les rangs de l'EI en Syrie, a ajouté le procureur.
Salhi était d'ailleurs "visiblement régulièrement en relation" avec ce Français converti, Sébastien-Yunes V-Z., qui selon un "témoignage indirect" aurait "demandé l'autorisation à l'EI de diffuser ces clichés", selon des éléments de l'enquête relatés par F. Molins.
Des actes prémédités
"Tout son comportement démontre que dès la veille au soir il avait conçu son projet criminel terroriste", assure le procureur.
Sur tous ces points, Salhi s'est montré peu disert lors de sa garde à vue, où il a jeté le trouble en démentant toute motivation religieuse. Faisant preuve d'une "mémoire sélective", selon François Molins, il dit ne pas se souvenir d'avoir mis en scène la tête de sa victime.
Il attribue son geste à un différend professionnel avec M. Cornara, marqué notamment par une vive altercation survenue deux jours avant les faits. Il a également évoqué devant les enquêteurs des difficultés conjugales. Les survivants concernés nient ces affirmations.
Des motivations sans doute "hybrides" chez Salhi.Selon une source proche du dossier, il pourrait connaître plusieurs des quelque 500 personnes parties de France et actuellement dans les zones de djihad.Mais les enquêteurs restent prudents sur cette connexion syrienne. L'épouse et la soeur de l'assassin présumé ont certes évoqué un séjour en Syrie en 2009 avec femme et enfants, bien avant les combats auxquels prennent part les djihadistes. Mais les policiers n'ont pour le moment pas trouvé trace de ce voyage, malgré la saisie du passport de l'individu.

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