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dimanche 15 décembre 2019

Temps de travail des internes : Agnès Buzyn menace de sanctions

La ministre de la Santé s'en prend aux plus vulnérables 

Buzyn 
rappelle ses confrères à la loi


Les hôpitaux ne respectant pas la loi en matière de temps de travail des internes sont dans le viseur de la ministre. En grève illimitée depuis mardi, les internes en médecine ont été entendus par la ministre, qui renvoie la responsabilité du dépassement des horaires de travail sur les hôpitaux, ce dimanche.
"Leur temps de travail n'est pas respecté, c'est contre la loi", a observé la ministre, sur BFMTV, à deux jours d'une manifestation regroupant médecins, soignants et internes.
Selon la ministre, les internes "ne doivent pas travailler plus de 48 heures par semaine. Or, c'est parfois beaucoup plus". Elle a ainsi promis que les dépassements du temps de travail réglementaire seraient "rendus publics, dans tous les hôpitaux", qui "pourraient avoir des sanctions".

Un bras de fer est engagé entre les médecins et la ministre qui réagit à la tribune de ses confrères (lien PaSiDupes). 
Agnès Buzyn l'assure : "Je suis la ministre qui, depuis 10 ans, a ré-augmenté le budget des hôpitaux".

L'hôpital public, lieu privilégié de formation à l'abandon

Appelés à la grève par l'Intersyndicale nationale des internes, principal syndicat (Isni), depuis le 10 décembre, les internes dénoncent depuis plusieurs mois la "dégradation des soins" et le dépérissement de l'hôpital public, "lieu privilégié" de leur formation. 
"La qualité et le temps de formation est en constante décadence", écrit l'Isni samedi. Pour lutter contre "les dérives de leur temps de travail", il réclame le décompte de leurs heures pour identifier les services avec les plus importants manquements.

Buzyn, prête à desserrer le garrot.
L'ouverture prochaine de discussions pourrait être décidée sous la pression pour  "valoriser leur temps de travail additionnel" et "faire en sorte que la réglementation s'applique, c'est-à-dire qu'ils aient un repos compensatoire après une garde". Ce qui supposerait des créations de postes dans sept et neuf ans...

En attendant, les internes rejoindront mardi les médecins et soignants mobilisés partout en France, après neuf mois de crise à l'hôpital public, pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs.
Leur souci est de "rester visibles" parmi les actions prévues le même jour contre la réforme des retraites. 
Rendez-vous à Paris le lundi 20 janvier : le syndicat appelle en effet à une manifestation nationale. 
Pas sûr que ses confrères laissent à Buzyn un peu de "repos compensatoire" pendant les fêtes de fin d'année. Mais ça fait deux ans et demi qu'ils nous disent qu'ils sont au travail. Qu'ils gardent le rythme !

mercredi 20 novembre 2019

Hôpitaux : un "plan d'urgence" à bas coût, 500 millions pendant trois ans

Juste de quoi ralentir la décroissance et anesthésier certains personnels

Les mesures gouvernementales tant attendues ont été annoncées 
pour répondre au mouvement social de l'hôpital public



Un plan "fort et conséquent", selon le premier ministre et sa ministre de la Santé, pensant répondre aux revendications des personnels des hôpitaux, après depuis huit mois de conflitPrésenté ce mercredi 20 novembre par Edouard Philippe et Agnès Buzyn, au sourire de Joconde, version niaiseuse, sont déjà déclarées insuffisantes. les mesures du plan gouvernemental.
Résultat de recherche d'images pour "plan urgence hopitaux"



Les revendications du personnel hospitalier s'articulaient autour de deux points : hausse des salaires et effectifs, arrêt des fermetures de lits. Partout en France, "on doit être bien soignés. ce n'est plus toujours le cas", a t-il d'abord concédé, avant d'assurer que "nous les avons entendues"... 

Le premier ministre a présenté un plan articulé autour de trois "objectifs forts" :
1) Restaurer l'attractivité de l'hôpital en "redonnant l'envie de s'engager dans l'hôpital public"
2) Dégager des moyens supplémentaires
3) Déverrouiller le fonctionnement des hôpitaux en facilitant la prise de décision.



Dans le détail

La restauration de l'attractivité de l'hôpital" passera par la "reconnaissance sociale et matérielle à la hauteur de l'engagement", un besoin qu'Agnès Buzyn a évoqué en disant sa volonté de "récompenser cet engagement" par des primes à certains et dans certains lieux:
Hôpitaux : ce qu'il faut retenir du "plan d'urgence" du gouvernement

► Prime annuelle d'environ 300€ qui "pourra concerner jusqu'à 600.000 professionnels de santé".
► A Paris et en petite couronne : prime annuelle de 800 euros par an aux 40000 infirmiers et aides soignants qui gagnent moins de 1900€/mois.
► Pour les aides-soignants : prime de 100€ nets mensuels.

L'investissement dans l'hôpital sera assuré par une augmentation de budget de l'Assurance maladie, qui "sera proposée dès la semaine prochaine", a annoncé Edouard Philippe.

► Budget de l'assurance maladie : 1,5 milliard sur trois années, à commencer par seulement 300 millions en plus en 2020
"Cet argent vient en plus de la trajectoire budgétaire prévue par le gouvernement" a précisé l'Edouard, indiquant par ailleurs que "l'intégralité" des 400 millions d'euros de crédits gelés en début d'année serait "débloquée dans les prochains jours". 

Reprise de dette de 10 milliards d'euros sur 3 ans.
Décrite comme "l'une des causes de la crise actuelle", cette reprise de la dette doit permettre "réduire les déficits" et "retrouver les moyens d'investir", estime le Premier ministre.

► 150 millions par an au soutien à l'investissement courant.
Edouard Philippe veut que ces enveloppes "soient mises à la main des chefs de service et de pôles", évoquant l'exemple d'achat de petit matériel ou de travaux légers.

Quant au fonctionnement des hôpitaux, la ministre de la Santé dit vouloir... "faire confiance aux équipes hospitalières, "donner plus de liberté aux professionnels au quotidien", et "lutter contre des processus trop bureaucratiques". Le défi que le gouvernement ne relève pas sera désormais celui des personnels...

Renforcer le rôle des chefs de pôle et de service. "Il faut que "les directeurs décident sur tous les domaines de compétence partagée", note Agnès Buzyn.

"Choc de simplification" pour accélérer les recrutements.

Buzyn met en garde les "mercenaires"

La ministre de la Santé par ailleurs annoncé un renforcement des contrôles sur l'intérim médical. "Dans certains cas on se retrouve face à des mercenaires, et ce n'est plus acceptable", avertit la ministre.



"L'idée de ce plan est de redonner de l'oxygène à cette communauté des soignants", a résumé Edouard Philippe en fin d'allocution.

jeudi 9 juillet 2015

Les clandestins arrivent en France aussi par Mayotte, dans l'océan indien

A l'exil politique et économique s'ajoute l'exode sanitaire  

La France, terre d'asile du monde entier

Un habitant de l’île de Mayotte sur trois est un étranger en situation irrégulière.
"En un an, la situation s’est terriblement dégradée", explique Michel Rami, un gynécologue obstétricien à la retraite qui assure ponctuellement des remplacements dans l’unique hôpital de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, où il a passé un mois en mission. Il décrit une situation de catastrophe sanitaire : "On voit des patients débarquer à Mayotte avec des urgences très graves, des péritonites en choc septique, des grands brûlés surinfectés après une traversée en pirogue de plusieurs heures dans des conditions extrêmement précaires."

Pour franchir les 70 km qui séparent Mayotte d’Anjouan, l’une des trois îles de l’Union des Comores, les passeurs font payer entre 300 et 500 euros pour une traversée en kwasa, une pirogue à moteur, dont les détours visant à éviter les gardes-côtes rallongent d’autant le temps de trajet. "Nous avons eu le cas d’une fille de 11 ans qui est arrivée avec une fracture ouverte depuis plus de trois jours, raconte le médecin. On se retrouve à soigner des pathologies que l’on ne voit plus en Europe dans des délais qui sont inacceptables." 
De même que débarquent en Europe des pathologies oubliées: une polémique s'est développée dans la région de Nice sur de prétendus cas de gale, imputées à l'immigration clandestine depuis l'Italie, la Lybie et au-delà en Afrique sub-saharienne, mais on signale aussi une poussée de maladies oubliées, telles la syphilis et la tuberculose. 
En France, le nombre de nouveaux cas de tuberculose étaient de 4.934 en 2013. Les taux de déclaration de la maladie restant plus élevés en Ile-de-France, en Guyane, à Mayotte et chez les personnes sans domicile fixe et celles nées à l’étranger. 
En Seine-Saint-Denis, département dont la population, précaire et migrante de fraîche date, est la plus cosmopolite et pauvre de France, le nombre de nouveaux cas de tuberculose avait nettement diminué en France entre 2000 et 2010. Désormais, "la proportion de résistance à au moins un antituberculeux de première ligne parmi les nouveaux cas en 2013 était de 10,3% en France", précisent les rédacteurs du BEH. La proportion de multi-résistance, de 1,7%.


"Exode sanitaire", alors que Valls était en voyage à Mayotte à la mi-juin dernier

Valls en visite de travail à Mayotte, le 13 juin 2015:
à bord de son kwasa ?
La départementalisation de l’île en 2011 a accentué la pression migratoire, historiquement élevée depuis que Mayotte a choisie de rester française en 1976 à la suite d’une manoeuvre controversée. Pendant que Mayotte prenait son essor, les trois autres îles qui composent l’archipel et forment depuis l’Union des Comores étaient secouées par une vingtaine de coups d’Etat ou de tentatives avortées en 40 ans d’indépendance. 
"Un terrible exode sanitaire s’est rajouté ['ajouté' ou 'surajouté' et non pas 'rajouté') à l’habituel exode économique", résume Michel Rami. La pression migratoire ces derniers mois se fait plus intense, alors que les chiffres de la préfecture, dévoilés en avril, montrent une augmentation de 25 % du nombre de reconduites à la frontière en 2014 par rapport à l’année précédente. Près de 600 kwasas (nom comorien des petits canots de pêche rapides de 7 mètres, à fond plat et nantis de deux moteurs, souvent utilisés par des passeurs pour l'immigration clandestine vers Mayotte) ont ainsi été interceptés en 2014, et autant de passeurs interpellés. Beaucoup d’immigrants ont perdu la vie sur ces embarcations de fortune, comme en Méditerranée.

Aux Comores, les expatriés et les plus fortunés se font évacuer par avion vers Mayotte ou La Réunion en cas d’urgence. Les autres -dont les clandestins bénéficiaires de la CMU- n’ont à leur disposition qu’un système de santé défaillant.

L’Hôpital El-Maarouf, la principale structure hospitalière située à Moroni, la capitale, est régulièrement paralysé et subit la fronde du personnel médical, sous-payé. "Le paiement des heures de garde ne constitue pas le seul problème. Nous sommes aussi préoccupés par le manque d’eau, d’électricité, le manque d’outils de travail élémentaires comme l’oxymétrie, les thermomètres", confiait la semaine dernière un gynécologue au journal local Al-Watwan, jusque-là en grève.

83 médecins pour 100.000 habitants
A Mayotte, si l’hôpital suit les normes françaises, il est dimensionné pour une population de 200.000 habitants. Or, en dépit de l’absence de statistiques fiables,
on estime le nombre de personnes en situation irrégulière entre 100.000 et 150.000, ce qui conduit à la saturation de l’hôpital. "Tous les matins, nous sommes obligés de prioriser les urgences, et certains doivent attendre plus de 48 heures pour être opérés. Il faudrait doubler le nombre de blocs opératoires pour répondre aux besoins", estime Michel Rami.

A cela s’ajoute
un boom dans le nombre de naissances

Mayotte, qui est le département français où le taux de fécondité est le plus élevé, est déjà et depuis plusieurs années la première maternité de France. "70 % des naissances sont le fait de femmes sans-papiers", souligne le médecin. Elles cherchent à faire bénéficier à leurs enfants de la nationalité française, à moins que le système français de protection sociale ait un pouvoir plus attractif que l'amour de la France et des Français, soit un phénomène qui pose la question de la soutenabilité financière de l’établissement, puisque à l’échelle de l’hôpital, 40 % des soins sont prodigués à des non-assurés sociaux.

Or, l'islam (version sunnite) est pratiqué par 95 % de la population mahoraise. Dès l'âge de six ans, les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école primaire de la République.

L’Agence régionale de santé (ARS) tire aussi la sonnette d’alarme : "Il est clair que la situation est complexe", explique Chantal de Singly, la directrice générale. La ministre de la Santé,
Marisol Touraine, a été alertée de la gravité de la situation et "nous sommes en relation permanente pour mobiliser des ressources." 
Pour la responsable, le grand défi est d’attirer du personnel soignant, alors que l’insécurité et la faiblesse du système éducatif ont fait de Mayotte un désert médical, avec 83 médecins pour 100.000 habitants en 2013, contre 285 pour La Réunion. "Il nous est surtout compliqué de mobiliser des équipes dans la durée, et c’est pesant pour les permanents qui doivent gérer les allers et venues constantes de remplaçants", ajoute-t-elle.
En visite sur l’île en juin, le premier ministre Manuel
Valls a posé la première pierre d’un nouvel hôpital dont l’achèvement est prévu pour 2018. "Ce n’est pas l’argent qui manque à Mayotte, ce sont des bras", analyse la directrice. Par leur travail, les bras français sont néanmoins heureux de produire de la richesse et de participer à la solidarité universelle depuis la métropole.

mercredi 24 juin 2015

Actions de rue: l'extrême gauche mobilise taxis, cheminots, santé, etc..., ce jeudi

L'extrême gauche syndicale mobilise ses troupes pour des hausses de salaires

Les mouvements sociaux frappent plusieurs secteurs : hôpitaux, transports, cheminots, taxis, etc 

C'est une journée sociale chargée qui s'annonce.
figarofr: Les salariés de différents secteurs sont appelés à la mobilisation dans toute la France.

Hôpitaux, SNCF, taxis, travailleurs sociaux, secteur de l'énergie...  La CGT, accompagnée d'autres syndicats, appelle à une mobilisation dans toute la France pour réclamer - entre autres - des hausses de salaires. Les revendications sont nombreuses et variées.

• Dans les transports, les cheminots sont invités à «hausser le ton (sur) les salaires, l'emploi et les conditions de l'emploi». Concrètement, la CGT revendique 10% d'augmentation générale des salaires. Le premier syndicat à la SNCF demande également l'abrogation des lois de 2007 et 2012 qui encadrent le droit de grève dans les transports, terrestres et aériens, en instaurant un service minimum garanti aux usagers. De son côté, la direction des chemins de fer prévoit une service «normal» sur les grandes lignes France et international. En région, la grève n'aura un léger impact avec 8 trains sur 10 en circulation.

Les taxis profiteront du mouvement pour se faire entendre également. Une large coalition de fédérations et de syndicats appellent à des rassemblements devant les gares et aéroports partout en France. Les professionnels implorent l'État de multiplier les contrôles - jugés insuffisants - à l'encontre des taxis de la nouvelle concurrence. Depuis plusieurs mois, leur colère corporatiste se cristallise sur le service de transport entre particuliers à prix cassés, avec dans son viseur le géant des VTC, Uber qui bénéficie de l'appétence de la clientèle pour le covoiturage face à l'arrogance de la mafia des taxis traditionnels, chers et désagréables: G7 (qu'Agnès Saal utilisait sans modération), Taxis Bleus ( qui ont le même actionnaire majoritaire que G7, Pierre Rousselet, groupe Canal+), etc... Le rapport du député PS, médiateur chargé de solder le conflit entre taxis et véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC),Thomas Thévenoud (fraudeur phobique et joueur de Scrabble en séance),  n'a rien réglé.


• Dans les hôpitaux, les syndicats protestent contre les 3 milliards d'économies demandées d'ici 2017. Les personnels hospitaliers sont également appelés à s'opposer au projet de loi santé de Marisol Touraine. L‘intersyndicale CGT-FO-SUD dénonce un "malaise général" et redoute les groupements hospitaliers prévus par le projet de loi qui conduiraient à des réductions d'effectifs. Une délégation doit être reçue au ministère à 14 heures. Les personnels médicaux pouvant être assignés, le fonctionnement des hôpitaux ne devrait pas subir de perturbations.

• À eux se joindront les travailleurs sociaux. Éducateurs spécialisés, assistants sociaux, aides à domicile et autres auxiliaires de vie sont tous appelés à faire grève. L'intersyndicale CGT-FA/FP-FO-FSU-Solidaires craint la remise en cause de la convention collective de 1966, texte "de référence du secteur" et réclame une reconnaissance des qualifications et une revalorisation du salaire des travailleurs sociaux.

• Enfin, plus discrets, les salariés du secteur de l'énergie sont appelés à faire grève par la CGT et la... CFDT. Les organisations syndicales rejettent un projet de réorganisation qui aboutirait, selon elles, à la suppression d'une centaine de postes en maintenance et à un "moindre maillage" du territoire. Mais du côté de RTE, le réseau de transport d'électricité de France, on prévoit un taux de grévistes "peu important" et "aucune incidence sur le service".

A Paris, un cortège se rendra de Montparnasse au ministère du Travail à partir de 14 heures. 
De nombreux rassemblements sont également prévus devant les préfectures en région.

Il s'agit de la première action de rue de la CGT depuis les manifestations contre l'austérité du 9 avril dernier.

lundi 22 décembre 2014

Debré (UMP) soutient le mouvement de grève des urgentistes et des généralistes

Le professeur Bernard Debré soutient ses confères

Député UMP,
Bernard Debré a dit lundi soutenir la grève des médecins urgentistes, "submergés" et "pas assez payés"

 
Le diagnostic du gouvernement est sûr:les terroristes faucheurs de passants
sont tous des déséquilibrés !  
"Vous avez les médecins urgentistes dans les hôpitaux puisqu'il n'y a quasiment plus d'urgences ailleurs. Les médecins libéraux ont plutôt abandonné les urgences et les Français vont dans les hôpitaux même quand ce n'est pas une véritable urgence". Résultat, "les médecins urgentistes sont submergés, 60 à 70 heures, avec les difficultés relationnelles que vous savez (...), et en plus, ils ne sont pas assez payés", a déclaré B. Debré lundi sur France Info.

Les urgentistes donnent lundi le coup d'envoi d'une semaine de grèves des professionnels de santé, avant d'être rejoints par les généralistes, puis les spécialistes.

B. Debré dénonce aussi une atteinte à la médecine libérale

Le député soutient l'opposition des généralistes au tiers-payant généralisé, avec lequel "il n'y aura plus de médecine libérale". Les médecins libéraux dénoncent en effet le projet de loi Santé porté par Marisol Touraine, parlant d'une "étatisation insupportable" de la médecine.
Une agression concertée contre le secteur libéral. Six ans après la publication du rapport Attali, le gouvernement Valls II s'est déjà attaqué aux professions réglementées pour libérer la croissance, selon ses dires. Au risque de faire face à de nouvelles frondes, mais l'exécutif a lâché des concessions aux notaires.

S'agissant de la généralisation du tiers payant, "évidemment, les Français sont d'accord", ironise B. Debré. Mais "le médecin ne sera plus libéral, il dépendra uniquement de la Sécurité sociale qui le paiera quand elle aura le temps. Il n'y aura plus de médecine libérale", a affirmé le député de Paris, par ailleurs chirugien et professeur de médecine.

Interrogé sur RTL, le député UMP Eric Woerth a lui aussi dénoncé la généralisation du tiers payant. "La gratuité des soins, c'est évidemment une dévalorisation de leurs propres actes. Aujourd'hui, il y a la CMU, il y a une gratuité des soins, personne n'avance les 23 euros d'honoraires quand on a la CMU. Je pense que le gouvernement ou l'assurance-maladie cherche à se faire de la trésorerie sur le dos des médecins".

"Il ne faut pas non plus considérer que tout est gratuit, la santé ne peut pas être totalement gratuite, il y a un reste à charge qui doit être pris, en tout cas un effort qui doit être fait", a insisté le député de l'Oise.

En cherchant à se faire valoir, la ministre a irrité les urgentistes


Un accord est en vue avec les urgentistes, a clamé Marisol Touraine, avant même que les médecins aient pu prendre connaissance de ses propositions. Propices, selon elle, à la levée de leur grève débutée le jour même, en prélude à une grève des médecins libéraux, elle s'est empressée de déclarer devant les caméras: "Je viens de signer l'instruction concernant l'organisation de leur temps de travail qui va leur permettre de lever leur préavis", s'est hasardée la ministre à l'issue du Conseil des ministres.


Le président de l'Amuf, Patrick
Pelloux a jugé que les propositions de la ministre allaient "dans le bon sens", tout en démentant la levée du préavis.

mercredi 18 juin 2014

Hollande devra réduire de moitié ses créations de 60.000 postes dans l'Education nationale

Supprimer 30.000 fonctionnaires par an, un sur deux, c’est le voeu de la Cour des comptes

Après le remplacement d'un sur deuxla non-création d'un sur deux  
Hollande contraint de faire du Sarkozy
Les Sages de la rue de Cambon alertent sur les risques de dérives du déficit public, qui pourrait atteindre 4% en 2014
La Cour des comptes a rendu mardi son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiquesSi elle veut réduire son déficit, la France va devoir réduire le salaire et le nombre de fonctionnaires, assurent les Sages de la rue Cambon. Ces experts recommandent donc de prendre le taureau par les cornes et de tailler dans le gras en supprimant 30.000 postes de fonctionnaires par an et de maintenir le gel du point d’indice. Objectif : réduire le poids d’un poste qui représente 23,2 % de la dépense publique et 13,3 % du PIB.

Les fonctionnaires à la diète ? 
Le socialiste Didier Migaud et ses collègues proposent de ne pas renouveler 30.000 postes de fonctionnaires partant à la retraite par an. Une diminution de 0,5% par an des 5,5 millions de fonctionnaires qui permettrait de dégager 850 millions d’économies supplémentaire par an. La Cour des comptes vise principalement les hôpitaux et les collectivités locales : 20.000 postes doivent disparaître, insiste l’institution. 
Les Sages préconisent aussi le non renouvellement d’un fonctionnaire sur trois partants à la retraite.

La cure d’amaigrissement concerne également l’Etat 

La Cour des comptes estime qu’il est possible de supprimer 10.000 postes dans les ministères en réduisant les effectifs  "non prioritaires", comme la Défense ou l’Economie, et en maintenant stable ceux des "prioritaires", comme l’Education, la Justice ou l’Intérieur. 

Travailler plus, gagner autant 
La Cour des comptes insiste par ailleurs sur la nécessité de continuer à geler le point d’indice considérant ce dernier comme "le levier budgétairement le plus efficace pour agir sur les dépenses de personnel". Toutefois, avec une inflation à seulement 0,5%, son efficacité tend à diminuer, précisent les Sages. Le gouvernement ayant besoin d’effets rapides sur les budgets, la Cour des comptes recommande "le gel temporaire des avancements" des agents publics, la suppression de certaines primes ou la diminution des heures supplémentaires.

La Cour des Comptes suggère également d’augmenter "la durée effective du travail dans les administrations". En effet, selon des études de l'institution, la durée effective du travail des fonctionnaires est inférieure à la durée légale. Elle propose donc "une augmentation du temps de travail effectif de 1 %, soit l'équivalent de la suppression de deux jours de congés, permettrait une économie pour l'ensemble de la fonction publique de 700 millions d'euros en réduisant les recrutements nécessaires". 
Les Sages préconisent également de rétablir "la journée de carence en cas de maladie" afin de réduire les absences dans la Fonction publique. L'abrogation du jour de carence, institué par la droite, ne date que de janvier 2014... 

Après les zigzags de Hollande, le retricotage de Valls ...

dimanche 16 mars 2014

Les sages-femmes promettent une semaine "noire" au gouvernement

"Jeudi sera le point culminant" des revendications du collectif des sages-femmes 

Hollande à l'épreuve de ses promesses d'écoute et de dialogue

Un nouveau statut imposé est à l’origine d’une grève entamée en ...octobre 
Le collectif a promis dimanche une semaine "noire" dans les maternités, cabinets libéraux, en réponse au mépris du gouvernement.
Après cinq mois de mouvement, nous n’avons "toujours pas été entendues par le gouvernement", explique le collectif. Elles revendiquent la revaloriser de leur statut actuel de fonctionnaire en celui de praticien hospitalier.

L’intersyndicale de sages-femmes hospitalières  a décidé de poursuivre son mouvement
La CGT, CFDT, FO, SUD, UNSA et UNSSF sont mécontents de l’arbitrage de la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui a promis de créer un statut médical pour les sages-femmes à l’hôpital mais au sein de la fonction publique hospitalière.

Vers une grève du zèle

Jusqu’ici les grèves des sages-femmes n’ont pas entraîné de grandes perturbations puisque dans les maternités et hôpitaux, elles peuvent être assignées pour assurer les soins aux patientes et aux nouveaux-nés.

A partir de lundi, "beaucoup de sages-femmes vont aller travailler en noir" pour rendre leur grève plus visible, a expliqué Caroline Raquin, sage-femme hospitalière à Colombes (92), membre de l'ARONSSF Ile de France. "Puisqu’on semble considérer que nous ne sommes pas autonomes, les sages-femmes vont solliciter la nuit les médecins, on les appellera chaque fois pour leur demander leur avis", a-t-elle ajouté.

L’ONSSF est l'unique syndicat professionnel -représentatif et apolitique- des sages-femmes de tous les modes d’exercice : salarié ou libéral.

Jeudi, le collectif appelle "à la fermeture des cabinets libéraux" et demande aux sages-femmes des centres PMI "de ne pas aller travailler"
C. Raquin annonce aussi "des actions coups de poing dans des maternités" le même jour.

Les sages-femmes refusent de couper le cordon avec la Fonction publique

Les sages-femmes discriminées dans tous les domaines

Les revendications sont pourtant simples et claires :

Les sages-femmes hospitalières sont la seule profession médicale à ne pas avoir accès au statut des autres professions médicales à l’hôpital !

Les sages-femmes enseignantes sont les seules à ne pas avoir de statut universitaire !

Les sages-femmes libérales sont la seule profession médicale à ne pas être connue du grand public dans toutes ses compétences, les seules à être absentes du premier recours !

Les étudiants sages-femmes sont les seuls étudiants médicaux à ne pas avoir accès à une formation universitaire autonome !

Depuis de longs mois, les sages-femmes se sont montrées responsables dans leur grève.
Elles ont continué à faire tourner maternités et cabinets, afin que leurs patientes aient un accès aux soins.
Elles ont accepté les discussions lancées par le ministère, avec autour de la table des syndicats qui ont nié leurs compétences, qui ont eu des propos diffamatoires dans les journaux …

La revendication du collectif de créer un statut comme celui des médecins
(praticiens hospitaliers) ne fait pas l’unanimité puisque l’intersyndicale de sages-femmes hospitalières (CGT, CFDT, FO, SUD, Unsa et UNSSF) s’était opposée à la sortie de la Fonction publique.

jeudi 5 septembre 2013

Mystères sur la prise d'otages à l'hôpital Nord de Marseille

Un service public, théâtre d'une prise d'otages

Les faits datant de la mi-août mais passés sous silence

Les renforts de Valls n'ont produit aucun effet sensible. 
Dans la nuit du 12 au 13 août dernier, revolver au poing, un patient, en soins pour des blessures par balles, a séquestré plusieurs infirmières à l'hôpital Nord de Marseille. 

La presse ne s'est pas emparée de l'information

Alors que, dans la perspective des municipales, le PS est à l'affût du moindre acte de violence à Marseille, jusquà Marignane et La Ciotat, les faits n'ont été révélés que trois semaines plus tard, le mercredi 4 septembre.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait été directement informé de ce que La Provence qualifie de "prise d'otage" lors de sa venue à Marseille le 20 août dernier… 

Le patient surgit, armé, dans les couloirs. 
La scène de prise d'otage "s'est jouée" (Le Parisien) au beau milieu de la nuit, vers deux heures du matin. Le forcené est un homme qui a été admis à l'hôpital Nord quelques jours plus tôt : blessé par balles dans un bar de Saint-Antoine, un quartier nord de la ville, il vient d'être opéré. Sorti de réanimation, il récupère dans le service de chirurgie thoracique. Mais ce soir-là, l'homme fait irruption dans les couloirs, un revolver à la main. Il commence à menacer le personnel. "Il interdisait à quiconque d’entrer ou de sortir de l’unité, menaçant de buter le premier qui désobéirait ou qui donnerait l’alerte", confie le professeur Pascal Thomas, dans les colonnes de la Provence.

Cette prise d'otage intervient après 
l'agression au couteau d'un infirmier dans un autre établissement
 de santé de la ville.
Le "garçon" de 18 ans, poignardé dimanche 18 août à l'aube dans le centre-ville de Marseille par trois "jeunes hommes", est mort lundi. D'origine comorienne, il était connu des services de police pour plusieurs délits et vols et était sorti de prison récemment. L'un des trois agresseurs présumés, qui dimanche avaient également attaqué un infirmier des urgences, a été interpellé lundi à son domicile. Un autre a été arrêté à 17 heures à Marseille et placé en garde à vue.

Le preneur d'otages repart libre par la porte

L'incroyable prise d'otages à l'hôpital de Marseille en plein mois d'août a finalement pris fin avec l'intervention de la police.Les forces de l'ordre  réussissent finalement à maîtriser l'individu. 
Le patient armé livre alors une explication surréaliste à son geste : l'homme était persuadé que ses agresseurs le cherchaient partout dans l'hôpital pour l'exécuter. C'est pour cette raison qu'il s'est procuré une arme auprès d'un ami. Le revolver n'a pas été retrouvé et le forcené est reparti libre. La direction de l'hôpital explique pour sa part que cette affaire a été passée sous silence.

Des soignants dans la crainte de représailles

L'affaire n'a pas été rendue publique. "Je n’en avais pas eu connaissance", a fait sa le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Motif invoqué : les infirmières n'auraient pas porté plainte pour ne pas donner leur identité.

Il reste que nous sommes en présence d'un "dysfonctionnement de la police et de la justice":  en France, les victimes se sentent si peu en sécurité qu'elles ont peur de représailles des voyous et la police laisse aller les délinquants armés maîtrisés dans les services publics. Etait-ce un deal accepté du preneur d'otages par les hommes de Valls ?

La stupéfaction de Patrick Mennucci

Maire du 1er et 7e arrondissement, député et candidat à l’élection municipale à Marseille en 2014Patrick Mennucci s'est déclaré stupéfait : "Je ne comprends pas que la direction des hôpitaux, qui est censé au minimum protéger son personnel, sous prétexte que les infirmières effrayées n'aient pas porté plainte, n’ait pas porté plainte. Je vais demander des explications à l'AP-HM et au procureur de la République dès demain matin [jeudi]."
VOIR et ENTENDRE Patrick Mennucci accuser la direction de ne pas avoir porté plainte:



Jean-Michel Budet, directeur adjoint de l'AP-HM, rminimise la portée de cette affaire : "On a procédé à l'expulsion d'un malade qui était détenteur d'une arme à feu et menaçait verbalement le personnel (…) J'appelle pas ça une prise d'otages." 



Des propos relayés par la ministre délégué aux Personnes handicapées,
Marie-Arlette Carlotti, une autre des six candidates socialistes à la mairie, a sa version des faits: "D'après les services de l'Etat, il ne s'agirait pas d'une prise d'otages, mais de voyous qui ont tenté de faire entrer illégalement une arme au sein de l'hôpital et menacé certains personnels, ce qui est inacceptable". La ministre précise que le directeur de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille s'est ouvert de cet incident à Jean-Marc Ayrault le 20 août.

Jean-Claude Gaudin affirme qu'il demandera "des explications dès demain (jeudi)"
Et l'élu ajoute : "Avant de dramatiser cette situation, je demanderai surtout pourquoi les infirmières n'ont pas voulu le dire (...) Nous demandons toujours plus de moyens de sécurité.
Le maire de Marseille a accueilli avec indignation l'annonce, mercredi, de renforts policiers à ...Lille, ville socialiste de la Ch'tite Martine Brochen-Aubry. L'élu y voit une nouvelle démonstration du "mépris" du gouvernement pour la deuxième ville de France. Il a dénoncé une "décision partisane", alors que sa ville, un port, doit composer avec des renforts "au compte-gouttes", après l'asphyxie économique opérée pendant ses mandats par les collectivités territoriales socialistes dirigées par Jean-Noël Guérini et Michel Vauzelle.

VOIR et ENTENDRE Jean-Claude Gaudin: "Je réclame sans cesse des renforts de police":

 

Des informations lacunaires

Les identités des malfaiteurs sont habituellement dissimulées pour des raisons idéologiques et politiques

Elles révéleraient des des situations illégales et des origines récurrentes en matière de délinquance. La presse se prête à la désinformation en acceptant d' "auto-censurer" les éléments d'identification: "trois jeunes", "le garçon de 18 ans", poignardé "par trois jeunes hommes", "la personne"... permettent de ne pas alerter l'opinion. Il faut  que le voyou soit d' "origine comorienne" pour que les media fassent leur métier. Est-ce de la discrimination ou du mépris ?
On nous dit que les services de police ne savent rien des "trois agresseurs présumés", mais l'un d'eux a néanmoins un domicile où il a pu être interpellé lundi. Il suffirait qu'un stagiaire fasse une rapide enquête de voisinage pour que l'information soit complète, mais pourquoi, outre la séquestration des infirmières, l'identité et l'origine du preneur d'otages ont-elles été tenues secrètes ?