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mercredi 16 septembre 2015

Travail du dimanche: Hidalgo refuse de dialoguer avec Macron

Sentiment d'infériorité ou sectarisme idéologique, la maire de Paris refuse le dialogue

Le commerce parisien a-t-il à gagner à la baston socialiste ? 

La femme que "maltraite" E. Macron
C’est ainsi que l’entourage d’Anne Hidalgo reçoit la proposition d’Emmanuel Macron de discuter avec elle du dossier du travail du dimanche. La maire de Paris n’accepte pas "un strapontin", indique son cabinet après avoir été, selon elle, " maltraitée" par le ministre de l’économie que l'ont dit pourtant si bien élevé. Elle reproche à E. Macron d’avoir exclu les maires du travail d’élaboration des futures zones touristiques internationales (ZTI) dans lesquelles les commerces pourront être ouverts en soirée et le dimanche, en vertu de la loi pour la croissance, promulguée le 6 août. A Paris, Bercy prévoit d’autoriser la création de douze ZTI.

Mardi 15 septembre, le ministre de l’Economie a entrouvert sa porte. 
"La maire de Paris souhaite que nous parlions de manière concrète des zonages proposés par mes services. J’y suis tout à fait prêt," a-t-il indiqué. 
E. Macron a aussi mis une condition préalable à une discussion avec A. Hidalgo : "Si c’est un avis constructif, j’en tiendrai compte. Si c’est un avis de principe qui cherche à faire polémique, il ne m’apporte pas grand-chose et je crois qu’il n’apporte pas grand-chose aux Parisiens," a-t-il soupçonné. 
Et Macron de préciser enfin que "l’ensemble des décrets et arrêtés à la fois dans les zones touristiques et dans les gares" sera pris "d’ici à la fin du mois d’octobre".

L’entourage de la maire PS de Paris estime que cette offre de dialogue arrive trop tard. 
"On n’a aucune raison de rencontrer M. Macron pour donner un avis alors qu’il a peu de chances d’être retenu. La discussion de fond avec Bercy aurait dû avoir lieu avant", polémique le cabinet de la maire de Paris. Anne Hidalgo, intimement proche des frondeurs, à l'aile gauche du PS, ménage les membres de  sa majorité municipale, écologistes radicaux et du Front de gauche, à l'extrême gauche,  qui sont farouchement hostiles à l’extension du travail du dimanche. "Rencontrer Macron sans être sûrs d’être écoutés pourrait nous mettre en difficulté avec nos alliés de la majorité", reconnaît un proche de la maire de Paris. La patronne ne conçoit pas le dialogue sans imposer son point de vue.

Chicaya socialiste, socio-démocrates vs socio-libéraux

Ces derniers mois, le directeur de cabinet d'A. Hidalgo, Mathias Vicherat, avait pourtant entamé des séances de travail avec le cabinet d'E. Macron pour définir les périmètres des futures ZTI, au nombre de quatre en France: à Paris, Deauville, Nice et CannesDes mesures technocratiques qui laissent  d'ailleurs perplexes et désemparés les habitants de Cannes aussi : les futures ZTI concernent la rue d'Antibes, les rues Hoche, Foch et du 24-Août, ainsi que le boulevard de la Croisette. Mais les commerces ne sont pas tous logés à la même enseigne. Rue d'Antibes, seules les boutiques situées entre le 27 et le 93 côté impair, et celles situées entre le 36 et le 100 côté pair seraient concernées.
Mais les ponts ont été rompus "unilatéralement" par Bercy, selon la mairie, quand le gouvernement a choisi d’imposer le projet de loi au Parlement par son recours à l’article 49-3.

La réconciliation Hidalgo-Macron n’aura donc pas lieu. 
Le 4 septembre, la maire de Paris a adressé une lettre au vitriol au ministre de l’Economie dans laquelle elle affirme son "profond désaccord sur les principes comme sur la méthode imposant aux acteurs locaux la définition des règles régissant leur territoire et dérogeant aux principes fondamentaux du droit du travail en France".  
Hidalgo reproche à Macron sa "profonde méconnaissance du tissu commercial parisien". Certaines ZTI arrêtées par le ministère "réalisent moins de 1 % de leur chiffre d’affaires en détaxe. Ce qui laisse douter qu’elles puissent d’une quelconque manière contribuer au tourisme international", écrit-elle. En revanche, Marseille qui développe une forte activité commerciale à partir des croisiéristes ne compte aucune ZTI, malgré un centre commercial flambant neuf, Les Terrasses du Port (lien), à proximité du fameux Mucem


Sur BFM-TV, mardi, A. Hidalgo a dégainé une nouvelle fois
"Ce qu’a fait la loi Macron, c’est une généralisation déguisée du travail le dimanche à Paris qui va fragiliser tout ce tissu économique local." Et d’ajouter que le périmètre des nouvelles zones "ne correspond pas à des critères objectifs ".
En riposte, E. Macron accuse Hidalgo de "caricaturer les choses". "Partout où cela crée de l’activité et de l’emploi nous souhaitons en soirée et le dimanche procéder à cette ouverture", a déclaré mardi le ministre de l’économie.

Dépôt d’une QPC

Hidalgo déplace la guerre contre Macron du périmètre des futures ZTI au Parlement: Hidalgo compte déposer, d’ici à la fin du mois, une question prioritaire de constitutionnalité pour obtenir que la maire de Paris puisse décider des douze dimanches d’ouverture pour tous les commerces.

Du fait de son statut spécifique de collectivité territoriale, Paris est depuis longtemps la seule ville de France où cette décision relève du préfet de police. A. Hidalgo comptait sur la loi Macron pour que la capitale ne fasse plus exception au droit commun qui confie cette prérogative aux maires. "Il n’y avait aucune raison que Paris soit traité différemment des autres villes s’agissant du pouvoir du maire sur le choix des dimanches", insiste l’exécutif municipal. "Nous sommes sûrs de voir notre QPC retenue", affirme l’entourage d'Hidalgo.

Fin juillet, Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, a reçu une lettre de la maire de Paris. Dans ce courrier, Hidalgo rappelle une décision du Conseil constitutionnel du 6 août 2009 selon laquelle la fixation par le préfet de police de Paris des dimanches ne donnant pas lieu à repos dominical "est contraire au principe d’égalité entre collectivités territoriales".
Début septembre lors d’un tête à tête avec François Hollande, puis avec Manuel Valls, Anne Hidalgo n’a pas abordé le dossier du travail dominical, préférant concentrer ses attaques sur la citadelle de Bercy, occupée par un "socio-libéral" !

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