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vendredi 18 septembre 2015

Baisse des dotations de l'Etat: les Français comprennent la colère des maires dans la rue


62% des Français soutiennent l'action des maires contre la baisse des dotations de l'Etat

Le plan de réduction de 50 milliards d'euros des dépenses publiques pénalise les communes

Les maires de France appellent à la mobilisation. Ils manifesteront leur colère demain, samedi 19 septembre, contre la baisse des dotations de l'État, tentant ainsi de s'en faire entendre  dans la rue.
Dans la Sarthe, la ville de Mamers vit cette baisse comme une saignée. Elle a perdu 175.000 euros depuis 2014. Conséquences directes : le maire Frédéric Beauchef (Les Républicains) a diminué de 5% les subventions aux associations, et les départs à la retraite à la mairie ne sont pas remplacés. Et malgré l'état déplorable des trottoirs et chaussées, les travaux attendront, car en 2017, la baisse s'élèvera à plus de 400.000 euros. 
"S'il n'y a pas d'associations, il n'y a pas de vie dans le village. (...) Ça me paraît être indispensable dans la vie d'une commune", déclare Philippe Chartier (sans étiquette).
Outre la vie associative, la vie sociale est en péril. Le village de Saint-Rémy-des-Monts perdra lui 30.000 euros en 2017. Le maire a dû prendre la décision de réduire les travaux dans la commune et de supprimer l'emploi aidé du service voierie.

La quasi totalité des associations d'élus  communaux appelle les citoyens à se regrouper  samedi 19 septembre devant les mairies

Les élus veulent ainsi interpeller l'Etat et peser sur les choix du gouvernement Ils rappellent que la baisse programmée de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) représente une perte cumulée de 28 milliards d'euros pour les collectivités d'ici 2017, dont 15,8 milliards pour les communes et intercommunalités. 

Actuellement, le budget total des communes de France dépasse les 100 milliards d'euros Selon eux, la baisse des crédits de l'Etat a déjà entraîné en 2014 une baisse de l'investissement des communes de 12,4%. Une situation qui pourrait notamment avoir de graves conséquences sur l'emploi dans le secteur du bâtiment. 

62% des Français soutiennent l'action des maires 

Or, plus de 60% des Français considèrent "justifiée" la journée d'action des maires de France pour dénoncer la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales, selon un sondage Odoxa (réalisé auprès de 1.009 personnes) pour Les Echos, FTI consulting, Radio classiqueA la question "personnellement estimez-vous que ce mouvement des maires est justifié ou pas ?", 62% des personnes interrogées répondent par l'affirmative, contre 37% qui ne le jugent "pas justifié" (1% sans opinion).

Si 70% des sympathisants de droite estiment le mouvement "justifié", c'est aussi le cas de 54% des sympathisants de gauche. Une courte majorité des personnes interrogées, 52%, estime cependant que les communes pourraient faire face à ces baisses de dotations "sans avoir à augmenter leurs tarifs ou leurs impôts, en faisant des économies". Savoir si les mêmes tiennent toujours ce raisonnement s'agissant du déficit budgétaire de France Télévisions ou des dépenses publiques engagées par Hollande et Valls dans les guerres ou l'accueil des réfugiés et la charge des navires Mistral invendus... 46% sont d'un avis contraire. 

Elles sont également 79%, contre 20%, à penser que les communes "font trop de dépenses inutiles". C'est d'ailleurs également la position du ministre des Finances, Michel Sapin, qui estiment que les collectivités locales en général et les communes en particulier doivent pouvoir parvenir à des économies dans leurs dépenses de fonctionnement. Le ministère des Finances rappelle aussi que le gouvernement à décidé la création d'un fonds doté d'un milliard d'euros pour aider les collectivités dans leurs investissements. Mais on ne sait pas encore comment sera fiancé ce fonds.

Demain, la porte de la piscine de L'Union (Haute-Garonne) sera drapée d'un grand rideau noir. Cette piscine construite en 1974 a besoin de travaux. Or, aujourd'hui, le transfert de compétences par Etat ne s'accompagne pas du montant de dotations correspondant. "Il va falloir vraisemblablement emprunter de l'argent pour pouvoir la rénover", déplore Marc Péré, maire de L'Union.
Pour L'Union, les dotations de l'État représentent aujourd'hui 13% du budget de fonctionnement. Leurs baisses obligent la commune à faire des économies. En 2017, ce sont près de 800.000 euros qui vont manquer dans les caisses de la ville.
À Balma, la commune voisine, la problématique est la même. Ici devait être construite une maison de quartier. Le projet est reporté. Quant aux rencontres du livre et du vin, elles ont tout simplement été annulées.

Discriminer les communes, une variante la lutte des classes. 
Des commentateurs en sont arrivés à contester la légitimité des maires de communes dites riches qui soutiennent solidairement les communes pauvres... 

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