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mercredi 16 septembre 2015

Affaire Bygmalion: Bastien Millot à nouveau mis en examen


Le cofondateur de la société a-t-il des informations à balancer?

Acharnement judiciaire dans l'enquête sur un système présumé de fausses factures durant la campagne présidentielle de N. Sarkozy

Bastien Millot, convoqué par la police de B. Cazeneuve
Le juge espère-t-il que Bastien Millot -un proche d'Anne Hidalgo - ait des révélations à faire ? Tout porte à le penser puisque l'ancien patron et cofondateur de la société a de nouveau été mis en examen ce mardi et dans la même affaire. "Cette mise en examen n'est pas justifiée et ne correspond pas à la réalité historique des événements", a déclaré son avocate, Florence Rault.

Les juges d'instruction ont une nouvelle fois mis en examen Bastien Millot, longtemps proche de Jean-François Copé, mais pour complicité [présumée!] de financement illégal de campagne électorale et complicité d'escroquerie, alors qu'il a déjà été mis en examen en octobre 2014. 

L'homme est par ailleurs mis en examen dans une autre affaire concernant des soupçons de favoritisme sur des contrats payés par France Télévisions à Bygmalion.

Le patron de Bygmalion conteste avoir été au courant

Les enquêteurs agissent sur la base de soupçons portant sur un éventuel système de fausses factures mis en place entre une filiale de Bygmalion, Event and Cie, et l'UMP (devenu Les Républicains). Malgré un précédent échec, l'enquête tente d'établir une ventilation sur le budget du parti d'environ 18,5 millions d'euros de dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy, afin d'éviter qu'elles ne dépassent le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros et ne soient rejetées par le Conseil constitutionnel, ce qui avait néanmoins été le cas.

Treize personnes sont mises en examen. Parmi elles, outre Bastien Millot, trois anciens cadres de Bygmalion, Guy Alvès, Franck Attal et Sébastien Borivent. Ces derniers reconnaissent avoir eu connaissance de la fraude, ce que Bastien Millot a toujours contesté. Ses trois anciens associés le mettent pourtant en cause.

Accusé d'avoir donné son «feu vert» à l'opération
Franck Attal, patron d'Event and Cie, a expliqué aux juges que le directeur adjoint de la campagne, Jérôme Lavrilleux, l'avait sollicité fin mars-début avril 2012 pour lui annoncer qu'il fallait recourir à un système frauduleux de ventilation des dépenses de campagne sur l'UMP, ce que Jérôme Lavrilleux conteste, situant le recours à la fraude après la présidentielle. Selon une source proche du dossier, Franck Attal a assuré avoir alors prévenu Sébastien Borivent qui à son tour en aurait fait part aux deux patrons de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès. D'après cette source, Sébastien Borivent a affirmé aux magistrats que Bastien Millot, aujourd'hui avocat, avait donné son «feu vert» à l'opération.

Pour Florence Rault, «la seule chose qui rattache mon client à cette affaire, c'est qu'il était le président de Bygmalion, la maison mère». «Mais rien ne le rattache à la campagne et au travail d'Event and Cie durant cette campagne. Il n'a jamais dirigé Event et n'en a jamais été actionnaire», a ajouté l'avocate.

A qui profite cette nouvelle mise en examen ?

Au moment même où plusieurs de cadres de l'UMP étaient placés en garde à vue, l'ancien Premier ministre affirmait avoir déjà entendu parler de Bygmalion, avant la campagne de 2012. Un coup dans les genoux de Nicolas Sarkozy qui avait assuré sur France 2, le dimanche 21 septembre, "avoir appris le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle".

Son ancien premier ministre était informé, mais il justifia son absence de réactivité. Je n'étais pas associé à l'organisation de la campagne de 2012, mais j'ai souvent entendu parler de Bygmalion (avant la campagne), et j'ai souvent vu que Bygmalion était une entreprise qui travaillait régulièrement avec l'UMP", avait insisté François Fillon sur BFMTV.

François Fillon affirme de surcroît ne pas s'être posé de question sur le coût des meetings du candidat Sarkozy: "Je n'ai jamais organisé de campagne présidentielle. Et puis, je pars du principe que je fais confiance au candidat et à ceux qui organisent la campagne", insinue-t-il. Le concurrent de Nicolas Sarkozy à la primaire pour la présidentielle 2017 ajouta néanmoins à propos de son ancien président: "Je n'ai pas raison de ne pas le croire"…


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