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dimanche 27 septembre 2015

Hollande ouvre la chasse aux vrais-faux chômeurs

Le contrôle "renforcé" des demandeurs d'emploi passifs débute ce lundi 

Pôle emploi 
lance un dispositif de traque des chômeurs défaillants  dans leur re
cherche d'un emploi 
Dès ce lundi, soit quatre jours après la publication des mauvais chiffres du chômage, une hausse de 0,6% en août, le pouvoir socialiste prend tous les moyens pour contribuer à l'inversion de la courbe du chômage, annoncée de longue date et attendue fébrilement par François Hollande. Or, pour le candidat putatif à sa réélection, la situation est grave, voire désespérée.
  
Quels que soient les ministres du Travail -de l'optimisme professionnel de Michel Sapin aux balbutiements de Myriam El Khomri, en passant par l'accablement non dissimulé de François Rebsamen, le chômage demeure à des niveaux historiquement haut en France. Le gouvernement a donc décidé de faire porter la responsabilité de ses échecs par les travailleurs en recherche d'un emploi, quitte à stigmatiser par une traque les chômeurs installés dans leur statut d'assistés. Testé dans quatre régions entre la fin 2013 et l'été 2014, il a encore fallu une année de plus -et la fin de l'été 2015-  pour que Hollande se décide  à lancer, ce lundi, le contrôle renforcé des demandeurs d'emploi. La dernière trouvaille du gouvernement pour tordre, enfin, une courbe du chômage rétive à toute inversion depuis le début du mandat Hollande, consistera à tordre le bras des bénéficiaires de l'allocation chômage. 20.000 suspects de plus se sont en effet inscrits à Pôle emploi en août. 

Elément de langage volontariste: "contrôle renforcé des chômeurs"
En clair, sans fioriture sémantique, Valls est en charge de l'ouverture d'une chasse aux démarcheurs mous d'un emploi, les "demandeurs passifs" dénoncés par Rebsamen, en septembre 2014. 
VOIR et ENTENDRE Rebsamen, le 2 septembre 2014:

Ces propos étaient alors jugés "scandaleux et indécents" par le secrétaire national de la CGT Chômeurs, Jean-François Kiefer qui estimait que "ce gouvernement de gauche mène une politique de droite", et dénonce la volonté du gouvernement d'avoir de "belles statistiques" grâce à l'augmentation des radiations, comme le souligna également Eric Aubin, membre de la direction de la CGT chargé de l'emploi : "La seule solution que trouve le gouvernement pour faire baisser la courbe du chômage, c'est de sanctionner les demandeurs d'emploi en considérant qu'ils ne recherchent pas activement des emplois." Le syndicaliste estimait par ailleurs que le chiffre de 350.000 emplois non pourvus évoqué par le ministre pour justifier une décision autoritaire et brutale ne s'appuie que "sur des projections" qui ne prennent pas en compte "la nature" des emplois en question, révélant un "manque de sérieux".
Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, avait réagi aux déclarations de François Rebsamen : "des propos provocateurs qui prétendent [...] détourner l’attention sur l’échec flagrant de la politique économique et sociale du gouvernement."


Lien PaSidupes (septembre 2014): "Chasse aux chômeurs: Rebsamen veut radier les demandeurs d'emploi passifs"
  

Les soupçons émis par François Rebsamen et désormais assumés par Myriam El Khomri, ne manquent pas de froisser les quelque 5 millions de demandeurs d'emploi répertoriés en France, selon la presse qui arrondit les chiffres vers le bas. D'autant qu'à la vérité, fin août 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établissait à
5.420.900 en métropole (5.726.300 Dom compris): 20.000 inscrits de plus qu'en juillet. 

En quoi consiste ce dispositif d'ampleur aux effets incertains? 

Des créations d'emploi dans la fonction publique qui accroissent la dette publique... Au total, 200 agents ont été recrutés pour s'acquitter de la mission. A terme, ils devraient permettre à Pôle emploi de passer au crible l'état des recherches de quelque 180.000 chômeurs suspects chaque année, soit près de 5% des 3,57 millions de demandeurs d'emploi sans aucune activité. Officiellement, aucune obligation chiffrée de résultats, ni en terme de cas traités ni en terme de radiations, ne sera toutefois assigné aux contrôleurs, assure la direction de l'agence publique. 

Mais le contrôle renforcé a déjà du retard à l'allumage. 
Ce lundi, seuls 15 agents seront opérationnels. Ils seront répartis dans trois régions: en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, cette dernière ayant déjà servi de région pilote lors des tests réalisés en 2014. Pour voir l'intégralité des nouveaux effectifs demander des comptes au inscrits, il faudra attendre au moins la fin du mois d'octobre, le temps d'achever leur formation et leur répartition géographique. L'Ile-de-France devrait être dotée d'une trentaine d'agents. Qui sera la cible d'un contrôle? Théoriquement, nul n'a la garantie d'échapper aux contrôles, pas même ceux qui ne bénéficient d'aucune indemnisation. 

Mais certains passifs seront davantage ciblés que d'autres. 
Dans 50% des cas, les dossiers seront choisis "aléatoirement", dit-on. Mais l'autre moitié des dossiers traités aura fait l'objet d'un ciblage particulier au préalable. 
Parmi les critères déjà évoqués par la direction de Pôle emploi, sont prioritairement visés les chômeurs qualifiés recherchant un emploi dans des secteurs "en tension" (l'hôtellerie, les métiers de bouche ou le secteur du bâtiment, par exemple). Mais aussi les chômeurs de longue durée. 

En quoi consiste la procédure? 
Contrairement à ce qui se passe en Belgique, pas question d'aller visiter les chômeurs à domicile ou d'éplucher leurs comptes bancaires. La procédure débute par un examen informatique de chaque dossier. En cas de doute sur un profil, le "contrôleur" adresse, dans un premier temps, un questionnaire au chômeur qui a éveillé ses soupçons. Charge à ce dernier d'apporter la preuve de ses démarches en mettant à disposition de l'agence ses lettres de motivation et l'agenda de ses éventuels entretiens d'embauche. A défaut de réponse satisfaisante, le contrôleur prend directement contact pour un entretien téléphonique qui, si les doutes n'étaient pas levés, débouche alors sur une convocation physique, en agence, avec un conseiller. Les contrôleurs ne doivent pas rencontrer eux-mêmes les contrôlés. 
Les tests en régions ont-ils déjà apporté la preuve de l'efficacité d la procédure Même si l'échelle du test réalisé l'an passé (trois régions) est limitée, elle aurait toutefois apporté quelques enseignements. Les 6.515 contrôles, réalisés en PACA, Franche-Comté et Poitou-Charentes à cette occasion, avaient donné lieu à 1.168 radiations. Soit plus de 15% des dossiers traités. Dans le cas de contrôles ciblés, les radiations atteignaient même 35%

Mais ces chiffres élevés cachent de nombreuses 'subtilités'. 
Ainsi, une part importante des défauts de recherche détectés s'expliquent davantage par le découragement des candidats que par une volonté de fraude avérée, estimait l'étude de Pôle emploi, où le syndicat arrivé en tête aux élections professionnelles est la CFDT, proche du PS et donc du pouvoir. 
Mais surtout, toutes régions confondues, 55% des chômeurs radiés ne bénéficiaient de toute façon d'aucune indemnité chômage... Ces radiations ont donc eu un impact plus statistique que budgétaire. A plus forte raison dans la mesure où les radiations prononcées n'excédaient pas 15 jours. Restait donc à contrôler les bénéficiaires frappés de découragement. 

La mesure est loin de faire l'unanimité: elle est perçue comme une agression
Pôle emploi se défend de vouloir "fliquer" les chômeurs - "il ne s'agit en aucun cas de surveillance, mais d'un soutien bienveillant à la remobilisation à travers une prise de contact", a assuré à plusieurs reprises la direction de l'agence.
Syndicats et chômeurs y voient surtout
une volonté de faire baisser les (très mauvais) chiffres du chômage en augmentant même temporairement le nombre de radiations administratives. Dans son rapport sur l'état de la France en 2015 voté ce mercredi, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) préconise lui aussi le "contrôle renforcé". Non pas celui des chômeurs, mais plutôt celui de l'ensemble "des politiques de lutte contre le chômage", alors que leurs effets sur la croissance et l'emploi apparaissent plus que jamais incertains. 
Lien PaSiDupes : "Escalade dans la traque du chômeur: le contrôle des demandeurs d'emploi n'est pas suffisant"

On comprend
pourquoi Hollande et Valls ont préféré "ministre passive"  néophyte,  ambitieuse et manipulable au Travail, plutôt qu'un vieux briscard retors. Surtout pas une personnalité intègre et respectueuse des chômeurs, victimes de la politique de Hollande, les 'sans-dents' de l'emploi.

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