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lundi 28 septembre 2015

Hagiographie du président socialiste par France 3: le service public n'amPUTE pas le budget com' de l'Elysée

"Un temps de président", un documentaire "dans l'intimité de l'Elysée": interdit aux moins de 16 ans ? 

De l'utilité d'un service public dédié, mais pourtant entretenu par tous les redevables... 

Caleçon, boxer ou suspensoir ?
Le documentaire d'Yves Jeuland permet d'en apprendre un peu plus sur le "pouvoir" et l'intimité du président François Hollande, hors caméras ! Fouille-t-il le panier à linge de François Hollande? Il sera en tout cas exposé lors de la diffusion, ce lundi soir à 20h50, en début de soirée, sur France 3, chaîne publique de France Télévisions. 

Le réalisateur a surtout présenté des films portant sur l'engagement politique. Il retrace notamment l'histoire des communistes français, puis celle des socialistes, après avoir suivi entre 1999 et 2001 Bertrand Delanoë, Jean Tiberi et les autres protagonistes de l'élection municipale de 2001 à Paris. En 2010, il avait accompagné le socialiste Georges Frêche dans son ultime campagne politique pour un film intitulé Le Président. Militant bienvenu au PS caméra au poing, il ne faut donc pas s'attendre, lundi, à une commande du parti Les Républicains... 
Serons-nous invités à La Lanterne et reçus par la concubine présidentielle à la résidence présidentielle contiguë au château de Versailles (cinq chambres en étage avec chacune sa salle de bain et donnant sur le parc royal): elle est davantage au goût du président Louis XV que le fort de Brégançon ? La Lanterne fut édifié en 1787 par Philippe Louis de Noailles, prince de Poix (qui donna probablement les mots "poisse" et "poisseux" !), mais le suspense est torride.

Sous les ors de la République 

Yves Jeuland a suivi François Hollande dans quelques moments clés de son quinquennat. Durant quatre mois, d'août à septembre 2014, puis de novembre 2014 à janvier 2015, le réalisateur a pénétré seul, avec sa caméra, la vie quotidienne du palais présidentiel. Une immersion riche en révélations et en anecdotes, lors de temps forts du mandat: le remaniement du gouvernement Valls II ou les attentats de janvier. 

Mission d'Yves Jeuland: offrir au peuple un François Hollande sans fard 
A qui le veut bien, les services de la communication de l'Elysée nous proposent peut-être comme un privilège d'assister en interne aux rétropédalages, reculades et renoncements du chef de l'Etat. Au risque de ne pas être cru, Jeuland prend les devants, affirmant dans un entretien au service public de Francetv Info, que l'Elysée n'aurait eu aucun droit de regard sur le résultat final de son travail. "Je leur ai dit que je ne les trahirais pas, qu'il n'y aurait pas d'images volées, mais que, en échange, je tenais à ma liberté", explique le réalisateur. Mais ne faut-il pas qu'il soit particulièrement godillot pour que le suspicieux François Hollande lui fasse confiance. Mais alors, quel est l'intérêt de passer 90 minutes à son hagiographie compensatoire à son impopularité ? 

"D'ailleurs, ils n'ont découvert le film qu'une fois terminé", se défend-il par avance.
Par conséquent, son documentaire n'aurait rien de complaisant. Serait-il donc implacable, par hasard ? François Hollande y apparaîtrait, tel qu'en lui même, nous promet-on, mais este-vendeur, un Pépère aussi peu charismatique au naturel ?
Le réalisateur nous associera à des prises de décisions déjà actées (ou en passe de l'être...) Typique de Hollande, en effet ! Les morceaux choisis seront des moments parfois délicats, comme lorsqu'il rencontre la famille de d'Ahmed Merabet, policier tué au cours de l'attentat contre Charlie Hebdo. Ou bien quand il apprend par téléphone la libération de l'otage français au Sahel, Serge Lazarevic. Nous serons donc clairement dans l'émotionnel...

Mais il y a aussi des instants plus "pathétiques". 
Référent culture du PS, Jack Lang danse la Tecktonik et "fait la chenille" dans "Touche pas à mon poste": pas facile, à 76 ans, de vivre dans la dignité
L'Elysée fait par exemple  filtrer celui où, avec son Premier ministre Manuel Valls, François Hollande conseille la nouvelle occupante de la rue de Valois, Fleur Pellerin. 
Gracieux déhanché !
"Vois Jack, il a des idées !", lui lance le chef de l'Etat, à propos de Jack Lang, prédécesseur de Fleur Pellerin à la Culture, et référence socialiste. "Et va au spectacle. Tous les soirs, il faut que tu te tapes ça. Et dis que 'c'est bien', que 'c'est beau'", renchérit-il, rappelant ainsi que la politique est toujours affaire de diplomatie, et que lui n'est pas particulièrement amateur de culture. Même pas d'agriculture. 
Avec le recul, la leçon a été bien apprise: la ministre ne lit pas - même pas  Patrick Modianoprix Nobel français de littérature 2014 -  et se rend à l'Opéra avec Hollande, pendant le show médiatique de son premier ministre sur... France2, vous l'avez deviné, chaîne... publique de télévision ! Avaient-ils en effet prévu que Valls déplairait encore et ne pourrait, de surcroît,  s'empêcher de se friter avec quelqu'un - et ce fut la journaliste qui le chatouilla sur du non-écrit et négocié au préalable ?
Depuis, Pellerin donne tout son coeur à l'art vivant

Un dialogue intime et inédit qu'Yves Jeuland a dû capter sur instructions. 
Le réalisateur n'est pas fier du rôle que lui assigne l'Elysée. Il déploie une série de bobards qui pourraient rendre son oeuvre de commande crédible. "Il a fallu trouver le bon équilibre entre la confiance nécessaire de leur part et la distance à garder, de ma part", analyse-t-il pour Francetv Info. 
La chaîne d'Etat joue sa partition estimant que "rendre authentique la personnalité du président de la République a été d'autant plus simple qu'Yves Jeuland était seul à le suivre", sans témoins des répétitions et des coupures. Ainsi, "j'ai su me faire le plus discret possible", souligne-t-il. 

Le communicant Gaspard Gantzer est d'ailleurs omniprésent 
Outre le président, un autre personnage est au coeur du documentaire d'Yves Jeuland: c'est Gaspard Gantzer, le conseiller en communication du chef de l'Etat depuis avril 2014, ci-contre. Entre les ballets incessants d'élus et de conseillers, le trentenaire -qu'il tutoie sans complexe- apparaît sur presque tous les plans du documentaire. Un jeune loup pas loin d'éclipser Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général à l'Elysée très proche de François Hollande, mais qui peine à relire les discours du président, comme le montre un passage du documentaire.

Merci pour ce moment de silence 
Hormis la conversation de François Hollande avec Fleur Pellerin, peu de femmes sont représentées à l'écran. Seule l'allusion "fortuite" (sic) à l'ex-concubine du président, Valérie Trierweiler, satisfera les amateurs de presse people, au risque de souligner l'intention racoleuse du doc. "On y voit" (sic) François Hollande, assis dans une voiture, apprendre la sortie de son bouquin 'Merci pour ce moment'. Le temps se suspend un moment, puis, François Hollande se replonge dans la lecture de Modiano  du journal L'Equipe. 
Interrogé sur l'omniprésence du mignon de l'Elysée et l'absence de femmes au sein du documentaire, Yves Jeuland admet en avoir peu croisé à l'Elysée. "Il s'agit vraiment d'un monde d'hommes. Mon film est le reflet de la réalité." Alors que le gouvernement Valls se veut paritaire, le palais présidentiel, lui, ne l'est pas.  La secrétaire d'Etat chargée de tous les âges de la vie à la fois, la féministe Laurence Rossignol s'en étrangle ! En silence...

Pas sûr que Gantzer sorte renforcé de cette opération et que Delphine Ernotte l'assume de gaieté de coeur.

 

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