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mardi 1 septembre 2015

Ce que nous réserve cette rentrée scolaire 2015

C'est la rentrée scolaire pour 12 millions d'enfants

Après les professeurs, 
c'est aux 'apprenants' de reprendre le chemin de l'école mardi: plus de 12 millions d'enfants, le cartable au dos, de collégiens, sac à dos en bandoulière ou de lycéennes, 'baise-en-ville' au poignet, retrouvent camarades de classe, tableaux noirs électroniques et enseignants  animateurs de temps scolaire.

La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a voulu marquer cette rentrée de son empreinte populiste véhiculée par la sémantique gouvernementale, dupliquée par les media: la maternelle, spécificité française, est définie comme "une école bienveillante"Quant aux autres niveaux...
Le ton est donné, à défaut de concret. Quelques nouveautés seulement, mais pas de révolution: la ministre doit encore imposer sa réforme des rythmes scolaires qui peine en effet à se mettre en oeuvre, faute d'écoute des collectivités locales et donc d'évaluation de sa faisabilité. 
Toutes les communes ne disposent des moyens financiers de son application, puisque les élèves élèves du primaire sont remis aux mains de l'institution scolaire soit le mercredi matin, soit le samedi matin. Pour les mairies, le coût à supporter n'est pas le même quand les 24 heures hebdomadaires d'apprentissage sont étalées sur 4,5 jours, soit 9 demi-journées, au lieu d'être regroupés sur une semaine de quatre jours, comme c'était le cas depuis 2008. Les éléments de langage ministériels véhiculés par la presse assurent que la journée de classe est allégée mais, de 144, le nombre de jours d'école passe à 180 par an... Sur le terrain, la chronobiologiste Claire Leconte observe  que la réforme "rigidifie les temps scolaires" et crée un découpage strict qui "n'existait plus depuis Jules Ferry". Elle dénonce le fait que le matin, les cours ne doivent pas durer plus de trois heures et demie, sauf dérogation. "Or, c'est justement dans la première partie de la journée que les élèves mémorisent le mieux", regrette-t-elle dans Le Monde.Avec de faibles budgets, les communes - rurales notamment- s'inquiètent surtout du coût de la réforme. En dehors des aides insuffisantes de l'Etat (part forfaitaire de 50 € par élève et le cas échéant la majoration forfaitaire de 40 € par élève pour les communes éligibles à la dotation de solidarité rurale "cible") et, éventuellement, de la Caisse d'allocations familiales (CAF), elles doivent financer les nouvelles activités et les salaires des animateurs. Elles doivent veiller à éviter la rupture d'égalité républicaine entre villes riches et pauvres dont la réforme est porteuse. L'organisation est aussi pointée du doigt. Les communes rurales mettent en avant les difficultés liées au ramassage scolaire, par exemple. Ils dénoncent aussi des tensions dans le partage des locaux entre enseignants non formés et animateurs inadaptés.
Enseignants, professionnels de la médecine scolaire et parents pointent fatigue des enfants et "confusion" entre temps scolaire et périscolaire. Les premiers dénoncent aussi un bouleversement de l'organisation de leur temps de travail, les seconds de l'organisation de leur vie personnelle. Des changements difficiles à appréhender, et dont l'utilité reste floue, selon eux.
Seuls les plus petits ont droit à de nouveaux programmes, axés sur le vocabulaire, le jeu et la socialisation.  

Dans le secondaire, arrivent les nouveaux programmes d'enseignement moral et civique (EMC)

Du CP à la terminale, ils doivent être plus combatifs que l'éducation civique et formater les esprits par le biais de débats encadrés et la transmission d'argumentaires officiels, inspirés de la "pensée unique".

Les élèves de l'école élémentaire subiront une heure par semaine et ceux du secondaire une heure tous les 15 jours, un horaire spécifique, assuré majoritairement par les professeurs d'histoire et géographie mais pas uniquement. Les associations militantes jusqu'ici tenues à distance du havre scolaire seront sollicitées et pénétreront le monde protégé des mineurs. La ministre de l'Education prend prétexte des attentats islamistes de janvier par des djihadistes français, pour la mise en oeuvre  de l'EMC le plus rapidement possible.

Pour "engager le dialogue avec les parents", ces derniers vont être "incités à signer la charte de la laïcité". C'est une première théorique si des mesures contraignantes ne sont pas prises pour inciter les familles à ne pas transgresser les règles du vivre ensemble. Cet acte tend à "repérer s'il y a difficulté". Dans ce cas, le personnel enseignant pourra dénoncer son non-respect en signalant les transgressions aux "référents laïcité" présents dans chaque académie, a déclaré, lors d'un déplacement à Dijon lundi, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, consciente pourtant des obstacles à franchir (classe, chef d'établissement et échelon académique), des délais qu'accumule l'institution lourdement hiérarchisée et de la faible capacité de réaction du système.
"Notre faiblesse de ces dernières années a été de chercher à imposer (la laïcité) plutôt que de l'expliquer", a admis la ministre, qui se rend mardi, avec le président François Hollande, à l'école de Pouilly-sur-Serre (Aisne), un village d'un demi-millier d'habitants, qui fut donné par Clovis à Saint Rémi, l'un des patrons catholiques.

Sans oublier...

L'exécutif est frappé d'autisme chronique : ni l'Élysée ni le ministère ne répond aux doléances des professeurs sur l'enseignement du latin.

Les établissements français accueillent pour cette rentrée plus d'élèves que l'année précédente


2,2 millions de lycéens, soit 40.000 de plus, et 6,8 millions d'écoliers (+27.300). Seul le collège voit ses effectifs reculer, d'environ 27.000, à 3,3 millions. 
Les parents d'élèves ont de bonnes raisons de craindre des effectifs trop importants dans certaines classes évidemment, au lycée notamment
comme l'a rappelé la semaine dernière la PEEP, une des fédérations des parents d'élèves.
A Saint-Denis, en banlieue parisienne défavorisée gérée de longues années par Claude Bartolone, un groupe formé d'un parent, d'un élu communiste de la mairie  et d'un enseignant de la FCPE devait être présent le premier jour d'école devant les 35 groupes scolaires de la ville pour s'assurer que l'Éducation nationale a remédié aux carences constatées lors de la rentrée précédente (20 classes sans enseignants et 74 contractuels sans formation pour cette seule ville).

En matière de rythmes scolaires, la situation s'est apaisée dans nombre de villes -à Marseille, l'une des moins convaincues, la mairie assure que "tout est prêt". Mais 18% des communes n'ont toujours pas signé de projet éducatif territorial (PEDT), condition sine qua non pour avoir droit aux fonds de l'Etat pour financer les activités périscolaires, a indiqué lundi la ministre.

La véritable épreuve du feu a lieu mardi pour les 855.000 professeurs qui ont effectué leur pré-rentrée dès le mois d'août, lundi.

Un site militant publie une série de recommandations à destination des moins expérimentés que les écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) ont agréés à défaut de les mettre en situation de réussite: "Présentez-vous (je vous conseille de dire que vous êtes professeurs et non professeurs-stagiaires)", "vérifiez que la classe est occupée de façon équilibrée et interdisez que les premiers rangs soient vides"... 

A Montauban (Tarn-et-Garonne), la préfecture a annoncé le report de la rentrée, pour permettre aux services techniques de vérifier l'état des écoles de cette ville de quelque 100.000 habitants, après les violents orages de la nuit. "Les collèges et lycées seront ouverts sur décision du chef d'établissement en fonction de l'état des bâtiments", précisent les autorités.

Menace de grève de l'éducation nationale et des fonctionnaires

le 8 octobre 2015
Mobilisation et perturbations en vue dans toute la France.

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