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vendredi 18 septembre 2015

Réforme des programmes: "toux sa pour sa" ? :-(

La ministre a convoqué la presse pour annoncer ce qu'elle avait déjà publié...

Najat Vallaud-Belkacem a confirmé qu'il y aurait une dictée quotidienne à l'école primaire dès la rentrée 2016

La ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a présenté les axes majeurs de la transformation - revue et corrigée - des programmes scolaires du CP jusqu'à la 3e pour la rentrée 2016. Elle a apporté quelques modifications à la première mouture de son programme pour la "refondation de l'école." La grosse surprise de la révision progressiste annoncée est un soudain retour aux vieilles recettes de l'enseignement, un virage dont on ne soupçonnait pas Najat Vallaud-Belkacem capable. Mais le monde des enseignants et des intellectuels lui a tordu la main pour lui imposer moins d'idéologie et plus de réalisme. Un retour aux dictées, aux exercices de lecture et de calcul mental est en effet rendu obligatoire et quotidien. Plus moyen de clamer que l'orthographe est la science des imbéciles... La gauche plus conservatrice que la droite, c'est la victoire des anciens contre les modernes. 

La maîtrise de la langue française est passée au coeur du dispositif.
"J'ai ainsi souhaité qu'à l'école élémentaire, en plus des dix heures hebdomadaires de français, dix autres heures lui soient consacrées, réparties dans les autres matières", a-t-elle raconté dans une tribune au Monde. Et là, Najat Vallaud-Belkacem est en pleine fuite en avantelle fait de la surenchère pour créer l'illusion qu'elle maîtrise la situation. En fait, elle se moque simplement du monde, puisque de tous temps, avant elle et après, aussi longtemps que l'enseignement sera donné en français, les enseignants ont dû constater que la langue utilisée est suffisamment correcte pour que les messages passent et soient compréhensibles de tous. Si la durée de la semaine scolaire des élèves est toujours bien fixée à vingt-quatre heures, les dix heures réparties, ajoutées aux dix de français, laisseront quatre heures au sabir et aux insultes écrites et orales.

Après tous ses prédécesseurs, la ministre souhaite, elle aussi, remédier aux lacunes et aux difficultés que présentent parfois les élèves en arrivant au collège. L'objectif est clair: un élève de 5e doit être en mesure de rédiger un "texte correct" de 500 à 1.000 signes -soit l'équivalent de 3,5 tweets au minimum par semaine- ,  puis de 2.000 à 3.000 signes (ou 22 tweets) un fois arrivé en 3e. "Les élèves ne sortiront pas de l'école sans maîtriser la langue française", prophétise Najat Vallaud-Belkacem.
"Cela permettra de garantir que les apprentissages des élèves sont solides et, pour bien maîtriser, ça passe par de l'entraînement quotidien", a commenté la ministre de l'Education nationale, ce vendredi matin sur Europe 1.

Le CSP a rendu publics les nouveaux programmes de cycles, mais
pas encore le programme de l'enseignement de complément dont il a reçu saisine tardivement. Quelques journaux évoquent la place qu'y tiennent les langues anciennes.
Davantage de place pour les langues anciennes et les EPILa colère qu’avait suscité la rumeur de suppression de l’apprentissage du grec et du latin n’est plus qu’histoire ancienne. Le CSP assure que les nouveaux programmes accordent « une place significative au travail sur les langues anciennes dans le programme de Français du cycle 4 ». 
Enfin, les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI), emblématiques de la réforme du collège, gardent une large place dans les nouveaux programmes scolaires. Il s'agit de travaux interdisciplinaires en petits groupes à partir de la 5e. Selon le CSP, « les différentes expériences faites dans le cadre des EPI enrichissent le parcours d'éducation artistique et culturelle des élèves ».
La réforme n'innove en rien

Le calcul mental et la lecture à voix haute seront également quotidiens. 
La ministre ne fait rien d'autre que de réactiver le décret du 11 juillet 2006, relatif au "socle commun de connaissances et de compétences", qui -depuis plus de dix ans- fait de l’enseignement des mathématiques un enseignement fondamental associé à la culture scientifique et technologique. Le texte précisait: "La maîtrise des principaux éléments de mathématiques s’acquiert et s’exerce essentiellement par la résolution de problèmes, notamment à partir de situations proches de la réalité". La réforme des programmes par Najat Vallaud-Belkacem n'apporte rien. La lecture à voix haute sera une humiliation pour les enfants bègues: Bayrou ne s'en est jamais remis ! 

Mieux répartir les enseignements en primaire
La ministre certifie que les programmes seront aussi plus cohérents depuis qu'elle a revu la répartition des enseignements en primaire. Pour le détail et avec la volonté de redresser sa réputation d'autiste, elle cite par exemple l'apprentissage de la division, qui est aujourd'hui abordé dans les enseignements de mathématiques de CE2, mais qui, à la demande des enseignants qui ont fait part des difficultés de leurs élèves, sera désormais repoussé et inscrit au programme du CM1.

Parmi les reculades de la ministre, citons aussi l'enseignement de l'histoire, notamment. Jugé "culpabilisant" et sans chronologie, il avait dressé l'ensemble des acteurs de la culture contre lui et la ministre sacrilège. La discipline ne comportera donc plus les enseignements facultatifs qui avaient concentré la colère du corps enseignant lorsqu'une distinction entre période d'histoire "obligatoires et facultatives" avaient été évoquée. Najat Vallaud-Belkacem s'est voulu rassurante: "Tout est obligatoire maintenant."
Le CSP a corrigé sa copie sur l'Histoire histoire Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a modifié les programmes d'histoire qui avaient été au coeur de la polémique au printemps dernier. Désormais, il n'y aura plus que des thèmes obligatoires, et non plus des périodes "facultatives" laissées à l'arbitraire des enseignants. L'enseignement de la période des Lumières est ainsi gravé dans le marbre du programme de 4e. La Première guerre mondiale sera étudiée en 3e et non en fin de 4e, comme l'avait précédemment proposé le CSP. Enfin, le judaïsme et la naissance du christianisme seront étudiés en 6e quand la naissance et l'expansion de l'islam seront abordées en 5e.
Mortifié depuis qu'il a été lâché par la ministre et d'avoir dû relire sa copie, le président du Conseil supérieur des programmes (CSP), Michel Lussault,  avait grincé des dents, prévoyant il y a quelques jours que les nouveaux programmes ne feraient  encore pas l'unanimité. 

"Ce qui est nouveau, c'est que pour la première fois, les programmes de la scolarité obligatoire, du CP à la 3e, ont été pensés ensemble, et ça n'était jamais arrivé", s'est félicitée Najat Vallaud-Belkacem, sans tenir compte du résultat.

On ne touche plus non plus à la notation de 0 à 20 

"Il n'a jamais été question de revoir la notation telle qu'elle existe aujourd'hui",
a affirmé la ministre de l'Education, contredisant une information annoncée par Europe 1 jeudi 17 septembre. Najat Vallaud-Belkacem a précisé que seul un moyen d'évaluer "le socle commun de compétences, de connaissances et de culture" à la fin  de leur scolarité est aujourd'hui à l'étude. Selon Le Figaro, il s'agirait bien pourtant d'un système de notation allant de 1 à 5 pour évaluer le niveau des élèves de 15 ans.

Dans une tribune  datée de samedi 12 et publiée par Le Monde -journal officieux de l'exécutif socialiste- ,  le gouvernement se glorifie de son travail pour l'école. "Non, garantit la petite ministre, en dépit des caricatures et des outrances polémiques, l’avenir de notre école n’est ni le déclin ni la médiocrité promise par ceux-là mêmes qui, pendant dix années, l’ont condamnée à l’abandon, aux baisses de résultat, au nivellement par le bas de notre jeunesse". La polémiste marquée au fer rouge a fait la découverte de nombreuses recherches qui "démontrent l'impact des exercices fréquents pour fixer les fondamentaux, qui consolident les savoirs les plus simples avant de développer les plus complexes". La pédagogue en herbe parle d'or !
Cette mesure a d'ailleurs été saluée avec ironie ce vendredi matin par François Fillon sur RTL. "La sagesse revient au ministère de l'Education nationale", a raillé l'ancien Premier ministre en jugeant qu'il n'était "pas inutile, quand on regarde l'orthographe de nos concitoyens". 
La députée les Républicains des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer s'est elle aussi  esclaffée sur twitter, constatant que cela se fait déjà.

Les professeurs ont réagi mais visiblement "sans grand enthousiasme", selon une certaine presse !
A la veille de la présentation du nouveau texte de réforme, les enseignants indignés étaient en grève jeudi. Le ministère annonce 16 % de grévistes et les syndicats deux fois plus:  
un  professeur sur trois a protesté contre la réforme Vallaud-Belkacem du collège, lors d'une journée test pour la mobilisation des opposants qui réclamaient au gouvernement de revoir sa copie. Le SNES, syndicat  de gauche extrême, dans le secondaire et fer de lance des contestataires, revendiquait à la mi-journée  37 % d'enseignants dans la rue.



L'écrivain Serge Joncour, lui, a réagi avec bonne humeur,  truffant à dessein sa réaction de fautes d'orthographes.  NVB n'est pas aidée...

jeudi 17 septembre 2015

Programmes scolaires: la ministre a dû "tout corriger de fond en comble"...

"De la dictée tous les jours": c'est tout ce que Libération a retenu ?

Revus et corrigés, les nouveaux programmes scolaires ont échappé au sort de Palmyre

Sous l'avalanche de critiques au printemps, la ministre Vallaud-Belkacem a bien dû remballer ses armes de destruction massive. Mais les nouveaux programmes ne seront dévoilés que ce vendredi midi et il reste donc à confirmer que le pire a bien été évité. En attendant, Libération titre en forme de représailles à la contestation: "Programmes scolaires : de la dictée tous les jours" !

Arbre qui cache la forêt, le retour de la dictée quotidienne est annoncé
Il a changé sa photo de profil sur Twitter : "Keep calm & pretend its on the lesson plan" ("Restons calmes et faisons comme si tout se passait comme prévu"). Posté le 7 septembre, ce message d’explication peut déjà en surprendre plus d'un qui croit que la langue française est encore la langue nationale: "Je change ma bannière, car je sens que je vais encore me faire agonir de sottises, donc je me prépare à rester zen," commente amèrement Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes (CSP), qui ne s'est toujours pas engagé dans sa propre autocritique, puisque les sottises restent celles des autres, tous les autres. Comme pour s'en débarrasser, il va remettre officiellement  à la ministre de l’Education sa copie sur les nouveaux programmes scolaires, du CP à la troisième.

Impudent Lussault, en photo 
comme au naturel
Au printemps, la première mouture avait fait hurler tout ce que l'hexagone compte d'intellectuels et d’historiens, avec des arguments que Michel Lussault jugea -parfois-infondés (Libération du 18 mai). Prenant le devant de la scène, il confiait à l’époque avoir "le sentiment d’avoir été un lapin le jour de l’ouverture de la chasse" (lire son portrait dans Libé). Plus sûrement, ce sont les programmes qui allaient passer à la casserole.

Corrigés de fond en comble ? Il faut voir...

Depuis, les enseignants ont été finalement invités à donner leur avis, la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, s’est résignée à demander que des corrections et précisions soient apportées. Le CSP a revisité son projet, mais les inquiétudes persistent: changement de façade ou réelles transformations ? Les nouveaux programmes ne seront mis en ligne que ce vendredi sur les coups de midi, mais jeudi matin, Michel Lussault s’exprimait sur Europe 1, pour tâter le pouls du patient : "Nous avons corrigé [le texte] de fond en comble, pas simplement une petite couche de peinture, mais nous avons reconstruit l’édifice à partir des critiques du mois de mai."

En histoire – c’est sur cette discipline que s’étaient concentrées les critiques –, la distinction entre les termes facultatifs et obligatoires a été supprimée, la chronologie a "été très clairement réaffirmée", "les ambiguïtés d’écriture levées". Et de manière générale, les formules jargonneuses remisées.

En langue française, la nouvelle mouture devrait également tenir compte des remarques formulées par les enseignants, qui, notamment en primaire, ont insisté sur la nécessité de mettre le paquet sur l’apprentissage du langage

La ministre a également demandé au CSP de définir le contenu de l’enseignement 'de complément' des langues anciennes (latin/grec), pour rassurer les vigilants qui s’inquiétaient de leur disparition au détour de la réforme du collège.

Cette version des programmes n’est pas encore définitive
Elle doit être validée par la ministre (!), puis soumise au vote du Conseil supérieur de l’éducation. Pour une application dans les écoles et collèges à la rentrée 2016.

Dans une tribune publiée ce vendredi matin sur le site du Monde, journal officieux du PS, Najat Vallaud-Belkacem préconise une dictée quotidienne en primaire et annonce notamment un renforcement de "l’enseignement laïc du fait religieux" au collège dans les programmes d'histoire. L'article de Libération avait gardé l'essentiel pour la fin...

mardi 1 septembre 2015

Ce que nous réserve cette rentrée scolaire 2015

C'est la rentrée scolaire pour 12 millions d'enfants

Après les professeurs, 
c'est aux 'apprenants' de reprendre le chemin de l'école mardi: plus de 12 millions d'enfants, le cartable au dos, de collégiens, sac à dos en bandoulière ou de lycéennes, 'baise-en-ville' au poignet, retrouvent camarades de classe, tableaux noirs électroniques et enseignants  animateurs de temps scolaire.

La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a voulu marquer cette rentrée de son empreinte populiste véhiculée par la sémantique gouvernementale, dupliquée par les media: la maternelle, spécificité française, est définie comme "une école bienveillante"Quant aux autres niveaux...
Le ton est donné, à défaut de concret. Quelques nouveautés seulement, mais pas de révolution: la ministre doit encore imposer sa réforme des rythmes scolaires qui peine en effet à se mettre en oeuvre, faute d'écoute des collectivités locales et donc d'évaluation de sa faisabilité. 
Toutes les communes ne disposent des moyens financiers de son application, puisque les élèves élèves du primaire sont remis aux mains de l'institution scolaire soit le mercredi matin, soit le samedi matin. Pour les mairies, le coût à supporter n'est pas le même quand les 24 heures hebdomadaires d'apprentissage sont étalées sur 4,5 jours, soit 9 demi-journées, au lieu d'être regroupés sur une semaine de quatre jours, comme c'était le cas depuis 2008. Les éléments de langage ministériels véhiculés par la presse assurent que la journée de classe est allégée mais, de 144, le nombre de jours d'école passe à 180 par an... Sur le terrain, la chronobiologiste Claire Leconte observe  que la réforme "rigidifie les temps scolaires" et crée un découpage strict qui "n'existait plus depuis Jules Ferry". Elle dénonce le fait que le matin, les cours ne doivent pas durer plus de trois heures et demie, sauf dérogation. "Or, c'est justement dans la première partie de la journée que les élèves mémorisent le mieux", regrette-t-elle dans Le Monde.Avec de faibles budgets, les communes - rurales notamment- s'inquiètent surtout du coût de la réforme. En dehors des aides insuffisantes de l'Etat (part forfaitaire de 50 € par élève et le cas échéant la majoration forfaitaire de 40 € par élève pour les communes éligibles à la dotation de solidarité rurale "cible") et, éventuellement, de la Caisse d'allocations familiales (CAF), elles doivent financer les nouvelles activités et les salaires des animateurs. Elles doivent veiller à éviter la rupture d'égalité républicaine entre villes riches et pauvres dont la réforme est porteuse. L'organisation est aussi pointée du doigt. Les communes rurales mettent en avant les difficultés liées au ramassage scolaire, par exemple. Ils dénoncent aussi des tensions dans le partage des locaux entre enseignants non formés et animateurs inadaptés.
Enseignants, professionnels de la médecine scolaire et parents pointent fatigue des enfants et "confusion" entre temps scolaire et périscolaire. Les premiers dénoncent aussi un bouleversement de l'organisation de leur temps de travail, les seconds de l'organisation de leur vie personnelle. Des changements difficiles à appréhender, et dont l'utilité reste floue, selon eux.
Seuls les plus petits ont droit à de nouveaux programmes, axés sur le vocabulaire, le jeu et la socialisation.  

Dans le secondaire, arrivent les nouveaux programmes d'enseignement moral et civique (EMC)

Du CP à la terminale, ils doivent être plus combatifs que l'éducation civique et formater les esprits par le biais de débats encadrés et la transmission d'argumentaires officiels, inspirés de la "pensée unique".

Les élèves de l'école élémentaire subiront une heure par semaine et ceux du secondaire une heure tous les 15 jours, un horaire spécifique, assuré majoritairement par les professeurs d'histoire et géographie mais pas uniquement. Les associations militantes jusqu'ici tenues à distance du havre scolaire seront sollicitées et pénétreront le monde protégé des mineurs. La ministre de l'Education prend prétexte des attentats islamistes de janvier par des djihadistes français, pour la mise en oeuvre  de l'EMC le plus rapidement possible.

Pour "engager le dialogue avec les parents", ces derniers vont être "incités à signer la charte de la laïcité". C'est une première théorique si des mesures contraignantes ne sont pas prises pour inciter les familles à ne pas transgresser les règles du vivre ensemble. Cet acte tend à "repérer s'il y a difficulté". Dans ce cas, le personnel enseignant pourra dénoncer son non-respect en signalant les transgressions aux "référents laïcité" présents dans chaque académie, a déclaré, lors d'un déplacement à Dijon lundi, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, consciente pourtant des obstacles à franchir (classe, chef d'établissement et échelon académique), des délais qu'accumule l'institution lourdement hiérarchisée et de la faible capacité de réaction du système.
"Notre faiblesse de ces dernières années a été de chercher à imposer (la laïcité) plutôt que de l'expliquer", a admis la ministre, qui se rend mardi, avec le président François Hollande, à l'école de Pouilly-sur-Serre (Aisne), un village d'un demi-millier d'habitants, qui fut donné par Clovis à Saint Rémi, l'un des patrons catholiques.

Sans oublier...

L'exécutif est frappé d'autisme chronique : ni l'Élysée ni le ministère ne répond aux doléances des professeurs sur l'enseignement du latin.

Les établissements français accueillent pour cette rentrée plus d'élèves que l'année précédente


2,2 millions de lycéens, soit 40.000 de plus, et 6,8 millions d'écoliers (+27.300). Seul le collège voit ses effectifs reculer, d'environ 27.000, à 3,3 millions. 
Les parents d'élèves ont de bonnes raisons de craindre des effectifs trop importants dans certaines classes évidemment, au lycée notamment
comme l'a rappelé la semaine dernière la PEEP, une des fédérations des parents d'élèves.
A Saint-Denis, en banlieue parisienne défavorisée gérée de longues années par Claude Bartolone, un groupe formé d'un parent, d'un élu communiste de la mairie  et d'un enseignant de la FCPE devait être présent le premier jour d'école devant les 35 groupes scolaires de la ville pour s'assurer que l'Éducation nationale a remédié aux carences constatées lors de la rentrée précédente (20 classes sans enseignants et 74 contractuels sans formation pour cette seule ville).

En matière de rythmes scolaires, la situation s'est apaisée dans nombre de villes -à Marseille, l'une des moins convaincues, la mairie assure que "tout est prêt". Mais 18% des communes n'ont toujours pas signé de projet éducatif territorial (PEDT), condition sine qua non pour avoir droit aux fonds de l'Etat pour financer les activités périscolaires, a indiqué lundi la ministre.

La véritable épreuve du feu a lieu mardi pour les 855.000 professeurs qui ont effectué leur pré-rentrée dès le mois d'août, lundi.

Un site militant publie une série de recommandations à destination des moins expérimentés que les écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) ont agréés à défaut de les mettre en situation de réussite: "Présentez-vous (je vous conseille de dire que vous êtes professeurs et non professeurs-stagiaires)", "vérifiez que la classe est occupée de façon équilibrée et interdisez que les premiers rangs soient vides"... 

A Montauban (Tarn-et-Garonne), la préfecture a annoncé le report de la rentrée, pour permettre aux services techniques de vérifier l'état des écoles de cette ville de quelque 100.000 habitants, après les violents orages de la nuit. "Les collèges et lycées seront ouverts sur décision du chef d'établissement en fonction de l'état des bâtiments", précisent les autorités.

Menace de grève de l'éducation nationale et des fonctionnaires

le 8 octobre 2015
Mobilisation et perturbations en vue dans toute la France.

lundi 11 mai 2015

Réforme du collège: Valls et Vallaud-Belkacem se bunkérisent contre le monde de l'éducation

Valls aux enseignants et chercheurs: 
"Tu vas voir ta gueule à la récré"

Valls joue au grand frère avec Najat Vallaud-Belkacem


Le premier ministre veut faire passer la réforme du collège en force
,
"Pourquoi tu fais la gueule:
qu'est-ce que j't'ai fait?"
alors que Najat Vallaud-Belkacem provoque les critiques du monde enseignant et des chercheurs. Manuel Valls, qui s'exprimait dimanche 10 mai à l'occasion de la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage, a défendu la réforme du collège défendu par sa ministre de l'Education nationale.


Il pose en clair le problème
"Il n'y a pas une histoire officielle; nous ne sommes pas tous descendants de Gaulois, mais nous sommes tous Français et c'est ça aussi l'histoire de la République. Et c'est ça aussi que nos jeunes doivent apprendre. Najat Vallaud-Belkacem y veille", a déclaré le Catalan naturalisé français.

La bi-nationale franco-marocaine a-t-elle la confiance du peuple?

"Elle a la confiance du président de la République, elle a ma confiance, elle a autour d'elle tout le gouvernement rassemblé, parce que plus que jamais, la réforme de l'école, qui produit aujourd'hui trop d'inégalités, est un élément indispensable du réveil de la conscience nationale", a-t-il ajouté.

Malgré la lettre de Bruno Le Maire et 159 parlementaires de droite et du centre qui demandent au président le retrait de la réforme du collège, François Hollande a répliqué à leur mise en garde contre le "naufrage pour notre Nation" en raillant "le concert des immobiles", sans . Les signataires dénoncent en effet "une majorité de gauche qui propose de couper la langue française de ses racines en réduisant l'enseignement du latin à de simples notions de civilisation". "Avec cette réforme, votre majorité abandonne l'excellence républicaine et choisit le nivellement par le bas", déplorent les signataires, parmi lesquels figurent, outre Bruno Le Maire, plusieurs parlementaires importants de la droite et du centre: Hervé Morin, Patrick Balkany, Bernard Debré, Isabelle Le Callennec, Marc Le Fur, Eric Woerth ou François Sauvadet.

"Il faut que cette réforme soit reprise, retirée et rebâtie,"
 a déclaré François Bayrou, président du MoDem. Au Sénat, Catherine Morin-Desailly sur la même ligne dénonce "la suppression de dispositifs qui marchent par égalitarisme" et ce "en dépit du bon sens".

La gauche dénonce pareillement ce projet de déculturation
L’appel de l’intersyndicale FSU-FO-CGT-SUD-SNALC à la grève le 19 mai prochain est soutenu par le Parti de Gauche qui réaffirme son opposition à la réforme du collège qu'accepte le PS seul. Pourtant, au moment où l’on atteint les 3 ans de François Hollande à l’Elysée,  seuls 3.856 postes de titulaires ont été créés bien loin donc des 60.000 promis.
"Ce n’est pas en décapitant le meilleur, les filières d’excellence, que l’on peut construire une école de l’égalité et de la démocratie," a déclaré Jack Lang, lui-même à l’initiative de la création des classes européennes, lorsqu’il était ministre de l’Education.

NVB fait mine de calmer le jeu

Avant que le pétainiste d'Emmanuel Todd ne fasse une nouvelle crise d'autorité, Najat Vallaud-Belkacem avait assuré avoir "entendu les inquiétudes" qui planent sur l'enseignement de l'allemand en raison de la réforme des collèges et va charger un délégué ministériel de veiller à la "promotion" de cette langue. De très nombreuses voix se sont élevées en Allemagne comme en France pour s'alarmer des conséquences de la réforme des collèges sur l'enseignement de l'allemand avec, en particulier, la suppression des sections européennes et des classes bilangues.

L'enseignement du latin et du grec est également sapé par la réforme
La stratégie visant à éradiquer le grec et le latin de l’école publique entre désormais dans sa phase terminale, avec la suppression programmée du CAPES de lettres classiques, principal concours pourvoyeur des professeurs de langues anciennes dans les collèges et lycées de France. Plus de professeurs, plus d'enseignement, car les petits immigrés ne sont pas jugés capables d'en profiter…  Il y aura dès le mois de novembre un Capes de lettres  flambant neuf n'aura plus de classique que le nom, sans latin, ni grec… Les nouveaux arrivants nous valent ainsi la suppression de l'accès à la culture classique. 

S'agissant de la réforme des programmes d'histoire
,
l'autre point d'achoppement ne semble concerner que l'opposition, à en croire une certaine presse, mais les historiens qui sont vent debout contre le projet du collège non plus pour tous, mais pour la diversité, sont aussi bien de gauche. 

L'exécutif nous prend pour des billes quand François Hollande dit être "très attentif" et que la ministre se veut également rassurante. Elle compte ainsi réunir "prochainement" -c'est-à-dire sans date, alors que le vote du parlement est annoncé pour le mai- "des historiens de renom comme Pierre Nora, Jean-Pierre Azéma et bien d’autres," choisis pour leur souplesse, en sorte que "le travail en cours bénéficie de leur regard et de leur expertise". 
"L’enseignement de l’histoire doit bien être un récit qui raconte notre appartenance à la communauté nationale, pas seulement une succession de dates. Mais il faut veiller à ne pas instrumentaliser ce récit", admet-elle finalement. L'Histoire avec un grand H, c'est fini: elle pourra être revisitée un conte pour enfant, dans le meilleur des cas, en propagande idéologique, dans l'hypothèse la plus sombre, mais vraisemblable.

Le pouvoir socialiste développe l'idéologie marxiste  en France 

Françoise Cartron, vice-présidente PS du Sénat et ex-directrice d'école maternelle Rue de... l'Espéranto à Lormont (PS depuis 55 ans, possède une pagode bouddhiste et un collège avec SEGPA pour élèves en difficultés), Gironde, est catégorique: "pour encourager l’excellence, il n’y a pas besoin de filières d’excellence", "elle doit se pratiquer dans toutes les classes". "Je suis contre la vision selon laquelle il faudrait mettre les excellents élèves entre eux, et les mauvais entre eux". Ce qu’il faut, ce sont "des classes hétérogènes où l’excellence est prônée pour les meilleurs et stimulante pour les autres", insiste la sénatrice socialiste. Or, cette pédagogue retraitée qui n'a que des certitudes a fait carrière en ZUP et tient à sauvegarder son mandat électif en maintenant son électorat dans son jus. Car son expérience professionnelle lui interdit objectivement de nier que le plus grand nombre impose sa domination à la minorité et que s'il est majoritairement en difficulté, le nivellement par le bas s'impose à tous et pénalise les plus aptes. "Cette réforme s’appuie sur l’exigence de mixité sociale et la nécessité de donner à tous les élèves les moyens d’apprendre", confirme-t-elle, dans un splendide amalgame idéologique sans fondement. La partisane a ainsi le sentiment qu'elle "va donner plus de possibilités à tous les enfants"...

"
S’il soulève tant de remous, c’est que le projet de loi s’attaque "à des privilèges, à des offres qui étaient jusque là réservées à une minorité de collégiens," maintient Najat Vallaud-Belkacem, déterminée à faire aboutir sa réforme porteuse de l'esprit de la "lutte des classes".

dimanche 10 mai 2015

Réforme du collège: les"pseudo-intellectuels qui relayent des contre-vérités" auront affaire à Vallaud-Belkacem

NVB prend ses détracteurs de très haut

Najat-Vallaud Belkacem sait mieux que les meilleurs

La ministre de l'Education s'adresse aux... inquiets ! Ce dimanche 10 mai, elle se veut rassurante en leur disant avoir finalement "entendu les inquiétudes" que fait planer sa réforme du collège

Tout reste à faire pour bientôt. "Parce que j’ai entendu les inquiétudes, je fixerai des objectifs très ambitieux aux recteurs", affirme Najat Vallaud-Belkacem au Journal du dimanche. Ainsi décrète-t-elle que -dès 2016- le nombre d'élèves apprenant l'allemand devra passer de 178.000 à 200.000 en primaire et de 487.000  à 515.000 au collège, précise-t-elle, au millier près, reprenant les chiffres déjà lancés jeudi par François Hollande.
De très nombreuses voix se sont élevées en Allemagne comme en France pour s'alarmer des conséquences de la réforme des collèges sur l'enseignement de l'allemand avec, en particulier, la suppression des sections européennes et des classes bilangues.
Mais NVB fait du quantitatif au détriment du qualitatif
La réforme du collège doit permettre notamment de débuter l'apprentissage d'une deuxième langue en 5e, un an plus tôt qu'auparavant, alors que les entrants au collège ne maîtrisent pas le français en 6e, on le sait. Et ce que ne précise pas la presse -qu'elle soit incompétente, à la botte ou les deux- c'est que les horaires seront réduits en compensation: la logique comptable reprend ses droits.
"En d'autres termes, nous élargissons la logique des classes bilangues à plus d’élèves", si toutefois les parents sont séduits par cette machine arrière: avant même que l'immigration massive augmente les difficultés des enseignants, l'apprentissage de l'allemand avait en effet été jugé difficile en première langue dès la 6e et repoussé en 4e, une fois venues la maîtrise du français et la maturité intellectuelle. La ministre assure pourtant que "nous améliorons l’apprentissage de la deuxième langue vivante pour tous," indépendamment de la surcharge imposée aux étrangers, clandestins ou non, qui s'imposent un effort particulier en langue française. Et de commenter: "C’est une réelle avancée". 

Najat Vallaud-Belkacem est dans l'apparence plutôt que dans l'efficacité
Elle maintient ainsi "qu'il y aura plus d'élèves qui apprendront le latin" avec cette réforme. Pour l'heure, celle-ci essuie pourtant de virulentes critiques de spécialistes. L'enseignement du latin, actuellement débuté en 4e et généralement abandonné en fin de 2e, n'assure qu'un vernis de connaissances, car il est à peine plus qu'un prétexte à un regroupement dans des classes, non pas élitistes, mais de protection contre les trublions.

La contestation est d'ailleurs venue de la gauche
Plusieurs voix très écoutées au PS ont émis des réserves. Outre Julien Dray, proche de François Hollande, qui a appelé mercredi à "reprendre la réforme", l'ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d'allemand, s'était aussi placé au rang des "inquiets" de la disparition des classes bilangues.


Vallaud-Belkacem va devoir aussi apaiser les historiens

Car la colère gronde aussi chez les syndicats d'enseignants, qui appellent à la grève le 19 mai. La manipulation des programmes d'histoire a également échauffé les esprits. Il est prévu de diviser l'enseignement en sous-thèmes, certains obligatoires, d'autres facultatifs, ce qui fait craindre à certains que des périodes soient occultées, notamment par les adhérents de la FSU, syndicat dominant, mais aussi bien par ceux de SUD-éducation, voire d'UNSA-éducation, au profit d'autres sur l'esclavagisme, le colonialisme ou l'islam.

Et de nombreux intellectuels ont fait entendre leur voix. Le philosophe Michel Onfray, l'essayiste Régis Debray (castriste), le journaliste Jacques Julliard (L'Obs)… Tous, avec l'opposition, ont fustigé à la fois la réforme du collège, mais aussi celle des programmes, qui fait débat sur la liberté de choix des thèmes abordés en histoire, bien que François Hollande dise être "très attentif".

Décidée à tenir son rang, la ministre dans la tourmente affirme son autorité. "J’ai aussi décidé de nommer un délégué ministériel à la promotion de l’allemand qui sera chargé d’y veiller", ajoute la ministre sans plus de précision. et, à défaut d'avoir déjà décidé, elle annonce par voie de presse qu'elle va charger un délégué ministériel de veiller à la "promotion" de cette langue.

Elle compte ainsi réunir "prochainement" "des historiens de renom comme 
Pierre Nora (membre de l'Académie française, connu pour ses travaux sur le 'sentiment national' et sa composante mémorielle, et qui signa en 2008 l'Appel de Blois 'Liberté pour l'Histoire', engageant les historiens à lutter contre une moralisation rétrospective de l'histoire et une censure intellectuelle), Jean-Pierre Azéma (spécialiste de l'histoire du Régime de Vichy et de la Résistance, professeur honoraire à l'IEP de Paris, qui a signé en 2007 l'"appel des intellectuels" en faveur de la candidate PS, Ségolène Royal) et bien d’autres, pour que le travail [commencé sans eux] bénéficie de leur regard et de leur expertise". "L’enseignement de l’histoire doit bien être un récit qui raconte notre appartenance à la communauté nationale, pas seulement une succession de dates. Mais il faut veiller à ne pas instrumentaliser ce récit", concède-t-elle.

La méthode NVB: agresser en se disant rassurante

"Cette réforme du collège doit s’appliquer à la rentrée 2016", "malgré les critiques et la polémique qui enflent, alors Najat Vallaud-Belkacem promet qu'elle "continuer(a) [sic] d’écouter, de rassurer, d’expliquer. 

Elle s'en prend pourtant aux "pseudo-intellectuels qui relayent des contre-vérités", avec une légèreté ahurissante, cautionnant de leur statut d'intellectuels des mensonges éhontés qui brouillent la compréhension".
"Quand Pascal Bruckner explique, par exemple, dans une interview, qu'on va supprimer le latin, le grec et l'allemand pour les remplacer par des cours d'improvisation, comment ne pas tomber de sa chaise?", caricature-t-elle. Elle accuse aussi la droite de vouloir "réduire de 300.000 le nombre d'enseignants dans ce pays".

Le premier parti de France n'est pas non plus convaincu et voit un "nivellement par le bas". 
En qualité de secrétaire d'État bilangue lui-même aux Affaires européennes, à la différence de Jean-Philippe Harlem Désir, le député UMP de l'Eure, Bruno Le Maire, est l'un des opposants les plus éclairés.
Pour l'ancien ministre, "cette réforme est un long processus de déculturation de l'Education nationale et de nos enfants, un renoncement aux savoirs fondamentaux et aux exigences". Invitée d'Europe 1 le 11 mars dernier, la ministre avait fait le constat que "les élèves s'ennuient" et proposait des "enseignements pratiques interdisciplinaires" pour y remédier. Une erreur de stratégie, pour Bruno Le Maire : "Les enfants s'ennuient, on va les divertir. Eh bien, désolé, le collège et l'école ne sont pas là pour amuser et divertir les enfants", tonne-t-il sur Europe 1 également. Le député insiste pour que l'Education nationale soit "là pour les préparer à entrer dans la société et la vie professionnelle le mieux armé possible. Cette réforme ne va pas dans ce sens".

jeudi 7 mai 2015

Réforme du collège: Najat Vallaud-Belkacem s'aliène les spécialistes de l'Education

Le silence complice des élus PS face à la casse de l'Education nationale met la majorité en péril

L'UMP lance la bataille du collège


La langue des colons est-elle
aussi menacée ?
Najat Vallaud-Belkacem fait l'unanimité contre elle, avec la perspective d'une défaite.  Sa réforme provoque une opposition feutrée sans précédent par l'envoi de courriers inhabituels au président de la République. 

Lundi, des intellectuels se sont joints aux professeurs de lettres, pour lui demander d'arrêter le massacre du latin et du grec programmé par le ministère de l'Éducation nationale. Trois jours plus tard, c'est une missive envoyée par Bruno Le Marie et 160 parlementaires de l'opposition républicaine qui lui demande de bloquer la réforme du collège, notamment pour ses coupes sombres sur certaines périodes historiques au profit d'autres, et contre ses menaces mortelles à court terme contre l'enseignement de l'allemand, langue de notre voisin européen qui ressent vivement cette agression contre l'amitié franco-allemande. La franco-marocaine envisage en effet les suppressions des classes bilangues et européennes. 

Ensuite, les responsables politiques de l'opposition s'emparent du dossier, puisque la concertation promise n'est pas au rendez-vous. A l'initiative de l'UMP Bruno Le Maire, bilangue franco-allemand, à la tête de parlementaires responsables, donne de la voix. 

Mais surtout, NVB provoque de vives réactions dans son propre camp
Jean-Marc Ayrault a protesté  contre le mauvais sort fait à l'allemand avec la suppression des classes bilangues. Dans une lettre à la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, il écrit: "Dans sa disposition visant à maintenir uniquement les classes bi-langues 6e assurant la continuité de l'apprentissage d'une langue vivante autre que l'anglais à l'école élémentaire (souvent bidon à base de psittacisme de mots et de phrases courtes), la réforme aura pour conséquence la disparition de nombreuses classes bi-langues où l'allemand était enseigné uniquement à partir de la 6e et non dès les classes de primaire", relève Jean-Marc Ayrault, lui-même ancien professeur d'allemand. Ces classes bi-langues "ont permis à l'allemand de rester la 3e langue vivante enseignée en France" et cet enseignement se situe "au coeur de la coopération franco-allemande", poursuit l'ancien Premier ministre, actuellement député socialiste de Loire-Atlantique. "De plus, la décision de permettre l'apprentissage de la seconde langue vivante dès la classe de 5e ne permettra pas de pallier à ce recul dans l'enseignement de la langue allemande, puisqu'il ne s'agira que d'étaler un même volume d'heure de cours sur trois années au lieu de deux", écrit encore l'ancien Premier ministre.

Julien Dray -qui déjà considère que la gauche "ne fait plus envie"!- souligne que la réforme portée par NVB "ne va pas dans le bon sens", qu'"il faut reprendre la réforme du collège. L'ancien député socialiste de l'Essonne affirme aussi que "le latin et le grec ne sont pas périmés."
"Je pense que l'enseignement chronologique de l'Histoire doit être maintenu", insiste-t-il. "Je pense aussi qu'il faut ouvrir l'enseignement à de nouvelles disciplines, notamment tout ce qui est l'éducation artistique ou sportive, car dans les quartiers (obsession de l'élu de l'Essonne) où il y a des difficultés (du fait de l'immigration), c'est un élément essentiel qui change le rapport à l'école", avance-t-il. "Je suis pour qu'on enseigne moins mais mieux", résume le conseiller régional d'Ile-de-France, soulignant que "la crise de la société, c'est la crise de l'école pour une part. Car quand une société n'est pas capable d'enseigner son histoire, ça veut dire qu'elle doute d'elle-même", conclut-il.

Et Ségolène Royal a exprimé des réserves sur un texte qui risque de provoquer un conflit politique. En 1997, Claude Allègre avait succédé à François Bayrou  avec Ségolène Royal pour ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire. En décembre 1998, la réforme des collèges qu'elle lança était favorable au maintien du "collège pour tous" et une articulation primaire-secondaire, à son rôle intégrateur avec un dépistage des difficultés des élèves en début de CM2, au principe de l'hétérogénéité des classes, mais avec renforcement des études dirigées en 6e et 5e et remise à niveau au moyen d'heures de soutien, et enfin au refus d'une orientation précoce, instaurant une "heure de vie de classe" par quinzaine. Sans parler d'une charte des droits et devoirs du collégien ! Mais son projet et la personnalité du ministre, qui voulait "dégraisser le mammouth", jetèrent les enseignants dans la rue en mars 2000, provoquant le rappel de Jack Lang pour succéder à l'incompatible tandem. 
Aujourd'hui, Royal demande à sa collègue du gouvernement de ne pas porter atteinte au "socle des connaissances", évoquant un risque de conflit politique. 




Valls et des proches de la ministre volent au secours de la réforme 

Des enseignants lancent une pétition pour défendre la réforme. Malgré l'opposition que soulève le projet de toutes parts, les textes réglementaires devraient être publiés fin mai... Concertation, consensus ? Des notions oubliées, car Hollande tient à apparaître ferme et inflexible jusqu'en 2017. Sous le feu des critiques, la ministre de l’Education ne lâche rien et défend sa réforme, casquette enfoncée sur les yeux jusqu'aux oreilles. "Elle tient dans la tempête, avec un discours net et précis, se réjouit un partisan anonyme de la réforme. Si on avait eu Vincent Peillon (l’ex-ministre de l’Education), le dossier aurait été bien plus polémique." Mais il s'est délité et a disparu de la circulation.

Najat Vallaud-Belkacem a reçu mardi le soutien explicite de Manuel Valls. A l’Assemblée, le Premier ministre a eu le sentiment que cette réforme "qui est celle dont la jeunesse de ce pays a besoin ". Des termes généraux et creux qui ne démontrent pas  précisément qu'il connaît le projet. Or, le diable est dans le détail. Il a vanté un projet qui mise sur "une refonte fondamentale de la pédagogie" et où "ni l’allemand ni le grec ne sont supprimés". Mais il n'offre aucune garantie et les godillots se contentent de ces propos creux.

La réforme est attaquée sur deux fronts. 
Celui de la pédagogie, des enseignements interdisciplinaires et de l’autonomie nouvelle des établissements d’abord, qui est la cible des syndicats contestataires. 
Celui des langues vivantes et anciennes ensuite, ce deuxième front ayant été ouvert par des philosophes, historiens ou autres personnalités que Najat Vallaud-Belkacem a humiliés la semaine dernière, les traitant de "pseudo-intellectuels", au motif qu'ils propageaient des "contre-vérités " sans avoir pris, selon elle, connaissance des contours précis de la réforme. L'ambassadrice d'Allemagne en a pris pour son grade...

VOIR et ENTENDRE la ministre bifide dans le déni, refaisant le coup des "contre-vérités" et du "mensonge absolu" des autres :


Il est aussi possible qu'elle soit victime des "contre-vérités" et du "mensonge absolu" de la FSU qui la manipule...

Le chef de l'État s'arc-boute

Hollande est monté au créneau, bien obligé. Hier mercredi, il a écarté toute idée de retrait et tenté de discréditer les contestataires, visant pourtant des penseurs renommés, des professeurs, et même l'ambassadrice d'Allemagne. Ils forment, un "concert des immobiles" et c'est Flanby qui le dit ! 

Mais que dire alors de la symphonie des idéologues qui, autour de la ministre, entonnent soudain la rhétorique des démagogues pour tromper la population en  assurant que tous les collégiens apprendront le latin et l'allemand demain, entre deux enseignements pratiques interdisciplinaires qui leur éviteront de trop s'ennuyer ? 


Enhardie, la ministre polémique à son tour

En bonne militante qu'elle n'a jamais cessé d'être, l'incompétente cherche à circonvenir ses détracteurs par la parole. La ministre de l'Education nationale est imprégnée de marxisme. Vallaud-Belkacem remet au goût du jour la bonne vieille "lutte des classes", opposant les chances de promotion sociale à l'élitisme bourgeois. C'est ainsi qu'elle distingue "élitisme républicain" et "élitisme dynastique" !

VOIR et ENTENDRE la récitation de la ministre idéologue:

Après de précédentes offensives idéologiques désastreuses (la théorie du genre et les ABCD de l'égalité entre garçons et filles ou la réforme des rythmes scolaires), le ministère de l'Education poursuit son travail de sape.

La réforme du collège pourrait devenir le futur grand projet mort-né du quinquennat de Hollande. D'abord, la fronde des experts éclaire maintenant l'opinion sur les intentions malignes, les failles et les dangers du texte : latin et grec enseignés au rabais (ce qui est déjà le cas puisqu'il n'est plus enseigné qu'à partir de la 4e et souvent abandonné en fin de 2e), programmes d'histoire à la carte, filières d'excellence supprimées, jargon pédagogiste à tous les étages... La co-gestion du ministère avec la FSU est renforcée par l'incompétence notoire et largement dénoncée de la ministre que l'inculte Hollande a prise personnellement sous son aile, pensant la protéger de ce qui lui reste d'"aura" !

Des enseignants viennent de lancer une pétition pour apporter leur soutien à la réforme. "Elle est très certainement perfectible mais elle est un premier pas vers un système plus équitable pour tous les élèves", assure le Collectif pour la réforme du collège. La toute nouvelle pétition a pour l’instant rassemblé 1.000 signatures. Dans un entretien avec les 'Cahiers pédagogiques', le sociologue François Dubet défend aussi un projet qui "limite la capacité de créer des classes de niveau et des filières subtiles" et invite les équipes éducatives "à se conduire comme des équipes ".
Le ministère de l’Education mobilise aussi les réseaux sociaux pour répliquer aux critiques, via des réponses courtes et ciblées appelées "désintox". Najat Vallaud-Belkacem assure qu’elle ne cédera "sûrement pas" à ses détracteurs.

La grève du 19 mai sera un test

Les opposants ne désarment pas non plus. La grève du 19 mai fera le point sur les forces en présence. D’autant que les arguments mis en avant dans le débat public ces derniers jours ne sont pas ceux des syndicats contestataires. Les critiques ont porté sur les langues et les programmes, alors que les syndicats hostiles à la réforme s’en prennent à l’autonomie des établissements et à la pluridisciplinarité. La réforme a évidemment été approuvée à la majorité absolue par le Conseil supérieur de l’éducation, répliquent ses défenseurs.

Le décret et l’arrêté de la réforme du collège devraient être publiés fin mai. L’essentiel se jouera dans la bonne volonté des enseignants, dans les collèges. Or, à en juger par la représentativité des dernières élections professionnelles, 80 % des enseignants soutiennent les syndicats hostiles à la réforme... "Le plus dur reste à venir", confie un haut responsable. 
Lien SNUipp-FSU: Pourquoi la réforme collège va creuser les inégalités et alourdir la charge de travail.

Dans les semaines qui viennent, comme par le passé, le pouvoir s'attachera à maquiller sa reculade.  Dans le meilleur des cas pour la ministre, son projet sera largement amendé, modifié, retravaillé, jusqu'à le rendre méconnaissable. Le plus possible, espérons-le, s'il reste cohérent !