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dimanche 27 octobre 2019

Belattar menace Blanquer : ça ne touche même pas l'une de Macron. Ni l'autre a fortiori...

Impunité pour les musulmans plus Français que les autres à qui  l'humour improbable autorise les menaces aux membres du  gouvernement   

Le directeur marketing de Nocibé, suspendu 

Résultat de recherche d'images pour "belattar Macron""Bon débarras pourriture d'islamiste", avait-il écrit à l'attention de Yassine Bellatar, en février dernier sur Twitter. Ces quelques mots bien sentis, adressés à l'humoriste et animateur radio Yassine Bellatar, ne lui envoyait pas dire le ressentiment qu'il suscite en France, pays d'accueil de sa famille.

Réagissant le 19 février à un message du chroniqueur islamiste indiquant qu'il quittait la chaîne LCI, ces quelques mots de rage étaient signés du directeur marketing de Nocibé, distributeur de parfums et de cosmétiques. Ils ont donc provoqué une menace de suspension par son patron Nocibé, le distributeur de parfums et cosmétiques, filiale du groupe allemand Douglas Holding et second distributeur de parfum derrière le Chinois Sephora. Mais ce directeur n'est pas humoriste et ne s'en est pas tenu là. 

"Sale putain d'islamiste de merde," a ajouté le commercial, peu soucieux du marché arabe. La marque a dû officiellement réagir sur le réseau social, annonçant finalement sa suspension en fin de journée du 28 février
Alors que la marque de parfums se  désolidarisait de ses propos, ce directeur marketing a présenté "ses excuses" par le biais de son avocat.

Macron n'est pas solidaire de ses ministres

Trouve-t-il 
plus tolérables les menaces physiques sur ses ministres ? 
Alain Bizeul a assorti son cri de soulagement d'un "Va te faire enculer sale putain d'islamiste de merde… Tu dois avoir l'habitude avec ta famille de dégénérés" (sic). Une seconde couche qui n'a pas les vertus d'un masque d'argile verte.
Régénérateurs pour le seul Bizeul, ces deux messages ont depuis été supprimés et le compte @ALAINBIZEUL, renommé @ALAIN_BESTOF, est depuis protégé (donc accessible uniquement aux abonnés). De nombreuses captures d'écran prises par des internautes conservent le souvenir de cette joute, mais PaSiDupes ne partage pas... D'autant moins que, entre les deux tweets, il faut le dire, le cadre de Nocibé, pour tout dire, s'est fait traiter de "s*ceur de b*tes de fachos"...  

Appel au boycottage de Nocibé.
Ce qui était jusque-là passé plutôt inaperçu a pris une toute autre ampleur le jeudi midi suivant, lorsque Nocibé a relancé le sujet, utilisant son compte Twitter officiel pour dire que "Alain Bizeul a pris des positions à titre privé sur Twitter". "Nous ne cautionnons aucunement ces propos en totale contradiction avec nos valeurs et ils n'engagent en rien Nocibé", a ajouté la marque. 

Via son avocat Me Sahand Saber,
Alain Bizeul a tenté d'appliquer une lotion apaisante le vendredi soir, avant de se coucher, expliquant que "ses tweets personnels visaient exclusivement l'idéologie islamiste radicale". 
Son  conseil renouvela l'opération, expliquant qu'"il se défend donc de tout propos raciste visant les musulmans, leur communauté et leur religion",  assurant qu'il ne s'adressait "en aucune façon aux citoyens de confession musulmane qu'il respecte sincèrement. Il regrette profondément que ses propos aient pu blesser et choquer, et présente toutes ses excuses."

Des soins insuffisants, vu l'état avancé d'irritation de l'épiderme sensible de Belattar. 
De nombreux internautes de la diversité, comme on en trouve davantage sur les réseaux sociaux qu'à l'embauche, à ce qu'il paraît, ne lâchèrent pas l'affaire. Ceux-là mêmes qui pourrissent au quotidien les dits-réseaux de grossièretés immondes et les internautes mal-pensants d'insultes grasses appelèrent au licenciement d'Alain Bizeul et au boycottage de Nocibé. Outre Yassine Belattar lui-même, c'est aussi le cas, entre autres, en meute, du militant associatif et élu Front de Gauche de Saint-Denis Madjid Messaoudene et de nombreux internautes. "Quand vous hésiterez entre Nocibé et Sephora, pensez-y", glisse l'un d'eux, captures d'écran des messages polémiques à l'appui.
Citoyen élu de la ville de Saint-Denis (9.3), Messaoudène n'hésite pas à chercher à nuire à une entreprise française:


Madjid Messaoudene
✔@MadjidFalastine

Le boycott de #Nocibe est d'utilité publique !

Encore une fois soutien à toi @BelattarYassine !
https://twitter.com/20Minutes/status/1101122562409619464 …
20 Minutes
✔@20Minutes


Appel au boycott de Nocibé après des insultes du directeur marketing https://www.20minutes.fr/societe/2462003-20190228-nocibe-appel-boycott-apres-propos-insultants-directeur-marketing-contre-yassine-belattar?utm_term=Autofeed&xtref=twitter.com&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1551363051 …

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15:24 - 28 févr. 2019


Les plus virulents sont-ils les plus vertueux?
Le comique eut un jour maille à partir avec une policière lorsqu'il courait faire allégeance à Macron aux Mureaux, la semaine précédente. La fonctionnaire ignorait-elle qu'elle avait affaire à un protégé de Macron ou respectait-elle simplement le boulot qui la fait vivre ? L'animateur a été interpellé vers 11 heures non loin de la médiathèque des Mureaux, où le président de la République était en déplacement avec la ministre de la Culture Françoise Nyssen, a indiqué le Parquet de Versailles, confirmant une information du magazine Le Point. Selon le Parquet, cette irrésistible personnalité de la scène - plus connue pour ses agressions verbales en tout genre que pour ses traits d'humour - s'est vu refuser l'accès au cortège présidentiel par des policiers et a alors insulté l'un d'entre eux. 
Yassine Bellatar a été placé en garde à vue pendant 7 heures pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", avant d'être remis en liberté, une affaire qu'il a qualifiée de "malentendu". Sa remise en liberté en fin d'après-midi est intervenue dans le cadre d'une composition pénale, une procédure confidentielle peu connue des "gens qui ne sont rien". Cette mesure alternative aux poursuites s'applique lorsque la personne reconnaît les faits reprochés et permet d'éviter un procès. Un arbitrage passé plus inaperçu que celui de l'affaire Tapie... 
Le bouffon du roi devait faire l'objet d'une convocation devant le délégué du procureur de la République, selon le Parquet. 
Invité de Emmanuel Macron soi-même, qu'il avait déjà accompagné aux Mureaux pendant sa campagne présidentielle, Belattar n'a pas la politesse des rois, on s'en doute, et s'est présenté trop tard pour rejoindre le cortège présidentiel, a-t-il raconté. "Une policière m'a fait une remarque très désobligeante devant mes enfants. Je lui ai répondu [rien de "très désobligeant", il va sans dire, mais des mots crus que les oreilles chastes de ses enfants ne permettent visiblement pas qu'il en dise davantage], et on s'est tous retrouvés au commissariat", a-t-il résumé.

Et ce n'est pas la première fois que Yassine Belattar est dénoncé comme "islamiste". 
En mars 2018, c'est l'avocat et chroniqueur de l'émission de RMC 'Les Grandes gueules', Gilles-William Goldnadel, qui l'avait ainsi démasqué en direct à la radio. Sans aller jusqu'à utiliser le terme tabou, d'autres personnalités, comme l'ancien premier ministre et ancien ministre de l'Intérieur de François Hollande, Manuel Valls, révèlent que Yassine Belattar est proche des Frères musulmans.


Macron laisse un islamiste insulter un ministre de son gouvernement
Y a-t-il un chef du gouvernement à Matignon ?

Comme caution musulmane, bien qu'ambiguë et trouble,
le prédicateur islamiste bénéficie-t-il de la protection du chef de l'Etat ? 

Résultat de recherche d'images pour "belattar et Macron"
Belattar et Rokhaya Diallo, polémiste de Les Indivisibles, association féministe et raciste, organisatrice de réunions "en non-mixité" et interdites aux Blancs, accusatrice d'un "racisme d'Etat" en France, en liens avec la mouvance anticolonialiste des "Indigènes de la République".

Belattar s'est attaqué nommément au ministre de l'Education :  "On a un ministre de l’Education nationale qui n’est même pas éduqué," selon l'artiste, mardi 22 octobre sur RFI. L'islamiste dénoncé par Manuel Valls a assuré qu'il ne pense "pas le plus grand bien" du ministre du gouvernement Philippe. Le comique perd son sens de l'humour et le prêcheur s'irrite de ce qu'un ministre de la République laïque exprime un avis attendu sur le port du voile islamique dans l'espace public, tel que le Conseil régional de Bourgogne-Franche Comté qui tenait une séance plénière en présence d'une provocatrice venue de Belfort à Dijon, 180 kilomètres. 
En termes choisis et très modérés, le ministre a affirmé qu'il n'est pas "souhaitable" de considérer le voile dans la société française.
"J’aimerais savoir de quel droit, maintenant, il rentre sur des notions de vivre ensemble ?", s'est insurgé le Franco-marocain. Très remonté contre le membre du gouvernement, il lui conseille alors "d'éviter de mettre les pieds dans le 93". Belattar y est-il le patron du département ? Stéphane Troussel, président élu du Parti socialiste est-il un fantoche ?

La macronie se désolidarise de Blanquer.
Ministre interdit de séjour par le "gardien du 9.3", simple "tacle" selon BFMTV mais "menace" pour Le Point ? Que font Castaner, Philippe ou Macron?
Blanquer est-il "seulement le ministre de l'Education nationale du lycée Henri-IV", alors que ce seraient "les musulmans (qui auraient) besoin de soutien" ? Les musulmans constituent-ils une communauté à part, comme le dit Belattar, et serait-elle en tant que telle négligée?

Macron laisse maltraiter un membre du gouvernement.
'Monkey management"
"Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire."
C'est tout ce que le chef de l'Etat en déplacement sur l’île de La Réunion a  trouvé à dire  jeudi, alors que l'opinion française  lui reproche de ne pas trancher sur le sujet.
Macron s'est contenté de dénoncer, en termes généraux, le communautarisme. "Il y a aujourd’hui des femmes et des hommes citoyens français qui disent 'De par ma religion, je n'adhère plus aux valeurs de la République'. Ça, c'est un communautarisme. Dans ce cas-là, j'ai un problème avec la revendication, en quelque sorte, qui devient politique, de ce séparatisme".
Interrogé à deux reprises sur l'exacerbation grandissante des opinions autour de la question du voile islamique, Macron a répondu avec une petite expression tout droit sortie des grandes leçons de management.
VOIR et ENTENDRE Macron éluder ses responsabilités : 

Or, au moins deux membres du gouvernement,
Sibeth Ndiaye et des élus locaux (notamment de la diversité) et Jean-Michel Blanquer, s'opposent publiquement sur la présence de mères voilées accompagnantes de sorties scolaires, même inappropriées s'agissant d'enfants d'âge primaire dans une enceinte politique en séance délibérante. Le ministre de l'Education s'y oppose, mais la porte-parole franco-sénégalaise soutient leur présence dans l'espace public. 

lundi 7 octobre 2019

47e samedi de mobilisation des Gilets Jaunes : l'AFP boycotte !

Le Monde ne retient que les quelques incidents à Amiens et Besançon pour le 47e samedi de mobilisation des Gilets Jaunes

Quelques centaines d'opposants se sont mobilisés à Amiens, Besançon, Toulouse, Montpellier et Paris.

A Paris, des Gilets Jaunes, dont le mutilé Jérôme Rodrigues,
se sont joints à
une action du groupe Extinction Rebellion dans le centre commercial Italie 2, "symbole du capitalisme", sans incidents 
Le 47e samedi de mobilisation des Gilets Jaunes a été marqué, samedi 5 octobre, par des incidents en marge des défilés organisés à Amiens (Somme) et à Besançon, (Doubs) conduisant à des interpellations, selon la presse malveillante, de Ouest France et La Dépêche au Point, Libération et Le Monde, en passant par CNews, tous alignés sur la dépêche de l'AFP, qui consacre plus d'espace au mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) et aux manifestations de Hong Kong. Rien sur le compte Twitter de l'AFP... Pas mieux sur le site de l'agence de presse ! 
L'AFP boycotterait-elle donc le mouvement des Gilets jaunes, histoire de faire croire qu'il n'en finit pas de s'essouffler ?
Plusieurs centaines de personnes à Toulouse

A Toulouse, l’un des bastions du mouvement, plusieurs centaines de manifestants, GJ, militants anarchistes et écologistes ont défilé dans le centre-ville. La mobilisation était dédiée à la lutte contre la répression policière et judiciaire en vue notamment du procès, vendredi à Toulouse, d’une militante en fauteuil roulant, jugée pour "violences" envers des policiers avec pour "arme" son fauteuil roulant.
La tension est brièvement montée, sans  déboucher sur des dégradationsà l’approche de la place du Capitole, de nouveau interdite d’accès par la préfecture, quand des policiers de la BAC ont chargé la foule, avant de faire usage de gaz lacrymogènes. Trois policiers ont été légèrement blessés, selon un bilan provisoire de la préfecture, qui a signalé une interpellation pour "outrage".

300 manifestants à Montpellier

A Montpellier, 300 GJ ont défilé, selon la préfecture, qui a fait état de trois interpellations pour dissimulation du visage, mais n’a pas relevé d’incident particulier.

A Paris, quelques GJ dont Jérôme Rodrigues ont participé à une action du groupe Extinction Rebellion dans le centre commercial Italie 2, "symbole du capitalisme", sans incidents "notables", un détail qui insinue que le calme n'était pas parfait.

Les exceptions d'Amiens et Besançon, dont la presse fait une généralité

Ce samedi 5 octobre aurait donc été marqué par des incidents en marge des défilés organisés à Amiens et à Besançon, conduisant à des interpellations. Les titres de la presse choisissent de reléguer l'information sur les mobilisations pacifiques. 
450 personnes à Amiens, selon la préfecture

A Amiens, ville sacrifiée lors de la fermeture de l'usine Goodyear, la mobilisation a tourné vinaigre: les plaies ne sont pas refermées. Les séquelles de la liquidation de l'usine de pneus Continental à Clairoix (à 80 minutes dans l'Oise) incitent toujours  les Contis à la mobilisation également, huit années plus tard. 
Tout avait pourtant commencé en fin de matinée dans une ambiance festive (mot à mot le texte de l'AFP, comme ce qui suit), "avec la mise en place d’un "village militant" et des prises de parole liées aux revendications des GJ et aux conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, dans le département voisin de Seine-Maritime(à 80 minutes par la route).

Dans l’après-midi, la police a été la cible de jets de bâtons et de pierre et a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Ou inversement. Le cortège, de "450 personnes dont 30 Black Blocs", selon la préfecture, s’était élancé sur l’itinéraire autorisé autour du centre-ville avec comme mot d’ordre d’"aller chercher" le président Emmanuel Macron, qui a grandi dans le chef-lieu de la Somme. Certains Blacks Blocs s’en sont également pris à un McDonald’s, au bout du parcours.
Le pluralisme de la presse, un mythe

Neuf interpellations ont eu lieu, selon la préfecture. Aucun blessé n’a été signalé parmi les manifestants. Un fonctionnaire de police a été victime d’un malaise et 2 CRS ont été blessés "par des jets de pavés". La mairie a déploré les dégradations ayant visé "trois abribus, des conteneurs ainsi que les devantures de quatre établissements bancaires".

500 personnes à Besançon, selon le préfet, représentant du gouvernement.

A Besançon, cinq personnes ont été interpellées en marge d’une manifestation « pour les services publics" ayant réuni 500 personnes et où "un noyau dur d’une centaine de GJ (ou pas !) s’en est pris "à coups de barre de fer" à un... échafaudage installé sur la façade de la préfecture, selon la préfecture du Doubs.
Les gendarmes mobiles, appuyés par des policiers locaux, ont "au moins à deux reprises" fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, selon la même source, qui ajoute qu’il n’y a eu aucun blessé. Environ "50 à 60" personnes ont ensuite tenté d’investir la gare de Besançon, qui avait été fermée, mais ont pu être stoppés "sans heurts" par les forces de l’ordre, a-t-on ajouté.
Pour information à l'AFP, à une heure de route de Besançon, General Electric a supprimé plus de 1.000 emplois à Belfort.

mardi 21 mai 2019

Un journal s'oppose à la relecture par l’Elysée de son entretien avec Macron

Le journal La Voix du Nord boycotte un entretien voulu  par Macron, en ingérence dans les élections européennes

Pour plaider en faveur de son projet européen, Macron a voulu s'entretenir avec des quotidiens régionaux

La Voix du nord a décliné l’invitation refusant que les propos du président fassent de surcroît l’objet d’une relecture avant publication.
Plusieurs journalistes de la presse régionale étaient convoqués au palais de l’Elysée, ce 20 mai, pour réaliser - à la demande du président - un entretien motivé par les prochaines élections européennes. Selon plusieurs media conviés, l'Elysée a fait savoir que les propos du président feraient l’objet d’une relecture avant leur publication dans les journaux. "Comme toujours, ce sera relu par l'Elysée, mais généralement ils modifient très peu", a raconté l'un d'eux.


Un droit de regard inapproprié pour la Voix du Nord 

Seul et unique quotidien régional réellement "indépendant", 
La Voix du Nord  a décidé de boycotter l’invitation.
"Il s'agit d'une formule qui n'est pas en phase avec nos pratiques. On ne permet pas ces pratiques de relecture", a déclaré  Gabriel d'Harcourt, directeur de la publication du journal. 

Patrick Jankielewicz, son rédacteur chef,  a en outre motivé cette décision sur Twitter en expliquant que la participation du quotidien régional à cet événement "perturberait l’équilibre du traitement de la campagne", à six jours du scrutin
Pour l'heure, l'Elysée n'a pas daigné s'exprimer sur sa demande refusée de relecture et son ingérence, au-delà de LREM, dans le scrutin
A quelques encablures du scrutin, le chef de l’Etat a décidé de s’impliquer directement dans la campagne en mettant sous le boisseau sa tête de liste falotte, alors que la liste menée par Nathalie Loiseau perd du terrain sur le Rassemblement national à chaque sondage. 
Lors d'un point presse à Biarritz, le 17 mai, en marge de la préparation du G7, Emmanuel Macron était monté au créneau contre le Rassemblement national, parti qu'il cherche à instrumentaliser comme épouvantail servant sa cause, tentant ainsi de rejouer le tour de bonneteau de 2017, selon la stratégie  du "Macron ou le chaos en Europe".

BFMTV justifie l'ingérence du président

"Le journal invoque un principe d’équité, nous le comprenons", a finalement fait savoir l'entourage d'Emmanuel Macron au Monde, assurant qu'il "respecte le choix éditorial" de La Voix du Nord.
"Ce n’était pas une exigence mais une préférence", défend notamment un proche du président. "Les huit autres groupes de presse quotidienne régionale ont accepté le principe d’une relecture, mais si on nous avait dit non, l’interview aurait quand même eu lieu".

Dans le camp présidentiel, l'alerte rouge est décrétée, explique BFM 
Une victoire dimanche du parti de Marine Le Pen, comme en 2014, serait vécue comme un échec personnel pour Emmanuel Macron, qui n'a cessé de dramatiser l'affrontement entre "progressistes" et "nationalistes". 
BFMTV se satisfait de l'explication de l'Elysée du fait qu'Emmanuel Macron ne cache d'ailleurs son implication dans la campagne électorale...

mercredi 27 mars 2019

Affaire Benalla: Ferrand poursuit sa guerre des boutons au Parlement

Le premier ministre fait du boudin

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a confirmé mercredi la bouderie au sommet de l'Etat macronien

L'Edourad tire la gueule : sa conception du débat républicain...
Le premier ministre, personnage de l'Etat n° 2, continue de bouder à Matignon. Le n° 3 sera accompagné du n° 4 qui viendra "seul" à une conférence prévue vendredi avec son homologue du Sénat, Gérard Larcher. Edouard Philippe entend ainsi "marquer" son mécontentement après que le Bureau du Sénat a saisi la justice du cas de trois proches collaborateurs du président Macron, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lavergne, pour soupçons de "faux témoignages" sous serment devant la Commission d'enquête du Sénat.

Résultat de recherche d'images pour "La guerre des boutons affiche"
Avec Richard Ferrand (LREM) cette fois-là, l'Edouard avait déjà boycotté une conférence commune prévue vendredi dernier avec Gérard Larcher (LR) devant des étudiants à Lille pour protester contre cette même décision sénatoriale, dans le cadre de l'affaire Benalla.

Ferrand tacle l'Edouard

"Je lui ai téléphoné [à Gérard Larcher] et je lui ai dit 'écoutez président voilà, vous irez à Lille tout seul et moi j'irai à Créteil tout seul' ", a raconté sur Europe 1 Richard Ferrand, qui doit se rendre vendredi à la faculté de droit de Créteil pour débattre - ironie du sort - de "la démocratie représentative" et "participative".

Ferrand fait (involontairement ?) la leçon à Philippe : "la franchise des actes, c'est mieux que l'hypocrisie des faux-semblants", a-t-il expliqué à qui veut l'entendre.
Résultat de recherche d'images pour "auberge des culs tournés""Il faut bien marquer le coup lorsqu'on a le sentiment profond qu'une procédure démocratique est utilisée à des fins politiciennes, de son point de vue. On ne peut pas faire semblant d'être dans une coopération joyeuse lorsqu'il y a un coup de canif dans la confiance qui est mis. Mais il ne faut pas parler de guerre", a plaidé le président de l'Assemblée. En résumé, Larcher et Ferrand ont rendez-vous vendredi à "L'Auberge des culs-tournés"...

L'Elysée vit mal la formation au Sénat d'une poche de résistance à sa politique sans partage. Depuis la saisine de la justice par la Chambre haute jeudi dernier, la mauvaise humeur de Philippe et Ferrand témoigne du mauvais caractère de Macron.
Sur Europe 1, Ferrand s'en inquiète et met de l'eau dans son vin. "Mes collègues sénateurs ont eu raison" de saisir la justice des cas d'Alexandre Benalla et de son acolyte Vincent Crase, a estimé celui qui doit tant à la clémence des juges, notamment dans son implication dans l'opération immobilière réalisée en faveur de sa compagne auprès des Mutuelles de Bretagne qu'il dirigeait.

Alors qu'Anticor porte une nouvelle plainte contre Alexis Kohler, autre proche collaborateur de Macron, pour conflit d'intérêts, notamment, le partisan continue  : "Ce qui est dommage, c'est d'utiliser des instruments de contrôle démocratique [mieux que ça, constitutionnels non sujets à débat] pour en vérité mettre en cause des hauts fonctionnaires qui eux, du propre aveu du Sénat, n'ont strictement pas menti. (...) C'est politicien. Du coup ça abaisse un peu l'enjeu du contrôle et de l'évaluation démocratiques qui est le rôle des deux assemblées", a-t-il polémiqué, alors que la justice est saisie.


Richard Ferrand pose un lapin à l'ensemble des métropoles, communautés urbaines, communautés d'agglomération et grandes villes de France.

La présidence du Sénat a confirmé que Gérard Larcher n'ira pas à Créteil vendredi et qu'il sera à Toulouse pour deux jours au congrès de "France urbaine", à l’invitation de son président, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole.
A la différence de l'ex-socialiste Ferrand, Larcher est dispensé de la conférence de Créteil (PS) sur "la démocratie représentative" et "participative"...

jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla : Edouard Philippe et Ferrand et la politique de la chaise vide

Le premier ministre et le président de l'Assemblée sont-ils des démocrates?

Edouard Philippe boycotte les questions au gouvernement du Sénat

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Le premier ministre a délibérément refusé de se rendre à la séance de questions au gouvernement qui se tenait ce jeudi 21 mars au Sénat. Il "a décidé de ne pas aller" aux questions au gouvernement", a clairement expliqué son entourage, au dernier moment, jeudi après-midi. "Il vient de parler à Gérard Larcher", le président du Sénat, "pour lui en donner les raisons", a précisé un conseiller à Matignon.

Plus tôt dans la journée,
la chambre haute avait décidé de saisir la justice du cas Benalla, ainsi que de plusieurs proches de Macron, soupçonnés  de faux témoignages lors de leur audition devant la commission d'enquête sénatoriale. Philippe manifestait ainsi son désaccord avec la décision des sénateurs. 

L'exécutif considère cette décision des sénateurs comme une déclaration de guerre. "Je ne suis en guerre contre personne. Pas contre l'Elysée et personne d'autre. Le sujet est d'une autre nature.
C'est simplement l'application du droit, rien que le droit, tout le droit," a expliqué le président du Sénat, Gérard Larcher.

Une entrave de Matignon au bon fonctionnement du Parlement.
En refusant de répondre aux questions des sénateurs, le méprisant premier ministre a choisi d'entraver le jeu démocratique. Plusieurs sénateurs avaient en effet prévu d'adresser leurs questions à Edouard Philippe ce mercredi et n'ont pas manqué de pointer sa bouderie. "Ma question s’adressait initialement au Premier ministre", a par exemple souligné la sénatrice PS Monique Lubin, mais aussi Jean-Marc Todeschini (PS) et Christine Bonfanti-Dossat (LR). Cette dernière n'a d'ailleurs trouvé aucune excuse au gouvernement sur sa gestion des violences annoncées de l'ultra-gauche en marge de la manifestation des Gilets jaunes samedi 16 mars, alors que la presse et les sondages à la solde de l'Elysée avait déclaré le mouvement moribond. 
Dans la dérobade de l'Edouard, il faut donc "décrypter" sa peur d'affronter les élus.

"Etes vous sûr qu’avec un tel discrédit, le ministre de l’Intérieur est encore en mesure de poursuivre sa mission place Beauvau?", a interrogé la sénatrice de Lot-et-Garonne, s'adressant à Edouard Philippe, absent.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le ministre chargé des relations avec le Parlement Marc Fesneau ou encore le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez ont dû se succéder pour répondre à la place du chef du gouvernement défaillant lors de ces échanges, ponctués de huées. 

Griveaux y mêle la morale.
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Les socialistes Richard Ferrand et Sylvie Andrieux
Juste avant la séance, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait interpellé les journalistes sur un acte "politiquement bas et moralement très grave". "Ni en fait ni en droit, rien n'est fondé dans la décision qui a été prise ce matin," a jugé le porte-parole avant d'entrer dans l'hémicycle et le Sénat s'est transformé, selon lui, "en tribunal politique". Or, contrairement aux dires de Griveaux, les sénateurs s'en remettent à la justice qu'il invite à se prononcer. "Dans la période, le rôle du Sénat, ça n'est pas d'affaiblir, de diviser et de faire en sorte que le pays ne retrouve pas l'unité nationale dont nous avons tant besoin.", a polémiqué le membre de l'exécutif.

Le chef de file des sénateurs LREM dénonce un ...complot.
François Patriat n'a pas hésité, quant à lui, à fustiger la volonté manifeste d'une alliance des socialistes et des Républicains de mettre à mal l'exécutif. Et de soupçonner, petitement, du haut de son mètre soixante, une volonté de se venger d'une défaite électorale qu'ils n'ont jamais acceptée.

Le bon fonctionnement de l'Elysée est en cause.
Des élus du parti du président ont également manifesté leur désaccord avec l'annonce des sénateurs. Bien dans son rôle de courroie de transmission, le chef de file de La République en marche (LREM), Stanislas Guerini, y a vu "un procès politique contre l'Elysée". Pour le député, les sénateurs "cherchent évidemment à servir leur intention cachée : attaquer le président de la République", a-t-il déclaré.

L'exécutif macronien dénie au Sénat le pouvoir d'exercer librement son droit  constitutionnel de contrôle.
Le Sénat peut en effet créer une commission d’enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d'une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter.

Jeudi matin, le Sénat a saisi la justice du cas d'Alexandre Benalla, cet ancien collaborateur d'Emmanuel Macron mis en examen pour des violences lors de la manifestation parisienne du 1er mai, ainsi que trois hauts responsables de la présidence. Benalla, son acolyte Vincent Crase et le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, sont soupçonnés d'avoir menti sous serment, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Les deux autres responsables également  mis en cause par la procédure du Sénat sont le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence. Le Sénat a relevé des "incohérences" et des "contradictions" dans leurs déclarations face à la commission d'enquête sénatoriale, dont l'objectif était de faire la lumière sur le rôle d'Alexandre Benalla à l'Elysée.

Les sénateurs doivent-ils demander l'autorisation d'exercer leurs droits?
"Il n'y a aucune déclaration de guerre; ce n'est pas nous qui avons demandé aux collaborateurs de l'Elysée de mentir, nous en étions même très gênés," a répondu le sénateur Les Républicains François Grosdidier, membre de la commission d'enquête.
"Nous ne sommes pas la justice et nous ne sommes pas dans une question politique mais dans le cadre de la Constitution qui confère au Parlement un pouvoir de contrôle du gouvernement," a dû rappeler le co-rapporteur PS Jean-Pierre Sueur.

Télescopage de l'actualité, Alexandre Benalla a écopé mercredi soir de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge du défilé parisien du 1er-Mai et pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme.
Le président LREM de l'Assemblée boude le président LR du Sénat

Richard Ferrand a boycotté une conférence commune avec son homologue Gérard Larcher 
prévue vendredi à Sciences Po LilleIls devaient y expliquer ensemble "le fonctionnement des ...institutions parlementaires, à un moment où elles sont parfois questionnées", selon le communiqué.
"Prenant acte de la décision du Bureau du Sénat d’utiliser les fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennesselon le communiqué de ses services, le Président de l’Assemblée nationale estime que ce choix empêche la tenue de ce débat républicain avec des étudiants, considérant que l’on ne peut simultanément abaisser et promouvoir le Parlement", ont estimé les totalitaires.

Les sénateurs ne sont pas à la botte de l'exécutif: un rappel salutaire adressé à leurs collègues députés de la majorité...
"C'est une victoire pour la démocratie," s'est enthousiasmée la sénatrice écologiste Esther Benbassa. 
"Le Sénat ne s'est pas couché," a commenté Eric Bocquet (CRCE, à majorité communiste).
Le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a observé "qu'il va devenir compliqué que les collaborateurs du président visés puissent rester à leur poste".
"Savoir que le Sénat n'est pas à la botte du pouvoir devrait plutôt rassurer nos concitoyens," s'est quant à lui félicité Patrick Kanner, le chef de file des sénateurs PS.

samedi 2 mars 2019

L'opposition algérienne dans la rue fait-elle le jeu des islamistes ?

La rue portera-t-elle les islamistes au pouvoir ? 

Des dizaines de milliers d'Algériens manifestent contre un 5e mandat de Bouteflika


Des manifestants à Alger contre la candidature d\'Abdelaziz Bouteflika, le 24 février 2019.
Des dizaines de milliers d'Algériens ont manifesté vendredi contre la perspective d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika à moins de trois jours de la date limite pour son dépôt de candidature, en scandant des slogans hostiles au pouvoir face à une police paraissant débordée : une spécialiste de l'Algérie assurait depuis la France, ce matin sur France Info, que des cas de policiers pactisant avec les manifestants auraient été observés.

"Il y a vraiment un ras-le-bol généralisé", martèle Soufiane Djilali, coordinateur du collectif d'opposition Mouwatana ("citoyenneté-démocratie"), qui soutient la candidature d'un militaire à la retraite et ex-directeur des ressources humaines au ministère de la Défense nationale algérienne. Son porte-parole est un militaire proche de Liamine Zéroual, un militaire qui dirigea l'Algérie en tant que président de la République algérienne démocratique et populaire (1994-1999). A sa démission, son successeur sera un ancien ministre et proche de Houari Boumédiène, du FLN, Abdelaziz Bouteflika...
A Alger, des affrontements ont opposé, non loin de la présidence, des policiers à des groupes de jeunes leur jetant des pierres, alors que l'essentiel des manifestants s'était dispersé sans incident. Les vitrines de quelques boutiques ont toutefois été brisées, une agence bancaire et une voiture incendiées, selon une journaliste internationale.
Les journalistes de l'AFP rapportent avoir vu une dizaine de blessés, par des coups de matraque, des pierres que renvoyaient les policiers, des éclats de grenade lacrymogènes ou intoxiqués par les gaz. Selon le bilan de la police, 56 policiers et 7 manifestants ont été blessés et 45 personnes arrêtées à Alger.  Les nombreuses manifestations en province se sont terminées sans incident.

Le pouvoir serait en train d'organiser la succession à Bouteflika 

Qui compose le "clan" entourant Bouteflika ?
A gauche, le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah,
et à droite, Saïd Bouteflika, le 10 décembre 2017 à Alger. 
"En Algérie, personne ne sait qui fait quoi et qui décide", indiquait récemment à franceinfo la politologue Dalia Ghanem-Yazbeck. L'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika l'empêche de prendre des décisions et provoque les appétits de son entourage. Depuis qu'il a été terrassé par un AVC en 2013, "c'est une véritable momie, une statue… Du coup, il s'exprime souvent par la voix de son frère", indique Jean-Charles Jauffret. "Saïd Bouteflika a une influence considérable", confirme Kader Abderrahim. Pour autant, le conseiller spécial, âgé de 61 ans, ne semble pas en mesure de succéder à son grand frère. "Il n'a pas la stature, la légitimité. Il a juste envie de pouvoir garder la main et que le clan ne soit pas inquiété par la suite", estime Antoine il est alité dans sa résidence à Zeralda, dans la banlieue ouest d'Alger", indique Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes. 

Quel est ce "clan" ou ce "système" ? Ces expressions désignent les cercles de pouvoir qui se sont composés autour du vide laissé par la présidence."Cela correspond à une partie de l'armée, aux représentants des régions ou encore aux hommes d'affaires qui gagnent des contrats et s'enrichissent grâce au régime", décrypte Antoine Basbous. Jean-Charles Jauffret évoque lui trois piliers : la famille du président, les partis politiques au pouvoir et l'armée aidée des services de renseignements. 
France 24 a ainsi recensé la douzaine de personnalités qui gravitent au sommet.
Le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, est l'un des hommes les plus puissants du pays.  
"Il faut ajouter tous ceux qui ont été corrompus par l'argent de la manne pétrolière", poursuit Jean-Charles Jauffret. "Depuis une quinzaine d'années, la corruption s'est développée, abonde Kader Abderrahim, la rente pétro-gazière sert à redistribuer de l'argent et c'est une manière d'acheter la paix sociale." Il cite l'exemple de l'Ansej (l'Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes), un organisme qui prête de l'argent à des jeunes pour des projets de création d'entreprises. "Dans les faits, la plupart des jeunes ne remboursent pas", observe le politologue.
En attendant, l'annonce, le 10 février, de la candidature - pour un 5e mandat consécutif - du président à la présidentielle du 18 avril, a déclenché une contestation d'ampleur inédite en 20 ans.  Elle vise personnellement Bouteflika, 82 ans, au pouvoir depuis 1999 et handicapé par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral (AVC) depuis 2013, mais aussi le système qu'il a installé.

La mobilisation a été bien supérieure à celle de la semaine passée à Alger, alors que le camp présidentiel a jusqu'à dimanche minuit heure locale (23h00 GMT) pour déposer dans les délais le dossier de candidature de Bouteflika devant le Conseil constitutionnel.
Aucun chiffre indépendant concernant la mobilisation n'était disponible, mais des sources sécuritaires ont fait état de "plusieurs dizaines de milliers de personnes" dans la capitale. De France, au vu de documents parus sur les réseaux sociaux, ils auraient été plusieurs centaines de milliers.
Ces sources ont également recensé des manifestations dans près des deux-tiers des wilayas (préfectures) du nord du pays, zone la plus peuplée, sans donner de chiffre de participation.

Manifestations dans plusieurs villes
Brandissant des drapeaux algériens, une foule de dizaines de milliers de manifestants s'est rassemblée en début d'après-midi aux cris de "Pouvoir assassin" sur l'emblématique Place de la Grande-Poste, dans le centre d'Alger.
La foule, hommes et femmes de tous âges, n'a cessé de grossir, à mesure qu'arrivaient des cortèges de divers quartiers de la capitale - Casbah, Bab el-Oued ou 1er-Mai - qui le long du chemin, ont forcé plusieurs cordons de police, vite débordés.
"Pacifique!, pacifique!", scandaient les manifestants que quelques tirs de lacrymogènes, n'ont pas réussi à décourager. "Le peuple veut la chute du régime", "Non au 5e mandat!", "On ne va pas s'arrêter!", a-t-on également entendu.
Aux balcons du centre-ville, des habitants solidaires agitaient des drapeaux algériens, verts et blancs frappés du croissant et de l'étoile rouge.
Une partie des manifestants a ensuite pris le chemin du Palais du gouvernement proche, siège des bureaux du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, aux cris de "Ce peuple ne veut pas de Bouteflika!"A coups de dizaines de grenades lacrymogènes, la police a dispersé le millier de manifestants regroupés devant l'entrée de l'enceinte.

Un autre groupe de milliers de personnes se dirigeant vers la présidence a été bloqué à environ un kilomètre de sa destination par la police, avant de se disperser face aux tirs de grenades lacrymogènes, ne laissant que quelques groupes désireux d'en découdre.

En province, des défilés d'ampleurs diverses ont été recensés à Oran et Constantine, deuxième et troisième villes du pays. 
Mais aussi dans de nombreuses autres villes, notamment à Blida, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Skikda, Annaba, Bouira, M'sila, Sétif, Biskra, Batna, Médéa, Tiaret et Sidi Bel Abbès.
A Oran, un manifestant a jugé que la mobilisation était supérieure à celle de la semaine précédente. 
A Annaba, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme, selon un journaliste local. Les rapports de la presse algérienne sont en effet filtrés et la presse étrangère n'est pas la bien venue. On parle même de censure. 

"Éviter tout débordement" 
"Nous sommes là pour encadrer la manifestation et éviter tout éventuel débordement", avait indiqué un officier de police.
Les forces de l'ordre ont jusqu'ici largement laissé faire, même à Alger où toute manifestation est interdite depuis 2001, mais le camp présidentiel a fait savoir cette semaine qu'il n'entendait pas reculer face à la rue.
Certains observateurs craignaient que les partisans du chef de l'Etat n'utilisent la manière forte, la répression, pour s'éviter une campagne électorale avec le double handicap d'un candidat absent physiquement : A. Bouteflika n'apparaît plus qu'à de rares occasions et ne s'est pas adressé à la nation depuis son AVC- et contesté dans la rue.

La candidature de M. Bouteflika sera déposée le 3 mars, a annoncé son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal. "Personne n'a le droit d'empêcher un citoyen algérien de se porter candidat. C'est un droit constitutionnel".
Le retour en Algérie du chef de l'Etat, hospitalisé depuis dimanche à Genève, officiellement "pour des examens médicaux périodiques", n'a cependant toujours pas été annoncé.

Comme d'autres membres du camp présidentiel, Ahmed Ouyahia, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), qui mène la coalition au pouvoir, a, quant à lui, agité le spectre de la sanglante "décennie noire" de guerre civile (1992-2002) en Algérie et du chaos syrien. Les manifestants lui ont répondu en scandant massivement "Ouyahia, l'Algérie c'est pas la Syrie!".

Pour première fois depuis le début du mouvement de contestation, la télévision nationale algérienne a ouvert vendredi son journal par des images des manifestations du jour, sans référence au mot d'ordre du refus d'un nouveau mandat du chef de l'Etat.
L'Algérie, sous la menace islamiste

Persécution de Chrétiens

En octobre dernier, 5 chrétiens furent poursuivis par la justice pour "prosélytisme", dont trois membres d'une même famille. Originaires de la ville de Bechloul (dans la province de Bouira), à 100 kilomètres au Sud-Est d'Alger, ils devaient comparaître devant la justice algérienne, le 6 novembre à Bouira en Kabylie, sous l'inculpation d'"incitation au changement de religion" (ce qui constitue une infraction au regard du Code pénal) et pour l'"exercice d'un culte religieux dans un lieu non autorisé" (en violation de l'ordonnance de 2006 sur le culte non-musulman). 
Un différend familial, en juillet 2018, est au départ de cette affaire: une femme, ayant un différend avec son mari converti au christianisme, a porté plainte non seulement contre lui, mais aussi contre une famille chrétienne qui s’était interposée pour tenter d’apaiser la situation. Elle les accuse tous de "vouloir faire pression pour qu'elle devienne chrétienne". 

Selon l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2018, la famille est un des principaux domaine de persécution contre les chrétiens en Algérie. Les chrétiens d'arrière-plan musulman sont souvent confrontés aux accusations de leurs proches et de leur conjoint(e) qui leur reprochent d'avoir quitté leur religion de naissance. Le procureur a fait appel 

Dans une autre affaire, un sixième chrétien, Idir Hamdad, 29 ans, originaire de Tizi Ouzou n'en a pas fini avec la justice. Il avait déjà été jugé puis acquitté, mais le procureur a fait appel de cette décision.
Membre de l’Eglise Protestante du Plein Evangile, il avait été arrêté pour la première fois en avril 2016 à l'aéroport d'Alger pour "importation illégale de matériel chrétien", bien que les objets concernés ne nécessitent pas d’autorisation préalable à l’importation. 

Depuis novembre 2017, six églises, une librairie et une crèche chrétiennes ont été fermées de force en Algérie. Trois églises ont pu rouvrir ensuite, mais des dizaines d'autres ont reçu des notifications de fermeture.

Une députée islamiste menace de mort sa fille, si elle parle en kabyle.

La généralisation de la langue berbère, tamazight, n’est pas du goût de la députée islamiste Naïma Salhi qui a menacé de mort sa fille: "Ma petite fille est dans une école privée où la majorité des élèves sont kabyles. Elle s’est comportée avec innocence et a commencé à apprendre. Je ne me suis pas opposée. Puisque c’est devenu une obligation d’apprendre (tamazight), je lui ai dit : si je t’entends prononcer un mot en kabyle, je te tue !", confie la députée islamiste Naïma Salhi dans une vidéo postée sur Facebook. 
"Vous rejetez la langue arabe qui est parlée par plus d’un milliard de personnes, qui a des milliards de livres et de manuscrits et vous nous ramenez une langue morte qui n’a pas de lettres, de mots et de sens pour nous bloquer", assène encore Naïma Salhi. Jusque dans les années 90, l'Etat algérien, désireux d'unir le pays autour de l'arabité, a largement nié, voire réprimé les revendications identitaires et linguistiques de la population berbérophone, qui représente environ un quart de la population algérienne et majoritairement concentrée en Kabylie. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a même consacré Yennayer, Nouvel An berbère, journée chômée et payée. Les milieux islamistes ne digèrent pas la mesure, ni l’officialisation de la langue berbère. Certains d’entre eux vont même jusqu’à exiger qu’elle soit retranscrite…en lettres arabes.
Les réseaux sociaux algériens ont vivement réagi. La vidéo a suscité une grande indignation sur les réseaux sociaux et dans les media. "Ce n’est pas la première fois que les déclarations racistes et parfois misogynes de la Secrétaire générale du Parti de l’équité et de la proclamation, PEP, devenue députée lors des élections législatives de 2017. On se souvient de sa défense acharnée de la polygamie dans laquelle elle voit une solution au "problème du célibat" des femmes et une manière de prémunir les hommes "du pêché"", rappelle le journal TSA, premier média francophone algérien sur internet.

Naïma Salhi, a estimé que le boycottage des élections "est une mauvaise opération où le citoyen est la première victime".
Ce serait le "premier signe du désordre et de l'arrêt du processus de développement, outre qu'il répand la corruption", avant de soutenir que le citoyen qui "boude les élections pourrait être, de manière indirecte, à l'origine de l'émergence d'une idéologie extrémiste." 
La présidente du PEP a aussi appelé les jeunes à être "vigilants vis-à-vis du complot visant à saper son patriotisme et à affaiblir ses ambitions et ses capacités, sous couvert de la mondialisation ravageuse et l'ouverture électronique nuisible à la religion, à l'identité, à l'authenticité, à la morale et à la souveraineté", affirmant que les jeunes doivent assumer des responsabilités politiques.

Lors des législatives algériennes du 4 mai 2017, sur certaines affiches, dont la liste du Parti de l’équité de la proclamation (islamiste) dans la wilaya d’Adrar, dans le sud-ouest du pays, les candidates femmes étaient présentées ...sans visage, contrairement aux candidats masculins. On y voit une candidate voilée, travaillant à la direction des travaux publics... mais dont le visage a été effacé.

Sur cette affiche du Front des forces socialistes (FFS), un parti d’opposition, trois femmes sont représentées. Là encore, on ne voit pas leurs visages, mais cette fois, c’est un dessin de femme voilée anonyme qui représente chacune de ces candidates.

Même chose sur l’affiche de cette liste indépendante, où se trouvent deux "femmes fantômes" – une retraitée et une ingénieure d’Etat en agronomie – mais cette fois-ci, sans voile représenté.
L'affiche d'une liste indépendante.

Une affiche du Parti algérien vert pour le développement (PAVD). Source : CNN.


Une affiche de l’Alliance nationale républicaine (ANR). Source : Al-quds.

Pour le quotidien El Watan, page introuvable, "la phénoménale intrusion des nombreuses 'candidates sans visage' (…) atteste d’une évolution insoupçonnée de la mouvance islamiste dans la société".