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jeudi 9 novembre 2017

Colère des anti-nucléaires: la sécurité nucléaire française globalement satisfaisante, assure l'ASN

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fera-t-elle taire les Cassandre anti-nucléaire ?

La sécurité des centrales nucléaires exploitées par EDF en France est globalement satisfaisante en dépit d'incidents mineurs

Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a fait cette déclaration lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale, mercredi.
Confirmé le 16 octobre par l'ASN, le risque de sûreté sur des tuyauteries de systèmes de pompage d'eau froide de 20 réacteurs nucléaires exploités par EDF en France  a été évalué à la suite de trois incidents mineurs depuis cet été, et classé niveau deux sur une échelle qui en compte sept, mais "le tout dans un contexte de moyen terme qui, lui, est préoccupant".
Un événement de niveau 2 concerne également 10 centrales françaises pour un risque portant sur la robustesse de certaines structures métalliques liées à des groupes électrogènes de secours au diesel en cas de séisme.

L'ASN a en outre imposé fin septembre l'arrêt provisoire de la centrale du Tricastin (Drôme et Vaucluse) en raison de risques d'inondation du site, en cas de séisme d'ampleur exceptionnelle.

L'ASN confirme le report de son avis sur la prolongation de réacteurs

Au lendemain de l’abandon de l'objectif de 2025 pour atteindre 50 % d’électricité nucléaire en France, et son report à 2030 ou 2035, par l'écologiste Nicolas Hulot que Macron a placé à la tête du ministère d'Etat à la Transition écologique et solidaire, l’Autorité de la sûreté nucléaire a également confirmé ce mercredi que son avis générique sur la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawattS (MW) au-delà de quarante ans sera reporté.

Le contrôleur du nucléaire repousse désormais à "2020 l’avis, qui sera ensuite transformé en prescription juridiquement imposable en 2021", a déclaré son président, Pierre-Franck Chevet, devant des députés de la Commission du développement durable. Concernant 34 des 58 réacteurs répartis sur 19 sites exploités par EDF, cet avis devait être initialement rendu en 2019. Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) avait récemment évoqué la date de 2021.

L’ASN devra aussi se prononcer sur la prolongation ou non de chaque réacteur. 
"La question de la prolongation n’est pas un dossier simple", a admis Pierre-Franck Chevet. "On attend des dossiers d’EDF et, à partir de là, on fera ce travail, ce qui explique une partie de la durée", s'est-il justifié, avouant sa dépendance aux documents d'EDF. "Même s’il y a des décalages, il y a des marges, donc il n’y a pas de sujet de sûreté", explique le président de l’ASN, un polytechnicien qui fut directeur général de l'énergie et du climat (ex-DGEMP) au Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement d'Alain Juppé.

Le gouvernement voulait recueillir la caution générique de l’ASN avant de décider d’éventuelles fermetures de centrales pour assurer la transition énergétique. L'ASN est à la fois "indépendante" et "rattachée" au programme budgétaire 181 (Prévention des risques)du Ministère de l’Écologie...

Les associations écologistes dénoncent "un recul inacceptable"

Les acteurs du secteur (la multinationale Areva, le Commissariat à l’énergie atomique, EDF) font face à des difficultés économiques au moment où se profilent des enjeux inédits, souligne le président de l'ASN.  Ceux-ci portent sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans, mais aussi le vieillissement d’usines et des réacteurs de recherche, la prise en compte de nouvelles exigences, après l’accident de Fukushima au Japon en 2011, et enfin la construction d’installations nouvelles, comme l’EPR de Flamanville (Manche).


Les réseaux anti-nucléaires ne décolèrent pas depuis que Nicolas Hulot a annoncé mardi que l’objectif de réduire la part du nucléaire de 75% à 50 % de la production d’électricité en 2025 ne sera pas tenu.
Les associations écologistes multiplient les critiques contre le ministre pour la Transition écologique, ce mercredi. "Il fait une erreur extrêmement grave en repoussant cette échéance de cinq à dix ans parce qu’il détricote le moteur de la loi sur la transition énergétique, estime sur France Info Alix Mazounie de Greenpeace.
Simple diplômée de Science Po, cette militante a d'abord travaillé auprès de Pierre Radanne, responsable de la commission énergie des Verts (l'ancien nom du parti politique écologiste français Europe Écologie-Les Verts, EELV, et membre du Parti vert européen, radical), avant d'être en charge des politiques internationales (Afrique) pour le Réseau Action Climat France, (RAC-F), une fédération d'associations impliquées dans la lutte contre les changements climatiques et sous-produit de Climate Action Network International (CAN-I), réseau mondial de plus de 1.100 ONG (supranationales et illégitimes) dans 120 pays, dont le but est de faire pression sur les gouvernements et les citoyens à prendre des mesures pour limiter l’impact des activités humaines sur le climat.
"On n’a jamais dit que c’était facile. En revanche, c’est faisable de réduire la part du nucléaire et les gaz à effet de serre en fermant des centrales à gaz et à charbon," s'obstine la lobbyiste internationale, face au réalisme du ministre Nicolas Hulot.


Pour ajuster une promesse électorale de Macron, dans le contexte des mensonges généralisés colportés lors des surenchères démagogiques de la campagne présidentielle, Nicolas Hulot a expliqué que cette diminution du nucléaire aurait été au prix d'une augmentation des émissions de CO2 avec l’utilisation de centrales à gaz et à charbon.

L'énoncé de réalités met les associations en crise. 'Sortir du nucléaire' voit dans sa décision "un recul inacceptable". Le Réseau action climat n'accepte pas davantage la contradiction, estimant que cela revient à "mettre en péril le développement des filières d’avenir et créatrices d’emplois que sont les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique". La vérité est en fait que les solutions alternatives ne sont pas en mesure de faire face à la demande énergétique. Sur France Info, l'une des porte-parole de l'écologie punitive culpabilise les Français en leur rappelant l'engagement de l'Etat qui leur enjoint de réduire leur consommation.
Or, l'abandon de l’écotaxe poids lourds (et le milliard d’euros par an qu'elle devait rapporter) a été compensé par huit autres formes de prélèvements obligatoires en plein essor :
  • Taxe carbone ou Contribution climat énergie ;
  • Subventions à la production renouvelable d’électricité (CSPE) ;
  • Surcoût des agro-carburants ;
  • Certificats d’économie d’énergie (CEE);
  • Surcoût des véhicules classiques ;
  • Surcoût construction et rénovation ; 
  • Taxes, subventions et surcoûts divers ;
  • Aide aux pays en voie de développement (PEVD) centrée sur la transition énergétique.
Le ministre a même été critiqué par sa propre fondation Hulot, rebaptisée 'Fondation pour la nature et l’homme' et présidée par Audrey Pulvar, après son entrée au gouvernement. Dans un communiqué, elle explique que l’annonce la "stupéfie autant qu’elle l’inquiète". Ce qui fait la Une des journaux, mais n'apporte pas la preuve de la faisabilité des exigences des lobbies anti-nucléaires.

L'idéologie des réseaux anti-nucléaires est irresponsable
Les doctrinaires de l'écologie doivent admettre, y compris la mairesse de Paris avec son projet de ville sans véhicules à essence ou diesel, c’est que l'achat de voitures électriques (alors que la prime de l'Etat -jusqu'à 200 euros, non cumulables- à l'achat de vélos à assistance électrique, VAE, femmes enceintes, malades et seniors exclus, sera supprimée le 31 janvier 2018), que les panneaux solaires ou les éoliennes (même offshores, rejetées par les Bretons !) ne peut réduire à 50% la consommation d'électricité nucléaire dès 2035. A cette date, la production à suffisance d'énergie renouvelable et décarbonée sera encore un mythe. Si chacun voulait son véhicule électrique, la production d’électricité nucléaire devrait grimper de 50 % et plus, faute d’électricité renouvelable. Même si un décret Vert stalinien imposait le vélo électrique aux masses populaires. L'alternative entre centrales au gaz ou au charbon et nucléaires conduirait à plus de centrales nucléaires... Reste la voiture hybride ou à l’eau salée... 

Et le biocarburant à base de maïs est plus polluant que l'essence.
Certains évoquent encore le biocarburant, un substitut au combustible fossile, produit à partir de matériaux organiques (l'huile végétale carburant, le biodiesel, ou biogazole, mais aussi les graisses animales ou des acides gras divers, tels que les algues) ou produit à partir d'alcool comme le bioéthanol (du sucre, de l'amidon, de cellulose ou de lignine hydrolysées)... Tous comprennent que ce n'est pas pour demain, sauf les écolos...
Or, tout catalogué écologique qu'il puisse être, un carburant produit à partir des feuilles de maïs, émettrait en réalité plus de gaz à effet de serre que l'essence traditionnelle. Des études effectuées dans la Corn Belt, ou 'ceinture de maïs' du Middle West des États-Uni, montrent que l'éthanol cellulosique obtenu à partir de résidus de feuilles de maïs libère dans l'air une grande quantité de dioxyde de carbone (CO2). Les émissions liées à la production de biocarburant dépasseraient de 7 % les émissions générées par l'essence classique et se situeraient 62 grammes au-delà du seuil établi par la réduction de 60 % des émissions de GES qu'exige l'Energy Independence and Security Act, une loi de 2007. Le département de l'Énergie des États-Unis a investi plus d'un milliard de dollars (750 millions d'euros) pour soutenir la recherche sur les biocarburants cellulosiques, y compris l'éthanol fabriqué à partir de tiges, feuilles et épis de maïs après récolte.

La presse sous emprise écolo fait l'impasse sur un carburant tabou : 
le gaz de schiste.
L'exploitation à grande échelle du gaz de schiste a démarré au cours des années 2000 lorsque le prix des hydrocarbures s'est établi à un niveau élevé durable. C'est un gaz naturel contenu dans des roches rendues imperméables par l'argile qu'elles contiennent à la différence du gaz naturel conventionnel. Son extraction pose donc problème, actuellement. L'accès à ces roches-réservoir nécessite en effet le recours aux techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses et polluantes.
Les Etats-Unis ont joué un rôle de pionnier dans la mise en exploitation de cette nouvelle ressource : le gaz de schiste y représentait en 2012 une proportion importante du bouquet énergétique. Grâce au gaz de schiste les États-Unis étaient passés du 4e au 6e rang au classement des importateurs nets de gaz naturel. 
Les réserves dans le monde sont estimées en 2013 à 207 billions de mètres cubes de gaz de schiste (32 % des réserves totales de gaz naturel) et 345 milliards de barils d'huile de schiste (10 % des réserves totales de pétrole). Réparties sur tous les continents, la Chine, l'Argentine, l'Algérie et les États-Unis en sont les plus gros détenteurs. 
De 2010 à 2012, l'augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis et au Canada a entraîné une pression à la baisse du prix du gaz qui a réduit la capacité de la Russie à dicter des prix élevés pour le gaz naturel qu'elle exporte vers l'Europe ; les effets du boom du gaz de schiste sur les marchés internationaux de l'énergie ont été très importants, en particulier en Europe : hausse de la production d'électricité à base de charbon aux dépens du gaz, diminution de l'attractivité économique des énergies renouvelables, etc.

Les Allemands ont trouvé la solution.
Ils ont fermé leurs centrales nucléaires et exploitent à nouveau le charbon, en dépit de la pollution émise, important, au prix fort, de l'électricité nucléaire, en partie de ...France.

Six centrales nucléaires sont actuellement en cours de démantèlement : Brennilis (Monts d'Arrée), Chooz A (Ardennes), Chinon A (Indre-et-Loire), Bugey A (Ain), Saint-Laurent-des-Eaux A (Loir-et-Cher) et Creys-Malville (Isère) ).
Pour une plus grande indépendance énergétique...

dimanche 24 avril 2016

La CGT a décidé le boycottage de la conférence environnementale d'avril

La CGT a décidé de boycotter la conférence environnementale des 25 et 26 avril

La Confédération générale du travail (CGT) justifie son boycottage

La CGT tourne le dos à Hollande
Elle a dénoncé "une opération d’affichage et communication" d’un gouvernement "au plus mal", et a donc annoncé qu'elle opposera la politique de la chaise vide à la conférence environnementale organisée lundi 25 et mardi 26 avril

"Son contenu ne nous convient pas", a déclaré mercredi 20 avril Fabienne Cru, responsable CGT sur ce dossier, en marge du congrès de la confédération. " C’est une conférence complètement déconnectée des réalités du monde du travail et complètement déconnectée des aspirations et revendications des salariés."
Selon elle, la conférence ne permet pas de "répondre aux enjeux environnementaux et climatiques", et "ne permet pas à la France de tenir ses engagements pris à la COP21 à Paris".

Mme Cru dénonce aussi l’absence de concertation

La syndicaliste d'extrême gauche pointe la méthode gouvernementale, estimant qu' "elle  rappelle douloureusement la loi travail", révélant avoir reçu les documents cinq jours avant le début de la conférence. 

La CGT regrette en outre qu’aucune table ronde de la conférence environnementale n’évoque les questions des transports et d’énergie, "deux enjeux primordiaux" pour la réduction des gaz à effet de serre et qui "permettraient à la France de respecter ses engagements" pris lors de la COP21.

Cette 4e conférence environnementale, qui réunira associations, syndicats et patronat, est un rendez-vous lancé par François Hollande pour fixer une feuille de route "verte" chaque année.
"Je conteste avoir découvert l’écologie avec la conférence climat", riposte Hollande, mais il n’avait jamais, dans sa carrière, considéré l’écologie comme un dossier majeur. "L’écologie n’est pas une croyance, et cela m’agace d’entendre parler de conversion, ­réplique également une conseillère du président. Mais il a progressivement intégré, dans sa façon de penser, la croissance, le développement durable, la consommation de ressources par les entreprises, l’équilibre planétaire et même les migrations. Il n’a pas changé, mais sa fonction de président a modifié sa vision des choses".
"Même ceux qui demeurent sceptiques quant à sa politique environnementale en conviennent  :"Il a peu à peu installé cela dans son langage. Il n’y a plus un moment où il n’en parle pas ", assure Philippe Martin, ministre de l’environnement (2013-2014) du gouvernement Jean-Marc Ayrault.François Hollande affiche le zèle de l’écologiste néophyte, mais la CGT est  une nouvelle convertie aussi.

mercredi 17 juin 2015

Ségolène Royal rétropédale dans le Nutella

La ministre de l'Ecologie écoeure l'Italie de ses attaques contre le Nutella, ajoutant au problème des clandestins

Son  boycottage du produit italien met l'Italie en fureur
La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal s'en est pris au Nutella, accusé, au grand dam de Ferrero, de contribuer à la déforestation du fait de son recours massif à l'huile de palme.

Elle fait la leçon depuis l'hexagone. "Il faut replanter massivement des arbres, parce qu'il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique. Il faut arrêter de manger du Nutella par exemple parce que c'est de l'huile de palme", a lâché la ministre, invitée lundi soir du  Petit Journal de Canal+.
Alors que l'animateur la titillait en assurant que "c'est bon le Nutella !", la ministre est tombé à plat ventre dans le bac, déclarant lundi soir sur le plateau du Petit Journal de Canal+, l'air accablé mais responsable: "Ben oui, mais faut pas, parce que c'est l'huile de palme qui a remplacé les arbres, et donc c'est des dégâts considérables." "Il faut arrêter de manger du Nutella" parce qu’il contient de l’huile de palme "qui a remplacé les arbres, et donc c’est des dégâts considérables".
"Il faut qu'ils utilisent d'autres matières premières", a-t-elle décrété pour l'Italie.
Elle est grave, Mémère.
Ségolène Royal n'a pas imaginé un seul instant que ses propos allaient passer les Alpes aussi sûrement que le nuage de Tchernobyl et faire les dégâts que n'importe quelle femme politique non surfaite aurait anticipé, sans être pour autant aussi finaude que selon sa légende. En Italie, où se trouve le siège de Ferrero, l’entreprise qui a créé la célèbre pâte à tartiner -terme sacrilège- bien au-delà du cercle familial, on ne plaisante pas avec le Nutella, véritable fierté nationale.

Après avoir choqué, la tête de linotte s'est excusée via Twitter. 

L'entreprise européenne a renvoyé la ministre socialiste dans son coin
Pour information, La Stampa cite Ferrero. "Ferrero utilise de l’huile de palme respectant le développement durable pour ses produits confectionnés à Villers-Ecalles [Haute-Normandie]". La référence au site de production français est aussi un moyen de rappeler que l’entreprise joue un rôle dans l’économie de l’Hexagone.

Pour tenter d’éteindre la polémique, la ministre de l’Ecologie a présenté ce mercredi ses excuses sur Twitter.
 

Aveuglée par les oeillères de la la 21e conférence des parties (COP21), la ministre de l'Ecologie n'a pas pris en compte les tensions diplomatiques déjà existantes entre la France et l'Italie sur le problème des clandestins que Cazeneuve et Valls bloquent dans une zone tampon entre Vintimille et Menton, provoquant la colère de l'ami Renzi.

 

mardi 28 octobre 2014

Barrage de Sivens: un jeune activiste victime d'une explosion à l'origine encore indéterminée

L'extrême gauche accuse les forces de l'ordre

Le jeune activiste mort sur le site du barrage de Sivens
 (Tarn), 

Barrage du Tarn: le jeune manifestant victime d'une explosion à l'origine indéterminée
On reconnaît le style  "Anonymous" des panneaux,
c'est-à-dire anarchiste révolutionnaire
contesté par les écologistes radicaux soutenus par Joseph Bové et la Confédération paysanne, a été victime d'une explosion 

L'enquête doit déterminer si la mort de Rémi Fraisse a été causée par une grenade des forces de l'ordre ou le cocktail Molotov d'un activiste.
Selon les premiers résultats d'autopsie présentés à la presse par le procureur d'Ali Claude Dérens, "la plaie importante située en haut du dos de Rémi Fraisse a été causée, selon toute vraisemblance, par une explosion".
"On ne peut pas aujourd'hui exclure que l'explosion importante aurait pu être causée par une grenade, puisque (...) une grenade semble avoir été lancée depuis la redoute dans laquelle les gendarmes s'étaient retranchés", a ajouté plus tard le procureur, interviewé sur RTL. 
Ce représentant du ministère de la Justice précise que le corps du jeune homme avait été piétiné quand les gendarmes l'ont découvert et que son sac à dos avait disparu. La jeune fille qui accompagnait la victime n'est plus mentionnée, bien que Jean-Pierre Fraisse ait fait état de sa présence.
Camille, un activiste très en pointe contre la construction du barrage, donne sa version de la mort du "sympathisant" de la cause altermondialiste. "Les gendarmes ont effectué une grosse charge précédée d’envois de gaz lacrymogène et de bombes assourdissantes", raconte-t-il, "des témoins ont vu Rémi se faire toucher par trois assourdissantes, l’une d’elles s’est coincée dans son sac et a explosé dedans, lui arrachant l’épaule." Il paraît donc d'autant plus étrange que la victime ait été abandonnée au sol par ses camarades. De nouvelles analyses, dont les résultats pourraient être connus mardi, doivent éclaircir ces zones d'ombre humides.

Les 70 gendarmes "attaqués" par une centaine d'opposants très déterminés avait découvert le corps de Rémi Fraisse dimanche,
à deux heures du matin quand ils avaient éclairé la zone et aperçu le manifestant abandonné à terre par ses camarades. Pour récupérer le jeune homme inanimé et lui porter secours, en vain, des gendarmes étaient alors sortis de l'enclos grillagé où ils s'étaient protégés.

La famille de 
Rémi Fraisse envisage de déposer plainte, ce mardi à Albi, si toutefois la preuve est faite des accusations portées contre la police pour homicide volontaire commis "par une ou plusieurs personnes dépositaires de l'autorité publique", ont annoncé lundi de ses avocats.

L'engagement des activistes ne faiblit pas

Les affrontements avaient été violents
 sur le site du projet de barrage
, dans la nuit de samedi à dimanche, à Lisle-sur-Tarn. 

Aux jets de cocktails Molotov et de pierres de leurs agresseurs, les gendarmes avaient répondu par des gaz lacrymogènes et au moins une grenade assourdissante.
Plusieurs opposants ont également mentionné l'usage de grenades de désencerclement.

Lundi, la tristesse et la colère des opposants étaient intactes, au lendemain de l'annonce du décès de Rémi, étudiant à Toulouse et bénévole botaniste au sein d'une association de défense de l'environnement, Nature Midi-Pyrénées.

Environ un millier d'opposants se sont rassemblés lundi dans le centre d'Albi où , avec la haine, ils ont d'abord scandé : "Rémi, Rémi, on ne t'oublie pas". Des heurts violents ont en effet rapidement éclaté entre plusieurs dizaines de manifestants, pour certains cagoulés et jetant des pavés et les CRS. Le calme était revenu vers 19h00, après plus de deux heures d'un face à face tendu ponctué de salves de gaz lacrymogènes.

"A mains nues", au départ

Le père de Rémi, Jean-Pierre Fraisse, a reconnu sur i-télé l'existence des radicaux du mouvement pour assurer que son fils n'en faisait pas partie et était allé sur le site "un peu en touriste", à 90 km, "avec sa copine", selon ce retraité divorcé de sa femme qui vit avec leur fille, et conseiller municipal divers gauche de Plaisance du Touch (Haute-Garonne).
Rémi y "est allé à mains nues, apparemment, au milieu de tout ça, alors que les gens sont normalement casqués (...), même les manifestants", rapporte ce père visiblement bien informé.
Depuis le début du défrichement du site, le 1er septembre, les opposants ont mené toutes sortes d'opérations de guérilla militante pour tenter d'empêcher la destruction d'un réservoir de biodiversité de 13 hectares de "zones humides". Pour eux, ce projet vise à satisfaire des besoins en irrigation surévalués, de leur point de vue, et ne bénéficiera, qu'à un faible nombre d'exploitants, disent-ils,  mais en vérité à de petits agriculteurs en recherche de développement pour leur survie plutôt que de profits.

Des pouvoirs publics divisés sur le projet


Les experts mandatés par le gouvernement ont critiqué un projet surdimensionné, au coût d'investissement (8,4 millions d'euros) élevé. "Continuer sans rien changer est une erreur", a déclaré lundi l'un des  hommes-liges de S. Royal, Nicolas Forray, devant la presse, l'autre ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts étant Pierre Rathouis. Le ministère de Ségolène Royal a en effet intégré Forray au corps d'inspection du Commissariat général au développement durable, à Paris, le 1er juin 2014. Il était également délégué régional de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire). 
Or, la mission de ses experts qui a débuté le 8 septembre 2014 devait être une expertise "permettant de s’assurer de la qualité et de l’ambition du projet de territoire (lié à la réalisation de la retenue) et des mesures compensatoires visant à préserver la biodiversité du site", avec l’objectif de "rétablir un climat serein"...


Ségolène Royal disait vouloir calmer le jeu. Par deux fois, dimanche 7 et lundi 8 septembre, la ministre de l'Ecologie avait exprimé sa désapprobation sur deux projets – les boues rouges de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et le barrage de Sivens (Tarn) – s'opposant aux représentants locaux de l'Etat qui soutiennent le projet.


Les ambiguïtés de Ségolène Royal avaient en fait entretenu les tensions. 
L'annonce de Ségolène Royal par tweet publié mardi 21 octobre à 17 h n'a pas apaisé les deux membres du collectif du Testet qui sont en grève de la faim. Elle y promet que le rapport des experts sur le barrage de Sivens fera l’objet d’une "réunion de restitution en Préfecture du Tarn dès le début de la semaine prochaine". Christian Conrad et Roland Fourcard, les soupçonneux grévistes de la faim, demandaient que ce rapport soit rendu public pour pouvoir cesser leur action. Le collectif du Testet et les grévistes de la faim demandaient des précisions à la ministre, alors que, depuis des mois, le Conseil général du Tarn, maître d'ouvrage, défend ce projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée, reconnu d'"utilité publique" et "d'intérêt général".

Ce décès marque un tournant tragique dans ce mouvement de contestation. 
Mais lundi, Thierry Carcenac, le président socialiste du Conseil général du Tarn, a dit accepter "les préconisations du rapport des experts" portant notamment "sur une nouvelle répartition de l'eau" et "une amélioration des mesures environnementales". "Cette réalisation n’est pas remise en cause mais des adaptations sont demandées pour en faire un projet des territoires plus équilibré sur le plan environnemental".

"Mourir pour des idées, c'est une chose mais c'est quand même relativement stupide et bête" a estimé l'élu socialiste. "Mais je tiens à dire que je comprends et je me mets à la place des parents dans cette situation", s'est repris le président du Conseil général devant la presse.

Dans toute la France, une dizaine de manifestations ont rassemblé des militants d'extrême gauche pour protester contre le décès de Rémi Fraisse. "Oseront-ils construire un barrage sur un cadavre ?", interrogeait une banderole (ci-contre) à Marseille.

Ecologistes "républicains" d'EELV
soutenus par Joseph Bové et 
C. Duflot, ex-ministre de Hollande 
Plusieurs responsables politiques se sont déjà prononcés pour l'abandon pur et simple du projet, de l'ancienne ministre de l'Écologie, Delphine Batho (PS), de la députée Cécile Duflot (EELV) et du député européen José Bové, d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) et syndicaliste agricole de la Confédération paysanne et de Via Campesina.

La secrétaire nationale de leur parti, Emmanuelle Cosse, a réclamé une "enquête exemplaire" et "l'arrêt immédiat des travaux". Dans un communiqué, EELV, co-"organisatrice" des actions violentes sur le site a conclu que "s'entêter dans la poursuite du projet de barrage "serait désormais irresponsable et dangereux", mais un peu tard. 
Ce matin, ce vieux filou de Bové a déjà prévu devant JJ. Bourdin que, dans la nuit du drame, des "infiltrés" aient pu côtoyer des militants vertueux...

vendredi 1 août 2014

Autoroute de l'Ouest : non, non, Valls n'a pas désavoué Royal !

A la différence de S. Royal, le Premier ministre n'a pas "d'objection" 

Valls est favorable au lancement de la procédure de consultation que sa ministre veut bloquer 


Blocage: bras croisés
sur la réalisation de l'autoroute A831.

"Pas d'objection": Manuel Valls n'est pas à une contre-vérité près...
Le Premier ministre a autorisé jeudi le lancement de la procédure de consultation sur la réalisation de l'autoroute A831, à laquelle s'oppose Ségolène Royal. Sous certaines "réserves" qu'il énumère, Manuel Valls déclare que "le gouvernement n'a pas d'objection à ce que la procédure de consultation soit lancée afin de connaître le coût de cet ouvrage". Le premier ministre aura le dernier mot et le fait savoir.

Pas de désaveu non plus, assure aussi Valls  

Manuel Valls estime qu'il n'a nullement désavoué Ségolène Royal. 
"Pas le moins du monde", a répondu le Premier ministre. "Pour prendre une décision, il faut avoir tous les éléments" de l'accord, comme de l'interdiction: l'amère Royal appréciera (...) "Je suis comme la ministre, à l'écoute des élus de cette région. Il y a un projet qui pose beaucoup de problème en termes d'intégration environnementale, mais pour faire le bon choix, étudier les choix alternatifs et de contournement, il faut avoir tous les éléments en main", a insisté Manuel Valls.
Tous, sans elle:
Bruno Retailleau (UMP, au micro) et Olivier Falorni (PS, derrière) dénoncent "le fait de la princesse". Les élus ont manifesté pour l’A 831
Invité d’Europe 1 Soir vendredi, Ségolène Royal a cherché à gommer toute marque de discordance, précisant avoir été associée à l'écriture de cette lettre. "Il était aberrant de se lancer dans un projet comme celui-là sans étudier de piste alternative", a toutefois fait valoir la ministre de l’Ecologie pour sa défense. "Et dans le courrier qu'il [Manuel Valls] a adressé aux élus, il a déclaré qu'il fallait également étudier la piste alternative, ce que les élus de Vendée refusaient de faire", a-t-elle accusé.

Le contenu de la lettre

Tracé de l'autoroute de la discorde 
La position de Valls fait l'objet d'une lettre rendue publique par des élus qui l'avaient saisi après que la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a exprimé son hostilité au projet. Le Premier ministre souligne que, en raison de "l'insertion environnementale délicate" du projet, "des modifications substantielles" au projet initial ont déjà été apportées et il demande qu'elles soient "portées à la connaissance du public". 
Il demande aussi d'"inscrire encore davantage le projet dans une démarche de développement durable". 
Enfin, "il conviendra de chiffrer parallèlement la solution alternative" de contournement de la zone écologiquement la plus sensible (le Marais poitevin) évoquée par Ségolène Royal. "C'est en conclusion de ce processus que sera prise la décision de réaliser ou non l'A831", destiné à relier Fontenay-le-Comte, en Vendée, à Rochefort, en Charente-Maritime, conclut Manuel Valls.

Bras de fer  

Plusieurs grands élus de l'Ouest de la France, issus des rangs de la droite et de la gauche, avaient écrit à Manuel Valls le 28 juillet pour réclamer que l'Etat autorise les élus locaux promoteurs du projet à "aller jusqu'au bout de la procédure de consultation". La coquecigrue du Marais - oiseau mythique né du croisement d’un coq, d’une grue et de la ciguë - avait défendu mardi sa décision de saborder ce projet d'autoroute entre Rochefort, en Vendée, et Fontenay-le-Comte, en Charente-Maritime, pour protéger le Marais poitevin, un parc naturel qui se situe sur son fief électoral. "On ne va pas refaire Notre-Dame-des-Landes dans le Marais poitevin !", s'était-elle écriée, courroucée, au micro d'Europe1, faisant référence au conflit entourant le projet de construction de ce nouvel aéroport en Loire-Atlantique.

Valls donne satisfaction aux élus 
La décision de Manuel Valls est "une excellente nouvelle dont nous nous réjouissons", soulignent dans un communiqué commun le député PS Hugues Fourage avec le député UMP et président du conseil général de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau, le président PS de la région Pays-de-la-Loire, Jacques Auxiette, et celui du Conseil général de la Vendée, le sénateur UMP Bruno Retailleau.


vendredi 27 juin 2014

Interdit écologique: Royal part en croisade contre les sacs plastiques

Diktat écolo: Royal veut bannir les sacs plastiques non dégradables: 
quid des emballages?

Le sac plastique sera biodégradable ou ne sera pas en 2016, selon Ségolène Royal


Cachez ces sacs plastique
que le ministre de l'Economie 

PS  ne saurait voir !
La ministre de l'Écologie a déposé un amendement adopté mercredi soir qui propose de remplacer les sacs par des cabas ou des chariots à roulettes. Les représentants commerçants ne décolèrent pas et demandent le retrait du texte.

Après trois mois au gouvernement, Ségolène Royal continue sur la voie de l'écologie de l'interdit.
La "remise à plat" de l'écotaxe, l'opposition au gaz de schiste et la sortie du nucléaire, toutes les décisions de la nouvelle ministre de l'Écologie agitent l'opinion. Elle relâche le vieux serpent de mer de l'interdiction  des sacs plastiques non réutilisables dans les magasins dès 2016.

Un amendement déposé par la ministre a été adopté mercredi en soirée 
en Commission du développement durable à l'Assemblée lors de l'examen du projet de loi sur la biodiversité. 

La consommation de sacs plastiques distribués dans les grandes surfaces en France est déjà tombée de 10,5 milliards à 700 millions de 2002 à 2011. Un nombre qui devait de toute façon continuer à baisser, avant même la mise en place, le 1er janvier dernier, d'une taxe d'environ six centimes par sac. Mais "près de 5 milliards de sacs de caisse en matière plastique à usage unique et plus de 12 milliards de sacs dits 'fruits et légumes' sont encore distribués dans les commerces" chaque année. 
À la place des sacs plastiques, l'amendement propose donc des "sacs réutilisables quelle que soit leur matière" ou "d'autres modes de transport des marchandises, comme par exemple des cabas ou des chariots".
Les points de vente se voient donc interdire la distribution aux Français des sacs à usage unique, qu'ils soient gratuits ou payants, distribués en caisse ou en magasin.




VOIR et ENTENDRE   Pascal Durand, député européen EELV, estimer que  "l'interdiction des sacs plastiques est une excellente nouvelle":


Cette annonce Royal coûterait environ 300 millions d'euros aux commerçants

La ministre renonce en effet à la prévention par la pédagogie et suscite l'irritation de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution et l'Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs à propos des 144 millions pour les sacs de fruits et légumes, 100 millions pour les sacs de caisse et 40 millions pour les sacs comptoir. 
"Cette mesure entraînera une hausse des prix, notamment des fruits et des légumes. Une telle inflation sur des produits alimentaires de première nécessité est un frein supplémentaire à la consommation", expliquent les deux organisations qui appellent le Parlement à supprimer cette mesure. "Entamer encore le pouvoir d'achat des Français, dans le contexte économique actuel, est irresponsable", ajoutent-elles.

"On attaque enfin le gras du problème"
(Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie 
et environnement de l'UFC-Que choisir)



A l'inverse, la mesure a été bien accueillie par les associations de consommateurs. 
"On attaque enfin le gras du problème, répond Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie et environnement de l'association de consommateurs, l'UFC-Que choisir, très marquée à gauche, qui, dès 2003, avait réclamé -et obtenu- des mesures drastiques pour réduire le nombre de sacs plastiques non dégradables. Même si les mentalités ont changé depuis le début des années 2000 sous l'impulsion des pouvoirs publics soutenus par certaines groupes comme Leclerc ou Carrefour, il existe encore des poches de résistance de la part des acteurs de la grande distribution. Tous les produits bioplastiques ne sont, par exemple, pas biodégradables. Et ceux biodégradables ne sont pas forcément écologiques".

Ségolène Royal fait de la surenchère sur Bruxelles 

Fin novembre, la Commission européenne avait adopté une proposition visant à imposer aux États membres de l'Union européenne de réduire fortement leur consommation de sacs plastique jetables. Ségolène Royal ne fait donc qu'aller plus loin. L'UFC-Que choisir espère désormais qu'il en sera de même pour les prospectus publicitaires. "Ce sera plus compliqué à faire passer auprès des sociétés», déclare Nicolas Mouchnino.


VIDÉO - «L'interdiction des sacs plastiques est une excellente nouvelle», juge Pascal Durand, député européen EELV.