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jeudi 6 février 2020

Municipales : Anne Hidalgo (PS) recycle des mesures pas vraiment nouvelles

La socialiste fait du neuf avec de l'ancien

Son programme pour Paris 2020 
n'est pas franchement innovant


Anne Hidalgo, lors du lancement de sa campagne le 13 janvier 2020.
Anne Hidalgo le 6 février 2020
Dans le programme 2020 que la maire-sortante de Paris a dévoilé ce jeudi 6 février pour les élections municipales de mars prochain. plusieurs mesures figuraient déjà dans son programme de 2014 et d’autres ont déjà été annoncées ces derniers mois par Anne Hidalgo. 

Se baigner dans la Seine, c'était déjà au programme de Jacques Chirac... On était alors il y a 30 ans,  le 15 mai 1990!   

Et, outre des propositions très axées sur l'écologie dévoilées jeudi 6 février lors d’une conférence de presse, (planter 170.000 arbres, piétonniser le centre de Paris, éradiquer les plastiques à usage unique d’ici 2024, cuisiner 100% bio dans les cantines….), le programme d’Anne Hidalgo pour les municipales de mars prochain ne comporte pas que des nouveautés.
Ses équipes sont à la peine : combien de mandats lui faudra-t-il pour mener à bien son programme de 2014 ? 

• Mettre en place des navettes électriques pour les touristes :

Dans son nouveau programme, l'édile de Paris annonce vouloir créer des "navettes électriques pour les touristes, pour les seniors et les personnes à mobilité réduite". ¨Proposition qu'elle précise sur Twitter : "Les touristes pourront se déplacer grâce à de petites navettes électriques, bien plus adaptées à notre ville. Ces navettes électriques seront mises à disposition de nos aînés et des personnes à mobilité réduite." Or, en 2014, elle écrivait déjà : "J’interdirai progressivement les bus de tourisme diesel (au même rythme que ceux de la RATP) et les remplacerai par des petites navettes électriques."

• Logements sociaux :

L'actuelle maire de Paris souhaite atteindre "25% de logements sociaux d’ici 2025, répartis dans tout Paris pour les classes populaires et les classes moyennes." Un chiffre qui n'est autre que celui imposé par la loi SRU de 2013, qui oblige à atteindre ce taux de logement dans les zones tendues. Les objectifs de la maire sortante n'ont pas bougé par rapport à 2014, où elle disait : "Je veux créer 10.000 (logements dans Paris) par an, atteindre 25% de logements sociaux en 2025 et 30% en 2030. Un effort particulier sera réalisé sur les logements intermédiaires pour les classes moyennes et les jeunes actifs". Six ans après la première promesse, la maire ne précise pas où elle en est de son objectif.

• Aménager l'héliport, "réservoir de biodiversité" :

Anne Hidalgo propose de faire de l'héliport de Paris, situé dans le sud-ouest, aux portes de Paris, un "réservoir de biodiversité". Mais telle était déjà son ambition en 2014. A deux reprises dans son programme d'il y a six ans, elle l'évoquait. "L’héliport sera reconverti en un grand parc culturel et sportif, dédié aussi aux loisirs", pouvait-on lire. Une promesse qu'elle assortissait de l'engagement suivant : "Je poursuivrai la reconquête de la petite ceinture ferroviaire et je transformerai l’héliport pour en faire des espaces de biodiversité."

• Périphérique :

La socialiste propose de transformer le périphérique en "boulevard avec une circulation apaisée. Dès 2024, une voie sera réservée aux transports en commun, au covoiturage, aux véhicules propres et transportant des personnes à mobilité réduite". Le sujet a déjà été abordé au Conseil de Paris, à la suite des préconisations de la mission d'information et d'évaluation (MIE) sur l'avenir du périphérique, parmi lesquelles figurent la réduction du la vitesse à 50 km/h et le fait de réserver une voie aux véhicules propres et au covoiturage. 

• Véhicules diesel et essence : les véhicules à essence bannis de la ville en 2030

Il s'agit d'une proposition essentielle du programme de la maire sortante : l'interdiction des véhicules diesel et des cars de tourisme à Paris en 2024, et l'interdiction des véhicules essence en 2030. Or, après avoir annoncé son intention de ne plus autoriser la circulation de voiture diesel en 2024, en octobre 2017,  la Ville de Paris indique déjà qu'elle étendra cette interdiction aux voitures essence pour 2030. 

• Référendum Airbnb :

Enfin, l'équipe municipale, qui mène depuis longtemps le combat contre Airbnb, inscrit dans le programme d'Anne Hidalgo la tenue d'un référendum "avant l'été pour déterminer dans chaque arrondissement le nombre maximal de journées de location". Là encore, la maire traduit en promesse électorale ce qu'elle annonçait dès le mois de novembre 2019. A l'époque, le premier adjoint Emmanuel Grégoire avait précisé que la question serait "posée dans chaque quartier, car évidemment la réalité n’est pas la même dans chaque quartier". 

C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe ?
Mais qui aime la soupe réchauffée? Café bouillu, café foutu ! 

vendredi 8 juillet 2016

Feu vert du gouvernement aux premières éoliennes françaises en mer

Hollande balaie les craintes sur la protection de la biodiversité de la mer  

Les trois premiers parcs d'éoliennes en mer en projet au large des côtes françaises, pilotés par EDF, ont désormais le feu vert des préfectures
 
Trois projets ont été choisis en avril 2012 lors du premier appel d'offres passé par le gouvernement. 

Il
 a permis d'attribuer les sites au large 
de Fécamp (PS jusque 2014, Seine-Maritime,  PS jusque 2014, 500 MW), 
de Courseulles-sur-Mer, UMP (Calvados, UDI, 450 MW) 
et de Saint-Nazaire, PS (Loire-Atlantique, PS), 480 MW) au consortium associant EDF Energies Nouvelles, Dong Energy Power (Danemark) et Alstom (France, actionnariat flottant à 47,79 %). 
La construction et l'exploitation du parc de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor, 500 MW) a été confiée au consortium composé d'Iberdrola, Eole-Res et Areva. 
Ces quatre parcs devraient entrer en service en 2019. 
En mai 2014, dans le cadre du second appel d'offres, les sites du Tréport (Seine-Maritime, 500 MW) et des Îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée, 500 MW) ont été attribués au consortium formé par GDF Suez, Areva, EDP Renewables (USA) et Neoen Marine. La construction des parcs devrait être lancée à l'horizon 2019.
La Loire-Atlantique pourrait être le premier département français à voir pousser des éoliennes en mer. Les recours contre ce projet de 480 MW (80 éoliennes à 12 km des côtes) doivent être déposés au plus tard le 25 juillet. Or, Prosimar, association locale membre du réseau Pulse opposé à l'éolien offshore, expliquait mardi ne pas avoir pour l'heure les fonds nécessaires à son combat.

France nature environnement est favorable aux trois projets qui prévoient des suivis environnementaux mais restera "vigilante" sur leur mise en oeuvre. Son président a été conseiller municipal écologiste (EELV) à Quimper, dont le maire fut Bernard Poignant (PS), battu par la droite en 2014, mais conseiller intime de François Hollande à l'Élysée.

Les opposants ont quatre mois pour saisir la cour d'Appel administrative de Nantes à compter de la publication ces derniers mois des arrêtés préfectoraux "autorisant l'implantation et l'exploitation" de ces parcs situé au large de quelques-unes des plages du Débarquement.
Début avril 2016, Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, en était encore à lancer deux appels d'offres éolien en mer pour la construction de six parcs offshore, pour une puissance totale de 3 GW d'ici à 2020 (contre 6 GW visés par le Grenelle). 
En France, des opposants se sont organisés sous forme d'associations: par exemple l'association bretonne C du Vent (communale) ou la fédération Vent de Colère ! (qui fait "échouer 60% des projets éoliens", se vante Alain Bruguier, président de la fédération), qui regroupe plus de 300 de ces associations.
Des associations travaillent à des recours 

Une barre d'éoliennes,
comme on connaît les barres d'immeubles
Le projet de Courseulles-sur-mer (75 éoliennes développant 450 MW à 10 km des côtes) semble le plus exposé à des recours. Les opposants ont jusqu'au 10 octobre pour le contester.
"On va déposer un recours. Avec plusieurs associations, on va plancher tout l'été. Notre argument principal est l'incompatibilité de ce projet avec celui de classement des plages du Débarquement au patrimoine de l'Unesco", explique Elsa Joly Malhomme, de l'association Libre Horizon (qui milite pour que ce parc soit situé non pas à 10 mais à 20 km au large), membre du réseau Pulse. Leur avocat, Francis Monamy, a obtenu en 2014 l'annulation du schéma régional éolien d'Ile-de-France.
Association française et internationale, Robin des bois affirme elle aussi préparer un recours contre Courseulles. Ce parc qu'elle juge tout aussi "surdimensionné" que les deux autres,  menace la biodiversité et la sécurité des navires.

A Fécamp (83 éoliennes produisant 498 MW à 13 km des côtes), un recours est juste "envisagé", selon l'association locale du réseau Pulse. Les opposants ont jusqu'au 22 août pour saisir la justice.

Le coût: une facture d'au moins 2 milliards, par parc 

EDF Energies Nouvelles doit prendre sa décision finale d'investissement au premier semestre 2017sur les trois parcs, pour une mise en service en 2020, sauf recours. Le groupe mène ces projets en partenariat avec le canadien Enbridge et Alstom Renewable Power.
Ce dernier a inauguré fin 2014 la première usine de pièces d'éoliennes, la seule à ce jour en France. La pose de la première pierre d'une seconde usine Alstom est espérée à Cherbourg pour "fin 2016, début 2017", après avoir été repoussée de plus d'un an.
Un quatrième projet, 62 éoliennes pour 496 MW, en tout à 17 kilomètres au large de Saint-Brieuc, avait aussi remporté l'appel d'offres. Il est mené par l'espagnol Iberdrola avec Adwen, la coentreprise d'Areva avec l'espagnol Gamesa, dont Areva est en train de se retirer. L'enquête publique préalable à l'arrêté préfectoral d'autorisation doit démarrer le 4 août et durer deux mois. La mise en service est annoncée pour 2020.

Ces quatre parcs représentent un investissement de 2 à 2,5 milliards d'euros chacun.

Deux autres projets, menés par Engie, ont été ensuite choisis, en 2014, par le gouvernement, au large du Tréport (Seine-Maritime) et des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée, dans les Pays de la Loire, un Conseil régional présidé par le PS Jacques Auxiette). La mise en service est envisagée à partir de 2021.

Au large du Royaume-Uni, EDF EN a déjà mis en service 62 mégawatts éoliens.
Fin 2015, l'Europe totalisait 3.230 éoliennes offshore réparties dans 84 parcs dans 11 pays (en incluant les sites en construction), pour une capacité cumulée de 11.027 MW, soit l'équivalent d'environ 11 réacteurs nucléaires et 1,5% de la consommation électrique totale de l'UE. Les plus grands parcs éoliens extraterritoriaux se trouvent au Danemark, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

vendredi 18 mars 2016

Ségolène Royal dézingue Valls en ciblant Stéphane Le Foll

Le porte-parole du gouvernement n'a-t-il pas droit à la parole dans le périmètre Royal ?  

La parole éclatée du gouvernement

La ministre de l'Environnement réclame l'exclusivité dans son domaine.
Jalouse de ses attributions, Ségolène Royal n'a pas apprécié que son homologue à l'Agriculture s'empare de ses sujets de prédilection et l'a méchamment rappelé à l'ordre sur BFMTV ce jeudi 17 mars, critiquant les prises de position de Stéphane Le Foll sur Notre-Dame-des-Landes et les pesticides.

A quelques heures d'intervalles, le 21 février 2016, les ministres Ayrault et Royal ont affiché leurs divergences sur le périmètre de la consultation locale sur lequel F. Hollande s'est engagé le 11 février dernier, qui sera organisé d'ici la fin de l'année et qui décidera de l'avenir de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le ministre des Affaires étrangères, ancien Premier ministre et ex-député-maire de Nantes s'est déclaré en faveur d'une consultation limitée au département de la Loire-Atlantique. "Il faut que ce soit le périmètre le plus proche du territoire impacté", a déclaré Jean-Marc Ayrault sur France 3.
A l'inverse, Ségolène Royal s'est prononcée en faveur d'un référendum  élargi aux autres départements de la région. "Au départ, tout le monde était contre ce référendum et maintenant, ce référendum est réclamé", avait souligné la ministre de l'Environnement, faisant référence aux quatre départements limitrophes de la Loire-Atlantique qui avaient exigé d'être inclus dans cette consultation locale. "S'ils réclament de voter, on ne va pas s'en plaindre", avait-elle estimé, lors de l'émission Le Grand Rendez-Vous sur Europe 1/Le Monde/i-télé.

Le 15 mars, le premier ministre, Manuel Valls, a tranché en faveur d'une consultation en juin et limitée à la seule Loire-AtlantiqueUn arbitrage conforme au souhait des plus fervents partisans du projet, notamment le ministre des Affaires étrangères et ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault.
"On a choisi ce périmètre pour que le oui l’emporte, c’est le seul critère", a tempêté le maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, co-président de l’association des élus opposés à l’aéroport.

Royal fait du projet controversé d'aéroport en Loire-Atlantique son domaine réservé

L'ex-épouse répudiée a jugé que les ministres n'ont pas à "donner des indications" sur ce que serait leur vote au référendum local. "Ce n'est pas aux membres du gouvernement de se prononcer", a jugé la ministre de l'Environnement. Stéphane Le Foll venait en effet de prendre position en favorable du projet, tandis que le secrétaire d'État à la Réforme et à la Simplification, l'écologiste Jean-Vincent Placé, avait également fait de même, en appelant en revanche à voter contre. "On ne peut pas à la fois restreindre (la) consultation au département de Loire-Atlantique et ensuite, quand on n'est pas de ce département de Loire-Atlantique, commencer à donner des indications (de vote), surtout quand on est membre du gouvernement", gronde Ségolène Royal.

Le Premier ministre a indiqué mardi que le référendum aurait lieu "avant l'été, au mois de juin"  et qu'il serait limité au seul département de Loire-Atlantique. Or, les opposants le considèrent comme plus favorable à l'adoption du projet et dénoncent donc un arbitrage partisan de Manuel Valls. Interrogée sur les propos de Jean-Vincent Placé (voir Emmanuel Cosse, manifestant contre NDDL, ci-dessus, et actuelle ministre du gouvernement), Ségolène Royal explique : "ce n'est pas que ça me choque, mais c'est un peu incohérent avec l'ordonnance", prise jeudi, qui prévoit la consultation en Loire-Atlantique. "Ceux qui ne sont pas dans ce département normalement n'ont pas leur avis à donner", estime-t-elle.

Le ministre n'est pas sur la même ligne que sa collègue
Il était favorable à un référendum élargi aux départements limitrophes et souligne qu'en tant qu'"organisatrice" et "médiatrice", Ségolène Royal doit "garder une attitude impartiale par rapport à cette question-là et faire en sorte que l'organisation de la consultation se fasse dans les meilleures conditions".

L'ordonnance sur le référendum, qui modifie le code de l'Environnement, doit être transmise pour consultation au Conseil national de la transition écologique (CNTE) qui réunit représentants d'ONG, collectivités, syndicats, patronat et parlementaires. "Si au cours de cette consultation, il y a des idées qui émergent et qui peuvent permettre d'avoir un critère objectif de consultation au-delà du département, pourquoi pas ?", estime Ségolène Royal. "À ce moment-là, nous en rediscuterons avec le Premier ministre pour dire : 'voilà ce qui ressort de la consultation, voilà comment je vois les choses, on en parle et on reprend une décision'", explique-t-elle.

La ministre de l'Environnement a également défendu son pré carré sur les pesticides

L'amère Royal a réagi sèchement à la lettre adressée par Stéphane Le Foll aux parlementaires, leur demandant d'éviter "l'interdiction brutale" de certains insecticides. Alors que l'Assemblée examine le projet de loi sur la biodiversité, le ministre de l'Agriculture a adressé aux députés un courrier pour leur demander de ne pas "interdire en France ce que les autres pays (de l'UE) autorisent". Les parlementaires doivent notamment se prononcer sur l'avenir des insecticides néonicotinoïdes, "tueurs d'abeilles" déclarés toxiques pour l'environnement et la santé. Dans sa lettre datée du 11 mars, Stéphane Le Foll estime également que les voies "alternatives ne présentent aucune garantie supplémentaire pour les pollinisateurs, bien au contraire".

Un procédé qui a "un peu surpris" Ségolène Royal, qui assure toutefois n'être "par du tout en colère". "Ça fait parti du débat, plus rien ne m'étonne en politique", explique-t-elle. Mais la ministre a souligné sur BFMTV que les néonicotinoïdes sont "non seulement nuisibles pour les pollinisateurs [comme les abeilles], mais qu'on se rend compte maintenant que ça a des perturbations aussi sur le cerveau des êtres humains". 

La peste prend de haut le sujet et le grand escogriffe 
"Je comprend sa préoccupation au sens où il défend les agriculteurs qui lui disent qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Moi, je connais beaucoup d'agriculteurs qui commencent à faire autrement", a souligné l'énarque, estimant sa qualification supérieure à celle de son collègue d' 1 m 89 mais bac +2 (titulaire d'un BTS en produits agricoles et pourtant chargé de cours à l'université de Nantes de 1998 à 1999). Et de préciser: "On sait que maintenant il y a des substituts aux néonicotinoïdes et au glyphosate", un autre produit phytosanitaire dont elle "espère que bientôt ce sera interdit aussi pour l'agriculture car les premières victimes ce sont les agriculteurs, leurs familles et leurs enfants".

"Il vaut mieux dire clairement les choses et ensuite que les décisions soient prises dans l'intérêt général et surtout en regardant le futur, pas le passé", a méchamment taclé Ségolène Royal fustigeant "les combats d'arrière-garde sur le maintien notamment des pesticides". "Aujourd'hui, il y une femme sur 10 qui est touchée par le cancer du sein et on continuerait à faire comme si de rien n'était par rapport aux pesticides ? c'est inacceptable".

jeudi 3 mars 2016

Ecologie politique: Tartarin Hollande chasse à la glu et se fait moquer

L'humour bio de J.Aubert au détriment du dernier gouvernement Valls en date

Julien Aubert, LR, a évoqué la chasse à la glu à propos du remaniement ministériel de Hollande.


Le député Les Républicains du Vaucluse a comparé la chasse à la glu la capture  par  François Hollande des trois écologistes du gouvernement du petit Manu Valls. C'est une technique de chasse méditerranéenne traditionnelle, jugée cruelle par les écologistes qui, à la différence des 'sans dents', n'ont jamais connu la faim, et qui consiste à placer de la colle sur les branches pour capturer les oiseaux.
Ce 2 mars, lors de la séance de questions au gouvernement, les chasseurs de la région Paca étaient à l'Assemblée Nationale pour rencontrer les parlementaires, afin de leur expliquer cette technique de chasse traditionnelle qui permet d'attraper des oiseaux vivants (telle la coquecigrue du Marais poitevin) avec de la glu pour les dresser ensuite comme "appelants" (appeaux en patois occitan, ci-dessus à droite), destinés à attirer d'autres animaux pour se nourrir ou les dresser à leur tour.


L'interdiction de cette technique est prévue pour 2017 dans le projet de loi du gouvernement Ayrault
du 26 mars 2014 sur la biodiversité, rebaptisé "pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages" (celle-là même qui renforce la protection des alignements d'arbres, dont les platanes atteints par la maladie et jusque récemment jugés responsables d'accidents mortels de la route), mais qui interdit les cotons-tiges en plastique (ces bâtonnets ouatés, dont la tige n'est pas composée de papier biodégradable et compostable) et les magnets, en raison du caractère non recyclable de ces objets publicitaires) et présenté le 1er mars 2016 devant les députés.

Le Parlement français contaminé par la Commission européenne
La réglementation européenne prête déjà à rire.
Ainsi, le règlement de la Commission du 16 septembre 1994 définit-il les qualités que doivent présenter les bananes vertes non mûries après conditionnement et emballage. 
Les bananes doivent être vertes, entières, fermes, saines, propres, pratiquement exemptes de parasites et d’attaques de parasites, à pédoncule intact sans pliure, ni attaque fongique et sans dessiccation, épistillées, exemptes de malformations et de courbure anormale des doigts, pratiquement exemptes de meurtrissures et de dommages dus à de basses températures, exemptes d’humidité extérieure anormale, d’odeurs et/ou de saveurs étrangères, les mains [de 4 à 8 bananes] et les bouquets devant comporter une portion suffisante de coussinet de coloration normale, saine, sans contamination fongique, et une coupe de coussinet nette, non biseautée, sans trace d’arrachement et sans fragment de hampe.
Les mains dans le dos, messieurs !
A l'Assemblée nationale, le député Julien Aubert a moqué l'hameçonnage des petits appeaux de l'écologie,

Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuelle Cosse, par "p'tit zizi" Valls (ci-contre, à gauche).
"C'est la même technique que celle employée par le Président de la République, pour gluer trois écologistes au Gouvernement. Il ne s'agit pas de tuer politiquement Europe-Ecologie-les-Verts, mais de les capturer provisoirement, afin de les relâcher après mai 2017", a-t-il déclaré devant des chasseurs vauclusiens, les députés et les ministres du gouvernement Valls.

mardi 28 octobre 2014

Barrage de Sivens: un jeune activiste victime d'une explosion à l'origine encore indéterminée

L'extrême gauche accuse les forces de l'ordre

Le jeune activiste mort sur le site du barrage de Sivens
 (Tarn), 

Barrage du Tarn: le jeune manifestant victime d'une explosion à l'origine indéterminée
On reconnaît le style  "Anonymous" des panneaux,
c'est-à-dire anarchiste révolutionnaire
contesté par les écologistes radicaux soutenus par Joseph Bové et la Confédération paysanne, a été victime d'une explosion 

L'enquête doit déterminer si la mort de Rémi Fraisse a été causée par une grenade des forces de l'ordre ou le cocktail Molotov d'un activiste.
Selon les premiers résultats d'autopsie présentés à la presse par le procureur d'Ali Claude Dérens, "la plaie importante située en haut du dos de Rémi Fraisse a été causée, selon toute vraisemblance, par une explosion".
"On ne peut pas aujourd'hui exclure que l'explosion importante aurait pu être causée par une grenade, puisque (...) une grenade semble avoir été lancée depuis la redoute dans laquelle les gendarmes s'étaient retranchés", a ajouté plus tard le procureur, interviewé sur RTL. 
Ce représentant du ministère de la Justice précise que le corps du jeune homme avait été piétiné quand les gendarmes l'ont découvert et que son sac à dos avait disparu. La jeune fille qui accompagnait la victime n'est plus mentionnée, bien que Jean-Pierre Fraisse ait fait état de sa présence.
Camille, un activiste très en pointe contre la construction du barrage, donne sa version de la mort du "sympathisant" de la cause altermondialiste. "Les gendarmes ont effectué une grosse charge précédée d’envois de gaz lacrymogène et de bombes assourdissantes", raconte-t-il, "des témoins ont vu Rémi se faire toucher par trois assourdissantes, l’une d’elles s’est coincée dans son sac et a explosé dedans, lui arrachant l’épaule." Il paraît donc d'autant plus étrange que la victime ait été abandonnée au sol par ses camarades. De nouvelles analyses, dont les résultats pourraient être connus mardi, doivent éclaircir ces zones d'ombre humides.

Les 70 gendarmes "attaqués" par une centaine d'opposants très déterminés avait découvert le corps de Rémi Fraisse dimanche,
à deux heures du matin quand ils avaient éclairé la zone et aperçu le manifestant abandonné à terre par ses camaradesPour récupérer le jeune homme inanimé et lui porter secours, en vain, des gendarmes étaient alors sortis de l'enclos grillagé où ils s'étaient protégés.

La famille de 
Rémi Fraisse envisage de déposer plainte, ce mardi à Albi, si toutefois la preuve est faite des accusations portées contre la police pour homicide volontaire commis "par une ou plusieurs personnes dépositaires de l'autorité publique", ont annoncé lundi de ses avocats.

L'engagement des activistes ne faiblit pas

Les affrontements avaient été violents
 sur le site du projet de barrage
, dans la nuit de samedi à dimanche, à Lisle-sur-Tarn

Aux jets de cocktails Molotov et de pierres de leurs agresseurs, les gendarmes avaient répondu par des gaz lacrymogènes et au moins une grenade assourdissante.
Plusieurs opposants ont également mentionné l'usage de grenades de désencerclement.

Lundi, la tristesse et la colère des opposants étaient intactes, au lendemain de l'annonce du décès de Rémi, étudiant à Toulouse et bénévole botaniste au sein d'une association de défense de l'environnement, Nature Midi-Pyrénées.

Environ un millier d'opposants se sont rassemblés lundi dans le centre d'Albi où , avec la haine, ils ont d'abord scandé : "Rémi, Rémi, on ne t'oublie pas". Des heurts violents ont en effet rapidement éclaté entre plusieurs dizaines de manifestants, pour certains cagoulés et jetant des pavés et les CRS. Le calme était revenu vers 19h00, après plus de deux heures d'un face à face tendu ponctué de salves de gaz lacrymogènes.

"A mains nues", au départ

Le père de Rémi, Jean-Pierre Fraisse, a reconnu sur i-télé l'existence des radicaux du mouvement pour assurer que son fils n'en faisait pas partie et était allé sur le site "un peu en touriste", à 90 km, "avec sa copine", selon ce retraité divorcé de sa femme qui vit avec leur fille, et conseiller municipal divers gauche de Plaisance du Touch (Haute-Garonne).
Rémi y "est allé à mains nues, apparemment, au milieu de tout ça, alors que les gens sont normalement casqués (...), même les manifestants", rapporte ce père visiblement bien informé.
Depuis le début du défrichement du site, le 1er septembre, les opposants ont mené toutes sortes d'opérations de guérilla militante pour tenter d'empêcher la destruction d'un réservoir de biodiversité de 13 hectares de "zones humides". Pour eux, ce projet vise à satisfaire des besoins en irrigation surévalués, de leur point de vue, et ne bénéficiera, qu'à un faible nombre d'exploitants, disent-ils,  mais en vérité à de petits agriculteurs en recherche de développement pour leur survie plutôt que de profits.

Des pouvoirs publics divisés sur le projet


Les experts mandatés par le gouvernement ont critiqué un projet surdimensionné, au coût d'investissement (8,4 millions d'euros) élevé. "Continuer sans rien changer est une erreur", a déclaré lundi l'un des  hommes-liges de S. Royal, Nicolas Forray, devant la presse, l'autre ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts étant Pierre Rathouis. Le ministère de Ségolène Royal a en effet intégré Forray au corps d'inspection du Commissariat général au développement durable, à Paris, le 1er juin 2014. Il était également délégué régional de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire). 
Or, la mission de ses experts qui a débuté le 8 septembre 2014 devait être une expertise "permettant de s’assurer de la qualité et de l’ambition du projet de territoire (lié à la réalisation de la retenue) et des mesures compensatoires visant à préserver la biodiversité du site", avec l’objectif de "rétablir un climat serein"...


Ségolène Royal disait vouloir calmer le jeu. Par deux fois, dimanche 7 et lundi 8 septembre, la ministre de l'Ecologie avait exprimé sa désapprobation sur deux projets – les boues rouges de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et le barrage de Sivens (Tarn) – s'opposant aux représentants locaux de l'Etat qui soutiennent le projet.


Les ambiguïtés de Ségolène Royal avaient en fait entretenu les tensions. 
L'annonce de Ségolène Royal par tweet publié mardi 21 octobre à 17 h n'a pas apaisé les deux membres du collectif du Testet qui sont en grève de la faim. Elle y promet que le rapport des experts sur le barrage de Sivens fera l’objet d’une "réunion de restitution en Préfecture du Tarn dès le début de la semaine prochaine". Christian Conrad et Roland Fourcard, les soupçonneux grévistes de la faim, demandaient que ce rapport soit rendu public pour pouvoir cesser leur action. Le collectif du Testet et les grévistes de la faim demandaient des précisions à la ministre, alors que, depuis des mois, le Conseil général du Tarn, maître d'ouvrage, défend ce projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée, reconnu d'"utilité publique" et "d'intérêt général".

Ce décès marque un tournant tragique dans ce mouvement de contestation. 
Mais lundi, Thierry Carcenac, le président socialiste du Conseil général du Tarn, a dit accepter "les préconisations du rapport des experts" portant notamment "sur une nouvelle répartition de l'eau" et "une amélioration des mesures environnementales". "Cette réalisation n’est pas remise en cause mais des adaptations sont demandées pour en faire un projet des territoires plus équilibré sur le plan environnemental".

"Mourir pour des idées, c'est une chose mais c'est quand même relativement stupide et bête" a estimé l'élu socialiste. "Mais je tiens à dire que je comprends et je me mets à la place des parents dans cette situation", s'est repris le président du Conseil général devant la presse.

Dans toute la France, une dizaine de manifestations ont rassemblé des militants d'extrême gauche pour protester contre le décès de Rémi Fraisse. "Oseront-ils construire un barrage sur un cadavre ?", interrogeait une banderole (ci-contre) à Marseille.

Ecologistes "républicains" d'EELV
soutenus par Joseph Bové et 
C. Duflot, ex-ministre de Hollande 
Plusieurs responsables politiques se sont déjà prononcés pour l'abandon pur et simple du projet, de l'ancienne ministre de l'Écologie, Delphine Batho (PS), de la députée Cécile Duflot (EELV) et du député européen José Bovéd'Europe Écologie-Les Verts (EELV) et syndicaliste agricole de la Confédération paysanne et de Via Campesina.

La secrétaire nationale de leur parti, Emmanuelle Cosse, a réclamé une "enquête exemplaire" et "l'arrêt immédiat des travaux"Dans un communiqué, EELV, co-"organisatrice" des actions violentes sur le site a conclu que "s'entêter dans la poursuite du projet de barrage "serait désormais irresponsable et dangereux", mais un peu tard. 
Ce matin, ce vieux filou de Bové a déjà prévu devant JJ. Bourdin que, dans la nuit du drame, des "infiltrés" aient pu côtoyer des militants vertueux...

lundi 8 septembre 2014

Ségolène Royal face à un barrage dans le Tarn


Un nouveau Notre-Dame-des-Landes ?

Le projet de barrage est accueilli par cocktails Molotov et grève de la faim
 
Quatre-vingts cocktails Molotov lancés sur les forces de l'ordre. Trois personnes ont été interpellées aux abords du site où est prévue la construction du barrage de Sivens et où le gouvernement avait déployé cent gendarmes le mercredi 27 août 2014.

Deux collectifs gèrent la lutte contre le projet de barrage et la tension est remontée avec le retour mardi matin de plusieurs dizaines de manifestants sur le site du projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée qui doit être construit sur la zone humide du Testet, au pied de la forêt de Sivens, près de Lisle-sur-Tarn dans le nord-ouest du Tarn, par la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG)

Ils ont appelé leurs sympathisants à venir dans les jours prochains pour bloquer le chantier de déboisement. 
Le collectif "Tant qu'il y aura des bouilles" tente d'occuper le site à la façon des opposants au projet d'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes. Les gendarmes ont expulsé ces militants du site qu'ils occupaient pour empêcher le début des travaux, mais ils ont immédiatement reconstruit à proximité un campement de fortune. "Dès 1969, ils voulaient déjà aménager une base de loisirs, ici, sans succès. Historiquement, c’est un coin rebelle, nous sommes à deux pas de Carmaux et de chez Jaurès !, expliquait déjà Erwan, punk écolo breton,  en novembre 2013.

Deux membres d'un autre collectif de riverains ont entamé une grève de la faim devant le siège du conseil général du Tarn à Albi depuis le 27 août 2014. 
"Un symbole pour nous, car nous sommes toujours sans réponse du Conseil général sur des questions concernant le projet de barrage de Sivens", a expliqué Ben Lefetey, porte-parole (ci-contre) du Collectif (2011) pour la sauvegarde de la zone humide du Testet (Tarn). "J'ai honte d'être Français en ce moment, lance cet altermondialiste internationaliste, car on n'écoute pas les citoyens. "Il faut qu'il y ait des violences pour être entendu. On se fout de notre gueule", a déploré Christian Pince, l'autre gréviste de la faim. Six autres membres du Collectif entrent en fait dans leur 11e jour de grève.



Ce projet de barrage hydraulique menacerait de disparition un réservoir de biodiversité de 13 hectares. 

B. Lefetey et Joseph Bové
Les partisans du barrage, parmi lesquels la FDSEA, le défendent comme une nécessité pour sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs. On aura donc compris que le projet est combattu par  la Confédération paysanne.

Ses adversaires dénoncent le modèle d'agriculture irriguée. Ils s'opposent à la disparition d'une zone humide boisée qui abrite 94 espèces protégées, et cela, bien que la préfecture du Tarn ait insisté à plusieurs reprises sur le caractère exemplaire du projet en matière environnementale.
En février, l'eurodéputé écologiste José Bové avait demandé un moratoire. "Je suis là pour apporter mon soutien très clair" aux opposants au projet de barrage à Lisle-sur-Tarn, a déclaré Joseph Bové devant le Conseil général, maître d'ouvrage du projet, où s'étaient rassemblés fin août une quarantaine d'opposants. 
"L'État doit mettre en place un médiateur", a-t-il ajouté, qualifiant le projet de barrage de "non sens écologique et agricole". "Il faut un moratoire" sur sa mise en oeuvre", a répété Bové. "On va saisir le ministère de l'Écologie", a annoncé le militant altermondialiste.

Du côté de la préfecture, 
 Hervé Tourmente le secrétaire généraldéfend un projet "d'utilité publique qui a suivi tout le cursus réglementaire. Les 13 hectares de zones humides qui seront noyés seront reconstitués sur 19 hectares et un strict suivi des espèces sera opéré". Alors qu'un parking et des travaux de terrassement ont déjà été entrepris, la préfecture estimait que "cette opposition ne remet pas en cause le projet". Elle défendait alors "une position de fermeté pour assurer la sécurité des personnes qui vont travailler sur place. Quand on nous jette des cocktails molotov la position n'est plus au dialogue". 

Ségolène Royal veut revoir la copie du barrage

Tandis qu'une importante manifestation se déroulait le 7 septembre contre le barrage de Sivens, pour la première fois, la ministre de l'Environnement a demandé au Conseil général de revoir un peu sa copie, cédant ainsi à 15 jours d'affrontements entre forces de l'ordre et opposants sur le site. 
"Je demande à ce  que le Conseil général du Tarn vérifie que les conditions que le ministère met sur les retenues de substitution soient remplies. Les instructions du ministère sont d'encourager les retenues de substitution à condition de ne pas encourager l'agriculture intensive, a-t-elle rappelé. L'eau est un bien précieux et rare qui doit faciliter l'agriculture, mais pas pour que certains pratiquent l'agriculture intensive dans des grandes exploitations en s'appropriant un investissement public.

Après cette déclaration marxisante hautement clivante, elle a néanmoins insisté pour que "le dialogue puisse se renouer avec les associations" (sic) et à voir si "on peut améliorer l'ouvrage et l'usage de l'ouvrage".
Cette intervention de la ministre de l'écologie était attendue des altermondialistes depuis plusieurs jours. Hier, dans la soirée, la préfecture n'avait reçu aucune consigne particulière et renvoyait vers le Conseil général. Or, jusqu'à présent, son président, Thierry Carcenac, avait répondu négativement à toute demande de moratoire. Mais les propos de la ministre demandant des vérifications et souhaitant l'amélioration de l'ouvrage et de son utilisation sonnent comme un appel à stopper les travaux.

Hier, près d'un millier de personnes réunies sur le site de la zone humide autour des collectifs anti-barrage et des élus opposés au projet,  ont pu juger de l'avancée du déboisement qui a déjà grandement impacté la zone humide. Nombre de participants à ce pique-nique étaient venus chercher des réponses à leurs interrogations sur la pertinence du projet. Au centre des questionnements, le débat sur la préservation des milieux naturels, certes, mais aussi sur deux modèles d'agriculture.
Le représentant national de la Confédération paysanne a tenu à marquer son soutien aux anti-barrage et son refus d'un projet «destiné à de l'agriculture intensive qui détruit les sols, l'eau, les forêts.»
Le député européen EELV, José Bové y est aussi allé de son attaque sur le modèle agricole dominant : "Aujourd'hui, cette région, avec le réchauffement climatique est rentrée dans les zones de climat méditerranéen. Cela veut dire que le maïs n'a pas d'avenir dans ce pays. S'obstiner à vouloir que le terrain se plie au modèle industriel plutôt que d'adapter l'agriculture à l'environnement, c'est le problème qui se pose ici."
L'écologiste radical a accueilli favorablement la prise de position de la ministre de l'Écologie. Ségolène Royal continue ainsi de pencher, comme en Poitou-Charentes, du côté de la Confédération paysanne (gauche écologiste). Il a vu dans les déclarations de Ségolène Royal une demande de "réévaluation du projet". En conséquence, le "démonteur" de McDo et faucheur de maïs estime que «ce lundi, les bulldozers ne peuvent pas entrer en action». Reste donc à attendre la décision du conseil général du Tarn.

Ce matin, le chantier de déboisement doit redémarrer après un week-end de pause. Les bûcherons sont censés revenir sur le site avec leurs engins pour le déboisement, escortés de gendarmes mobiles.