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dimanche 5 avril 2015

Europe Ecologie-Les Verts, parti qui s'est fait détester des Français

Les Français ne sont pas tendres avec les écolos radicaux, selon un sondage

Les Khmers verts et autres Ayatollah de l'écologie atteignent un record d'impopularité

Détestable et détestée
Que Europe Ecologie-Les Verts (EELV) se déchire est le cadet de leurs soucis, mais qu'ils essaient de se parer de vertus qui leurs sont étrangères pour rebondir est pure stratégie qui ne masque pas leur arrogante hypocrisie. Ils veulent entrer au gouvernement à n'importe quel prix et leurs ambitions personnelles donnent la nausée à 63% des Français interrogés en ont en effet une vilaine image, lors d'un sondage Odoxa réalisé pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, dimanche 5 avril.

Par ailleurs, 60% des sondés envisagent sereinement que le parti puisse imploser. Les écologistes en général apparaissent divisés aux yeux de 72% des Français, et sectaires pour 52% d'entre eux. Et ce n'est pas tout! Ils les trouvent ni "courageux" (54%), ni "sympathiques" (50% contre 46%), ni "proches des préoccupations des Français" (68%), ni "compétents" (64%), ni "crédibles" (68%). Que leur reste-t-il ?
A leur crédit, on juge qu'ils ont des convictions profondes (61%) -ce qui, pour ceux-là, semble justifier leur sectarisme-, qu'ils jouent un rôle positif pour l'environnement (59%) et sont utiles (52%). Seules 35% des personnes interrogées ont une bonne opinion.

Une majorité de Français est opposée au retour d'EELV au gouvernement

Cette hypothèse est rejetée par la quasi totalité des sympathisants du parti 94% (contre 6%). Une nette majorité de 55% s'oppose au retour au gouvernement des écologistes, contre 43% qui y sont favorables.

N. Hulot, interdit de feux de cheminée
par les totalitaires de l'écologie
Le sondage donne la préférence à un protégé de... François Hollande !
Alors que le président Hollande vient justement de nommer l'animateur écologiste Nicolas Hulot 
"envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète", parmi les personnalités jugées "le plus à même de représenter politiquement les idées des écologistes", Nicolas Hulot, qui n'appartient pas à EELV, arrive en tête avec 46%. Nouveau gadget écolo d'un président fort peu motivé par l'écologie, ce joker vert devance de loin devant Daniel Cohn-Bendit (20%), qui s'est mis en marge du parti. Suivent les gauchistes José Bové (14%) et Cécile Duflot (9%). Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse ferment la marche (3%). Quant aux arrivistes aigris, François de Rugy et Barbara Pompili qui se croient importants et écoutés en tant que porte-parole, ils sont inaudibles et invisibles. 

A noter que francetvinfo fait l'impasse sur certains aspects du sondage...
La mise en perspective fournie par le président d'Odoxa ne retient pas l'attention du site militant.  Gaël Sliman relève en effet relève en effet que "à part le président François Hollande qui rivalise d’impopularité avec eux (65% de mauvaises opinions lors de son dernier passage sur le crible) et Zlatan Ibrahimovic qui faisait encore pire, dans une tout autre catégorie il y a quinze jours (79%) pour avoir traité la France de "pays de merde", nous n’avons jamais enregistré un aussi fort niveau de rejet que celui qu’obtiennent les écologistes."

Ce sondage a été réalisé les 2 et 3 avril auprès d'un échantillon de 1 055 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus.

dimanche 26 octobre 2014

Le jeune opposant altermondialiste mort sur le site du barrage Sivens avait affronté les gendarmes

L'écologie radicale a fait un nouveanu mort

Le corps d'un homme d'une vingtaine d'année a été découvert, dans la nuit de samedi à dimanche
Mélenchon était venu sur place
apporter son soutien aux extrémistes
sur le site du futur barrage de Sivens (Tarn), quelques heures après des incidents qui ont éclaté en marge d'un rassemblement d'opposants à ce projet de barrage hydraulique. Une enquête a été ouverte et confiée à la section de recherche de la Gendarmerie pour déterminer les causes du décès. Le ministre de l'Intérieur a appelé à "la retenue les responsables politiques et associatifs".
"Il faut arrêter la mise en œuvre de ce projet et que le débat puisse avoir lieu. Et pourquoi pas en faire une sorte de référendum local lors des prochaines élections" départementales et régionales de 2015, a lancé Jean-Luc Mélenchon.

La victime est Rémi F., un Toulousain de 21 ans, précise le procureur de la République d'Albi Claude Dérens. Le jeune extrémiste faisait partie d'un groupe d'une centaine de personnes qui a affronté les forces de l'ordre. Le procureur s'est refusé à tout commentaire "avant les résultats de l'autopsie qui aura lieu demain (lundi) dans l'après-midi".

L'enquête piétine à cause de l'hostilité sur place

Il a précisé que sept membres des gendarmes mobiles avaient été blessés par des jets de pierre et de cocktails Molotov
Devant l'hostilité des manifestants, les gendarmes chargés de l'enquête n'ont pas eu accès dimanche au site où le jeune militant a trouvé la mort. "Vers 2 heures du matin, le corps d'un homme a été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n'ont pu que constater le décès de la victime", avait annoncé dimanche la préfecture d'Albi qui n'a pas précisé s'il y avait un lien avec les violents incidents de la veille.
Deuxs opposants au barrage ont été interpellés pour des jets de pierres, de cocktail molotov ou de bouteilles d'acide sur les policiers et les gendarmes. Ils ont été placés en garde à vue.

"La mort a eu lieu dans le contexte d'affrontements avec les gendarmes"

insinue un porte-parole des opposants. "Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant, mais un témoin [parmi les manifestants?] nous a dit que le décès s'est passé au moment d'affrontements", a déclaré Ben Lefetey (ci-contre au centre, à la droite de Joseph Bové, le 28 février 2014 à Albi), porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage. "On n'en sait pas plus sur la cause de ce décès. On ne sait pas si c'est relié directement aux affrontements. On mène l'enquête et nous allons coopérer avec les enquêteurs", a-t-il souligné.

Cazeneuve appelle à "la retenue les responsables politiques et associatifs" 
Dans un communiqué diffusé dimanche soir, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a mis en cause les adversaires au projet, appelant à "la retenue les responsables politiques et associatifs qui se sont autorisés à tenir des propos approximatifs, irresponsables et polémiques. Ces commentaires ne participent ni à la manifestation de la vérité, ni au nécessaire retour au calme". "Cette nuit, alors que ces violences avaient repris peu après minuit à l’initiative d’un groupe extrémiste de 200 personnes environ, le corps d’un jeune homme a été découvert vers 2h00."

"Quelques centaines d’individus ont choisi une forme d’action particulièrement violente en affrontant délibérément les forces de l’ordre par des jets de projectiles, d’engins incendiaires et de produits corrosifs. Ces incidents s’inscrivent dans le prolongement des violences de même nature auxquelles les forces de l’ordre sont régulièrement confrontées depuis plusieurs semaines", note le ministre. "Aucune cause, dans un Etat de droit, ne peut justifier ce déchaînement de violences répétées", poursuit Bernard Cazeneuve.

Mais le pouvoir est divisé
Ségolène Royal souhaite revoir le projet, tandis que Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, estime qu'il faut faire le barrage et le Premier ministre s'est aussi engagé dans cette voie. Or, "à ce jour nous n'avons aucune garantie. Mais c'est vrai que le temps qui passe joue contre nous", expliquait Lefetey fin septembre, à l'issue de la rencontre avec deux experts nommés par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal

Les altermondialistes combattent l'hydroélectricité, une énergie renouvelable...
La nouvelle ministre de l’Ecologie et de l’Energie souhaite que les barrages français restent sous contrôle public dans le cadre de sociétés d’économie mixte (SEM). Un choix qui va à l’encontre de Bruxelles, qui exige une mise en concurrence dans le cadre d’un appel d’offres européen de 25 % des capacités hydrauliques du pays d'ici 2023.
Dans la nuit du vendredi 10 octobre au samedi 11 octobre 2014, lors de l’examen du projet de loi pour la Transition Énergétique, l’assemblée nationale a voté en première lecture l’article du texte de loi permettant la privatisation du secteur hydroélectrique français.
Le dialogue avec Thierry Carcenac, le président (PS) du département, porteur du projet de barrage, est rompu, assurait alors le meneur: "Toutes nos propositions de rencontres sont systématiquement repoussées. Y compris à huis clos avec la seule présence de la presse."

"100 à 150 anarchistes encagoulés"

La manifestation d'opposants au barrage, à laquelle participait l'écologiste José Bové et Jean-Luc Mélenchon du Parti de gauche, a tourné à l'affrontement entre les forces de l'ordre et un petit groupe d'opposants. Selon le lieutenant-colonel Sylvain Renier, "100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires" et des projectiles sur les gendarmes et les CRS qui encadrait les quelques 2.000 manifestants. Le calme serait revenu vers 21h".
Selon le journal le Tarn Libre, les heurts auraient en fait duré jusqu'à 3 heures du matin. Près de 350 gendarmes mobiles auraient fait face jusqu'au creux de la nuit à 150 manifestants encagoulés.

"Fous le camp, tu n'as rien à foutre ici. Les politiques, on n'en veut pas!".
"Je croyais qu'ici on était dans un espace de dialogue", a répliqué samedi l'eurodéputé EELV, avant de poursuivre: "Voici un mois, quand je suis reparti de la zone. Je disais qu'il fallait une expertise. Certes elle a eu lieu mais le chantier s'est poursuivi. Maintenant on va sûrement nous dire que vu l'avancée du chantier... Pas question de partir d'ici. Bravo à tous ceux qui se mobilisent pour occuper le terrain !"

Selon le député européen écologiste José Bové,
le jeune exalté serait le premier militant mort dans une manifestation altermondialiste depuis 1977 et le rassemblement contre le projet de centrale nucléaire de Superphénix à Creys-Malville (Isère).

lundi 8 septembre 2014

Ségolène Royal face à un barrage dans le Tarn


Un nouveau Notre-Dame-des-Landes ?

Le projet de barrage est accueilli par cocktails Molotov et grève de la faim
 
Quatre-vingts cocktails Molotov lancés sur les forces de l'ordre. Trois personnes ont été interpellées aux abords du site où est prévue la construction du barrage de Sivens et où le gouvernement avait déployé cent gendarmes le mercredi 27 août 2014.

Deux collectifs gèrent la lutte contre le projet de barrage et la tension est remontée avec le retour mardi matin de plusieurs dizaines de manifestants sur le site du projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée qui doit être construit sur la zone humide du Testet, au pied de la forêt de Sivens, près de Lisle-sur-Tarn dans le nord-ouest du Tarn, par la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG)

Ils ont appelé leurs sympathisants à venir dans les jours prochains pour bloquer le chantier de déboisement. 
Le collectif "Tant qu'il y aura des bouilles" tente d'occuper le site à la façon des opposants au projet d'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes. Les gendarmes ont expulsé ces militants du site qu'ils occupaient pour empêcher le début des travaux, mais ils ont immédiatement reconstruit à proximité un campement de fortune. "Dès 1969, ils voulaient déjà aménager une base de loisirs, ici, sans succès. Historiquement, c’est un coin rebelle, nous sommes à deux pas de Carmaux et de chez Jaurès !, expliquait déjà Erwan, punk écolo breton,  en novembre 2013.

Deux membres d'un autre collectif de riverains ont entamé une grève de la faim devant le siège du conseil général du Tarn à Albi depuis le 27 août 2014. 
"Un symbole pour nous, car nous sommes toujours sans réponse du Conseil général sur des questions concernant le projet de barrage de Sivens", a expliqué Ben Lefetey, porte-parole (ci-contre) du Collectif (2011) pour la sauvegarde de la zone humide du Testet (Tarn). "J'ai honte d'être Français en ce moment, lance cet altermondialiste internationaliste, car on n'écoute pas les citoyens. "Il faut qu'il y ait des violences pour être entendu. On se fout de notre gueule", a déploré Christian Pince, l'autre gréviste de la faim. Six autres membres du Collectif entrent en fait dans leur 11e jour de grève.



Ce projet de barrage hydraulique menacerait de disparition un réservoir de biodiversité de 13 hectares. 

B. Lefetey et Joseph Bové
Les partisans du barrage, parmi lesquels la FDSEA, le défendent comme une nécessité pour sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs. On aura donc compris que le projet est combattu par  la Confédération paysanne.

Ses adversaires dénoncent le modèle d'agriculture irriguée. Ils s'opposent à la disparition d'une zone humide boisée qui abrite 94 espèces protégées, et cela, bien que la préfecture du Tarn ait insisté à plusieurs reprises sur le caractère exemplaire du projet en matière environnementale.
En février, l'eurodéputé écologiste José Bové avait demandé un moratoire. "Je suis là pour apporter mon soutien très clair" aux opposants au projet de barrage à Lisle-sur-Tarn, a déclaré Joseph Bové devant le Conseil général, maître d'ouvrage du projet, où s'étaient rassemblés fin août une quarantaine d'opposants. 
"L'État doit mettre en place un médiateur", a-t-il ajouté, qualifiant le projet de barrage de "non sens écologique et agricole". "Il faut un moratoire" sur sa mise en oeuvre", a répété Bové. "On va saisir le ministère de l'Écologie", a annoncé le militant altermondialiste.

Du côté de la préfecture, 
 Hervé Tourmente le secrétaire généraldéfend un projet "d'utilité publique qui a suivi tout le cursus réglementaire. Les 13 hectares de zones humides qui seront noyés seront reconstitués sur 19 hectares et un strict suivi des espèces sera opéré". Alors qu'un parking et des travaux de terrassement ont déjà été entrepris, la préfecture estimait que "cette opposition ne remet pas en cause le projet". Elle défendait alors "une position de fermeté pour assurer la sécurité des personnes qui vont travailler sur place. Quand on nous jette des cocktails molotov la position n'est plus au dialogue". 

Ségolène Royal veut revoir la copie du barrage

Tandis qu'une importante manifestation se déroulait le 7 septembre contre le barrage de Sivens, pour la première fois, la ministre de l'Environnement a demandé au Conseil général de revoir un peu sa copie, cédant ainsi à 15 jours d'affrontements entre forces de l'ordre et opposants sur le site. 
"Je demande à ce  que le Conseil général du Tarn vérifie que les conditions que le ministère met sur les retenues de substitution soient remplies. Les instructions du ministère sont d'encourager les retenues de substitution à condition de ne pas encourager l'agriculture intensive, a-t-elle rappelé. L'eau est un bien précieux et rare qui doit faciliter l'agriculture, mais pas pour que certains pratiquent l'agriculture intensive dans des grandes exploitations en s'appropriant un investissement public.

Après cette déclaration marxisante hautement clivante, elle a néanmoins insisté pour que "le dialogue puisse se renouer avec les associations" (sic) et à voir si "on peut améliorer l'ouvrage et l'usage de l'ouvrage".
Cette intervention de la ministre de l'écologie était attendue des altermondialistes depuis plusieurs jours. Hier, dans la soirée, la préfecture n'avait reçu aucune consigne particulière et renvoyait vers le Conseil général. Or, jusqu'à présent, son président, Thierry Carcenac, avait répondu négativement à toute demande de moratoire. Mais les propos de la ministre demandant des vérifications et souhaitant l'amélioration de l'ouvrage et de son utilisation sonnent comme un appel à stopper les travaux.

Hier, près d'un millier de personnes réunies sur le site de la zone humide autour des collectifs anti-barrage et des élus opposés au projet,  ont pu juger de l'avancée du déboisement qui a déjà grandement impacté la zone humide. Nombre de participants à ce pique-nique étaient venus chercher des réponses à leurs interrogations sur la pertinence du projet. Au centre des questionnements, le débat sur la préservation des milieux naturels, certes, mais aussi sur deux modèles d'agriculture.
Le représentant national de la Confédération paysanne a tenu à marquer son soutien aux anti-barrage et son refus d'un projet «destiné à de l'agriculture intensive qui détruit les sols, l'eau, les forêts.»
Le député européen EELV, José Bové y est aussi allé de son attaque sur le modèle agricole dominant : "Aujourd'hui, cette région, avec le réchauffement climatique est rentrée dans les zones de climat méditerranéen. Cela veut dire que le maïs n'a pas d'avenir dans ce pays. S'obstiner à vouloir que le terrain se plie au modèle industriel plutôt que d'adapter l'agriculture à l'environnement, c'est le problème qui se pose ici."
L'écologiste radical a accueilli favorablement la prise de position de la ministre de l'Écologie. Ségolène Royal continue ainsi de pencher, comme en Poitou-Charentes, du côté de la Confédération paysanne (gauche écologiste). Il a vu dans les déclarations de Ségolène Royal une demande de "réévaluation du projet". En conséquence, le "démonteur" de McDo et faucheur de maïs estime que «ce lundi, les bulldozers ne peuvent pas entrer en action». Reste donc à attendre la décision du conseil général du Tarn.

Ce matin, le chantier de déboisement doit redémarrer après un week-end de pause. Les bûcherons sont censés revenir sur le site avec leurs engins pour le déboisement, escortés de gendarmes mobiles. 

samedi 23 août 2014

EELV: recomposition du paysage Verts à l'université d'été

Chaos coutumier aggravé

A Bordeaux, Emmanuelle, les médiatiques brillent par leur absence
La page s'est-elle tournée pour les sexagénaires ?

Les écologistes sont les premiers à organiser leur université d'été qui a débuté ce jeudi à Bordeaux avec l'absence de grands vivants: Daniel Cohn-Bendit qui ne reconnaît pas ses petits, Noël Mamère qui s'aigrit et José Bové qui perd la foi politique. Pas de membres écologistes du gouvernement non plus, puisqu'ils en ont claqué la porte. L'an dernier Christiane Taubira (Justice) et Philippe Martin (Ecologie) avaient encore fait le déplacement à Marseille. Mais "il y aura d'anciens ministres", sourit un responsable du mouvement, en référence notamment à Cécile Duflot. De ce départ, il sera évidemment question jusqu'à samedi avec la sortie annoncée pour lundi 25 août du livre de la députée de Paris dans lequel elle raconte son expérience au ministère du Logement.

Les héritiers écartent l'intérimaire Emmanuelle Cosse 

Elle aurait dû être au premier plan mais n'a pas pu s'imposer. Pour ses premières journées d'été à la tête d'Europe Ecologie-Les Verts, qui se terminent samedi à Pessac (Gironde), Emmanuelle Cosse s'est faite zapper à la faveur du livre polémique de l'ex-patronne des Verts, Cécile Duflot, et par les rivalités internes de son parti.
E. Cosse a entamé son Voyage au pays des désillusions.  "Ce que raconte Duflot, c'est l'explication de ce qui cloche actuellement dans cette gauche, juge Mme Cosse. C'était important qu'elle le dise, mais on ne doit pas être simplement là pour discuter de personnes ou de stratégies."

"Tenir les deux bouts" 
Il aura été beaucoup question de personnes et de stratégies pendant ces trois jours sur le campus de Bordeaux-Montaigne. Mais après avoir fait fonction de secrétaire nationale d'EELV pendant un an, l'ex d'Act Up se retrouve repoussée dans l'ombre par la décision des deux ex-ministres, Cécile Duflot et Pascal Canfin, de quitter le gouvernement début avril, faisant ainsi voler en éclats sa majorité issue du congrès de Caen. "Depuis, elle passe son temps à signer des accords de non-agression", ricane le député des Français de l'étranger, Sergio Coronado.

Des recompositions sont en cours au sein du parti autour de deux lignes portées par l'ex-patronne des Verts et son ancien complice à la tête du parti, Jean-Vincent Placé. Très critique, la première cherche à construire une alternative à la politique menée par François Hollande, un oeil tourné vers les "frondeurs" du PS et l'autre posé sur une Eva Joly encline à un rapprochement avec Mélenchon, nouveau célibataire politique. Le second défend une majorité rassemblée autour du chef de l'Etat qui pourrait aller jusqu'au centre, avec l'UDI. E. Cosse, elle, se retrouve prise entre deux feux. "Je ne choisirai pas entre les deux, assure-t-elle. Ma responsabilité est de faire en sorte que les écolos obtiennent des résultats et soient en capacité de gouverner." A condition de garder sa place et d'acquérir de l'influence.

"La porte de sortie, c'est elle"
Le parti s'est figé et incapable d'un débat public sur les questions qui auront pourtant beaucoup animé le "off" des journées d'été. Si dans le parti, nombreux sont ceux portés à l'indulgence, jugeant qu'elle "fait de son mieux" et réussit "à tenir les deux bouts", la situation est devenue intenable pour celle que l'on disait placée là par Duflot.

Or, pour lui simplifier les choses, son compagnon, le député de Paris Denis Baupin, a décidé de se placer en première ligne au côté de Jean-Vincent. "Elle est plutôt d'accord avec ces derniers, mais elle ne peut pas l'assumer publiquement, car ça voudrait dire mener une confrontation avec Duflot et avoir un discours de vérité avec la base du mouvement", commente Coronado

A l'instar du député du Gard Christophe Cavard, certains estiment que la quadragénaire doit absolument réussir à devenir "la troisième personnalité", seule solution pour sortir d'un duel stérilisant pour le parti. "La porte de sortie, c'est elle", s'aventure Cavard. Cela sera d'autant plus nécessaire à Mme Cosse, vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, a bien l'intention de rempiler en 2015 et pas à n'importe quelle place.

Des dents longues à rayer le plancher
"Il est très possible que je me représente et la tête de liste en Ile-de-France m'intéresserait", a confié E. Cosse vendredi soir, se préparant une solution de repli. "Je la soutiens et Cécile aussi a priori", assure Placé
Interrogée par Le Monde sur ses ambitions pour cette élection, l'ancienne ministre pestiférée est restée beaucoup plus floue. "Je ne suis candidate à rien, mais je veux prendre toute ma place dans le débat politique : ça peut passer ou non par des candidatures", a-t-elle répondu, endormant les adversaires.

Si sa stratégie d'incarnation d'une alternative verte à François Hollande venait à échouer, la députée de Paris pourrait être tentée de se lancer dans la course aux régionales à l'heure où la réforme territoriale vise à donner aux futures régions plus de pouvoir. D'autant que le calendrier des élections, qui doit être repoussé à décembre 2015, lui est favorable. En attendant, comme elle l'avait fait pour les municipales à Paris, avec la complicité de la Ch'tite Martine Aubry, Duflot a choisi de ne se fermer aucune porte. Au risque de piétiner son ex-protégée.



mardi 8 juillet 2014

B. Cantat soutient les intermittents contre ces "salauds qui nous gouvernent"...

Condamné pour meurtre, le beauf' de Duflot est-il excessif?

La musique n'adoucit pas les moeurs
En concert, Bertrand Cantat a tenu à apporter son soutien au mouvement des intermittents du spectacleau Main Square d'Arras, ce dimanche 6 juillet. Il a publiquement fustigé ces "salauds qui nous gouvernent" au Main Square d'Arras, ce dimanche 6 juillet. Après Bedos père qui a insulté Nadine Morano en spectacle, la scène française se radicalise...

La courtoisie est certes de gauche, mais...
Les artistes ont tout intérêt à ne pas braquer les techniciens intermittents du spectacle, et les festivals musicaux de l'été ont décidé de leur apporter leur soutien. Sincères ou non, les musiciens ont été nombreux à leur emboîter le pas, notamment aux Eurockéennes et aux Francofolies, contraints de protéger leurs concerts. Et leur gagne-pain.

C'est à Arras, que la démagogie s'est exprimée en faveur du conflit des intermittents, ce dimanche

Et c'est Bertrand Cantat, chanteur du groupe Detroit qui a pris la parole devant son public pour défendre cette corporation, en colère. Un état permanent qu'ils ont commun.
"C'est eux qui font marcher les choses et non pas les salauds qui nous gouvernent." Chacun son business, mais réduire l'économie et les chances de reprise de la croissance à la protection des acquis sociaux des plus favorisés de la catégorie, c'est vraiment pousser le bouchon un peu loin, Marcel.

Cantat a lâché son morceau de bravoure entre deux chansons et avant de commencer son morceau, "null and void" [nul et non avenu, puisque le Français n'est pas une langue morte]. "Je voudrais ici saluer le combat des intermittents du spectacle, qui en fait n'est pas seulement celui des intermittents du spectacle mais de tous les précaires et de tous les gens qui essaient de vivre correctement et décemment (...) Il y a des gens qui essaient de les en empêcher pour parler très très basiquement et c'est absolument injustifié et injustifiable", a-t-il déclaré. 

Un donneur de leçons...
Sous les applaudissements, le chanteur a poursuivi : "alors que tout le monde, comme eux, soit Null and void et qu'on leur dise n’entrez pas vous n'êtes pas chez vous, eh bien nous on dit que ces gens-là sont chez eux partout puisque c'est eux qui font marcher les choses et non pas les salauds qui nous gouvernent (...) C'est notre position et ça m'étonnerait qu'on en change". Ca, c'est bien dit ! Vous avez suivi?
VOIR et ENTENDRE celui qui justement ne change jamais d'avis...
 
On sent bien là que la prison l'a fait mûrir...

dimanche 6 juillet 2014

Ecologie, impasse ou espérance: le progressisme libertaire nous déshumanise

le progressisme libertaire nous déshumanise

"Le refus de la limite nous déshumanise", avertissent les Veilleurs
Il n'est pas de ces twittos et blogueurs délirants incontrôlés. A l'occasion de la sortie du livre écrit par trois Veilleurs (avec Axel Rokvam et Marianne Durano): Nos limites – Pour une écologie intégrale (Centurion, juin 2014), Gaultier Bès De Berc, 25 ans, normalien et professeur agrégé de Lettres modernes dans un lycée public de la banlieue lyonnaise, a accordé un entretien au journal Libération  Le Figaro pour expliquer ce qu'est l'écologie intégrale et pourquoi il faut selon lui combattre à la fois le marché libéral et le progressisme libertaire.

Figarovox: Votre livre est un peu le nouveau Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations. Sauf que là où Raoul Vaneigem appelait à la veille de mai 1968 à «jouir sans entraves», vous appelez au lendemain de la Manif pour tous à «consentir à voir ses désirs circonscrits par la nature ou par la société». Donnez-vous raison à ceux qui qualifient les événements de mai 2013 de «mai 1968 à l'envers»? Est-ce contre cet héritage que vous prétendez lutter?

La comparaison est flatteuse. Il y avait tant de belles aspirations dans le vaste et complexe mouvement de 68. Tant de naïveté aussi ! Ou de cynisme. Comment ne pas constater en effet que les rebelles d'hier sont devenus les roitelets d'aujourd'hui? Nous sommes passés de Dany le rouge à Dany vert-de-gris, du petit-bourgeois contestataire au notable médiatique, conformiste en diable, si peu dérangeant, «éco-tartuffe» favorable au travail du dimanche, à la procréation artificielle, au «capitalisme vert», au fédéralisme européen, bref apôtre du système libéral-libertaire fondé sur l'utopie du toujours plus. Quand Vaneigem invitait à «jouir sans entraves», il croyait mettre à bas le capitalisme. Il n'a fait que lui donner un champ d'expression illimité. Loin de renverserles puissances d'argent, Mai 68 a en effet renforcé leur assise. En dénonçant comme fasciste toute limitation du désir individuel, il leur a ouvert les portes de domaines jusqu'à présent préservés du mercantilisme - à commencer par l'amour et la procréation. Nous en donnons des exemples éloquents dans le livre. Parce qu'ils ont contribué plus que quiconque à débrider l'économie, à la désencastrer de toute norme morale - ou plus simplement de ce qu'Orwell appelait la «décence ordinaire» -, les soixante-huitards resteront, malgré leurs beaux rêves d'autogestion et de mise en commun, comme des idiots utiles du marché-roi.

C'est pourquoi je récuse cette expression de «mai 1968 à l'envers». Je lui préfèrerais celle de «mai 68 abouti» (ou intégral!), au sens où nous voulons réussir là où les soixante-huitards ont échoué: inventer un mode de vie alternatif, durable et universalisable. Il s'agit de combattre non seulement les effets, mais aussi et d'abord les causes de ce refus des limites qui, loin de nous émanciper, nous précarise et nous déshumanise: marketing agressif, déracinement identitaire, décérébrage médiatique, relativisme moral, et ses corollaires, misère spirituelle, fantasme de l'homme autoconstruit…

Comment espérez-vous faire passer votre appel à la limite, dans un monde où l'individualisme consumériste n'a jamais été aussi triomphant? Votre combat n'est-il pas perdu d'avance?

Il n'est que les combats qu'on déserte qui soient perdus d'avance. Nous ne sommes ni des rêveurs, ni des résignés, ni de simples indignés. Promouvoir une écologie intégrale, c'est d'abord veiller à soutenir et à diffuser - à polliniser - toutes les initiatives locales, concrètes, solidaires, qui fleurissent un peu partout. Commençons par agir ici et maintenant, à notre modeste place, pour améliorer ce qui peut l'être en inventant des alternatives durables, accessibles, à cette logique totalitaire du «toujours plus» qui est souvent un «toujours pire». C'est en effet à une simplification générale de nos modes de vies qu'il faut travailler, pour les rendre moins artificiels, moins voraces, plus pérennes. Sans prétendre «sauver la planète» - ce qui serait déjà faire preuve d'une démesure prométhéenne -, ni même «prendre le pouvoir» - car c'est plus souvent le pouvoir qui vous prend... N'oublions pas qu'humanité et humilité ont la même racine: humus, la terre! Je suis plein d'espérance, car la société civile regorge d'idées pour refonder, par la base, une société plus juste et plus pérenne, c'est-à-dire plus respectueuse des personnes et de leur environnement. Coopératives, sites de troc ou de récup', associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, systèmes d'échange locaux, «café suspendu», micro-crédit... Beaucoup travaillent depuis longtemps à cette écologie intégrale que nous appelons de nos vœux ! C'est cela que nous appelons la courte échelle: une logique d'entraide, de confiance, de partage, qui nous rapproche et nous élève.

Contre le «There is No Alternative» de Margaret Thatcher, qui présentait le modèle capitaliste-libéral comme nécessaire et inéluctable, vous prétendez proposer une alternative, celle de l'écologie intégrale. Qu'entendez-vous par cette expression?

Nous sommes dans un avion que personne ne sait plus faire atterrir, qui n'a d'autre choix qu'accélérer toujours pour ne pas s'écraser. Cette fuite en avant, on voudrait nous faire croire qu'elle est inéluctable, comme s'il n'y avait pas d'alternative au toujours plus. On fantasme un homme parfait, tout-puissant, maître de lui comme de l'univers... Des cultures transgéniques au transhumanisme, rien ne doit arrêter la grande marche du Progrès, rien ne doit borner l'extension du domaine de la lutte contre une nature humaine honnie parce que finie, rien ne doit empêcher la conquête de nouveaux débouchés par une technique idolâtrée! Eugénisme, euthanasie, licenciements boursiers: mort aux canards boiteux, place à l'homme augmenté, rentable, fonctionnel, standardisé! Bienvenue à Gattaca!

Face à ce système déshumanisant, l'écologie intégrale propose une alternative radicale: moins mais mieux! Indissolublement humaine et environnementale, éthique et politique, elle considère la personne non pas comme un consommateur ou une machine, mais comme un être relationnel qui ne saurait trouver son épanouissement hors-sol, c'est-à-dire sans vivre harmonieusement avec son milieu, social et naturel. Autrement dit, l'écologie intégrale ne sacralise pas l'humain au détriment de la nature, ni la nature au détriment de l'humain, mais pense leur interaction féconde. Saccager nos écosystèmes ne saurait en effet conduire qu'à notre propre déshumanisation. Les désastres écologiques ont toujours des conséquences sociales terribles, les plus pauvres les subissent de plein fouet. Face aux rêves démiurgiques de l'humanité, l'écologie intégrale propose une éthique de la sobriété choisie, fondée sur la conscience amoureuse de notre finitude. Seule la reconnaissance de notre propre vulnérabilité permet la solidarité: respecter toutes les fragilités, c'est déjà sortir d'une vision marchande de la vie, qui confond rentabilité et dignité. L'écologie intégrale est profondément politique, dans la mesure où elle travaille à la convergence des luttes de tous ceux qui oeuvrent pour un monde à la mesure de l'homme: il faut lire à cet égard les remarquables travaux de Pièces et main d'oeuvre, un groupe anarchiste grenoblois, sur l'artificialisation de la reproduction. Décapant!

Les Veilleurs se sont engagés avant tout contre la loi Taubira. Celle-ci une fois votée, quel sens cela a-t-il de continuer ces manifestations?

Les Veilleurs ne manifestent pas. Ils réfléchissent, ils lisent, ils dialoguent. Ils proposent au cœur de la cité un espace culturel et politique où chacun peut se réapproprier sa responsabilité civique. La loi qui a désinstitutionnalisé le mariage n'a été votée que parce que notre démocratie est sous le joug d'apprentis sorciers [en France alignée et chez ses modèles voisins] plus soucieux d'imposer à tous leurs fantasmes et leurs intérêts que de répondre aux inquiétudes des Français. Face à cette dérive oligarchique, la priorité est d'agir au niveau local pour diffuser un esprit de résistance en actes. Ainsi les Veilleurs cherchent-ils moins à influencer les puissants qu'à reformer ces petites agoras où chaque citoyen puisse venir librement réfléchir et s'interroger sur les conditions de la vie commune. C'est cela l'écologie: la science des conditions d'existence. Nous voulons favoriser des prises de conscience radicales, transversales, susciter de nouvelles synergies, loin des blocages idéologiques, des clivages artificiels qui nous paralysent plus qu'ils ne nous structurent. Ainsi voulons-nous contribuer, à notre mesure, à réintroduire dans un espace public saturé d'indifférence et de bruit un peu de convivialité, de gratuité, d'intelligence et de beauté.

Nous traversons une crise anthropologique profonde dont la loi Taubira est un épisode décisif. La mécanique de marchandisation du corps que nous avions dénoncée s'est immédiatement enclenchée. Ainsi, à Lyon, sous le slogan «Nos corps, nos choix», les revendications de la Gay Pride 2014 ont amalgamé PMA, GPA et prostitution. En instituant un pseudo-droit à l'enfant, on renforce l'emprise de la technique et du commerce sur la vie familiale. Echangisme et libre-échange... Débattrons-nous dans un an de la commercialisation des utérus artificiels sous prétexte que ça se fait déjà à l'étranger? A la discrimination des enfants privés de parité parentale, à la précarisation familiale due à la dissolution du lien biologique au profit d'une multi-parentalité sociale, contractuelle donc instable, s'ajoute l'instrumentalisation du vivant via le business des procréations artificielles, comme l'a reconnu récemment José Bové.

La dérégulation économique et la libéralisation des mœurs - dont Jean-Claude Michéa analyse bien la paradoxale mais profonde convergence - procèdent du même refus de toute limite objective: toujours plus de droits individuels, toujours moins de freins institutionnels. Ce qui était gratuit, naturel, mystérieux (donner la vie), le marché s'en empare. Nouveau désir, nouveau négoce! «Laissez faire, laissez aller»! Pour le traité transatlantique comme pour les mères porteuses. Nous déléguons bien au sous-prolétariat indien le recyclage de nos déchets toxiques, pourquoi dès lors ne pas leur déléguer aussi, en externalisant la gestation, la production de nos héritiers? D'autant qu'avec la concurrence de l'Ukraine, il paraît que les prix baissent... Huxley l'avait cauchemardé, nous sommes en train de le réaliser.

Vous citez cette phrase de Camus: «Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse». Vous définiriez-vous comme des conservateurs?

Non, si cela signifie passéistes ; oui, si cela signifie légataires. Qu'allons-nous faire du monde que nous avons reçu en partage? Je ne veux pas que mes enfants puissent un jour me reprocher d'avoir sacrifié leur avenir à mon confort, de leur avoir laissé un monde irrespirable, par indifférence, aveuglement, égoïsme. Quand les jeunes «écologistes» s'enorgueillissent de faire une «politique sans conservateurs», que croient-ils subvertir? Le système économique actuel, fondé sur le productivisme à tous crins, dilapide nos ressources naturelles, saccage nos écosystèmes, met en concurrence les travailleurs du monde entier: il n'a en effet rien de conservateur. Il prospère sur ses propres ravages. L'abus de pesticides vous a rendu stérile? Qu'importe, nous vous proposons une PMA à des prix défiant toute concurrence! Vous êtes déprimé parce qu'une machine a pris votre travail? Prenez donc des cachetons! Et si ça ne suffit pas, promis, on vous vendra pas cher la corde pour vous pendre...

Face à cette surenchère démente, à quoi sert l'écologie [modérée mais déterminée et humanisée] si ce n'est à justement à briser l'idole des faux progrès, à dire stop: où voulons-nous aller? N'y a-t-il d'autre voie que cet impérialisme de l'artificiel qui nous mène tout droit au «meilleur des mondes» d'Huxley? Hélas, nos petits marquis progressistes d'EELV haïssent moins les conservateurs chimiques qui finissent par empêcher nos cadavres de se décomposer (nécessitant en retour un produit dissolvant!), que les consciences critiques qui, refusant d'appeler progrès une nouvelle aliénation, de confondre émancipation et déracinement, s'efforcent d'empêcher que le monde ne se défasse...

Veiller sur l'avenir, ce n'est pas regretter le passé, encore moins l'idéaliser, c'est témoigner de tout ce qui dans l'expérience humaine mérite d'être transmis, vivifié et enrichi par chaque génération. Nous ne sommes pas nés par hasard, par «génération spontanée». La culture dont nous héritons nous façonne et nous oriente. Elle nous éclaire sans nous contraindre. Ainsi, face au cercle vicieux d'une agriculture intensive à base d'engrais et de pesticides qui produit de fort rendements mais épuise les sols, menace la santé humaine et pollue nos écosystèmes, redécouvre-t-on peu à peu les vertus d'une agriculture vivrière traditionnelle fondée entre autres sur la polyculture et la jachère. Conserver le monde, ce n'est pas le mettre en conserve, c'est le préserver pour mieux le partager!

Tout le monde est assez d'accord pour déplorer les effets de la mondialisation, du réchauffement climatique à l'effondrement du Rana Plaza. Certes, contrairement à d'autres, vous déplorez dans votre livre les effets ET les causes. Mais que proposez-vous concrètement pour sortir de ce modèle?

Tant mieux si petit à petit, devant la réalité, certains mirages s'estompent! Mais il y a encore du travail pour «dépolluer» nos imaginaires des slogans publicitaires qui nous vendent un monde sans limites, nous bercent d'illusions en flattant notre ego. Pour bien agir, commençons par arrêter de croire aux solutions miracle ou aux hommes providentiels. C'est de prudence et de patience que nous manquons le plus. Nous avons d'abord besoin de retrouver chacun, personnellement, un rapport plus sain au monde qui nous entoure. Et comme le disait déjà Bernard Charbonneau, «ce n'est pas d'un dimanche à la campagne que nous avons besoin, mais d'une vie moins artificielle». Nous devons réfléchir à nos modes de vie qui, en l'état, ne sont ni durables ni généralisables. C'est une question de bon sens et de justice. Agissons d'abord à notre échelle en privilégiant proximité et qualité, circuits courts, petits commerces, etc. La vraie politique commence là, à travers des engagements quotidiens, familiaux, culturels, associatifs... 
Reste l'inévitable question des partis. On peut estimer urgent de rénover de l'intérieur les grands partis pour y diffuser ses idées, ou d'en soutenir de nouveaux, issus de la société civile. On peut aussi relire Simone Weil et sa Note sur la suppression générale des partis politiques, et penser que ce sont de vieilles choses, que ce mélange de cynisme électoral, de caporalisme bien-pensant et de manipulation médiatique est dispensable, bref, qu'il faut inventer à long terme une nouvelle manière d'organiser la vie commune. Tout cela n'est d'ailleurs pas inconciliable. Mais je crois qu'il est sage de commencer par travailler au niveau local, humblement, loin des honneurs et des sirènes médiatiques, avant de postuler à quelque responsabilité que ce soit. De cette base solide seule jailliront les élites dévouées dont la France a besoin - et qu'elle mérite.