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jeudi 8 mars 2018

Réforme des prisons : Macron, capable de faire "pire que Taubira" ?

Belloubet aurai pris l'ascendant sur Macron, président qui délègue sur les prisons

Permettre aux détenus de voter aux prochaines élections européennes, c'est l'une des idées de Belloubet validées par Emmanuel Macron


Pourquoi Macron a-t-il choisi le domaine sensible des prisons pour combattre son image de président autoritaire, comme ce mardi 6 mars lors de sa visite de l'Enap (École nationale d'administration pénitentiaire) à Agen ?
Un discours qui laisse muette la gauche, mais qui ne passe pas du tout auprès de l'opposition, comme l'indique ce tweet  de Nadine Morano.

Le chef de l'État a expliqué à Agen qu'il proposait une troisième voie entre "laxisme" et "répression", en dénonçant des prisons qui "déshumanisent" et sont des "écoles du crime". Ces derniers mois, le chef de l'Etat avait en effet déjà annoncé vouloir à la fois qu'une peine de prison prononcée soit réellement exécutée et développer de manière "massive" les peines alternatives. 
Mardi, Macron en a donc dit plus sur sa profonde réforme du système des peines, qui proscrira les peines de prison courtes, mais assurera l'application effective de celles de plus d'un an, tout en multipliant les alternatives en milieu ouvert.
"Entre les laxistes qui voudraient que personne ne soit puni et les vrais durs qui seraient pour emprisonner les gens quelles que soient les mauvaises conditions, je ne crois à aucune de ces options car cette vision manichéenne dispense d'une vraie réflexion sur le contenu moral et politique que nous devons donner au sens de la peine", a-t-il déclaré.

Car ce n'est pas une "fake news"... 

Belloubet est-elle même aux mains de son administration.
Dans un contexte de crise des prisons, Macron soutient "pleinement" Belloubet, laquelle, toute technicienne qu'elle soit, s'est rendue impopulaire dans le milieu carcéral.

VOIR et ENTENDRE cette analyse en date de janvier 2018, avec Pierre Jacquemain, rédacteur en chef de la revue Regards, Jean-Sebastien Ferjou, directeur de la publication d'Atlantico, Bruno Jeudy, éditorialiste politique et Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique de BFM Business, le jeudi 25 janvier 2018, présenté par Nathalie Levy, sur BFMTV :



Les islamistes radicalisés en détention pourront-ils vraiment voter depuis leurs cellules ?

Emmanuel Macron souhaite que les peines de 1 à 6 mois puissent être exécutées hors des établissements pénitentiaires

Résultat de recherche d'images pour "macron taubira"
Cette disposition de son "plan prison" fait aussi hurler au laxisme. On imagine bien que l'indignation ne monte pas des rangs du parti présidentiel. Il faut que ce soient  Marine Le Pen ou Eric Ciotti qui dénoncent cette proposition. 

Un reproche qui a souvent été adressé à l'ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira. "Emmanuel Macron fait du Taubira; il se trompe, on est dans l'artifice. 


Après ce plan il y aura moins de personnes en prison, et plus de délinquants qui effectueront leur peine chez eux ou qui seront en liberté", a réagi le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti sur BFM TV.

mardi 16 juillet 2013

Encore une évasion de détenu à la prison de Sequedin, Lille (Nord)

Sequedin, la prison dont rêve Yvan Colonna


Un détenu de la prison de Sequedin (Nord) est parvenu à s'échapper mardi après-midi

Le détenu a profité d'un moment d'inattention des forces de l'ordre pour sortir de la voiture à l'entrée de la prison et s'échapper, selon une source policière, confirmée par une information de La Voix du Nord.
L'évadé n'est pas un mélomane


Prévention de la récidive

"
Il s'agit d'un détenu au profil classique, déjà incarcéré à Sequedin et qui avait été placé en garde à vue pendant toute la journée dans le cadre d'une autre affaire", selon le quotidien régional. "C'est un récidiviste d'une trentaine d'années, qui avait déjà été incarcéré à plusieurs reprises dans des affaires de stupéfiants".

La ministre critique le "tout-carcéral" depuis son arrivée au ministère de la Justice, mais les propositions de Taubira pour "une nouvelle politique publique de prévention de la récidive" sont restés dans les cartons. Axée sur les peines purgées hors de prison, elles sont manifestement en cours de mises en oeuvre anticipée, le vote des godillots du parlement étant acquise. Est-elle en train de tester sa nouvelle peine, la "peine de probation", sur ses détenus évadés ? Sont-ils les premiers bénéficiaires d'une exécution de peine hors de prison, orientée vers la réinsertion de la personne condamnée et prononcée par les tribunaux sans référence à la prison, à la différence de l'actuel sursis avec mise à l'épreuve (SME) ?

Bien qu'à pied et menotté, l'évadé anonyme court toujours
Le nouveau record de remplissage des établissements pénitentiaires provoque la colère des gardiens. Se mobilisent-ils contre la surpopulation carcérale ? Des centaines de surveillants de prison ont en effet manifesté le mois dernier devant leur établissement pour exprimer leur "ras-le-bol" face à la "déroute" de la politique carcérale, dans un contexte d’inquiétude pour la sécurité en détention. Dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, la quasi-totalité des établissements pénitentiaires étaient bloqués dans la matinée, tout comme en Midi-Pyrénées, selon l’UFAP. Cette tension est aggravée par le nouveau record de population carcérale battu au 1er juin 2013, avec 67.977 détenus, pour seulement 57.325 places.
"La ministre nous a présenté un plan de sécurisation exceptionnel, mais qui n’a d’exceptionnel que le nom. Rien n’est prévu pour le quotidien des personnels, le manque d’effectifs et la surpopulation carcérale", "critique" (selon Libération) Pascal Schreck, secrétaire régional adjoint de l’UFAP en Franche-Comté.
La garde des Sceaux participe-t-elle au départ des détenus en vacances ? 
En mai 2012, pour la première visite officielle de la ministre Taubira, un détenu d'origine georgienne âgé de 22 ans a fui Taubira: il s'est fait la belle en pleine rencontre de basket opposant des détenus de Fleury-Mérogis et du personnel pénitentiaire à Paris-Bercy... 
A Brest, un Costarmoricain âgé de 23 ans, précédemment condamné à une lourde peine de prison ferme par le tribunal de grande instance de Quimper, avait réussi à s'évader de l'unité psychiatrique de l'hôpital de Saint-Brieuc, dimanche dernier. A Meaux en juin dernier, ils se sont évadés à plusieurs à vélo.s'évadent de prison... à vélo.
Christiane Taubira est en train d'accumuler les revers et perd des points. Sur la question des peines plancher, Hollande semble se ranger à l'avis du ministre de l'Intérieur contre Taubira. S'il apprécie sa garde des Sceaux, le président de la République sait aussi qu'elle "clive". Hollande pense qu'elle a contribué à radicaliser le mouvement des anti-mariage pour tous.

Le 13 avril dernier, la maison d'arrêt de Sequedin avait déjà été le théâtre de l'évasion spectaculaire, à l'explosif, du malfaiteur Redoine Faïd qui a été finalement arrêté le 29 mai dans un hôtel de Seine-et-Marne.
Lien PaSiDupes - Taubira délaisse les surveillants de prison au profit des homos : Divorce entre le monde carcéral et la ministre de Hollande

vendredi 16 décembre 2011

Cahuzac (PS), un président pas ordinaire de Commission des Finances

Les comptes truqués de Jérôme Cahuzac



Les ustensiles du président socialiste de
la Commission des finances à l'Assemblée


Mais où ont-ils dégoté Jérôme Cahuzac ?

"Quand j’entendais certains ministres dire que nous ruinerions la France avec nos créations de postes d’enseignants, eh bien Nicolas Sarkozy la ruinera quatre fois plus (avec sa proposition de créer 30 000 places de prison supplémentaires) !" - Jérôme Cahuzac, le 11 décembre sur RTL.

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il sévit impunément
Ce chirurgien est entré au Parti socialiste en 1977, soutint alors les thèses de Michel Rocard et devint conseiller technique au cabinet de Claude Évin, ministre de la Santé (1988-1991: loi Evin contre la pub pour l'alcool et le tabac et affaire du sang contaminé). Aujourdhui sexagénaire, il est député-maire de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale.
VOIR et ENTENDRE Jean-Jacques Bourdin ménager Cahuzac en lui reposant la question qui avait ridiculisé Didier Migaud , autre lumière phare socialiste:


Intox

Alors que la droite dénonce la frénésie dépensière du PS en campagne, malgré la crise et la nécessité du désendettement, Jérôme Cahuzac a assuré que le programme de Hollande resterait dans les clous de la rigueur budgétaire. Le 11 décembre, sur RTL, le président de la commission des finances déclarait ainsi : "Le seul engagement que François Hollande ait conservé, c’est la création de 60 000 postes dans l’Education nationale. Il existe un cercle de réflexion, l’Institut Montaigne, dont le sérieux est reconnu. L’Institut Montaigne a chiffré ce projet à 380 millions d’euros par an. Le même institut a chiffré le projet de Nicolas Sarkozy de créer 30 000 places de prison supplémentaires en France. Ça coûte quatre fois plus : 1,5 milliard d’euros par an. Quand j’entendais certains ministres dire que nous ruinerions la France avec nos créations de postes d’enseignants. Eh bien Nicolas Sarkozy la ruinera quatre fois plus

"Sérieux" n'est pas synonyme d'apolitique, puisqu'on relèvera Guy Carcassonne, un ancien du cabinet de Michel Rocard, ou Philippe Wahl, conseiller technique auprès du même premier ministre du président François Mitterrand, ou Lionel Zinsou, animateur d'un cercle de réflexion de Laurent Fabius, et administrateur du comité opérationnel du journal Libération: d'ailleurs,l'auteur de cet article en défense de Cahuzac n'est autre qu'un journaliste qui entre volontiers dans l'arène et préside aussi le conseil de surveillance de la SCPL de ce quotidien socialiste.


Désintox


L'un des deux ne comprend rien en d'économie
Hollande ? Cahuzac ? Ou les deux ?





Voilà donc le premier duel Hollande-Sarkozy: 60 000 postes dans l’Education nationale contre 30 000 places de prison. Et, à en croire Cahuzac, le député de la Corrèze endettée l’emporterait par KO, avec une mesure qui coûterait "4 fois moins" que celle de son adversaire. Douteux !

Mais ce n’est pas le tout de s’appuyer sur des chiffres "sérieux", encore faut-il les lire sérieusement. Partons du postulat que les estimations de l’Institut Montaigne puissent être objectives. Le sujet étant la manière dont Cahuzac s’appuie sur ces chiffres publics pour leur faire dire tout autre chose que ce qu’ils disent: au PS, ils sont interprètes polyvalents...

Commençons par les postes dans l’Education nationale : selon l’Institut Montaigne qui prend pour base de calcul 65 000 postes supplémentaires (au titre de la rémunération et des charges sociales), cela représente un coût de 1,9 milliard d’euros par an. Le chiffre que cite Cahuzac (380 millions d’euros) correspond aux dépenses pour la seule première année. Mais, Hollande ayant annoncé un étalement des créations de postes sur les cinq ans, la facture augmente chaque année : ainsi, selon l’Institut Montaigne, le plan de recrutement de Hollande coûte un peu moins de 400 millions d’euros la première année (pour 13 000 postes), puis 800 millions la deuxième (13 000 nouveaux postes s’étant ajoutés), 1,2 milliard la troisième (39 000 postes au total) jusqu’à atteindre en fin de mandat 1,9 milliard, une fois que la totalité des 65 000 postes auront été créés.

Regardons maintenant ce que dit l’Institut Montaigne à propos des 30 000 places de prison. Le coût annuel avancé est de 1,5 milliard, en 2017. Cette dépense se décompose ainsi : 3,7 milliards d’investissement, soit 735 millions par an. A quoi s’ajoutent les coûts de fonctionnement (qui correspondent aux dépenses de l’administration pénitentiaire - notamment en personnel - induites par l’augmentation des capacités), qui progressent à mesure que les nouvelles places sont «mises en service». A l’horizon 2017, quand toutes les places sont construites et occupées, ce coût de fonctionnement est estimé à 730 millions d’euros.


Admirons maintenant la mauvaise foi de la comparaison de Cahuzac
Pour chiffrer le coût de la mesure de Hollande, il retient la première année où seuls 13 000 fonctionnaires doivent être payés. Pour chiffrer la mesure de Sarkozy, l'escroc retient en revanche la dernière année, où les dépenses de fonctionnement atteignent leur maximum. Un tour de passe-passe parfaitement malhonnête.

A la vérité, si l’on se projette en fin de mandat, quand tous les postes envisagés par Hollande auront été pourvus, sa mesure représentera davantage que celle de Nicolas Sarkozy. Il y a sans doute des arguments pour défendre l’idée qu’il vaut mieux investir dans l’éducation que dans le pénitentiaire. Celui de Cahuzac ne vaut pas grand-chose.


Cahuzac travaille à la louche sur les estimations de la majorité, mais à l'écumoire sur celles du PS.

dimanche 3 juillet 2011

Grande Bretagne: les fonctionnaires combattent aussi la réforme des retraites par la grève


Les privilégiés opposent le bloquage au dialogue

Des centaines de milliers d'enseignants et de fonctionnaires ont entamé un mouvement de grève jeudi, en Grande-Bretagne

Ils protestent contre la réforme des retraites dans le secteur public
La grève s'annonce comme le défi le plus important lancé jusqu'ici au programme d'austérité de la coalition gouvernementale, Parti conservateur-Libéraux-démocrates.

Jeudi 30 juin, des milliers d'établissements scolaires sont en effet restés fermés faute de professeurs. Les voyageurs devaient s'attendre à des retards dans les aéroports, les services d'immigration se joignant à un mouvement qui pourrait mobiliser jusqu'à 750.000 personnes. Les services de la justice et de l'administration gouvernementale étaient également affectés.

Le Premier ministre, David Cameron, a qualifié ces grèves d'irresponsables
Il rappelle que les négociations entre les syndicats et les pouvoirs publics n'étaient pas encore achevées.
Francis Maude, ministre du Cabinet Office (services du Premier ministre), a rencontré les organisations syndicales lundi et une nouvelle réunion est prévue la semaine prochaine.
"Il est absolument injustifiable que des parents dans tout le pays subissent un tel désagrément, qu'ils soient obligés de perdre une journée de travail alors qu'ils travaillent pour gagner de l'argent et payer des impôts qui serviront à financer les retraites des enseignants", a-t-il déclaré à la BBC.

La France devient un modèle européen
En France, les syndicats ont mobilisé contre l'action du gouvernement Fillon, bien que les Français disposent d'un des âges de départ à la retraite les plus bas du monde, à 62 ans: l'âge légal est de 65 ans en Espagne et de 68 ans au Danemark mais doit passer de 62 ans en 2007 à 67 ans prochainement en Allemagne.
François Baroin annonça en mars 2011 que la France atteindra néanmoins tous ses objectifs budgétaires. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre du Budget affirmait que pour 2010, « nous sommes assurés que le déficit sera inférieur à 7,7 % du PIB. Cela signifie que nous atteindrons bel et bien 6% en 2011, voire mieux », ajouta le ministre.

Au Royaume-Uni, la réforme de Gordon Brown ne suffit pas
Le travailliste (juin 2007-mai 2010) a fait voter en 2007 une réforme qui prévoit d'augmenter l'âge de départ à la retraite à 68 ans en ...2046.
Les employés du secteur public de Grande-Bretagne sont déjà touchés par un gel des salaires et plus de 300.000 suppressions d'emplois, la coalition à dominante conservatrice s'étant donné pour objectif de supprimer presque en totalité d'ici à 2015 un déficit budgétaire qui a dépassé 10% de PIB.

Ils s'opposent à l'ajustement prévu par la réforme travailliste de 2007 et à ce que leurs syndiqués travaillent plus longtemps et cotisent davantage pour leurs vieux jours. Le gouvernement Cameron envisage en effet de porter l'âge légal de la retraite à 66 ans en 2020 et non plus en 2024 comme l’avait prévu l’ancien Premier ministre travailliste Gordon Brown, mais dès 2016.
Elle est actuellement fixée à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Mais le système de retraite par capitalisation y est historiquement dominant depuis un siècle, l'essentiel du fardeau des retraites reposant sur les épaules des salariés et des employeurs du secteur privé, via des assurances-privées

Ce sont donc les syndicats britanniques privilégiés de la fonction publique qui refusent de contribuer au financement des retraites.
Le gouvernement et l'opposition travailliste ont tous deux condamné les grèves en les déclarant prématurées du fait que des pourparlers sont en cours entre syndicats et ministres.

Les syndicats de fonctionnaires maintiendront-ils la pression ?


Préparatifs dans les locaux londoniens du syndicat University and College Union (UCU)

Les arrêts de travail de jeudi pourraient n'être qu'un avant-goût des événements à venir cette année si ces pourparlers ne permettent pas de combler le fossé entre les deux parties.
"Je comprends pourquoi ils appellent à la grève, mais je crois qu'ils feraient bien de s'éveiller aux réalités", déclare Phil Stanley, 47 ans, ingénieur à Bishop's Stortford, au nord de Londres. "On n'a pas augmenté mon salaire depuis trois ans, alors ils manquent un peu de réalisme."

Les grèves constituent un test pour la coalition
Arrivée au pouvoir en mai 2010 avec les Libéraux-démocrates de Nick Clegg, elle a pour mission prioritaire d'assainir les finances publiques.

Les mesures de réduction du déficit public
Le gouvernement a donc annoncé des réductions de dépenses totalisant 81 milliards de livres d'ici à 2015 et tout signe de recul sur les retraites serait mal perçu par les marchés financiers.

La première coalition au pouvoir en Grande-Bretagne depuis 65 ans a connu des débuts difficiles
Il a fait marche arrière sur des projets de réorganisation du système de santé publique (NHS) sous la pression du lobby médical et des libéraux démocrates, partenaires des conservateurs au gouvernement.

Le gouvernement a aussi renoncé à autoriser des détenus à purger des peines plus courtes à la suite d'un tollé médiatique.

"Cela pourrait être le début d'une assez longue série de grèves", estime Alastair Newton, analyste politique au bureau d'études Nomura. "Je crois que le gouvernement est vraiment sous pression pour qu'il reste ferme, cela se verra dans la presse."

Mais les organisations syndicales britanniques sont décrédibilisés
Ils ont en grande partie perdu leur puissance depuis les batailles remportées dans les années 1980 par le gouvernement de Margaret Thatcher contre les syndicats des mines ou du livre, épreuves qui ont transformé le monde du travail dans le pays.

Certains représentants de la droite du parti préconisent un durcissement législatif pour limiter les grèves. Les syndicats font valoir que les règles en vigueur sur ce plan sont déjà très restrictives.

lundi 6 juin 2011

Rapport: pour que les peines de prison soient exécutées


Les sanctions pénales sont peu appliquées:
les Français réclament de la sévérité

En mars dernier, Éric Ciotti, le secrétaire national de l'UMP en charge de la sécurité, accorda un
entretien au Figaro (lien) ) dans lequel il proposait d'augmenter le nombre de places de prison supplémentaires et souhaitait que le «système judiciaire rattrape son retard» sur la fermeté de la réponse pénale.

Selon un sondage CSA de février 2011, 51% des Français estiment que les peines en France ne sont pas assez sévères, contre 6% qui estiment qu'elles le sont trop, et 38% ni trop ni pas assez sévères. 6% font plus de bruit dans les media que la majorité des Français (51%): où la démocratie en est-elle ?
Quel rôle les media jouent-ils ?
Consiste-t-il à amplifier les phénomènes à la marge ?
Lien (pdf) CSA

Le député UMP propose des mesures pour «redonner du sens» à la sanction pénale.

« Cinquante propositions pour une meilleure efficacité de l'exécution des peines.»
Le député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, remet à plat tout ce qui fait qu'un délinquant condamné pour des faits graves ne purge guère plus de la moitié de sa peine aujourd'hui.
Tout ce qui a contribué également à ce que plus de 80.000 peines de ­prison prononcées par les tribunaux attendent toujours d'être appliquées, alimentant un fort sentiment d'impunité qui choque les victimes et démoralise la police.

Ce travail, qui doit être remis officiellement mardi à Nicolas Sarkozy, pourrait bien nourrir le projet présidentiel, tant le chef de l'État a la conviction qu'à la grande réforme sécuritaire qui a marqué la première phase de son mandat doit succéder une véritable révolution judiciaire, pour rendre la sanction effective, notamment envers ces «5% de voyous qui, selon lui, commettent 50% des délits.»

Voici les points clés de ce rapport.

• Abandon des aménagements de peines systématiques

Éric Ciotti propose de revenir sur le système mis au point sous Rachida Dati, qui, sous couvert de désengorgement du système carcéral, rendait automatiques les aménagements de peine pour toute personne condamnée jusqu'à 2 ans de prison en correctionnelle. Selon le député, ces affaires visent souvent des faits graves et «les victimes ont beaucoup de mal à comprendre que le juge d'application des peines puisse, dans le secret de son cabinet, défaire des ­peines prononcées publiquement au nom du peuple français».
Sa proposition: abaisser à un an de prison le seuil de condamnation ouvrant droit à cette «faveur». Seuls les prévenus présents à l'audience pourraient, en outre, en bénéficier, «pour les inciter à comparaître».

• Suppression des crédits automatiques de réduction de peine

«Parce qu'il est difficile à comprendre, voire à admettre, qu'une personne condamnée pour des faits criminels à la réclusion à perpétuité ne purge que 18, 20 ou 22 ans en moyenne», l'auteur du rapport propose de supprimer le système des crédits de réduction de peine octroyés dès l'entrée en prison (actuellement, 3 mois d'incarcération en moins la première année, puis deux mois les années suivantes).

• Instauration d'une période intangible

Pour bien marquer le poids de la sanction, Éric Ciotti propose d'instaurer une période de «placement sous main de justice». «Une durée intangible durant laquelle la personne condamnée à une peine d'emprisonnement» doit, dit-il, «rendre des comptes à l'institution judiciaire et à la société. Ici 2 ans signifient 2 ans, 20 ans signifient 20 ans, perpétuité signifie perpétuité.» Cette période se diviserait en deux temps: la sanction, puis la mise à l'épreuve. Cela ne signifie pas que le condamné à 20 ans de prison resterait pendant 20 ans derrière les barreaux. Il pourrait très bien sortir avant, mais durant vingt ans, il serait suivi, évalué, accompagné dans sa réinsertion.

• Le parquet érigé en patron de l'exécution des peines

« Les juges de l'application des peines (JAP) n'exerceraient plus que la fonction juridictionnelle de trancher les différends entre le parquet et le condamné. Ils se recentreraient sur leur cœur de métier, qui consiste à juger des mesures intervenant en cours d'exécution de leur peine par les condamnés. Le parquet deviendrait donc réellement comptable de l'exécution des peines et de la gestion des incidents.» Ses moyens seraient renforcés.

• Service civique obligatoire pour les mineurs récidivistes les plus durs

Au-delà des centres éducatifs renforcés (CER) ou éducatifs fermés (CEF, 500 places tout au plus, à ce jour), Éric Ciotti propose pour «les mineurs les plus difficiles», récidivistes ou «multiréitérants», une formule consistant «à effectuer une forme de service civique», sous «encadrement militaire» notamment, en s'inspirant des EPIDe, établissements d'insertion des jeunes gérés par la Défense nationale. (lien officiel )

SONDAGE PaSiDupes (ci-contre, colonne de droite):
Etes-vous favorable à l'abaissement de l'âge pénal de 18 à 16 ans ?

mardi 8 mars 2011

Marine Le Pen en tête ...au 1er tour, face à des spectres

Des candidats non déclarés - DSK, Sarkozy et Hollande - seraient battus




Celui par qui le scandale arrive,
Jean-Daniel Lévy,

le commercial de la politique
chez Harris Interactive
toujours à son poste...



Le sondage revisité qui conforte la gauche

Harris Interactive a retripoté son sondage pour le journal Le Parisien, en l'ouvrant cette fois à DSK et Hollande, pour le cas où ils seraient candidats...Mais la démonstration initiale est reproduite, car l'hypothèse d'école donne les mêmes résultats, quel que soit le candidat socialiste.

Le PS serait au second tour: il aurait sa revanche d'avril 2002
Marine Le Pen obtiendrait toujours 24% d’intentions de vote au premier tour, dans tous les cas de figure.

Si le premier tour de la présidentielle avait lieu demain,
- dans l'hypothèse DSK et Sarkozy, DSK obtiendrait 23% d’intentions de vote et Sarkozy 21%.
- dans l'hypothèse François Hollande et Sarkozy, 21% pour Sarkozy et 20% pour Hollande.

Harris ne fait pas progresser: il intoxique

Considérant que la marge d'erreur admise est de 2%
Sarkozy pourrait aussi bien recueillir 23% des promesses de vote, Marine Le Pen et Hollande 22% et DSK ...21% !

Une enquête pseudo-scientifique
La presse complice ne mentionne le taux envisagé d'abstention: plus d'un électeur sur trois ! De quoi relativiser l'émoi qui saisit la classe politique...

Ce sondage n'a en fait aucun sens
Il est nul et non avenu à 14 mois de la présidentielle, sinon qu'il constitue un coup de pub de son commanditaire au moment de son changement de format.

Clin d'oeil du sondeur à la Journée de la femme
Côté humour, en effet, comme en 2006/2007, le scénariste peu imaginatif de ce sondage bidon place une femme en pole position, dans le rôle de lièvre...

Commerce du sondage et foutage de gueule
Quel organe de presse indépendant et quel décrypteur perspicace, tous plus vigilants et sincères les uns que les autres, aura pointé les dates de ce sondage de rattrapage, réalisé en ligne les 5 et 6 mars 2011, c'est-à-dire en plein dans la publication du précédent et au cours du scandale.
La plupart des 1.347 échantillons, sélectionnés sur les listes électorales par Harris Interactive pour sa version bis, ont donc pu être influencés par la publication du premier, le 6 mars.

Un sondage scénarisé qui incite la majorité à se radicaliser

La majorité serait suicidaire
A la fois le PS condamne la majorité pour son écoute de la demande des Français d'un débat sur la laïcité et il l'accuse d'encourager ses électeurs à voter Le Pen...

Ce sondage met la gauche en transes

Marine Le Pen poursuit Mélenchon
La candidate du FN a décidé de porter plainte pour injures publiques contre le président du Parti de gauche, le trotskiste Jean-Luc Mélenchon, qui l’a traitée de "fasciste". "La palme de la perte de sang-froid revient à Jean-Luc Mélenchon" a ajouté son avocat.

L'électrochoc secoue le PS
Le PS est déjà passablement ébranlé par les affaires Guérini (entre autres) dans les Bouches-du-Rhône et son mal chronique, le furoncle Montebourg qui le lance à la fesse gauche, à trois semaines des cantonales.

Quand elle n'encourage pas Marine Le Pen en s'en prenant préférentiellement à l'exécutif, cette gauche humaniste et vertueuse oppose une résistance molle à la montée de l'immigration et de l'islam sur le sol national, et entrave l'action gouvernementale dans les régions. Or, ces sondages insensés propulsent déjà au pouvoir un PS hégémonique qui devrait montrer aux Français de quoi des démagogues sont capables dans la crise et l'inflation. Il s'en inquiète !

Jean-François Copé invite en revanche à la sérénité

Le secrétaire général de l’UMP ne s’inquiète pas outre mesure des délires sondagiers.

Selon lui, la solution pour la droite est de continuer à se saisir des questions de fond de la société française, au premier rang desquelles, selon lui, la laïcité, la sécurité, la situation pénitentiaire...

Tout d’abord, relativiser
:
"Ces différents sondages de l’institut Harris Interactive, relèvent "d’une opération de com" : nous sommes en train de vendre la nouvelle formule de ce journal" (la nouvelle formule du JDD était justement lancée ce week-end avec le sondage Harris en cadeau Bonux ), affirme Jean-François Copé.

Ensuite, expliquer
:

"le Front National est élevé parce que la situation économique, géopolitique, suscite de très grandes interrogations, de très grandes inquiétudes chez les Français." Et par ailleurs, calcule le patron de l’UMP, "si l’on additionne les scores de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin", le parti du président est en deuxième position... devant le PS, quel que soit son candidat.

Enfin, rassurer :
"Beaucoup de ceux qui déclarent une intention de vote pour le FN ne souhaitent pas pour autant que Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle".

Et Jean-François Copé assure que l’UMP continuera à se saisir des questions de fond
VOIR et ENTENDRE la version audio de l’intégralité de l’entretien de Jean-François Copé au micro France Info de Raphaëlle Duchemin (9'24"):


Sondages / Le Pen : la droite "devant le PS", analyse Copé envoyé par FranceInfo.

vendredi 11 février 2011

La justice n'a-t-elle vraiment pas les moyens de fonctionner ?

Les magistrats doivent rendre des comptes au peuple

Les juges doivent rendre compte devant la justice

Mis en cause par le chef de l’Etat dans le dossier « Laëtitia », les magistrats ont défilé jeudi ici et là en France pour tenter de se disculper et dénoncer une pénurie de moyens. Mais les choses ne sont pas si schématiques entre des magistrats qui dénoncent un manque de moyens et le gouvernement qui souligne les efforts des Français en faveur du budget de la justice. Le gouvernement oppose l’augmentation du budget de la justice ces dernières années aux excuses de la profession et doit faire de l'information face au silence de la presse sur les crédits.
Portrait de magistrat par Nicolas de Largillière (début du 18e siècle, ci-dessus)

La susceptibilité des magistrats est cyclique et son animosité remonte à la réforme de la justice. Elle ne peut donc être imputée aux seuls propos du chef de l’Etat qui, avec les Français, s'est indigné du meurtre barbare de Laëtitia par un multirécidiviste qui n'a pas fait l'objet d'un suivi judiciaire prioritaire.

Un budget qui augmente régulièrement

Manque de moyens ?
Le budget de la justice est en augmentation constante depuis plusieurs années. De 4,69 milliards d’euros en 2002, il est passé à plus de 7 milliards cette année. Une embellie budgétaire commencée avant 2002 .

Globalement, les effectifs ont eux aussi augmenté.
Des chiffres à mettre cependant à mettre en perspective.
Cela étant, le président a souligné hier sur TF1 que "tout n'est pas une question de moyens". Il a d'ailleurs apporté les précisions que les syndicats et la presse ne communiquent pas. Entre 2002 et 2010, le "nombre de magistrats en France est passé de 7.300 à 8.510", soit "une augmentation de 16%", les effectifs de greffiers de 22% et les personnels d'insertion de 143%. Le budget de la Justice est en "augmentation de 4,3%", a-t-il ajouté.

Ce matin, syndicats et media glissent sur ces chiffres.
« La France part de très très loin », explique Benoist Hurel, secrétaire national du SM (Syndicat de la magistrature, fortement marqué à gauche). La France accuse un sérieux retard sur ses voisins européens que les budgets successifs s'emploient à combler. Comme en matière de niveau scolaire, un rapport du Conseil de l’Europe sur les systèmes judiciaires européens (Cepej) datant d’octobre 2010 place la France au 37e rang sur 43 pour son budget consacré à la justice et montre que nous avons 3 procureurs pour 100 000 habitants. A titre comparatif, la Norvège en compte 15,4, la Pologne 14,1 et le Portugal 12,6. Mais Benoist Hurel ne prend pas objectivement en compte leurs attributions dans chacun des paysIl faut prendre ces comparatifs avec recul. On a chacun notre système judiciaire », relativise le sénateur centriste Yves Détraigne.

Le pénitentiaire et le judiciaire se jalousent

La ventilation des crédits à l’intérieur de ce budget ne satisfait pas tous les intéressés.
En 2011, 3,5 milliards ont été alloués à la pénitentiaire. 2,9 milliards aux juridictions, sans compter que les prisons bénéficient principalement des augmentations de postes. Le volet pénitentiaire rafle donc une grande partie des crédits. Une réalité que le député UMP Jean-Paul Garraud justifie par le vaste programme entamé depuis 2002 pour la reconstruction du parc immobilier, avec entre autres la construction de prisons neuves. « On ne va quand même pas nous le reprocher maintenant », s’insurge le député et ex-sous-directeur de l'Ecole de la Magistrature. « Construire une prison et la faire fonctionner au jour le jour coûte une fortune », fait cependant observer Benoist Hurel. « Sous Elisabeth Guigou [parce que Garde des Sceaux dans le gouvernement Jospin], les recrutements en termes de magistrats ont été réels. Des efforts importants ont été portés sur la justice judiciaire », se souvient-il, soulignant le besoin de rééquilibrage.
Concernant le pénitentiaire, on est dans une phase optimale. « L’accent doit être mis sur la justice judiciaire », reconnaît Jean-Paul Garraud, tout en rappelant la nécessité de ne pas négliger le volet pénitentiaire, « avec le problème des suicides dans les prisons » et « des conditions de dignité qui aujourd’hui sont là ».

La situation préoccupante des services de probation et d’insertion

A l’intérieur de l’administration pénitentiaire, des inégalités apparaissent. Les services pénitentiaires de probation et d’insertion (SPIP) – présumés innocents dans l’affaire « Laetitia »- sont mal lotis. « Il ne sert à rien de prononcer des peines si on n’est pas capables de les appliquer. Il faut augmenter les moyens sur les SPIP, c’est clair », admet Jean-Paul Garraud, vice-président de la Commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de la justice lors du procès d'Outreau, dans lequel pour avoir infligé trois de prison à des innocents le juge Burgaud a écopé d'une réprimande et d'une promotion.

. « C’est vrai qu’on a une insuffisance des moyens d’accompagnement et de réinsertion », soutient également Yves Détraigne (MoDem).

Trop de réformes ?



Alexis Ballot-Beaupré
(1836-1917)
1er président de Cour de cassation



Mais le Syndicat de la magistrature lui-même donne la priorité au volet de la justice judiciaire. « Sur le projet de budget 2011, on se retrouve avec 76 postes de magistrats en moins. Sur 8000 magistrats c’est important. [en fait, 8.510...] Le signal est délétère », commente Benoist Hurel.
Le SM n'est pas prêt aux 35 heures et prend au besoin le pénitenciaire en considération après avoir contesté cette priorité. « Il y a une augmentation des missions. La loi pénitentiaire a crée un très grand surcroît de travail. Le traitement en temps réel des procédures a demandé beaucoup de temps et le nombre de procédures a augmenté au niveau pénal », énumère-t-il.
Yves Détraigne, rapporteur au Sénat sur le volet mission justice, est conscient de cette réalité qu'il prend d'ailleurs en compte dans le budget 2011. « Il faut être conscient qu’on accumule les réformes années après années.», observe le sénateur centriste, qui veut s'assurer que les réformes peuvent être financées, à l'annonce de l’idée du chef de l’Etat d’introduire des jurés populaires en correctionnelle. « Dans les tribunaux correctionnels, on fait plus de droit pur que dans les Cours d’Assises. Il va falloir une formation plus poussée », prévient-il.

Les magistrats ne sont pas les premiers concernés

Les syndicats rameutent tous les fonctionnaires de justice
Les magistrats admettent qu'au bout du compte ils ne sont pas les plus à plaindre. Ce ne serait finalement pas tant la question du nombre de magistrats qui poserait actuellement problème que le fait que, selon eux, « ils ne bénéficient pas d’un nombre de greffiers et de collaborateurs suffisant ». « Dans le budget 2011, il y a eu une augmentation importante du nombre de greffiers mais en même temps ça s’est fait au détriment du nombre de greffiers par magistrat », réalise-t-il, dans un souci non négligeable de prosélytisme syndical. Jean-Paul Garraud confirme que ceux qui initient le mouvement de grogne manifestent en fait pour l'amélioration de leurs propres conditions de travail, alors que le pays entier fait des efforts pour passer la crise, sous la menace du chômage que les fonctionnaires de justice n'ont pas à craindre. « Il y a une diminution des agents d’exécution de catégorie C , c’est-à-dire ceux qui font tourner la machine. Ce qui fait qu’il y a un bon nombre de gens de catégorie A ou B qui font des tâches qui ne leur incombent pas », remarque-t-il, pointant un problème assez répandu jusque dans des catégories socio-professionnelles moins privilégiées, en attendant le retour de la croissance.
Pourtant, le député de Haute-Garonne admet qu' « il ne faut pas tout prendre uniquement en terme d’augmentation du budget », mais plutôt « modifier les méthodes de travail et chercher une meilleure gestion On doit pouvoir amorcer ce travail en partenariat avec la justice », estime l’élu UMP (depuis 2002), assez optimiste après un rendez-vous à l’Elysée jeudi matin.

mardi 27 juillet 2010

Vaste plan en faveur des prisons vétustes en France

Alliot-Marie décide la fermeture de 23 prisons vétustes d'ici 2017
Annoncées au printemps, 23 fermetures effectives

Le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a annoncé lundi la fermeture de 23 prisons vétustes, "pour la plupart entre 2015 et 2017", compensées par la constructions de nouveaux établissements à proximité, dans le cadre du plan de modernisation du parc pénitentiaire.
Ce plan vise à "assurer des conditions dignes de détention, à mettre notre pays en conformité avec les règles pénitentiaires européennes et à garantir la mise en oeuvre des prescriptions de la loi pénitentiaire" votée en 2009, a précisé le ministère de la Justice par communiqué.


Les 23 établissements ont été jugés trop vétustes pour être rénovés
"D'ici la fin de l'année 2017, environ 9.000 places vétustes seront fermées et près de 14.000 places seront ouvertes", a-t-il précisé. "La France sera alors dotée de 68.000 places de prison, dont plus de la moitié auront été ouvertes après 1990".
"Tous les agents en poste dans les établissements fermés pourront demander à être affectés dans les établissements alentour et verront leur demande de mutation traitée de façon prioritaire", a assuré le ministère.

Trois rénovations avec la contribution des régions
Les maisons centrales de Clairvaux et Poissy et la maison d'arrêt de Bar le Duc pourraient être remis aux normes, à condition d'un "investissement fort" des collectivités territoriales. Des réunions auront lieu en septembre avec tous les acteurs concernés.

Quatre établissements doivent être "maintenus, sous réserve d'une nouvelle expertise" sous trois mois. Ce sont les centres pénitentiaires de Versailles et Château-Thierry, ainsi que les maisons d'arrêt de Laval et Vesoul.

Innovations


Enfin, deux autres maisons d'arrêt (Tarbes et Belfort) vont être transformées en "quartiers nouveau concept", avec des régimes de détention plus souples, visant à "préparer activement la sortie des condamnés en fin de peine".


Martine Aubry pourra-t-elle se retenir de battre des mains ?
Plus sûrement, elle n'y verra qu'un « vulgaire » détournement de sa politique du « bien-être » au profit d'un petit nombre.
Sa Cynique majesté Royal va nous piquer une nouvelle « colère saine ».
Il est en effet question de remplacer trois prisons situées sur son territoire par une belle grosse toute neuve... Inconvénient ? De plus longues distances à parcourir par les familles pour rendre visite à leurs chers détenus. La région Poitou-Charentes pourrait pourtant leur proposer des « Friendly ». La production de la voiture électrique d'Heuliez pourrait en effet être prête courant 2012. Et puisque son autonomie devrait atteindre 250 km, ce serait un joli coup de pub pour la région. Et Désirdavenir Royal ménagerait à la fois son coeur et nos tympans.

Vers des « prisons à résidence »?

La CGT-Pénitentiaire a protesté contre ces nouvelles fermetures.

Nostalgique de la co-gestion, la CGT occulte les erreurs du passé (lien PaSiDupes) et a dénoncé des "choix arbitraires, unilatéraux, sans aucune concertation avec les organisations syndicales", et déploré la "taille inhumaine" des nouveaux établissements. Au risque de déplaire à Obama, des syndicalistes dénoncent notamment le fait que ces établissements "à l'américaine" - qui concentrent davantage de détenus - en deviennent d'autant plus difficiles à gérer, et concentrent encore plus de violence, en exacerbant les tensions entre prisonniers et avec les gardiens, et en limitant les contacts humains.

La vétusté des établissements pénitentiaires ne serait donc plus le critère prioritaire sur leur proximité avec les familles des détenus: l'idéal serait-il donc une multitude de micro-prisons de quartier ?... A quand les mobile-homes pénitentiaires avec jardinet ?
Et si, dans leur grande humanité, les syndicats pénitentiaires optent bientôt pour des emprisonnements à résidence, se posera alors la question des bracelets électroniques pour tous et des réductions d'effectifs dans l'administration pénitentiaire...

jeudi 23 octobre 2008

Pénitentiaire : les surveillants renoncent à bloquer les prisons

Les syndicats pénitentiaires démontrent que Rachida Dati est ouverte au dialogue
Les trois syndicats du personnel pénitentiaire français, qui avaient lancé un mot d'ordre de blocage des centres de détention pour le 13 novembre, l’ont levé, a annoncé Guillaume Didier, le porte-parole de Rachida Dati.
Mercredi 22, la ministre de la Justice et les représentants des trois organisations (Ufap, FO et CGT) se sont écoutés et ont réussi à s’entendre. C’était à la veille du mouvement des magistrats.

"Rachida Dati a annoncé que les travaux commenceraient immédiatement sur les sujets demandés par les syndicats, à savoir les conditions de travail des surveillants et la situation dans les prisons. Les syndicats ont accepté de lever leur mot d'ordre", a expliqué le porte-parole du ministère.
Christophe Marquès, délégué de Force Ouvrière (FO), a confirmé l'information, tout en mettant le gouvernement en garde. Une personnalité extérieure sera nommée pour superviser ces discussions et un bilan sera fait le 17 novembre en présence de la ministre elle-même, a-t-il expliqué. "Nous estimons avoir obtenu satisfaction sur nos revendications. Si les discussions tournaient court, nous n'excluons pas de relancer le mot d'ordre de blocage", a-t-il menacé dans la plus pure tradition syndicale.

Dans un climat tendu de suicides en série de détenus dans les prisons, les trois syndicats de surveillants avaient appelé le gouvernement à prendre des mesures contre la crise du monde pénitentiaire.
Après une série de quatre suicides en deux semaines portant les statistiques de 2008 à 90, et deux meurtres, la situation des prisons françaises suscite à nouveau l'inquiétude. Avec 63.185 détenus au 1er octobre, dont 697 mineurs, la population carcérale est tendue, malgré un été calme. Juste avant la réunion de Paris, un 91e suicide est d’ailleurs survenu à la prison de Loos, près de Lille, ont fait savoir les pompiers. Un homme de 52 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule peu avant 02h00 du matin.

Les revendications
Les syndicats revendiquent des "rythmes de travail adaptés", un audit prison par prison et un changement de politique pénale pour désengorger les prisons, avec développement des alternatives à l'incarcération et aménagements de peines. La propagande contre le 'tout sécuritaire' progresse donc et la réponse syndicale aux suicides est plus que jamais le laxisme.

Le ministère a déjà fait évoluer l’écoute en milieu carcérale, en acceptant d’une part la création d'un "bureau de l'action sociale" au sein de l'administration pénitentiaire et d’autre part le lancement d'un audit établissement par établissement.
Quant à la loi pénitentiaire censée développer les alternatives à l'incarcération et les aménagements de peine, en revanche, ne sera examinée en première lecture qu'en 2009 au Sénat. Aucune date n'est fixée pour son vote final.

Les organes de presse sont-ils des lobbys?
Et que titre cette même agence de presse française à la même date du 20/10/08:
"Méprisé" par Dati, le monde pénitentiaire appelé au blocage des prisons
et martèle sa prise de position le même jour avec un autre titre de dépêche :
"A l'agonie", le monde pénitentiaire se sent "méprisé" par Rachida Dati"

Or, c’est l’agence R****** qui titre le 22 octobre:
"Les surveillants renoncent à bloquer les prisons"
Qui saura jamais ce qu’a à en dire l’insolente agence de presse française ?
Aurait-elle changé de camp ? Aurait-elle salué la capacité de dialogue des syndicats du pénitentiaire que n’ont pas l’USM et le SM ? Le soudain silence de cette agence sur le sujet dénote son incapacité à faire amende honorable.

lundi 28 juillet 2008

L'été sera-t-il chaud dans les établissements pénitentiaires français ?

La canicule, espoir de l’opposition, là où les grèves ont échoué…
La population carcérale a atteint le 1er juillet le chiffre record de 64.250 détenus, soit une nouvelle hausse de 0,6% en un mois, iniquait mardi l'Administration pénitentiaire.

En juin, ce chiffre avait déjà atteint un sommet historique avec 63.838 personnes incarcérées faisant craindre le pire pour les mois d'été aux syndicats de personnels pénitentiaires. En l'absence de grâce présidentielle du 14-Juillet, les prisons ne bénéficient pas comme les années précédentes d'aucun sursis au cours de l'été.
Aux 64.250 détenus il faut par ailleurs ajouter les 1.901 personnes en semi-liberté, qui passent les nuits et les week-ends en prison, les 3.441 porteurs de bracelets électroniques et les 894 personnes placées à l'extérieur, ce qui porte le nombre total de personnes sous écrou à 69.686.
Le nombre de prévenus, personnes en attente de jugement, a en revanche baissé de 17.586 le mois dernier à 17.495 en juillet, tandis que celui de condamnés est passé de 46.252 précédemment à 50.656 actuellement. Les mineurs représentent 1,2% de la population pénale avec 793 détenus contre 759 en juin.

Nombre d’établissements pénitentiaires : 192 ou 233 ?
Selon les statistiques de l'Administration pénitentiaire, disponibles sur le site internet du ministère de la Justice (et leur présentation suspecte par une certaine presse), au 1er juin, sur 192 établissements pénitentiaires, ou quartiers, treize (soit 9,8%) avaient une densité carcérale supérieure à 200%, soit deux détenus pour une place. Cinquante-six autres établissements, soit 29%, avaient une densité carcérale supérieure à 150% mais inférieure à 200%, et 81 (donc 42%) une surpopulation comprise entre 100 et 150%. 83 prisons sur 192 ne dépassaient pas les effectifs prévus, soit tout de même 42%. Ce qui porterait le nombre des prisons à …233, et non 192 !

Face à cette hausse constante de la population carcérale, le ministère de la Justice avait rappelé en juin que 2.800 places de prison allaient être ouvertes cette année, ajoutant qu'en 2012, il y aurait 63.500 places.
Si la canicule n’était pas au rendez-vous, les réseaux anti-républicains d’opposition pourraient passer à l’action et échauffer l’atmosphère depuis l’extérieur, avec -officiellement-, des manifestations de soutien aux détenus, mais avec -officieusement- des actions de déstabilisation...