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lundi 27 avril 2020

Déconfinement : Macron tronque le débat à l'Assemblée et passe en force

Le débat mercredi était un petit pas pour Macron; son refus, un grand recul pour la démocratie

Macron  passe en force,
 sans vote, par peur du débat

Après avoir agrégé le sujet du projet du déconfinement à celui de l'application StopCovid et concédé - sous la pression - un temps réduit d'étude de ses propositions, l'imprévisible Macron  change de braquet, accélérant l'examen des grands axes de son déconfinement et en refusant le temps du débat. 
Une tactique du coup fourré dénoncée à gauche, comme dans la majorité, où les réticences contre cette application sont fortes.

Plus que jamais considérés comme des pions, les députés et sénateurs n'auront ni débats et ni votes spécifiques sur les mesures de déconfinement, incluant le recours à l'application StopCovid, laquelle pose à elle seule la question des libertés individuelles. 

Macron s'assoit sur le Parlement.
Il lui laisse un seul os à ronger, celui du projet d'application StopCovid. La volonté du gouvernement de présenter dès mardi le plan global de déconfinement lui permet de passer à la trappe ces étapes parlementaires chères aux démocrates: si le "conseil scientifique" est accroché aux procédures, au mépris des vies mises en danger, Macron, quant à lui, se comporte en autocrate, menaçant le régime parlementaire défini par la Constitution. 

Museler les représentants du peuple est une atteinte à la démocratie.  
Alors qu'il appelle à l'"union nationale", l'incohérent Macron tente un coup de force qui ne peut réussir qu'avec le soutien des élus LREM dans la crainte de débats s'annonçant houleux jusque dans la majorité, assure-t-on encore, bien que le scénario de la contestation dans le parti du président soit maintenant éculé depuis plusieurs réformes. Sans oublier que la gauche est vent debout contre ce projet et que la droite est elle aussi très partagée sur la question.

Anticipant une très forte abstention du côté des députés LREM, l'exécutif veut dissimuler la contestation interne. Sur le sujet de l'application de traçage porté par le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, Macron et Philippe prévoyaient une courte majorité de soutien au final, mais ils ne pouvaient pas non plus le mettre de côté dans le cadre du déconfinement, sous peine de se voir accusés de refus des moyens du combat. 

Le Sénat a refusé de traiter séparément deux sujets liés. 
Compte tenu des réserves de sa propre majorité sur ce projet StopCovid, l'application de traçage des porteurs du virus, Gérard Larcher, le président de la chambre haute, à majorité de droite, était très réticent à l'idée d'organiser un débat et un vote spécifiques sur des sujets complémentaires. Il a donc souhaité que le débat soit global et cohérent. "Je suis un pragmatique ; le traçage, pourquoi pas ? Mais si nous n'avons ni masques ni tests, il [le traçage] ne nous protégera pas du Covid. C'est pourquoi j'ai demandé au président de la République qu'il y ait un débat global sur le déconfinement", a-t-il confirmé dans le JDD. L'exécutif a donc bondi sur l'occasion de piéger les défenseurs des libertés individuelles, ainsi contraint au tout ou rien.


Un passage en force de plus risque-t-il de laisser plus de traces sur ce quinquennat ? 

La confiscation du débat sur le StopCovid est dénoncée à gauche et passe mal au sein de la majorité. "Un vote unique sur le plan déconfinement - sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel - et avec un nombre aussi réduit de députés déconfinés autorisés dans l'hémicycle ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant", a dénoncé sur Twitter Aurélien Taché, un député LREM et ex-socialiste qui a assuré ses arrières dans le parti du président, mais qui est très opposé à cette application, quel que soit la durée de l'autorisation de son fonctionnement

Comme les autres aspects du déconfinement, Philippe a prévu d'évoquer cette application lors de son discours, mardi prochain, d'autant plus superficiellement que l'exécutif n'est pas encore sûr d'être prêt pour le 11 mai. Le Parlement pouvait-il donc se prononcer sur un sujet aussi virtuel? Seuls les idéologues sont capables de fermeté sur les théories...  

Les députés de tout bord entendent rester vigilants, malgré l'absence de débat et de vote. 
"L'utilité du traçage ne peut s'apprécier qu'à l'aune de la stratégie globale de déconfinement, a déclaré aux Echos Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois à l'Assemblée nationale, rejoignant la majorité Les Républicains au Sénat. Il est donc important que nous puissions avoir mardi cette vision d'ensemble", a-t-elle insisté. 
Et cette rebelle (qu'on avait pas vu venir) de conclure: "Pour autant, beaucoup de questions restent ouvertes sur l'application et il n'est donc pas question de s'épargner ce débat au Parlement. La commission des Lois va poursuivre son contrôle et ses échanges avec le ministre et la CNIL sur le développement de l'application et son utilisation". 

Mais
l'application StopCovid ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt des forfaitures anti-démocratiques de Macron.
Affaire à suivre dès mardi soir avec les annonces de l'Edouard. 
Encore qu'il ne faille s'attendre qu'à de grands axes en pointillés qui ne permettent pas d'avancer ou laissent toutes les mises en oeuvre - et leur financement - sur les bras des collectivités territoriales.

jeudi 5 mars 2020

Retraites : la majorité LREM rejette la demande de commission d'enquête du PS

La majorité met un terme au questionnement socialiste sur l'étude d'impact accompagnant la réforme des retraites.

"La sincérité, l'exhaustivité et l'exactitude de l'étude d'impact" suscitent des doutes parmi les socialistes, telle qu'elle a été remise en complément des deux projets de loi sur la réforme des retraites. 
Le Parti socialiste voulait se pencher sur l'authenticité de cette étude d'impact et avait utilisé son droit de tirage pour créer une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur cette étude. Une demande rejetée mercredi par la majorité, malgré sa division.

Une décision qui intervient au lendemain de l'adoption de force par l'Assemblée en première lecture du projet à trous de réforme Macron des retraites via le 49.3, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a jugé par 35 voix contre 23 que les conditions de création n'étaient pas réunies. Ce refus est " une mauvaise manière" et aussi "l'aveu que vous avez un doute sur la sincérité et l'exhaustivité de l'étude d'impact", a lancé Boris Vallaud (PS) aux élus LREM et MoDem, les accusant de se rendre "complices d'un mensonge en bande organisée". 
"Assumez votre forfaiture, votre arbitraire", a renchéri son collègue Hervé Saulignac, alors que le groupe PS entendait exercer son "droit de tirage" (une commission d'enquête par groupe et par session) et que la garde des Sceaux, consultée comme de coutume, ne s'y était pas opposée.

Mais les Marcheurs ont dénoncé un "détournement de procédure" par les socialistes, une commission d'enquête devant porter sur un fait déterminé et l'étude d'impact pouvant être contestée par d'autres moyens. 
Monique Limon, ex-directrice du Développement Social au Conseil Départemental et députée LREM de l'Isère, a ainsi pointé une "nouvelle manœuvre politique qui n'a qu'un seul but : que la réforme des retraites n'aboutisse pas". Une voix dissidente s'est cependant fait entendre : Guillaume Chiche, membre de l'aile gauche de LREM, a indiqué qu'avec quelques collègues il votait pour cette commission d'enquête devant permettre de lever les "doutes" sur l'étude d'impact.

Toutes les oppositions ont soutenu la demande des socialistes, qui aurait permis à la majorité de "prouver [sa] bonne foi " (LFI), de lever le " soupçon" (LR) et ne pas laisser de questions « en suspens » (Libertés et territoires). Son rejet est "un nouvel acte d'autoritarisme", ont critiqué les communistes. "Il n'est que de petits députés pour craindre une petite commission d'enquête", a conclu Boris Vallaud.


mardi 11 décembre 2018

Crise sociale : les Gilets jaunes ne se satisferont pas de "miettes"

Les Gilets jaunes ne se sont pas laissés marabouter par le sournois: les manifestants "ne lâchent rien"


Au 
péage de la Barque, Bouches-du-Rhône, les 'gilets jaunes' ne comptent pas s'arrêter là...


Le péage de la Barque est occupé par les
Péage de la Barque 

Macron n'en est pas à son premier coup de force.

Les grèves et manifestations syndicales du printemps 2016 en France contre la Loi Travail de François Hollande ont duré du début du mois de mars à mai 2016 quand le gouvernement engagea sa responsabilité au titre de l'article 49, alinéa 3. Les mobilisations reprirent en septembre et octobre 2017,pour protester contre cette réforme dite El Khomri, imposée par ordonnances du président ...Emmanuel Macron. 
L'ex-conseiller, puis ministre de Hollande tenait à créer par ordonnances une 'Loi Travail 2', correspondant mieux à la version originelle du projet de la Loi El Khomri. Encore plus décriée que la version adoptée en 2016 et passée par Manuel Valls, en contournant le Parlement par le biais de l'article 49-3 de la Constitution,
l'entêtement du président Macron provoqua en septembre 2017 l'apparition de manifestations contre la 'Loi Travail 2' qu'il fit passer en force au moyen de deux nouveaux recours au 49.3, en dépit de manifestations, de dégradations matérielles, de rébellion ou d'outrage.

Au printemps 2018, l'Assemblée dominée par le parti résidentiel débattit d'une
réforme Macron du secteur ferroviaire prévoyant la fin progressive du statut du cheminot et fixant les modalités de l'ouverture à la concurrence du trafic de passagers, ce qui entraîna plusieurs préavis de grève des cheminots, qui ne parvinrent pas à empêcher l'adoption de la réforme dans l'été.
Les cheminots avaient appelé à une grève rythmée de deux jours sur cinq. Lancée le 3 avril, elle dura jusqu'au 28 juin, soit 36 jours de grève en trois mois, selon le planning fourni par les syndicats.

Les Gilets jaunes devront-ils tenir trois mois ?

  • Le péage de la Barque est occupé depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».
  • Il continue à l'être au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, insuffisantes selon eux. 
"Marquez bien qu’on ne lâche rien ! Il a cédé, c’est bon !". Comme tous les jours depuis le 17 novembre, une flopée de "gilets jaunes" s’est installée devant le péage de la Barque, dans les Bouches-du-Rhône. A quelques kilomètres d'Aix-en-Provence​, cette barrière de péage est devenue l’un des bastions du mouvement dans le département.

Au lendemain de l’allocution très attendue d’Emmanuel Macron, ces manifestants sont toujours là. Et pour cause : "on est déçu", gronde Gilles. "C’est de l’enfumage, abonde Jean-François. Le SMIC n’est pas revalorisé, c’est la prime d’activité" qui l'est. "Et ce SMIC-là, ce n’est pas lui ou les entreprises qui le donnent, ce sont nos impôts !", note, amère, Nelly. "Il faut augmenter le taux horaire du SMIC", réclame son voisin.

"On ne lâchera rien"

"Nous, on se bat pour le pouvoir d’achat de tout le monde, souligne Jean-François. Pour nos enfants, nos petits-enfants; on ne lâchera rien.
"La prime défiscalisée, il faut déjà que le patron veuille ou puisse la donner !" Ou qu'il en ait les moyens... 

"Moi, j’ai 73 ans, poursuit Alain. Je touche une retraite de 2.100 euros, je suis juste au-dessus du seuil, donc je suis marron. Avec la CSG, on m’enlève 600 euros par an ! Depuis Hollande, nos retraites sont bloquées, par une seule augmentation. Ça fait six ans !"

Le péage de la Barque est occupé par les «gilets jaunes»
Les 'gilets jaunes' occupent le péage de la Barque depuis un mois

"On demande aussi un référendum d’initiative citoyenne, explique Nelly. Il faut qu’on concentre nos revendications sur quelques points, ou sinon ils piocheront dedans, dans ce qui les arrange. On n'est que des enfants. Alors qu’avec le référendum, on redevient des adultes citoyens."

"Il pensait nous calmer et ça nous a mis en rage"

"Macron nous a donné des miettes, estime Pierre, très en colère. Il espérait qu’on dégage avec cette allocution. Mais on va continuer à se mobiliser et il donnera encore plus la prochaine fois. Il pensait nous calmer et ça nous a mis en rage. On est là pour que nos enfants aient un meilleur avenir. Ce n’est pas de gaieté de cœur que je viens me geler ici !"

"On continue à se mobiliser pour obtenir ce qu'on veut, explique Richard. Ce qu’il a annoncé, c’est de la poudre aux yeux. Ce n’est pas ce que l’on demandait. On voulait que les riches paient et il n’a pas rétabli l’ISF."

"Ça suffit d’être trop gentil"

Tous appellent à continuer la mobilisation. "Les gens, ils nous klaxonnent, mais on a envie de leur dire :"rejoignez-nous", histoire que tout ça serve à quelque chose", soupire Jean-François. "Moi, je suis prêt à passer le réveillon ici, répond Pierre. Si nous, on n’est pas sur ce péage, y’a personne !"

"Ça suffit d’être trop gentil, s’énerve Catherine. Là, y’en a marre. Ici, on sert à rien. Je viens tous les jours depuis le 17 novembre. Mon gendre, qui est un "gilet jaune" du dimanche, dit qu’il faut bloquer les préfectures. Je ne sais pas si c’est utile…" Dans certaines villes, les services des impôts le sont...

"C’est la casse qui a fait reculer Macron"

"On est gentil, pacifiste, mais si on est trop gentil, on ne nous écoute pas, déplore Cédric. Il faut de la casse, sinon on ne nous entend pas. C’est la casse qui a fait reculer Macron. Il ne faut pas lâcher."

"A la Barque, on est pacifiste, on a toujours canalisé les jeunes ici, explique Gilles. Mais on ne peut pas canaliser tout le temps… Il faut prendre conscience de la tension. Même moi au travail, je le vois. Pour l’instant, c’est calme…" 
Selon un sondage publié par Le Figaro et France Info, 54 % des Français appellent les 'gilets jaunes' à continuer leur mouvement, contre 66 % le 22 novembre.

mardi 16 octobre 2018

Justice politique : perquisitions au siège de La France insoumise, au Parti de gauche et chez Mélenchon

"C'est un coup de force politique, policier et judiciaire !" s'écrie Mélenchon

Des perquisitions menées dans le cadre de deux enquêtes préliminaires 

Mélenchon se filme pendant une perquisition chez lui.
"Personne ne me touche, ma personne est sacrée",

 a-t-il lancé aux policiers
L'ancien candidat à la présidentielle a également accusé le gouvernement d’avoir ordonné ces perquisitions : menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions, elles ont eu lieu mardi matin au siège de La France insoumise, du Parti de gauche, chez Jean-Luc Mélenchon et chez d'anciens assistants du député, a fait savoir La France insoumise.

"Nous sommes des honnêtes gens, nous ne nous livrons à aucun trafic, nous n'avons rien à cacher", s'est indigné le député insoumis.

Suite à la perquisition, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une action politique de la ministre de la Justice Nicole Belloubet et de l'exécutif : "C'est une énorme opération de police politique. C'est un coup de force contre nous !"

VOIR et ENTENDRE la victime :



Le député des Bouches-du-Rhône a demandé que La République en marche soit aussi perquisitionnée. 
Richard Ferrand, le président de l'Assemblée, , a pu accéder au perchoir, malgré une mise en cause dans une opération immobilière juteuse dite  "affaire des Mutuelles de Bretagne" et le MoDem, pareillement accusé de conflit d'intérêts dans l'exploitation, entre en force au gouvernement - avec Gourault, promue ministre, et Fesneau - après les démissions forcées de François Bayrou et de Marielle de Sarnez. 


Il appelle à la résistance en direct sur Facebook

Résultat de recherche d'images pour "perquisition chez Melenchon"

Ce mardi 16 octobre, Mélenchon s'est filmé sur sa page Facebook en pleine perquisition à son domicile. Le leader de La France Insoumise s'est ainsi indigné et a appelé au rassemblement. 


A l'Assemblée,
Philippe III nie "toute instruction individuelle donnée au procureur"

Cependant, pour l’historien Jean Garrigue, 
ce genre de réaction est devenu récurant chez les politiques.
"Je pense que là, on est quand même dans un réflexe systématique de la classe politique qui en France a du mal à supporter la séparation des pouvoirs", observe-t-il.

Ce type de perquisitions a d’ailleurs eu lieu dans d’autres enquêtes visant différents partis politiques. C’était notamment le cas pour le Front national (RN) en 2016 et 2017, au Parti Socialiste en 1992 ou encore au MoDem en octobre 2017.

lundi 28 novembre 2016

"Il n'y aura pas de primaire entre le président et le Premier ministre", affirme Le Foll

Le président sortant refuse de se soumettre à la règle commune 

Le
s éléphants du PS répliquent aux propos de son premier ministre qui se dit "prêt" au "face-à-face" avec Hollande en 2017

Ils tentent d'étouffer l'incendie allumé par Manuel Valls qui a annoncé dimanche sa candidature à la primaire à gauche face à François Hollande.

"Il n'y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre: cela ne peut pas s'imaginer," a répliqué le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, au micro d'Europe 1, lundi 28 novembre.

Le porte-parole du gouvernement a estimé que Manuel Valls a "tout à fait la possibilité" d'être candidat, "mais à ce moment-là, il n'est plus Premier ministre".
Valls peut-il même rester premier ministre à la suite de son coup de force dans la presse ?

Le feu à la baraque à frites

Un peu plus tôt sur France 2, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a demandé que s'"arrête" la "rage de fragmentation" à gauche. "Rien d'irréparable n'a été dit", a-t-il toutefois assuré, soulignant qu'il n'y a "pas de désaccord politique stratégique" entre François Hollande et Manuel Valls.

Le putsch du premier ministre a-t-il fait pschitt ?
Valls, qui mettait un point d'honneur à jurer de sa loyauté à Hollande, a franchi le Rubicond, se mettant hors-la-loi dans la guerre picrocholine livrée depuis plusieurs semaines au président de la République, en assurant dans Le Journal du dimanche qu'il se "prépare" et est "prêt" au "face-à-face" avec la droite: Brutus tente d'être calife  à la place du calife ?

dimanche 22 février 2015

Le chef de guerre Hollande s'attaque aux "frondeurs" du PS

François Hollande lance un avertissement aux frondeurs du PS

Hollande multiplie les coups de force

L'étrangleur de Matignon 
pousse Hollande au crime
Est-ce la fonction des "frondeurs" de faire passer la "gauche molle" pour un dur? Après chaque rodomontade pour la galerie, l'aile gauche du PS se replie et, à chaque contestation des députés socio-démocrates, Hollande reprend l'avantage, du vote du budget à celui de la loi Macron par l'usage de l'article 49.3. "Si les parlementaires ne font pas ce que veut le pays, il y a une forme de défiance qui s'installe", a souligné le locataire de l'Elysée au salon de l'Agriculture, faisant notamment allusion aux frondeurs du PS qui avaient des velléités de vote contre la loi Macron cette semaine.



Sur la loi Macron, "on n'allait pas encore passer trois ou quatre mois avant qu'il ne commence à produire ses effets, s'inquiète un François Hollande dans l'urgence. Je crois que ce message-là, il faut que certains l'entendent, qu'ils soient dans la majorité ou qu'ils soient dans l'opposition", a-t-il lancé aux opposants à sa politique.
Cet avertissement intervient peu après le recours à l'article 49-3 son gouvernement, afin d'imposer la loi Macron sans vote des représentants du peuple. Des frondeurs du PS laissaient en effet planer un nouveau doute sur leur soutien au gouvernement Valls: à quelques voix près dans une Assemblée où les socialistes n'ont plus la majorité absolue, le gouvernement craignait un "accident" de parcours pour ce texte, qui doit désormais être revu et corrigé par le Sénat en avril.

Hollande pointe les manques de "responsabilité" et de "lucidité" de sa gauche

François Hollande s'en prenait à ses contestataires, ce samedi, et surtout les députés socialistes frondeurs, dans l'euphorie du passage en force sans "accident"  il y a quelques jours du projet de loi Macron à l'Assemblée... Il a mis en garde contre un risque de "défiance" "si les parlementaires ne font pas ce que veut le pays".

"Qu'est-ce qu'ils [les Français ] demandent ?", a-t-il fait mine de savoir. "Que le pays change, que le pays réussisse. Il faut, quand on est dans l'opposition, en avoir conscience et quand on est dans la majorité, en avoir la responsabilité, la lucidité."  "Il y a un moment où si les parlementaires ne font pas ce que veut le pays, il y a une forme de défiance qui s'installe", selon celui qui fait une rechute dans les sondages et se prétend en phase avec les Français.

"Mon rôle, ce n'est pas d'opposer le parlement au peuple, c'est au contraire de dire que maintenant il faut aller vite", a-t-il insisté, opposant une contre-vérité à un prétexte, avec le souci de ne pas manquer le coche de la reprise qui se profile ici et là, avec les baisses du prix des carburants - à la faveur de l'arrivée du gaz de schiste aux USA- et de l'euro qui rend nos entreprises plus compétitives.

Plus de la moitié des Français estime que le PS risque d'imploser après cette crise de la majorité présidentielle, selon un sondage publié ce vendredi. Après des élections départementales annoncées comme difficiles pour la gauche, le parti présidé par Jean-Christophe Cambadélis a rendez-vous à Poitiers en juin prochain, pour un Congrès électrique. Contrairement au patron du PS, au Premier ministre Manuel Valls ou encore au chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux, François Hollande s'est toutefois abstenu de faire allusion à une exclusion éventuelle des fanfarons trop frondeurs de sa majorité présidentielle récalcitrante.


samedi 31 mai 2014

Menace juridique sur la troïka de l'UMP

La légalité contestée du triumvirat formé par Juppé, Raffarin et Fillon à la tête de l'UMP  

La prise du pouvoir du triumvirat Fillon-Raffarin-Juppé à l'l'UMP, mardi 27 mai, n'a pas franchement respecté la "loi interne" du parti
Certains cadres de l'UMP s'apprêtent à appeler au respect des statuts du parti, votés il y a tout juste un an. Une explication de texte qui pourrait intervenir mardi 3 juin, lors du prochain bureau politique du parti.
Des membres du bureau politique pointent les irrégularités et les violations de ces règles. Et elles sont nombreuses :

> Le non-respect de l'ordre du jour : 
L'argument est simple: c'est un bilan des élections européennes qui figurait à l'ordre du jour de ce bureau politique du 27 mai dernier, ainsi qu'un rapport sur la "situation financière et comptable de l'UMP: diagnostic et propositions". Or, à l'évidence, il ne fût nullement question (ou si peu) des élections mardi. L'assemblée n'a discuté que de l'avenir de Jean-François Copé, aboutissant ainsi à sa démission.
Les rédacteurs de la note rappellent que, selon l'article 22-1 du règlement interieur, "l'ordre du jour de la réunion doit figurer dans la demande et ne peut être modifié."

> L'absence de vote :
La note se fonde sur l'article 23-4. Cet article dispose que "le Bureau Politique délibère à la majorité des suffrages exprimés". Or, il n'y eût pas de vote mardi dernier. La situation est donc, selon les rédacteurs de la note, illégale.

> Quid de Luc Chatel ?
Si l'on s'en tient au règlement intérieur, le successeur de Jean-François Copé ne pourrait être que Luc Chatel. Vice-président délégué du parti, c'est lui qui, "en cas d'empêchement du Président de l'Union", doit prendre le poste. L'article 24-5 des statuts précise "qu'il en est de même en cas de vacances de la présidence de l'Union jusqu'à l'élection d'un nouveau Président."
Autrement dit, si on respecte la loi interne à l'UMP, Luc Chatel doit prendre les rênes du parti, et ce jusqu'en octobre 2014, date du prochain congrès. Les membres du bureau politique s'étonnent d'ailleurs du silence de l'ancien ministre à l'issue de ce bureau politique.

> L'interdiction de modification des statuts
Tel ou tel journaliste s'était étonné du non-respect des règles internes. 
Alors que la décision d'installer un triumvirat Juppé/Fillon/Raffarin à la tête du parti a été prise lors du bureau politique, il est indiqué que les statuts de l'UMP ne peuvent être modifiés que dans certaines circonstances bien précisesL'article 56-1 assure d'ailleurs la chose suivante :
"Les présents statuts et la Charte des Valeurs de l’Union qui constitue le préambule des présents statuts ne peuvent être révisés que par le Congrès à la majorité absolue des suffrages exprimés…"
En clair, la modification des règles internes ne pourrait intervenir qu'en octobre prochain, date du congrès.

Ce non-respect des statuts peut théoriquement conduire n'importe qui à l'UMP (jusqu'au simple militant) à déposer un référé-suspension

Une démarche qui pourrait empêcher l'installation de la désormais fameuse troïka à la tête du parti, jusqu'à ce que un juge statue. 

Sur Twitter, Jean-Pierre Raffarin a réagi sur la menace juridique qui plane sur le triumvirat qu'il forme avec Alain Juppé et François Fillon :
Le prochain bureau politique décideraen liaison avec la haute autorité.
 

mercredi 2 avril 2014

Changement de gouvernement: Fabius et Montebourg se disputent le commerce extérieur

Question de périmètre et non de bout de gras

Fabius s'est annexé le Commerce extérieur avant que Nicole Bricq n'ait déménagé
Le nouveau gouvernement connaît déjà des remous avec la redistribution des portefeuilles. 
Le ministère des Affaires étrangères a empoché ce portefeuille avant la passation de pouvoirs de la ministre jeudi 3 avril. Le nouveau ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, crie au hold-up. 
"Pour nous, la passation de pouvoir se fait demain [jeudi] à 10 heures à Bercy avec Arnaud Montebourg", annonce un responsable de Bercy. Pourtant, le ministère des Affaires étrangères a annoncé plus tôt qu'il a réalisé sur le Commerce extérieur un "Anschluss" peu diplomatique.

Montebourg avait assuré que ce domaine relèverait du portefeuille du nouveau ministre de l'Economie
", mais "le commerce extérieur est dans le champ des attributions de Laurent Fabius", a décrété un responsable du Quai d'Orsay, sous couvert d'anonymat... peu après ce coup de force.

Le Poutine du Quai d'Orsay annexe la Crimée de Bercy

Jusqu'à présent, le Commerce extérieur était de la compétence de Bercy et ce rattachement au Quai d'Orsay serait une première sous la Ve République.
"Les décrets d'attribution des compétences des ministres sont en cours de rédaction et c'est très délicat, car des pans de Bercy vont passer sous le contrôle du Quai d'Orsay", a précisé un autre anonyme du ministère des Affaires étrangères.

Le chancelier Kurt von Montebourg va-t-il organiser un référendum pour demander à la population du ministère du Commerce si elle souhaite rester quai de Bercy ou être incorporée aux Affaires Etrangères ?

samedi 23 novembre 2013

La réforme de la fiscalité, une cause de friction entre Ayrault et Hollande

Hollande riposte au coup de force d'Ayrault

Le Monde met leur bisbille sur la place publique

Ayrault  s'émancipe
Après avoir martelé pendant près d'un an qu'il n'y aurait plus de réforme fiscale d'envergure, le gouvernement fait aujourd'hui volte-face.

François Hollande n'a appris qu'au tout dernier moment l'offensive  sur la fiscalité lancée par son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, révèle le quotidien socialiste dans son édition datée dimanche-lundi. Le sombre Ayrault rappelle à ses engagements François Hollande qui, pendant la campagne, avait promis une remise à plat de la fiscalité: elle avait été oubliée trop vite, y compris par les ministres, gronde le frondeur de Matignon.

En octobre 2012, Hollande était déjà critiqué pour la lenteur des décisions, mais se justifiait par le respect d'un calendrier de réformes. En novembre 2013, Ayrault le tacle sur son non-respect et décide de bousculer le président...

Alors qu'à la surprise générale le chef du gouvernement a annoncé une "remise à plat de la fiscalité" en début de semaine dans un entretien aux Échos, le président n'a été informé de la teneur de cet entretien que trois jours avant sa parution, par SMS, rapporte le quotidien du soir."Jusqu'ici nous avons répondu à l'urgence pour redresser la barre, estime le premier ministre, comme si s'était fait. "Il nous faut désormais bâtir pour l'avenir," s'est-il justifé. Constatant que ces mesures restent quasiment improductives, il pointe un système fiscal "devenu très complexe, quasiment illisible", dont les Français, trop peu malins, selon lui, ne comprennent plus la "logique" et qu'ils ne jugent plus "efficace".

Matignon et l'Élysée assurent que cette initiative sur la fiscalité a été préparée de concert

Mais beaucoup, dans l'entourage des deux têtes de l'exécutif, dénoncent un coup de force du chef du gouvernement. "Ayrault a forcé la main de Hollande", assure un proche du président, cité par Le Monde. "Il lui a fait un bébé dans le dos", reproche le conseiller d'un ministre. Embarrassant de la part d'un locataire de Matignon qui dit agir "en toute transparence".
VOIR et ENTENDRE

Ce comportement est plus qu'embarrassant de la part d'un collaborateur qui dit agir "en toute transparence".

Le Premier ministre prend des initiatives 

Au plus bas dans les sondages et suite à la grogne et au "ras-le-bol fiscal", selon les termes de P. Moscovici, Jean-Marc Ayrault s'est redonné de l'importance pour plusieurs mois avec cette initiative, tordant le cou à l'hypothèse d'un changement de premier ministre avant les européennes. 

Les négociations avec les partenaires sociaux sur le dossier fiscal sont d'ailleurs prévues pour débuter dès lundi matin, 08h30.

Delphine Batho avait été limogée pour bien moins que ça

Ayrault et Hollande ne seraient-ils pas convenu d'une faute honorable du Premier ministre qui justifierait une éjection dans la dignité?
Valls court-circuite Ayrault