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mercredi 21 août 2019

Municipales 2020 : Villani (LREM) dénonce une procédure de désignation "viciée"

Villani n'a pas apprécié l'ingérence de Macron en faveur d'un de ses proches 

Le député de l’Essonne annoncera en septembre s’il a l’intention de maintenir sa candidature à la mairie de Paris, malgré le verdict de la primaire LREM.

Résultat de recherche d'images pour "tintin trouver la voie"Alors qu’il doit annoncer ses intentions sur une candidature dissidente ou non à la mairie de Paris, Cédric Villani dénonce dans un entretien avec Paris Match une procédure de désignation par la commission nationale d’investiture [qui] qui était "viciée" lors de la primaire de LREM. Le député de l’Essonne précise que "quelle que soit la suite de la démarche, il s’agira de rassembler et de travailler sur le meilleur projet". "Je ne considère pas le candidat officiel [Benjamin Griveaux] comme un adversaire ou un ennemi", ajoute-t-il.

"On peut se dire "Le mathématicien respecte les règles". Mais la liberté est une valeur familiale et personnelle importante", ajoute Cédric Villani. "On sent qu’il va se passer quelque chose d’important, on est sur le point de trouver la voie", déclare-t-il, sans apporter plus de précision.

"La place [de Cédric Villani] est dans sa famille"

Assurant  dans le JDD que Cédric Villani "[a] dit qu’il sera loyal", Benjamin Griveaux avait, quant à lui, espéré "le convaincre que sa place est dans sa famille".

Début juillet, et à l'unanimité, les membres de la Commission nationale d’investiture ont désigné  Benjamin Griveaux candidat de LREM aux municipales de Paris, face à Hugues Renson et Cédric Villani.

dimanche 24 février 2019

Belgique : 27 anciens SS perçoivent toujours une "prime" de loyauté au régime nazi

La France fait-elle mieux ?

En Belgique, la loyauté est une valeur éternelle

En Belgique, la fidélité au Troisième Reich, ça paye encore. 
Ce mardi, le journal "De Morgen" a révélé que près de 75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale 27 anciens SS belges touchent encore une pension complémentaire de Berlin pour "fidélité, loyauté et obéissance" au régime nazi.
Cette "prime" avait été promise en 1941 par Adolf Hitler soi-même, pour récompenser ses anciens collaborateurs.

38.000 personnes auraient touché cette pension.
Aussitôt relayée par le journal "La Libre Belgique", l'information a suscité l'indignation de plusieurs partis dont le PS et Défi, qui ont appelé le gouvernement à "s'attaquer d'urgence à ce problème par la voie diplomatique". D'autant plus que cette prime versée par les Länder allemands n'est pas taxée par l'Etat belge.

Le quotidien a également contacté le chercheur Alvin de Coninck, membre de "Remembrance", une association de survivants et de rescapés de la Shoah, qui explique que les bénéficiaires seraient les Belges ayant rejoint les rangs des Waffen-SS, mais qui balance aussi des Alsaciens ayant obtenu la nationalité allemande au moment de l'invasion nazie.

"On estime qu'un total de 38.000 personnes ont perçu cette pension complémentaire", affirme "la Libre Belgique". Le montant de la pension est susceptible de varier d'un minimum de 425 euros jusqu'à 1.275 euros par mois:
"Les années passées dans une prison belge à la suite d'une condamnation pour collaboration sont considérées comme du temps de travail. [...] Alors que les Belges qui ont dû travailler en Allemagne pendant la guerre sont considérés comme travailleurs forcés ont reçu une indemnité de 50 euros par mois après la guerre", explique Alvin de Coninck.

La France fait mieux...

En France, 54 personnes perçoivent encore une pension pour avoir collaboré avec le régime nazi.
Plus de 2.000 personnes, dont les trois quarts en Europe, ont touché en février des pensions versées à d'anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force.

Au total, 2 033 personnes dans le monde ont touché en février des pensions versées à d'anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force, a précisé le ministère allemand du Travail, vendredi 22 février.

En Europe, ils sont 1.532 à percevoir la pension, dont 573 personnes dans la seule Pologne, le pays le plus représenté. Suivent la Slovénie (184), l'Autriche (101), la République tchèque (94). 
Quelque 54 personnes la perçoivent en France, 34 en Grande-Bretagne, 71 en Croatie ou 48 en Hongrie et 18 en Belgique.

Les Etats-Unis comptent sur leur sol 250 bénéficiaires, devant le Canada (121), le Brésil (18) et l'Argentine (8). 
En tout, 409 personnes disposent de cette prestation sur le continent américain. L'Asie compte une trentaine de bénéficiaires, dont 12 en Thaïlande. Enfin, 44 personnes la touchent en Australie. En Afrique, le nombre de bénéficiaires s'élève à 13, dont 9 en Afrique du Sud et 4 en Namibie. 

Jusqu'à environ 1.300 euros mensuels
Le SMIC net est de 1.173,60 € au 1er janvier 2018

Jusqu'à environ 1.300 euros mensuels de pension sont versés en vertu d'une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une indemnité. Elles bénéficient aussi à d'anciens nazis ou collaborateurs étrangers du régime d'Adolf Hitler, mais également à des personnes enrôlées de force. Les ex-membres de la SS en sont exclus, tout comme toute personne condamnée pour crimes de guerre. 

Depuis 2008, la loi permet aux Länder allemands qui versent ces retraites de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée, selon des données de 2017 du gouvernement fédéral allemand. Les députés belges ont voté cette semaine un texte demandant au gouvernement de mettre fin à ce système de pensions versées par l'Allemagne. Et en France ?

Le cas Georges Marchais, 21 ans secrétaire général du PCF
(Parti communiste français)

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Georges Marchais a posé en victime du service du travail obligatoire (STO). En décembre 1942, le mécanicien ajusteur Georges Marchais est muté de l'usine aéronautique Voisin d'Issy-les-Moulineaux sous direction allemande pour travailler pour la société Messerschmitt à Augsbourg, Allemagne.

Il a déclare être rentré en France dans les premiers mois de 1943. Mais la date de son retour définitif en France est sujette à controverse : il n’est pas établi s'il est retourné en Allemagne ou s'il s'est caché avec sa femme et sa fille jusqu'à la Libération. Au début des années 1970 et surtout à la veille de l'élection présidentielle de 1981, dans le cadre de révélations de L'Express, ses adversaires politiques et d'anciens communistes l'accusent d'être parti travailler en Allemagne volontairement.
Selon l'historien Philippe Robrieux, ancien secrétaire général (1959-1961) de l'Union des étudiants communistes (UEC), cette attitude non résistante (comme celle de Maurice Thorez) fera plus tard de Marchais un militant soumis aux ordres des dirigeants soviétiques qui possèdent son dossier biographique suivant leur méthode habituelle de "tenue en main" des mouvements politiques, y compris le mouvement communiste international. 
Après guerre, ce chantage conduira  à la marginalisation des grands résistants au sein du PCF (Tillon, etc.) et favorisera l'ascension des camarades "tenus en main" par les soviétiques, dont Georges Marchais. 

L'historien Bruno Fuligni souligne que George Marchais ne participa pas à la résistance armée après son retour d'Allemagne, mais distribua des tracts dénonçant l'occupation.
Georges Marchais a-t-il encaissé sa vie durant une pension pour bons et loyaux services au régime nazi ?

jeudi 23 mars 2017

Primaire: la Haute Autorité du PS dénonce le manque de "loyauté" de Valls

Valls, "citoyen déloyal", pour son refus de soutenir Benoît Hamon

La Haute Autorité des primaires citoyennes a dénoncé le "comportement" de Manuel Valls

En ne parrainant pas Benoît Hamon et en critiquant son programme, l'ancien Premier ministre "contrevient gravement au principe de loyauté et à l'esprit même des primaires" de la "Belle Alliance Populaire", constate la Haute Autorité des primaires citoyennes, par communiqué du mercredi 22 mars.
"L'engagement principal consiste à soutenir sans réserve le candidat sorti vainqueur", écrit cette instance interne créée pour veiller au bon déroulement de la primaire du PS et de ses alliés et présidée par Thomas Clay, professeur de droit à l'université de Versailles.
Thomas Clay était directeur adjoint de la campagne d'Arnaud Montebourg en 2011, qui était candidat à la "primaire citoyenne". Il a aussi travaillé avec François Hollande en 2012, puis avec le ministre André Vallini et conseille aujourd'hui son collègue Thierry Mandon.
Thomas Clay a été choisi pour présider cette Haute autorité qu'il a mise sur pied en 2013. Vice-président depuis sa création, il assurait l'intérim depuis le départ du président historique Jean-Pierre Mignard, actuel soutien de Macron. Déjà sollicité par les frondeurs pour sa proximité avec l'aile gauche du PS, il s'imaginait alors arbitrer une primaire historique avec un président de la République en fonction - mais qui se déroba - face à plusieurs de ses anciens ministres. A la différence de son homologue Anne Levade, présidente de la haute autorité de la primaire de la droite, Clay n'est pas à la tête d'une instance indépendante. Mais, comme sa consoeur, Thomas Clay n'est pas encarté. "Charlatan de l'arbitrage", selon Tapie, depuis l'affaire de l'arbitrage Tapie-Lagarde, Thomas Clay a aussi été mis en échec par la justice sportive dans son soutien à Michel Platini - bien que membre de la Commission d'appel de la Ligue de football professionnelle - qu'il a défendu lors de ses déboires avec la Fifa.
Valls se voit reprocher de n'avoir pas apporté son parrainage à son vainqueur, mais aussi d'avoir publiquement critiqué son programme

"Au-delà du manquement à la parole donnée, Manuel Valls livre une analyse politique condamnant le programme du candidat issu des Primaires Citoyennes auxquelles il a participé", déplore-t-elle.

La HAPC rappelle que, "comme tous les autres candidats au second tour de la primaire des 22 et 29 janvier, Manuel Valls a signé de sa main la Charte éthique de la primaire qui précisait ceci: 'Je m'engage à soutenir publiquement le(la) candidate qui sera désigné-e à l'issue des primaires citoyennes et à m'engager dans sa campagne' ".

Dimanche, une tribune publiée dans le JDD , Valls avait indiqué ne pas croire au programme de Benoît Hamon, candidat officiel du Parti socialiste, notamment "que l'avenir de la France passe par une sortie du nucléaire, par l'abandon des règles et des interdits -je pense bien sûr à la légalisation du cannabis -, par le dénigrement de cette valeur qu'est le travail, par une fuite en avant avec le gonflement de notre dette, qui n'est que la promesse de hausses d'impôts". 

"Faire croire tout cela, c'est trahir le passé de ma famille politique. C'est surtout livrer la France à ceux qui préparent le pire des avenirs", avait-il fustigé.

lundi 28 novembre 2016

"Il n'y aura pas de primaire entre le président et le Premier ministre", affirme Le Foll

Le président sortant refuse de se soumettre à la règle commune 

Le
s éléphants du PS répliquent aux propos de son premier ministre qui se dit "prêt" au "face-à-face" avec Hollande en 2017

Ils tentent d'étouffer l'incendie allumé par Manuel Valls qui a annoncé dimanche sa candidature à la primaire à gauche face à François Hollande.

"Il n'y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre: cela ne peut pas s'imaginer," a répliqué le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, au micro d'Europe 1, lundi 28 novembre.

Le porte-parole du gouvernement a estimé que Manuel Valls a "tout à fait la possibilité" d'être candidat, "mais à ce moment-là, il n'est plus Premier ministre".
Valls peut-il même rester premier ministre à la suite de son coup de force dans la presse ?

Le feu à la baraque à frites

Un peu plus tôt sur France 2, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a demandé que s'"arrête" la "rage de fragmentation" à gauche. "Rien d'irréparable n'a été dit", a-t-il toutefois assuré, soulignant qu'il n'y a "pas de désaccord politique stratégique" entre François Hollande et Manuel Valls.

Le putsch du premier ministre a-t-il fait pschitt ?
Valls, qui mettait un point d'honneur à jurer de sa loyauté à Hollande, a franchi le Rubicond, se mettant hors-la-loi dans la guerre picrocholine livrée depuis plusieurs semaines au président de la République, en assurant dans Le Journal du dimanche qu'il se "prépare" et est "prêt" au "face-à-face" avec la droite: Brutus tente d'être calife  à la place du calife ?

mardi 26 août 2014

Jack Lang juge déloyal le comportement de Montebourg et Hamon

François Hollande peut encore compter sur les caciques à la retraite.

L'ancien ministre a vivement réagi à la fronde engagée par les deux ministres
Dès dimanche, il a jugé leur attitude "contraire à l'éthique de gauche", notamment l'attitude frondeuse d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, qui ont eu le tort de porter sur la place publique leur désaccord avec la politique économique "socio-libérale soutenue par le président.

Les sorties des ministres de l'Économie et de l'Éducation nationale dans les media et à Frangy-en-Bresse ce week-end n'ont visiblement pas été du goût du président de l'Institut du monde arabe. "Ma culture politique est autre, fondée sur la loyauté, l'esprit d'équipe, la volonté d'une réussite collective", a déclaré au Huffington Post l'ex-ministre socialiste, lançant un appel aux ministres et tous les socialistes à "faire bloc autour du président de la République". "Le courage, dans une situation aussi difficile, est de soutenir le président de la République", a-t-il insisté.

Exprimant son "profond malaise" devant une situation qu'il juge "inconvenante, incompréhensible, attristante" et "contraire à l'éthique de gauche", Jack Lang a reproché aux deux ministres de "vouloir jouer cavalier seul" et d'avoir une attitude "suicidaire". 

"On peut exprimer des réserves, des souhaits, mais il faut d'abord regarder chez soi", a-t-il lancé.

Le président de l'Institut arabe n'a d'ailleurs pas hésité à critiquer directement Arnaud Montebourg, dénonçant les "grandes diatribes" du ministre, qui "doit d'abord lutter contre la désindustrialisation de la France". "On a envie de leur dire : Consacrez-vous d'abord à vos ministères, battez-vous pour servir l'action du gouvernement", a-t-il ajouté.
"Une telle situation n'est pas tenable, cela ne peut pas durer". Jack Lang, souhaite une "clarification rapide". "On ne peut pas imaginer que cela continue comme ça", a-t-il souligné.
Les souhaits de l'ancien ministre ont visiblement été entendus, puisque Arnaud Montebourg a fait savoir lundi après-midi qu'il a "décidé de reprendre" sa "liberté" afin de rester fidèle à ses convictions, laissant entendre qu'Aurélie Filippetti et Benoît Hamon avaient pris la même décision.

dimanche 24 août 2014

Hamon se trouve "loyal" à François Hollande et Montebourg "normal"

Les deux rebelles défendent leurs positions, comme Hollande et Valls leur politique

Le ministre de l'Éducation nationale s'est certifié   "loyal" à François Hollande et Manuel Valls
 
Après ses propos dans Le Parisien, où, comme le ministre de l'Economie, il dit n'être "pas loin des frondeurs socialistes",  tandis qu'Arnaud Montebourg trouve "normal d'ouvrir le débat"Dans sa circonscription électorale du ministre de l'Économie en Sâone-et-Loire où Benoît Hamon était son invité vedette, la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse  s'est également transformée en défi au président Hollande.

"On peut avoir un avis, une conviction, l'exprimer et être loyal, s'est défendu Hamon. Je sais bien que dans un monde où on doit tout simplifier, dire quelque chose, c'est forcément 'tacler' et 'être déloyal'. Nous, on ne voit pas du tout les choses comme ça", a déclaré le margoulin devant la presse attroupée dans le village bourguignon. "On ne peut pas être ministre dans un gouvernement et combattre, comme je le lis, un président de la République et un Premier ministre", a-t-il martelé, en faisant référence à la Une du quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, qui titre "La charge de Benoît Hamon".

"Il y a aujourd'hui un débat
Hamon et Montebourg trinquent
à l'avenir politque de Valls et Hollande
et à Angela Merkel
qui existe en raison de faits nouveaux : l'isolement d'Angela Merkel, la menace de la déflation, et ce débat, il justifie, comme beaucoup d'économistes le suggèrent, comme beaucoup de chefs de gouvernement le demandent, d'être mené. On le fait en parfaite loyauté", a-t-il assuré, niant toute contradiction avec la ligne fixée par François Hollande. 

Et les deux loyaux ministres râtissent large les contestataires
"Nous, ce qu'on veut, c'est la réussite de la gauche, avec des députés qu'ils soient frondeurs ou pas frondeurs, c'est notre seule obsession à Arnaud Montebourg et moi."

Blindés contre la déflation...
À la question de savoir s'il restait au gouvernement, alors que l'opposition presse les deux ministres de démissionner, Benoît Hamon a répondu : "Évidemment." "Moi je suis ministre de l'Éducation nationale, j'ai une immense tâche [qui me laisse le loisir de contester] et j'entends la mener, comme le ministre de l'Économie", a-t-il ajouté.

Hamon et Montebourg trinquent à l'avenir du président

De son côté, Arnaud Montebourg a estimé qu'il est "normal, pour le ministre de l'Économie, d'ailleurs (pour) tout homme d'État, d'ouvrir le débat" quand on est "dans une situation nouvelle très grave qui s'appelle la menace déflationniste". Selon lui "le débat a commencé sur la table du Conseil des ministres déjà il y a plusieurs mois". "C'est le débat dans la coalition allemande" tenu par le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel : lui "on ne lui a pas demandé de partir" de son gouvernement, a-t-il souligné.

À la question réitérée de journalistes à Montebourg par les journalistes de savoir s'il se sent bien au gouvernement, le ministre de l'Économie a refusé de répondre, bottant en touche. Évoquant les bouteilles étiquetées "cuvée du Redressement" mises en vente pour sa Fête de la rose, Arnaud Montebourg a lancé, en s'esclaffant "respectueusement" : "Je vais lui envoyer une bonne bouteille de la cuvée du redressement, au président, hein !"

samedi 2 août 2014

Les oubliés d'Indochine au Camp de Saint-Livrade

Choisir la France, c'est tout perdre ?

La situation des harkis est la moins méconnue des Français


En France, "harki" est souvent utilisé comme synonyme de "Français musulmans rapatriés" (FMR) à partir de 1962. Au sens strict, le mot 'harki" désigne un Algérien servant la France coloniale dans une formation paramilitaire, une harka, mot arabe auparavant utilisé au sens figuré pour désigner une guerre contre un ennemi extérieur, mais aussi de petits affrontements, des barouds entre tribus.
Harki désigne par extension une partie des supplétifs de l'armée française, au même titre que les moghaznis (Sections administratives spécialisées), les groupes mobiles de sécurité (GMS), les groupes d'autodéfense (GAD) et les Unités territoriales (Unités de réserve en 1960), auxquelles il faut encore ajouter les réservistes spéciaux, les "assas" - gardiens escortant les convois - des précaires sous contrat mensuel renouvelable avec l’armée française (1957-1962), durant la guerre civile en Algérie,  sans avoir un statut militaire. Les " harkas", formations très mobiles, furent d'abord employées localement pour défendre les villages, puis constituées en commandos offensifs sous la responsabilité d'officiers français.

Actuellement, "harki" désigne les Algériens qui ont dû quitter l'Algérie sous la menace du FLN en raison de leur fidélité à la France anti-indépendantiste. Restés Français, ils se sont installés en France après l'indépendance de l'Algérie, sous couvert de la loi sur les rapatriés. Comme tous les Algériens qui résidaient en France après 1962, ils purent conserver la nationalité française par simple déclaration jusqu'au 22 mars 1967.

En Algérie, harki est devenu synonyme de traître et de collaborateur.  Pourtant, l'historien Mohammed Harbi, ancien membre du FLN, conseiller de Ahmed Ben Bella emprisonné (1965-1968) après le coup d'État de Houari Boumédiène (d'abord président du Conseil de la Révolution)dénonce ces termes infamants qui, souligne-t-il, "devraient être dépassés", car les affrontements d'Algérie et ceux qui ont opposé la résistance française aux collaborateurs ne peuvent pas être assimilés.

En comptant les "Pieds noirs" (catholiques et juifs français, soit originaires d'Algérie, soit de souche européenne installés en Afrique française du Nord jusqu'à l'indépendance), et tous les musulmans "loyalistes", la France a dû accueillir 2,5 millions de personnes. Elle le fit vaille que vaille pour les premiers mais en abandonna les derniers. Seuls 42.500 harkis purent trouver refuge en France métropolitaine, tandis que les autres ont souvent été exécutés par le FLN. Le 14 avril 2012, Nicolas Sarkozy a officiellement reconnu la responsabilité du gouvernement français dans "l'abandon" des harkis après la fin de la guerre d'Algérie en 1962. 
Les Harkis et leurs descendants représenteraient en 2012 entre 500.000 et 800.000 personnes en FranceComme les autres supplétifs, les harkis ont obtenu le statut d'anciens combattants en France par une loi du 9 décembre 1974. L'armée française chargée de leur transfert, de l'hébergement et de l'encadrement de l'ensemble des opérations a utilisé différentes structures appelées généralement camp de transit et de reclassement, au nombre de sept.

Pendant les années de relégation (1962 - 1975), les anciens harkis et leurs familles vont se répartir sur quatre zones géographiques. Une partie d’entre eux parvient plus ou moins vite à se loger hors des structures d’accueil évitant ainsi les effets néfastes de la relégation prolongée, mais des milliers d’autres resteront longtemps logés dans trois types de structures, les camps ou cité d’accueil dont deux vont perdurer dans leurs organisations d’origine, celui de Saint-Maurice-l’Ardoise (Gard) regroupant les chefs de familles âgés ou de familles nombreuses, les handicapés physiques ou les personnes démunies de ressources, jugées difficilement reclassables dans la société française), des hameaux forestiers (pour des travaux de reboisement dans le sud-est) et aussi dans dix-sept ensembles immobiliers urbains de type SONACOTRA. Les reclassements professionnels des anciens supplétifs n’étaient pas aisés compte tenu de leur faible qualification.

Cinquante ans après la chute de Dien Bien Phu, des Français rapatriés d'Indochine vivent toujours dans des baraquements.

Une route défoncée. Des dizaines de baraquements délabrés, alignés les uns à côté des autres, marqués d'une lettre ou d'un numéro, et surmontés d'un toit de tôle. A quelques kilomètres du coeur de Sainte-Livrade, un village d'un peu plus de 6.000 âmes, posé sur les berges du Lot, dans le Lot-et-Garonne, une simple pancarte indique l'entrée du "Centre d'accueil des Français d'Indochine", le CAFI. 1.200 Français d'Indochine se sont installés au printemps 1956.

C'est là, dans cet ancien camp militaire, que sont arrivés, en avril 1956, 1.160 réfugiés, dont 740 enfants, rapatriés d'Indochine. Après les accords de Genève de 1954 et le retrait de la France du Sud-Vietnam, l'Etat français a pris en charge ces couples mixtes ou ces veuves de Français (soldats ou fonctionnaires), qui fuyaient la guerre et le communisme. L'Etat les a hébergés "provisoirement" -selon les mots employés en 1956 par les autorités - dans ce camp de transit. Puis les a oubliés. Cela fait cinquante ans [lors de ce récit] qu'ils attendent, cinquante ans qu'ils vivent là [près de soixante années, en 2014].

"Nous sommes restés toutes ces années sans comprendre, sans rien dire", dit Jacqueline Le Crenn. Agée de 91 ans, cette vieille femme eurasienne vit dans le même baraquement depuis qu'elle a quitté le Tonkin de son enfance, il y a près d'un demi-siècle. Son appartement comprend une entrée-cuisine, une chambre-salon, et une pièce transformée en pagode, où elle voue son culte au Boudha. "Je me suis habituée au camp et à cette vie, poursuit-elle. Je veux mourir ici."

Jacqueline fait partie des 48 "ayants-droits" encore en vie, sur les quelque 200 personnes hébergées au CAFI. La plupart des enfants de rapatriés ont quitté le camp. Mais les plus fragiles sont restés : les veuves, qui n'ont jamais eu les moyens de s'installer ailleurs; les enfants qui n'ont pas trouvé de travail ; les malades et les handicapés.

"La guerre est venue et nous avons tout perdu"

Selon l'association "Mémoire d'Indochine", une quinzaine de personnes handicapées vivent au CAFI, dans des conditions très précaires. Des silhouettes mal assurées hantent en effet le centre des rapatriés. Comme cet homme au teint sombre et aux yeux bridés, claudiquant le long des baraquements. Ou ce quadragénaire aux cheveux longs, qui erre dans le camp en parlant tout seul. "Certains enfants du centre ont fait des crises d'adolescence difficiles, explique le président de Mémoire d'Indochine, Georges Moll. Ils ont été conduits à l'hôpital psychiatrique et en sont ressortis dans un état catastrophique."

Jacqueline Le Crenn vit seule depuis le départ de ses six enfants. La mère de cette femme au physique sec était Vietnamienne et son père, mort à la guerre de 1914-18, Français. "Nous sommes pupilles de la nation", dit fièrement Jacqueline. La vieille femme voûtée, assise à côté d'un poêle à gaz, raconte sa vie d'avant, la "vie heureuse". La construction d'une maison au Tonkin, où son mari et elle avaient projeté de s'installer, l'achat de rizières pour leurs vieux jours. "Et puis la guerre est venue et nous avons tout perdu."

Marines français  et américains évacuant
293 000 réfugiés vietnamiens
 fuyant la zone nord communiste
Après la chute de Dien Bien Phu, en 1954, la famille Le Crenn, comme la plupart des rapatriés d'Indochine, ont dû quitter le nord pour le sud du Vietnam. Ils ont ensuite attendu à Saïgon, dans des camps, avant de prendre le bateau pour Marseille et d'être hébergés dans plusieurs centres de transit en France. Sainte-Livrade est l'un des deux seuls camps qui subsistent aujourd'hui, avec celui de Noyant, dans l'Allier. "C'était un déchirement, raconte encore Jacqueline. La traversée a duré un mois. Je me disais que ce n'était plus la vie. Les autres étaient sur le pont. Moi j'étais au fond du bateau et je pleurais."

En arrivant au camp de Sainte-Livrade, alors entouré de barbelés, le fils de Jacqueline a demandé : "«Maman, c'est ici la France ?" "Le plus dur, c'était le froid, précise Jacqueline. Ensuite, il a fallu tenir, tout reconstruire, trouver de quoi vivre." Beaucoup de rapatriés ont été embauchés dans les usines d'agro-alimentaire de la région. Ou travaillaient dans les champs de haricots.

Claudine Cazes, 11ème de 16 enfants - et première à être née dans le CAFI, en 1957 -, se souvient des heures d'"équeutage". "Des sacs de haricots arrivaient au camp le matin et devaient être prêts pour le soir, raconte cette aide-soignante de 47 ans, qui a quitté le camp en 1977. Tout le monde s'y mettait." Sa mère, Vuong, âgée de 81 ans, vit toujours au CAFI. Son père, Paul, est mort l'année dernière. Français d'origine franco-chinoise, il avait fait de prestigieuses études en Indochine, et travaillait dans les forces de sécurité. Mais en arrivant en métropole, Paul Cazes n'a pas pu intégrer la police française, et a dû travailler à l'usine.

"L'Etat français sait ce qu'il nous doit. Moi, jamais je ne lui réclamerai  rien"

Des Vietnamiens et
des Cambodgiens aussi
Logé dans un autre baraquement du camp, Emile Lejeune, 84 ans, dit ne pas avoir de "nostalgie". Pour sa mère et lui, le rapatriement de 1956 fut un soulagement. Militaire du corps expéditionnaire français en extrême-orient (CEFEO), ce fils d'un magistrat français et d'une princesse vietnamienne a été fait prisonnier  en 1946 par le Vietminh [organisation politique et paramilitaire vietnamienne, créée en 1941 par le Parti communiste indochinois] et est resté sept ans en captivité. "Là-bas, la vie et la mort étaient sur le même plan, témoigne Emile. Beaucoup de mes camarades sont morts de dysenterie, du palu, ou de malnutrition. Le pire, c'était le lavage de cerveau. On nous affaiblissait pour nous inculquer le communisme." Sur près de 40.000 prisonniers du CEFEO, moins de 10.000 ont survécu aux camps du Vietminh.

Chez Emile, une photo de jonque, voguant dans la baie d'Halong, des statues de Boudha, et plusieurs couvre-chefs : le traditionnel chapeau conique des vietnamiens, un chapeau colonial usé et un képi de soldat français. Son vieux képi entre les mains, le vieil homme aux yeux bridés dit qu'il n'a "pas de haine en lui". "Mais je suis attristé, ajoute-t-il. Parce que la France en laquelle nous croyions ne nous a pas accueillis. Nous n'avons jamais été considérés comme des Français, mais comme des étrangers. Parqués, surveillés, puis abandonnés." Emile, lui, demande juste "un peu de reconnaissance". Au nom de "ces dames du CAFI, trop humbles pour réclamer". Au nom de ces "épouses ou mamans de combattants, pour certains morts au champ d'honneur, morts pour la France."

D'abord rattachés au ministère des Affaires étrangères, les rapatriés du CAFI ont ensuite été administrés par huit ministères successifs. Les directeurs du camp étaient des anciens administrateurs des colonies. "Ils reproduisaient avec nous leurs mauvaises habitudes de là-bas, se souvient Jacqueline Le Crenn. Ils nous traitaient comme des moins que rien. Nous devions respecter un couvre-feu et l'électricité était rationnée."

Au début des années 1980, la commune de Sainte-Livrade a racheté les sept hectares de terrain à l'Etat pour 300.000 francs, avec le projet de réhabiliter le centre. Mais ces bâtiments, construits avant-guerre pour abriter provisoirement des militaires, n'ont jamais été rénovés. Longtemps, il n'y a eu ni eau chaude, ni salle d'eau, et des WC communs. "Pas d'isolation, pas d'étanchéité, sans parler des problèmes d'amiante, et des réseaux d'électricité hors normes", énumère la première adjointe au maire, Marthe Geoffroy.

En 1999, la municipalité, aidée de l'Etat, a engagé un programme de réhabilitation d'urgence pour les logements ne bénéficiant pas du confort sanitaire minimal. Des travaux à "but humanitaire" dans l'attente d'une solution pour l'ensemble du CAFI. Mais depuis, rien. Le maire (2001-2008, UMP), Gérard Zuttion, se dit bien "un peu choqué" par cette "sorte d'abandon". Mais il dit aussi que la commune n'a pas les moyens "d'assumer seule les déficiences de l'Etat vis-à-vis de cette population". Le maire évoque des "projets de réhabilitation sérieux pour les prochains mois". Puis il se ravise, parle plutôt "d'années". "A cause de la lenteur de l'administration..."

"C'est trop tard, tranche Claudine. Tout ce que nous voulons, au nom de nos parents, c'est la reconnaissance." Sa mère, Vuong, écoute sa fille sans rien dire, s'affaire dans la cuisine, puis s'assoit dans un grand fauteuil d'osier. Au crépuscule de sa vie, cette femme jadis ravissante, des cheveux blancs tirés dans un chignon impeccable, n'attend plus rien. Tous les matins, elle apporte une tasse de café sur l'autel où repose une photo de son mari, disparu l'année dernière. Elle dépose d'autres offrandes et brûle un bâton d'encens. Avant de mourir, l'homme de sa vie répétait à ses seize enfants : "Ma seule richesse, c'est vous. L'Etat français sait ce qu'il nous doit. Moi, jamais je ne lui réclamerait rien. Nous vivons dans le camp des oubliés."

Une association défend en vain les rapatriés d’Indochine

L’association "Mémoire d’Indochine" se bat depuis 2002 pour que les familles des rapatriés d’Indochine soient reconnues et traitées de la même manière que les harkis d’Algérie. Elle demande qu’une "allocation de reconnaissance" de 30.000 € soit versée à chaque famille, ainsi qu’une amélioration du montant des retraites des veuves par enfant élevé. Depuis que l’État a cédé le Cafi de Sainte-Livrade à la commune, il continue de verser une allocation – 60.000 F (soit 9.147 €) en 2001, un montant "dérisoire" aux yeux de l’association – pour l’entretien du camp, au prorata du nombre des "ayants droit". [Depuis 2001, et Lionel Jospin, premier ministre PS, la mairie de Sainte-Livrade ne reçoit plus aucune subvention

La partie de l'article consacrée aux réfugiés politiques vietnamiens est essentiellement due à Solenn DE ROYER à Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne)

vendredi 11 avril 2014

Tarifs d'EDF retoqués: impuissante, Royal juge "très regrettable" la décision

La perverse Royal promet d'entraver la libre concurence des prix de l'énergie

Royal avale une première couleuvre de travers
Ambiance souriante à l'Assemblée nationale:
Dumbo Valls et Royal Canin, fort tendus
Ministre de la parole, Ségolène Royal condamne la liberté des juges. 
Bras croisés, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie a regretté vendredi l'arbitrage défavorable du Conseil d'Etat qui désavoue le gouvernement Ayrault. En juillet 2012, peu après le retour de la gauche au pouvoir, celui-ci avait en effet démagogiquement limité à 2% l’augmentation des tarifs de l'électricité par EDF, fournisseur dominant auxquels souscrivent plus de 28 millions de Français, en dépit de l'avis de la Commission de régulation de l’énergie qui avait calculé qu’une hausse de 5,7% était nécessaire.  

Dumping du gouvernement socialiste
Ayrault avait tenté de rétablir le monopole d'EDF en étranglant les petits concurrents d’EDF par des pratiques commerciales déloyales contraires à l'esprit de concurrence. 
L’Anode, regroupement de Direct Energie, Eni, Lampiris, etc, avait porté plainte et, constatant une vente à perte, le Conseil d'Etat vient de leur donner raison.

Vingt-et-un mois plus tard, retour de boomerang
Le Conseil d’Etat a jugé que les tarifs "bleus" des particuliers étaient "manifestement inférieurs au niveau auquel ils auraient dû être fixés en application des principes s’imposant aux ministres". Ces tarifs "ne permettaient pas de répercuter les hausses prévisionnelles des coûts de production pour l’année 2012", pointe-t-il.

Le Conseil d’Etat a donné deux mois au nouveau gouvernement Valls - la question des tarifs d’énergie est généralement du domaine de compétences de Matignon et des ministères de l’Energie de Ségolène Royal et de l’Economie d’Arnaud Montebourg - pour prendre un nouvel arrêté conforme.
Les victimes ont d'ores et déjà appelé le gouvernement à prendre en compte "l’ensemble des coûts du passé" qui, selon elles, devront de toutes façons être réglés un jour ou l’autre. "Il est absolument indispensable de solder, dès à présent, la totalité des dettes, en évitant qu’à l’avenir les charges d’hier ne pèsent, à nouveau, sur les factures de demain des Français", écrit l’Anode dans un communiqué où elle salue la "décision logique" du Conseil d’Etat.

Ségolène Royal se défend de faire passer les Français à la caisse

Le gouvernement est contraint mais les Français sont pénalisés 
Le gouvernement Valls nous fait payer les manoeuvres de Ayrault en adressant une facture d'électricité rétroactive à la plupart des foyers.
Royal se désolidarise, déclarant de manière très ambigüe et limite mensongère : "C'est une décision très regrettable pour les consommateurs qui ne correspond pas à la volonté du gouvernement qui avait voulu limiter à 2% la hausse des tarifs".

Et elle insiste en faisant porter la responsabilité aux autres
"La décision du Conseil d'Etat s'appuie sur des textes qui manifestement doivent être réformés pour que le gouvernement puisse appliquer une politique énergétique sans être entravé par des textes administratifs qui ne correspondent pas à (sa) volonté politique", a-t-elle ajouté.

Royal nie la tentative par Ayrault de favoriser EDF.
Hollande avait en effet couvert la fixation de tarifs très "offensifs", voire "déloyaux" avec des marges très faibles  pour éliminer les concurrents d'EDF, établissement public et premier producteur et fournisseur d'électricité en France et dans le monde.

Royal promet une réglementation totalitaire du marché de l'énergie
"Nous allons mettre en chantier avec le ministre de l'Economie, et sous l'autorité du Premier ministre, une réforme des modes de calcul pour que le gouvernement puisse prendre des décisions sans (les) voir annulées sur une base juridique", a expliqué Ségolène Royal. Et d'insister : "Il faut réformer ce mode de calcul.
La ministre trompe les Français sur les intentions profondes du gouvernement
"Il n'est pas acceptable que lorsque le gouvernement veut limiter la hausse des tarifs, cette décision soit annulée sur la base de textes qui doivent être changés", prétend-elle, avec la ferme intention de rétablir une maîtrise étatique de l'énergie.
Dans le cadre de la future loi sur la transition énergétique, "nous aborderons cette question du prix de l'énergie, (de son) mode de fixation (...). Je vais très rapidement entamer des consultations sur ce sujet, annonce la maquilleuse. S. Royal se donne le beau rôle en déclarant qu'elle veut "protéger le consommateur contre les hausses des tarifs de l'énergie", contrainte et forcée.

A la vérité, S. Royal ne prend pas une décision libre et "juste"
Le Conseil d’Etat a imposé deux mois au nouveau gouvernement Valls  pour prendre un nouvel arrêté conforme. La question des tarifs d’énergie est en effet du domaine de compétences de Matignon et des ministères de l’Energie de Ségolène Royal et de l’Economie d’Arnaud Montebourg...

Les tarifs réglementés d'électricité d'EDF pour les particuliers seront réajustés pour la période allant de fin juillet 2012 à fin juillet 2013. Le coup bas de Ayrault à la concurrence impactera  les budgets des fidèles à EDF, entraînant une hausse rétroactive des tarifs réglementés de l'électricité.

Une facture de 20 à 50 euros par tête
L’inconnue principale porte désormais sur le niveau de la hausse rétroactive, sachant toutefois que, dans sa décision, le Conseil d’Etat se réfère à l’évaluation "prévisionnelle" de la CRE (Commission de régulation de l’énergie),  soit 5,7%, ce qui privilégie l’hypothèse d’une "petite" hausse. Mais elle avait dans un second temps estimé la hausse nécessaire  à 9,6%Dans le premier cas, le mopins défavorable, la facture rétroactive moyenne devrait être de l’ordre de 20 euros, mais de près de 50 euros dans le second. Au point que cette somme devrait probablement être lissée sur les prochaines factures.
Près de 92% des foyers français, restés fidèles aux tarifs règlementés de l’électricité, sont concernés par la facture rétroactive. Les autres sont ceux ayant souscrit avant la période concernée à une "offre de marché" (proposée entre autres par GDF Suez, Direct Energie mais aussi EDF), et qui ne seront pas affectés.

Si elles ne contestent pas le fondement juridique de la décision du Conseil d’Etat, des associations de consommateurs comme l’UFC-Que Choisir appellent le gouvernement à plus de responsabilité et de loyauté dans le contrôle des coûts d’EDF, le régulateur n’ayant pas assez de moyens, selon elles, pour les vérifier. "Un tel audit est indispensable pour garantir que les tarifs sont bel et bien en adéquation avec la réalité économique des coûts d’EDF" et permettrait de mettre au jour des "voies d’optimisation", a réagi vendredi l’UFC.
Une critique fermement rejetée par la CRE, qui reconnaît qu’elle "ne refait pas la comptabilité d’EDF, mais qu’elle vérifie l’exactitude des comptes".

Les écologistes font monter la facture
Du fait des coûts de rénovation des centrales nucléaires et du réseau électrique, ainsi que des surcoûts liés aux énergies renouvelables, le prix de l’électricité -le plus bas d'Europe en France- a entamé une ascension qui s’annonce très forte en 2012.
Indépendamment de la hausse finale des tarifs de 2012 qui reste donc à déterminer, s’est déjà ajoutée une hausse de 5% des tarifs au 1er août 2013, qui sera suivie d’une hausse de 5% à nouveau en août 2014. Une autre augmentation suivra en 2015. 

Outre le tarif, qui représente environ 70% du prix, la CSPE, une taxe spéciale qui finance notamment les surcoûts des énergies renouvelables, augmente elle significativement chaque 1er janvier.

Au final, la CRE a averti à plusieurs reprises que les prix de l’électricité devraient augmenter d’environ 30% entre 2012 et 2017.