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samedi 30 mars 2019

France : principaux changements au 1er avril

Energie, prestations sociales, RSA et santé: êtes-vous concerné(e) ?




mardi 24 juin 2014

Alstom: Hollande et sa bande vont déshabiller Pierre pour habiller Paul. Et Jacques?

Une "politique" industrielle discriminatoire

La ficelle est énorme
Dans sa volonté d'encadrer l'économie, l'Etat va entrer au capital d'Alstom à hauteur de 20%, pour appliquer sa "vigilance patriotique", autrement appelée 'suspicion étatique'Pour acquérir les parts qui permettront au pouvoir politique de tenir les entreprises à l'oeil, l'Agence nationale des participations va donc vendre les actions dans d'autres entreprises.
"Dans le jeu politique, il faut comprendre cela comme un
moyen de faire avaler la pilule aux syndicats et à Arnaud Montebourg, qui préférait l’offre concurrente de Siemens et Mitsubishi", affirme une source proche du dossier.Reste l’image de la France donnée à l’extérieur. Pour Russel Salomon, analyste principal sur GE pour l’agence de notations Moody’s, la manière dont le dossier a été traité "est représentative de l’environnement protectionniste [voire étatique] avec lequel il faut compter lorsque l’on fait des affaires en France".

L'offre de rachat d'Alstom déposée par General Electric a été choisie par l'Etat, mais sous plusieurs conditions, notamment celle de l'entrée au capital d'Alstom. Mais, après une semaine de négociations, le patron de GE a avoué, avant sa visite avec Patrick Kron, ce mardi 24 juin, de l’usine de Belfort où sont conçues et produites les turbines à vapeur du français, qu'il ne s'attendait pas à une prise de participation de l'Etat français. Vendredi soir, Arnaud Montebourg a en effet annoncé que l'Etat rachètera 20% du capital. Pour ce faire, il deviendra acquéreur d'une partie des parts de Bouygues, actuel actionnaire principal de l'énergéticien avec 29,4% des actions.

Mais si la vente d'Alstom  - fleuron industriel français- est acquise après de longs mois d'âpres négociations, il n'aura fallu qu'un week-end à l'Etat et Bouygues pour parvenir à un accord. Celui-ci a été annoncé par le ministre de l'Economie dimanche soir sur France 2, avant d'être précisé dans la presse lundi matin. Le mécanisme est complexe. Concrètement, Bouygues accorde gratuitement à l'État une option qui permettra au gouvernement d'acquérir ses 20% du capital sur plusieurs années, 20 mois. 
Montebourg ne sait pourtant  pas encore à quelle hauteur il engage la France. Si,  à ce moment là, le cours de la Bourse est "supérieur ou égal" à 35 euros, contre 28 actuellement, il est prévu une décote qui, a précisé Bouygues, sera comprise entre 2% et 5%. 



L'Agence nationale des participations (APE), pilotée par Bercy, peut exercer cette option pendant 20 mois, au prix de marché, si le cours d'Alstom évolue à 35 euros ou plus. Si l'Etat estime que 35 euros par action est un prix trop élevé, il pourra de toute façon acquérir son capital sur le marché, auprès d'autres actionnaires donc. À l'issue des 20 mois, l'Etat pourra pendant une semaine racheter jusqu'à 15% à Bouygues, quel que soit le cours de Bourse.

Mais combien cela coûtera-t-il aux finances publiques? Pas un sou, répond sans ciller le ministre des Finances, Michel Sapin, qui a rappelé sur France Info le fonctionnement de l'APE : "L'Etat est gestionnaire de son capital. Nous avons des actions dans un certain nombre dans différentes sociétés. On en vend donc d'un côté pour en racheter de l'autre."

Alstom coûtera en vérité des parts d'entreprises sacrifiées
Quel avenir l'Etat socialiste réserve-t-il aux entreprises affaiblies par les cessions de parts de l'Etat, garantie de viabilité? Combien d'emplois menacés par contre-coup ? Marwan Lahoud, directeur de la stratégie d'Airbus Group, s'est montré dubitatif sur les chances de créer un géant industriel européen à l'occasion du rachat d'Alstom, uniquement intéressé par sa branche énergie, soit plus de 70% de son activité, estimant qu'une longue coopération devait précéder une fusion d'entreprises. Quelle est l'espérance de vie des 30% qui restent, après dépeçage? Siemens, le concurrent allemand de l'américain GE, avait proposé de racheter l'énergie, mais de lui apporter une partie de son activité transport, ce qui aurait renforcé Alstom dans ce secteur qui représente 30% de ses ventes. 
Lien PaSiDupes
En vendant à l'américain en dollars (et non pas en euros, à la différence d'Areva, et en délocalisant donc en zone dollar, Hollande ne prend pas en compte l'avertissement de son ami Louis Gallois qui, à propos d'Airbus a mis en garde contre chaque dévaluation de 10c du dollar qui se traduit par une perte de 1 milliard d’euros par an). 
Hollande est aussi passé du même coup à côté de l'occasion de créer un géant de l'industrie européenne. Dumping social en moins, ce transfert de technologie aux USA reproduit celui effectué par Airbus au profit de la Chine devenue concurrente. GE a donc dû s'engager jeudi à former avec Alstom "une alliance mondiale dans le nucléaire et française pour les turbines à vapeur en France" afin de garantir que la technologie utilisée dans les centrales nucléaires "reste française"...

EADS, poule au oeufs d'or peu à peu plumée

L'Aigle et le Coq: Mitterrand avait déjà vendu Airbus à l'Allemagne

Début janvier 2014, le ministre de l'Économie et des Finances, Pierre Moscovici, a annoncé la cession par l'État français de 1 % du capital d'Airbus Group (ex-EADS) qui viendra réduire sa participation à 11 %, conformément à un accord avec l'Allemagne. La valeur de ce bloc de 1 % d'Airbus Group est de 453 millions d'euros en janvier dernier (à 56,64 euros par action). Le Parisien ne craignait pas de positiver en titrant : "la France empoche 451 millions d'euros en cédant 1% d'Airbus"... EADS venait d'annonçer à l'autome 2013 qu'il allait devoir supprimer plusieurs milliers d'emplois en Europe...
Bercy n'avait pourtant pas froid non plus aux yeux en assurant que la politique de l'Etat actionnaire est à la fois de "préserver les intérêts patrimoniaux et stratégiques de l'Etat tout en dégageant des ressources pour les besoins d'investissement et de désendettement de l'Etat"

Vente d'actions EADS et Safran
 
Bercy a précisé avoir à sa disposition 2,7 milliards d'euros en caisse. Ces recettes proviennent essentiellement des ventes de diverses participations opérées l'an dernier. En mars 2013, la vente de 3,12% de Safran avait permis de récolter 448 millions d'euros. En avril, deux ventes d'actions EADS ont permis de glaner 1,19 milliard d'euros. Enfin, en juin 2013, l'Etat a vendu pour 9,5% du capital d'Aéroports de Paris, pour 738 millions d'euros.

"C'est une gestion active du patrimoine public. Il y a des endroits où l'Etat était utile il y a 10-15 ans et ne l'est plus aujourd'hui", estime encore Michel Sapin. Dimanche soir sur France, Arnaud Montebourg a laissé entendre que de nouvelles cessions ne sont pas à exclure, déclarant que l'Etat aura une gestion "dynamique de son portefeuille". Les contribuables ne seront donc pas concernés par ces acquisitions.

Autres exemples de ..."gestion active" du patrimoine français
"Comme les récentes cessions de titres détenus par l'État dans Safran, Aéroports de Paris et EADS réalisées ces derniers mois, cette opération s'inscrit dans le cadre d'une politique de gestion active des participations de l'État conforme à la nouvelle doctrine de l'État actionnaire", expliquait déjà Bercy il y a six mois.

En mai 2013, Jean-Marc Ayrault n'avait pas dissimulé que les entreprises publiques seront source de financement pour l'Etat, affirmant sur TF1 : "Nous envisageons que, dans un certain nombre d'entreprises publiques où le taux de participation de l'Etat est très important, nous puissions dégager une partie pour financer de l'investissement. Pas pour boucher les trous du budget. ". Le gouvernement a déjà cédé des parts dans l'équipementier aéronautique Safran (3,12% du capital pour près de 448 M€) et dans le groupe EADS (1,56% pour près de 483 M€).
Parmi les participations publiques menacées: EDF (84,4%) ou Areva (87%), France Télécom (27%), Air France-KLM (15,9%), GDF Suez (36%), Thales (27,1%), EADS (15%) ou encore Renault (15%). Selon certaines sources, vendre une partie de la participation dans EDF serait "le choix évident", autrement dit facile : la part de l'Etat vaut 24,2 Mds€. 
Le RSA ne bénéficie pas qu'aux jeunes ou aux personnes âgées et a un coût, comme la CMU et la CMUC ... Au titre de l'aide médicale d'État (AME), accordée aux étrangers sans papiers et sans ressources présents dans l'Hexagone, il était prévu 600 millions d'euros en 2013. La vente de 1% d'EADS n'y suffit pas ! Et Alstom ?

dimanche 22 juin 2014

Alstom valide la vente de son pôle énergie: Hollande entend peser sur Bouygues

Le dépeçage du fleuron industriel français est acté; Hollande tente de sauver la face
L'industrie et l'économie françaises sont bien protégées...

L'Etat a fait le choix de devenir actionnaire principal d'Alstom

Tandis que les discussions se poursuivent pour le rachat des parts de Bouygues par l'Etat, c'est la dernière annonce du ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, le vendredi 20 juin, alors que le conseil d'administration du groupe devait encore se prononcer sur l'offre de General Electric.

Le conseil d'administration valide l'offre de General Electric
Et Nono arrive à faire passer ?
Il a annoncé ce samedi 21 juin sa décision officielle d'entrer en négociations exclusives avec General Electric (GE). Le temps pressait car l'américain avait fixé  à lundi la date d'expiration de son offre et son patron, Jeff Immelt, avait prévenu qu'il n'entendait pas accorder de délai supplémentaire.
Le gouvernement français a donc annoncé vendredi soir préférer l'offre de l'américain General Electric à celle déposée par l'européen Siemens en tandem avec le nippon Mitsubishi, Heavy Industries, et défendue par Arnaud Montebourg lorsqu'il était ministre redresseur de l'Industrie. Devenu ministre de l'Economie,  le même a annoncé son intention d'entrer au capital d'Alstom, dans la formule qu'il combattait, à hauteur de 20 %, afin d'exercer sa " vigilance patriotique" à géométrie variable, à défaut d'être européenne.

GE confirme que l'alliance avec Alstom sera effective "en 2015"  
L'opération se traduira "dès la première année" par une forte amélioration du bénéfice par action – qui est un des indicateurs préféré des investisseurs américains –, affirme le groupe.
L'Etat va-t-il parvenir à racheter les parts de Bouygues dans Alstom ?

L'Etat veut devenir le principal actionnaire d'Alstom. 
Encore faut-il qu'il parvienne à un accord avec Bouygues, qui détient quelque 29% du capital d'Alstom. Arnaud Montebourg a fait du chantage sur Bouygues dans la presse, samedi soir: "S'il n'y a pas d'entrée de l'Etat [au capital d'Alstom] parce que M. Bouygues ne veut pas vendre ses actions, l'opération avec GE ne se fera pas".

La grande braderie de Bouygues est interrompue.
Montebourg porte à nouveau la casquette
Samedi matin, les discussions entre l'Etat et Bouygues pour le rachat des parts du groupe français étaient "bloquées", achoppant sur le prix. L'Etat veut payer 28 euros par action, soit le cours atteint vendredi à la clôture de la Bourse, alors que Bouygues en demande 35 euros. La transaction doit être négociée avant la réouverture du marché parisien, lundi à 9 heures, et la possibilité d'un accord paraissait envisageable samedi soir. 

D'un côtéBouygues cherche à vendre la totalité de sa participation (29,4 %), que ses comptes estiment à 3,07 milliards d'euros, après avoir dû passer par une dépréciation de 1,4 milliard d'euros en 2013. Le groupe a payé sa participation relativement cher, selon des analystes. Au plus fort, l'action valait 55 euros en 2010, contre 28 vendredi, à la clôture de la Bourse. Et surtout, il a besoin d'argent, notamment pour relancer Bouygues Telecom, suite à l'échec de son mariage avec SFR. Bouygues a lancé un projet de refonte de sa filiale télécoms avec notamment un nouvel objectif d'économies de 300 millions d'euros par an, à partir de 2016, et un projet de réduction de postes de 1.516 sur 9.000, soit plus de 15% des effectifs.  

De l'autre côté, l'Etat devra montrer qu'il a tout fait pour négocier au plus serré avec Bouygues. Il propose de racheter les actions au prix du marché le plus bas à l'annonce de GE et pour un montant de 1,7 milliard d'euros

Comment l'Etat  les Français vont-ils financer cette prise étatique de capital ?

L'entrée de l'Etat au capital d'Alstom "coûtera zéro euro aux contribuables ", assure Arnaud Montebourg dans un entretien au Parisien: elle sera (vaguement) financée par la vente de "certaines" participations de l'Etat dans des grands groupes français.
"Aujourd'hui, parce que nous avons vendu un peu de Safran (l'Etat a vendu 4,7% du capital de l'équipementier aéronautique, une opération qui va rapporter "environ 900 millions d'euros"), d'Airbus (1% devrait rapporter à l'Etat plus de 450 millions) et d'Aéroports de Paris (9,5% au groupe Vinci et à l'assureur Predica pour un rapport de 303 millions), nous disposons de 2,7 milliards d'euros en caisse. Une partie de cette somme nous a permis de financer le réinvestissement [à hauteur de 800 millions d'euros] dans PSA, lors de l'entrée du chinois Dongfeng. Et nous sommes confortables pour intervenir dans Alstom." Mais ce qui est censé rapporter ne rapporte encore pas les sommes annoncées, les additions et soustractions de Nono ne réussissant d'ailleurs qu'à embrouiller les uns et les autres, à commencer par les Français soumis à l'impôt. 

La France va-t-elle sortir gagnante de la braderie Montebourg?
"Hellfest" de Nono ce weekend
Dès vendredi, le gouvernement donnait dans l'autosatisfaction sur sa gestion du dossier. "Alstom aujourd'hui serait sans conditions dans les mains de General Electric depuis des mois si nous n'étions pas intervenus", considérait le premier ministre, Manuel Valls. "Fluidité dans la méthode et résultats, cohérence gouvernementale: l'Etat a été très professionnel. Ça a été dur, mais ça a été une très bonne négociation", assurait même vendredi soir un proche du président de la République qui préfère ne pas être identifié.

Ce dossier est supposé effacer Florange de la mémoire collective, hors Moselle... Alors ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg avait proposé que l'Etat nationalise le site d'Arcelor-Mittal à Florange, idée que le premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault, avait sèchement balayée, en souhaitant préserver le patrimoine industriel et financier de la France. Cette fois, le ministre, qui a combattu le premier projet d'alliance entre Alstom et GE, s'est soumis à Matignon et à l'Elysée, avec une la nouvelle offre qui disperse un peu plus notre richesse économique. Hors d'Europe.

jeudi 12 juin 2014

Alstom: l'offre Siemens-Mitsubishi marginalise Montebourg

Le rapprochement de Siemens et Mitsubishi menace l'intégrité d'Alsthom et bat en brèches le projet européen cher à  Montebourg.

Le ministre de l'Économie a-t-il encore perdu? 

Le groupe français Alstom a été créé en 1928
La possible offre commune de Siemens et Mitsubishi annoncée mercredi pour racheter la branche énergie d'Alstom, également convoitée par General Electric, consacre Arnaud Montebourg comme un loser. Selon le quotidien japonais Nikkei, celle-ci prévoit de mettre sur la table 7,25 milliards d'euros pour se partager deux des trois activités du groupe français dans le domaine de l'énergie. Cette offre pourrait donc entraîner un démantèlement d'Alstom en dépit des déclarations ronflantes d'Arnaud Montebourg. 

Cette annonce pose ainsi plusieurs questions sur le rôle et l'action du ministre de l'Économie

Est-ce la fin de l'Airbus franco-allemand de l'énergie?

Depuis plusieurs mois, le tonitruant ministre de l'Économie et du Redressement productif de Hollande et Vallsa pris position en faveur de l'allemand Siemens contre l'américain General Electric (GE). Il a défendu l'idée de construire avec le groupe allemand des Airbus franco-allemand dans l'énergie et dans les transports. 

Dans le même temps,  Montebourg a claironné sa "vigilance patriotique" face à l'offre de General Electric qui, selon lui, porterait atteinte "à la puissance industrielle française". Cette considération partagée par le gouvernement a d'ailleurs entraîné l'extension d'un décret qui permet à l'État d'opposer son veto au rachat d'une entreprise française stratégique par une entreprise étrangère. 
L'offre de Siemens permettrait, selon le ministre de l'Économie et du Redressement productif Arnaud Montebourg, de créer un grand secteur européen de l'énergie contrôlé par Siemens et un autre des transports géré par Alstom qui souhaite se recentrer sur cette activité. 

Alstom : "Soit on se fait racheter par Boeing... par francetvinfo



La stratégie de Montebourg a capoté mercredi  

L'offre conjointe de Siemens et Mitsubishi, révélée par le quotidien Nikkei, ne ressemble en rien au plan Montebourg. Elle ne concernerait qu'une seule partie de la branche énergie d'Alstom - l'activité turbines à vapeur et à gaz - contrairement à ce qui était envisagé.

Cette offre a minima est une catastrophe pour Alstom. Si le périmètre repris par Siemens ne concerne que les turbines à gaz, la coopération européenne serait au final marginale. L'activité des turbines à gaz étant le point faible d'Alstom : l'équipementier n'en a vendu que onze l'an dernier, précise le journal Les Échos. A l'inverse, Alstom occupe une position forte sur les marchés des turbines à vapeur - celles vendues à Mitsubishi. 

fusée H2A de Mitsubishi Heavy Industries
sur le site d’Aichi (Japon)

Cette offre conduirait tout simplement au "démantèlement" du groupe français, selon une source proche d'Alstom
Ce scénario justifie en effet la crainte du PDG d'Alstom, Patrick Kron, de voir son groupe "découpé en rondelles", comme il l'avait affirmé à l'Assemblée nationale, lors de son audition par les députés, le 19 mai


Si les deux groupes concrétisant leur intérêt par une offre ferme au conseil d'administration d'Alstom d'ici le 16 juin Arnaud Montebourg serait une nouvelle fois déconsidéré. 

L'Elysée et Valls ont-ils mis Montebourg au placard ?
En première ligne au moment de la révélation des négociations entre Alstom et General electric où il s'était notamment attaqué à Patrick Kron, l'accusant d'avoir caché les négociations au gouvernement, Arnaud Montebourg est désormais à l'arrière depuis quelques semaines. 
C'est François Hollande qui semble avoir repris la main dans le dossier Alstom. Le 28 avril, le Chef de l'État a ainsi reçu à l'Élysée, Jeffrey Immelt, le PDG de General Electric et Martin Bouygues, actionnaire de référence d'Alstom. "(Le rachat d'Alstom) est devenu très vite hautement symbolique, c'est du niveau du chef de l'État. (...). Vous savez, il ne faut pas sur-interpréter les propos d'Arnaud Montebourg" avait non sans véhémence commenté à l'époque un conseiller de l'Élysée cité par Europe 1

Par la suite, le conseiller économique du chef de l'État, Emmanuel Macron -
il quittera son poste le 16 juin et sera remplacé par Laurence Boone - a pris une importance croissante dans les négociations au sujet du rachat d'Alstom par General Electric ou Siemens. Et le 28 mai dernier, François Hollande, a de nouveau reçu Jeffrey Immelt à l'Élysée. Le chef de l'État a également tenu ces dernières semaines, plusieurs réunions de cadrage sur ce dossier avec Manuel Valls, Arnaud Montebourg et parfois la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, Ségolène Royal. "Le président de la République donne le cadrage d'ensemble du dossier et ses priorités aux ministres" a déclaré à ce sujet l'entourage du chef de l'État après l'une de ces réunions, le 19 mai.

L'essentiel n'est pas que Montebourg soit un fantoche

En critiquant ouvertement General Electric, le ministre de l'Économie a favorisé le positionnement d'autres concurrents et la montée des enchères. L'entourage d'Arnaud Montebourg argumente comme il peut. 
D'un côté, le ministre de l'Économie, par ses déclarations agressives, a fait jouer à fond la concurrence entre General Electric et Siemens. La firme américaine a réhaussé son offre initiale pour la porter à 12,5 milliards d'euros et s'est aussi engagée à créer 1000 emplois en Francel'offre éventuelle de Siemens et Mitsubishi  resterait très en deçà de celle du groupe américain - 7,25 milliards d'euros - même si elle concerne un périmètre d'activités moins important.
Loin d'être le redresseur de l'économie, le ministre en est le fossoyeur.


lundi 28 avril 2014

Pourquoi Alstom en est-elle à se vendre?

Alstom, symbole de la décrépitude du tissu industriel français
Le devenir des activités du fleuron industriel français, convoitées par deux géants,

l'américain General Electric et l'allemand Siemens, se joue dans les heures qui viennent. Alstom, fierté nationale, créateur du TGV et en pointe sur les renouvelables, discute d'un rapprochement avec l'Américain General Electric, a confirmé son patron Patrick Kron vendredi 25 avril.
Au delà d'Alstom, l'appétit des étrangers pour les entreprises de l'Hexagone s'est accru ces derniers mois. La France a été la première cible d'acquisitions au premier trimestre 2014 et le pays a concentré un tiers des fusions-acquisitions en Europe sur la période. Lafarge & Holcim, Publicis & Omnica, PSA & Dongfeng ou même SFR & Altice: la liste des icônes de l'économie française au cœur d'opérations transnationales s'allonge. Il n'est pas excessif de dire qu'elles passent toutes sous pavillon étranger, malgré l'agitation de Montebourg. 

Face aux critiques de laisser-faire, François Hollande est monté au créneau ce dimanche en convoquant une réunion au sommet. Autour du chef de l'Etat, le Premier ministre, Manuel Valls, ainsi que les ministres de l'Economie Arnaud Montebourg et de l'Energie Ségolène Royal, ont "discuté de l’évolution du dossier, au regard des objectifs d’emploi, de localisation des activités et d'indépendance énergétique". A l'issue de la réunion , l'Elysée a annoncé que le président recevrait lundi, dès 9h30, Jeffrey Immelt le PDG de General Electric. Il recevra aussi le PDG de Siemens, qui a fait une contre-proposition lundi après-midi et Martin Bouygues lundi soir. Alstom vendrait ses activités énergie et réseaux au conglomérat américain. Il n'y aurait donc pas d'OPA.

Alstom est une société anonyme française
Ce fleuron stratégique de l'industrie française basé à Belfort est spécialisé dans les secteurs des transports, principalement ferroviaires (trains, tramways et métros), et de la production d'énergie (centrales électriques et énergies renouvelables comme des éoliennes).
Bien que convoité par deux géants mondiaux Le Canard Enchaîné pointe Alstom. L'hebdomadaire évoque ainsi le fait qu'Alstom a été privé de marchés publics étrangers, comme au Mexique en 2004, et que deux de ses filiales ont été sanctionnées en 2008 pour avoir corrompu des fonctionnaires en Italie, que, depuis 2012, la Banque mondiale a interdit au groupe de répondre à des appels d'offres en raison de pots-de-vin versés à un ministre en Zambie, que la justice suisse a condamné l'entreprise à une amende de 2 millions, plus 29 millions de pénalités correspondant aux bénéfices réalisés grâce à "des paiements inappropriés versés à des agents publics en Lettonie, en Malaisie et en Tunisie". "De vieilles histoires", a répondu Alstom au Canard, qui souligne cela dit que, d'après l'OCDE, des enquêtes concernant Alstom sont en cours en Grande-Bretagne, en Slovénie, en Pologne, au Brésil et en Norvège. Alstom, avec Veolia, est mis en cause dans l'affaire du tramway de Jérusalem.

Alstom a été sauvé il y a dix ans, mais par sous-capitalisation
Les écologistes sont étrangement taiseux sur un dossier qui les a mobilisés...Alstom a perdu 1 milliard d'euros de capitalisation à la Bourse à Paris en janvier 2014. Une chute de l'ordre de 11%, qui a ramené le titre de 27,755 euros à la clôture hier à environ 24,70 euros.  Si la plupart des secteurs se portent relativement bien, le coeur de métier, les centrales thermiques, est à la peine, faute de gros projets sur les marchés matures mais aussi dans les pays émergents. Alstom se satisfait difficilement de nombreux contrats de moindre taille. 

Les jours à venir s'annoncent à nouveau décisifs pour le devenir du groupe industriel français.
Invité de RTL, le ministre de l'Economie s'en est pris à Patrick Kron, le PDG d'Alstom, et donc à Martin Bouygues, l'actionnaire principal, qu'il a accusé d'avoir décidé "en trois jours de vendre un fleuron de l’industrie nationale dans le dos de ses salariés, et du gouvernement."

Les syndicats d'Alstom en appellent au gouvernement, alors qu'une vingtaine de salariés se sont rassemblés ce dimanche 27 avril devant le siège de l'entreprise à Levallois-Perret.

Des syndicats d'Alstom ont interpellé la direction de l'industriel français pour qu'elle prenne le temps d'étudier les scénarios susceptibles de pérenniser l'activité de l'entreprise.
La fédération CFDT de la métallurgie demande "au gouvernement d'user de tous ses moyens" pour que l'examen des offres de General Electric et de Siemens, ainsi que la "concertation indispensables aient lieu et pour qu'aucune décision hâtive ne soit prise". "le conseil doit surseoir à toute décision jusqu'à ce que toutes les options aient pu être sérieusement étudiées", continue la fédération.
Même appel de la part de la CGT, qui souligne que la moitié du carnet de commandes d'Alstom, "53 milliards d'euros, vient de l'Etat et des pouvoirs publics", "il est donc important que le gouvernement ait son mot à dire""Nous ne laisserons pas le groupe être démantelé", surtout pas dans cette "précipitation et cette urgence". "Il y a d'autres solutions pour trouver du cash que de brader le groupe: que les actionnaires remboursent déjà les 1,5 milliard de dividendes".

"Le devenir d'Alstom ne relève pas de ses seuls actionnaires", estime aussi la CFDT, qui, comme la CFE-CGC (premier syndicat) et la CGT, exprime "son immense surprise" d'apprendre par voie de presse les tractations en cours avec l'américain General Electric et l'allemand Siemens.

Invité de BFMTV et RMC, le président du MoDem a estimé que le gouvernement a "entre les mains une responsabilité très importante ce matin". "Nous n'avons pas de politique industrielle, ce n'est pas en deux jours que devraient se prendre des décisions aussi importantes", a-t-il dénoncé, tout en taclant Alstom qui a, selon lui, commis "une succession d'erreurs industrielles".

Le président de l'UMP a jugé le dossier Alstom "extrêmement grave". Il y a "un Etat dont on attend qu'il soit stratège et qui se comporte en pompier pyromane", a accusé l'ancien ministre sur Europe 1. "Nous sommes dans la dernière ligne droite, on nous parle de 48 heures" et pourtant "cela fait des mois que ce dossier est connu", a -t-il affirmé.

Arnaud Montebourg : "Les entreprises françaises ne sont pas des proies"

Alors qu'il doit participer aux rencontres avec les PDG de General Electric et Siemens, lundi 28 avril, le ministre de l'économie et du redressement productif, Arnaud Montebourg, a indiqué qu'il entendait "refuser le fait accompli" d'une vente de la branche énergie du groupe Alstom à GE.

Interrogé sur RTL, Montebourg a déclaré "refuser qu'Alstom, en trois jours, décide de vendre 75 % d'un fleuron national dans le dos de ses salariés, dans le dos du gouvernement, dans le dos de la plupart de ses administrateurs et de ses cadres dirigeants ".

Montebourg a révélé sa préférence pour un rapprochement d'Alstom avec l'allemand Siemens. "Pour utiliser des images qui parlent aux Français : soit on se fait racheter par Boeing soit on construit Airbus" a ainsi expliqué le ministre, qui affirme que "Siemens veut créer deux leaders mondiaux dans les domaines de l'énergie et des transports".
"Les entreprises françaises ne sont pas des proies, en revanche nous sommes disponibles pour nouer des alliances qui nous permettent de nous armer dans la mondialisation.Nous avons multiplié ces derniers jours et ces dernières heures un certain nombre d'initiatives, la première c'est derefuser le fait accompli."
Selon lui, l'offre de GE "pose un problème pour une raison simple, c'est que l'essentiel d'Alstom, 75 % de l'entreprise, 65 000 salariés dans le monde, vont être dirigés depuis le Connecticut". "Nous avons dit que cette situation était inacceptable", a rappelé le "redresseur productif", tout en reconnaissant que General Electric est un "investisseur qui se comporte très bien en France". 

Montebourg n'exclut d'ailleurs ni un rachat par l'Etat de la part de Bouygues dans Alstom (environ 29 % du capital), ni une éventuelle nationalisation transitoiretoutefois jugée "prématurée".  Il a toutefois indiqué qu'en l'état une nationalisation est "prématurée", mais que le gouvernement travaille à faciliter les rapprochements.

Mais, au gouvernement Valls, Montebourg et Rebsamen divergent
Selon les informations du Monde, Montebourg aurait fait pression pour que le conseil d'administration d'Alstom, prévu dimanche après-midi ne soit pas conclusif. Il veut l'inciter à prendre le temps d'une réflexion stratégique et des offres, avant de sans doute approuver celle de General Electric.
Sur France Inter, le ministre du travail, François Rebsamen, a dit vouloir "que tous les emplois soient sauvegardés" et "que l'indépendance énergétique soit maintenue, que les centres de décisions restent en France". "Les décisions de M. Kron (le PDG d'Alstom) ne peuvent pas se prendre sans l'accord de l'Etat Français", a-t-il également affirmé.


Bercy et l'Élysée espèrent trouver une offre alternative à celle de General Electric

GE veut racheter l'activité énergie du groupe français, mais Siemens se dit prêt à discuter. Le ministère de l'Économie fait tout son possible pour faire émerger une alternative avant cette échéance cruciale, alors qu'un CA d'Alstom est sur le point d'approuver l'offre d'achat a minima de GE pour seulement 10 milliards d'euros.

Pour éviter le démantèlement d'un fleuron industriel français aussi stratégique qu'Alstom, le gouvernement a demandé au groupe allemand Siemens de plancher sur le sujet. Dimanche matin, Siemens s'est dit prêt à "discuter de futures opportunités stratégiques"

Une solution franco-allemande pourrait associer BPI France et des industriels français. Siemens doit trouver une solution qui satisfasse à la fois les exigences de Bouygues, actionnaire à 30,75% d'Alstom, et celles du gouvernement, très attaché à préserver les emplois, les centres de décisions et les actifs stratégiques d'Alstom. A Clara Gaymard, présidente de General Electric France,Arnaud Montebourg a notamment exprimé vendredi soir son souci concernant la fourniture par Alstom des turbines de l'EPR françaisJeff Immelt, le PDG de General Electric,  devrait faire valoir ce lundi que son groupe fournit déjà les turbines des sous-marins d'attaque français et que ces contrats avec la DGA et la DCNS ne posent pas de problème à la France.

La branche énergie du groupe français regroupe des activités telles que les turbines pour centrales électriques, l'éolien et les systèmes de transmission de l'électricité. Elle pèse plus de 70 % du chiffre d'affaires global d'Alstom, soit environ 15 milliards d'euros lors de l'exercice 2012-2013, emploie près de la moitié des 18 000 salariés d'Alstom en France et regroupe les activités les plus rentables du groupe en excluant les renouvelables (aux marges moins élevées). 
La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est actionnaire à 1,41% et Hollande a étêté  la BPI (Banque publique d'investissement ou BPI France) supposée "accompagner", financer et aider au développement des entreprises. Nicolas Dufourcq, son directeur général, déclarait que "la priorité de la BPI, c’est de préparer la France 2030", mais des places sont vacantes depuis que  Jean-Pierre Jouyet, son président, est passé à l'Elysée et que Ségolène Royal, vice-présidente du conseil de la Banque publique, a été appelée au gouvernement Valls en charge de l'Ecologie, du développement durable et de l’énergie... Si la BPI ne joue aucun rôle dans ce dossier, l'exécutif ne peut échouer.



vendredi 11 avril 2014

Tarifs d'EDF retoqués: impuissante, Royal juge "très regrettable" la décision

La perverse Royal promet d'entraver la libre concurence des prix de l'énergie

Royal avale une première couleuvre de travers
Ambiance souriante à l'Assemblée nationale:
Dumbo Valls et Royal Canin, fort tendus
Ministre de la parole, Ségolène Royal condamne la liberté des juges. 
Bras croisés, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie a regretté vendredi l'arbitrage défavorable du Conseil d'Etat qui désavoue le gouvernement Ayrault. En juillet 2012, peu après le retour de la gauche au pouvoir, celui-ci avait en effet démagogiquement limité à 2% l’augmentation des tarifs de l'électricité par EDF, fournisseur dominant auxquels souscrivent plus de 28 millions de Français, en dépit de l'avis de la Commission de régulation de l’énergie qui avait calculé qu’une hausse de 5,7% était nécessaire.  

Dumping du gouvernement socialiste
Ayrault avait tenté de rétablir le monopole d'EDF en étranglant les petits concurrents d’EDF par des pratiques commerciales déloyales contraires à l'esprit de concurrence. 
L’Anode, regroupement de Direct Energie, Eni, Lampiris, etc, avait porté plainte et, constatant une vente à perte, le Conseil d'Etat vient de leur donner raison.

Vingt-et-un mois plus tard, retour de boomerang
Le Conseil d’Etat a jugé que les tarifs "bleus" des particuliers étaient "manifestement inférieurs au niveau auquel ils auraient dû être fixés en application des principes s’imposant aux ministres". Ces tarifs "ne permettaient pas de répercuter les hausses prévisionnelles des coûts de production pour l’année 2012", pointe-t-il.

Le Conseil d’Etat a donné deux mois au nouveau gouvernement Valls - la question des tarifs d’énergie est généralement du domaine de compétences de Matignon et des ministères de l’Energie de Ségolène Royal et de l’Economie d’Arnaud Montebourg - pour prendre un nouvel arrêté conforme.
Les victimes ont d'ores et déjà appelé le gouvernement à prendre en compte "l’ensemble des coûts du passé" qui, selon elles, devront de toutes façons être réglés un jour ou l’autre. "Il est absolument indispensable de solder, dès à présent, la totalité des dettes, en évitant qu’à l’avenir les charges d’hier ne pèsent, à nouveau, sur les factures de demain des Français", écrit l’Anode dans un communiqué où elle salue la "décision logique" du Conseil d’Etat.

Ségolène Royal se défend de faire passer les Français à la caisse

Le gouvernement est contraint mais les Français sont pénalisés 
Le gouvernement Valls nous fait payer les manoeuvres de Ayrault en adressant une facture d'électricité rétroactive à la plupart des foyers.
Royal se désolidarise, déclarant de manière très ambigüe et limite mensongère : "C'est une décision très regrettable pour les consommateurs qui ne correspond pas à la volonté du gouvernement qui avait voulu limiter à 2% la hausse des tarifs".

Et elle insiste en faisant porter la responsabilité aux autres
"La décision du Conseil d'Etat s'appuie sur des textes qui manifestement doivent être réformés pour que le gouvernement puisse appliquer une politique énergétique sans être entravé par des textes administratifs qui ne correspondent pas à (sa) volonté politique", a-t-elle ajouté.

Royal nie la tentative par Ayrault de favoriser EDF.
Hollande avait en effet couvert la fixation de tarifs très "offensifs", voire "déloyaux" avec des marges très faibles  pour éliminer les concurrents d'EDF, établissement public et premier producteur et fournisseur d'électricité en France et dans le monde.

Royal promet une réglementation totalitaire du marché de l'énergie
"Nous allons mettre en chantier avec le ministre de l'Economie, et sous l'autorité du Premier ministre, une réforme des modes de calcul pour que le gouvernement puisse prendre des décisions sans (les) voir annulées sur une base juridique", a expliqué Ségolène Royal. Et d'insister : "Il faut réformer ce mode de calcul.
La ministre trompe les Français sur les intentions profondes du gouvernement
"Il n'est pas acceptable que lorsque le gouvernement veut limiter la hausse des tarifs, cette décision soit annulée sur la base de textes qui doivent être changés", prétend-elle, avec la ferme intention de rétablir une maîtrise étatique de l'énergie.
Dans le cadre de la future loi sur la transition énergétique, "nous aborderons cette question du prix de l'énergie, (de son) mode de fixation (...). Je vais très rapidement entamer des consultations sur ce sujet, annonce la maquilleuse. S. Royal se donne le beau rôle en déclarant qu'elle veut "protéger le consommateur contre les hausses des tarifs de l'énergie", contrainte et forcée.

A la vérité, S. Royal ne prend pas une décision libre et "juste"
Le Conseil d’Etat a imposé deux mois au nouveau gouvernement Valls  pour prendre un nouvel arrêté conforme. La question des tarifs d’énergie est en effet du domaine de compétences de Matignon et des ministères de l’Energie de Ségolène Royal et de l’Economie d’Arnaud Montebourg...

Les tarifs réglementés d'électricité d'EDF pour les particuliers seront réajustés pour la période allant de fin juillet 2012 à fin juillet 2013. Le coup bas de Ayrault à la concurrence impactera  les budgets des fidèles à EDF, entraînant une hausse rétroactive des tarifs réglementés de l'électricité.

Une facture de 20 à 50 euros par tête
L’inconnue principale porte désormais sur le niveau de la hausse rétroactive, sachant toutefois que, dans sa décision, le Conseil d’Etat se réfère à l’évaluation "prévisionnelle" de la CRE (Commission de régulation de l’énergie),  soit 5,7%, ce qui privilégie l’hypothèse d’une "petite" hausse. Mais elle avait dans un second temps estimé la hausse nécessaire  à 9,6%Dans le premier cas, le mopins défavorable, la facture rétroactive moyenne devrait être de l’ordre de 20 euros, mais de près de 50 euros dans le second. Au point que cette somme devrait probablement être lissée sur les prochaines factures.
Près de 92% des foyers français, restés fidèles aux tarifs règlementés de l’électricité, sont concernés par la facture rétroactive. Les autres sont ceux ayant souscrit avant la période concernée à une "offre de marché" (proposée entre autres par GDF Suez, Direct Energie mais aussi EDF), et qui ne seront pas affectés.

Si elles ne contestent pas le fondement juridique de la décision du Conseil d’Etat, des associations de consommateurs comme l’UFC-Que Choisir appellent le gouvernement à plus de responsabilité et de loyauté dans le contrôle des coûts d’EDF, le régulateur n’ayant pas assez de moyens, selon elles, pour les vérifier. "Un tel audit est indispensable pour garantir que les tarifs sont bel et bien en adéquation avec la réalité économique des coûts d’EDF" et permettrait de mettre au jour des "voies d’optimisation", a réagi vendredi l’UFC.
Une critique fermement rejetée par la CRE, qui reconnaît qu’elle "ne refait pas la comptabilité d’EDF, mais qu’elle vérifie l’exactitude des comptes".

Les écologistes font monter la facture
Du fait des coûts de rénovation des centrales nucléaires et du réseau électrique, ainsi que des surcoûts liés aux énergies renouvelables, le prix de l’électricité -le plus bas d'Europe en France- a entamé une ascension qui s’annonce très forte en 2012.
Indépendamment de la hausse finale des tarifs de 2012 qui reste donc à déterminer, s’est déjà ajoutée une hausse de 5% des tarifs au 1er août 2013, qui sera suivie d’une hausse de 5% à nouveau en août 2014. Une autre augmentation suivra en 2015. 

Outre le tarif, qui représente environ 70% du prix, la CSPE, une taxe spéciale qui finance notamment les surcoûts des énergies renouvelables, augmente elle significativement chaque 1er janvier.

Au final, la CRE a averti à plusieurs reprises que les prix de l’électricité devraient augmenter d’environ 30% entre 2012 et 2017.