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jeudi 17 septembre 2015

Hollande entre en guerre en Syrie: qu'en pense al-Assad ?

Nos frappes aériennes contre Daesh en Syrie vont commencer, prévient Le Drian

Pourquoi François Hollande a changé de stratégie en Syrie

Ce changement de stratégie s'ajoute à tous les revirements précédents. Le président Hollande a annoncé que la France envisage, pour la première fois, des frappes aériennes contre l’organisation Etat islamique en Syrie. "Aujourd’hui en Syrie, ce que nous voulons, c’est connaître, savoir ce qui se prépare contre nous et ce qui se fait contre la population syrienne", a lancé le chef de l’Etat lors de sa conférence de rentrée lundi. "Aussi ai-je décidé qu’il y aura dès demain (mardi) des vols de reconnaissance (…) et ensuite, selon les renseignements que nous aurons collectés [l'"audacieux" se laisse une porte de sortie], nous serons prêts à faire des frappes"Cette annonce pourrait permettre à la France de peser davantage dans les négociations, pense-t-il...

"Les combattants de Daesh ont gagné du terrain"

En fait, l’aviation française participe bien depuis septembre 2014 aux opérations de la coalition emmenée par les Etats-Unis en Irak, et ce soulignement de leur impuissance n'a pas manqué d'irriter les coalisés auxquels Hollande est supposé apporter son soutien.  Le président et Fabius pointent en fait la décision à laquelle ils ont adhéré de frapper l'Irak mais de laisser le président al-Assad se débrouiller avec ses rebelles et ses terroristes de Daesh également nuisibles aux habitants de Syrie. Que Hollande s'intéresse tout à coup à "ce qui se fait contre la population syrienne" est tout à son honneur, quoique tardif, alors que la Syrie subit une hémorragie dramatique de population, avec des répercussions historique sur l'Europe.  
Jusqu’à aujourd’hui, Hollande était resté aligné sur Obama qui refusait de frapper le territoire syrien. "Il y a un an, le gouvernement français souhaitait avant tout éviter de contribuer à renforcer Bachar al-Assad. En outre, Paris avançait l’absence de base juridique pour justifier une intervention militaire contre Daesh en Syrie, c’est-à-dire ni sollicitation du gouvernement légitime, ni mandat international", précise Bruno Tertrais, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Une intervention militaire contre Daesh en Syrie reste sans "fondement juridique" En clair, une ingérence militaire sur le territoire d'un état souverain est un acte de guerre. "Mais cet argument semble moins pertinent, car les combattants de Daesh ont gagné du terrain en Syrie, s'arrange le chercheur. Et d'accuser: "L’armée régulière ne fait plus grand-chose pour contre-attaquer dans les zones contrôlées par l’Etat islamique".
Combattre "l’EI imposait d’être présent sur l’ensemble du territoire" occupé par l'Etat islamique, estime-t-on désormais

"Le premier élément déclenchant est politique" [mais plutôt médiatique]. 
Cette décision découlerait du mouvement d’opinion que la presse a provoqué autour de la photo de cet enfant syrien mort sur une plage turque, raconte Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Aylan n'est pourtant pas le premier enfant échoué ou ramassé dans des filets de pêcheurs. La question est plutôt pourquoi la photo a été diffusée quand les précédents documents étaient censurés. "On sait bien que les personnes fuient les combats et les atrocités commises par les combattants de l’EI lorsqu’ils s’emparent des régions", commente le général à la retraite.

Frappes contre Daesh en Syrie : vers une politique du calcul du "moins pire"
Cette volte-face diplomatique est un revirement stratégique. "D’un point de vue militaire, il était évident qu’un combat contre l’EI imposait d’être présent sur l’ensemble du territoire occupé par le groupe, à la fois en Irak et en Syrie, 
reconnaît désormais Jean-Claude Allard, un bavard jusqu'ici moins catégorique sur la Syrie. La France faisait une distinction entre l’Irak et la Syrie qui n’était pas pertinente car les combattants islamistes ont aboli les frontières". 
"Peser davantage dans la négociation internationale," dernière intox de l'ElyséeEn août 2013, François Hollande, qui voulait "punir" Bachar al-Assad , si c'était aux côtés des alliés, comme il a voulu des "sanctions" contre Poutine, à la suite d'Obama, avait présumé de son poids international. S'agissant de l'Ukraine, depuis mars 2013, Vladimir Poutine ne cesse de dire, qu'il "faut s'asseoir à une table, il faut discuter et il faut que nous gérions le monde en multilatéral". Cela pose un problème, je le conçois, car on se dit toujours "est-ce qu'il est honnête et sincère ou est-ce qu'il veut nous tromper ?" expliquait le général. Et d'expliquer que "son intérêt, pourtant, en tant qu'exportateur de gaz et de pétrole n'est pas de dresser l'Europe contre lui, il faut le comprendre et s'asseoir à une table avec lui."
Voilà qu'Hollande se range finalement du côté de l’Iran et de la Russie, soutiens de Damas. "C’est une stratégie en deux temps", tente d'expliquer l’ancien militaire. L’EI devient maintenant la cible n°1, et le sort du président syrien, le seul qui résiste actuellement sur le terrain, viendra après". "Si son armée craquait dans les semaines qui viennent, l’EI s’installerait à Damas". La priorité est donc devenue l'éradication des terroristes de Daesh.
L’aviation française pourrait-elle avoir un impact sur l'issue du conflit ?
Un pas de plus vers l’intervention militaire en Syrie
L
es frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie débuteront dans les prochaines semainesa annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Lundi, le président François Hollande avait que la France devait mener ces frappes aériennes contre les positions de Daesh en Syrie.

"Nous avons annoncé des vols de reconnaissance permettant d’envisager des frappes si c’était nécessaire, et ce sera nécessaire en Syrie", a affirmé le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse commune avec son homologue du Nigeria Muhammadu Buhari, à Paris, le 7 septembre. Le 8 septembre, la première mission de reconnaissance avait été menée. De cet engagement militaire en Syrie, le Parlement français a débattu mardi, après décision présidentielle et sans vote.
"L’apport français sera de qualité, mais quantitativement, ce ne sera pas significatif par rapport à ce que déploient par exemple les Américains", répond Jean-Claude Allard. "Les frappes déjà menées par la coalition anti-Daesh ont permis de contenir un peu son expansion, mais dans des proportions limitées. Il est difficile d’en faire davantage sans troupes au sol, mais pour l’instant aucun pays n’est prêt à envoyer des soldats en Syrie".

François Hollande a d’ailleurs balayé cette idée d'un envoi de troupes au sol qu’il juge "irréaliste" et " inconséquente" lors de la conférence. Une prise de position qui, quant à elle, aura un impact sur l'évolution de la situation en Syrie et, du même coup, sur l'afflux de Syriens en Europe, notamment en Allemagne ou en Suède, et subsidiairement en France qu'ils préfèrent
, si possible, éviter. 
L'armée française sur tous les fronts
Les détachements de l'armée française hors du territoire européen comptent environ 6.500 militaires français (hormis les 20.000 soldats stationnés hors de la métropole) répartis, en 2015, dans les opérations extérieures (OPEX), dont les plus importantes se situent

- au Mali et au Tchad: opération Barkhane, soit 3.000 hommes, depuis plus d'un an (août 2014),
- en Centrafrique: opération Sangaris (2.000 hommes,
- Golfe de Guinée : mission Corymbe (300 hommes,
- Golfe d'Aden : opération Atalante (270 hommes)
- au Liban 
(opération Daman, 900 hommes) et en Côte d'Ivoire, sous mandat international de l'ONU.
Très impopulaire sur la scène intérieure, Hollande joue les matamores à l'internationale, dans l'ombre des puissants: le risque serait que les chiens aboient et que la caravane passe.

samedi 8 août 2015

Aux sanctions européennes, la Russie riposte par un embargo et la destruction des marchandises infiltrées

Le bras de fer se durcit entre Poutine et Obama

Les fruits, les légumes et la viande importés d'Europe étaient censés rester bloqués à la frontière
depuis que certains pays occidentaux ont décidé  en 2014 de sanctions contre la Russie, le président russe a riposté en lançant un nouveau défi aux pays hostiles.

"Vladimir Poutine entend décourager les importations en provenance de l'Europe."  Les mêmes qui accusent la Russie de l'annexion de la Crimée, territoire de l'Empire russe depuis le XVIIIe siècle et de l'URSS de 1922 à 1991, n'hésitent pas aujourd'hui à inverser les données historiques: Obama et ses courtisans, Hollande et Cameron, ont tenté de punir Poutine et d'affamer le peuple en déclenchant des sanctions économiques, militaires, technologiques et énergétiques. Le crash du vol MH 17 dans l'est de l'Ukraine a joué un rôle déclencheur des hostilités de Washington et Bruxelles à l'encontre de la Russie, "qui refuse de reconnaître que l'Ukraine peut suivre sa propre voie", selon le Grand Satan Barack Obama en fin de bail à la Maison Blanche, qui refuse cette liberté aux russophones de Crimée.

C'est dans ces circonstances que, malgré les critiques de Washington et de Londres, Hollande a d'abord exprimé son besoin de livrer tout de même un porte-hélicoptères Mistral, négocié en 2011 et déjà payé par les Russes, subissant bon gré mal gré la pression de ses alliés sur le second, en fonction de l'attitude russe, tandis que l'Allemagne entendait préserver ses intérêts dans le secteur énergétique et que la Grande-Bretagne refusait de saborder la place financière de Londres, très accueillante aux capitaux russes.
La Crimée et Sébastopol sont particulièrement réprimés. Dans ces deux zones, les Etats membres de la coalition occidentale pro-ukrainienne interdisent les nouveaux investissements d'entreprises de leurs pays dans les infrastructures de transports, de télécommunication et dans le secteur de l'énergie. Egalement interdits, les investissements destinés à l'exploitation du gaz, du pétrole et des ressources minérales.

La Russie riposte par un embargo
Décrété le 6 août 2014 par Vladimir Poutine, l'embargo devait avoir une durée d'un an, mais concerne toujours l'ensemble des produits alimentaires, notamment la viande, le poisson, les produits laitiers et les fruits et légumes, très largement français. La valeur des produits touchés par l'embargo est estimée dans un premier temps à 9 milliards de dollars. Les effets de l'embargo sont compensés par les importations russes depuis les pays amis défavorables aux sanctions américaines, dont notamment le Brésil, le Chili, l'Argentine ou encore la Biélorussie. L'embargo stimule même les producteurs locaux russes.

V. Poutine entend décourager les importations en provenance de l'Europe

La Russie détruit les marchandises entrées en fraude.
Les cargaisons qui essaient de contourner l'embargo russe sont saisies et détruites. Des kilos de porc danois ont ainsi été jetés au feu et des camions entiers de fromages européens broyés par les douanes russes. Depuis jeudi 6 août et le dépassement du délai d'un an, au lieu de les renvoyer dans leur pays d'origine, la Russie détruit désormais les produits alimentaires en provenance des pays occidentaux, qu'ils soient saisis à la frontière ou dans les magasins. "Il n'y a aucune étiquette, aucune information sur le producteur, aucune date de fabrication ou d'expiration. Ces produits sont dangereux et impropres à la consommation", explique Andrei Panchenko, le représentant de l'agence nationale de surveillance sanitaire

Une mesure de dissuasion
Avec ces premiers contrôles sanitaires, Vladimir Poutine espère décourager les importations clandestines. La propagande occidentale n'hésite pas à faire parler des anonymes authentiques, s'ils ne sont pas inventés. "Je pense qu'un pourrait trouver un moyen d'utiliser cette nourriture au lieu de la brûler", estimerait un consommateur auquel le secret des sources permet de prêter les mots du journaliste. Une pétition pour que ces aliments soient donnés à des organisations humanitaires a été lancée. Quelle association ? Un collectif, peut-être? Elle aurait déjà réuni plus de 300.000 signatures en moins de 24 heures. 
La déontologie professionnelle autorise l'intox.

samedi 16 mai 2015

Hollande a les deux Mistral sur les bras: les Français devront-ils dédommager Poutine ?

Le bras de fer se poursuit entre Moscou et Paris

La date-butoir est atteinte aujourd'hui


Le contrat entre la France et la Russie pour la livraison de deux Mistral est sur le point d'être annulé. Sauf que Paris et Moscou n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les conditions de cette annulation.

Le refus de Hollande de livrer la commande empoisonne depuis plusieurs mois les relations
entre Paris et Moscou. La vente de deux navires de guerre de type Mistral pourrait être annulée. Le président de la République qui voulait se donner une image de fermeté avait bloqué  l'an dernier la livraison, rompant le contrat d'un milliard 200 millions d'euros, au prétexte que Poutine avait entendu l'appel au secours de la population russophone de l'Est de l'Ukraine aux mains des insurgés de Kiev qui comptent sur l'Union européenne pour sauver l'économie sinistrée du pays. L'irresponsable président français a ainsi fait passer l'illusion de son intérêt personnel désespéré avant l'intérêt général, malgré un niveau d'endettement resté élevé et des perspectives économiques d'avenir terne, voire sombre.

Paris a proposé de rembourser 785 millions d'euros à la Russie,
à condition que Moscou autorise la revente des navires à un pays tiers. Par exemple à l'Ukraine, avec une aide massive de l'U.E. ? Moscou a refusé le 'deal' et réclamerait 1,163 milliard d'euros. Et, pour l'heure, la Russie s'oppose toujours à une revente des bateaux pour des questions de sécurité nationale.
"Les deux porte-hélicoptères Mistral ont été construits pour la marine russe, pour nos hélicoptères, nos systèmes de contrôle, notre infrastructure. Ces bateaux ne peuvent en aucune circonstance être cédés à un pays tiers pour le moment, c'est une question de sécurité nationale", a expliqué un haut responsable du ministère russe de la Défense.

Que faire des deux navires ?

Jean-Dominique Merchet, journaliste à L'Opinion et spécialiste des questions de défense, ne doute pas qu'il y aura in fine [merci le latin...] un accord entre les deux pays. Sur France Info, il l'explique : "Les deux présidents Poutine et Hollande se sont mis d'accord politiquement. D'ailleurs, Poutine l'a dit ' je ne serai pas très exigeant'." Il y a deux mois de ça et on ne sait où il place le curseur de son niveau d'exigence...

Non livraison des Mistral: "Il y aura au final un accord," selon Jean-Dominique Merchet, mais quel sera le montant des indemnités ?

Reste que la France se retrouve avec deux bateaux de combat de trop et "ne sait vraiment pas quoi faire. Ce sont des bateaux assez spécifiques. La Marine française en possède déjà trois et n'en veut surtout pas d'autres: elle n'en a absolument pas besoin. Il faudrait trouver un client à l'exportation mais ça c'est très difficile", explique-t-il.
Hollande n'a su vendre aucun Rafale à la caillera de Cuba et l'A400M est actuellement invendable. Le Drian ne débarrassera-t-il des Mistral, bijoux de technologie ? 

Des décrypteurs spécialistes de l'embrouille de l'opinion

Des seconds couteaux de l'analyse partisane mettent en cause ... Sarkozy. C'est classique, mais difficile à démontrer, alors ils accusent sans présenter aucun argument.

Mistral, porte-hélicoptères d'assaut

Les faits et dates sont les suivants.
Le Mistral est un bâtiment de projection et de commandement (BPC) - dont les premières études remontent à 1997 - construit en France à Saint-Nazaire par STX France et lancé en 2004. La marine nationale devrait disposer de quatre bâtiments de ce type: en plus du Mistral, le Tonnerre (L9014) qui a été admis au service actif en août 2007, le Dixmude (L9015) qui est entré en service en juillet 2012, lequel sera suivi d'une quatrième unité dont la date de construction n'a pas été fixée. Les trois premiers BPC ont remplacé les TCD Ouragan, Orage et Foudre.

En octobre 2009, la Russie a exprimé le besoin d'un ou deux bâtiments et de l'éventuelle construction d'autres sous transfert de technologie, avec livraison d'un premier bâtiment fin 2014 et d'un second fin 2015. Le président Sarkozy n'avait pas eu à prendre parti dans un conflit étranger qui n'avait pas encore été déclenché.


La crise ukrainienne a débuté en 2013.
 
En novembre 2014, rupture du contrat par le président Hollande qui a décidé de surseoir, jusqu’à nouvel ordre, à l’exportation du premier Mistral à la fédération de Russie.

Le dédit de Hollande met en péril la crédibilité de la France et l'emploi des salariés de STX France à Saint-Nazaire.


dimanche 7 décembre 2014

Mistral: rencontre surprise et capitulation de Hollande face à Poutine à Moscou

Fillon confirme ses contacts avec l'Elysée

Hollande, premier dirigeant occidental à mettre un terme à la cabale contre Poutine 
depuis le début de la crise ukrainienne

Le va-t-en guerre français a pris l'initiative de rencontrer le président russe infréquentable... Qu'a-t-il donc à lui vendre pour s'abaisser ainsi ?

La visite-surprise aura duré 1h30 à l'aéroport. Quelle était donc l'urgence justifiant cette escale impromptue -de nuit- au retour d'une visite au Kazakhstan ? Le tête-à-tête n'était pas prévu à l'agenda officiel, mais côté russe, on parlait d'une "vraie visite de travail", au prétexte de l'épineuse crise ukrainienne en toile de fond de la question de l'embargo français en premier plan, puisque la France refuse d'honorer la commande russe d'un navire de guerre Mistral pourtant prêt à la livraison promise fin novembre.

Hollande sur son chemin de Damas 


La crise ukrainienne cristallise toutes les tensions autour de la Russie. François Hollande s'est prévalu de l'isolement dans lequel les pays occidentaux maintiennent la fière Russie du fait de la préférence de Kiev pour l'Union européenne sur la Russie, en dépit de sa population russophone. "Nous devons éviter qu'il y ait d'autres murs qui viennent (nous) séparer", assure maintenant le Président français, premier dirigeant occidental à venir à Moscou depuis le début de la crise ukrainienne. Ces bons sentiments expliquent-ils à eux seuls ce revirement du fier-à-bras socialiste. La presse française se trouve prise à contre-pied, elle qui prétendait jusqu'ici que quand "les troupes de l'armée ukrainienne en route vers l'est du pays" mènent "une 'opération anti-terroriste' contre les militants pro-russes".

Vladimir Poutine est accusé d'annexion de l'Ukraine entière, après avoir répondu à l'appel à l'aide de la Crimée et pour son soutien aux séparatistes ukrainiens de langue russe. Si le président russe espère "une amélioration", François Hollande exigeait "non pas simplement des avancées, mais des résultats". Or, depuis hier, il juge que "la désescalade est aujourd'hui possible". Qu'est-ce qui a bien pu motiver ces propos de Hollande ? L'homme fort du Kremlin assure certes vouloir "une fin immédiate du bain de sang", mais le cessez-le-feu lors des accords de Minsk, le 5 septembre dernier, et la trêve n'ont guère duré, aux torts partagés des deux camps.

Hollande calme le jeu, avec la livraison des Mistral en tête


D'après le président russe, le sujet de la vente de Mistral n'a même pas été évoqué. Ce contrat signé en 2011 est devenu un casse-tête diplomatique depuis l'ingérence occidentale en Ukraine. Mieux, la situation est pour lui très claire: "Il y a un contrat, nous partons du principe qu'il sera respecté, sinon, nous espérons qu'on nous rendra l'argent que nous avons payé". 
Par soumission à Obama, Hollande a commis l'erreur de refuser de livrer le premier des deux navires Mistral que Paris a vendus à la Russie, un contrat qui déplaît aux Américains. 

Or, Hollande n'a pas les moyens de perdre le bénéfice des ventes de ces deux porte-hélicoptères et de payer des pénalités pour non-respect des engagements de la France. Trouverait-il preneur des deux navires qui lui resteraient sur les bras? La Chine achète tout ce qui passe à portée (arrivée des Chinois au capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac -à hauteur de 49,9%- ou du Club Méditerranée, avec une offre de 540,6 millions).

Vladimir Poutine accepte la main tendue de Hollande. 
Le vendredi 5 décembre, Moscou rappelait encore à la France qu'elle s'expose à des amendes et des dédommagements si la livraison n'est pas menée à son terme. Puis le Kremlin a facilité la démarche de Hollande, promettant qu'en cas de remboursement "nous n'aurons pas de requêtes particulières". 

Hollande est allé à Canossa



Le président socialiste est le premier chef de l'Etat occidental à faire pénitence en se rendant à Canossa Moscou depuis le début de la crise ukrainienne. Dix siècles après la reddition sans condition du souverain germanique Henri IV venu s'agenouiller devant le pape Grégoire VII pour lui demander de lever l'excommunication prononcée contre lui, Hollande capitule devant Poutine contre la livraison de deux navires de guerre. 

Hollande se rend à Moscou pour renouer
 le dialogue qu'il a rompu. Depuis son départ précipité du G20 de Brisbane en novembre à cause des critiques occidentales sur son soutien à la population ukrainienne menacée d'assimilation par les pro-européens de Kiev, Vladimir Poutine n'avait manifesté qu'indifférence pour les amis d'Obama.
Sous la pression économique et financière d'une rupture de contrat qui porterait atteinte à la parole de la FranceHollande est allé à Moscou faire amende honorable, au risque de provoquer la colère et le mépris de Washington. Comme l'a formulé le pénitent français, le marchand d'armes Hollande offre ainsi à Poutine de "saisir l'occasion" (sic) de réintégrer le cercle des grandes puissances. 
Le prochain voyage -avec escale- de la "gauche molle" à Kiev n'est pas pour demain...

A défaut de Hollande, les électeurs socialistes pourront voter Fillon


L'interlocuteur de Jean-Pierre Jouyet, n°2 de l'Elysée, François Fillon a adressé "un satisfecit" au président de la République, au sujet de sa rencontre avec Vladimir Poutine.
"J'ai appris que François Hollande allait faire un détour par Moscou pour rencontrer M. Poutine et défendre les positions de la France. Je félicite François Hollande pour cette initiative." 4


Fillon, éminence grise de Hollande ?
"Cela fait des mois que je lui demande", a expliqué l'ex-Premier ministre, petit mécano de l'axe UMP-PS. Pour ne pas donner raison au FN qui dénonce une hypothétique entente UMPS...

mardi 30 octobre 2007

Quelques intox sur les salaires de dirigeants politiques

A Cuba, Castro se soigne !...
L’Express s’est intéressé à des leaders (souvent marxistes) biens sous tous rapports

Rien à déclarer!
Dominique Lagarde, avec Vincent Hugeux, Sylvaine Pasquier et les correspondants de L'Express
A l'en croire, il ne gagnerait que 32 € par mois et n'aurait pas d'économies personnelles. Lorsqu'il a appris qu'il figurait dans la liste des dix plus grosses fortunes des «rois, reines et dictateurs», publiée au début du mois de mai par la revue américaine Forbes, Fidel Castro a piqué une grosse colère. Non sans avoir, préalablement, convoqué les caméras de la télévision nationale et plusieurs personnalités amies. Selon les enquêteurs de Forbes, le Lider maximo tirerait son immense fortune d'une partie des bénéfices des sociétés publiques cubaines…
Si l'opacité est totale à La Havane, où règne l'une des dernières dictatures marxistes de la planète, les chefs d'Etat latino-américains ont plutôt fait des progrès, ces derniers temps. Plusieurs d'entre eux ont en effet décidé, sous la pression d'opinions de plus en plus sensibles à la dénonciation des injustices, de réduire leur train de vie et, par conséquent, leur salaire. Le président argentin, Nestor Kirchner, a ouvert le ban, suivi d'Alejandro Toledo, au Pérou, et du nouveau leader bolivien, Evo Morales. Ce dernier se contente, depuis le 1er mars 2006, de 667 € par mois, soit 57% de moins que son prédécesseur. Au Brésil, plus de 20 000 fonctionnaires fédéraux gagnent mieux leur vie que le président Lula, dont le salaire mensuel est de 8 500 réis par mois (environ 2 900 €). Toutefois, comme dans beaucoup de pays, cette somme ne donne pas une juste idée de son train de vie. Il bénéficie en effet d'une carte de crédit corporate afin de couvrir ses frais au Brésil ou lors de ses déplacements à l'étranger. Et ce compte-là relève du secret d'Etat!
Il ne suffit donc pas que le montant des émoluments du président ou du chef du gouvernement soit rendu public pour que la transparence soit assurée. Car les primes, frais de représentation ou «d'automobile» constituent un maquis souvent impénétrable. Et d'autres sources de revenus, inavouables cette fois, viennent souvent s'ajouter aux officielles.

Ex-Union soviétique
Courage, camarades!
La transparence va généralement de pair avec les progrès de la démocratie. On le voit tout particulièrement dans les pays de l'ex-Union soviétique. Ceux qui ont avancé sur le chemin de la démocratie sont aussi ceux dans lesquels les informations sont les plus accessibles. Ainsi, en Ukraine, le montant de la rémunération du chef de l'Etat est aujourd'hui public, alors que le pouvoir, jusqu'à la fin du régime précédent, usait à discrétion des fonds de l'Etat. Il en va de même en Géorgie.
En revanche, en Arménie, la question dérange toujours. Lorsque L'Express a interrogé l'ambassade à Paris, il nous a été répondu qu'il s'agissait d'une «information politique» et qu'il convenait d'adresser à Erevan un courrier sur papier à en-tête… sans garantie du résultat. En Biélorussie, le président Alexandre Loukachenko a officiellement rendu publics ses revenus avant l'élection présidentielle du 19 mars; le dictateur de Minsk a affirmé avoir reçu en 2005 l'équivalent de 28 000 dollars et ne pas avoir d'autres sources de revenus que son salaire de chef de l'Etat. A Washington, toutefois, on rétorque que Loukachenko garde la haute main sur un «fonds de réserve présidentiel», dont les avoirs dépasseraient 100 millions de dollars. Il a par ailleurs largement bénéficié, à titre personnel, de la vente à l'étranger d'une partie du stock d'armes soviétiques que possédait son pays.
Et la Russie? En 2004, par décret présidentiel, à l'occasion d'une hausse générale de la rémunération des hauts fonctionnaires et gouvernants, Vladimir Poutine a plus que doublé son salaire officiel, passé de 70 000 roubles à 146 853, soit près de 4 250 € par mois. C'est la seule donnée diffusée à Moscou. Les frais de représentation ne sont pas précisés. Par ailleurs, l'Etat russe prend en charge les dépenses liées non seulement à la fonction du chef de l'Etat, mais aussi à sa vie quotidienne, l'entretien de sa famille, ses loisirs, ses vacances et celles de ses proches. Deux chiffres permettent de mesurer la toute-puissance du maître du Kremlin: les dépenses de l'administration présidentielle atteignent en 2006 l'équivalent de 160,5 millions d'euros; celles du gouvernement, quant à elles, plafonnent à 23,4 millions d'euros.

Pour aller plus loin et creuser cette mine, LIRE L’EXPRESS du du 01/06/2006