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mercredi 27 mars 2019

Anticor ne lâche pas le numéro 2 de l'Elysée, accusé de conflits d'intérêts

L'honneur de l'entourage du président Macron une nouvelle fois entâché

La président Macron assume-t-il le parjure de plusieurs hommes de confiance de son entourage?


Le Bureau du Sénat a déjà entériné la demande de sa Commission d'enquête pour une saisine de la Justice sur les "probables faux témoignages" sous serment de trois autres membres de l'entourage du Président Macron (Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lionel Lavergnedans l'affaire Alexandre Benalla et Vincent Crase, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est de nouveau sous pression avec une nouvelle plainte d'Anticor sur ses liens familiaux controversés avec l'armateur italo-suisse MSC, 2e plus grand armateur de porte-conteneurs du monde et numéro quatre international des croisières.

L'association anti-corruption a en effet adressé une troisième plainte au Parquet national financier (PNF), qui enquête depuis un an sur des soupçons de conflit d'intérêts entre les postes d'Alexis Kohler dans la fonction publique et ses liens avec le groupe fondé et dirigé par des cousins de sa mère, la famille Aponte.

Le bras droit d'Emmanuel Macron est cette fois accusé de "faux et usage de faux" et d'"omission substantielle de ses intérêts", en l'occurrence d'avoir dissimulé deux faits dans différentes déclarations sur l'honneur: ses liens familiaux avec l'armateur et le fait d'avoir été impliqué, comme fonctionnaire, dans des décisions concernant MSC, selon la plainte rédigée le 18 mars.

Deux de ces déclarations avaient été adressées en 2014 et 2016 à la commission de déontologie de la fonction publique, lorsque le haut-fonctionnaire avait souhaité travailler pour l'armateur.
La première fois, la commission s'y était opposée: "M. Kohler a, en qualité de représentant de l'Etat au conseil d'administration de la société STX France [les chantiers de Saint-Nazaire, dont MSC était le principal client], participé en février 2012, à une délibération du conseil autorisant la conclusion d'un contrat d'achat d'un paquebot par la société MSC", concluait son avis du 10 juillet 2014 cité par la plainte. Emmanuel Macron est pourtant déjà secrétaire général adjoint de Hollande à l'Elysée.
Mais deux ans plus tard, la commission rendait un avis favorable, le 6 octobre 2016. Macron venait alors juste de démissionner du ministère de l'Economie et de l'Industrie, un mois plus tôt, fin août 2016.

Quand Macron avait quitté Bercy, l'énarque était devenu directeur financier de la filiale croisières du groupe familial. Il quitta ces nouvelles fonctions au bout de quelques mois pour rejoindre l'Elysée à l'élection d'Emmanuel Macron, en mai 2017.

Lors de ces processus, les liens familiaux d'A. Kohler avec l'armateur n'avaient jamais été mentionnés.

Anticor en déduit que Kohler a omis de les mentionner dans trois déclarations d'intérêts qu'il a dû remettre à la Haute autorité pour la transparence (HATVP), en vertu de la "loi Cahuzac" de 2013. "En ciblant cette fois ces omissions de déclarations, on remonte peu à peu aux racines d'un système qui a sa logique", a commenté l'avocat d'Anticor, Me Jean-Baptiste Soufron. Selon cette loi, une telle omission est punie au maximum de trois ans de prison et de 45.000 euros d'amende.

En mai 2018, le PNF a ouvert une enquête sur cette affaire après de premières révélations de Mediapart pour "vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées" lorsque M. Kohler a rejoint l'armateur en 2016.

Dans la foulée, Anticor avait déposé une première plainte contre le bras droit du président, en qualifiant les faits de "prise illégale d'intérêt", "trafic d'influence" et "corruption passive". L'association avait complété sa plainte par un deuxième courrier le 8 août, au lendemain de nouvelles révélations de Mediapart.

Il s'agissait cette fois de procès-verbaux du conseil de surveillance du "Grand Port maritime du Havre" (GPMH), où Alexis Kohler siégeait de 2010 à 2012 comme représentant de l'Agence des participations de l'Etat (APE) aux côtés du maire du Havre, l'actuel premier ministre Edouard Philippe.

Le numéro deux de l'Elysée a affirmé s'être "toujours déporté" [s'être écarté des débats] quand il a eu à connaître comme haut-fonctionnaire des dossiers impliquant MSC. 
Ces documents attestent cependant qu'en septembre 2010 et 2011, il a pris la parole et voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC (TNMSC), filiale française de l'armateur et acteur majeur de l'extension du port alors en cours.
Or, cet automne, la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a refusé à Mediapart le droit d'obtenir la déclaration d'intérêts de M. Kohler lors de sa nomination au port du Havre.
Selon le site, la Brigade de la répression de la délinquance économique (BRDE, division de la la police judiciaire parisienne, PJ) n'est pas parvenue non plus à obtenir cette déclaration, malgré des perquisitions au port du Havre ou au ministère de François de Rugy, Transition écologique et solidaire.

jeudi 9 août 2018

Le bras droit de Macron de nouveau accusé de conflits d’intérêts

Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, est de nouveau accusé de conflits d’intérêts

Cette nouvelle action judiciaire engagée par Anticor
 s’appuie sur de nouvelles révélations
 
Le secrétaire général de l’Elysée est-il coupable de conflits d’intérêts ?
L’association anti-corruption Anticor ne lâche pas l'affaire. Elle a déposé mercredi une plainte complémentaire pour "prise illégale d’intérêt" concernant le bras droit de Macron à l’Elysée, Alexis Kohler, déjà visé par une enquête judiciaire depuis début juin dernier à la suite du dépôt d’une première plainte.

Anticor s’appuie cette fois-ci sur des procès-verbaux du conseil de surveillance du " Grand Port maritime du Havre" (GPMH) où Alexis Kohler siégeait de 2010 à 2012 comme représentant de l’Agence des participations de l’Etat (APE) au côté du maire du Havre, l’actuel premier ministre Edouard Philippe.

Les liens familiaux au cœur de l’enquête

Résultat de recherche d'images pour "famille Kohler"

Ces comptes rendus de 2010 et 2011, publiés lundi par Mediapart, révèlent qu’Alexis Kohler a pris la parole et voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC (TNMSC), filiale française de l’armateur MSC fondé et dirigé par des cousins de sa mère, issue d’une famille de 'sabras' (nés en Palestine avant 1948, date de la création de l'Etat d'Israël)

Résultat de recherche d'images pour "famille Kohler"
Sola Hakim, la mère juive de Kohler, venue faire ses études en Europe, y rencontra un haut fonctionnaire au Conseil de l'Europe, Charles Kohler, qui l’épousa. Ainsi, Sola Kohler et Rafaela Aponte - petite-nièce du grand-père d'Alexis Kohler et épouse de l'entrepreneur italien fondateur et propriétaire de la société MSC - sont cousines germaines.
Or, dans la plainte déposée par ses avocats, l’association  pointe "à défaut de preuve contraire - et notamment de la communication de sa déclaration d’intérêt dont il conviendrait d’obtenir communication", ce lien familial "a toujours été dissimulé par Monsieur Alexis Kohler jusqu’à sa révélation par le journal Mediapart".

Première plainte fin mai
L’association anti-corruption avait déjà déposé fin mai une plainte initiale auprès du Parquet national financier (PNF) contre le bras droit d’Emmanuel Macron pour "prise illégale d’intérêt", "trafic d’influence" et "corruption passive" après des premières révélations du site d’information qui avaient déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Image associéeAnticor dénonçait alors la présence d’Alexis Kohler comme représentant de l’Etat à partir de 2010 au conseil d’administration de STX France (chantiers navals de Saint-Nazaire), commune PS, dont MSC était le principal client, sans faire état de ses liens familiaux avec l’armateur, dont il était devenu en octobre 2017 directeur financier de la filiale croisières.

Alexis Kohler se défend

Résultat de recherche d'images pour "Macron Kohler"
Deux compères soucieux
Le PNF avait alors révélé une enquête en cours sur les conditions dans lesquelles la commission de déontologie de la fonction publique avait donné son feu vert à ce départ dans le privé, après un premier refus en 2014.

Interrogé en mai par Mediapart, le numéro deux de l’Elysée a affirmé s’être "toujours" tenu à l’écart des débats quand il a eu à connaître comme haut fonctionnaire des dossiers concernant MSC. Interrogé mardi, l’Elysée n’a souhaité faire "aucun commentaire", compte tenu de l’enquête en cours.

Macron a-t-il profité de croisières auprès de son ami Alexis ?

jeudi 27 juillet 2017

Contributeurs forcés, les Français vont s'offrir STX

Macron fait nationaliser STX par Philippe

La France a décidé d'
exercer son droit de préemption sur les deux tiers du capital de 
STX France qu'elle ne détient pas 

Faute d'accord avec l'Italie sur un partage à parité des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire (photo), a indiqué que la proposition française de partage à 50-50 tenait toujours.

La France a ainsi acté jeudi l'échec de ses négociations avec l'Italie sur les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

En annonçant cette décision, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a précisé qu'il se rendra à Rome mardi pour en discuter avec le gouvernement italien. "Je vous annonce que nous avons pris la décision d’exercer le droit de préemption de l’État sur STX", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Cette décision, "prise en plein accord" avec le président de la République et le Premier ministre, a un seul objectif : " défendre les intérêts stratégiques de la France en matière de construction navale", a-t-il assuré.
"Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil industriel unique en France. Nous voulons garantir aux salariés, à la région, aux clients, aux sous-traitants, mais aussi à tous les Français que les compétences exceptionnelles des chantiers navals de Saint-Nazaire en termes de construction comme les emplois resteront en France", a expliqué le ministre. En fait, un retour de ...Corée.

Il a chiffré le coût pour les Français

de l'acquisition des deux tiers du capital de STX France rachetés au printemps par l'italien Fincantieri à son ancienne maison mère sud-coréenne à 80 millions d'euros, qui seront pris en charge par l'Agence des participations de l'EtatDes entreprises peuvent appartenir au secteur public sans être gérées par l'APE (cf. Eiffage,  détenue pour partie par Banque publique d'investissement).

Bruno Le Maire a souligné que cette nationalisation ne sera que temporaire, les chantiers de Saint-Nazaire n'ayant pas vocation à rester sous le contrôle de l’État français qui n'est pas entrepreneur.
Elle "doit nous donner le temps de négocier dans les meilleures conditions possibles la participation de Fincantieri", a-t-il précisé, en reconnaissant que le groupe public italien est le seul intéressé par STX France.

La société de construction navale italienne a refusé jusqu'ici de revenir sur un accord conclu au printemps par le précédent gouvernement français qui accordait 54% de STX France au co-actionnaire italien, dont 48% pour Fincantieri), le solde étant détenu par des intérêts publics français (l'Etat et Naval Group).

Bruno Le Maire veut 50% et a justifié la parité au capital réclamée dorénavant par Paris par la nécessité de garantir le maintien de l'emploi et du savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, les seuls capables en France de construire des paquebots, mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions.

Le droit de préemption dont disposait la France venait à échéance ce vendredi.

vendredi 7 avril 2017

Chantiers de St-Nazaire: l'Etat-PS consent à perdre le contrôle

L'Etat devrait signer un accord avec l'italien Fincantieri  pour la reprise de  STX France

Reprise des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire par l'italien Fincantieri bientôt consacrée par le gouvernement français 

Résultat de recherche d'images pour "le drian lorient"
L'Italien, proche de la Chine, a obtenu de Hollande qu'il limite sa participation à moins de 50% du capital des ex-Chantiers de l'Atlantique (chantiers navals de Saint-Nazaire, commune PS, et ceux de Lorient, commune socialiste et fief de Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de la Défense).

Selon ce projet 
d'accord, présenté jeudi par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, un apparatchik socialiste, le groupe italien reprendrait environ 48% du groupe mis en vente après la faillite de sa maison mère, le sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. Auxquels s'ajoutent d'autres capitaux italiens, ceux de la fondation  CR Trieste (6,66 %).

Le groupe public militaire DCNS - spécialisé dans l'industrie navale militaire, l'énergie nucléaire et les infrastructures marines - entrerait au capital à hauteur d'environ 12%, l'Etat français conserverait ses 33% et la fondation privée italienne CR Trieste reprendrait le reliquat, soit 55%.
"Fincantieri présente maintenant un projet industriel ambitieux pour les chantiers. Il sera soumis à la consultation des salariés dans les prochains jours", a déclaré Christophe Sirugue devant la presse.

"Il comporte des engagements relatifs à l'emploi, aux liens des chantiers avec leurs sous-traitants, sur la pérennité du site, sur l'indépendance du bureau d'études et de l'ingénierie et de l'autonomie commerciale de l'entreprise", a-t-il ajouté.

Un accord de gouvernance, avec l'équilibre du capital, est proposé pour huit ans, et un pacte d'actionnaires, qui octroie à l'Etat français un droit de veto, notamment sur les décisions stratégiques, est prévu sur 20 ans, a précisé ce rival de Montebourg à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.
L'Etat conserverait par ailleurs son droit de préemption si Fincantieri se dégageait, le droit de préemption actuel restant ouvert tant que la signature entre Fincantieri et les Coréens n'est pas intervenue.

Christophe Sirugue a indiqué que l'Etat est toujours en discussion avec Fincantieri mais que les étapes difficiles étaient passées.

La direction de STX France a accueilli "comme une bonne nouvelle l’annonce faite ce jour d’une avancée significative dans le traitement du dossier de l’actionnariat de STX France".
"Cette décision met fin à une période trouble pénalisante pour les activités de l’entreprise et permet d’envisager avec sérénité l’avenir industriel du site de Saint-Nazaire" (Loire-Atlantique), déclare Laurent Castaing, directeur général, cité dans un communiqué.

Le PDG de DCNS - société détenue à hauteur de 62 % par l’État français et de 35 % par Thales (groupe d'électronique spécialisé dans l'aérospatiale, la défense, la sécurité et le transport terrestre) - , Hervé Guillou, a salué de son côté une opération qui garantit, "la préservation des intérêts stratégiques de la France tout en renforçant notre capacité d’exportation", selon lui.

La crainte d'une "nationalisation italienne déguisée"

A l'issue de sa présentation du projet  jeudi après-midi, Christophe Sirugue a eu le sentiment que l'accueil des organisations syndicales avait été "plutôt positif, voire très positif" et qu'elles avaient salué les avancées obtenues.

Syndicats et élus locaux craignaient en vérité surtout que le groupe italien soit tenté de rapatrier une partie de la charge de travail de Saint-Nazaire, alors que le carnet de commandes de STX France est plein jusqu'en 2026. Les accords qui le lient aux chantiers navals chinois, et qui incluent des transferts de technologies, inquiètent aussi. 
Fincantieri appartient à la société Fintecna, contrôlée par le ministère italien de l'Economie. Quant aux actionnaires de STX France (ex-Alstom marine), c'est l'entreprise coréenne STX Europe  à 66,66%  et Bpifrance (État français) à 33,34 %.
"C'est préjudiciable aux salariés de STX que l'Etat français n'ait pas été jusqu’au bout de cette idée de nationalisation, même transitoire", a estimé, plus tôt dans la journée, la déléguée syndicale Force ouvrière (FO) aux chantiers navals STX, Nathalie Durand-Prinborgne, exprimant ses craintes, après la publication des grandes lignes du projet d'accord qu'elle a découvertes à la lecture du quotidien Le Monde.

Christophe Sirugue a déclaré qu'une éventuelle nationalisation de STX Francetelle solution avait "toujours été une hypothèse de travail si nous ne parvenions pas à obtenir un projet industriel à la fois solide et sécurisé" avec le Fincantieri.
"Aujourd'hui, la proposition qui nous est faite par Fincantieri (...) et les éléments que nous avons obtenus dans la négociation (...) pour donner un avenir aux chantiers navals", a affirmé le secrétaire d'Etat de Valls (depuis le 27 février 2017), puis Cazeneuve.

Un petit tiers du capital de Fincantieri, créé à Trieste en 1736, est entre les mains d'investisseurs privés et le groupe est coté à la bourse de Milan depuis 2014.
Le groupe s'enorgueillit d'avoir construit plus de 7.000 navires sur 20 chantiers sur quatre continents, dont 15 en Europe (huit en Italie), et d'être un des plus grands employeurs européens du secteur avec 19.000 salariés, dont 7.500 en Italie, auxquels s'ajoutent 80.000 salariés chez ses sous-traitants.
Il a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et possède un carnet de commandes de 21,8 milliards d’euros pour 106 navires commandés et un peu plus de cinq ans de travail ferme assuré.
STX France emploie pour sa part à Saint-Nazaire quelque 2.400 salariés, hors intérimaires et sous-traitants.

Un temps envisagée par le gouvernement, l'hypothèse d'une nationalisation est donc écartée. Fincantieri a été partiellement privatisé en juin 2015, mais l'État italien reste un actionnaire important.


mardi 3 janvier 2017

Le Coréen STX propose son rival pour reprendre les Chantiers de Saint-Nazaire

L'italien Fincantieri seul en lice pour reprendre les Chantiers de Saint-Nazaire

Le tribunal de Commerce du district de Séoul a désigné le groupe italien Fincantieri pour reprendre les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Le sort des salariés des Chantiers navals de Saint-Nazaire sera-t-il scellé en Corée ? 
Après des années d’incertitude sur leur avenir, les chantiers navals de Saint-Nazaire devraient avoir sous peu un nouveau propriétaire : mardi 3 janvier, le tribunal de Commerce du district de Séoul a décidé de l'avenir industriel de la région en désignant le groupe italien Fincantieri comme candidat privilégié pour "reprendre le dernier grand constructeur français de navires", selon la presse. 
Une formule abusive qui trompe le lecteur, puisque ces chantiers navals, les plus grands chantiers d'Europe, ne sont plus français depuis 2006... quand Aker Yards, constructeur naval européen de paquebots et ferries et holding dont le siège est situé en Norvège, reprend l'entreprise à Alstom marine (complètement en 2010), au nom du sud-coréen STX Corporation. Thierry Breton était le patron de Bercy et soutiendra Juppé à la primaire de la droite en 2016.
En mai 2013, le groupe STX annonça son intention de cession de ses chantiers, dont STX France, dans le cadre d'un plan de désendettement... Que fit Montebourg, alors au ministère de l'Industrie, en charge du... Redressement productif (mai 2012-août 2014) ?
Les Chantiers navals de Saint-Nazaire appartenait jusqu’à présent au conglomérat sud-coréen STX, placé en redressement judiciaire en juin. 
STX est un ensemble familial d'entreprises présent dans la construction navale, le commerce international (les minerais, la construction et les énergies fossiles et renouvelables, etc...) Manquant de liquidité du fait du ralentissement prolongé de l'activité du secteur de la construction navale depuis la crise financière de 2008 (celle que la gauche occulte pour accabler la droite alors en responsabilité), le groupe STX était menacé de redressement judiciaire depuis mai 2016. Le groupe STX France a commencé par vendre son site de Lorient,  en octobre 2016.
Les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) constituent la seule activité rentable de STX Offshore and Shipbuilding
STX St Nazaire-Montebourg redresseur coréen-mars 2013-juin2014
Montebourg, roi du  "made in France",
mais
redresseur coréen de 
STX St Nazaire ? 
Alors que le groupe sud-coréen accuse des pertes depuis ­des années, sa filiale française a su remonter la pente en améliorant sa compétitivité, enregistrant de nombreux contrats. Le 21 décembre, MSC et Royal Caribbean Cruises Limited, les deux grands clients des chantiers, ont encore confirmé la commande de 5 paquebots, pour un montant total de 4 milliards d’euros. Au total, le chantier a un carnet de commandes rempli jusqu'à 2026 : quatorze paquebots de croisière à construire, mais aussi des sous-stations électriques dans le domaine des énergies marines renouvelables.

A quel prix les Chantiers navals de Saint-Nazaire seront-ils encore cédés ?
L’un des plus anciens constructeurs européens de navires, le groupe italien Fincantieri s’était déjà mis sur les rangs en 2014 lorsque STX avait une première fois envisagé de vendre sa filiale française.
Mais avant de conforter sa domination sur le marché mondial, par l'acquisition de 66,6% de STX France, Fincantieri doit encore se mettre d'accord sur un prix d'achat avec le groupe sud-coréen.
Les Italiens doivent également discuter avec Bercy. 
Par l'intermédiaire de la Banque publique d'investissement (Bpifrance, compagnie financière d'Etat - actionnaire principal à hauteur de 50%- avec un statut de société anonyme, SA), l'Etat français détient le tiers restant et dispose d'une minorité de blocage.

Reste aussi à rassurer les syndicats français. 
Ces derniers s'inquiètent en effet des synergies que les Italiens voudront réaliser à terme et des risques de doublons entre les activités des deux chantiers concurrents qui réalisent chacun des paquebots de croisière, mais aussi des... navires militaires. 
Attendu de pied ferme à Saint-Nazaire, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue,devra les rassurer, mercredi 4 janvier. Ce  député de Saône-et-Loire, comme Montebourg, son rival local, est un apparatchik socialiste sans expérience aucune de la vie des entreprises.


mercredi 14 octobre 2015

Un syndicaliste refuse de serrer la main de Hollande au chantier naval de St-Nazaire

Un syndicaliste CGT a manifesté sa colère à François Hollande

Le 'capitaine de pédalo' était allé  se faire mousser après la revente des deux navires Mistral de Poutine à l'Egypte
Hollande "pris à partie" (BFMTV) par un militant CGT
sur les chantiers navals de Saint-Nazaire
Sébastien Benoît a refusé de serrer la main du chef de l'Etat lors de sa visite sur le chantier naval STX de Saint-Nazaire, ce mardi. "Il n'y a pas de politesse à avoir, il y a des actes concrets à faire," explique le Cégétiste. 
Lors de cette visite, François Hollande a serré des mains et discuté avec plusieurs ouvriers avant de rencontrer les syndicats. Les mains ostensiblement tenues dans le dos en signe de refus de la main tendue de Hollande, le membre de la CGT a reproché au Président socialiste de ne pas dénoncer la "violence patronale". Un reproche en lien avec la crise à Air France et l'affaire de chemises arrachées sur le dos de deux dirigeants qui ont frôlé le lynchage. 

Le salarié en a également profité pour dresser l'état de la situation aux chantiers naval de Saint-Nazaire 
"Aujourd'hui, à STX Lorient il y a 40 licenciements et vous y prenez part à travers la participation de l'Etat dans l'entreprise", dont l'actionnaire majoritaire (des anciens Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire) est un groupe coréen. L'État français reste actionnaire à hauteur de 33,34 %. "Vous dénoncez la violence de 2.900 licenciements ?" 

François Hollande a plaidé pour le dialogue
"On peut se parler sans avoir recours à la violence", a-t-il affirmé. "Oui, je dénonce la violence patronale, coupe Sébastien Benoît. Est-ce que vous, vous dénoncez la violence de 2.900 licenciements?". "Je fais tout pour qu'il n'y en ait pas", a murmuré François Hollande, agacé par la présence de journalistes.
Au fur et à mesure de l'échange, le service de communication a écarté les journalistes, rapporte Ouest France. Aucun organe de presse ne s'est plaint d'avoir été empêché de faire son  travail...
VOIR et ENTENDRE un extrait du 'dialogue' dans lequel Hollande se dérobe, refusant de condamner les "violences patronales"une fois la suite présidentielle -y compris son ex-premier ministre, Jean-Marc Ayrault, repoussée :

Refuser de serrer la main du président de la République: "C'est un geste qui m'a paru naturel"...

Le nom d’un des deux porte-hélicoptères de type Mistral, le Vladivostok, a été dissimulé 

Les représentants du parti Front national dans la ville de Saint-Nazaire ont révélé qu'à la veille de la visite du président Hollande, le nom du porte-hélicoptère a été caché sur la coque du navire installé dans le port de la ville de Saint-Nazaire", pour ne pas choquer la vue du président".
Selon le site du groupe du parti, les représentants des services spéciaux avaient devancé l'arrivée dans la ville du président, afin de prévenir la tenue de manifestations contre Hollande.  
Le nom d’un Mistral, le Vladivostok, a été caché à la veille de la visite de François Hollande
Le nom d’un Mistral, le Vladivostok, a été dissimulé
à la veille de la visite de François Hollande
Les militants du parti avaient appelé les habitants à "tourner le dos au président ou bien rester à la maison".

Le contrat définitif d'acquisition des deux navires Mistral par l'Egypte a été signé
dans le cadre d'une visite du premier ministre français Manuel Valls au Caire. La cérémonie de signature officielle s'est déroulée au palais Al-Ittihad, au Caire, en présence du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et du premier ministre français. Mais le montant de la transaction n'a pas été révélé, suscitant ainsi l'éveil de soupçons de braderie des bâtiments refusés à Poutine.Les porte-hélicoptères de classe Mistral ont initialement été construits en France pour la Russie. Cependant, Paris avait refusé de les livrer, motivant sa décision par la position de Moscou dans la crise ukrainienne. Début août 2015, la Russie et la France se sont entendus pour résilier le contrat et l'Elysée avait alors garanti que le coup de menton de Hollande ne coûterait rien à l'Etat...  A la vérité, la France s'est engagée à rembourser à la Russie les "sommes avancées", incluant la livraison des deux navires, les frais engagés pour l'aménagement du port de Vladivostok, l'adaptation de 32 hélicoptères K52 et la formation de 400 marins russes, soit environ un milliard d'euros

Selon l'accord conclu, les deux porte-hélicoptères seront livrés par la France à l'Egypte début mars 2016, après que
des frais d'entretien et d'aménagements aux besoins de l'Egypte auront été opérés. Sans surcoût aucun pour le contribuable, puisque c'est l'Etat qui paie les frais de la période novembre 2014-mars 2016...
Et pendant ce temps, l'IFOP sort un sondage certifiant que la popularité de Hollande est en hausse...

samedi 16 mai 2015

Hollande a les deux Mistral sur les bras: les Français devront-ils dédommager Poutine ?

Le bras de fer se poursuit entre Moscou et Paris

La date-butoir est atteinte aujourd'hui


Le contrat entre la France et la Russie pour la livraison de deux Mistral est sur le point d'être annulé. Sauf que Paris et Moscou n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les conditions de cette annulation.

Le refus de Hollande de livrer la commande empoisonne depuis plusieurs mois les relations
entre Paris et Moscou. La vente de deux navires de guerre de type Mistral pourrait être annulée. Le président de la République qui voulait se donner une image de fermeté avait bloqué  l'an dernier la livraison, rompant le contrat d'un milliard 200 millions d'euros, au prétexte que Poutine avait entendu l'appel au secours de la population russophone de l'Est de l'Ukraine aux mains des insurgés de Kiev qui comptent sur l'Union européenne pour sauver l'économie sinistrée du pays. L'irresponsable président français a ainsi fait passer l'illusion de son intérêt personnel désespéré avant l'intérêt général, malgré un niveau d'endettement resté élevé et des perspectives économiques d'avenir terne, voire sombre.

Paris a proposé de rembourser 785 millions d'euros à la Russie,
à condition que Moscou autorise la revente des navires à un pays tiers. Par exemple à l'Ukraine, avec une aide massive de l'U.E. ? Moscou a refusé le 'deal' et réclamerait 1,163 milliard d'euros. Et, pour l'heure, la Russie s'oppose toujours à une revente des bateaux pour des questions de sécurité nationale.
"Les deux porte-hélicoptères Mistral ont été construits pour la marine russe, pour nos hélicoptères, nos systèmes de contrôle, notre infrastructure. Ces bateaux ne peuvent en aucune circonstance être cédés à un pays tiers pour le moment, c'est une question de sécurité nationale", a expliqué un haut responsable du ministère russe de la Défense.

Que faire des deux navires ?

Jean-Dominique Merchet, journaliste à L'Opinion et spécialiste des questions de défense, ne doute pas qu'il y aura in fine [merci le latin...] un accord entre les deux pays. Sur France Info, il l'explique : "Les deux présidents Poutine et Hollande se sont mis d'accord politiquement. D'ailleurs, Poutine l'a dit ' je ne serai pas très exigeant'." Il y a deux mois de ça et on ne sait où il place le curseur de son niveau d'exigence...

Non livraison des Mistral: "Il y aura au final un accord," selon Jean-Dominique Merchet, mais quel sera le montant des indemnités ?

Reste que la France se retrouve avec deux bateaux de combat de trop et "ne sait vraiment pas quoi faire. Ce sont des bateaux assez spécifiques. La Marine française en possède déjà trois et n'en veut surtout pas d'autres: elle n'en a absolument pas besoin. Il faudrait trouver un client à l'exportation mais ça c'est très difficile", explique-t-il.
Hollande n'a su vendre aucun Rafale à la caillera de Cuba et l'A400M est actuellement invendable. Le Drian ne débarrassera-t-il des Mistral, bijoux de technologie ? 

Des décrypteurs spécialistes de l'embrouille de l'opinion

Des seconds couteaux de l'analyse partisane mettent en cause ... Sarkozy. C'est classique, mais difficile à démontrer, alors ils accusent sans présenter aucun argument.

Mistral, porte-hélicoptères d'assaut

Les faits et dates sont les suivants.
Le Mistral est un bâtiment de projection et de commandement (BPC) - dont les premières études remontent à 1997 - construit en France à Saint-Nazaire par STX France et lancé en 2004. La marine nationale devrait disposer de quatre bâtiments de ce type: en plus du Mistral, le Tonnerre (L9014) qui a été admis au service actif en août 2007, le Dixmude (L9015) qui est entré en service en juillet 2012, lequel sera suivi d'une quatrième unité dont la date de construction n'a pas été fixée. Les trois premiers BPC ont remplacé les TCD Ouragan, Orage et Foudre.

En octobre 2009, la Russie a exprimé le besoin d'un ou deux bâtiments et de l'éventuelle construction d'autres sous transfert de technologie, avec livraison d'un premier bâtiment fin 2014 et d'un second fin 2015. Le président Sarkozy n'avait pas eu à prendre parti dans un conflit étranger qui n'avait pas encore été déclenché.


La crise ukrainienne a débuté en 2013.
 
En novembre 2014, rupture du contrat par le président Hollande qui a décidé de surseoir, jusqu’à nouvel ordre, à l’exportation du premier Mistral à la fédération de Russie.

Le dédit de Hollande met en péril la crédibilité de la France et l'emploi des salariés de STX France à Saint-Nazaire.